polemique

L'élève trouve Sarkozy méchant, l'institutrice est convoquée

Des parents d'élève se sont plaints directement auprès de l'Elysée du comportement laxiste d'une professeure d'école primaire d'Albi. Sa faute ? Avoir laissé un des gamins associer l'image de Nicolas Sarkozy au concept de méchanceté… Le rectorat l'a convoquée…

A l'école primaire Claude-Nougaro d'Albi, Valérie Fremit, institutrice, fait travailler les enfants de la façon suivante : ils doivent illustrer un sentiment, un caractère. Un enfant choisit d'associer une photo de Nicolas Sarkozy à la méchanceté. Et le tout est mis sur une panneau, comme toujours dans les classes. Jusque-là, rien que de normal dans une école où on respecte l'expression des enfants et dan un pays où le crime de lèse-majesté a été aboli à la Révolution.

Mais une famille se plaint. Pas à l'instit, non. Pas à sa direction, non. Pas au rectorat, non. A l'Elysée. Qui, au lieu de rire au nez des mouchards, déclenche tout un « patacaisse » qui fait que si l'instit' n'est pas rouée en place publique, elle aura de la chance.

Par ailleurs, l'association NS-méchanceté par un enfant, de ceux qui sont les premiers à voir que le roi est nu, n'est pas fortuite. Car je pense aux enfants des gendarmes de Toulouse, humiliées devant les caméras de Lèche2. Je pense aux enfants terrorisés par les fantômes des petits déportés que Nicolator voulait leur imposer. Je pense au petit R. Enthoven qui se cachait les yeux comme honteux d'être exhibé sur les épaules de son futur beau-père intrusif.


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hogan | actif
12H56 05/07/2008
Le fait que le petit a associé l'image de Nicolas Sarkozy à la méchanceté est évidemment édifiant, mais je trouve beaucoup plus intéressante l'attitude des parents dénonciateurs. J'ai la conviction depuis plusieurs mois que nous retournons à une France Vichyste, mais avec les moyens techonologiques d'aujourd'hui ( caméras de surveillance, surveillance du web, etc...), ce fait divers en est une bonne illustration. Voilà, tout le monde surveille tout le monde, mais attention c'est quand les régimes commencent à être oppressifs et répressifs que ce genre de comportement commence à apparaître. Que l'Elysée a écouter ce que ces "balances" avaient à dire est peut-être ce qu'il y a de plus effrayant.
 
PMB | Lecteur écriveur
14H22 05/07/2008
(Merci Thierry. Sur ce qu'il faut penser de la réaction de l'enfant, j'ai bien vu dans votre post ci-dessous que vous ne m'aviez pas lu. Ou que vous étiez ironique oh là ;-) Rue89 a tiré plus vite que son ombre : je pensais développer ce texte. Ou plutôt, l’ouvrir aux développements des riverains sur deux lignes (non exclusives d’autres bien sûr) : 1. La manie croissante chez les parents de traiter un problème, même réel, non avec la personne concernée mais avec ses supérieurs rachitiques (merci Béru ;-). Plus aucune volonté de dialogue, de discussion, on veut « faire baiser » le coupable sans jugement contradictoire. Je garderai toute ma vie ce souvenir déjà ancien : des parents me disant, lors d’une fête d’école, qu’ils avaient été choqués par le choix d’un sujet de rédac, les enfants devant raconter un hold-up en étant dans la peau des cambrioleurs. Je leur avais répondu trois choses : 1. J'ai pris cet angle car ils devaient "préparer leur coup" et donc rédiger un plan aussi rigoureux que lesdits préparatifs. 2. Si je leur explique comment est fait un puits, ce n’est pas pour ça qu’ils vont s’y jeter. 3. Merci d’être venu me dire ça en face. Et nous avons gardé de bons rapports. Voilà. Aujourd’hui, que m’arriverait-il ? Je le sais parce que ça m’est arrivé après avoir envoyé chez lui tout seul un môme qui venait d’expédier à l’hosto un copain (que les parents de l’agresseur n’ont jamais visité) : on déboule chez le dirlo pour avoir ma peau. Bon, ils ne l’ont pas eue… 2. Le recours immédiat à Dieu le petit Père du peuple. Calculez le nombre de victimes de ceci de cela et du reste (que je respecte) qui se jettent à ses genoux comme au temps de Saint-Louis sous son chêne. (Pour sa méchanceté, pour la peur que NS peut inspirer aux enfants, il faut avoir lu, sur les nombreux blogues perso-familles ou d’enseignants, les témoignages concrets de ce que son idée de m… a pu traumatiser les enfants. Il fonce, il croit qu’on oublie, avec sa méthode du buzz permanent. Mais c’est faux.)
 
