Miroir social

Les fournisseurs de la Camif menacent de cesser de livrer

La branche « particuliers » du groupe de vente par correspondance Camif, qui distribue des produits dédiés à l'équipement de la maison et aux loisirs, est au plus mal avec ses fournisseurs. Ces derniers menacent de ne plus livrer les commandes des clients s'ils ne sont pas payés.

« 5M », la nouvelle stratégie commerciale lancée en 2001, n'a pas fait ses preuves. « Multispécialiste, Multicanal, Maison/Loisirs, Moyen/Haut de gamme et…Médiateur » étaient pourtant les nouvelles devises de la Camif. L'entreprise a depuis connu deux plans sociaux, en novembre 2005 et en mars 2007, supprimant 460 emplois dans cette coopérative créée en 1947. La filiale dédiée aux particuliers, qui emploie 800 des 1 400 salariés, a été la plus touchée.

Malgré ces coupes, la situation financière de l'entreprise reste préoccupante, et la cessation de paiement guette : les treize principaux fournisseurs menacent de ne plus livrer les commandes des clients si la Camif Particuliers ne règle pas.

Un fonds d'investissement, Osiris Partners, a pris le contrôle en 2007

Lundi, la direction a tenté de négocier un arrangement. Un accord pourrait être trouvé vendredi, le temps pour la Camif de trouver les bons arguments auprès de ses actionnaires, afin de débloquer des fonds. Parmi eux, des acteurs historiques de l'économie sociale comme la Maif ou la Macif, mais surtout, depuis 2007, le fonds d'investissement Osiris Partners, spécialisé dans la reprise d'entreprises en difficulté, qui a pris 66% du capital de Camif Particuliers, en misant 25 millions d'euros.

Après le dernier plan social qui s'est traduit par 80 licenciements, Maif et Macif avaient une nouvelle fois injecté des fonds. Une enveloppe de 6 millions d'euros est aujourd'hui nécessaire. Osiris Partners s'engage à mettre 3 millions d'euros si les relais historiques font de même. « L'économie sociale a les moyens de reprendre les reines de la Camif et d'en finir avec des erreurs de gestion récurrentes qui conduisent à un risque de fermeture », estime Alain Proust, délégué syndical FO de la Maif.

Osiris Partners est accusé de ne pas avoir bien mesuré l'investissement nécessaire à la remise à niveau du système informatique, plus que jamais critique pour un spécialiste de la vente à distance. Jocelyne Baussant, déléguée FO à la Camif, explique :

« La direction a mené des plans d'économie et non des plans de développement. Les expertises conduites par le comité d'entreprise ont toujours démontré que la Camif n'avait pas les moyens de ses ambitions. Nous n'avons pas réussi à nous distinguer sur le marché. »

Pour expliquer ces difficultés, la direction avance la chute du marché du mobilier. Pour Jocelyne Baussant, « notre stratégie devrait reposer sur la consommation responsable, une véritable sélection des produits, un accompagnement. Autant de services qui ont été progressivement abandonnés. Ce serait la meilleure façon de donner du sens à l'économie sociale ».

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3 commentaires sélectionnés

Portrait de PICROCHOLE

De PICROCHOLE

08H53 | 03/07/2008 | Permalien

La CAMIF est devenue une société de VPC comme les autres avec les mêmes techniques de marketing : fausses bonnes affaires, attente de promotions avec ristournes de plus en plus grandes incitant à différer les achats, prêt à porter suivant la mode « jeune »,ce qui n'est pas vraiment la préoccupation première des enseignants.

La CAMIF a perdu son âme et ses sociétaires : auparavant la CAMIF récompensait les achats effectués en accordant des ristournes et offrait des produits de qualité (mobilier, électro-ménager) avec des garanties plus longues que ses concurrents.De plus au moment où le corps enseignants vieillissait et avait du pouvoir d'achat, elle a voulu conquérir un public jeune sans succès car il fait ses achats en grande surface ou dans des magasins de marque.

Enfin elle n'a pas su tenir les prix et à partir du moment où l'esprit sociétaire a été remplacé par l'esprit mercantile, le sociétaire CAMIF en a tiré les conséquences en cherchant le prix le plus bas et c'était rarement le cas de la CAMIF (informatique et multimédia par exemple.Quel gâchis ! ! !

Portrait de Maria Rosa

De Maria Rosa

09H39 | 03/07/2008 | Permalien

Pour moi, la CAMIF c'est des produits présélectionnés de bonne qualité, un service après vente irréprochable, des conditions d'achat claires. Donc un gain de temps, puisque je n'ai pas à passer des heures à arpenter des rayons pour comparer les prix. Je n'ai pas non plus à me battre pour obtenir du vendeur des conditions de vente écrites en gris clair sur blanc, en police microscopique, comme c'est trop souvent le cas dans les autres magasins… Certes, c'est un peu plus cher qu'ailleurs, mais je préfère payer plus cher un produit qui durera beaucoup plus longtemps, et de véritables garanties en cas de problème. Pour le consommateur, faire jouer la concurrence exclusivement sur le prix, c'est souvent être perdant au bout du compte. On gagne quelques euros au moment de l'achat, et on en perd beaucoup par la suite.

Portrait de JeanCardinal

De JeanCardinal

11H14 | 03/07/2008 | Permalien

Je ne peux qu'approuver Carmagnole. Un certain M. Gazole a été récruté directeur de l'entraprise pour faire du Auchan. L'objectif était de devenir la première entreprise française de vente par correspondance. La direction a décidé pour cela d'appliquer les méthodes trois suisses ou redoute : ventes flash, courriers pseudo personnalisés « Chère Madame Michu », etc. pour conquérir de nouveaux publics. Résultat, alors que la CAMIF se situaient sur des créneaux où elle était compétitive (il fut un temps quand la CAMIF s'engageait sur un produit, cela signifiait qu'il était de qualité, garantie par un service après-vente impeccable, et vendu au meilleur prix), alors qu'elle disposait d'une clientèle acquise, conquise et fidèle, cette entreprise s'est mis sur des créneaux où la qualité n'était plus au rendez-vous (habitat) et sur lesquels elle était en concurence frontale avec bien plus gros qu'elle (sans avoir les moyens de les concurrencer sérieusement). En conséquence, d'une part elle a échoué à conquérir de façon significative de nouveaux publics et d'autre part elle a fait fuir sa clientèle traditionnelle, qui ne retrouvait plus les valeurs qui était les siennes.

L'échec était inéluctable. Mais soyez rassurés, le directeur qui a coulé la boîte est toujours en poste.

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