Dans le débat qui s'ouvre sur la gestation pour autrui, un point semble faire consensus : si on légifère pour encadrer cette pratique, ce sera en excluant les homosexuels du dispositif. Or, tout comme les couples hétérosexuels dont la femme ne peut porter un enfant, des homosexuels se rendent dans les pays où la gestation pour autrui est autorisée, sont soumis aux mêmes aléas et risques éthiques et rencontrent les mêmes difficultés lorsqu'il s'agit de retranscrire l'état civil d'enfants n'ayant pour seul parent le père.
Ils ne pourront donc profiter de l'encadrement éthique que procurerait une législation autorisant la gestation pour autrui en France. Exclus du dispositif, les plus fortunés d'entre eux devront continuer à se rendre à l'étranger pour réaliser leur désir d'enfant.
Aux Etats-Unis, des femmes disent préférer porter l'enfant d'un couple de gays parce que ceux-ci noueront une relation durable avec elle. Si le corps des femmes leur appartient au point qu'on admet qu'elles sont libres de concevoir ou non, d'interrompre une grossesse ou non, pourquoi ne pourraient-elles décider pour qui elles veulent porter un enfant ? Bien sûr, il n'y a aucun moyen pour un couple de personnes de même sexe de donner à leur enfant deux parents. Le rapport du groupe de travail du Sénat remis la semaine dernière souligne qu'il conviendrait de mener pour cela une « réflexion autonome sur le principe même de l'homoparentalité, dont la légalisation suppose de modifier en profondeur le droit de la filiation ».
Pour l'hétéro, un « désir légitime », et pour l'homo, un « droit à l'enfant » contesté ?
Laissons de côté les arguments de ceux qui sont hostiles tant à une réforme autorisant la GPA qu'à l'inscription des familles homoparentales dans la réalité juridique et sociale de notre pays. Examinons plutôt les réticences ou les arguments de ceux qui sont favorables à proposer un cadre éthique à la GPA mais en excluant les homosexuels.
Le premier argument est celui du droit à l'enfant, qu'on cherche à éviter. Le rapport du groupe de travail du Sénat indique qu'« ouvrir aussi largement l'accès à la gestation pour autrui reviendrait en effet à consacrer un droit à l'enfant ». Le même rapport préconise cependant, en évoquant la souffrance des couples frappés d'infertilité, « d'éviter d'aggraver cette souffrance en donnant le sentiment à ceux qu'elle frappe que toutes les causes de l'infertilité ne méritent pas la même considération, en maintenant une prohibition stricte de la maternité pour autrui alors qu'un encadrement idoine permettrait de dissiper les craintes légitimes qu'elle suscite ».
Il est remarquable que lorsqu'on parle des couples hétérosexuels en désir d'enfant, on souhaite alléger leur souffrance, tandis que le désir d'enfant des homosexuels évoque immédiatement la consécration d'un droit à l'enfant qu'il faudrait absolument éviter. On ne peut qu'en déduire qu'il y a pour les hétéros un droit à l'enfant qui est tout à fait convenable et qu'on interprète comme un désir légitime qui, s'il est contrarié, a vocation à être secouru par la médecine.
L'illusion discriminante que la GPA est un remède à l'infertilité
Le deuxième argument est celui selon lequel les techniques de procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui (GPA) devraient pallier une pathologie. Cela justifierait que l'accès à ces techniques soit limité aux couples hétérosexuels souffrant d'infertilité ou risquant de transmettre une maladie. Ainsi formulés, les critères posés par les lois de bioéthique créent l'illusion que l'assistance médicale à la procréation (AMP) est un remède qui peut se limiter aux couples hétérosexuels qui devraient pouvoir procréer, mais ne peuvent le faire sans assistance.
En réalité, l'AMP avec don de gamètes ou recours à une GPA ne guérit aucunement l'infertilité. Une femme privée d'utérus n'est pas guérie par la GPA, elle n'a pas plus d'utérus après le recours à une GPA qu'avant. Un homme n'est pas guéri de son infertilité par un don de sperme. Lorsqu'il y a un don de gamètes, l'AMP remplace le partenaire infertile mais ne le rend pas fertile. La procréation médicalement assistée permet de devenir parent, elle ne guérit pas, elle répond au désir d'enfant de couples qui ne peuvent pas procréer. Si le couple est hétérosexuel, le désir d'enfant est légitime, si le couple est homosexuel, on intitule ce même désir « droit à l'enfant » et il est combattu.
