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Moines de Tibéhirine : une bavure couverte par la France ?

Les moines français de Tibéhirine, tués en 1996 en Algérie, auraient bien été victimes d'une « bavure » de l'armée algérienne, comme Rue89 en évoquait l'hypothèse il y a un an. Le Figaro et Mediapart citent la déposition d'un général, François Buchwalter, qui a finalement décidé de briser le silence.

Les sept moines trappistes auraient été tués lors d'une opération en hélicoptères contre les islamistes entre Blida et Médéa. Lorsqu'ils se sont rendu compte de leur erreur, ils ont tranché les tête des cadavres pour faire croire à une opération terroriste. Buchwalter aurait rendu compte de la situation, par écrit, au ministère français de la Défense, qui aurait étouffé l'affaire.


(De nos archives) Selon un nouveau témoin, les sept religieux assassinés en 1996 ont été tués par erreur lors d'un mitraillage, et décapités ensuite.

Illustration: Yann Guégan.

Douze ans après la mort des sept moines trappistes français en Algérie, un témoin affirme qu'ils ont été victimes d'une « erreur » de l'armée algérienne. L'histoire a été publiée dimanche dernier dans le journal italien La Stampa. Le Vatican a réagi en disant sa « stupeur ». Sans doute un pas de plus vers la vérité. Retour sur une affaire ténébreuse.

Les faits

Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, un groupe d'hommes habillés comme des « frères de la montagne » selon le portier Jean-Pierre Schumarer (en clair, des islamistes) frappent à la porte du monastère de Tibéhirine. Convaincu qu'ils ne représentent aucun danger, le portier se recouche. Sept de ses frères trappistes, dont le supérieur de l'abbaye cistercienne Christian de Chergé, sont enlevés : Luc Dochier, Christophe Lebreton, Bruno Lemarchand, Paul Favre-Miville, Michel Fleury et Célestin Ringeard.

Le lendemain matin, le frère Schumarer se rend à la gendarmerie pour donner l'alerte. L'ambassadeur de France Michel Lévêque part pour Médéa pour obtenir l'évacuation des deux moines qui ont échappé à la prise d'otages.

Quelques jours plus tard, les ravisseurs exigent des sept moines qu'ils enregistrent un message audio en indiquant leur nom. Ils doivent aussi préciser qu'ils sont aux mains d'islamistes.

Côté français, deux équipes de négociateurs : la Pasqua connection et la DGSE

Début avril, deux équipes de négociateurs se mettent en place, côté français, pour négocier la libération des religieux. Le premier est activé par l'ancien ministre de l'Intérieur, Charles Pasqua, qui envoie son ami préfet du Var et ancien du Sdece, Jean-Charles Marchiani.

La filière Pasqua-Marchiani est proche des services de renseignements militaires, le DRS (Département du renseignement et de la sécurité, ex-Sécurité militaire). Le second réseau, plus officiel, est activé par Alain Juppé, Premier ministre. Il s'appuie sur la DGSE, le service d'espionnage, qui a peu de complaisance pour le régime des généraux.

Le 18 avril, le communiqué n°43, signé « Abou Abderrahmane Amine » (pseudo de Djamel Zitouni, ancien vendeur de poulets devenu chef du Groupe islamique armé (GIA), revendique l'enlèvement. Il est publié le lendemain à Londres dans le quotidien El-Hayat, avec l'exigence de rendre sa liberté à Abdelhak Layada, « émir national » du GIA détenu depuis 1993 en Algérie, ainsi que la libération d'autres islamistes détenus en France, dont les noms ne sont pas indiqués.

Premier contact, premier échec. La filière Marchiani est désavouée.

Premier contact avec un émissaire présumé de Zitouni, le 30 avril. Un homme se rend à l'ambassade de France, remet à un colonel de la DGSE l'original du communiqué et la cassette audio prouvant que les moines sont vivants. Il est raccompagné en voiture officielle avec une liste de numéros de téléphone pour négocier. Personne ne le reverra.