Nasséra Mechri | Inconnue
13H07 05/07/2008
Article de la Dépêche du midi: « Pourquoi la personne qui a adressé la lettre à la Présidence de la République n'est-elle pas, dans un premier temps, allée voir l'enseignante ? Que doit-on penser d'une telle lettre de délation, pratique utilisée à de tristes fins à une autre époque ? Pourquoi la voie hiérarchique n'a-t-elle pas été respectée ? Qu'en est-il du droit d'expression et du développement de l'esprit critique des enfants, l'une des missions de l'école » ? Autant de questions que se posent les parents d'élèves FCPE de l'école Claude-Nougaro, par les voix de deux de leurs représentantes : Emmanuelle Herdwig et Sylvie Bélibio-Wesley après les menaces de sanction qui pèsent sur Valérie Framit (1). Cette institutrice avait travaillé en arts plastiques, avec ses élèves de CM1sur les expressions du visage. L'un deux avait choisi d'illustrer la méchanceté avec une photo de Nicolas Sarkozy. Une image parmi de nombreuses autres de personnalités, artistes, etc, exprimant les sentiments de joie, colère, peur, surprise, etc. Le panneau d'expressions réalisé, il a été affiché dans le couloir de l'école. Un détail qui n'a visiblement pas fait sourire un parent d'élève qui s'est directement adressé à l'Élysée pour se plaindre. La réaction en cascade vers le bas ne s'est pas fait attendre. Et voilà l'enseignante sous la menace d'une sanction. «bonne enseignante» Hier matin, elle a été reçue par l'inspecteur d'académie Michel Azéma. Il précise : « Elle a compris qu'elle avait commis deux erreurs : elle ne devait pas accepter l'utilisation de l'image du Président ou de quelqu'autre personnalité politique pour son travail ; des personnages de films auraient par exemple été plus judicieux. Ensuite elle ne devait pas l'afficher hors de sa classe ». L'inspecteur ajoute : « Elle va maintenant m'écrire en expliquant sa démarche pédagogique. Après l'entretien que j'ai eu avec elle, j'ai décidé qu'elle ne sera pas sanctionnée et aucune pièce ne sera versée à son dossier administratif. C'est une bonne enseignante, on va classer tout ça et à la rentrée on n'en parlera plus ». Derrière cette histoire, comme le dit un parent d'élève, on peut s'interroger: «Est-il plus grave qu'un enfant de CM1 utilise l'image du Président de la République pour illustrer la méchanceté et que l'affiche soit placardée dans le couloir d'une école ou que le Président de la République traite, devant la France entière, un quidam de « Pauv'con » ?
 