Seuls les couples hétéros seraient aidés si leur sexualité n'est pas procréatrice ?
Le troisième argument est que le recours à l'aide médicale pour procréer ne doit pas être motivé par des convenances personnelles. On peut sans doute contester le droit d'une femme qui n'a pas de problème pour mener une grossesse à bien, à faire porter ses enfants par une autre. Mais pour le reste, cette limitation est une autre manière d'affirmer que tous les enfants devraient naître de l'union sexuelle procréatrice de leurs parents ou qu'on puisse le croire ; dit encore autrement, que seuls les couples hétérosexuels auraient le droit d'être aidés si leur sexualité n'est pas procréatrice.
Il y a là une discrimination fondée sur l'orientation sexuelle quant au respect des choix de vie des uns et des autres. Le droit respecte le choix de vie d'une femme dont le compagnon est stérile et qui pourrait résoudre « naturellement » son problème en choisissant pour partenaire, un autre homme, celui-là fertile. Il serait bien sûr scandaleux qu'on renvoie cette femme à ce « remède » naturel consistant à choisir un autre compagnon. Les lois de bioéthique permettent de respecter son choix de vie et de l'aider en lui fournissant médicalement les gamètes d'un autre.
Il n'en est évidemment pas de même dans la situation d'un couple de femmes auquel cette aide sera refusée et qu'on incitera à choisir un partenaire plus « naturellement » adéquat. Pourtant la seule différence est que l'infertilité du couple de même sexe est évidente dès le début alors que le couple hétérosexuel ne la découvre qu'ultérieurement.
Finalement, au nom de quoi, les procréations assistées et la gestation pour autrui devraient-elles être exclusivement réservées aux couples hétérosexuels ? Est-ce parce que seul un homme et une femme constitueraient la meilleure famille dans l'intérêt de l'enfant ? C'était ce qui motivait les limitations des lois de bioéthique en 1994. Depuis, on sait que des centaines de milliers d'enfants grandissent dans des familles différentes sans en pâtir. Peut-être se fonde-t-on encore sur une conception religieuse pour laquelle une famille ne peut être que celle voulue par Dieu ? Et à quand des hommes géniteurs pour autrui ?
Les mêmes lois de bioéthique qui prohibent actuellement la gestation pour autrui, interdisent également qu'un homme puisse s'engager par convention à renoncer à sa paternité, c'est-à-dire interdisent d'être géniteur pour autrui. Dans l'hypothèse d'une législation permettant l'encadrement éthique de la gestation pour autrui, une partie de la réforme reviendrait à donner aux femmes la liberté de renoncer à l'avance à leurs droits parentaux.
Cette liberté pourrait s'appliquer également aux hommes qui souhaiteraient aider une femme ou un couple infertile (qu'il soit de même sexe ou de sexe différent) en donnant son sperme. Les hommes pourraient eux aussi avoir le droit de renoncer à l'avance à établir leur paternité vis-à-vis du fruit de leur don. Dans l'éventualité où il renonce clairement à ses droits, l'adoption ultérieure de l'enfant par le nouveau compagnon ou par la compagne de la mère en serait facilitée en éliminant l'éventualité d'un père potentiel dont les droits viendraient en conflit avec ceux des parents d'intention.
Être parent c'est s'engager pour la vie auprès de ses enfants. Fonder la parenté sur une déclaration d'engagement parental devrait permettre aux femmes autant qu'aux hommes de déclarer leur volonté d'être parent, sans être soumis aux seules lois de la nature. Un parent est toujours d'abord un parent d'intention avant d'être un géniteur. Ce qui importe, ce n'est pas tant qui a conçu les enfants et comment mais ceux qui ont souhaité leur venue au monde et sont prêts à être leurs parents pour la vie.
► Deux papas, deux mamans qu'en penser ? Débat sur l'homoparentalité (avec E. Antier) - Calmann-Lévy 2007 - 18€.





















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De Hemenate
15H55 | 07/07/2008 |
D'une part vous vous gardez bien d'insister sur le point que pour permettre la GPA aux couples homosexuels, il faut admettre la possibilité de combiner gestation pour autrui ET don d'ovocyte/sperme.
