Bornes vides, pneus crevés… Mis en place il y a presqu'un an, les populaires Vélib » ne sont pas encore au point. Explications.

Il fait beau. On arrive à la borne vélib. Trois vélos. Un crevé. Une chaîne qui manque. Et un qui reste glué à son parking. C'est une impression ou ça marchait mieux avant ? Sur les dysfonctionnements les plus fréquemment constatés, nous vous proposons les explications d'Albert Asseraf, directeur de la stratégie de JC Decaux, opérateur de Vélib » à Paris, Thibault Prenez, ancien salarié de Cyclocity, la filiale de JC Decaux qui s'occupe de la maintenance de Vélib » et Maissa Fall, agent de maintenance, aussi membre de Solidaires. Sans surprise, ce ne sont pas les mêmes.
Albert Asseraf : » On a ouvert avec 10 000 abonnés longue durée le 15 juillet, on est à 200 000 aujourd'hui. Il y a encore plus de demande quand il fait beau. Hier (30 juillet), on a fait 130 000 locations. » Maissa Fall : » L'été, les touristes veulent en faire. On a plus de demande mais l'offre ne suit pas. Ils construisent des places vides mais sans mettre assez de vélos. »
Albert Asseraf : » Les arrondissements du XIe au XXe présentent une demande extrêmement forte le matin. Et le soir, c'est dans les quartiers centraux qu'il faut les vélos. Il faut avoir en tête qu'on ne pourra jamais être sûr trouver un vélo ou une place dans une station, mais qu'on en trouvera dans le quartier. Ce serait comme de vouloir qu'il y ait un bus à chaque fois qu'on est à l'arrêt de bus. »
Thibault Prenez : » Chaque borne doit être remplie aux deux tiers. On devait avoir un ordi dans chaque véhicule. Mais l'ordinateur, on ne l'a toujours pas, alors on dépend de régulateurs basés à Puteaux. Et avec la camionnette, si on passe devant un parking vide et un parking plein, on n'a pas le droit de prendre l'initiative : avec un collègue qui avait toujours trop de vélos, dans le XVe, on s'était arrangé pour se donner rendez-vous à Concorde pour qu'il m'en e passe des vélos à rebalancer dans le XVe. On a été convoqué. On n'a pas le droit de s'arrêter en chemin. C'est un mec de Puteaux qui t'envoie faire l'avion alors que ça bouge minute par minute aux bornes. »
Maissa Fall : » Le moteur n'est pas assez balèze pour des remorques aussi lourdes. Il y a des problèmes d'embrayage sur toutes les voitures. » Thibault Prenez : » Des vingt camionnettes du début, il n'y en a que quatorze qui tournent. C'est pas assez pour réguler quinze cents parkings. Dès le mois de juillet (2007), il y en a qui ont cassé. »
Maissa Fall : » Malgré l'augmentation de la demande il n'y a pas plus d'effectifs pour réparer sur le terrain ou en atelier. Les agents ne sont pas motivés parce qu'ils sont payés au smic, les heures sup ne sont pas payées. Le turn over est incroyable. Le temps de former un gars, il est parti. On devait travailler en vélo électrique. En fait, on est en vélo. Avec vingt-cinq kilos de matos sur le vélib, on avance comme des tortues. »
Albert Asseraf : » On a trois mille vélos dégradés très fortement, cadre tordu ou roue voilée… » Maissa Fall : » Parfois à une borne, ils pètent toutes les chambres à air. Il y a des gens qui roulent trop près du trottoir, le pneu déjante et la chambre à air s'enroule autour du vélo. Vers minuit quand il n'y a plus de métro, ils montent à deux sur un vélib et le panier est cassé… »
Thibault Prenez : » Le vélo est soit disant français. En fait, les pièces sont faites en chine avec du matériel français et assemblées en Slovaquie. Le truc, c'est que ce vélo, c'est de la daube. » Maïssa Fall : » Il y a eu une dégradation énorme des vélos. Ils se cassent très vite. Sur les 20 000 promis, il n'y en a que 13 000 sur le terrain (note de Rue89 : Albert Asseraf dit 16 000) dont 8000 en bon état. »
Albert Asseraf : » Au début, les chaînes n'étaient pas assez tendues. Elle sautaient souvent. On voyait beaucoup de vélos « déraillés ». Il y a moins de vélos crevés parce qu'on a rajouté de la pression, on les gonfle plus qu'avant. (…) Quand tous les vélos qui fonctionnent sont à l'extérieur, les seuls qui restent en station sont ceux qui ne marchent pas. »





















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De kebra
Bisounours killa | 16H24 | 07/07/2008 |
Il y a bien longtemps, j'avais réalisé une étude pour du vélo gratos à Strasbourg. Le souci majeur était la solidité et la maintenance du parc. Nous n'avions pas retenu l'option publicitaire jugée dégradante pour l'image de la ville. L'opération était trop coûteuse pour être amortie sur le seul quota écolo.
