La Colombie a annoncé la libération par l’armée de la sénatrice franco-colombienne. Retour en images sur sa captivité.

La Colombie a annoncé mercredi soir la libération par l’armée de la sénatrice franco-colombienne Ingrid Betancourt, de trois otages américains et onze otages colombiens. Le ministre colombien de la Défense a précisé que les otages avaient été libérés "lors d’une opération de l’armée au cours de laquelle il a été possible d’infiltrer le premier cercle des Forces armées révolutionnaires de Colombie".
"Je veux d’abord rendre grâce à Dieu et aux soldats de Colombie", a déclaré l’ex-otage à la radio privée Caracol, quelques heures après sa libération :
Agée de 46 ans, l’ex-candidate des Verts à l’élection présidentielle en Colombie avait été capturée le 23 février 2002. A sa libération, elle a tenu à remercier tous ses soutiens et sa "douce France" :
24 juillet 2002 : première vidéo d’Ingrid, otage des FARC
Députée et sénatrice en Colombie, Indrid Betancourt se lance dans la bataille présidentielle en 2002 pour en finir avec la corruption et les narcotrafiquants. A deux reprises, la Franco-colombienne échappe à des tentatives d’enlèvements. Son combat politique l’empêche d’avoir une vie de famille normale. Lorenzo et Mélanie, ses enfants que la France découvrira après son enlèvement, vivent loin d’elle durant quatre ans.
Consciente d’être "un gros poisson", Ingrid Betancourt refuse de renoncer à la politique. Le 23 février 2002, elle est enlevée par la guérilla Farc et retenue en otage dans la jungle colombienne. En juillet, la première vidéo d’Ingrid, otage, parvient à la presse. L’ex-candidate à la présidentielle accuse le gouvernement d’abandonner le pays.
2003-2005 : diplomatie chaotique et attente insoutenable
Très vite, le gouvernement français tente des médiations. Une première tentative calamiteuse est menée par Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères.
Le 9 juillet 2003, un avion militaire français se pose à Manaus, au Brésil. Sa mission : ramener Ingrid Betancourt en France. Paris semblait alors croire en une libération imminente -l’information venait de la famille Betancourt. La presse brésilienne révèle l’affaire tenue secrète par la France. Les capitales sud-américaines s’en offusquent. En France même, le ministre de la Défense n’avait pas été informé.
Un mois plus tard, une nouvelle vidéo montre l’otage fortement amaigrie. Elle en appelle à l’armée colombienne. Quatre ans séparent cette vidéo de la dernière preuve de vie, envoyée par les Farc en novembre 2007.
La mobilisation durant ces années ne cessera pas. A Paris, sur le parvis de l’Hôtel de Ville, un immense portrait est érigé pour ne pas "oublier". Ses enfants interviennent régulièrement dans les médias et réclament sa libération. L’échec des négociations est reproché au président colombien depuis 2002, Alvaro Uribe.
2006-2008 : Ingrid Betancourt, priorité nationale
Quatre ans après l’enlèvement -et autant de silence- Philippe Douste-Blazy se rend à Bogota pour rencontrer la mère d’Ingrid Betancourt. La famille de l’otage attend beaucoup de la France pour faire pression sur le gouvernement colombien : "Il faut que le dialogue puisse exister. C’est tout l’objectif de la France."
Le soir de son élection, Nicolas Sarkozy affirme que le sort d’Ingrid est l’une de ses priorités. Il reçoit Hugo Chavez chargé d’une médiation pour obtenir un accord humanitaire pour la libération des otages retenus par les Farc.
Quelques semaines après, une première victoire : une vidéo prouve qu’Ingrid Betancourt est en vie. Elle est fortement amaigrie, a l’air un peu hagard. Une lettre adressée à sa mère et à ses enfants est rendue publique. Elle y évoque les conditions difficiles de sa captivité. Sa santé, très fragile, inquiète sa famille et donne lieu à de nombreuses spéculations. Nicolas Sarkozy parle d’urgence et dit rêver d’une libération d’Ingrid Betancourt pour Noël.
En janvier 2008, après six années de détention, Clara Rojas, collaboratrice d’Ingrid Betancourt, est libérée. Suivront les libérations de plusieurs autres otages.
