C'est un bien curieux sujet d'examen qui a été imposé aux collégiens passant l'épreuve d'histoire-géographie-éducation civique du DNB (Diplôme national du brevet). L'an passé déjà, les candidats avaient dû travailler sur des documents émanant du service de propagande de l'armée mettant en avant les missions de l'armée, documents évidemment à sens unique destinés à montrer que l'armée française était un facteur de paix. Pour la session 2008 (26 juin), « la puissance française dans le monde » était le thème retenu (à choisir avec un sujet sur l'Allemagne nazie).
Hubert Védrine au brevet
Parmi les documents à étudier, un texte d'un grand penseur du XXe siècle, Hubert Védrine (on ne rit pas…) chantant, avec des accents dignes de Déroulède, les louanges de « la France, puissance mondiale », vantant « notre politique étrangère, une de celles qui comptent, notre capacité militaire à l'extérieur, la plus forte après celle des Britanniques (…) ». Et l'auteur de conclure :
« Ce tableau ne justifie pas un excès prétentieux de confiance en soi (…) mais il invalide le pessimisme ambiant. Il appartient aux dirigeants politiques de l'assumer. »
Rappelons à ceux qui l'ignorent que les élèves de troisième sont âgés de quatorze, quinze ans et que l'épreuve d'histoire-géographie du DNB, censée conclure quatre années de scolarité en collège, est normalement destinée à mettre en valeur non seulement leurs connaissances mais leur capacité de réflexion et leur sens critique.
Le second document à étudier provient du ministère de la Défense ( ! ), les organisateurs de l'épreuve n'en ayant probablement pas trouvé d'autres : il s'agit d'une carte intitulée « la France dans le monde en 2007 », où, à part la mention des états francophones, la présence française se trouve limitée aux interventions de l'armée française ou à la présence militaire française.
Des questions tendancieuses
Les questions posées aux candidats sont d'une réelle indigence mais fortement tendancieuses : « Sur quel continent se manifestent à la fois cette puissance militaire et ce rayonnement culturel ? “ On appréciera à sa juste valeur la conjonction de coordination reliant en un même objet de vénération puissance militaire et rayonnement culturel. Le continent en question, on l'aura deviné, n'est autre que l'Afrique, dont on sait, depuis le discours de Dakar, en quelle haute estime le tiennent nos dirigeants.
Après ce bourrage de crâne, l'épreuve d'histoire-géographie doit se poursuivre avec un ‘paragraphe argumenté’ (sic) d'une vingtaine de lignes destiné à montrer ‘que la France est une puissance mondiale’. Pour ce qui est de l'argumentation, les candidats devront la chercher si possible ailleurs que dans les documents fournis mais il y a fort à parier que, pour se limiter à l'Afrique, les copies resteront muettes sur les ventes d'armement à des gouvernants douteux, les exactions commises par des militaires français sur des populations civiles en Côte d'Ivoire ou au Congo, pour ne pas remonter à la responsabilité de l'armée française dans le génocide du Rwanda.
Les copies resteront muettes, donc, la conscience politique des élèves vierge mais l'honneur national est sauf. Avec cette épreuve d'histoire-géographie-éducation civique, la pauvreté du contenu va de pair avec l'endoctrinement des élèves.
Comment des jeunes de cet âge ans peuvent-ils comprendre le monde dans lequel ils vivent -ce qui reste un des objectifs affichés de l'éducation- à partir d'une notion aussi fumeuse et pernicieuse que celle de ‘puissance mondiale’ qu'on ne se donne pas la peine de définir autrement que par un planisphère piqueté de petits bateaux de guerre ou d'interventions militaires ? Comment une image aussi grossière et caricaturale permettrait-elle aux élèves de réfléchir aux enjeux du monde d'aujourd'hui, aux questions de développement, d'environnement, d'entrevoir l'injustice de l'ordre international ou de penser l'autre autrement que sous la forme d'un danger potentiel ? Il est inadmissible que l'Education nationale, comme elle a tendance à le faire de plus en plus fréquemment, aille chercher ses sujets d'examens dans les bureaux du ministère de la Défense voire dans ceux de l'Immigration et de l'identité nationale.