Avec le fric de Deccaux et l'invasion publicitaire liée au Vélib, je ne comprends pas que le cahier des charges ne soit pas plus contraignant en matière de réparation et de conditions de travail des employés du Vélib. La Mairie de Paris sait pourtant que Deccaux est un requin, il faut le verrouiller sévère pour ne pas être associé à un foirage antisocial. Trop de libéralisme tue le Vélib…
PS : Le Vélib démontre parfaitement que payer peu pour de la merde chinoise, c'est déjà trop cher, relocalisons !
De labyrinthesansissue
dilettante | 07H41 | 05/07/2008 |
Le parisianisme bobo et ses problèmes existentiels(« le panier des vélib est cassé ! »)…. de Rue89 au Nouvel Obs, il n'y avait qu'un pas… il a été franchi.
De skalpa
actif et militant ? | 08H04 | 05/07/2008 |
C'est peut-être un article parisianiste sur le vélo, mais au moins c'est précisé dans le titre, cela n'a pas toujours été le cas. Là, la couleur est annoncée

http://kprodukt.blogspot.com
De Marcus-Aurelius
Cadre Paris | 08H15 | 05/07/2008 |
A R89
Bonjour,
Pourquoi ne pas parler et ou rappeler le cœur du problème ?
La sté Décaux et leur politique RH, les conditions de travail des salariés….
Le marché passé entre la mairie de Paris et Décaux.
Les appels d'offres (très controversés ! ) pour les mairies proches de Paris.
L'organisation réelle ( ! ) du système velib….etc. …
Mais, peut-être que les « bobo » parisiens s'en foutent éperdument de tout cela…l'important étant avant tout de rouler sur un velib….et d'« insulter » à gogo dès qu'on parle d'eux…
Merci d'avance
à Marcus-Aurelius
De solstice
pigiste | 09H02 | 05/07/2008 |
Oui, effectivement, le coût d'entretien des vélib est hallucinant, et le côté écolo du vélo dans Paris a son revers : les camions qui assurent quatre fois par jour les rotations pour regarnir les bornes…
Ce vélib et ses variantes, c'est une arnaque !
De isines
Journaliste, forçat de l'info | 08H21 | 05/07/2008 |
Je ne veux pas jouer les béni oui-oui, mais globalement c'est tout de même un service qui fonctionne.
Les Vélib » roulent, ils font désormais partie du quotidien d'un grand nombre de parisiens, entrés tout naturellement dans leurs habitudes de déplacement, quelque part entre le bus et le métro.
Qu'il y ait du vandalisme, oui, probablement beaucoup. En tout cas du « je m'en foutisme », ça c'est sûr. Il n'y a qu'à voir les gamins à côté de chez moi qui rentrent du lycée à deux sur le Vélib. Mais bon, ça, c'est la nature française, pas très portée sur le respect des règles. Et je ne pense pas que cela change un jour.
J'ai l'impression qu'il y a un trafic de panier ces temps-ci, c'est vrai que beaucoup de Vélib n'en n'ont plus.
Après, ce qui pose vraiment problème, c'est l'apparente gestion sociale de Decaux. Ahurissant que les employés n'aient pas de vélo électrique. Quant au fait qu'ils soient payés au smic… j'ai envie de dire que malheureusement c'est le cas de beaucoup de boulots en France, pas forcément sous-qualifiés en plus. Mais s'il y a un tel turn-over, il est normal que le service en souffre.
