La France a vécu mercredi soir un de ces moments exceptionnels de joie collective comme il en existe trop peu souvent. L'annonce de la libération d »Ingrid Betancourt a provoqué l'arrêt des programmes normaux sur les deux principales chaînes de télévision, et même une intervention tardive du président de la République : tout le monde ne pouvait que se réjouir de ce dénouement heureux, sans fausse note, sans réserves.
Ingrid Betancourt était devenue un visage et un nom familiers pour tous les Français, une cause consensuelle, toutes tendances politiques confondues, même si, paradoxalement, personne en France ne la connaissait lors de sa capture par les Farc il y a six ans.
Il aura fallu le volontarisme de sa famille et des relais politiques et médiatiques pour que la libération de la Franco-Colombienne devienne ainsi une grande cause nationale, mobilisant régulièrement les plus hautes autorités de l'Etat.
Cette médiatisation, qui s'est progressivement imposée comme l'un des rares moyens de pression pour espérer obtenir la libération des otages, peut être risquée pour les responsables politiques ainsi contraints à des obligations de résultats. On a ainsi vu, dans l'affaire Betancourt, nombre d'initiatives hasardeuses, certaines aux allures de Pieds Nickelés : mais il fallait donner à l'opinion l'illusion de l'action.
Au bout du compte, c'est le président colombien Uribe et son armée, avec le soutien américain, qui ont réglé le problème, pas l'approche négociée privilégiée par la France. Mais toutes les voies devaient être explorées pour espérer arriver un jour à un résultat.
La médiatisation, on le sait, peut faire monter le prix d'un otage, et parfois compliquer sa libération. Mais tous les otages qui sont passés par là, au cours des trente ou quarante dernières années, sont reconnaissants à ceux qui ont fait vivre la solidarité dans l'opinion jusqu'à leur retour.
On se souvient encore de Françoise Claustre, l'otage des rebelles du Tchad dans les années 70, qui serait tombée dans l'oubli sans l'activisme de son mari et l'audace de quelques journalistes. Ou plus récemment, de notre consœur Florence Aubenas et de son guide irakien Hussein Hanoun, kidnappés à Bagdad, et dont les visages s'affichaient sur les mairies de France.
Pour les gouvernants, cette médiatisation est parfois à risque. Jimmy Carter, aux Etats-Unis, a perdu des élections pour avoir échoué dans une tentative de libérer par la force les otages américains de Téhéran. Et Jacques Chirac a vainement tenté de tirer un bénéfice politique de la libération d'otages du Liban en plein entre-deux tours de l'élection présidentielle de 1988. Et comment oublier le rôle mis en scène de Cécilia, alors Sarkozy, dans la libération des infirmières bulgares de Libye l'an dernier.
Dans la foulée de ce succès, Nicolas Sarkozy s'est mis en avant en prenant des risques pour Ingrid Betancourt, proposant même d'aller la chercher à la frontière colombienne si elle devait être libérée dans un cadre négocié. Dans la joie unanime, mercredi soir, de voir Ingrid Betancourt libre, il était difficile de ne pas lire aussi les arrières pensées. Comme dans tous les dénouements de prises d'otages.
Pierre Haski
► Edito diffusé jeudi 3 juillet sur Europe1. Retrouvez l'édito de Pierre Haski tous les mardi et jeudi à 7h42 sur Europe1, et en podcast en cliquant ici.


















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De el_pibe_politico
mercenno | 07H17 | 03/07/2008 |
Du nouveau,
Ingrid Bétancourt vient de donner une interview, beaucoup plus lucide d'environ une heure, sur la Rcn (la Tf1 colombienne). Quatre points importants :
- elle sera aujourd'hui en France au côté de sa famille et de Nicolas Sarkozy
- elle souhaite continuer la politique et ceci en Colombie.
- elle a envoyé un message fort à Hugo Chavez et Rafael Correa pour une entente entre les trois pays voisins pour mettre fin à la guérilla et libérer le reste des otages pour lesquels elle veut s'engager.