On voit là les dérives d'une politique de rapprochement entre le ministère de l'Education et celui de la Défense, initiée au début des années 1980, visant à imprégner toute l'éducation d'un ‘esprit de défense’, en réalité à ouvrir toutes grandes à l'armée les portes des établissements scolaires.
Depuis lors, dans une indifférence quasi générale, de nombreux protocoles ont été signés entre les deux ministères dont le plus récent, en date du 31 janvier 2007, ne prend même pas la peine de cacher son objectif : ‘Répondre aux besoins de recrutement de l'armée’. Alors que le monde se mobilise sur le scandale des enfants-soldats, les écoles françaises s'ouvrent aux sergents recruteurs.
On enseigne une culture de guerre
La traduction en termes de programmes scolaires est particulièrement inquiétante :
‘Au collège et au lycée, l'ensemble des disciplines doit concourir à l'idée de défense’ (Bulletin officiel de l'Education nationale, circulaire du 13 septembre 2007).
C'est une véritable culture de guerre qui de façon insidieuse, pénètre l'école, pourtant en opposition avec les principes du socle commun de connaissances et de compétences inclus dans la loi d'orientation, principes qui affirment, entre autres choses : ‘maîtriser le socle commun (…), c'est être en mesure de comprendre les grands défis de l'humanité, la diversité des cultures et l'universalité des droits de l'homme, la nécessité du développement et les exigences de la protection de la planète’.
C'est aussi ‘être capable de jugement et d'esprit critique’ (JO, 12 juillet 2006). Avec
l'éducation à la défense, lorsque Bugeaud enfumait les Arabes dans des grottes ou lorsque des paras torturaient en Algérie, les élèves finiront par croire qu'ils faisaient acte d'humanisme.




















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De deathinjune
Professeur | 15H28 | 01/07/2008 |
Vous avez passé un concours de recrutement de la fonction publique en connaissance de cause et si vous souhaitez prêcher vos conceptions historiques « forcément plus indépendantes » libre à vous mais le cadre de l'éducation nationale ne sied pas alors à vos prétentions.
Vous préférez peut être livrer notre discipline aux affres de l'idéologie. Je me souviens élève de terminale avoir eu un cours sur l'URSS en 1989 sur le thème du bilan globalement positif… C'est ce que vous devez appeler la liberté pédagogique j'imagine…
Déniez vous à l'Etat le droit de produire un discours sur son histoire ?
à deathinjune
De Bernard Girard
(auteur)
Enseignant blogueur | 16H54 | 01/07/2008 |
J'ai donc « passé un concours de la fonction publique en connaissance de cause ». Justement, ce qui est en cause, ici, c'est qu'un sujet d'examen, un programme scolaire, puissent imposer aux élèves une morale officielle, une morale d'état. Que l'on parle de défense, certes, mais en respectant la pluralité des points de vue, la diversité des analyses. Ce qu'on demande ici aux élèves, c'est tout simplement, d'approuver la politique d'un gouvernement, comme si, parce qu'elle a trait à la paix et à la guerre, elle devait transcender tout le reste ; le débat militaire disparaît derrière un unanimisme de façade. Marrant, d'ailleurs, lorsqu'on sait que les interventions militaires décidées par le gouvernement ne sont même pas discutées au Parlement. J'imagine un instant les réactions des familles cherchant à éduquer leur progéniture dans un idéal pacifiste, un idéal de non-violence : doivent-elles déscolariser leurs enfants ? Avec « l'éducation à la défense », aucune interrogation n'est permise sur les exportations d'armement, sur les budgets militaires exorbitants, sur la bombe atomique, sur la légitimité de la guerre. Ce que nie cet aspect des programmes scolaires, c'est tout bonnement la liberté de conscience.
De Laurent-Weppe
16H31 | 01/07/2008 |
« Rappelons à ceux qui l'ignorent que les élèves de troisième sont âgés de quatorze, quinze ans et que l'épreuve d'histoire-géographie du DNB, censée conclure quatre années de scolarité en collège, est normalement destinée à mettre en valeur non seulement leurs connaissances mais leur capacité de réflexion et leur sens critique. »
La grande question est de savoir ce qui arrive à un élève qui contredit l'énoncé de manière argumenté en montrant qu'il a acquis des connaissances importantes aura une bonne note ou sera saqué.
