Mardi, Nicolas Sarkozy, actuel président du Conseil européen, déclarait devant des députés UMP que les Irlandais devront revoter sur le traité de Lisbonne. Un traité qu'ils ont rejeté à 53% le 12 juin. Notre président aurait-il confondu vitesse et précipitation ? En Irlande, ces déclarations gênent surtout les partisans du oui, qui espéraient arracher quelques concessions avant de reparler d'un éventuel référendum. Et qui ne veulent pas qu'une solution leur soit imposée de l'extérieur.
Selon Dan Boyle, sénateur Verts et pro-traité de Lisbonne joint par Rue89, « le moment est particulièrement mal choisi ». Sarkozy doit se rendre en Irlande lundi, et ses déclarations ont donné l'impression aux Irlandais qu'on cherchait à leur forcer la main. Son accueil devrait s'en ressentir.
Pour Dan Boyle, les Irlandais n'apprécient pas vraiment l'ironie de cette situation : voilà que le Président du pays qui a dit non en 2005 et qui a refusé de faire voter le traité de Lisbonne par référendum entend faire… revoter l'Irlande par référendum.
« Des réactions émotionnelles »
De son côté, Pat Cox, ancien président libéral du Parlement européen, confie que « les propos de Sarkozy ont suscité des réactions émotionnelles », peu susceptibles de faire avancer le débat. Ce qui risque de remobiliser le camp du non.
Le gouvernement irlandais a voulu minimiser les déclarations du président français. Le ministre des Affaires étrangères Micheal Martin assure que lors de sa visite, Nicolas Sarkozy sera en « mode écoute ». Et non là pour vendre une solution de son cru.
Kathy Sinnott, partisane du non et présidente du groupe Indépendance/Démocratie au Parlement européen, juge ces propos outrageux. Les Irlandais ont voté, et il faut respecter ce vote. Mais au moins, nous dit-elle, le masque est tombé. Elle voit en Sarkozy « un prof qui demanderait à l'élève irlandais de revoir sa copie » :
« S'il devait y avoir un nouveau vote, il faudrait qu'il n'y ait qu'un bulletin “oui”, puisque de toute manière c'est la seule option que les leaders européens accepteraient. »
Les chefs d'Etat avaient pourtant décidé de ne rien décider pour l'instant
Afin de ne pas avoir à commenter les propos élyséens, certains politiques irlandais soulignent qu'il ne s'agit pas là d'une déclaration officielle du Président. Mais pour Eamon Gilmore, leader du parti travailliste irlandais, si ces propos sont confirmés, alors Nicolas Sarkozy a vraiment mis les pieds dans le plat.
De même, l'Independent titrait mercredi : « Sarkozy alimente une nouvelle tempête en pressant les Irlandais de revoter ».
Lors du Conseil des chefs d'Etat européens en juin, décision avait été prise de laisser du temps aux Irlandais. Le but ? Donner un peu d'air au premier ministre Brian Cowen pour qu'il trouve des solutions d'ici le prochain sommet, en octobre.
Avec un scénario de sortie de crise en tête : avant octobre, presque tous les pays devraient avoir adopté le traité. Depuis mardi, avec le vote positif de l'Espagne, 23 pays ont déjà dit oui. Si les Irlandais étaient les seuls à bloquer l'adoption du traité, cela pourrait les pousser à revoir leur position.
« Sarkozy a été honnête. Il a dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas »
Ainsi, pour Pat Cox, « Nicolas Sarkozy a surtout été honnête. Il a dit tout haut ce que beaucoup d'autres leaders européens pensent tout bas ». Mais d'après lui, savoir s'il faut revoter est une question très difficile.
S'il se déclare pour la réforme, il s'agit « de reconnaître l'écart qu'il y a entre les institutions européennes et les citoyens européens ». Pour M. Boyle, le gouvernement irlandais devrait d'abord chercher à obtenir quelques garanties supplémentaires sur des points chers aux partisans du non.
Un brin désabusé, Josep Borrell, ancien président socialiste du Parlement européen, comparant la situation au lendemain des non français et irlandais, résume :
« Si la France dit non, c'est un problème pour l'Europe. Si l'Irlande (ou un autre petit Etat non fondateur) dit non, c'est un problème pour l'Irlande. »
► Rectifié le 17/7 à 16h57. Citation de Josep Borrell complétée.





















107
(Pour réagir, connectez-vous)
De pablico
15H31 | 17/07/2008 |
après l'union de la méditerranée, va-t-on sortir une union pour l'atlantique (pour arrondir les Angles et/ou les Irlandais) ; -) ?
à pablico
De Emma Indoril
Nérévarine | 18H29 | 17/07/2008 |
Joli ! ! ! !
à pablico
De camembert2
architecte | 21H16 | 17/07/2008 |
Re-voter…Mais c'est une très bonne idée, ça. On peut refaire la présidentielle française, par la même occasion ?
