C'était sa première interview télévisée. Carla chanteuse avait bien choisi son moment, juste le jour de la sortie de son nouvel album. Sur TF1, sans PPDA mais avec Claire Chazal, un vendredi soir, veille de week-end de 14 juillet. En gilet bleu et sans bijoux. On parla chanson, écriture, showbiz... et puis, on parla politique, un peu. Et là, patatras : Carla Sarkozy annonce qu'elle veut avoir ses « oeuvres ». (Voir la vidéo.)
Le nouvelle première dame de France va avoir besoin d'aide : le créneau est déjà bien occupé par ses prédécesseurs. La plus active est sans doute Bernadette Chirac, présidente de la Fondation des Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, qui poursuit inlassablement depuis 1990 son opération Pièces Jaunes, et a repris la présidence de la fondation Claude-Pompidou.
Danièlle Mitterrand n'est pas en reste. A la tête de la Fondation Danièle Mitterrand France Libertés, elle a légèrement réorienté ses actions. Fini les grandes déclarations de soutien à d'éminentes figures comme Fidel Castro ou le sous-commandant Marcos, place au durable avec une grande campagne pour favoriser le droit d'accès à l'eau.
Point commun de ces deux démarches : l'une et l'autre ont habilement su exploiter leur réseau personnel, à la fois amical et politique. Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un oeil au conseil d'administration de ces fondations et aux personnalités qui soutiennent leurs actions.
Pour avoir ses oeuvres, une seule règle : savoir exploiter son réseau personnel
Carla Bruni-Sarkozy va donc devoir in-no-ver. Pour cela, rien de tel qu'un coup d'oeil dans le rétroviseur. Souvenez-vous : une période de « rupture », de nouveautés, un couple présidentiel amoureux des lettres avec plein d'amis artistes de renom, ça ne vous rappelle rien ? Sur le site de sa fondation, la défunte Claude Pompidou cite Descartes pour expliquer son engagement : « N'être utile à personne, c'est n'être bon à rien. »
Créée pour soulager les « enfants handicapés, les personnes âgées et les malades hospitalisés » la fondation Claude-Pompidou s'appuie encore sur le tissu relationnel de l'ancien président : en mars, une vente aux enchères d'objets du designer Pierre Paulin à la galerie Artcurial a permis de remplir les caisses.
Louis Bertignac : « Elle aimerait être la femme la plus connue du monde »
On peut donc imaginer Carla en train de mobiliser son réseau d'amis et ses nombreuses relations professionnelles : Benjamin Biolay, qui a écrit les arrangements cordes du single l'Amoureuse, Julien Clerc, à qui elle a donné une chanson, son ex le philosophe Raphaël Enthoven, l'écrivain Michel Houellebecq dont elle adore les « silences », ou encore Marianne Faithfull, son amie et « professeur », inspiratrice de son deuxième album.
Mais ces artistes, plutôt à gauche, sauront-ils s'entendre avec les amis de Nicolas Sarkozy, plutôt à droite ? Le chanteur Johnny Halliday, les acteurs Christian Clavier et Jean Réno, le parolier Didier Barbelivien...
L'ancien guitariste de Téléphone, Louis Bertignac, interrogé cette semaine par le Parisien, a une vision moins romantique des motivations de la belle, qu'il connaît depuis vingt ans. Il faut dire que les deux amis se sont fâchés, pour de futiles raisons mercantiles, en faisant le précédent album de Carla :
« - Elle aime être observée, elle vit encore plus par le regard des autres. Elle est née pour être un personnage public.
- Son mariage avec Nicolas Sarkozy vous a surpris ? - Pas tellement, non. Ils ont l'air amoureux, même si elle a déjà écrit dans des chansons que l'amour ce n'était pas pour elle. A mon avis, elle adore cette situation parce que c'est intéressant pour elle. Je ne suis pas sûr qu'elle ait vraiment d'opinion politique, mais il y a des choses qui montrent qu'elle aimerait être la femme la plus connue du monde. »
« Ce qui est sûr, c'est que je ne ferai rien de politique. »
Le principal écueil de l'action humanitaire de Carla va donc être sa limite politique. Elle en a d'ailleurs conscience. Cette fois-ci, c'est dans le long entretien (sept pages et autant de photos) accordé à l'hebdomadaire Elle cette semaine qu'il faut se plonger. Visiblement, elle hésite :
« Je voudrais aider les femmes, les enfants, lutter contre l'ignorance et contre l'exclusion. Ce qui est sûr, c'est que je ne ferai rien de politique. Ce n'est pas mon métier et j'en suis incapable. Quelquefois, les épouses des chefs d'Etat sont des femmes qui ont longtemps travaillé avec eux et qui connaissent le terrain.Notamment dans le cas de Bernadette Chirac, c'est une femme politique, et cela se sait. Il y a d'autres exemples qu'on peut suivre, par exemple dans le domaine de la culture : je pense que Madame Pompidou a eu un rôle important, particulièrement dans le domaine de l'art. »
Tiens, plutôt Bernadette et Claude que Danièle, donc. Trois pages plus loin, Carla Sarkozy en rajoute lorsque les deux consoeurs de Elle lui demandent s'il va falloir qu'elle « renonce à être la femme anticonformiste » qu'elle était ? Réponse :
« Je suis toujours telle que j'étais et je n'étais pas si anticonformiste. J'étais complètement libre de ce que je faisais, certes, mais pas vraiment anticonformiste. Le vrai anticonformiste, c'est mon mari. Il l'est plus que moi. Déjà, il m'épouse !
