enquete

Affectée de force dans l'un des plus mauvais lycées de France

Porter plainte contre le rectorat ? Un parent d'élèves qui vit à Paris y songe de plus en plus précisément. Après avoir alerté Rue89, il a finalement décidé de garder l'anonymat, par crainte que la médiatisation desserve sa cause. Car il espère toujours une nouvelle affectation pour sa fille, qui doit entrer en seconde à la rentrée prochaine.

L'adolescente a fait, pour l'heure, toute sa scolarité secondaire dans un collège de son quartier, dans le XIIIe arrondissement de Paris. Pour septembre et l'arrivée au lycée, elle avait formulé plusieurs voeux, comme le veut la règle.

Avant même l'assouplissement de la carte scolaire, toutes classes confondues, par Xavier Darcos, les modalités des affectations au niveau du lycée avaient en effet changé l'an dernier : l'inscription dans un lycée à Paris ne dépend plus du lieu d'habitation, mais désormais de choix formulés par l'élève -sous réserve que le rectorat accepte.

« Un lycée 1 862e sur 1 865 dans le palmarès de L'Etudiant »

La fille de notre internaute, que nous appelerons Lucie, avait donc sélectionné plusieurs bahuts, dont certains étaient excentrés de son quartier de la Butte aux Cailles. Par exemple le lycée Fénelon, dans le VIe, qui offrait l'espagnol en troisième langue. C'était son premier choix… mais le rectorat en a décidé autrement.

Le 1er juillet, alors qu'elle se connecte sur internet pour découvrir son futur établissement, Lucie découvre qu'elle est inscrite à François-Villon. Situé tout à fait au sud de Paris, à proximité de la porte d'Orléans, dans le XIVe, l'établissement ne propose pas d'espagnol troisième langue. Mais, surtout, il a mauvaise réputation, précise le père de Lucie :

« J'ai sous les yeux le classement publié en janvier dernier par le magazine L'Etudiant. Et François-Villon se trouve à la 1 862e place sur 1 865 lycées passés au banc d'essai en France ! “

Drame à domicile, raconte son père qui parle même de ‘traumatisme psychologique’ :


Dès le lendemain, père et fille se rendaient au rectorat, dans l'est de Paris, pour protester. C'est là qu'ils découvrent qu'un onzième voeu avait été ajouté par le logiciel du rectorat, sur lesquels les futurs lycéens de la capitale sont tenus de formuler leurs préférences en vue de leur affectation. Ce onzième voeu, c'était bien sûr François-Villon, qui est venu ‘écraser’ les autres voeux - et s'y substituer- aux yeux du logiciel Affelnet.

Devant le rectorat, dans la file d'attente des familles indignées, ils rencontrent d'autres collégiens qui, eux, n'avaient pas inscrit dix voeux, et se sont vu rajouter, sur ce même logiciel, des choix qui n'étaient pas les leurs.

Le père envisage de porter plainte pour ‘faux et usage de faux’

Mais le père de Lucie avait conservé une sortie papier des démarches effectuées sur internet. C'est sur la base de ces extraits qu'il envisage de porter plainte pour ‘faux et usage de faux’, affirmant que le rectorat fait passer pour des choix personnels d'un élève, ce qui relève de facto de l'affectation de force. Ce fameux ‘onzième voeu’. Lui parle même de ‘diktat’ de l'académie :


Depuis la découverte et les larmes, la famille de Lucie tente de s'organiser : la mère a créé un blog pour fédérer les autres parents et le père, qui, entre-temps, a gagné le sud avec ses enfants pour le début des vacances, mobilise les médias. Même les élus du XIIIe, où ils vivent, ont été sollicités - ‘sans aucun feedback pour l'instant’.

Gêné par cette mobilisation, le rectorat a publié un communiqué de presse, en fin de semaine dernière, dans lequel il semble bien faire amende honorable :

‘Le système national d'affectation en seconde des élèves a produit une difficulté pour sa mise en oeuvre dans l'académie de Paris.’