à camembert2
De Baal-84
03H31 | 18/07/2008 |
Ouais, on va voter pour Royal. Et comme au bout d'un moment, forcément ça nous plaira pas non plus, on va redemander de revoter au bout d'un an ! En attendant rien ne se fait mais c'est pas grave, les Français auraient l'impression d'une bonne politique puisque rien ne bouge, donc il n'y a pas de vague. Y a bien des experts qui disent que c'est maintenant ou jamais, mais si maintenant il faut écouter les experts …
Ce serait pas brillant, hein ? C'est bien pour ça que les mandats ont une durée précise …
à Baal-84
De la champenoise
07H57 | 18/07/2008 |
Pourquoi Royal ? On peu vouloir se débarrasser du mari de la chanteuse sans vouloir la présidente du Poitou.
Il y a une vie en dehors d'eux, sortez un peu de votre tour d'ivoire.
De stangrof
17H07 | 17/07/2008 |
Bonjour, quel est la partie du mot « non “ qu'ils ne comprennent pas ?
A bientôt
http://www.ipernity.com/home/stangrof
De boissonzyskind
18H19 | 17/07/2008 |
j'ai bien peur que ce soit NON
De Un compte supprime
nc | 15H43 | 17/07/2008 |
Excellent Sarko : l'idee merite d'etre reprise et appliquee immediatement. OUI, revotons tous, on annule les dernieres presidentielles et on revote.
Non mais tu te crois ou Sarko ? ! ! ! ! (COLERE)
à Un compte supprime
De zphilou
17H12 | 17/07/2008 |
Colère partagée… ! ! !
C'est à se demander si ne devrait pas intégrer l'Irlande (contenant) dans l'Europe mais en changer son peuple (contenu)….« façon puzzle » (comme dirait quelqu'un).
Salutations désabusées.
à Un compte supprime
De Julien Marot
21H02 | 17/07/2008 |
Excellent Homère ! ! ! ! !
Excellent ! ! ! ! Excellent ! ! ! !
à Un compte supprime
De Hors-cases
Chômeur surdiplômé trop vieux | 22H53 | 17/07/2008 |
Pour cette excellente remarque, je propose une pétition sur laquelle nous pourrions tous émettre un OUI. On revote toutes les dernières élections nationales depuis que les Français ont voté non à un référendum. Comme ça, on pourra être en phase avec le Nabo-léon ; et comme il est Président de l'Europe (toute entière comme Il dit), Il pourra aussi reconvoquer les Néerlandais à un nouveau plébiscite aussi dans la foulée.
à Hors-cases
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 00H38 | 18/07/2008 |
Il faudra bien un jour se résigner à rédiger une nouvelle proposition et, celle-la, elle devra être votéé par referendum dans chaque pays. Peut-être la solution est-elle une intégration par paliers. Ne nous leurrons pas : ce qui ne sera pas accepté par la population sera tôt ou tard défait.
Pierre JC Allard
http://nouvellesociete.org/5119.html
à pierrejcallard
De Baal-84
03H35 | 18/07/2008 |
Faux, la CECA n'a pas été approuvée par la population. S'allier avec les Allemands, quelle folie aurait dit le peuple. Et on en serait probablement à la troisième ou quatrième guerre mondiale. Alors parfois le peuple fait aussi bien de vaquer à ses occupations et de laisser faire ceux dont c'est le boulot. Surtout quand il prend pas la peine de se renseigner un minimum.
à Baal-84
De screugneugneux
râleur-NRV | 11H32 | 18/07/2008 |
@baal ( vous vous identifiez aux anciens dieux.. ? ? ? ? )
la CECA, ne representait pas une constitution qui aurai définitivement engager notre avenir, mais des « partenariats » dans le cadre d'un processus qui nous a conduit à nous exprimer par le vote sur des sujets d'importance.
En outre je ne sais pas si la population aurait été aussi hostile que vous le dites, vous vous basez sur quoi ? ? ? ? ?
à pierrejcallard
De screugneugneux
râleur-NRV | 11H27 | 18/07/2008 |
moi j'ai l'impression naïve qu'on veut à tout prix nous construire un toit, alors que les fondations sont à peine terminées, qu'on ne sais pas combien il y aura de pièces ni d'étages,……
s'ils y parviennent, le plafond risque d'être au niveau du sol…… difficile pour se tenir debout…. ! ! !
Question :
est-ce que l'europe à vraiment besoins d'un président tout de suite ? ? ? ? ou bien sont-ce les « présidents » qui ont besoins d'europe…. ? ? ? ? ? ? ?
J'ai l'impression que c'est surtout la vanité, l'orgueil….. qui les anime et les motive, plus que l'intérêt des peuples…..
De Glasgo
Etudiant | 15H44 | 17/07/2008 |
Apres les dictats de l'OMC , les dictats de l'enfant roi
De Phil2922
Retraite invalidité | 15H57 | 17/07/2008 |
Continue, Sarko, à provoquer tout le monde… Mince, ça finira bien par se retourner contre lui, non… ? !
http://phil195829.overbog.com
De Triquoise
rouge de honte | 16H01 | 17/07/2008 |
Les chiffres ont une saveur inattendue : si l'hyper-Jakadi estime qu'une réponse suite à un vote à 53 % n'est pas valable, alors il faut repasser aux urnes, mais en France.