Le 9 mai, la filière Marchiani, qui a travaillé main dans la main avec le DRS, est brutalement désavouée par le gouvernement. En conseil des ministres, Alain Juppé ordonne de lui faire cesser « toute tractation relative aux moines de Tibéhirine ». Le porte-parole du Quai d'Orsay confirme dans l'après-midi :

« Le préfet du Var exerce ses responsabilités dans son département et n'a pas à connaître de ce dossier. Il ne s'est pas rendu à Alger ces derniers temps et n'a pas reçu d'émissaires algériens. »

Le 21 mai, le communiqué n°44 du GIA, relayée par la radio Médi 1 de Tanger, annonce la mort des otages :

« Le président français et son ministère des Affaires étrangères ont annoncé qu'il n'y aurait ni dialogue, ni réconciliation avec le GIA. Ainsi, ils ont rompu le processus et nous avons donc coupé la tête des sept moines. »

Les obsèques ont lieu le 2 juin dans la basilique Notre-Dame d'Afrique à Alger. Les cercueils contiennent les sept têtes, avec un lest de terre pour faire croire que les corps sont aussi présents à l'intérieur. Ce qui est faux, comme le constate le procureur général de l'ordre des cisterciens, Armand Veilleux qui a exigé l'ouverture des cercueils.

Un nouveau témoin anonyme

Le témoin interrogé en Finlande par Valerio Pellizzari est un anonyme, présenté comme un haut fonctionnaire international alors en poste à Alger, ayant des contacts de haut niveau avec la nomenklatura. Pas un « homme de l'ombre », précise le journaliste italien.

D'après lui, les moines auraient été abattu, par erreur, d'un hélicoptère MI-24 de l'armée algérienne en opération contre les maquis islamistes :

« L'engin aérien survolait la zone des reliefs montagneux de l'Atlas tellien autour de Médéa en compagnie d'un autre hélicoptère. C'était la mi-mai, après le crépuscule. L'équipage avait repéré le feu d'un campement et le chef d'escadrille en personne, un colonel, a tiré sur le bivouac.

“Depuis quelques temps déjà, les forces régulières ne s'aventuraient plus sur le terrain dans cette zone impraticable, faiblement peuplée et contrôlée par les intégristes : elles se limitaient à faire des reconnaissances aériennes et à combattre avec l'aviation.

Après l'attaque, les engins aériens atterrirent près du bivouac. Les hommes à bord comprirent vite qu'ils avaient frappée la cible erronée. Le chef d'escadrille appela le commandement de la base d'hélicoptères détaché à Blida et dit clairement : ‘Nous avons commis une idiotie, nous avons tués les moines.’ Ce fut ainsi que se conclut la prise d'otages.”

Toujours selon le témoin de la Stampa, il faut alors couvrir la bavure. Les Algériens vont prendre cinq jours pour préparer une version officielle acceptable. Mais comment maquiller l'état des corps criblés de balles ? Alger trouve la parade par la mascarade des têtes coupées. Aussitôt annoncée, la nouvelle est relayée de la manière suivante :

“Les autorités algériennes quant à elles s'empressèrent de parler de ‘dépouilles découvertes'. Et elles auraient continué à utiliser cette formule rituelle et trompeuse, si un moine, le père Armand Veilleux, à cette époque procureur de l'ordre des Cisterciens, n'avait insisté afin de donner l'ultime Adieu à ses confrères afin d'obtenir l'ouverture des cercueils.’

Etrangement, aucune enquête ne sera ouverte en France avant les révélations d'un ancien du DRS. Abdelkader Tigha accuse le DRS d'avoir manipulé le GIA, y compris dans cette affaire. Des propos qui finissent par déclencher en 2004 l'ouverture d'une information judiciaire, confiée au juge antiterroriste Jean-Louis Bruguières.

Les hypothèses

Depuis douze ans, le père Armand Veilleux a toujours dénoncé la fable des têtes coupées et les incohérences de la version officielle. De l'abbaye de Scourmont, en Belgique, il continue de se battre pour la mémoire des sept frères. Contacté par Rue89, il souligne que l'article de Pellizzari vient conforter ses doutes :

‘Cela ne change rien à ce que j'ai écrit dans l'article du Monde en 2003. Cet article s'attardait surtout sur les conditions de l'enlèvement des moines. J'ajoutais quelques mots sur les conditions de leur mort. Je rapportais alors que des témoins très fiables m'avaient assuré que les moines avaient été mitraillés. On m'avait dit aussi que c'était par les militaires.

La question se posait alors : était-ce par suite d'une erreur, ou avait-on décidé d'en finir ? Ce nouveau témoignage semble bien corroborer la première hypothèse.’