‘Je vais aller grossir les rangs du privé avec mes enfants’

Vendredi, Rue89 n'avait reçu aucun retour du rectorat sur cette affaire. Les parents de Lucie, eux, espère que le cas de leur fille sera résolu avant le 25 août, la date que les services de l'Education nationale leur ont d'abord communiquée. En attendant, ils ont pris les devants et inscrit leur fille dans le privé… la mort dans l'âme :

‘Et voilà : ainsi, je vais aller grossir les rangs du privé avec mes enfants, ce qui revient à justifier les suppressions de poste voulues par Xavier Darcos. Tout se tient…’

Son fils aîné, lui, rentrera en terminale en septembre, dans le lycée public non loin de chez eux, où il est scolarisé depuis deux ans.

165 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de moravagine

à hogan Portrait de hogan De moravagine

Observateur désabusé | 20H08 | 13/07/2008 | Permalien

Salut,

Bon faut arrêter un peu sur le privé ! J'y enseigne (sous contrat), on n'est pas meilleur que les collègues du public. Regardez les suppressions de postes, elles sont aussi importantes ! Contrairement aux idées reçues, les enseignants y font aussi grève !
Quant aux fameux classements des établissements, regardons plutôt combien d'élèves entrant en seconde obtiennent leur bac dans le même établissement !
Il est facile de faire des taux de réussite en virant tous les élèves en difficulté en cours de route !
Ce genre de classement des établissements est usant à la fin. J'ai un fils ayant fait une école d'ingénieur classée comme moyenne sur les classements de je ne sais plus quel magazine. Qu'est-ce que ça veut dire ? Que son salaire probable en fin d'étude n'est pas élevé par rapport à HEC ou Polytechnique. Certes, mais qu'il soit en pointe en physique quantique n'intervient pas du tout dans le classement.
En réalité, ce classement des établissement n'a rien à voir avec la valeur des étudiants/lycéens, mais est simplement un indicateur de la thune que l'on peut gagner à la sortie ! Savoir si c'est un gage de réussite dans la vie, je n'en suis pas certain …

Portrait de Lorycalque

à hogan Portrait de hogan De Lorycalque

20H45 | 13/07/2008 | Permalien

« 5. Les lycées pourris, qui poussent des parents vers le privé, cela tient peut-être d'une stratégie gouvernementale. Quel meilleur moyen en effet pour privatiser peu à peu un service public que de le rendre impopulaire ? »

c'est très certainement vrai mais mettez vous à la place des parents. Ils ne vont certainement pas risquer de compromettre les chances de leurs enfants pour aller lutter pour la justice et l'égalité blablamachin, ils bossent et ils ont autre chose à faire et par ailleurs tout le monde n'a pas une ame de militant chevillée au corps. A moins de ne pas avoir d'enfants et de n'avoir que ça à faire, que de revendiquer pour ceci cela, les parents pour sur vont aller au plus pratique : l'école privée.

Portrait de hogan

à Lorycalque Portrait de Lorycalque De hogan

actif | 20H48 | 13/07/2008 | Permalien

Je vous conseille d'aller voir le blog de la maman de Lucie, vous constaterez que c'est une bien miltante et qu'elle bien aborde bien ce que vous appelez très irrespectueusement : « justice et l'égalité blablamachin », donc désolé mais vous avez tout faux je pense sur les parents de Lucie.

Portrait de Lorycalque

à hogan Portrait de hogan De Lorycalque

00H15 | 14/07/2008 | Permalien

Je parlais de parents dans ce type de situation, pas des parents de Lucie en particulier.

Et je préfère etre irrespectueuse qu'hypocrite.