De toute manière, ce n'est pas un service public, c'est juste l'offre d'une firme d'affichage publicitaire en échange d'un marché juteux. Compte tenu des circonstances, personnellement, je ne boude pas mon plaisir.
Enfin, pour répondre aux provinciaux qui se plaignent d'un tel sujet, ne pensez pas qu'il ne vous concernent pas : les offres type Vélib » ou Vélov (à Lyon) se développent dans de nombreuses villes de Province. Et d'ailleurs, comment ça se passe chez vous ?
à isines
De wtoscane
20H13 | 11/07/2008 |
Bonne question, sachez que ça se passe très très bien à Strasbourg. 10% de déplacements en vélo (100% dans mon seul cas), ni vélo'v ni vélib. J'ai deux vélos qui m'ont respectivement coûté 1€ et 15€. Je les ai choisis en fonction de mes besoins. Je les emmène partout. Aucune dégradation en 18 mois. Aucune indisponibilité d'ailleurs, il ne m'arrive jamais de les chercher ou de ne pouvoir les garer ! Quelque menue maintenance de temps en temps, style bombe de wd40 sur chaine. Aucune location. Je n'ai donc pas l'impression d'engraisser de riches publicitaires. Etc… Je ne suis pas le seul à le penser, voir http://crep.strasbourg.free.fr/spip.php ? article104 pour en savoir plus.
Hors domicile à Mulhouse, il m'est arrivé de vouloir prendre une publicyclette à la gare pour aller 2 heures en réunion. Pas d'autre option tarifaire que de prendre un abonnement d'une semaine ! ! ! Quelle honte… Du coup, je prend le train avec la trotinette de ma fille.
Voilà, tout va bien sans vélib, je vous l'assure.
De lisbeth
08H44 | 05/07/2008 |
Moi parisienne, ce qui m'ennuie dans les Vélib, c'est que les utilisateurs sont des dangers publics pour les autres et pour eux mêmes : « le code, quel code ? ». Et que les parking Velib, même vides, prennent des places de stationnement : eh oui, quand je suis pressée je viens en voiture dans Paris en une demi heure, plutot que 1 h en train !
à lisbeth
De VoisinDuQuartier
oui, mais quelle civilisation ? | 12H55 | 06/07/2008 |
Donc vous n'êtes pas vraiment « parisienne » et vous voulez y stationner votre voiture, même si l'on sait que Paris centre est saturé, alors que vous bénéficiez éventuellement des avantages de vivre à l'extérieur de Paris (verdure, calme etc.)…
Pourquoi pas un compromis ? En voiture jusqu'aux portes -ou jusqu'à proximité- de Paris à un endroit où stationner gratuitement sans manœuvres et où il y a de la place, puis bus/métro et-ou vélib/vélo pliable/trottinette/rollers !
Ah, possible que vous « perdiez » 10 minutes, mais comme j'ai coutume de le dire au gens trop préssés : ne vous pressez pas, on sera tous à l'heure pour notre enterrement…
Sinon d'accord sur les comportements irrespectueux, tant du code que tout simplement des personnes, de mes « camarades » cyclistes (pas qu'en vélib, je vois souvent des mamans avec bébé derrière qui ne respectent pas les feux rouges, trottoirs etc.). C'est agaçant pour les cyclistes qui respectent.
De TARPON
08H45 | 05/07/2008 |
N'exagerons rien : la province n'a pas atendu Paris pour decouvrir le ..velo.Disons plutot que Paris avait oublié que ça existait.
Le probleme non resolu à ce jour reste la securité : cela vient avant tout d'un manque de pratique de nouveaux usagers qui sont dans l'ignorance des dangers qui les entourent et d'un reseau encore mal adapté.Mais qui accepterait de passer un permis « Velib » ?