Arminius | Observateur
14H28 05/07/2008
Heureusement qu'EDVIGE va remédier à ce genre de «dérive sociétale» en épinglant les sociopathes dés l'âge de 13 ans, même s'il eût était préférable de fixer la barre à l«âge de raison»... soit dés 7 ans. Pendant que la population se bronze les fesses au soleil, et sans aucun débat public,(ce qui fait perdre un temps précieux il est vrai) Edvige, le fichier commun aux Renseignements Généraux et à la DST sont désormais réunies au sein d’une même agence de renseignements — la Direction centrale de la sécurité publique —, vient d’être « légalisé » par décret. « Légaliser » est un bien grand terme puisque le recensement de la plupart des informations nominatives qui figureront dans ce fichier est formellement interdite par la loi Informatique et Libertés, sauf... si « la sureté de l’État » est en jeu [2]. Il incluera, en effet, des renseignements identitaires non seulement sur les « suspects » susceptibles de « troubler l’ordre public », mais aussi toutes les notes propres au travail de renseignement comme les opinions politiques, religieuses, la sexualité, les origines ethniques, les appartenances syndicales et associatives. Les personnes mineures ne seront pas épargnées non plus puisque Edvige ciblera également les jeunes à partir de 13 ans. Donc, pour l'instit: les carottes sont cuites, quand au gamin la "justice" fermera les yeux mais pour cette fois seulement. Bonnes vacances à tous ! :( Sources: 1) Le Décret n° 2008-632 du 27 juin 2008 « portant création d'un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé “EDVIGE“ ». www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000019103207 (2) Loi Informatique et Libertés Chapitre II, Section 2. Article 8: - Il est interdit de collecter ou de traiter des données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses ou l’appartenance syndicale des personnes, ou qui sont relatives à la santé ou à la vie sexuelle de celles-ci. http://www.cnil.fr/index.php?id=301 (3) L' « avis » de la CNIL du 16 juin et publié le 2 juillet: http://www.cnil.fr/index.php?id=2488 Liens Communiqué de la LDH http://www.ldh-france.org/actu_derniereheure.cfm?idactu=1733 Communiqué du Syndicat de la Magistrature: La Direction des Affaires Criminelles voit des terroristes partout: http://www.syndicat-magistrature.org/spip.php?article724
 
FO le dire | Nantes
14H19 05/07/2008
On récolte ce que l'on sème. J'aurais du expliquer à mon fils de 9 ans que traiter quelqu'un de "pov con" ça ne se fait pas. Mais quand le président des français le fait, on est plus crédible nous les parents, à leur dire ce qui est correct et ce qui ne l'est pas. J'ai joué le pragmatisme, en lui expliquant que malgré le fait que "pov con" soit insultant, irrespectueux, si le président le disait à n'importe qui qui ne voulait pas lui serrer la main, c'était bien moins grave finalement. Cet article me fait peur, de part les faits rapportés et de ce qu'ils impliquent (soulignés par plusieurs internautes) : délation, interdiction d'utiliser l'image du chef de l'Etat et de sa critique, punition, crime de lèse-majesté ... Ce petit fait divers est parlant de l'époque et c'est terrifiant vers quoi on se dirige. Il n'y a pas que ça qui l'est mais de ce qui touche à l'éducation de nos enfants est plus révélateur de cette société que nous construisons.
 
Julos | ex E.N
15H24 05/07/2008
Si cette "histoire" était sortie un 1er avril, nous aurions été nombreux à ne pas y croire ! Sauf que c'est pas drôle, notamment quand on pense à la mentalité des parents délateurs et à l'exemplarité citoyenne vis à vis des enfants de cette classe et de l'école entière. Une vraie histoire drôle en voici une. C'est à un abonné du site @si.net que nous la devons. Je me permets de cafter. Merci Mathieu ! "Le Président Sarkozy visitait une école primaire. Le professeur a demandé au Président s'il voulait bien mener la discussion autour du mot 'tragédie'. Alors l'illustre meneur demanda à la classe un exemple de 'tragédie'. Un petit garçon se leva et proposa : - Si mon meilleur ami, qui vit dans une ferme, était en train de jouer dans le champ et qu'un tracteur lui roule dessus et le tue, ce serait une tragédie. - Non, dit Sarkozy, ce serait un accident. Une petite fille leva la main : - Si un bus scolaire transportant 50 enfants tombait d'une falaise, et que tout le monde serait tué à l'intérieur, ça serait une tragédie. - Je crains que non, expliqua le Président. C'est ce qu'on appellerait une grande perte. Le silence se fit dans la salle. Aucun autre enfant ne se porta volontaire. Sarkozy chercha dans la salle. - N'y a-t-il personne ici qui puisse me donner un exemple de tragédie ? Finalement, au fond de la salle, un petit garçon leva la main... D'une voix calme il dit: - Si l'avion présidentiel vous transportant était frappé par un tir de missile ami et était complètement désintégré, ça serait une tragédie. - Formidable !, s'exclama Sarkozy. C'est exact. Et peux-tu nous dire pourquoi ce serait une tragédie ? - Eh bien, dit le garçon, il faut bien que ce soit une tragédie, car ce ne serait certainement pas une grande perte, et probablement pas un accident non plus !"
 
