Plus de trente ans après les faits, l'ancien dirigeant khmer rouge Ieng Sary est jugé à partir de ce lundi devant le tribunal spécial de Phnom Penh. Avec le portrait de cet ancien chef de la diplomatie khmère, dernier volet de sa série Cambodge, Rue89 éclaire la sombre période pendant laquelle un tiers de la population a été exterminé sous le régime de Pol Pot.

Ieng Sary, l'ancien vice-Premier ministre et chef de la diplomatie khmère rouge, et à ce titre, avec le président Khieu Samphan, figure la plus visible du régime sanguinaire, apparaîtra pour la première fois en audience publique devant les chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) le 30 juin.
Depuis son arrestation le 12 novembre 2007 avec son épouse Ieng Thirith, et sa mise en examen pour crimes contre l'humanité et violations graves des Conventions de Genève du 12 août 1949, il a fait parler de lui en demandant l'obtention de visites conjugales. A l'instar de ses anciens pairs, il n'a jamais exprimé le moindre regret pour le macabre bilan laissé par la folie khmère rouge, refusant d'en porter quelque responsabilité que ce soit.
Retour sur ce personnage que les Cambodgiens identifient volontiers comme l'un des cerveaux du Kampuchea démocratique, sur ce nom que les Vietnamiens, au début de l'occupation du Cambodge, ont condamné à une célébrité guère enviable dans l'expression aujourd'hui éculée » la clique Pol Pot - Ieng Sary » .
De la lutte pour l'indépendance au communisme
Né Kim Trang en 1925, ce Khmer krom (les descendants des Khmers qui peuplaient la région avant l'arrivée des Viêts, ndlr) réalisa plus tard l'intérêt de » khmériser » son nom en Ieng Sary. Fils d'un notable, il quitte jeune adolescent le sud du Vietnam pour poursuivre ses études à Prey Veng puis dans le prestigieux lycée Sisowath de Phnom Penh. Ce fort en thème se fait vite un nom, et des disciples. Il prend la tête de mouvements étudiants en faveur de l'indépendance du Cambodge, les premiers du genre au Cambodge.
Dès 1946, rappelle la journaliste américaine Elizabeth Becker, il dirige un groupe appelé » Libération du Cambodge du colonialisme français » . Bénéficiaire d'une bourse, il part à Paris étudier au lycée Condorcet puis à l'Institut d'études politiques, cursus qu'il finit par abandonner pour se consacrer corps et âme à la cause révolutionnaire. Ieng Sary s'éprend de communisme dans la capitale française, adhérant au Parti communiste français en 1951, année où il épouse Khieu Thirith, fille d'un magistrat cambodgien, qui deviendra la » Première dame de la révolution » et dont la sœur Ponnary convole peu après en noces avec Saloth Sar, futur Pol Pot. Là encore, Ieng Sary s'impose comme un leader, cofondant le Cercle marxiste des étudiants khmers à Paris.
A son retour au Cambodge en 1957, il devient professeur d'histoire dans le public et rejoint le Parti communiste du Kampuchea. Il marque le pas dans son engagement politique en prenant le maquis en 1963, intégrant le mouvement des Khmers rouges. Le 17 avril 1975, jour de la prise de Phnom Penh par les pyjamas noirs, il est l'un des six membres du Comité permanent du parti communiste du Kampuchea (il en est un membre suppléant en 1960 puis titulaire dès 1963), l'autorité suprême du régime des Khmers rouges, rappelle l'historien-journaliste Philip Short.
Un manipulateur guidé par son seul intérêt
Elizabeth Becker dépeint le jeune Ieng Sary » dynamique, intelligent et affable » . Le professeur David Chandler rapporte pour sa part que ceux qui l'ont rencontré, spécialement durant ses années au pouvoir, » l'ont décrit comme arrogant, insaisissable et vigilant » mais » jamais comme une personne de sympathique » . Laurence Picq (une Française embarquée dans l'aventure khmère rouge par son mari cambodgien) évoque dans ses mémoires » un maître cruel et dévoué » , ajoute-t-il.