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 08H55 | 05/07/2008 |
j'attends otolib parceque leurs vélos de 25 kg y sont un poil casse gueule
De solemio
tech | 09H14 | 05/07/2008 |
Vélo'v ou vélibs ont les mêmes soucis d'entretien. de plus il y a bien évidemment des bornes + utilisées les unes que les autres. C'est néanmoins génial ce système. Il manque juste un très bon Service technique + planification capable de gérer les soucis actuels. Il faut également que les utilisateurs respectent le matériel (on ne casse pas un vélo même de plus ou moin bonne qualité en claquant des doigts) . Mais quand il ne s'agit pas de son propre bien et que l'on sait qu'on ne touchera pas à son porte monnaie pour dégradation, il y a du je m'en foutisme dans l'air et ça c'est vraiment domage.
De henrymichel
09H22 | 05/07/2008 |
Je suis peut-être un peu chochotte, mais je suis surpris par un détail : vous abordez le Vélib tranquillement dans cet article sans spécifier une seule fois que vous allez parler de la ville de Paris, certes notre capitale, mais qui n'est pas la seule ville de France.
Bref une amorce d'article comme si il était entendu que le lecteur de Rue89 est un parisien, où un provincial profondément concerné par les problèmes du Vélib.
Les parisiens ont droit à un article sur le Vélib certes, mais tout comme vous faites une rubrique cloisonnée pour les articles concernant Marseille (via marseille), pourquoi Paris ne bénéficie-t-il pas du même décrochage régional ?
Vous ne vous encombrez pas de l'article - pas si local que ça - sur la mosquée de marseille en une, pourquoi nous encombrer avec cet article - finalement trés local - sur vos petits soucis de paniers cassés ?
De MAMZER
09H18 | 05/07/2008 |
Il est évident que si le service de récupération des vélos était efficace, il y aurait surement plus de velib disponible………..Dans mon quartier le 11ème, je signale régulièrement des velos sans utilisateurs , aucune réaction des services………en ce moment un vélo 21132 est la a disposition depuis plus de 10 jours.Pas la peine de déclarer, il n'y a pas de suite ! ! ! ! !
De bathory
idiot du village | 09H35 | 05/07/2008 |
Je vais ètre mauvaise langue, mais, de passage à Paris, j'ai eu l'impression que les arrondissements « riches » étaient plus gatés que la « Place des Fêtes » ou « Barbés ».
Bon, j'ai pris le métro, c'est déjà mieux que nos provinces ou il ne reste plus aucune infrastructure, ni TER ni cars.
De BobLaMouche
subversion + construction = substru... | 09H52 | 05/07/2008 |
Un peu d'action :
Samedi 5 juillet 2008 à 16 heures, à la station Vélib » de la place Edmond Michelet à côté du centre Georges Pompidou (4e)
Métro : station Châtelet ou Rambuteau
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Un peu de lecture :
Hybridation et bicyclette
« La principale caractéristique de l'homme de masse n'est pas la brutalité ou le retard mental mais l'isolement et le manque de rapports sociaux normaux. »
Hannah Arendt, 1951
Depuis le 15 juillet 2007, plus de 10000 Vélib's sont à disposition dans Paris pour atteindre à présent les 20000. D'autres villes comme Lyon, Rennes ou Toulouse ont déjà ou auront ce genre de service. Cette innovation a connu un accueil impressionnant avec plus de deux millions d'emprunts pour les deux premiers mois. Comment ne pas se réjouir de ce succès ébouriffant ? L'usage du vélo et évidemment préférable aux moyens de transports motorisés toutefois cela n'implique pas pour autant que la fin justifie les moyens, tous les moyens !
La bicyclette est pour nous l'objet qui permet d'aller librement d'un lieu à un autre de son choix. Cette possibilité est délimitée et liée à une responsabilité. Le cycliste sait où se trouve sa bicyclette, il peut la réparer lui-même ou pas, l'améliorer ou pas suivant ses envies, ses besoins et ses possibilités. Tout cela constitue un tout que le mot bicyclette désigne ici. Cette précision n'est sans doute pas superflue puisqu'il est possible qu'un jour nos contemporains trouvent ce point de vue bizarre voire incompréhensible.
Le Vélib » est un hybride : la fusion entre une bicyclette et un système d'information. Il s'agit d'un système automatisé de prêts de vélos. Par opposition à la bicyclette et du point de vue de l'usager, le Vélib » se présente comme un objet idéal, à la fois présent partout, toujours identique à lui-même et inusable. Ces trois caractéristiques surprenantes reposent sur une organisation que nous allons détailler.