A l'époque des faits, l'abbé trappiste fait tout pour connaître la vérité. En vain. Plus tard, il se constitue partie civile dans la procédure judiciaire française, avec la famille Lebreton. Là aussi, en vain. En quatre ans, le magistrat du pôle anti-terroriste a mené une enquête à un rythme inhabituellement lent, sans le moindre résultat probant. Jean-Louis Bruguières a juste obtenu de l'Algérie le retour d'une commission rogatoire qui confirme la version officielle : les moines ont été victimes des islamistes.

L'hypothèse d'une manipulation des services secrets algériens a pourtant du crédit. Plusieurs déserteurs de l'armée ont livré des détails troublants sur l'ascension de Djamel Zitouni à la tête du GIA. Sur les modalités de l'enlèvement, sur les errements de la double négociation menée par les services français… L'ancien du DRS, Abdelkader Tigha, n'a jamais été entendu par les juges d'instruction.

Marc Trévidic et Philippe Coirre, qui ont récupéré le dossier, semblent être aujourd'hui dans une impasse. Tout comme l'avocat des parties civiles, Patrick Baudouin :

‘Ce témoignage est extrêmement intéressant et cohérent par rapport à ce qu'on sait. Mais c'est difficile de demander l'audition d'un anonyme…’

► Papier publié de nouveau le 06/07/2009 à 8h21.

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Portrait de extralucide

à David Servenay Portrait de David Servenay De extralucide

retraite | 09H34 | 06/07/2009 | Permalien

Les moines, c'est pas Al-Qaïda
Karachi, c'est pas Al-Qaïda
L'attentat de Londres, enquête truquée
Madrid, idem
Inutile de parler du 11/9 dont seuls des débiles peuvent affirmer que le kérosène a fait tomber les tours
Finalement, Al-Qaïda, il fait quoi, à part les accusations de la CIA ?

Portrait de Un compte supprime

à parousnik Portrait de parousnik De Un compte supprime

nc | 10H28 | 06/07/2009 | Permalien

reopen 11 ? et tu la fermes un peu !

Portrait de majorrouen

De majorrouen

travailleur | 11H59 | 12/07/2008 | Permalien

Portrait de Courageux anonyme

De stangrof

11H59 | 12/07/2008 | Permalien

Bonjour, j'ai des reportages sur cette période déja oubliée.Comme toujours, la version officielle est douteuse, l'armée et les services ont manipulé les « islamistes » et c'est la population qui a trinqué ! Plus de 100 000 morts, ne l'oublions pas.
A bientôt
http://www.ipernity.com/doc/stangrof/1691185/
http://www.ipernity.com/doc/stangrof/album/49350

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 12H23 | 12/07/2008 | Permalien

Mis à part les liens affichés par JJReboux, ceux dont il est fait état dans les précédents commentaires sont hors sujet.

En tout cas, excellent article de D. Servenay.

La question reste : qui manipule qui ? …bien qu'on sache depuis pas mal de temps que les militaires algériens étaient/sont prêts à tout pour dissimuler leurs massacres de civils, la plupart du temps intentionnels. Ceci n'exonère en rien les criminels du GIA, aujourd'hui GSPC ou « Al Qaïda au Maghreb ».

Portrait de compte supprimé 13

à Jaycib Portrait de Jaycib De compte supprimé 13

12H39 | 12/07/2008 | Permalien

« GIA, aujourd'hui GSPC ou “Al Qaïda au Maghreb”…

Et si la réponse à votre question “qui manipule qui ? ” nécessitait de savoir qui finance les groupes cités ? En cherchant bien sûr hors des frontières de l'Algérie et pas forcément dans la mouvance dite “islamiste”.

Portrait de magaliesimon

De magaliesimon

célibataire | 12H34 | 12/07/2008 | Permalien

J'ai entendu parler d'une autre version des faits, une contre-enquête menée par un journaliste qui est bizarrement mort au moment de révéler tout ça dans le Figaro… Je m'étonne que Rue89 ne fasse jamais état de cette version, alors qu'un livre est sorti là-dessus, en France et en Algérie, et qu'un journaliste en est mort. D'ailleurs le bouquin s'appelle le 8è mort de Tibhirine.