Le directeur du Centre de documentation du Cambodge (DC-Cam), Youk Chhang, n'hésite pas à le décrire comme un » manipulateur » . Un adjectif que reprend également Philip Short, auquel il ajoute celui de » retors » , le définissant comme » plus astucieux qu'intelligent » . Il était, explique-t-il, » partisan d'une double règle -une pour lui, l'autre pour son entourage- qui caractériserait son comportement toute sa vie durant » . De Ieng Sary, on dit encore qu'il était obsédé par son confort et le bien-être de sa famille. Ainsi, selon Youk Chhang :
» Son intérêt personnel passe toujours en premier, n'ayant aucun scrupule à gagner les faveurs de ses ennemis jurés d'hier comme il le fit quand il rallia le gouvernement de Heng Samrin [en 1996] après l'avoir pourtant vertement critiqué…"
Il fut, il est vrai, l'un de ceux qui céda le plus au népotisme, souligne Philip Short :
» Il plaçait systématiquement ses enfants et neveux à des postes élevés pour lesquels ils n'avaient aucune compétence. » .
Sur les photographies prises à l'époque, Ieng Sary arbore, comme Pol Pot, le visage d'un homme bien nourri. Youk Chhang l'épingle :
» Il s'est comporté à l'opposé des principes prônés par la révolution, portant lunettes et se faisant conduire en voiture, loin du modèle du communiste ascétique qu'il aurait dû être pour ses concitoyens. »
Le porte-voix du Kampuchea démocratique
Conspuant l'impérialisme américain, menant ensuite une croisade contre un Vietnam perçu comme dangereusement expansionniste, le chef de la diplomatie khmère rouge se faisait une grande idée du Kampuchea démocratique, de son indépendance et de cette autarcie dont Khieu Samphan avait fait l'éloge dans sa thèse de doctorat à la Sorbonne en 1959.
Après avoir brossé un tableau peu élogieux de la situation internationale dans un discours, se souvient Laurence Picq, Ieng Sary conclut que » seul le Kampuchea démocratique offrait à l'humanité tout entière tournée vers lui l'image d'un pays puissant et d'une révolution pure » . En 1977, rapporte Philip Short, Ieng Sary déclara à un journaliste :
» Nous voulons réaliser quelque chose qui n'a encore jamais existé dans l'histoire. A cette fin les Khmers rouges évitaient les théories mais s'appuyaient sur la conscience [révolutionnaire] et menaient une lutte concrète » .
L'ultraradicalisme trouve en lui l'un de ses meilleurs prêcheurs. Content de lui, rapporte Laurence Picq, il s'enthousiasmait :
» Des journées de dix-sept heures ! La supériorité du régime socialiste est là ! On est loin des quarante heures par semaine qu'exigent certains syndicats révisionnistes et on est loin du chômage créé par le régime capitaliste ! »
Ieng Sary et les purges
Ieng Sary croyait en l'existence d'ennemis cachés à l'intérieur du Kampuchea et du parti. Les purges furent conséquentes dans son ministère des Affaires étrangères, réservoir d'intellectuels qu'il avait rappelés de l'étranger pour aider à reconstruire le pays, au point que Laurence Picq avait baptisé ce ministère » l'antichambre de la mort » . Les Affaires étrangères possédaient ainsi un réseau de camps de rééducation à Phnom Penh et en province, notamment celui de Boeung Trabek dans la banlieue sud de la capitale.