Quand j'ai passé mon brevet (en 97) les sujets étaient déjà pathétiques, je dirais même qu'ils étaient pire qu'aujourd'hui (du type : on montre une photo avec Staline, Churchill, et Roosevelt, et la question est « de quel pays les hommes présents sur la photo sont-ils les dirigeants » : j'ai failli me faire sortir de la salle d'examen à cause de mon fou-rire), mais heureusement, les enseignants des années du collège étaient quand même d'un niveau autrement meilleurs que celui des sujets qu'on nous imposa.
De compte supprimé 13
16H16 | 01/07/2008 |
je suis content de ne pas avoir eu un enseignant qui développait de telles idées partiales.
Mon prof d'Histoire avait au moins l'intelligence d'expliquer que certes, tout n'était pas blanc mais que qu'heureusement tout n'était pas noir.
des généralités, des à-peu-près ne font pas l'Histoire cher enseignant.
à compte supprimé 13
De mass0
athée et citoyen du monde | 17H53 | 01/07/2008 |
Qu'elles sont les idées partiales de l'auteur de cette article , à par croire que le brevet des collèges n'est pas un concours de recrutement pour l'armée. Ce qui me semble juste.
Je ne vois pas le rapport avec l'histoire de notre armée dans les 2 dernières années et l'histoire avec un grand H.
Le garde à vous au drapeau est au programme d'histoire géographie de collège ?
à mass0
De compte supprimé 13
18H18 | 01/07/2008 |
les références au Rwanda, à Bugeaud et aux paras en Algérie remontent à plus de deux ans, ce qui justifiait - à mes yeux - de parler d'Histoire.
J'ai connu des soldats français qui donnaient des cours dans certains villages algériens, tous ne torturaient pas. L'impartialité serait de le reconnaître pour aboutir à cette liberté de conscience que cet enseignant réclame.
à compte supprimé 13
De mass0
athée et citoyen du monde | 18H47 | 01/07/2008 |
J'ai pas l'impression que l'on demandait à nos collégiens, quel était les états de service de nos armées dans des affrontements coloniales et post-colonials.
Mais plutôt, on leur montre comme dans les pubs de l'armée de terre qui passe sur nos écrans , que l'armée c'est cool en plus c'est un organisme pour but humanitaire , protection des civils (comme au Rwanda ? ), apport d'aide humanitaire (comme en Afghanistan avec nos rafales ? ).
C'est simplement de la propagande pro-militariste et patriotique dans le mauvais sens du terme, qui me semble déplacé à l'école.
à compte supprimé 13
De Bernard Girard
(auteur)
Enseignant blogueur | 18H12 | 01/07/2008 |
Est-ce vraiment moi qui « développe des idées partiales » ? J'ai répondu plus haut à un commentateur qui ce qui est ici condamnable c'est que face à une question aussi fondamentale que la paix et la guerre, seul le point de vue de l'armée soit pris en considération. Où est la pluralité des points de vue qui doit être la norme en démocratie ? Où est la liberté de conscience ?
De deathinjune
Professeur | 20H45 | 01/07/2008 |
Je suis également enseignant au lycée et je trouve votre argumentation fallacieuse :
Comparer l'éducation nationale à un organisme de propagande de l'armée c'est un amalgame honteux.
Votre objectif est de faire croire que vous enseignez sous une dictature libérale qui prépare le cerveau de nos élèves à coca et qui ourdit un privatisation rampante (argument type AG endiablée…).On connaît c'est de la ritournelle gauchiste…
Quelle indigence intellectuelle quand drapé de votre vertu de résistant vous nous dressez un tableau apocalyptique de l'enseignement de l'histoire.
je vous rappelle que les programmes scolaires intègrent cette dimension complexe et plurielle de la mémoire collective à l'image du programme de terminale avec la séquence consacrée à la mémoire de la seconde guerre mondiale.