Portrait de mechante langue

à hogan Portrait de hogan De mechante langue

22H33 | 13/07/2008 | Permalien

« 3. Le fait que des classements de lycées, ou même d'hôpitaux puissent est scandaleux, on ne peut pas parler du lycée de l'année comme on parle de la voiture de l'année. »

Quelle hypocrisie !
Il existe des hopitaux meilleurs que d'autres .
Et a votre avis pourquoi les enseignants incitent leurs enfants a prendre allemand comme premiére ou seconde langue .
Parce que cela permet d'etre orienté dans les meilleurs lycées.
Interdire les classements , c'est reserver aux initiés , à ceux qui savent (les prof les médecins , ceux qui ont des réseaux d'information…)la possibilité de pouvoir choisir en connaissance de cause

« 4. Les profs, quel que soit le lycée où ils exercent, ont la même formation et après tout l'important est l'enseignement que recevra Lucie. »

C'est faux .
Cela a meme été etudié . Un enfant d'un milieu socio culturel défavorisé reussi mieux dans un bon lycée que dans un lycée zep malgré le meme enseigenemnt .
Pourquoi ? Parce que la stimulation par l'exemple est un des moteurs de la réussite scolaire

Portrait de Chad

De Chad

19H11 | 13/07/2008 | Permalien

C'était prévu.
La suppression (ou l'« assouplissement ») de la carte scolaire aboutit à une remise en cause de la mixité sociale dans le établissements. Même si le système avait ses lacunes et ses passe-droits, ils étaient assez rares et, en gros, cela fonctionnait. Dorénavant, le piston marchera à fond, tout le monde voudra le meilleur établissement pour son enfant et les seuls qui accepteront l'affectation correspondant au lieu d'habitation seront les habitants des quartiers défavorisés qui ont des problèmes plus urgents que d'aller râler au rectorat quand quelque chose ne va pas.
Il y aura donc une école à 2 vitesses : une école pour les pauvres et les élèves en difficultés et une autre pour les riches avec de bons élèves.
Et ceux qui ne seront pas contents de l'affectation pourront toujours aller dans le privé qui ne connait pas, lui, de suppression de postes (13000 dans le public l'année prochaine, quand même ! ).
Et ça aussi, c'était prévu par le gouvernement.

Portrait de mechante langue

à Chad Portrait de Chad De mechante langue

22H57 | 13/07/2008 | Permalien

« La suppression (ou l'“assouplissement”) de la carte scolaire aboutit à une remise en cause de la mixité sociale dans le établissements. Même si le système avait ses lacunes et ses passe-droits, ils étaient assez rares et, en gros, cela fonctionnait. »

Mais c'est faux !
La carte scolaire ne permettait pas la mixité sociale puisque la ségrégation socila est géographique ! Voyons
Et il existait plein de moyens , pour ceux qui savent de se libérer des contraintes de la carte scolaires : en demandant par exemple des option rares . Mais cela aussi était reservé a des initiés

Portrait de gilda

De gilda

19H13 | 13/07/2008 | Permalien

Je ne vois pas bien pourquoi ce lycée ne conviendrait pas à « Lucie » alors que bien d'autres élèves y vont ; une telle démarche est effectivement assez symptomatique d'une tendance qui va croissant et d'une sorte de croyance qui se répand comme quoi l'établissement fait tout ainsi ensuite que le ou les diplômes obtenus. C'est loin d'être aussi simple et rien ne vaut le travail personnel de celui ou celle qui étudie.
S'il ne bosse que sous la pression parentales, peut-être que l'enfant pourra faire illusion un temps, mais qu'adviendra-t-il ensuite ?

En revanche je peux comprendre que si le choix d'enseignements ne correspond pas à ce qu'elle voulait suivre, alors que d'autres lycées, plus proches géographiquement les proposent, il y ait colère et déception (comme quoi la vieille « carte scolaire » avait aussi du bon et sa logique de proximité).
J'aurais préféré pour elle que ses parents par exemple s'inquiètent d'une affectation qui la séparerait de celle de ses meilleurs amis.
Bon courage à toutes les Lucie pareillement équipées de parents stressés, soucieux, soumis aux préjugés et si influençables.