Car dans le cas contraire cette GPA exclurait les couples homosexuels non pas du fait de leur orientation sexuelle mais pour des raisons physiques qui excluraient également de nombreux couples hétérosexuels.
D'autre part vous n'allez pas jusqu'au bout de votre raisonnement :
- Quid des personnes célibataires ?
- Pourquoi la GPA avec don d'ovocyte/sperme leurs serait-elle refusée ?
à Hemenate
De Martine Gross
(auteur)
Sociologue | 18H14 | 09/07/2008 |
Je suis tout à fait favorable à ce que la GPA de même que toute technique de procréation médicalement assistée soit accessible à toute personne et tout couple.
je ne l'ai pas développé dans l'article parce que je voulais mettre en évidence la contradiction qui consiste à vouloir soulager un désir d'enfant en souffrance quand il s'agit de couples hétérosexuels et par ailleurs à qualifier ce même désir d'enfant quand il s'agit de couples homosexuels de droit à l'enfant qu'il faudrait combattre.
à Martine Gross
De Hemenate
20H01 | 09/07/2008 |
Votre message me paraît en contradiction avec ce que vous dites plus bas :
« Il n'y a pas de droit à l'enfant et l'enfant n'est pas un droit »
Vous considérez donc qu'il n'y a pas de « droit à l'enfant », tout en étant favorable à ce qu'une personne célibataire puisse décider toute seule d'avoir un enfant en ayant recours à la GPA+don d'ovocyte/sperme.
Et vous ne voyez pas comme un paradoxe là dedans ?
Je vous re-cite :
1°) « Je n'aime pas non plus l'idée d'un droit à l'enfant. je faisais juste remarquer dans l'article qu'on parle de ce droit pour le dénoncer quand il s'agit du désir d'enfant des homosexuels et qu'il n'en est pas question quand il s'agit de la souffrance d'un couple hétérosexuel infertile. »
2°) « Je remarque juste qu'on parle de “droit à l'enfant” pour le dénoncer lorsqu'il s'agit de couples (ou de personnes) homosexuels et que pour les couples hétérosexuels qui ont des difficultés pour procréer, on n'en parle pas »
Si de nombreuses personnes ont ce type de raisonnement, vous feignez malhonnêtement de ne pas savoir qu'il y a également de nombreuses personnes contre la GPA qui dénonce un « droit à l'enfant » y compris pour les hétérosexuels…
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 16H21 | 07/07/2008 |
Et si on demandait à Ingrid Betancourt , notre autorité morale à la mode , ce qu'elle en pense ? Justement , elle est à l » assemblée mercredi ..
De Mon-Al
roturière :-) | 17H04 | 07/07/2008 |
La GPA dans le cas d'un couple hétérosexuel qui ne peut pas procréer naturellement par suite d'une anomalie ou maladie de la mère (absence d'utérus par ex) est, je le pense vraiment, la solution pour résoudre un mal profond : l'impossibilité pour une femme d'être mère. C'est un « droit à l'enfant » :
- « Est-ce parce que seul un homme et une femme constitueraient la meilleure famille dans l'intérêt de l'enfant ? »
Oui, c'est la base de la normalité de la reproduction de l'espèce.
Par contre, la GPA dans le cadre d'un couple homosexuel pose un autre problème : le droit POUR l'enfant d'avoir un papa et une maman.
Peut-être que des cas fonctionnent parfaitement, mais je suis sceptique. Que se passera-t-il en cas de séparation des « parents » ?
à Mon-Al
De catapulte
président de la République | 23H29 | 07/07/2008 |
« Par contre, la GPA dans le cadre d'un couple homosexuel pose un autre problème : le droit POUR l'enfant d'avoir un papa et une maman. »
L'important, pour un enfant, c'est le droit d'avoir des parents pas handicapés, pas malades, pas moribonds, pas pauvres, etc…
Mais qu'est-ce que c'est que ce raisonnement ?
Que faire alors des enfants dont l'un des parents meurt ?
Des enfants dont les parents divorcent ?
Des enfants dont l'un (ou les deux) des parents découvre, sur le tard, son homosexualité ?
Faut-il les euthanasier ? ? ?
C'est du grand n'importe quoi.
Et les enfants d'hétéros : peuvent-ils réclamer le droit d'avoir 2 papas ? (ou 2 mamans ? )
Chaque enfant vient au monde, puis y grandit, avec son histoire.
