A debattre

30 627 fonctionnaires en moins: cette fois, la rigueur est là

C'est l'été, l'Etat se met à la diète. Eric Woerth l'a longuement expliqué mardi matin devant les députés, fini le temps des dépenses. Même s'il n'est pas question de prononcer ce vilain mot, la rigueur est là : moins 30  627 fonctionnaires l'an prochain, déficit ramené à 2% du PIB en 2009.

En clair, fini la rigolade de début de quinquennat. Place aux économies, avec le plan pluriannuel 2009-2011 de Bercy. A commencer par l'emploi dans les administrations centrales :

  • Suppression de 13 500 postes dans l'Education nationale, sur un million au total
  • La Défense va devoir supprimer 8 250 postes, sur 426 427
  • Idem pour le ministère de l'Intérieur, 2 953 suppressions sur 190 568
  • Et 2 812 postes supprimés au ministère du Budget et de la Fonction publique, sur 150 780
  • Juste derrière, l'Ecologie et le Développement durable, l'administration de Jean-Louis Borloo, qui va perdre 1 400 postes, sur 74 474
  • Puis, dans l'ordre : 650 postes perdus pour l'Agriculture et la Pêche sur 36 081, 450 pour l'Enseignement supérieur et la Recherche, 352 pour le ministère du Travail, 287 pour Bercy, 190 pour les Affaires étrangères...
  • Total : 30 627 postes de fonctionnaires ne seront pas remplacés l'an prochain, soit 50% de plus qu'en 2008.

Seules deux administrations échappent à cette opération « élagage d'été » :

  • Le ministère de la Justice de Rachida Dati, en particulier l'administration pénitentiaire, aura droit à 512 fonctionnaires en plus (0,71%), sur un total de 72081
  • Matignon et les services du Premier ministre, qui emploie déjà 7 593 personnes, aura droit à une rallonge de 40 postes (0,52%)

Eric Woerth : « Nous sommes à un moment crucial pour nos finances publiques »

Pour justifier ces choix, Eric Woerth a été limpide devant les députés de la commission des Finances réunis la semaine dernière :

« Nous sommes à un moment crucial pour nos finances publiques : nous ne pouvons plus nous réfugier derrière les solutions de facilité du passé, et notamment celle de l’endettement à bas coût ; nous devons faire face à l’arrivée à l’âge de la retraite des générations du baby-boom. »

Le ministre du Budget s'est longuement étendu sur deux phénomènes : les départs à la retraite vont considérablement alourdir la charge des pensions dans le budget global de l'Etat (plus 2 milliards d'euros par an). La hausse brutale des taux d'intérêts rallonge aussi la facture de la dette.

Et la Sécu ? « Des annonces sont envisageables avant la fin du mois de juillet »

Sur le volet « Sécurité sociale », le gouvernement est nettement plus prudent. Et pour cause : il vaut mieux éviter d'annoncer toutes les mauvaises nouvelles en même temps. Eric Woerth avance donc une estimation conforme aux prévisions : 8,9 milliards d'euros de déficit pour le régime général de la Sécu, soit à peu de choses près l'estimation faite dans le budget 2008.

Pour l'instant, le ministre peut sans crainte afficher son optimisme : la dérive des comptes de la Santé, par rapport aux objectifs de déficit, est évalué entre 500 et 900 millions d'euros. Ce qui ne justifie pas le déclenchement de la « procédure d'alerte ». Sauf que, chaque année, le deuxième semestre est plus « dérapogène » que le premier en matière de dépenses.

« Avec Roselyne [Bachelot], nous venons d’entamer un cycle de rencontres avec les mutuelles et les partenaires sociaux. Après ces réunions, nous disposerons d’un éventail de propositions à partir duquel nous prendrons nos responsabilités.

“Des annonces sont envisageables avant la fin du mois de juillet. Certaines des mesures pourraient commencer à s’appliquer dès 2008 pour que nous nous approchions au plus près de l’ONDAM (Ndlr : Objectif national des dépenses de l'assurance-maladie) que vous avez voté. A mon sens, le premier pas vers le retour à l’équilibre, c’est de tenir nos engagements.”

Les marges de manoeuvres financières de l'Etat réduites à néant

L'engagement, on le sait depuis la campagne présidentielle, c'est de ramener les comptes publics à l'équilibre en 2012, pour la prochaine élection présidentielle. Or, si la population continue de vieillir, de partir à la retraite, de dépenser plus pour sa santé, les experts des comptes sociaux prédisent le pire.

Avec un résultat concret, réduire à néant les marges de manoeuvres financières de l'Etat, comme le ministre du Budget l'a expliqué aux parlementaires :

“De 2003 à 2007, le cumul de la charge de la dette et des pensions représentait moins de 30% de l’augmentation des dépenses de l’Etat, et il restait donc 70% pour financer les politiques publiques.