En mars 2008, parallèlement à l’inquiétude concernant l’état de santé de l’otage française, la mort de Paul Reyes, numéro 2 des Farc, complique les négociations. Alvaro Uribe propose la libération de prisonniers Farc contre celle d’Ingrid Betancourt alors que la France promet d’accueillir les guérilleros Farc en échange de sa libération.
Jusqu’à la liberté
Selon le ministre colombien de la Défense, "les otages ont été libérés lors d’une opération de l’armée au cours de laquelle il a été possible d’infiltrer le premier cercle des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), celui qui a surveillé pendant les dernières années un important groupe d’otages".
L’Elysée a confirmé sa libération. Bernard Kouchner s’est envolé dans la nuit de mercredi à jeudi pour la Colombie. Le retour en France d’Ingrid Betancourt devrait être organisé très rapidement.
► Mis à jour le 03/07/2008 à 10h14 avec l’ajout de la vidéo du discours en français d’Ingrid Betancourt.











En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.
Bonjour à tous,
Je suis actuellement mes études à Bogota (19:46 à l’heure d’écrire)et c’est une grande victoire que l’on peut sentir ici.
Je viens de m’inscrire sur Rue89 suite à ce sondage du Monde.fr qui me parait loin de la réalité mise à part la dernière proposition qui il faut l’avouer n’et pas un « succès » mais un « sacre » pour la prochaine élection:
Que représente, pour vous, la libération d’Ingrid Betancourt?
- une récompense pour la mobilisation de l’opinion publique en France
- la justification des efforts des diplomates français et de l’Elysée
- une preuve de l’affaiblissement des Farc
- un succès pour le président colombien Alvaro Uribe
Je pense que l’on pourrait ajouter des centaine de propositions à ce sondage entre autres:
- une récompense pour la mobilisation de l’opinion publique colombienne
- une récompense pour toutes les familles des otages
- une nouvelle vision de la Colombie dans le monde (qui est la troisième économie sud-américaine)
- un pas vers la fin des souffances d’un pays en guerre
- un nouveau souffle pour donner du courage à tous les colombiens qui vivent dans une situation difficile (je suis allé dans une communauté indigène et c’est un autre monde…)
- une preuve de l’inefficacité des diplomaties étrangères à régler des conflits armés (comme le souligne, à juste titre l’article)
- une preuve que les informations vont souvent à sens unique
- ca représente pour moi des gens pleurant de joie (et ceci n’est pas un spectacle médiatique)et qui ont fêté l’évènement, comme il se doit ici et comme toute la Colombie avec une.. oration!
saludos
el pibe (qui vous laisse la possibilité de compléter les propositions)
Oui mais les 14 autres c’est des militaires des forces colombiennes et des agents de la CIA, c’est moins glamour, et on risque de se demander ce qu’ils foutaient par là bas.
Héé bien , tant mieux pour Ingrid .
Il ne reste plus que ( a vue de nez) 2 milliards MOINS UNE femmes battues , exploitées , prisonnières etc sur la planète ..
Je profite de l’ occasion pour rappeler que Florence Aubenas n’ a pas fait de livre et en aucun cas exploité médiatiquement sa libération , quelle classe, cette Florence !
juste un truc qui me gène , c’est la seule otage libérée ce soir?…ok elle s’appelle Bétancourt . Je trouve tout de même limite de zapper les autres otages qui pour certains ont passé 10ans…que ce soit sur le web ou la lucarne c’ est gros plan sur Mme B. itw de Mme B….
Tiens, un peu plus sérieusement que mes précédents posts :
Il apparait clairement que la voix du dialogue avec les Farcs a toujours échoué.
Le président Uribe, qui n’a écouté que lui, se trouve aujourd’hui au top de l’opinion publique mondiale, alors qu’il était au plus bas hier encore.
Il est le grand vainqueur de cette histoire, il n’a pas finit de récolter les bénéfices de cette opération.
Sarkozy a d’ailleurs l’air particulierement amer ce soir, quoi qu’on en dise c’est une défaite de la diplomatie francaise, et un échec personnel de Sarkozy, c’est lui même qui laisse transparaitre cela.
Pourquoi dans ce cas persiste t-il dans cette voie, en précisant que l’accueil des repentis tient toujours?
Mystère.