L'important, c'est que ceux qui s'en occupent fassent de leur mieux.
à catapulte
De jjezfm
Internaute | 08H40 | 08/07/2008 |
ouaip, catapulte, bien dit !
c'est de l'hypocrisie de prétendre dicter les soi-disant critères de bonheur d'un enfant, alors que la vie va chambouler les couples « normaux »
j'ajouterai à la liste tous les couples mariés, hétéros etc… qui ont des enfants et sont pas foutus de les aimer
De siegfried
20H47 | 07/07/2008 |
La reproduction de l'espèce est une chose, la « normalité » en est une autre, cette dernière s'inscrivant dans une société donnée, définie par elle à un moment donné de son histoire.
… La normalité n'est qu'une norme, pas un absolu immuable de comportement des êtres humains au travers des siècles …
La normalité d'un groupe donné ne sera pas celle d'un autre groupe, non plus. A nous de savoir vivre ensemble, de façon adulte et paisible, pour le bien-être de tous.
Qu'un enfant doive être élevé dans une famille comportant un homme faisant fonction de père et d'une femme faisant fonction de mère est d'une part une norme sociétale et d'autre part, un modèle qui a depuis longtemps volé en éclats.
Par ailleurs, le « père » et la « mère » ne sont pas des rôle forcément masculin, pour le 1er, et féminin, pour le 2nd.
Une mère est une personne maternante, ce rôle peut être tenu par une personne de sexe masculin, idem pour la fonction paternelle, qui peut très bien être tenue par une femme.
C'est avoir des oeillères selon moi que de refuser de modifier son angle de vue et rester campé sur ce shéma homme+femme=parents idéaux et normés ( je refuse de dire « normaux »).
La société bouge, parfois pour nous foutre par terre, mais à mon sens si elle nous fout par terre c'est que nous avons ces oeillères justement et n'anticipons pas, n'assimilons pas de nouveaux shémas pour le bien de tous, car les anciens shémas ne tiennent plus la route, n'en déplaise à ceux qui ont peur de perdre leur repères et croyances.
Il y a ne serait-ce que 50 ans, la « normalité » était la mère au foyer en tablier et le divorce rédhibitoire.
De plus, un enfant saura trouver dans l'entourage adulte que lui apporteront ses parents ( mono, lesbiens ou gays ) des figures diverses auxquelles il pourra, et saura d'identifier pour se construire.
Donc pour conclure mon long post, partisans du homme-papa/femme-maman, n'ayez crainte, un enfant épanoui et heureux est avant tout un enfant qui est né dans un foyer aimant, sécurisant, soutenant, et ces valeurs là ne sont pas l'apanage des couples hétérosexuels.
Bonne soirée à tous
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 21H50 | 07/07/2008 |
Je n'aime pas trop entendre parler des « droits à l'enfant », je préfère nettement que l'on parle des droits DES enfants. L'enfant n'est pas un « droit », c'est un cadeau, lorsqu'il arrive.
Quand j'entends « le droit à l'enfant », j'ai l'impression que ça sonne un peu comme « le droit d'avoir un chien ou un chat dans tel immeuble ou non ».
à Di
De catapulte
président de la République | 23H39 | 07/07/2008 |
« L'enfant n'est pas un “droit”, c'est un cadeau »
La maladie aussi, c'est un « cadeau ».
Heureusement, l'homme a inventé la médecine.
Le problème, c'est que selon que l'on naît à Paris ou à Haïti, le traitement réservé aux malades ne sera pas le même…
De même, le traitement réservé aux homos ou aux hétéros ne sera pas le même (même français).
Pourquoi ?
Serait-ce parce que ce sont les hétéros qui font la loi ?
Oui : c'est toujours comme ça.
Les majorités imposent toujours leurs vues aux minorités.
Mais dans ce cas, ça rime à quoi ? ? ?
à catapulte
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 10H16 | 08/07/2008 |
La rapprochement entre un enfant et une maladie, vous admettrez que c'est pas terrible quand même ! J'ai eu les deux, mais je vous assure que l'idée ne m'est jamais venu de les comparer. Comme je ne suis pas du tout maso, la maladie, je ne l'ai jamais considérée comme un « cadeau », mais bien comme une « épreuve ».