Voilà le blog de l'auteur :
http://8e-mort-tibhirine.blogspot.com/

Connaissez-vous cette version des faits, et pensez-vous interviewer l'auteur de ce livre pour avoir un point de vue contradictoire sur cette affaire ?

Portrait de Pancho27

à magaliesimon Portrait de magaliesimon De Pancho27

14H54 | 12/07/2008 | Permalien

@JJ Reboux et Magaliesimon : il faut mieux vous renseigner :
http://www.algeria-watch.org/fr/aw/decryptage_falsification.htm

Portrait de Grognard des temps modernes

De Grognard des temps modernes

Demi solde | 12H50 | 12/07/2008 | Permalien

La sagesse doit être de mise dès lors où l'on traite des relations Franco Algérienne. Depuis leur disparition les moines reposent en paix et il convient de se rappeler tout ce que ces religieux apportaient à la population Algérienne.

Portrait de benflasherbe

De benflasherbe

La musique est un bruit qui chante | 12H55 | 12/07/2008 | Permalien

A tout les fachos qui beuglent sans idées de fonds :

http://www.drakkar-1983.org/#

vous l'avez élu un jour il faudra l'assumer ! ! !

Faites de beaux rêves ! ! ! ^^

Portrait de solstice

De solstice

pigiste | 13H11 | 12/07/2008 | Permalien

Très intéressant : 7 moines et un journaleux, cela ne pèse pas bien lourd lorsque l'on essaye de sauver un traité méditerranéen qui sent bon le sable chaud (surtout avec du pétrole en dessous) et la démocratie…

Portrait de Madiran

De Madiran

(Business Analyst) | 13H34 | 12/07/2008 | Permalien

Ha bon…

A part les médias, qui ne le savait pas ?

Portrait de patrick du 14

De patrick du 14

toujours naze et qui cotises pas | 13H53 | 12/07/2008 | Permalien

Portrait de Courageux anonyme

De Ghalem

13H59 | 12/07/2008 | Permalien

@benflasherbe je ne cherche pas a dédouaner les Fisistes et autres Barbus de leurs crimes mais oublier le terrorisme d'État ne règle pas le problème. En Algérie une loi de réconciliation a donné l'impunité aux uns et aux autres. En tant qu'algérien je ne veux que la vérité rien que la vérité dans cette histoire et dans tous les autres massacres. Pas de fabulateurs à la Sifaoui. Si demain on égorge quelqu'un de ma famille je me fiche que ce soit un militaire ou un intégriste ce que je veux c'est le coupable.

Portrait de patrick du 14

De patrick du 14

toujours naze et qui cotises pas | 14H31 | 12/07/2008 | Permalien

Portrait de patrick du 14

De patrick du 14

toujours naze et qui cotises pas | 14H49 | 12/07/2008 | Permalien

quand a l'algérie la grosse majorité de ma famille y vit et j'y fout pas les pieds , primo je m'appelle patrick et n'étant pas insemsible ça me parrait trops simple

Portrait de Henry QUINSON

De Henry QUINSON

Professeur, traducteur, auteur | 16H40 | 12/07/2008 | Permalien

John Kiser avait révélé l'affaire de l'hélicoptère dès mars 2006
Réaction aux articles de Valerio Pellizzari (Stampa, 6 juillet 2008) et Laurent Marchand (Ouest France, 9 juillet 2008) sur Tibhirine
L'article de Valerio Pellizzari « Les moines de Tibhirine tués par les militaires » publié par la Stampa le 6 juillet 2008, qu'a commenté Ouest France le 9 juillet, ne fait que reprendre ce que révélait l'enquête de John Kiser, Passion pour l'Algérie, les moines de Tibhirine, p. 358 (version française, Nouvelle Cité, traduite et complétée par Henry Quinson, Prix des libraires Siloë) dès mars 2006. John Kiser était le premier à révéler l'affaire de l'hélicoptère algérien mitraillant les sept frères et leurs ravisseurs :