‘Le rapport va se trouver inversé à partir de 2009 : l’augmentation de cette charge absorbera 70% de l’augmentation des dépenses de l’Etat permise par le « zéro volume ». De 70% de marges de manœuvre, nous passons à 70 % de dépenses contraintes ! « Et si nous tenons compte de l’évolution des prélèvements sur recettes au profit de l’Union européenne et des collectivités territoriales, c’est quasiment 100 % de dépenses contraintes. »

Pour augmenter les recettes, soit la croissance redémarre et le taux de chômage baisse encore, soit le gouvernement sera obligé d'augmenter les prélèvements obligatoires. Vu la conjoncture morose, le premier scénario semble exclu. Alors à quand la hausse des impôts ?


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Francois Toulouse
19H11 15/07/2008
Ce ministre pense qu’aucun français ne renonce à des soins pour raison financière. dixit : "Quel Français peut dire qu’il a dû renoncer à des soins pour des raisons financières ? Cela n’existe guère", affirme le ministre." Cela en dit long sur ceux qui nous gouvernent. Les médias ont peu repris cette déclaration http://www.lesechos.fr/info/france/4684779.htm ?xtor=RSS-2055 (passé en archives payantes, mais on retrouve l'article ici : http://www.espacegeneraliste.info/Revue-de-presse-du-08-Fevrier-2008 )
 
lioe | berlin
20H22 15/07/2008
Bonsoir Simple question.Sarkosy aime t il son pays et ses concitoyens? Cet homme est en train de mettre en pieces la France. Les Americains cherchent un nouvel Etat pour avoir un petit pied a terre en Europe ou quoi?
 
horizons | profession libérale
19H47 15/07/2008
Bonjour, Pour mieux juger de ce genre d'information il est préférable de raisonner en pourcentage : Education nationale : - 1,35 % Défense : - 1,9 % Ministère de l'Intérieur : - 1,5 % Ministère du Budget et de la Fonction publique : - 1,9 % Ecologie et Développement durable : - 1,9 % Agriculture et Pêche : - 1,8 % Ministère de la Justice : + 0,71 % Matignon et services du Premier ministre : + 0,52%
 
Gosseyn
20H12 15/07/2008
Pour septembre les hausses d'impôts, au moment où, de retour de vacances, les français vont comprendre la fin des 35 heures (lorsque leur DRH dénonceront les accords sur le temps de travail). Si l'annonce de la réforme de l'Assurance maladie est faite au bon moment, on verra si monsieur le Président avait raison en se vantant que les manifestations passaient inaperçues.
 
TARPON | chat de gouttiere
20H38 15/07/2008
il s'agit de remplacer un depart sur deux seulement .c'est loin d'etre assez,il aurait fallu un minimum de 70000 postes supprimés chaque année pendant 15 ans .Et supprimer la garantie de l'emploi ,uniquement des contrats renouvelables ,avec un controle de resultat.Aligner les cotisations sur le privé et une surcotisation pour recuperer le retard .Il y aura autant de "vocations" ,pourquoi se gener. Cette masse inerte est malheureusement un prix tres lourd à payer pour notre economie. Il faut au moins 5 fonctionnaires pour faire à peu pres correctement le meme travail qu'un employé du prive,triste.Il faut degraisser le troupeau,à coup de hache pas avec un couteau à poisson.
 
pomponette | =^..^=
21H23 15/07/2008
Budjet de l'élysée + 24 millions d'euros d'augmentation en 13 ans Budget de la Présidence (source Quid 2005) Année/Président /Montant (millions d'euros) 1960/de Gaulle/2,35 1974/Pompidou/2,53 1981/Mitterrand/3,03 1994/Mitterrand/ 3,31 1997/ Chirac / 7,78 1998/Chirac / 13,73 2001/Chirac /21,2 2003/Chirac / 30,9 2005/Chirac/ 31,9 2006/Chirac 32,38 2007 Sarkozy 35,1 millions d’euros soit 8,4 % d'augmentation en un an. http://www.rmc.fr/edito/info/53619/combien-a-depense-sarkozy-en-2007-/ En 2007, l'Elysée a flambé « Les caisses sont vides », clamait le tout frais Premier ministre, François Fillon, peu après la prise de pouvoir de Nicolas Sarkozy. Et pourtant, les dépenses sont allées bon train. Sur l’année 2007, l’Elysée a dépensé plus de 35 millions d’euros, soit une augmentation record de 8,4% par rapport à 2006. Un début de quinquennat bien loin des promesses de campagne du candidat Sarkozy. Où sont donc passées la réduction du train de vie de l’Etat et la transparence que prônait Monsieur Sarkozy