Preum's à mettre mon bulletin.
à Triquoise
De la champenoise
16H22 | 17/07/2008 |
deuxième
à la champenoise
De miremond
34942
16H48 | 17/07/2008 |
TROISIEME
à Triquoise
De JIEM 92
16H29 | 17/07/2008 |
+1
Il est vrai que certains français ont été trompés sur toute la ligne par la marchandise (pas moi)
à Triquoise
De Lunikoff
17H12 | 17/07/2008 |
Quatrième !
à Lunikoff
De Millecalottes SARKASTIK
Variable | 18H37 | 17/07/2008 |
trop tard !
à Triquoise
De Le Bressuirais
simple citoyen, mais vigilant | 20H26 | 17/07/2008 |
Cinquième, mais avec quelqu'un face à lui qui aurait un programme cette fois !
Il faut reconnaître qu'il est fort notre Président de La République, je ne suis pas un spécialiste de la politique mais je pense que c'est le premier Président de la Vème République à porter autant atteinte aux intérêts de ces concitoyens en aussi peu de temps.
Mais là je suis hors sujet !
http://vivre-bressuire.com
De mrmeuble
Expat' en Corée | 16H22 | 17/07/2008 |
Pour les plus anciens de la Rue, et les experts en politique.
Est-il possible de dresser un parallele entre De Gaulle et Sarkozy ?
Je ne parle pas des idees, mais des methodes, et surtout de l'utilisation de la constitution pour faire de la France une democratie directive (ou une dictature libre) ?
Merci
De Tophee
en haut a gauche | 16H33 | 17/07/2008 |
De toute facon, beaucoup de pays aurait rejeter ce traite si les citoyens avait eu la chance de voter lors d'un referendum. Lorogance de Sarkozy n'est pas l'egard de l'Irlande, elle concernent les electeurs, ces imbecilent qui ne savent pas voter.
De Renard
16H37 | 17/07/2008 |
Il paraitrait que jackousy ! ! proposerait un disque dédicacé par son épouse ! ! Celle-ci profiterait du voyage de son mari en Irlande, qui pour l'occasion l'accompagnera à la guitare ! ! pour offir cent places gratuites à son unique concert en plein air à qui s'engage à voter OUI au nouvel référendum sur le mini traité Européen, nicolas veut gagner le OUI Irlandais avec les dents ! !
De Olivier34
Enseignant | 16H37 | 17/07/2008 |
Les méthodes sont fondamentalement différentes : De Gaulle a voulu contourner le Parlement sur des dossiers sensibles (Algérie, élection présidentielle…) en s'appuyant, avec succès, sur le peuple. Quand ce dernier lui a repris son soutien, en 1969, il en a accepté les conséquences et a démissionné. Sarko s'appuie sur le Parlement au sein duquel il dispose d'une majorité et rejette les résultats des référendums… Ce n'est pas parce que l'on est populiste que l'on est prêt à écouter le Peuple…
http://languedoc-socialiste.blog4ever.com/blog/index-215696.html
à Olivier34
De mrmeuble
Expat' en Corée | 16H45 | 17/07/2008 |
Merci Olivier, c'est aussi ce que j'en ai retenu aussi de mes lectures sur l'histoire de France…
En fait, je chercher plus le ressenti de la population de l'epoque…
Et son evolution au cours de la periode 62-68…
à mrmeuble
De Olivier34
Enseignant | 10H32 | 18/07/2008 |
Pour ce qui est du ressenti de la population…
De Gaulle, comme Sarko en 2007, a acquis une audience nouvelle pour un candidat de droite dans les milieux modestes et ouvriers. Ce phénomène était déjà perceptible en 1947 quand le RPF a fait sa percée électorale. Sa légitimité historique, l'affaissement des radicaux et de la SFIO, le déclin de la IVe République ont permis à de Gaulle de bénéficier d'une audience qui dépassait l'électorat de droite traditionnel. La stratégie électorale de Sarko s'inscrit dans cette volonté d'élargir son électorat en utilisant un certain nombre de référentiels de gauche (Guy Moquet etc..). Il a réussi en 2007 mais il a perdu cet électorat quelques mois plus tard… De Gaulle a bénéficié d'un contexte historique particulier qui lui a permis de garder cet électorat (putch d'Alger, fin guerre d'Algérie…). Par ailleurs, la droite gaulliste était à l'époque keynésienne (et même, si on compare plus interventionniste que le PS actuel ! mais c'était une autre époque). La difficulté politique de Sarko, c'est que ses quelques références politiques de gauche ne saurait masquer une politique sociale et économique clairement marquée d'une volonté de libéraliser l'économie française. Les 1ers touchés sont les milieux populaires et les classes moyennes, ce qui explique qu'il ne bénéficie aujourd'hui que du noyau dur de l'électorat de droite…