« D'après une source interrogée à Alger, l'attaché militaire de l'ambassade de France aurait admis que les services de renseignement avaient intercepté une conversation dans laquelle un pilote d'hélicoptère algérien disait : “Zut ! Nous avons tué les moines ! ” Pour éviter que la bavure ne soit rendue publique, les corps furent enterrés, mais quelqu'un eut une autre idée. Pour faire croire que les terroristes étaient responsables de leur mort, ils décapitèrent les moines et exposèrent leurs têtes, peut-être en différents endroits pour obtenir un effet de choc maximum. Les articles de presse horrifiants expliquant que seules les têtes avaient été retrouvées ne pouvaient qu'affaiblir un peu plus le soutien du GIA dans l'opinion publique. Plus ses crimes étaient atroces, mieux c'était. La bavure des militaires avait été transformée en argument de propagande gouvernementale. »

Malheureusement, au printemps 2006, une partie de la presse française (La Croix[1], Le Monde[2]) se laissait influencer par le commentaire mal informé d'Armand Veilleux publié sur Internet le 23 mars 2006. L'abbé de Scourmont y affirmait que « l'édition française de 2006 ne tient compte que marginalement de la masse considérable d'informations rendues publiques depuis [la publication de la version originale de l'enquête de John Kiser aux Etats-Unis en 2002] » (http://www.algeria-watch.de/fr/article/just/moines/veilleux_dix_ans.htm).

Le Père Veilleux réagit le 9 juillet 2008 à l'article de la Stampa dans les colonnes de Ouest France par un aveu d'ignorance troublant : « C'est un élément nouveau qu'apporte cet article très sérieux. » Le Père Veilleux n'a visiblement toujours pas lu la version française de Passion pour l'Algérie « revue, corrigée et mise à jour », qui pourtant sert la position qu'il défend : les services algériens seraient au moins en partie coupables de la mort des moines.

Ceci explique que, malgré le dossier de presse (information sur l'hélicoptère p. 4) largement diffusé en mars 2006 par l'éditeur Nouvelle Cité, qui éclairait d'un jour nouveau les circonstances de l'enlèvement et de la mort des moines de Tibhirine, les journalistes français n'aient pas noté l'élément inédit mis au jour par John Kiser . Or cette information publiée il y a plus de deux ans renforce effectivement la thèse de la « bavure » militaire.

Henry Quinson
traducteur de l'enquête de John Kiser, Passion pour l'Algérie, les moines de Tibhirine, Prix des Libraires Siloë, Nouvelle Cité, mars 2006.

[1] « Henry Quinson, qui a traduit et corrigé le livre, a réactualisé ses informations, sans pouvoir tenir compte de toutes celles désormais rendues publiques, ni des questions qui demeurent en suspens. Il est donc dommage que ce soit cet aspect-là du livre que l'éditeur ait choisi de mettre en avant. » (Martine de Sauto, La Croix, 6 avril 2006)

[2] « Ceux qui attendraient des révélations resteront sur leur faim. […] La publication du livre [de John Kiser] date de 2002, année de sa sortie aux Etats-Unis - puis en Allemagne. Depuis, des éléments nouveaux ont fait leur apparition, dont l'édition française, insuffisamment actualisée, ne se fait que l'écho lointain et parcellaire. Il faut le regretter, car différents témoignages ont été recueillis ces dernières années qui jettent pour le moins un doute sérieux sur la thèse officielle : les moines ont été assassinés sur ordre du chef des GIA, Jamel Zitouni. La vérité est probablement moins simpliste. » (Jean-Pierre Tuquoi, Le Monde, 18 avril 2006)

Portrait de David Servenay

à Henry QUINSON Portrait de Henry QUINSON De David Servenay (auteur)

Rue89 | 18H59 | 12/07/2008 | Permalien

Merci pour ces précisions, M. Quinson, qui devraient logiquement inciter les magistrats français chargés du dossier à faire preuve d'un regain de curiosité pour cette affaire.

Quant à moi, je vais m'empresser de lire l'ouvrage de John Kiser.

Portrait de Henry QUINSON

à David Servenay Portrait de David Servenay De Henry QUINSON

Professeur, traducteur, auteur | 00H21 | 13/07/2008 | Permalien

Merci pour votre intégrité, M. Servenay.
Elle fait honneur à la mémoire de mes amis algériens et français, chrétiens et muslulmans, hommes de toutes conditions, ethnies ou confessions, assassinés parce qu'ils ont refusé le terrorisme confessionnel, ethnique ou étatique.