PS : la « loi » qui fait qu'un enfant naît de l'union d'un homme et d'une femme, c'est un hétéro qui l'a inventée ? Ne vous méprenez pas, je n'ai rien contre les homosexuels qui sont bien souvent fort sympathiques. Par contre, je n'ai jamais apprécié leur « gay pride », je crois même que ces « gay prides » font tout pour desservir les homos. On n'y voit pas de l'amour, sentiment noble quels que soient celles et ceux qui le partagent, mais plutôt uniquement de la sexualité, voire du vice, souvent. Je suis bien loin d'être bigote, mais j'imagine mal des enfants dans cette parade.
à Di
De catapulte
président de la République | 15H49 | 08/07/2008 |
« la “loi” qui fait qu'un enfant naît de l'union d'un homme et d'une femme, c'est un hétéro qui l'a inventée ? »
La loi stupide qui faisait la distinction entre « enfant légitime » et « enfant naturel », c'est bien l'homme (hétéro ? ) qui l'a inventée.
En pratique, pas besoin d'union, ni par mariage ni par pacs ou autre. Il suffit de réunir ovule et spermatozoïde au chaud…
Et si par la suite, le petit à naître peut recevoir un toit et beaucoup d'amour, c'est le bonheur.
à catapulte
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 22H45 | 08/07/2008 |
Si je n'avais pas pu avoir d'enfant, j'en aurais certainement adoptés - il y a tant d'orphelins.
catapulte/président de la République, vous êtes sans doute un homme, pour parler comme ça, et vous n'avez donc jamais porté un enfant dans votre ventre et tissé les liens avec lui, pendant ces neuf mois. J'en ai eu trois, plus quelques fausses-couches. Deux naissances ont failli me coûter la vie. (J'avais pourtant cinq médecins/chirurgiens dans ma famille proche)
Il faut qu'une femme soit dans une situation de détresse immense, pour arriver à abandonner, à la naissance, l'enfant qu'elle a porté neuf mois. Ou alors c'est une sainte, d'une générosité inouïe. Le problème, c'est qu'il n'y a que très peu de « saintes » hélas, mais par contre, il y a énormément de femmes en situation de détresse, et énormément d'homosexuels en mal d'enfant. Est-ce moral de profiter de ces femmes en détresse ? Croyez-vous que vous construirez votre bonheur comme ça ? J'en doute !
à Di
De Gotch
15306
ancien ouvrier de la banque | 08H36 | 09/07/2008 |
C'est très bien dit, mais vous n'avez pas répondu à la question.
L'important, pour un enfant, est d'avoir autour de lui des personnes (au pluriel de préférence) qui l'aiment et l'aident à grandir en âge, en taille, en raisonnement, en affectivité et en bonheur. N'est-ce pas la priorité absolue ?
à Gotch
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 23H55 | 09/07/2008 |
Tout à fait d'accord, c'est très important et prioritaire …et aussi, pas du tout facile ! ; )
à Di
De nane
07H05 | 09/07/2008 |
Tous les Homosexuels ne sont pas à la Gay pride…et puis quand bien même…il y a bien des hétéros dans les carnavals…qui ont des comportements « hors norme » parce que…c'est une fête…alors réduire les homosexuels à la Gay pride c'est un peu dur non ? Vous n'avez rien contre les homosexuels mais vous les connaissez mal en tout cas !
et puis la pornographie est loin d'être réservé aux Homosexuels….
à nane
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 23H15 | 09/07/2008 |
Et heureusement, qu'ils ne sont pas tous à la Gay Pride ! Si je les dénonce, ces parades, c'est bien parce que je les trouve nuisibles pour EUX, les homos (surtout compte tenu de ce qu'on nous en montre, en tout cas ! ) Cela m'énerve que ceux qui y participent ne le voient pas eux-mêmes. Faites une recherche d'images sur Google sur « gay pride » et dites-moi si vous trouvez que ces images renvoient une bonne image des homosexuels. Dites-vous bien aussi que cette image-là, c'est celle qui se gravera dans l'esprit de beaucoup de gens. Regardez encore les images et demandez-vous si vous confieriez votre nouveau-né à des gens qui se conduisent comme ça en public. Si au contraire, je les détestais, les homos, je dirais plutôt CONTINUEZ, c'est la fête, accrochez plus de godes à vos costumes de fête, etc.etc., vous ne croyez pas ?
S'il n'y avait pas tous ces excès dans les « Gay Pride », je les soutiendrais sans problème.
