A son arrivée au pouvoir en 2000, le président syrien avait fait croire à une démocratisation de son pays. Espoir vite déçu.

Nicolas Sarkozy s'est fait le spécialiste de la réintégration des Etats voyous sur la scène internationale. Après le colonel Kadhafi cet hiver, c'est au tour de Bachar el-Assad, président de la Syrie, de fouler le tapis rouge élyséen, cette fois au nom de la paix au Proche-Orient.
La France a en effet fait savoir à ceux qui protestent contre sa venue à l'occasion du sommet de l'Union pour la Méditerranée, qu'en diplomatie, on ne pouvait « pas travailler qu'avec des démocrates ».
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A l'origine, Bachar el-Assad, n'était pas destiné à gouverner. Son père, Hafez el-Assad, président autoritaire du pays de 1970 à 2000, avait préparé son fils Bassel à la succession. En 1994, l'héritier se tue en voiture. Bachar, étudiant en ophtalmologie à Londres, rentre alors en Syrie et rejoint l'armée.
L'apprentissage politique dure six ans. A la mort de son père, il est élu président. Ses premiers mois au pouvoir font croire à la démocratie. Le pays connait un très réversible « printemps de Damas » : les intellectuels ont la parole, des réunions en appartements (montada) sont organisées, la corruption est dénoncée, des manifestes et des pétitions circulent.
En 2001, une visite agitée en France
Dès l'automne 2001, des emprisonnements de journalistes ou d'intellectuels mettent fin aux espoirs de démocratie. Le régime de Bachar el-Assad est rapidement devenu ultra-répressif et opaque. Ses apparitions et discours publics sont rares mais mémorables. L'homme à la tête d'oiseau dérape régulièrement, et avec fracas.
La même année, juste avant sa dernière visite officielle en France, Bachar el-Assad déclare que le racisme israëlien était pire que le nazisme. Reçu à la mairie de Paris par Bertrand Delanoë, le chef d'Etat se fait huer par des élus brandissant des pancartes « antisémite ». Le maire de Paris prend soin de faire un discours dénonçant l'antisémitisme « d'où qu'il vienne ».
L'assassinat de Rafic Hariri marque la rupture avec Chirac
Depuis, les relations franco-syriennes se sont considérablement rafraîchies. Notamment vers la fin du mandat de Jacques Chirac. Entre les deux hommes, c'était pourtant bien parti. Il était même le seul chef d'Etat occidental à se rendre aux funérailles du Vieux Lion, en 2000. Christophe Boltanski et Eric Aeschiman dans leur livre « Chirac d'Arabie » (éd. Grasset), racontent même cette anecdote :
« Pendant la cérémonie, il serre longuement la main de Bachar : “J'avais de l'estime pour votre père. Je viens aujourd'hui vous offrir mon amitié.” “
En 2001, Bachar Al-Assad était reçu reçu avec tous les honneurs à l'Elysée :
Depuis, le jeu trouble de la Syrie au Liban a définitivement ruiné ses relations avec la France. Jacques Chirac accuse Damas d'être responsable de l'assassinat de son ami l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri en février 2005 (famille propriétaire de l'appartement parisien où il réside depuis mai 2007).
L'ex-président a déclaré qu'il n'assisterait pas au défilé du 14 juillet : le président syrien doit en effet être installé à la tribune d'honneur.
En 2005, quelques semaines après la mort de Rafik Hariri, une résolution de l'ONU a ordonné le retrait militaire syrien du Liban -occupé depuis 1975. Mais les attentats qui continuent d'endeuiller le pays sont attribués aux services syriens. Le soutien -notamment financier- assumé au Hezbollah est également reproché à Bachar el-Assad. De ce mouvement armé, qualifié de « terroriste » par Nicolas Sarkozy, le président syrien a dit, il y a quelques jours :
« Quand il y aura une paix véritable au Liban, en Syrie et dans les Territoires palestiniens, il n'y aura plus de raison de porter les armes. »
Bachar el-Assad fait fuir les fidèles du 14 juillet
Ce soutien au Hezbollah explique le mouvement d'humeur des casques bleus, appelés à défiler sur les Champs-Elysées le 14 juillet. Le président de l'association internationale des casques bleus, Laurent Attar-Bayrou, avait déclaré à la fin du mois de juin que la présence du syrien constituerait « un scandale » et « une atteinte à la mémoire » des soldats français, tués en 1983 dans l'attentat du Drakkar, à Beyrouth au Liban. Attribué au Hezbollah, cet attentat a tué 58 soldats.