Portrait de Rina Sherman

à Henry QUINSON Portrait de Henry QUINSON De Rina Sherman

écrivain cinéaste | 09H53 | 14/07/2008 | Permalien

Bonjour,

Je me permets de citer un extrait d'un entretien concernant la mort du journaliste Didier Contant que Khadîdja BABA-AHMED du Bureau parisien du « Soir d'Algérie » a conduit avec John Kiser, auteur du livre « Passion pour l'Algérie, les moines de Tibherine » :

Vous avez, me semble-t-il une facilité déconcertante à coller des étiquettes. Vous le faites encore une fois lorsque vous évoquez Didier Contant . Vous dites de lui, en page 360 qu'il est spécialiste des coups, qu » il avait de bons contacts avec les milieux de la police et du renseignement. Puis vous évoquez un article qu'il a publié sur le Figaro Magazine, sans que vous signaliez que la 2ème partie de son enquête lui avait été refusée par ce même journal. Pourquoi cette omission et qu'est ce qui vous fait affirmer que ce journaliste était avait de bons contacts avec les services ?

John Kiser : C'est une vraie lacune que vous soulevez. Ce que j'ai avancé sur Dider Contant m'est venu d'une source secondaire, je crois que je l'ai lu dans le livre « les rives qui nous séparent » , vous connaissez ? Ceci dit, il est clair que les bons reporters, qu'ils soient du Washington Post ou d'ailleurs , qui couvrent une guerre de terrorisme en Algérie, en Géorgie ou ailleurs va chercher ses sources partout et une guerre comme celle là est exposée à la manipulation . Si j'étais par exemple à la CIA et que vous veniez à moi pour comprendre des faits, je vous dirai des choses qui ne sont pas fausses peut-être mais je ne vous dirai pas des choses que je ne veux pas que vous sachiez.

Le seul problème est que dés qu'un journaliste algérien ou d'autres (moins nombreux, il est vrai) pointent la responsabilité des terroristes dans les massacres on les soupçonne immédiatement d'être « sourcés » et manipulés par les services.

John Kiser : Vous avez raison, j'aurai dû enquêter davantage sur Didier Contant. L'Algérie est une région très dangereuse et très opaque. Je savais que je risquai en mettant les pieds dans ces eaux mais je me suis senti obligé de montrer la difficulté de connaître et de savoir qui agissait dans l'ombre et au nom de qui. C'est aussi aujourd'hui le problème de l'Irak et dans toutes les guerres de ce type, il y a de l'opacité. Ce que j'ai considéré comme important dans ce livre c'est de rendre compte de cette difficulté de comprendre ce qui se passe et les fautes que j'ai commises sont la conséquence de cette difficulté. Cela dit, ce qui m'importait avant tout c'est de rendre compte de la fraternité entre croyants chrétiens et musulmans dans un contexte de guerre et le message d'espoir que cette fraternité laisse.

Khadîdja BABA-AHMED Bureau du Soir à Paris

Article sur le livre de Kiser (DIX ANS DEPUIS LE MASSACRE DES MOINES DE TIBHIRINE
Un nouveau livre sur leur parcours et le sens de leur mission en Algérie - http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2006/03/26/article.php ? sid=36101&…) et entretien (ENTRETIEN AVEC JOHN KISER
« Je n'ai pas consulté toute la presse » : http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2006/03/26/article.php ? sid=36102&…) publié le dimanche 26 mars 2006.

Rina Sherman
Londres, le 14 juillet 2008

Portrait de Otreman

à Rina Sherman Portrait de Rina Sherman De Otreman

Retraité(E-N) | 08H09 | 06/07/2009 | Permalien

Opaque ! C'est bien le mot.

Je me souviens de l'affaire « Denis et Dalila (Zeghar) Maschino » de 1975 et de ses rebondissement spectaculaires en1976.
Enlèvement au Canada, remariage au pays, second voyage de noces, fuite pour retrouver Denis…

Les journalistes qui, venus dans la palmeraie algérienne interviewer la famille Zeghar, ont la surprise de trouver Me Vergès installé dans la superbe Villa aux hautes murailles.

Il semble que dans ce genre de pays, les moindres affaires prennent des proportions démesurées par le biais de l'engrenage infernal. En Europe, il est moins difficile d'assumer les bavures (sauf quand les victimes sont au sommet de l'Etat). Le pouvoir Algérien est arc-bouté sur son image, à quoi bon, chacun sait ce qu'il en est et,d'ailleurs qui s'en soucie depuis MADDOF et Cie.