Si les même parades existaientt pour les hétéros, je penserais et je dirais exactement la même chose. Pourtant, je ne suis pas bigote - quand je rentre dans une église ou autre lieu de culte, c'est toujours pour visiter. ; ) Mais avec respect, bien sûr.
Après tout, vous avez peut être raison. Peut être que je ne les connais très mal, les homos. J'avais peut être tort de penser qu'ils étaient tout simplement des gens, ordinaires, exactement comme moi. J'ai peut être tort aussi de dire qu'ils doivent, au contraire, soigner leur image.
Bien sûr que la pornographie n'est pas réservée aux homosexuels, mais que la pornographie soit hétéro, homo, ou ce que vous voudrez, je ne trouve pas qu'elle soit A SA PLACE en pleine rue, en plein jour, c'est tout.
à Di
De Martine Gross
(auteur)
Sociologue | 18H16 | 09/07/2008 |
je suis tout à fait d'accord avec vous. Il n'y a pas de droit à l'enfant et l'enfant n'est pas un droit.
je remarque juste qu'on parle de « droit à l'enfant » pour le dénoncer lorsqu'il s'agit de couples (ou de personnes) homosexuels et que pour les couples hétérosexuels qui ont des difficultés pour procréer, on n'en parle pas.
De monde fou
internaute | 22H00 | 07/07/2008 |
Martine GROSS est Ingénieure de recherche en sciences sociales au CNRS, présidente d'honneur de l'APGL (Association des parents gays et lesbien).
Il me semble qu'il serait honnête d'inviter un contradicteur à expliquer pourquoi il peut être risqué de légiférer dans l'urgence et selon les recommandations d'une association militante sur une décision qui soulève un problème inédit dans l'histoire de l'humanité : la médicalisation totale d'une procréation hors sexe, hors stérilité.
De développer quel genre de société peut générer cette nouvelle demande et quels industries et pouvoirs peuvent y trouver leur intérêt derrière la mise en avant de la bannière attendrissante de désir d'enfant.
Martine GROSS ainsi que d'autres militants des PMA pour les homosexuels sont pratiquement les seuls à être édités dans libé..etc .J'ose espérer que rue 89 n'est pas un nouveau relai de ces associations mais un vrai lieu de confrontation sur des sujets qui concernent les générations futures.
Merci
à monde fou
De Martine Gross
(auteur)
Sociologue | 18H23 | 09/07/2008 |
En ce qui me concerne, mon dernier article publié par Libération date d'aout 2004..
vous ne pouvez pas à la fois réclamer une confrontation et dénoncer la publication des avis qui ne concordent pas avec les vôtres.
n'est ce pas le commencement d'un vrai lieu de confrontation ici même ?
De oursonne
22H09 | 07/07/2008 |
La « normalité » n'est peut être pas un couple heterosexuel mais la normalité est qu'un enfant est issu d'un père et d'une mère.. La nature est ainsi faite…. Et on aura beau user de tous les subterfuges, ce sera toujours ainsi…. Par contre ce que je ne trouve pas normal c'est que la société doit maintenant trouver une solution pour les désir de tout un chacun, et personne ne doit subir la moindre frustration…. Les couples, heteo ou homo qui detournent la loi en allant prendre des mères porteuses « des génitrices » (quel mot, on dirait qu'on parle de vaches ! ! ) reviennent ensuite en France, et constatant que la loi qu'ils ont esquivée ne se plient pas à leur acte, réclament ensuite à cor et à cri des lois qui s'adaptent à leur situation…… Je trouve (o la vilaine réac que je suis) que cela ressemble à des caprices d'enfant gâté…) « je peux pas mais je veux quand même “.. Je le comprends le désir d'enfant et la frustration que le fait de ne pas en avoir peut engendrer…. Je me suis mariée trop tard pour en avoir, et j'ai fait une fausse couche, tard, alors que c'était ma dernière chance), je sais ce que c'est. mais je n'aurais pas fait un enfant sans lui donner d'avoir une famille complète. Quand toutes les chances sont là, père, mère, c'est parfois un echec ! Alors mettre un enfant au monde qui aura passé toute sa période avant la naissance dans le ventre d'une mère qui le rejettera (souvent pour de l'argent) à sa naissance, c'est déjà dur … (le lien mère enfant avant la naissance, on sait maintenant à quel point c'est important).. Bien sur un couple homosexuel aimera un enfant autant qu'un autre, peut être même mieux. Mais ajouter une mère porteuse, un couple de même sexe …. est ce un choix qu'un bébé à naitre ferait s'il pouvait s'exprimer ? N'est on pas dans une société où on est prêt à tout pour ne pas sentir de frustration. ? ? ? ? J'ai beaucoup d'amis homosexuels qui vivent en couple mais qui pensent qu'on ne peut pas chambouler la nature… Entre la gay-pride qui est dans l'excès, la provocation et une vision de l'homosexualité plutôt nefaste , et les couples d'homo qui rêvent d'une petite famille bien bourgeoise, on chercherait presque les homosexuels ‘normaux’. Puisque à part quelques abrutis, tout le monde considère maintenant que les homosexuels ont le droit de vivre sans se cacher.. Et il est temps….Mais décider le sort de bébés à naitre, légiférer pour changer la base de l'humanité qui est la naissance d'un enfant d'un ovule et d'un spermatozoïde, ça me parait un peu un excès de pouvoir et surtout d'egoïsme. Na !