Portrait de pomponette

à gilda Portrait de gilda De pomponette

=^..^= | 20H25 | 13/07/2008 | Permalien

Entièrement d'accord avec vous !

Portrait de Lorycalque

à gilda Portrait de gilda De Lorycalque

20H49 | 13/07/2008 | Permalien

Bien évidemment vous vous avez fait des miracles avec vos enfants que vous avez envoyé dans une école merdique en vous battant pour la justice et l'égalité pour les enfants des autres, mieux vous avez sacrifié vos propres enfants pour les enfants des autres et vous etes heu-reux des résultats obtenus. Quels sont-ils (les résultats de votre progéniture) ?

Portrait de parti

à Lorycalque Portrait de Lorycalque De parti

punishment park | 23H06 | 13/07/2008 | Permalien

chère et tendre lory, vous fûtes il y peu spécialiste en achitecture arabo-andalouse, vous voici désormais pointure en éducation…dites-moi, vous employez des mots comme « miracles, “héros” (plus haut) et vous reprochez à thierry reboud de parler d'éducation parce qu'il n'a pas d'enfant (dites-vous, perso, je m'en tape que quelqu'un puisse évoquer l'arcitecture d'une mosquée s'il n'est pas musulman, c'est son droit…vous voyez ce que je veux dire)…sont-ce des arguments ? du même acabit que de prêter un quelconque crédit à un “classement”… c'est quoi un classement au juste ? les résultats à l'examen ? ben voyons…si je prends l'exemple d'un lycée qui réoriente les élèves “en échec” (selon ses critères) dès la fin de seconde, il possède des chances d'avoir de meilleurs résultats au bac qu'un autre, qui va “garder” les mêmes élèves en son sein (n'y voyez là aucune allusion machiste chère lory)…
je n'ai guère de solutions à proposer…vive le privé ? non, très peu pour moi…suppression des iufm ? bof une marotte de plus pour trouver le coupable idéal (même s'il y a de sacrés incapables dans ces instituts)…donner plus de moyens ? les gauchistes que vous vitupérez le demandent…mieux les “ventiler”, expression barbare la nouvelle langue, me paraîtrait plus judicieux.
bien à vous lory…et bises à raffarin de ma part…

Portrait de Courageux anonyme

De Ghalem

19H18 | 13/07/2008 | Permalien

Meme reaction que Mr reboud : je ne comprend pas trop l'interet d'un tel article. C'est quoi un lycée pourri ?
Trop de mauvais résultats ? la brillantissime Lucie relèvera le niveau. Trop d'étrangers ? Elle apprendra de nouvelles cultures. Profs trop souvent en grève ? Bonne initiation aux problèmes sociaux. Et que dit Femme Actuelle au sujet de ce Lycée et Ingrid ? Avez vous demandé à Ingrid.
Perso François Villon c'est un super nom de Lycée ! ! rien que pour ça j'y retournerai bien au Lycée.

Portrait de Lulubellule

De Lulubellule

Elève ingé parisienne | 19H27 | 13/07/2008 | Permalien

Cette exemple semble montrer que la carte scolaire n'était pas une si mauvaise chose, du moins à Paris.

Rappel de l'ancienne procédure pour l'affectation dans les lycées parisiens : Paris était divisé en 4 secteurs, dans lesquels il y avait des bons comme des mauvais lycées.

L'élève devait présenter un nombre de voeux (5 maximums je crois), dont 1 max hors-secteur, à placer en haut de la liste si on le voulait vraiment, avec, pour chaque lycée les options demandées.

Ensuite, plusieurs tours d'examen des dossiers.

Les plus : la proximité et les résultats scolaires de l'élève regardés en priorité

Les moins : - un dispositif en plusieurs tours non simultanés, autant dire qu'au 3e tour, les lycées de niveau « moyen » étaient complets

- une espèce de foire au bons dossiers, avec des proviseurs qui oubliaient parfois qu'ils n'étaient pas en train de remplir leurs classes prépas, mais leurs classes de secondes et des lycées qui pouvaient sembler trop « homogènes »

Bien sûr, il y avait aussi des mécontents : ceux qui avaient « mal ciblé » leurs voeux, ne demandant que les meilleurs lycées, et ratant pour cause de lycée complet un lycée moins bien placé dans leur liste ou alors ceux qui se retrouvaient, parce qu'ils venaient du privé ou pour une autre raison, parachutés dans un lycée qui n'avait pas bouclé ses effectifs.