- le problème colombien, selon ses mots, n'est pas seulement un problème de guérilla ou de narco-trafics sinon un problème social. (ces trois sujets étant je pense reliés)
bonjour à toute la France qui se lève ; de mon côté, je vais me coucher (eh oui 01 : 10 am ici à Bogota) après une journée pleine d'émotion qui grandit la Colombie.
De fripouille
07H50 | 03/07/2008 |
Je trouve que pierre haski a ete particulierement gentil avec le president francais. il aurait pu et c'etait parfaitement legitime et professionel de le critiquer. La liberation d'ingrid betancourt ne doit pas faire oublier que Sarkozy voulait negocier avec les farcs. Cette option qui avait ete choisie par le president francais montre les lacunes et le manque de vision qu'avait la france concernant la question des otages. Les farcs sont devenus un groupe terroriste et des traficants de drogue avec lesquels aucune negociation pouvait être tenté. Mon cousin depute a été kidnappé par la farc et assassiné son fere depute a son tour avait ete au nom du gouv colombien tente de parler de paix il a été fusillé comme un chien avec son equipe et laissé en bord de route. Pas de negociation possible avec un groupe terroriste et sanguinaire. Cela montre encore une fois l'incompetence en politique etrangère de la France et plus specifiquement de l'equipe actuelle. Vouloir negocier avec des terroristes, des etats totalitaires (syrie, lybie..) quel manque de vision.
De ira
10H08 | 03/07/2008 |
M.Haski
ce n'est pas l'esprit de contradiction qui me pousse.
Vous parlez de « joie » collective », de « dénouement heureux, sans fausse note, sans réserve ».
Même si la liberté retrouvée d'un être humain est à saluer, je n'y vois que bavardage médiatique, icône fabriquée, vente de journaux en mal d'info, recherche d'audimat, écran de fumée, surenchère, pensée unique.
Pourquoi cette « agit/prop » autour de ce cas précis ?
Je ne peux m'empêcher de penser (par exemple) aux personnes kidnappées par l'armée israélienne (députés, particuliers…) et détenues depuis des mois ou des années…
Moins « consensuel » ? Moins vendeur ? Plus risqué ?
Désolé mais je ne vois dans cette libération - bienvenue - qu'une grosse moulinette à faire du vent.
De Clarence
10H17 | 03/07/2008 |
Bonjour.
Merci à Pierre Haski pour son éditorial.
Un peu en marge, excusez-moi, de la nouvelle d'hier soir : Vu ce matin sur je ne sais quelle télé que la France (c'est à dire en l'occurrence sarko et/ou son gouvernement) promet aux membres des Farc qui déposeraient les armes une sorte d'asile en France.
Je n'ai pas de sympathie particulière pour les Farc mais pourquoi pas, en effet ?
Je veux simplement évoquer à ce sujet le cas des anciens membres de groupes armés italiens (on va dire comme ça pour aller vite…) qui avaient, suite à une promesse faite par Mitterrand (et que lui a respectée ! ) trouvé asile en France, mais que les derniers gouvernements de droite ont réexpédiés en Italie, ou, concernant par exemple Marina Petrella, veulent réexpédier prochainement.
www.paroledonnee.info
De adaunis
Nul part....si adelyne me plaque...... | 10H38 | 03/07/2008 |
Politiquement incorrect.
Mare de l'hypocrisie !
Et si on disait ce que certains pensent tout bas.
Au risque de voir dévaler toutes les ligues bien pensantes, celles du peuple de travailleurs assommé par les difficultés actuelles, (ce peuple dont je fais partie), prêt à gober toutes les campagnes d'intoxication et de désinformation des pouvoirs publics !
Je rajouterai à cette liste toutes les « têtes de gondoles » (celles et ceux dont on cause), « peoples », artistes, journalistes, politiques, stars en extinction, (comme en devenir), peut-être les mêmes d'ailleurs qui vont hanter bientôt les nuits chaudes de St Tropez cet été ou d'Ibiza !
Les décideurs du Cac40 et leurs affidés, les « nés sous une bonne étoile », qui dévaleront les pistes des stations des « 3 vallées » l'hiver prochain, celles et ceux qui ou boivent et reboivent, soupesant leur « drinks » et cocktails improbables, de leur fines mains manucurées et appesanties de vieilleries d'or et de carats, de bracelets et tocantes made in Suitzerland, en commentant les soubresauts et les aléas divers et dramatiques en cours sur notre belle planète.