Lors des séminaires, Ieng Sary appelait les participants à » collaborer à la dénonciation des « traîtres' » , se souvient la Française, et il n'omettait pas de saluer chaque décapitation d'un réseau d'espionnage. Elle rapporte ainsi les propos du ministre après la mise à l'écart d'un certain Van Piny, dont les soi-disant activités d'agent de la CIA venaient d'être découvertes :
» Entre autres choses, il avait avoué avoir gaspillé une cinquantaine de noix de coco. « Cinquante noix de coco ! , répéta Ieng Sary d'un air offusqué, c'est du sabotage économique ! “”
Elle écrit qu'en 1978 il était » de bon ton de considérer Ieng Sary comme un héros qui avait su mener sur le front intérieur une lutte victorieuse » . Pour Youk Chhang, l'homme a indéniablement » les mains couvertes de sang » .
Dans le déni
Fin 1977, devant les Nations unies qui veulent ouvrir une enquête sur le non respect des droits de l'homme au Cambodge, il ne donne aucun crédit aux récits rapportés des réfugiés cambodgiens sur les horreurs commises au nom de l'Angkar. Il préfère accuser les Etats-Unis d'avoir commis un génocide. Pourtant, Youk Chhang le martèle, « en tant que membre du Comité permanent du PCK, il était au courant, voire à l'initiative de la politique menée par le régime » :
» C'est ce comité qui présidait aux destinées du Cambodge. Les rapports des réunions sont là pour prouver sa présence… Et on sait aussi que c'est lui qui a convaincu les intellectuels khmers expatriés de revenir au pays, où les attendait, pour une grande partie d'entre eux, une mort certaine. »
Néanmoins, reconnaît Youk Chhang, » l'homme est assez malin pour trouver le moyen de rejeter ces accusations toute honte bue » . Dans l'ordonnance de placement en détention provisoire des CETC en date du 14 novembre 2007, il est écrit que Ieng Sary » conteste les faits qui lui sont reprochés » , et qu'il voudrait » connaître la vérité sur une période noire de notre histoire » car, dit-il, il ne sait pas où elle se trouve…
Une vie contre-révolutionnaire » confortable »
Ieng Sary ne laisse rien au hasard. Début janvier 1979, face à l'avancée des Vietnamiens sur le territoire, il s'embarque à bord d'un train spécial et gagne la frontière thaïlandaise, » avec les archives du ministère, empaquetées à la hâte la veille » , note Philip Short. Le 19 août 1979, il est condamné par contumace à la peine capitale pour crime de génocide par le tribunal révolutionnaire de Phnom Penh mis en place avec l'aide du Vietnam. Un jugement qui n'est pas reconnu par la communauté internationale car » non conforme aux normes internationales d'équité » .
Ieng Sary continue d'occuper d'importantes fonctions au sein des Khmers rouges après leur chute jusque fin 1981, selon Philip Short, date à laquelle il commence à être marginalisé jusqu'à ne plus peser dans les décisions importantes. En août 1996, il passe un accord séparé avec le co-Premier ministre Hun Sen et change de camp. Sa reddition sonne le glas du mouvement rebelle khmer rouge.
Il obtient non seulement l'amnistie par le roi le 14 septembre 1996 au nom de la » réconciliation nationale » , sur intervention de Hun Sen, mais également le droit de gérer la place forte khmère rouge de Païlin qui devient, avec ses juteuses mines de rubis, une zone » semi-autonome » sous ses ordres.
Plusieurs milliers de ses partisans font défection dans son sillage, dont près de la moitié des effectifs totaux de l'armée khmère rouge qui sont intégrés dans l'Armée royale, rappelle Philip Short. Le camp avec lequel il coupa brutalement les liens ne manque pas de dénoncer ce » traître » et l'accuse d'avoir détourné une grande partie de l'aide chinoise. Comme le rapportent les Missions étrangères de Paris d'Asie sur leur site internet, Ieng Sary leur donne la réplique : il attaque Pol Pot, » le plus cruel et le plus sauvage des assassins » , et le blâme » d'avoir massacré les intellectuels et commis de multiples crimes durant son règne de terreur » .