Au premier abord, on peut distinguer deux groupes de personnes qui interviennent sur le système Vélib'. Le premier est celui des usagers/consommateurs qui ont pour fonction de choisir les bornes de départ et d'arrivée et entre temps de faire une séance de pédalage. La liberté des membres de ce premier groupe est limitée par certaines contraintes : le choix des bornes (1500 stations), le temps (seule la première demi-heure est gratuite) et la disponibilité. Par ailleurs, en dehors de cette liste, il n'y a pas d'initiative possible, on ne peut pas réparer le Vélib », on ne peut évidemment pas le personnaliser.
Le second groupe est celui des techniciens qui lui-même se subdivise en trois sousgroupes : celui des transporteurs qui circulent dans une vingtaine de camionnettes tous les jours jusqu'à 2h du matin afin de répartir les Vélib's ; celui des réparateurs qui fait en sorte que le Vélib » reste utilisable, comme neuf ; et enfin celui des gestionnaires qui derrière leur écran organisent le système.
De tout cela, ce qui nous semble le plus choquant, c'est le découpage des rôles qui empêche les usagers de pouvoir se responsabiliser, de saisir un minimum les conséquences de leurs actes. Réparer un vélo cela prend du temps, nécessite de l'énergie, mais cet aspect est invisible pour notre usage. S'amuser à descendre de Ménilmontant peut être grisant, mais avec une bicyclette, on sait que cela signifie aussi à un moment ou un autre de remonter, à présent avec le Vélib » ce serait ridicule ! Des personnes anonymes, les transporteurs, viendront plus tard remonter le Vélib », peut-être même très tard dans la nuit. Les usagers ne peuvent être de fait que des spectateurs du système Vélib » et sont réduits à râler si le service n'est pas à la hauteur de leur illusion. Cette situation peut d'ailleurs être très confortable, c'est un rôle très balisé, stéréotypé voire infantilisant. Les techniciens viennent donc absorber dans la mesure du possible cette déresponsabilisation du premier groupe.
Prenons un peu de recul. Le Vélib » n'est que l'élément apparent d'une organisation beaucoup plus importante. Comme il est à la fois un objet standardisé et impossible à s'approprier, il s'ensuit une massification des usages. Avec cette organisation, ce n'est pas le Vélib » qui est la marchandise mais plutôt l'usage de celui-ci : l'usage de ce destrier des temps modernes est prêt à consommer. Or ce marché de l'usage du Vélib » nécessite pour son fonctionnement toute une batterie d'indicateurs statistiques fournis par le système d'information et la dynamo située sur le Vélib'. Ceci passe par le fichage des usagers. Il est vrai que l'on n'avait encore jamais pu avancer des chiffres sur l'utilisation du vélo avec une telle précision, ils sont à présent connus à l'unité près dans l'instant. On peut néanmoins s'interroger sur les causes du succès. Comment se fait-il en effet que les parisiens n'aient pu par eux-mêmes se mettre à circuler dans la rue avec leur propre bicyclette ? Cela est-il l'illustration d'une tendance de fond à l'oeuvre depuis plusieurs décennies ? Il apparait en effet que nous sommes de moins en moins capables de saisir pour nous-mêmes le sens de notre quotidien et ses implications, cela se traduit par une déresponsabilisation accrue ainsi que par une dépendance toujours plus poussée vis-à-vis de l'Etat, ou de toute autre organisation surplombante publique ou privée (comme un publicitaire). Et c'est bien dans ce contexte que toute innovation, tout nouveau service, est accueillie comme un cadeau des dieux !
Le système Vélib » n'est donc nullement en rupture avec l'évolution de notre société. Tout d'abord parce qu'il constitue un élément supplémentaire de prise en charge de notre quotidien. Mais aussi parce qu'il donne l'illusion d'une dématérialisation de nos actes. Cela est évidemment factice, les questions matérielles sont décalées, rejetées dans le temps et l'espace et deviennent ainsi comme inexistante au jour le jour.