L'attaque a d'abord été revendiquée par un mouvement islamiste. La thèse du camion-suicide, retenue, est controversée. Une charge explosive aurait été laissée sous l'immeuble du contingent français :
Arrivé à Paris ce samedi, BachareAl-Assad doit rencontrer le président libanais, Michel Sleiman et apercevoir Ehoud Olmert. Nicolas Sarkozy souhaite ainsi une reprise de la diplomatie entre Beyrouth et Damas puis entre Damas et Israël. Pour les négociations et la photo de réconciliation, il faudra repasser.
Bachar el-Assad a fait savoir que négocier avec Israël « n'est pas comme prendre le thé ». Peu attaché aux symboles, il a fait remarquer à des journalistes que sans préparation, une telle rencontre n'était pas envisageable : « Se contenter d'envoyer des signaux sans vrai résultat n'a pas de sens ».
Et pour donner des gages de bonne volonté à cette fameuse « scène internationale » qu'il « réintègre », Bachar el-Assad a fait observer que « le processus de démocratisation a été ralenti du fait de l'isolement international de la Syrie, qui l'a obligée à modifier ses priorités. »
Le président syrien s'est également déclaré pleinement satisfait de la méthode de politique étrangère réaliste menée par Nicolas Sarkozy. Plus de six mois après le retour de la Libye « dans le jeu international » par la grâce de Nicolas Sarkozy, nul écho pourtant d'un quelconque « printemps de Tripoli ».

► A lire aussi : Assad à Paris : quand Sarkozy fait du Chirac


























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De Tweety
médecin | 19H33 | 12/07/2008 |
Comment voulez améliorer les choses en refusant tout dialogue. Les américains ont choisi les armes face aux dictatures. On connait la suite. Il est peut être temps d'avoir une approche differente.
Cesser de tout ramener au clivage gauche droite. Dans la première vidéo, Assad a été reçu par Delanoé et Jospin.
Dire à Assad, à la chine, et à Poutine d'aller voire ailleur c'est beau, c'est courageux, c'est ce qu'il est de bon ton de dire et de penser… mais c'est pas comme ça qu'ils écouteront.
On va me traiter de facho donc je vais nuancer un peu mon propos : oui je doute de la capacité de ces gens là à écouter les démocraties, oui je pense qu'il faut être méfiant, et c'est très bien que les visites de telles personnalités soient troublées… mais par des francais, pas par le président.
De gzav
Voyageur | 21H57 | 12/07/2008 |
Ne soyez pas aussi manicheens. Bachar el-Assad est dictateur par sa naissance, ce n'est pas forcement un « super-mechant ».
J'etais en Syrie quelques mois recemment, et discute avec un opposant politique, qui me racontait qu'il n'est plus torture en prison, il a meme le journal maintenant.
Bref la situation evolue et notre image de la Syrie des annees 80 n'a plus vraiment de sens.
Et n'oubliez pas que Bachar el-Assad, tout dictateur qu'il soit, doit composer avec la vieille garde de son pere. Alors il est peut-etre plus intelligent de discuter avec lui que de l'ostraciser.
De fatalyst
23H10 | 12/07/2008 |
@Tweety
je vous cite : « Comment voulez(-vous) améliorer les choses en refusant tout dialogue ».
Le dialogue OUI mais pas la tribune bon sang ! ! !
Quand NS à dit « il faut parler à tous le monde ! ! ! », je suis d'accord mais entre parler et inviter, pour moi, il y un gouffre.
Je vous cite encore : « Cesser de tout ramener au clivage gauche droite » Désolé, je suis du centre ! ! ! ; -)
Mais encore une fois nous avons eu Kadafi et maintenant un ancien terroriste non repentit ! ! ! Allons, votre mémoire comme disait de Gaulle est un peu courte… Avoir une idéologie c'est bien, de vouloir en faire un dessein c'est NUL ! ! !
De TABBOUCH
REALISTE | 23H47 | 12/07/2008 |
Salut tous,
Voilà un moment que je n'ai pas commenté les évènements ici.
Pour ceux qui ne me connaissent pas. Je suis libanais.