En revanche vous vous indignez beaucoup moins des pratiques scandaleuses au regard du devoir de réserve de nombreux collègues qui passent leur temps à critiquer le chef de l'Etat , l'armée,la patrie…ou bien à donner une vision caricaturale du libéralisme et de la mondialisation et du monde de l'entreprise. Ceci en instrumentalisant les programmes scolaires pour légitimer leur démonstration.
Vous avez la chance de vivre et d'enseigner en démocratie et le fait de nous présenter ce scénario d'apocalypse de série B ne vous honore pas en tant qu'enseignant.
à deathinjune
De mass0
athée et citoyen du monde | 20H55 | 01/07/2008 |
Comme vous êtes professeur, pouvez vous nous renseigner sur le programme d'histoire au collège ?
Est ce que l'action de l'armée française dans les dernières années en fait partie ?
à mass0
De Bernard Girard
(auteur)
Enseignant blogueur | 05H45 | 02/07/2008 |
La circulaire du 13 septembre 2007 paru au Bulletin officiel de l'EN stipule en effet : « au collège et au lycée, l'ensemble des disciplines doit concourir à l'idée de défense ». Depuis le début des années 80, de nombreux protocoles ont été signés entre les ministères de la Défense et de l'EN : tout ce qui touche à la Défense dans les programmes scolaires est du ressort exclusif de l'armée. On ne laisse nulle place au questionnement, à la critique, au débat. Tout se passe comme si le pacifisme ou la non-violence n'existaient pas, comme si la guerre allait de soi. L'action de l'armée française (essentiellement en Afrique ) est toujours présentée comme relevant de « missions de la paix », ce qui est, on en conviendra, abusif et partial.
à deathinjune
De Fozzie
20H57 | 01/07/2008 |
T'as raison, collègue, on vit dans un monde formidable !
à deathinjune
De Bernard Girard
(auteur)
Enseignant blogueur | 05H34 | 02/07/2008 |
« Ritournelle gauchiste…indigence intellectuelle ». On ne se donnera pas la peine de répondre.
Quant au reste : on ne voit pas bien ce que la « mémoire collective » vient faire dans le débat. Faut-il que tous les élèves pensent la même chose sur un même sujet ? L'instrumentalisation de l'histoire ne date pas d'aujourd'hui - et mes critiques sur le sujet non plus - mais elle a pris ces derniers temps (avec les aspects positifs de la colonisation, l'affaire Môquet, la mémoire de la Shoah, le souvenir des combattants de la Première guerre mondiale etc) des proportions inquiétantes.
Si, pour vous, la simple critique de la politique d'un gouvernement est un « manquement au devoir de réserve », alors où est la démocratie ? La démocratie, c'est le débat permanent,la libre confrontation des points de vue, le refus des vérités imposées d'en haut.
Je ne sais pas si j'ai « de la chance de vivre et d'enseigner en démocratie » mais je persiste à penser qu'une administration puisse imposer sa morale et ses convictions politiques à toute une population par le biais d'un sujet d'examen me paraît particulièrement inquiétant.
à Bernard Girard
De deathinjune
Professeur | 09H16 | 02/07/2008 |
Déniez vous à l'Etat français le droit de produire un discours sur son histoire ? L'idée d'un roman national vous choque-t-elle ?
Pour éclairer votre chandelle ,les programmes scolaires sont le reflet de la mémoire officielle c'est à dire un tri opéré dans les différentes strates de la mémoire (collective ,communautaire). C'est donc un choix à la fois épistémologique et politique clairement assumé comme dans toutes les démocraties.Il est tout à fait normal pour un Etat de faire des choix ainsi je préfère qu'une seule version de la Shoa soit enseignée (la pluralité des points de vues peut aller loin, ainsi c'est au nom de la liberté d'expression que les révisionnistes agissent).L'Etat français n'est pas pacifiste et nous avons une armée dont nous pouvons aussi être fier. Mais comme nous sommes en démocratie les idées pacifistes peuvent librement s'exprimer dans la sphère médiatique etc…
J'ajoute que dans le cadres des programmes vous pouvez insister sur des figures du pacifisme telle que Jaures alors arrêtez le syndrome du persécuté ; Cette pose du résistant héroïque face à la propagande d'Etat est ridicule si l'on considère les véritables défenseurs de la liberté qui luttent dans les dictatures pour la liberté d'expression.