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Il se targuera ensuite d'avoir été l'artisan du ralliement des troupes khmères rouges au gouvernement, estimant avoir ainsi contribué au rétablissement de la paix au Cambodge. S'il a été le premier hiérarque khmer rouge à faire sécession, David Chandler estime que c'est » parce qu'il était et est davantage réaliste que Pol Pot, Nuon Chea ou Khieu Samphan » :
« Il a vu les avantages qu'il y avait à faire défection. Il est devenu (ou est resté) plutôt riche et a vécu une vie contre-révolutionnaire plutôt confortable. »
Ces dernières années, il vivait tranquillement en famille dans une villa cossue au cœur de Phnom Penh, s'offrant des allers et retours à Bangkok pour se faire suivre médicalement. Lui et son épouse ont pourtant clamé ne pas être assez fortunés pour prendre en charge les honoraires de leurs avocats… Ils ont en effet fait inscrire tous leurs biens au nom de leurs enfants. Les CETC ont par conséquent décidé de supporter cette dépense.
En partenariat avec le site d'information indépendant cambodgien ka-set.info

























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De Glasgo
Etudiant | 11H23 | 30/06/2008 |
Article vraiment intéressant sur une période qui nous était mal raconté à l'école ( pour ma part en tout cas)
Merci bien.
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 11H37 | 30/06/2008 |
Excellent papier ! Ma seule question est : l'acte d'accusation d'aujourd'hui reprend-il les informations et les charges citées dans l'article, et dont les sources sont le plus souvent étrangères ?
à Jaycib
De Glasgo
Etudiant | 12H06 | 30/06/2008 |
Qu'entend tu demander par là ?
Je ne comprend pas vraiment ta question..
Merci d'éclairer ma lanterne
à Glasgo
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 13H25 | 30/06/2008 |
Pour Glasgo : Certaines des sources citées dans l'article sont non cambodgiennes. L'accusation dont Ieng Sary fait l'objet au Cambodge va-t-elle citer ces sources ? Ce serait un grand pas en avant qu'un système judiciaire du tiers-monde, naguère réduit à néant par la dictature des Khnmers Rouges, fasse témoigner les personnes citées dans l'article, notamment. Ce serait un signe d'ouverture très positif.
De Glasgo
Etudiant | 13H15 | 30/06/2008 |
Qui dit « crime contre l'humanité » dit « tribunaux internationaux » non ? donc sûrement que tout les élements sont pris en compte..
Question qui s'avère beaucoup plus clair et dont j'attends la réponse moi aussi.
Merci Jaycib
De stangrof
13H20 | 30/06/2008 |
Bonjour,Zbigniew Brzezinski écrit dans « Between Two Ages : The Technetronic Era, 1971 » : « I encouraged the Chinese to support Pol Pot. I encouraged the Thai to help the Khmer Rouge. The question was how to help the Cambodian people. Pol Pot was an abomination. We could never support him. But China could. » J « ai encouragé la chine a supporté pol pot, j'ai conseillé a la thailande d » aidé les kmhers rouges….. ». Les bouchers (lampistes) trinquent et c'est normal mais les manipulateurs jamais !
Au fait, c'est le principal « conseiller » de ce cher Obamma ! CHANGE ! non, non
Pour rire, google « Zbigniew Brzezinski tim osman »
celle la est pas mal non plus http://www.youtube.com/watch ? v=OJTv2nFjMBk
A bientôt
http://www.ipernity.com/home/stangrof
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 13H49 | 30/06/2008 |
Il est inexact de dire que Zbigniew Brzezinski est le « principal » conseiller d'Obama. C'en est un parmi d'autres (ils sont nombreux). Il s'est incrusté dans le paysage intellectuel du parti Démocrate sous Carter, qui en avait fait, lui, son principal conseiller en matière de sécurité nationale.
ZB est un fou furieux (ou l'a été). C'est lui qui a préconisé le recours aux « armes nucléaires de théâtre » (d'affrontements) à l'époque de la guerre froide. Peu de gens l'ont suivi et beaucoup l'ont vertement attaqué à l'époque. La posture adoptée par les USA à l'égard du Cambodge faisit en effet partie des attributions de Brzezinski dans les années 70, mais il n'était pas le seul à préconiser une politique aventureuse.