Je suis Anti syrien à FOND. J'ai vécu la guerre au Liban.
J'en ai bavé des meurtres, assassinats organisés par les Syriens. Vous parlez du DRAKKAR mais personne ne parle de « Louis Dellamarre » ambassadeur de France tué par les gens des Syriens (donc par eux et à leur ordre).
Ne vous inquietez, la France ne s'est pas laissée faire « la revanche » de la France l'a été et très puissante juste après. Nos renseignements sur place ont organisé une contre attaque contre des symboles de leur régime en plein coeur de Damas comme représailles à l'époque.
Evidemment opération commando non signée officiellement par nos gars de chez nous, mais le message est vite parvenue aux dirigeants syriens à l'époque ( les années 70/80 )
Donc je suis quelqu'un qui n'a aucun sentiment tendre pour ce régime syrien.
Cependant, dans la vie, si vous voyez : Ceux qui font la paix ou veulent la faire : Ce sont les militaires. Ce sont ceux qui en ont souffert. Ceux qui ont vu des gens mourir.
Voyez en Israel : Les Shimon peres, Ishac Rabin et autres héros de guerre…Ce sont ceux qui cherchent à faire la paix. Non les civils qui, par la guerre, cherchent à récupérer des laurriers.
Donc, ici on se trouve dans un cas « spécial » :
Le souci de la France ( quelque soit sont président)
est de préserver le seul pays encore francophone de la région : Liban
Leurs soucis est de préserver la vie en commun de dizaines de communautés qui vivent ensemble et qui envoient un message « de paix » (grecs catholiques,grecs orthodoxes, maronites, syriaques catholiques, syriaques orthodoxes, chaldéen, sunnites, chiites, druzes et j'en passe…)
Leur souci est de préserver la présence chrétienne au liban ( notamment à la tête de l'état libanais) dans le souci de « garder les chrétiens de la région chez eux et arrêter l'hémorragie des migrations des coptes egyptiens, des irakiens chrétiens etc…)
Donc vient le moment où ce pays le Liban doit ABSOLUMENT trouver le calme avec ses voisins SYRIENS et ISRAELIENS.
Avant de commencer avec Israel, il faut bien que le Liban pacifie ses frontières . 85 à 90% de ses frontières sont avec la Syrie.
Par cette démarche, en encourageant ( bien que personnellement, j'estime que ce régime syrien mérite la peine de mort) la réintégration d'un régime voyou que ce Bachar assad a hérité de son père assassin aussi, La France essaye de jouer le pragmatisme dans l'intérêt de ceux qui veulent la paix là bas mais qui n'ont pas la force de l'imposer.
Remarquez, si les pays du monde entier pouvaient imposer “la paix” par la force, cela se saurait.
L'iRak en est la preuve. L'afghanistan aussi etc…
Si on devait mettre le véto sur tous les pays utilisant des méthodes peu recommandables…La liste sera longue.
Je ne parle que du sommet de l'iceberg :
La chine, La corée, la Russie ( vu son comportement avec ses voisins )et bien d'autres pourraient être cités à ce jour.
Les Israeliens pourraient bientôt recevoir Bachar Assad
Vous croyez que les négo indirectes entre syriens et israeliens vont le rester ? ? Si un accord n'a pas déjà été trouvé…Sachez qu'aucune négo indirecte aurait été lancé. Les syriens ou leur politique(les ayant fréquenté et connu de près) : appliquent la méthode :
“niez toujours que vous êtes à l'étape 1…Il sera tjrs temps par la suite d'avouer l'étape 1 dès qu'on sera passé à l'étape 2…tout en niant l'étape 2”
Voilà donc un peu la politique suivie.
Je suis d'accord avec tous ceux/celles qui considèrent ce pays comme état voyou… Mais franchement, la sécurité de millions de personnes là bas ne mérite t elle pas ce genre de tentative ? - y compris des Israeliens- faute de pouvoir évincer ce régime ? ? et surtout faute de savoir si on évince ce régime ( militairement, par les renseignements ou par la diplomatie) sait on qui prendra le relais ? ? ( je le sais…Les intégristes islamistes..les frères musulmans qui sont dans le giron d'Al kaeda) sont prêts pour prendre le relais…
Que fera t on alors dans ce cas ? ?
Merci pour votre lecture ; )
Pierre