Au risque de se faire affubler de tous les qualificatifs possibles, « poujadisme », « populisme », plus prosaïquement de manque de retenue et de rigueur, manque de grandeur et de hautes vues de l'esprit.
N'en jetez plus, je m'en inventerai d'autres à foison.
Ne retenez pas vos pastilles « nazes » !
La solidarité, la multiplication des actions pour la libération et maintenant le sauvetage d'Ingrid Bétancourt, au risque de me faire huer, traité de salaud, d'immonde égoïste me sort pas les « trous de mes narines » pour évoquer une expression populaire.
Bien sûr pour cette « noble » cause les frontons ou les enceintes de mairies quelque soit leur obédiences sont pourvus du portrait de la presque martyr, enfin libérée, comme son doux visage va quitter celles ci.
Au chevet de « l'opinion publique » et de la « brosse à reluire » du « populaire », la compassion et l'empathie font causes communes.
Combien de causes et non des moindres, de massacres d'innocents jours après jours de part le monde, (passés au tamis orienté des « médias »), qui n'auront jamais, je dis bien jamais l'honneur (si on peut appeler cela de l'honneur) des « unes » et des premières parties de journaux télévisés.
Vous allez penser comme de bien entendu, que le beau salaud que je suis n'avait aucun sentiment et aucune estime pour cette courageuse femme perdue et maltraitée dans la jungle Colombienne depuis plus de six ans !
Détrompez vous, car je suis cette triste épopée, depuis le tout début, ses rebondissements, et justement, c'est à partir de ces considérations que le « trop plein » pour mon goût commence à déborder.
Pour en revenir à de plus simple considérations, vous savez pour la plupart, que ses enfants et leur premier « papa », (Mr Fabrice Delloye ancien ambassadeur Français) sont de familles extrêmement aisées, en biens, entregents, et proches des sphères du pouvoir, tant Français que des pays d'Amérique Latines et Colombiens donc.
Pour une certaine équité, l'état et les pouvoirs publics en auraient ils fait et en feraient ils autant pour vous ou moi si par malheur nous nous étions égarés par hasard dans cette jungle.
Vous me répondrez à juste titre que vous n'auriez rien à y faire ?
Ingrid elle si, qui menait un combat (juste au demeurant je vous l'accorde), pour la justice et sa patrie pour laquelle elle briguait un poste de Président. Elle était j'en conviens devenu au delà de tout cela un symbole, (et nous en avons certes besoin).
Trêve des comités de peoples (à la mode ou pas), de toutes les grandes causes, celles qu'il faut mener pour poser « sa pierre dans l'histoire de l'humanitaire », trêve de toutes les actions (qu'il faut mener certes) contre toutes les abominations et injustices de l'histoire, mais il me semble que l'on fait très peu de cas de toutes les autres victimes et dans le cas qui nous importe présentement, ils sont environ 600, prisonniers des Farcs.
Il faut se battre pour eux, et j'espère que libérée, Ingrid va mettre, (ses forces retrouvées), sa notoriété en faveur de ce nouveau combat.
Je n'oserai plus parler, des milliers de victimes au Darfour, (les modes sont épisodiques, ça va et ça revient, au bon grès des donneurs d'ordres et des préoccupations des « grands de ce monde).
Je ne peux évoquer, les drames de l'Afrique, qui se succèdent comme un séisme sous-marin entraînant de nouveaux tsunamis.
Je ne peux parler des victimes d'autres horreurs actuelles en Indonésie, en Birmanie (Merci Total et Kouchner) tient on n'en parle plus, il ne doit rien s'y passer.
Au Surinam, au Pakistan, en Irak, en Afganistan, au Zimbaboué, les horribles déplacement de population en Chine, les événements au Tibet, le nombre de victimes qu'il aura fallu pour satisfaire nos bonnes consciences occidentales, pendant les Jeux en Chine.
C'est dans notre pays pour parler d'un lieu que je connais puisque j'y vis, la “foire aux bons sentiments” !