« Je ne sais pas si j'ai “de la chance de vivre et d'enseigner en démocratie” Vos doutes m'inquiètent profondément au regard par exemple de ce qui se passe au Mozambique.
à deathinjune
De Bernard Girard
(auteur)
Enseignant blogueur | 09H48 | 02/07/2008 |
Vous avez parfaitement le droit d'être « fier de l'armée » (ligne Maginot, Mururoa, torture en Algérie, Rainbow Warrior et j'en passe) mais il me semble qu'en démocratie, chacun est libre de penser autrement.
Quand l'état français (au passage, vous confondez allègrement « état » et « gouvernement ») produit, comme vous le dites, un « discours sur son histoire », cela s'appelle l'histoire officielle, pleine de gros mensonges. Ce mensonge prend effectivement le visage du « roman national », qui comme son nom l'indique est un roman, fruit de l'imagination ou de convictions politiques individuelles. Suzanne Citron a dit des choses très pertinentes là-dessus dans son « Mythe national ».
Le roman national, comme l'éducation à la défense, n'ont pas leur place à l'école.
à Bernard Girard
De deathinjune
Professeur | 10H31 | 02/07/2008 |
Encore un professeur d'histoire qui se considère comme un historien… Dramatique.
De quelle légitimité supérieure à celle de l'Etat vous vous proclamez comme le défenseur de l'esprit critique.
Votre vision est très subjective et vous n'avez aucune légitimité pour vous substituer à la mémoire officielle..Vous n'exercez pas une profession libérale mais vous êtes fonctionnaire dans un Etat démocratique et à ce titre l'un de vos engagements est le devoir de réserve.
Quant à vos remarques caricaturales sur l'histoire officielle (alarmantes pour un historien) sachez que la mémoire officielle se construit sur la longue durée avec des recherches universitaires qui réactualisent la perception du passé.Je vous encourage à lire « les lieux de mémoire “ de Pierre Nora qui montre cette dimension dialectique de la mémoire officielle entre commémoration et ,transmission .
En fait l'éducation nationale dont vous rêvez serait fondée autour de vos valeurs qui sont des préjugés idéologiques.Si tous les enseignants étaient libres de prêcher leurs convictions en lieux et place du roman national je serait très inquiet pour notre démocratie.
à deathinjune
De mass0
athée et citoyen du monde | 11H08 | 02/07/2008 |
« En fait l'éducation nationale dont vous rêvez serait fondée autour de vos valeurs qui sont des préjugés idéologiques. »
Mais en histoire comme vous l'avez vous même expliquer, les valeurs qui sont enseignées sont purement idéologique. Entre idéologie d'état ou idéologie individuelle, je ne vois pas trop la différence.
En 1914, vous auriez surement était pour expliquer à nos chérubins que l'Allemagne était l'ogre à abattre en toute objectivité. Et comme toute idéologie guerrière ont sait comment cela c'est fini.
Dans tout les cas , il est à mon avis anormal que l'école devienne un lieu de propagande de l'armée. A quand les bureaux de recrutement dans les Lycées ?
à mass0
De deathinjune
Professeur | 12H07 | 02/07/2008 |
Je partage votre point de vue : l'histoire officielle est forcément idéologique mais elle repose sur une légitimité politique (que vous pouvez remettre en cause grâce à la liberté d'expression hors du cadre de l'établissement). en revanche imposer aux élèves l'idéologie particulière de l'enseignant (qui n'a aucune légitimité) qui se présente drapé de la vertu de l'objectivité je trouve celà abjecte.
Quand je commence mes cours au début de l'année j'explique toujours aux élèves comment sont formés les programmes scolaires et qu'ils représentent la manière dont l'Etat (influencé il est vrai par les différents gouvernements mais qui ont été élu démocratiquement) se représente son histoire.Je me considère comme professeur de mémoire officielle ce qui ne m'empêche pas en tant que citoyen d'avoir des convictions. Pensez vous que beaucoup d'enseignants marxisant font preuve de la même honnêteté intellectuelle quand ils ne montrent que les effets négatifs de la mondialisation.Il y a bien une doxa dans le corps enseignant : La tolérance se limite aux bornes du politiquement correct gauchiste.