à oursonne
De catapulte
président de la République | 23H44 | 07/07/2008 |
« Mais décider le sort de bébés à naitre, légiférer pour changer la base de l'humanité qui est la naissance d'un enfant d'un ovule et d'un spermatozoïde, ça me parait un peu un excès de pouvoir et surtout d'egoïsme. »
Les mères porteuses ou la procréation assistée continuent à proposer la naissance d'un enfant à partir d'un ovule et d'un spermatozoïde.
Donc rien n'est modifié sur ce point précis.
Sauf votre respect…
à oursonne
De catapulte
président de la République | 23H50 | 07/07/2008 |
« et constatant que la loi qu'ils ont esquivée ne se plient pas à leur acte, réclament ensuite à cor et à cri des lois qui s'adaptent à leur situation…… Je trouve (o la vilaine réac que je suis) que cela ressemble à des caprices d'enfant gâté…) »
Eh oui.
Il y a même des Rmistes qui vont jusqu'à réclamer des primes de Noël !
Cela ressemble à des caprices d'enfant gâté.
N'empêche que je préfère mes revenus à ceux des Rmistes… même avec leurs primes de Noêl.
Heureusement que certains savent l'ouvrir.
C'est le seul moyen qu'ils ont d'alerter et de tenter d'améliorer leur situation.
à oursonne
De catapulte
président de la République | 23H58 | 07/07/2008 |
« est ce un choix qu'un bébé à naitre ferait s'il pouvait s'exprimer ? »
Effectivement, le bébé « à naître » ne peut pas s'exprimer.
Mais on peut parier qu'un bébé aimerait tou simplement arriver dans une société où l'on ne va pas le montrer du doigt, parce que son papa est mort ou est noir ; parce que sa maman est célibataire ou lesbienne, etc, etc.
Non ?
L'enfant ne va pas « mal vivre » sa situation elle-même.
Il va surtout se sentir blessé d'être attaqué et jugé par des êtres intolérants, qui passent leur temps à stigmatiser.
C'est surtout cela, qu'il faudrait changer.
à oursonne
De Vincent.Guillot
09H04 | 08/07/2008 |
Bonjour Oursone, Bonjour à toutEs,
Vous écrivez : « …la gay-pride qui est dans l'excès, la provocation et une vision de l'homosexualité plutôt nefaste… »
Mais en quoi est-ce néfaste ? Cela ne représente-t-il pas une des réalités des homo-identités ?
Par ailleurs, cela n'est-il pas en contradiction avec cet autre propos que vous tenez : « à part quelques abrutis, tout le monde considère maintenant que les homosexuels ont le droit de vivre sans se cacher.. » ? Homophile ou homophobe vous étes ?
cordialement.
à Vincent.Guillot
De Mon-Al
roturière :-) | 14H26 | 08/07/2008 |
Je défends Oursonne. En effet, la gay-pride est plutôt mal vue par mes amis homosexuels. Ils trouvent que les excès auxquels on assiste pendant ces exhibitions ridicules les desservent : eux ne veulent simplement que le droit à l'indifférence : ils sont homos, n'ont pas choisi de l'être, ne sont pas fiers de l'être, c'est un état de chose, un fait, c'est tout ! ! ! Ils ne se cachent pas, ont une vie de couple normale, fréquentent des hétéros, ne vivent pas entre eux … ils sont « insérés » - mot à la mode - dans la vie banale de tous les jours, travaillent. Bref ! ! !