Portrait de Otreman

à Otreman Portrait de Otreman De Otreman

Retraité(E-N) | 08H11 | 06/07/2009 | Permalien

Errata : « les années 1978 et 1979 » au lieu de 1975 et 76

Portrait de DBL8

De DBL8

Retraité | 18H45 | 12/07/2008 | Permalien

« Le Père Veilleux “ Est-il jésuite ?
D'après les propos que vous lui prêtez je pense que OUI.

Merci pour les coordonnés du livre.

Portrait de Henry QUINSON

à DBL8 Portrait de DBL8 De Henry QUINSON

Professeur, traducteur, auteur | 01H04 | 13/07/2008 | Permalien

J'ai bien comppris l'humour de votre question. Mais non, le Père Veilleux est cistercien trappiste ! Il aime donc le style franc et direct. Pour moi, il ne s'agit pas de questions de personnes mais de respect pour le travail d'auteurs comme John Kiser ou d'éditeurs comme Nouvelle Cité. Armand Veilleux est perpsicace et compétent sur ce sujet. Je trouve même qu'il est courageux. Il reste qu'il semble être passé à côté de cette précision apportée par « Passion pour l'Algérie » en mars 2006. Elle confirme pourtant l'assertion de son article dans « Le Monde » du 24 janvier 2003 : « des personnes de Medea proches des milieux militaires m'ont affirmé qu'ils avaient été fauchés par balles et décapités après leur mort. »
Travaillons ensemble à faire la vérité pour que la violence cesse d'être cautionnée, d'où qu'elle vienne.

Portrait de patrick du 14

De patrick du 14

toujours naze et qui cotises pas | 19H52 | 12/07/2008 | Permalien

Portrait de Pancho27

à patrick du 14 Portrait de patrick du 14 De Pancho27

22H20 | 12/07/2008 | Permalien

@Patrick du 14 : pour en remettre une couche sur cette couche :
« Le Huitième Mort de Tibhirine : décryptage d'une falsification »
http://www.algeria-watch.org/fr/aw/decryptage_falsification.htm

Portrait de Rina Sherman

De Rina Sherman

écrivain cinéaste | 22H43 | 12/07/2008 | Permalien

L'autre enquête dont on parle est le livre, Le huitième mort de Tibhirine, dont je suis l'auteur (http://www.tatamis.fr/sites/journalisme/page/page.php/id/111235/l/Se%20p…)

Zineb Dreyf m'a longuement interviewée sur ce livre pour Rue89. Le lendemain de l'entretien, Rue 89 a publié sous son nom un long article de Gèze, homme fort du lobby dit « Qui tue qui ? » L'entretien accordé de bonne foi à Zineb Dryef n'a à ce jour pas été publié sur Rue89. Pourquoi ?

Rue 89, tout comme le reste de la presse française à l'exception de quelques pubications, dont Golias Magazine, Marianne, Category Net et Prochoix, n'a jamais osé traité la question de la mort du journaliste Didier Contant. Il s'agit pourtant de leur confrère !

Mais à partir du moment que l'ordre a été donné au sein du Figaro Magazine de ne plus communiquer sur Contant, plus personne n'a su ouvrir la bouche. Voilà ce qu'il en est du traitement médiatique des questions algériennes par les journalistes français. Qu'en est-il de leur liberté d'expression ? Leur silence, est-il complice ? Pourquoi nombreux d'entre eux m'ont-ils promis d'en parler si « avais du neuf » pour employer leur jargon. La mise en examen du journaliste Rivoire de Canal + pour violence volontaire son confrère Didier Contant, cette information, n'est-elle pas « news worthy » à leurs yeux ? Ne se sentent-ils pas concernés ? Ou n'osent-ils pas parler ?

Figurez-vous, qu'en Algérie, je n'ai rencontré personne qui se demande « Qui tue qui ? » Tout simplement, parce que les survivants des massacres et des assassinats savent qui ont tué leurs parents.

Sur le blog consacré au livre Le huitième mort de Tibhirine (http://8e-mort-tibhirine.blogspot.com/) vous pouvez lire toutes les informations concernant cette affaire, y compris ma droite de réponse (http://www.ovahimba.info/8e%20mort/8emortDroitRepGeze) à la publication sur Algeria Watch d'un article (de Gèze) proposant une commentaire confuse, amalgam entre mon livre et la mise en examen de Rivoire pour violence volontaire contre la personne de Didier Contant. Alors que cette mise en examen est intervenue après trois ans d'instruction et n'a été en rien basé sur mon livre.