Le succès du Vélib » ne peut se comprendre que dans le contexte de la prise de conscience écologiste et de son pendant catastrophiste. Bien que l'argumentation écologiste prenne une place de plus en plus importante dans la société, celle-ci reste toutefois circonscrite à des questions de pollution. Ce point de vue, par son étroitesse, ne peut que venir justifier une mise en ordre, un formatage de notre quotidien de plus en plus intrusif. En regardant l'alignement parfait des Vélib's sur leur station, on réalise que les contradictions de notre société ne cessent de susciter une surenchère technique qui s'exprime par un besoin d'ordre plus important. Cette situation ne peut qu'engendrer de l'opacité et de la fragilité venant ainsi amplifier les aspects chaotiques de notre société. Cette évolution est ancienne mais l'écologie médiatique se présente depuis quelques temps comme le nouveau carburant idéal de la société marchande administrée.
Nous n'avons pas de solution miracle à proposer, et d'ailleurs nous ne considérons pas la situation en ces termes. On ne peut que souhaiter et agir pour une prise de conscience par la population pour, dans un premier temps, à la fois se responsabiliser, saisir le sens de nos actes et défendre des espaces de liberté.
R & D, avril 2008
Relocaliser et Désinformatiser
à BobLaMouche
De TARPON
17H20 | 05/07/2008 |
Je ne pense pas que le Velo soit une « surenchere technique “,un velo depuis un siecle ,c'est deux roues,un cadre et une chaine . Et je ne pense pas non plus que pedaler soit une ‘dematerialisation de nos actes’ .peut etre sur le pot ,et encore…
à TARPON
De BobLaMouche
subversion + construction = substru... | 20H07 | 05/07/2008 |
Relisez le texte, il ne s'agit pas du vélo en général, mais du système Vélib, qui va bien au-delà de l'objet vélocipédique.
De onaissi
Yo! | 10H47 | 05/07/2008 |
Qui est-ce qui s'attendait à ce que ça fonctionne parfaitment dès le départ ? Pour moi il était évident qu'à un moment ou un autre il fallait faire un bilan et corriger le tir, surtout que c'est un projet où il a fallu quasiment tout inventer.
Je reste optimiste. C'est une excellente idée qui nécessite beaucoup d'effort à l'exécution. Ca finira par marcher, surtout que la demande est forte.
à onaissi
De FO le dire
Nantes | 12H55 | 05/07/2008 |
« surtout que c'est un projet où il a fallu quasiment tout inventer. » Et bien non justement, bien d'autres villes ont adopté les vélos-partage avant, parfois bien avant. L'expérience des uns peut servir aux autres.
De Morse
10H52 | 05/07/2008 |
Pourquoi les bornes sont-elles toujours pleines dans les quartiers aisés et toujours vides dans les quartiers populaires ?
Cela fait un an que je me pose cette question…
De Hors-cases
Chômeur surdiplômé trop vieux | 10H56 | 05/07/2008 |
Comme l'a déja écrit un commentateur(ou -trice ? ) cet article laisse un gout de nombrilisme parisien ; ce n'est pas le seul article à qui ce reproche peut être fait même si être francilien signifie souvent avoir les mêmes pb et centres d'intérêts qu'une dizaine d'autres agglomérations de province et représente pratiquement les 3/4 de la population du pays. Il n'en reste pas moins que d'autres articles (par ex en comparant les divers sites d'exploitation de vélos ou les politiques générales des agglos concernées) permettraient d'intéresser ceux qui ne se satisfont pas d'un constat nostalgique de gens plus ou moins ronchons qui, suivant l'humeur du moment, vont trouver l'article intéressant ou considérer pouvoir trouver des infos plus pertinentes ou complètes ailleurs. Bref, de tels articles peuvent être trouvés dans la « presse ordinaire ». Un journal en ligne est sensé apporter une autre façon de traiter le sujet, sans parler de l'étendre à d'autres sujets connexes comme les PDU, le coût des carburants, les modes de transports existants, etc.