Aillant enseigné à l'étranger je suis consterné par la vision de leur métier que se font les professeurs d'histoire.Dans leur consternante fatuité ils se considèrent comme détenant le monopole de la vérité historique .Ils feraient mieux de réfléchir sur le fondement de notre mission de service public : La réussite des élèves et là il y aurait beaucoup à dire également : (http://www.rue89.com/2008/06/23/faut-il-supprimer-le-baccalaureat ? page=1…)
De plus la méthode historique (critique interne et externe du document…) qui est enseignée permet aussi aux élèves d'aiguiser leur esprit critique.
Tout professeur n'est pas un sot mais tout sot est professeur.
à deathinjune
De eric_strasbourg
22H09 | 03/07/2008 |
hé professeur mort en juin, le participe présent du verbe avoir est « ayant »
on dit, par exemple : ayant été à Carcassonne…
à eric_strasbourg
De deathinjune
Professeur | 22H31 | 03/07/2008 |
Oui excusez moi pour l'erreur orthographique .
à deathinjune
De Bernard Girard
(auteur)
Enseignant blogueur | 12H56 | 02/07/2008 |
Pour ce qui est de « Lieux de mémoire » de Nora, cela fait bien longtemps que je les ai lus et que je me suis empressé de les oublier.
« Votre vision est très subjective et vous n'avez aucune légitimité pour vous substituer à la mémoire officielle ». Parce que la mémoire officielle, elle, est sans doute objective ? Libre à vous de confondre « mémoire » et « histoire » et d'évoquer « l'objectivité » de cette dernière, ce qu'aucun historien digne de ce nom n'a jamais revendiqué.
Ecrire l'histoire est du ressort des historiens et non de l'état (surtout quand on sait que les dernières intrusions en ce domaine sont signées Sarkozy et Guaino), c'est aux enseignants qu'il revient de l'enseigner et pour ce qui est de morale, c'est d'abord, me semble-t-il, l'affaire des parents.
à Bernard Girard
De deathinjune
Professeur | 13H16 | 02/07/2008 |
Vous confondez l » histoire produite par les historiens professionnels qui est un travail d'élaboration scientifique avec des programmes scolaires qui ont un tout autre objectif..C'est désarmant…
à deathinjune
De mass0
athée et citoyen du monde | 13H45 | 02/07/2008 |
Et quel est l'objectif d'un programme scolaire en histoire ?
Faire que l'élève puisse penser par soi-même ? Alors il est étrange de suivre une route rectiligne dictée par une soi-disante « mémoire » d'état, qui ne privilégiera que l'aspect nationalisme dans son chauvinisme primaire.
J'attends des profs d'histoire que mes enfants auront, qu'ils leurs apprennent la liberté de pensée, contre le diktat officiel de l'histoire des vainqueurs.
PS : j'éviterais si j'étais vous, les termes « la gauche du politiquement correct », ou « les visions gauchisantes », cela mets à l'eau toute votre démontrassions, par cette haine qui ressort de vos propos envers une partie de vos collègues qui ne marchent pas au pas de la trompette nationale.
à mass0
De deathinjune
Professeur | 20H56 | 03/07/2008 |
« cette haine qui ressort de vos propos envers une partie de vos collègues qui ne marchent pas au pas de la trompette nationale. »
Non mais ils grimpent sur la trottinette syndicale ce qui est l'avers et le revers de la même médaille conformiste.
Vous savez la haine j'en suis surtout victime en salle des profs car mes idées n'ont aucun droit d'expression dans le corps enseignant alors n'inversez pas le sens de la censure.
Beaucoup d » enseignants (PAS TOUS bien sur) ont une vision de la tolérance et de la liberté très restrictive ainsi toute l'école de pensée libérale est boycottée ou pire caricaturée au nom d'un positionnement idéologique .
Je comprends très bien que vous soyez opposé à mes idées sur l'éducation mais j'ai essayé modestement de présenter une série d'arguments sûrement de manière trop véhémente et caricaturale mais mon but était davantage de faire réfléchir sur la fonction de l'histoire officielle dans le cadre d'une démocratie.