En ce qui concerne ladite affaire Contant, quand est-ce que les journalistes français vont enfin se mettre debout ?

Rina Sherman
Ecrivain, cinéaste

Portrait de djugurtha73

à Rina Sherman Portrait de Rina Sherman De djugurtha73

exilé malgré lui | 12H57 | 13/07/2008 | Permalien

Figurez-vous, qu'en Algérie, je n'ai rencontré personne qui se demande « Qui tue qui ? » Tout simplement, parce que les survivants des massacres et des assassinats savent qui ont tué leurs parents.

oups .. ! je vous arrête tout de suite madame sherman.
je suis algerien et je sais très bien qui tue en algerie et surtout pourquoi en tue. les mensonges des généraux algériens que votre défunt compagnons a relayé et maintenant c'est vous qui reprend le flambeau , ca ne marche plus, il faut vraiment être aveugle pour ne pas comprendre que ses braves messieurs(a vos yeux) n'y sont pour rien. moi je vais vous dire la vérité tant qu'il y'aurai du pétrole en algerie , c'est truyants ne lâcherai pas ce peuples, ils continuerons de tuer, de massacrer, de pousser les gens a l'exil, ils fonds tous pour brouiller les cartes
bien avant l'apparition du fis y'avait déjà le massacre des kabyles en 1980, alors ne me ditent pas que c'est les islamistes qui tuait a l'époque, ils étais pas encore nées, le père(fln) a bien existé avant le fis ( franc islamique du salir) ne venez pas nous raconter des bobards, on a déjà assez enttendu de la part des sanguinaires au pouvoir a alger. surtout ne me coller pas l'étiquette d'islamiste car franchement ça me ferai rire, pars que moi c'est la cotte de porc et un bon vin rouge a table, alors trouver autre chose pour défendre les sangliers d'alger mis par la France au pouvoir en 1962, c'est çà la vérité chére madame.
tous ce que je souhaite c'est l'ouverture des archives francaise, pour bien savoir toute la vérité sur les monstres qui ont pris et confisqué le pouvoir en 1962
ce jour là les masques vont bien tomber on saura comment de gaulle a neutralisé les vrais nationaliste algeriens tel que abane ramdane, amirouche, ben h'hidi et autres, surtout comment il a fait faire desertis les nesar, lamari,belkhir (le crapeau) et autres de l'armée francaise pour les mettre au pouvoir just avant l'indépendance par hasard, ses gens là n'ont jamais tirer une seule cartouche pendant toute la periode de la guerre, ils etais bien au chaud dans des casérenes francaises. et ce n'est que la suite logique de ce malheur, en 1989 apres le periode du semblant changement democratique, ils ont creer le fis pour semer la terreur et rester toujour au pouvoir , madame sherman je sais que vous croyez qu'on est pas politisés nos autre algeriens, sachez qu'en comprend bien notre malheur et en sais parfaitement d'où ca viens, ne vous inquitez pas.

Portrait de pierrejcallard

à djugurtha73 Portrait de djugurtha73 De pierrejcallard

www.nouvellesociete.org | 17H52 | 13/07/2008 | Permalien

Maintenant que l'opinion publique est un intervenant majeur dans les querelles politiques, les chances que l'on soit assassiné par ses amis pour en accuser l'ennemi augmentent en flèche. Il est devenu impossible de savoir qui sont les assassins. Le meilleur critère - mais pas infaillble, car le monde est plein d'imbéciles - c'est ce vieil adage que « Celui qui la fait est probablement celui qui en a tiré profit »

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.org/5137.html

P.S Je ne vois pas trop pourquoi on parle ici du 911, mais pour ceux que ça passionne encore … http://nouvellesociete.org/5172.html

Portrait de Otreman

à djugurtha73 Portrait de djugurtha73 De Otreman

Retraité(E-N) | 08H17 | 06/07/2009 | Permalien

Bravo et Merci ! ! !
Vous représentez l'Algérie que j'aime.

Je pensais que le Président Boudiaf allait enfin installer le pays dans la Démocratie : ILS ne lui ont pas laissé le temps.

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