De lorreine.ash
en recherche d'emploi catégorie non... | 10H58 | 05/07/2008 |
Payer les gens au smic, ne pas payer les heures sup, faire fabriquer en Chine et en Slovaquie, pas d'ordi, pas d'initiative intelligentes sinon convocation etc…elle est belle la France du sieur Decaux….
on devrait moins le payer lui aussi, lui faire réparer son yacht par des chinois débordés afin qu'il reste en rade en pleine mer, ainsi que sa limousine, qui serait montée en Slovaquie par des types mal payés, et qui passerait son temps au garage français réparée par des types débordés ET mal payés…….obligé de prendre à Vélib et de ne pas en trouver un seul en bon état de marche…
Mais il s'en fout Decaux, l'argent rentre et elle n'a pas d'odeur….
la France c'est comme les Velib ; déraillée, cabossée, crevée, tordue, voilée…en un mot comme en cent : de la daube.
De yomgui
12H57 | 05/07/2008 |
à Hogan et les autres grincheux :
si ce sujet ne vous intéresse pas, ne le lisez pas. Le titre annonce clairement le contenu.
à yomgui
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 14H27 | 05/07/2008 |
Oui ! Il y a 300 000 abonnés au Vélib » ok ! Plus que le nombre total d'habitants dans le département des Hogan et consorts réunis !
Les parisiens ne se croient pas plus intelligents et supérieurs , ils sont juste plus NOMBREUX qu » a Craponne sur Arzon ! C'est juste la loi du nombre ! Ça intéresse PLEIN DE GENS QUI PEDALENT,qui bouffent , qui baisent , qui bossent et qui elevent leurs enfants ! d » accord ?
Je ne m'enerve pas, j » explique : Ils sont tous bouchés , à Craponne sur Arzon , ou quoi ?
On demande un article par semaine sur les Velib's . C'est très important ! une vraie révolution dans les transports de masse ! Une innovation qui change la vie de plein de gens ! MERCI GUILLEMETTE !
De Bigseb
Blazé | 15H56 | 05/07/2008 |
Bertrand n'a qu'a taper du point sur la table de Decaux ; -)
De compte supprimé 13
16H49 | 05/07/2008 |
Compte rendu d'observation d'une station Vélib près du carrefour Convention-Vaugirard (XVe)
20 emplacments - vers 17h00
14 vélibs présents
dont
- 3 selles retournées (signalement d'un problème)
- 6 paniers absents
- 2 pneus avant dégonflés.
j'ai pas vérifié les chaînes !
rapport terminé ! ! ; -)
De Golaud
16H56 | 05/07/2008 |
Je ne suis ni Parisien, ni provincial, je vis à l'étranger et je trouve ça très bien qu'on puisse faire le point sur une initiative dont on a tant parlé il y a un an, y compris à l'étranger…
Et si certains, comme hogan, ne sont pas intéressés vous savez ce qu'ils peuvent faire ? Hé bien, ne pas lire l'article et passer à autre chose ! Il y a tant à lire sur Rue 89 ! Ils n'ont même pas besoin de mettre de commentaire négatif, si vraiment ça les barbe !
A propos des infos données par les interviewés, c'est tout de même navrant de constater que Decaux n'est pas prêt à investir suffisamment (matériel, techno de l'information, salaire, entre autre) pour répondre au succès commercial de Velib…
Quant au « je m'en foutisme », c'est hélas une constante pour tout ce qui est installation publique à Paris, regrettable, mais que faire ?
De Pierrrrre
18H35 | 05/07/2008 |
Il semblerait, que pour 20 000 vélos, environ 100 millions d'euros aient été investis,
ce qui ramènerait le prix d'un vélo à 5000 euros !
probablement que mon calcul simplissime mérite d'être corrigé à la baisse,
mais finalement,
jeter en pature des vélos à 50 euros piece et les changer quand en mauvais état, pour une utilisation gratuite…
…me semblerait plus pertinent.
suffirait de fabriquer des vélos atypiques non commercialisables par ailleurs et de poursuivre les vendeurs ebay : « vélo de ville 1 euro ; quantité disponible 47 »
moi j'dis ça comme ça…
De Humain
19H49 | 05/07/2008 |
Moi j'dis ça comme ça…Aussi.
En fait la centrale charbon est à l'éolienne, ce que la camionnette est au Vélib'…
C'est elle qui ré-quilibre le système.
Moi j'dis ça comme ça…