Ce système demandait donc à être amélioré. Cependant, il tenait vraiment compte des spécificités des dossiers (options artistiques, classes européennes, mais aussi problèmes de santé n'étant pas considéré comme « handicap » par le système actuel) contrairement au système mis en place cette année.

Tout cela reste cependant très parisien. Je ne juge pas ici l'assouplissement de la carte scolaire en banlieue parisienne et en province, qui semblait là bas beaucoup plus rigide et où ne pas aller au lycée du coin pour faire telle option semblait moins facile.

Portrait de poulpe enragé

De poulpe enragé

enseignante à la retraite! | 19H32 | 13/07/2008 | Permalien

Oui, tout est mascarade et hypocrisie dans l'éducation nationale. Quel que soit l'établissement, primaire, secondaire, la plupart des parents le choisissent : adresse professionnelle, de parents ou amis, élu ou notable qui recommande l'élève, amis des enseignants… En primaire, les parents choisissent même l'enseignant de leur enfant, les instittuteurs choisissent leurs élèves suivant leurs« faciès“(sic)ou leurs affinités… Alors, qu'au plus haut de l'institution, on manipule les voeux des élèves…

Portrait de James_Nash

De James_Nash

Renewable | 19H56 | 13/07/2008 | Permalien

Témoignage et Protestation contre cette politique de déintégration de l'enseignement.

Bonjour,

Nous venons d'être informés par courrier de l'affectation de notre enfant scolarisé dans le Val de Marne au lycée Olympe de Gouges de Noisy le Sec.
Nous refusons cette affectation dans la mesure où nous ne l'avons pas fait paraître sur la fiche de vœux. De plus quel système éducatif scolarise les enfants à des kilomètres de leur domicile. En effet, la réussite scolaire et des temps de transports allongés ne sont pas compatibles. L'éducation Nationale devient le vecteur principal de l'échec scolaire alors qu'elle devrait promouvoir la réussite de sa jeunesse qui est le moteur d'une nation riche et développée.
Mon enfant n'est pas un pion que les logiciels de l'administration peuvent positionner comme ils veulent. Les mesures de dotation horaire et les restrictions budgétaires peuvent être responsables de cet état de fait, pour autant il n'est pas admissible que mon enfant fasse les frais de cette politique de désintégration de l'enseignement.
C'est pourquoi nous refusons l'affectation qu Lycée Olympe de Gouges de Noisy le Sec.

L'administration de l'éducation nationale, que vous représentez se doit d'affecter mon enfant au Lycée de son secteur de sa commune dont nous dépendons géographique.

La politique mise en œuvre par ce gouvernement dans l'Education Nationale doit être dénoncée. Nous refusons cette affectation.

Un papa de collégien de la Seine Saint Denis en colère.

Mobilisons nous. Mobilisez-vous pour l'avenir de tous les enfants.

Portrait de amatxo

De amatxo

19H56 | 13/07/2008 | Permalien

Horreur et damnation : j'ai fait une GRAVE erreur orthographique ! ! de grâce pardonnez mon étourderie(aurai-je enseigné dans un de ces « lycées-poubelles » rejetés par les parents de Lucie ? ? ! ).En tout cas supprimez le pluriel du verbe final et préférez« m'écoeure“(ah ! ce clavier ! )