Mon meilleur ami est homo et c'est le seul qui a pensé à m'offrir des fleurs pour la fête de mères : ni mon mari, ni mes fils n'y ont seulement songé.
Suis homophile ou homophobe ? : c'est une question que je ne me pose même pas, la sexualité des autres ne me concerne pas.
C'est la provocation, l'excès, l'exhibitionnisme qui me gênent.
à Mon-Al
De Béatrice1
| 15H49 | 08/07/2008 |
Pas d'accord avec vous et Oursonne sur la gay-pride, Mon-AI : c'est une fête, un carnaval, où toutes les outrances doivent justement être permises. N'oubliez pas qu'avant l'invention de la gay pride, les homosexuels devaient se cacher.
à Béatrice1
De Mon-Al
roturière :-) | 17H27 | 08/07/2008 |
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Bonjour Béatrice
Un bémol : ce n'est pas sur la fête, le carnaval, j'aime ces spectacles … c'est le nom qui leur est donné qui me gêne : gay-pride : fierté homosexuelle. Quelle fierté il y a-t-il là-dedans ?
Et ce n'est pas la gay-pride qui a permis aux homos de faire leur coming out et de ne plus se cacher, c'est l'évolution normale des moeurs.
A mon humble avis, les excès ne servent pas les homosexuels individuellement, ils servent juste à la communauté homosexuelle, ce qui est différent.
à Mon-Al
De Béatrice1
| 22H27 | 08/07/2008 |
Bonjour Mon-AI,
Tout ça est parti des mouvements des Noirs américains et de la « black pride ». A priori en effet, on ne peut pas être davantage « fier » de sa couleur de peau que de son orientation sexuelle, on ne peut être « fier » que de quelque chose qu'on a accompli. Cependant, on a pendant tellement longtemps jeté l'opprobre sur les Noirs parce qu'ils étaient noirs et sur les homosexuels parce qu'ils étaient homosexuels qu'ils en avaient eux-mêmes HONTE. D'où l'apparition d'un mouvement de « fierté » pour ces minorités opprimées : les Noirs se sont mis à porter des coiffures « afros » alors que jusque-là ils essayaient de se lisser les cheveux et de se blanchir la peau - pour tendre vers l'« idéal » de beauté des Blancs - et le slogan « Black is beautiful » est apparu. Ils avaient besoin de revendiquer leur « négritude » comme les homosexuels ont eu ensuite besoin de revendiquer leur homosexualité.
Ce mouvement, avec son indéniable succès, a servi de modèle à toutes les minorités dévalorisées - y compris à une minorité qui n'en est pas une : les femmes.
Ce sont ces mouvements qui ont permis ce que vous appelez l'évolution « normale » des moeurs : n'oubliez pas que ces moeurs étaient figées depuis des siècles et qu'elles n'ont évolué qu'en occident : je vous trouve donc hyper optimiste. Je pense que le fait que la gay pride soit autorisée ou interdite est un excellent baromètre de la démocratie dans un pays.
C'est parce que ces mouvements ont servi des « communautés » dans leur ensemble qu'ils ont servi des Noirs, des homos et des femmes individuellement, en faisant changer les lois, par exemple.
PS : Comme c'est agréable d'échanger ses points de vue sans agressivité entre gens de bonne compagnie ! Et tant pis pour les pisse-vinaigre qui vont nous « naser »…
à Béatrice1
De kk
star malgré elle | 08H28 | 09/07/2008 |
Bonjour Béatrice,
Comme je l'ai déjà fait à plusieurs reprises, je voulais vous mettre un « top » (eh, oui, ça peut se faire anonymement, en passant et si certaines de vos interventions me hérissent, j'adhère à d'autres).
Pourquoi faut-il que vous veniez « tout gacher » avec les « pisse-vinaigre », ne serait-ce pas un chouia agressif ?
D'autant plus me semble -t-il que sur plusieurs fils, vous avez pu mener ces échanges courtois sans problème ; nous nous sommes presque tous fait replier ici à un moment ou à un autre, moi aussi. Dans ces cas là, ça m'a juste poussée à approfondir ma réflexion, voilà…