Surtout ne pas faire de politique... et conquérir rapidement sa ceinture noire sixième dan en langue de bois. Carla Sarkozy sera conformiste, jusque dans ses “oeuvres”.














En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.
SoS Causes pour Carla :
-La défense des pigmés : déjà pris par Mme Le Pen et Dieudonné.
-Le Darfour : Kouchner a abandonné, il y fait trop chaud.
-Cinq fruits , cinq légumes : pas assez porteur en ce moment.
-Le Tibet : heu, non plus !
-les sans papiers : trop surfait !
-les droits de l’homme : pré carré de l’inaudible Yama.
-Mannequin pour promotion de centrales nucléaires pour plaire Amonmari: top là !
Si je comprends bien ses propos, Carla Sarkozy découvre enfin que première dame, ça n’est rien, ça n’a pas d’existence et ça ne lui apporte, pour le moment du moins, qu’une plus-value marginale en termes de couvertures de presse pipole par rapport à son statut antérieur d’artiste de variétés.
Je peux comprendre qu’elle juge insuffisant le prestige de savoir se pavaner devant les grands de ce monde, et même qu’elle tienne pour négligeable le mérite d’avoir fait découvrir les rudiments du savoir-vivre à son président de mari.
Cela posé, je retiens qu’elle aimerait faire quelque chose dans l’humanitaire… Comme c’est mignon ! Et toi, qu’est-ce que tu voudrais faire plus tard, demandait Jacques Martin le dimanche après-midi. Nous avons la réponse de Carla Sarkozy : l’humanitaire, c’est sympa, et puis c’est bon pour l’image. Carla Sarkozy a bien compris que Diana Spencer (dite Di), quand elle a visité le pilier du pont de l’Alma, a laissé une vaste part de marché en jachère.
C’est drôle de voir comme l’humanitaire remplace les anciens engagements politiques ou sociaux. C’est raccord avec la politique qui s’efface devant la gouvernance. Comme qui dirait, ça ne mange pas de pain.
L’humanitaire, donc. Eh bien, pas de problème : qu’elle demande à Hortefeux, je suis certain qu’il ne manquera pas d’idées.
Avoir vu écrit sur la même ligne « Marianne Faithfull » et « Carla Bruni », oh là là, va falloir la nuit pour m’en remettre !
Si elle avait voulu s’occuper d’une oeuvre humanitaire, elle aurait pu le faire depuis longtemps. Elle est issue d’une grande famille bourgeoise italienne, très riche et si elle avait eu un brin de jugeotte, ce n’est pas les causes humanitaires qui manquent de prise en charge dans ce monde de brutes…
Si, demain, elle pourrait s’inspirer de Tien-Anmen en se mettant en travers d’un char du défilé des Champs Elysées. Elle pourrait le faire en déshabillé, çà aurait du chien…!
http://phil195829.overblog.com
Cette interview est une insulte à la fois au métier de journaliste (Chazal confond promotion du disque et information) mais ça c’est leur problème, et aux femmes et là c’est aussi le mien.
L’image de la femme que CBS donne me révulse : admiratrice soumise de « monmari », nunuche, mélange de petite fille bien élevé genre au « couvent des oiseaux » (ose à peine donner son avis, baisse les yeux, penche la tête) et de maman (là pour « apaiser » l’homme volontaire qui veut changer le monde), niaise politiquement (c’est bien sûr trop compliqué pour un petit cerveau féminin, c’est bien connu), tout en jeu de séduction aussi factices que grossiers, etc.
INSUPPORTABLE !
J’ai comme l’impression de me replonger dans la série des « Martine » que je lisais il y a bien longtemps : il y a eu « Carla top model », »Carla chanteuse » et voici qu’on annonce la parution imminente de « Carla fait des oeuvres humanitaires ». Après le volume « Carla, grande séductrice » (qui a déplu à l’électorat conservateur), est sorti plus récemment « Carla, ingénue », parution concomitante de « Carla et monmari » (qui doit permettre de le rattraper).
Comme on le sait dans ce type de série les options sont nombreuses…jusqu’à épuisement de l’image.
Et vive la vacuité !
Qui veut faire une bonne oeuvre en occupant Carla Bruni ? Elle s’embête paraît-il…
Sako va avoir la bonne idée pour elle , c’est sûr !
Moi j’en ai une … d’idée une très bonne oeuvre.
Aller, Mmme Carla-Sarkozy, partez-donc en tournée-concert dans nos prisons pour distraire un peu les enfants en rétention…
… tout comme Beslan, 4 ans, sa petite soeur, 2 ans et ses parent, enfermés au centre de rétention de Lyon de janvier à février 2008.
Cet été vous allez recevoir plein de cartes postales de Beslan, nommées « Les cages de la république ».
Bonne lecture, bon courage.