Le pouvoir d'achat passe en priorité actuellement, et les deniers dérapages de notre bon et illustre président “Kétanou” pour plagier Charles Mouloud.
Ce bon et “salvateur” Président va de toutes façon essayer de tirer un avantage de cet événement, ce sera de bonne guerre dirions nous, et ne pourra nous étonner.
Quelles zones d'ombre cachent cette libération, car il y a toujours des “zones d'ombre”, (certaines choses, notamment l'état de forme et de santé de l'ex captive désormais, peuvent troubler certains esprits pervers).
L'état de relative fraîcheur de la Franco-Colombienne à la descente de l'avion, ne manquera pas de susciter des commentaires !
Le plus horrible, est que je sens que personne n'est dupe, mais que ce monde là en vertu des bonnes moeurs, serait prêt à me tomber sur le “râble” en vertu des bon sentiments.
Comme disais le “barde” Guy Béart, (papa de l'autre) le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté.
Mais je ne risque rien, car je n'ai rien, à gagner ni à perdre.
Pour en revenir, à l'éventuelle objection, comme quoi je n'aurai rien compris, et me tromperais de combat ( rhétorique habituelle), qu'il faut ou ne faut pas selon les circonstances et (intérêts), dissocier les choses, ne pas se tromper ni étalonner les “causes” qui sont toutes justes, je répondrai que je reconnais qu'il faut mieux se battre pour une seule (facile esquive) bonne idée pour être efficace.
Dans l'histoire personne n'y trouve son compte, car il y a au départ une énorme escroquerie sur la valeur des dites causes !
Il y a celles que l'on veut nous faire défendre, (enfin la plupart du monde) mais nous ne sommes pas correctement informés ou d'une manière fort parcellaire, et celles dont nous pouvons douter du bien fondé immédiat dans l'ordre des valeurs.
Certaines, pourtant seraient prioritaires, (le grand nombre d'enfants en danger, et le tiers monde qu'on a bien pollué et spolié nous autres occidentaux) en font bien partie me semble t-il !
De toutes façon, il va y avoir un trop plein, très rapidement, et nous passerons à autre chose, si le soleil est de la partie.
De Monique 91
( retraitée ) | 12H20 | 03/07/2008 |
je suis contente qu » Ingrid Betancourt et les autres otages, aient retrouvé leur liberté et c'est bien que celle-ci et ses enfants, aient dit qu'il fallait continuer à se battre car il reste encore trop d'otages..en Colombie et dans le monde !
Par contre, quelle propagande sur Fr 2 : Pujadas, on le sentait, voulait nous dire que si cette libération est arrivée, c'était grâce à notre « omni- président ».. Avez-vous remarqué comme il nous a fait attendre « la parole du “Chef” ?
Par contre sur Fr 3, c'était plus objectif : enfin,je ne connais pas les arrières pensées des journalistes. Mais, on nous a montré comment le président de Colombie et son armée ont réussi leur mission car ils ont pris beaucoup de risques.Sur le plateau, avait été invité aussi, M. Villepin..
Je comprends la joie de la famille d'Ingrid Betancourt : je n'ai pas compris ( ou alors trop bien.. ) par contre les remerciements appuyés de celle-ci : là, je pense que cela relève de la politique “politicienne”.. Car SARKO a échoué ( et il s'est même ridiculisé sur la scène internationale ! ) tout comme Dominique DE VILLEPIN avait échoué..( mais, je n'oublie pas son discours devant les membres de l'ONU )
Et puis pourquoi leur “offrir” le voyage ( excusez- moi, ce sont mes impôts ! ).. Car il me semble que la famille n'est pas dans le besoin..
Et après l'intervention de SARKO, je suis restée “coite” : il offre l'accueil de la France aux anciens du FARC ( des assassins, des terroristes, des voyous.. ) qui arrêteraient de commettre leurs exactions…
Je rève : je connais des jeunes colombiens “sans papiers” qui vivent et travaillent en France, qui vivent dans la “terreur” d'une arrestation et d'une expulsion alors qu'ils on vécu l'horreur dans leur pays… à croire que pour notre président, “il existe des individus précieux et des individus moins précieux” et que les uns ont droit à tous les égards et les autres pas…Quelle honte pour notre pays !