Portrait de isallou

De isallou

20H13 | 13/07/2008 | Permalien

Une carte scolaire, dont on ne peut avoir dérogation, sous aucun prétexte, est le seul gage de mixité sociale et scolaire. J'ai eu à faire face au dilemne : suivre mes opinions républicaines ou privilégier l'avenir de ma fille. J'ai déménagé. Pas seulement pour ça, mais un peu quand même. Un collège sinistré, aux résultats lamentables, où le seul fait d'assister aux cours de façon assidue fait accèder à une moyenne générale honorable (j'exagère mais à peine)… La carte scolaire ? La Principale du collège la qualifiait « en banane », c'est à dire dont le tracé suivait en « banane » le tracé du périphérique de Paris, en évitant d'inclure les quartiers allant vers le coeur de Paris, en « camembert ». Aujourd'hui, point de collège d'élite où nous nous trouvons. Juste un collège normal dans la moyenne, sans violence excessive, où l'on peut travailler si l'on veut et où les origines sont très diverses. J'ai toujours refusé de recourir soit aux dérogations, soit au privé. Mais quand il s'agit de la scolarité de votre enfant, le choix est délicat. Les profs, c'est comme les autres professions, il y en a des motivés, des dégoutés, des fatigués, des naïfs, des fainéants… C'est un métier difficile et passionnant.

Portrait de Mobile

De Mobile

20H18 | 13/07/2008 | Permalien

« “Un lycée 1 862e sur 1 865 dans le palmarès de L'Etudiant‘’ Imaginons un seul instant que le lycée s'appelle ‘François-Fillon’ au lieu de ‘François-Villon’. À une touche près sur le clavier. Ça craint pour cette ‘petite’ ! N'aura pas son bac, la ‘petite’. Grave !

Portrait de General Subverciòn

De General Subverciòn

réfractaire délocalisé | 20H23 | 13/07/2008 | Permalien

ça sert à quoi de chercher un lycée moins pourri pour avoir un sous-Bac++ si c'est pour vous rejoindre au RSA quand Sarko vous aura lourdé en masse ? ? ? Pour tuer le temps ou conjurer le mauvais sort qu'on vous réserve ?

Portrait de pomponette

De pomponette

=^..^= | 20H23 | 13/07/2008 | Permalien

Ce père devrait penser aux familles habitants près de la Porte d'Orléans et n'ayant pas le choix.

Si l'école de la République ne convient pas à certains, ils n'ont qu'à payer à leurs enfants des écoles privées ou aller manifester afin que l'école publique ne fasse plus l'objet d'une ségrégation élitiste !

Portrait de TARPON

De TARPON

20H44 | 13/07/2008 | Permalien

Vous avez tout à fait raison et on peut facilement s'imaginer les angoisses d'une famille à l'idee d'engager son enfant dans un lycee où les resultats sont mauvais(je viens de verifier) avec tout ce que cela engage .J'ai eu à me poser ce probleme et à le resoudre .
Dans le cas qui nous occupe ,il y a eu malversation averee du rectorat de forcer la main à des familles pour aller vers un etablissement dont personne ne veut car dans un quartier« politique » et « sensible » ,ce sont les termes peches dans les blocs des parents d'eleves du 14 eme.
POurquoi certains denient ils le droit de ce pere à se defendre s'il est dans son droit de le faire ? Certains vont vers des tribunaux pour des broutilles ,alors qu'ici la cause est justifiée.

Portrait de survivant

De survivant

20H56 | 13/07/2008 | Permalien

Une chose m'interpelle dans toute cette histoire rocambolesque. Soit le rectorat de Paris a le privilège de proposer 10 voeux aux futurs lycéens et là la discrimination se fait jour avec le rectorat de Créteil qui lui ne propose que 3 choix aux futurs lycéens et ce père de famille a toutes les raisons de porter plainte pour faux et usage de faux. Soit papa marche dans les plates bandes gouvernementales et fait un appelle du pied aux parents d'élèves pour leurs faire comprendre qu'il n'y a pas de places pour tout le monde dans les lycées prestigieux. En l'occurrence le mieux est d'inscrire leurs chérubins dans les lycées privés et collaborer davantage à la casse du service public. Quoi qu'il en soit tout est bon aux suppôts de sarkozy pour biaiser une information.