à deathinjune
De Suzanna
16H23 | 02/07/2008 |
Moi aussi je suis professeur d'Histoire géo (collège puis Lycée) et d'accord avec l'auteur de l'article quoique je n'ai jamais été « gauchiste » (vous devez avoir un complexe anti mai 68 vous).
Il faut réaffirmer que l'enseignement de l'Histoire doit préparer des citoyens à l'esprit critique, qui sachent dire non (c'aurait été utile en juillet 1940), qui ne soient pas dupes des documents qu'on leur propose, car ce qui me choque tout autant, sinon plus, que la propagande gratuite pour l'armée, c'est la pauvreté informative, pour ne pas dire la débilité des documents proposés aux collégiens.
à deathinjune
De Arzur
Là | 17H38 | 02/07/2008 |
==>deathinjune
A lire votre discours on percoit facilement votre point de vue et c'est en ça que je plains vos éleves. Vous ne leur offrez ( et c'est ce qui est pire que ce que vous reprochez à vos collègues « gauchistes » ) qu'un point de vue similaire à celui que veut donner l'état ainsi que certains médias. Vous ne leur offrez donc pas, contrairement aux profs que vous critiquez, une opinion qu'il est difficile de rencontrer aujourd'hui.
Je viens moi même de finir mes trois année lycéennes et je vous assure que dans le monde des lycéens les points de vues alternatifs et particulièrement ceux de gauche sont très peu repesenté. En effet si un lycéen n'a pa été élevé dans un milieu plutot ouvert il ne pourra découvrir ces opinions que grâce au lycée.
J'ai moi même eu un prof qui avait de la sympathie pour les courants de gauche et à toujours tenté de nous offrir plusiseurs points de vues.
En bref vous avez peur que des éleves soit touchés par des idées « gauchistes » mais qu'un prof expriment ses opinions ( en précisant bien que c'est son point de vu personnel) permettra plutot a un lycéen de completer son panel politique pour choisir le courant qui va le plus dans le sens de ses convictions personnelles et non dans celles qu'on tente de lui imposer par la télé ou par certains ministeres …
à deathinjune
De eric_strasbourg
22H01 | 03/07/2008 |
@ deathinjune
nous sommes en juillet ; même votre pseudo de d'jeuns est mensonger
à eric_strasbourg
De deathinjune
Professeur | 22H53 | 03/07/2008 |
Les imbéciles appellent préjugés les conclusions qu'ils ne comprennent pas.
Ce surnom est tiré d'un poème de Sylva Plath qui est, je l'ignorai ,selon vous l'idole des djeuns.
Pitoyable…
Je vois que la bassesse de vos attaques illustre bien la profondeur de vos arguments…
De Fozzie
20H54 | 01/07/2008 |
Bonjour !
Mettons bien les choses au point : l'épreuve d'histoire-géo et éducation civique au brevet est une foutaise qui n'a qu'un but : permettre aux élèves d'avoir une bonne note. Cette année comme l'an dernier, ceux qui savent juste lire et qui ont à peine appris obtiennent sans problème la moyenne. Il faut ajouter une incitation à gonfler les notes puisque l'an dernier, les maths ont eu une meilleure moyenne que nous. Pas de bol, le brevet de maths est aussi de la foutaise et les copains ont aussi eu des instructions pour gonfler les notes ! Ce qui devient exaspérant, c'est qu'on se demande pourquoi on travaille, les gosses et nous. Réflexion d'un élève de 3ème cet après-midi : « Monsieur, ils se foutent de nous ou quoi ? “ Ben oui… et de moi aussi !
De Thierry Catrou
21H34 | 01/07/2008 |
Est-ce sérieux ? tout cela a-t-il la moindre importance ? Les élèves de 3° ne se préoccupent guère de l'apologie ou non de l'armée. Leur seul but s'est d'obtenir le DNB et peu importe le reste !
On devrait pouvoir espérer que les enseignants fassent preuve à l'occasion de leur capacité à raisonner… Ici, on peut, tout de même en douter !