NicolasL
15H28 05/07/2008
Il est vrai que la diffusion d'idées politique est interdite dans nos écoles, mais la réaction est clairement démesurée ! Pourquoi ces parents d'élèves ne sont pas simplement allés discuter avec le professeur ou son directeur ?
 
laplote | Illustrateur
15H39 05/07/2008
 
amatxo
16H03 05/07/2008
Bien que ne pouvant être taxée de pro-Sarkozysme,je pense (en tant qu'ancien professeur) que l'enseignante a commis 2 erreurs pédagogiques:si la parole d'un enfant doit être respectée certes,il appartient au professeur de la nuancer.Je crois que la prof. aurait dû profiter de ce que disait l'enfant pour distinguer l'homme privé(que l'on a le droit de considérer comme "méchant")de l'homme public,représentant de l'Etat élu par une majorité de français(dont je ne fais pas partie!) et donner ainsi une leçon d'éducation civique à ses élèves.Sa 2ème erreur est stratégique(une jeune enseignante?)le tableau aurait dû rester dans sa classe,car dans "ses" murs,l'enseignant est (relativement) libre!... Cela dit,il est gravissime que des parents aient osé écrire aux "espions" de l'Elysée et que leur plainte ait été prise en compte:à l'heure où on "dégraisse le Mammouth",y a-t-il tant de fonctionnaires pour s'occuper de lire des torchons envoyés par des parents indignes et si lâches qu'ils n'osent parler directement à l'enseignante??
 
hestia | Compte supprimé 2
16H31 05/07/2008
légion d'horreur du 14 juillet de l'an 2008: sont récompensés pour leurs "esprit civique": -enfant nommé "léche bottes ":qui a denoncé son instit -assistante sociale : qui a dénoncé un sans papier -journaliste nommé"cireur de pompes" qui sait poser les bonnes questions. etc je vous laisse continuer la liste........ la médaille sera remise par madame carlita(bou les veinards) vous faites quoi le 14 juillet? on va à la garden!!
 
Béatrice1 | 
17H01 05/07/2008
Qu'on pense du mal de Sarkozy est une chose, et je ne le porte pas dans mon coeur. Mais l'instit a gravement failli, en l'occurrence, et c'est à elle et à sa hiérarchie directe que les parents en question auraient dû se plaindre. On ne fait pas rentrer la politique dans la salle de classe, c'est un principe qui doit être laïquement "sacro-saint". Il ne faut pas oublier que la moitié des parents des gamins des nos classes ont VOTE pour Sarkozy, et que les enseignants ne sont pas là pour inculquer aux élèves que leurs parents sont des cons. J'aurais trouvé tout aussi indigne que la photo de Sarko illustre l'adjectif "gentil", et en tant que parent n'ayant PAS voté pour lui, j'aurais protesté. La manipulation d'enfant est la chose la plus facile au monde, c'est pourquoi elle est interdite et c'est pourquoi il faut veiller à ce qu'elle ne soit pas pratiquée.