Portrait de hallucine

De hallucine

dans le flou | 21H52 | 13/07/2008 | Permalien

C'est marrant, je faisais une étude à François Villon et un élève m'a dit « mais si vous écrivez que vous parlez du lycée poubelle de Paris, ce ne sera pas du tout anonyme »… Il avait peut être raison…

Alors, pour le papa de Lucie, quelques infos :
- ça dépend vraiment des classes mais on peut tout à fait réussir à François Villon (j'ai connu des élèves là bas qui ont fait des grandes écoles, par exemple)
- oui, il y a de la drogue et du racket, mais il y a aussi des (très jeunes certes) profs qui-n'en-veulent et des CPE et des surveillants qui n'ont pas abandonné
- en général il y a un système de classe qui fait que la voie générale (par rapport aux bacs techniques) reste « dans une bonne ambiance »
- depuis 2 ans, le niveau de violence a nettement baissé dans l'établissement (avec la disparition d'une des bandes)

Après étude (contrairement à avant ou j'aurai fait comme le papalucie parce que je n'aurai pas voulu que ma fille revienne avec des bleus ou rackettée - et pas pour uen question de niveau-), je testerai pour la 2nde, voire si vraiment ça passe pas… parce qu'il est possible que ça se passe bien

Portrait de gordien

De gordien

fonctionnaire | 21H56 | 13/07/2008 | Permalien

Bonsoir

J'ai fait toute ma scolarité à François Villon, de la 6ème à la terminale, de 1986 à 1993. Déjà, à l'époque il avait très mauvaise réputation, et nombre de mes camarades de primaire on choisi un autre lycée, voire le privé.
Mes soeurs, après moi y sont passées, et là aussi sa réputation a fait fuir beaucoup de leurs copains/copines de primaire.

J'y ai passé de très bonnes années, j'en ai de très bons souvenirs. Je n'ai jamais compris, à l'époque, ce problème de réputation, je n'ai jamais rien vécu, ni même vu ce qui pouvait la justifier. Des bagarres ? du shit ? Oui, mais comme dans tous les lycées. Ni plus ni moins.
J'ai gardé pas mal d'amis de l'époque et tous pensent comme moi.

Aujourd'hui, je ne sais pas comment c'est là-bas, il paraît que ça s'est dégradé.
Mais bon, à mon époque on m'avait dit que c'était horrible…

Portrait de N.MARECHAL

De N.MARECHAL

22H27 | 13/07/2008 | Permalien

Affectée de force dans l'un des plus mauvais lycées de France, C'est pas de chance ! ! !

Un conseil, faites comme moi.

Devenez officiellement représentant des parents d'élèves peep ou fcpe. Ensuite comme par miracle, votre fille sera suivie comme à Henri IV.

Au premier conseil de classe mettez bien la pression et ensuite toute la petite classe sera bien chouchoutée.

Devenez acteur de l'éducation de votre fille et non spectateur.

Même dans le désert ca marche ! ! !

Portrait de CZ

De CZ

étudiante en psycho | 22H50 | 13/07/2008 | Permalien

J ai fait toute ma scolarité a François Villon de la 6eme a la terminale bouhhhh la honte bouhhhh non mais franchement faut arrêter si sa fille est intelligente et sérieuse ce n » est pas parce qu » elle vas être affectée dans ce lycée qu » elle vas devenir stupide ! ! !
Mauvaise réputation ? ? ? Ce monsieur y a t il déjà été ? ? ?
Ce lycée m » a permis de m » affirmer, de m » épanouir ect… Ce lycée est bourré de bon professeurs alors stop aux racontar, ce lycée est ouvert aux autres cultures et c'est une vrai force que d'en sortir pour affronter le monde des études supérieures ! !
Alors pauvre petite fille à son papa bouhhhh

Portrait de jissé

à CZ Portrait de CZ De jissé

Ingé retraité | 10H51 | 14/07/2008 | Permalien

CZ

Buenas dias.

Vous n'aviez pas choisi espagnol en option langue ?

Jissé

Portrait de CZ

à jissé Portrait de jissé De CZ

étudiante en psycho | 21H52 | 15/07/2008 | Permalien

Absolument pas moi j étais en Italien avec une N.N excellente ; -)

Portrait de vol19

De vol19

awash | 22H58 | 13/07/2008 | Permalien

Ce soucis de classement des lycées, des collèges, des prépas, des universités ou des grandes écoles est intéressant à relever. La concurrence sociale commence de plus en plus tôt.

Le paradoxe, c'est que dans le même temps, de l'ordre de 90% des candidats obtiennent leur bac. Alors l'enjeu… ? C'est quoi ?
Donner une méthode de travail ? (hélas souvent il s'agit de savoir travailler pour des notes ou pour passer des concours plus que de s'ouvrir l'esprit) ? Voire une identification à des groupes sociaux valorisés et donc de jouer le jeu social et être motiver à prendre un certain rang… ? Rentrer dans de bonnes prépas pour passer des concours et qui sait intégrer les bonnes écoles, pour rentrer dans des entreprises valorisantes puis devenir les « vaches à lait » de productivité de leur 27 ans à la quarantaine, prêts à tout, pour faire leur nid dans l'organisation, serviles valets, prêts à tuer, du capitalisme financier.

Bref, le jeu de concurrence sociale pour prendre une place dans le système de reproduction sociale.

Dommage qu'à 17 ans, on ne soit pas davantage conscient de comment marche le monde… de la relativité de ce concept de « réussite ». Nous vivons dans le modèle social du « tueur coll », est-ce une réussite de devenir « tueur cool » ? « Intello marginal » n'est sans doute pas mieux ? surtout pour les parents.

Il serait sans doute mieux de vivre dans un système qui cherche à épanouir les personnes et de leur permettre d'intégrer des formations qui permette d'intégrer des postes dans la vie active sur une base plus ouverte de leurs compétences et non de leur caste ou de leur bachotage… mais c'est sans doute trop en demander…quitte à aller voir ailleurs.

C'est ce que je conseillerais… Au tout début des années 80, je pourrais me demander à quoi à servi d'ailleurs mon bac scientifique et les 15 de moyennes en sciences ? L'aléa des prépas… ma famille n'aurait pas soutenu. Peut-être me donner l'autorisation d'explorer et découvrir le monde…des sciences dures aux sciences molles et de développer une pensée critique et réflexive personnelle… ce qui de nos jours ne vaux rien du tout dans notre société, mène à des oscillations entre saine distanciation et à d'autres moments, à cet effroi de la lucidité.

Portrait de sergent poivre

De sergent poivre

23H27 | 13/07/2008 | Permalien

A lire certains commentaires ici, il apparait plusieurs nouveautés :
- bon nombre de lecteurs de Rue 89 n'ont pas d'enfants ou en ont eu à une époque à laquelle l'école était encore de qualité correcte, même dans des environnements dits « difficiles »
- le sens du sacrifice est redevenu un concept à la mode, surtout lorsqu'il s'agit de la vie et des enfants des autres
- l'apprentissage dans un environnement dégradé, au milieu de glandeurs (voire de quasi-délinquants) serait devenu assimilable à l'apprentissage de nouvelles cultures, d'ouverture au monde, etc…

Je ne suis pas réac, mais j'ai 2 filles à qui j'espère apprendre le relativisme culturel (Mozart ne vaut pas le rap, l'art grec n'est pas équivalent au graff, Molière n'est pas du slam, …), le goût des belles choses, de l'orthographe et du langage.
Alors oui, si j'étais « Papalucie » comme je le serai dans quelques années, je l'aurais vraiment mauvaise de voir mes filles se retrouver dans un lycée où l'éducation est nivelée par le bas et où les belles choses sont battues en brèche par le rap et la vulgarité.

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