La tradition veut qu'un président ou un candidat à la présidence des USA s'entoure de tout un aréopage de conseillers, essentiellement afin de représenter auprès de soi la diversité des opinions existant dans le parti ou la société en général.
Il faut se méfier des gens qui tentent de discréditer un candidat en pointant la présence, dans son club de conseillers, de personnages plus ou moins sulfureux. Obama a déjà fait l'objet d'attaques au sujet de son entourage, mais toujours de la part d'ennemis politiques associés au parti Républicain.
Quoi qu'il en soit, le président des USA conserve son entière liberté de choix à tout moment.
à Jaycib
De stangrof
14H57 | 30/06/2008 |
Bonjour, Obama ou tout autre candidat ne choisis rien. Ce sont des pantins. Déclaration de clinton en irelande « By the time you become the leader of a country, someone else makes all the decisions ; you just sign your name. [Laughter] You may find you can get away with virtual Presidents, virtual Prime Ministers, virtual everything. just stick a little card in and get the predictable response. Lorsque vous devenez le leader d » un pays,,quelqu'un d'autre prends toutes les décisions , vous signez juste vôtre nom, ( rire ) »
source : http://findarticles.com/p/articles/mi_m2889/is_n36_v34/ai_21203422
Brzezinski contrôle obama . c'est son rôle
http://www.nysun.com/national/despite-criticism-obama-stands-by-adviser/…
Et si ça ne suffit pas lisez ce que kennedy en disait avant d'être éliminé
http://www.youtube.com/watch ? v=EB5_QASieoA&feature=related
A bientôt.
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 15H23 | 30/06/2008 |
Ah bon, il a dit quoi, Kennedy ?
Moi, j'ai le souvenir que sur la question des missiles de Cuba, son cabinet était en majorité pour une solution militaire. Kennedy a résisté avec comme alliés McNamara (eh oui…), Thompson (ambassadeur des USA à Moscou à l'époque), plus le sous-secrétaire d'état George Ball. Et la sagesse a prévalu (solution négociée avec Krouchtchev).
Des pantins, ou des inféodés. Si oui, nous sommes foutus, parce qu'il y aura une guerre contre l'Iran, entre autres choses. Ce n'est PAS la position d'Obama.
à Jaycib
De stangrof
18H29 | 30/06/2008 |
J » ai mis le lien de la video sous titré, c'est pas pour les chiens, regardez, d » abord, celle ci est plus drole mais direct
http://www.dailymotion.com/relevance/search/georges%2Bcarlin/video/x5vyk…
A bientôt
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 10H39 | 01/07/2008 |
Le regretté George Carlin était connu pour ses positions radicales. La question n'est pas : « Tous pourris, rongés jusqu'à l'os » par les puissants lobbies industriels ou financiers, mais « Qu'est-ce que nous pouvons y faire ? ». Il y a un désespoir implicite dans vos commentaires, et vous me pardonnerez de ne pas le partager.
Vous devez confondre Kennedy et Eisenhower. Je n'ai pas souvenir d'une déclaration de Kennedy dénonçant la mainmise des lobbies précités sur les structures d'état. Par contre, Eisenhower a bien fait ses adieux en mettant en garde ses successeurs au sujet du complexe militaro-industriel.
à Jaycib
De stangrof
13H49 | 01/07/2008 |
Bonjour, je ne vous demande pas d » être d » accord avec moi : -))
Je ne dis pas tous pourris, je dis que nous faisons face a un systéme et les hommes politiques ambitieux doivent s'y plier pour grimper dans l'échelle du pouvoir. éffectivemment, ike a mis en garde son peuple contre les dérives du complexe militaro-industrielle.
Kennedy ,lui, parle dans ce discour d'un complot monolityque et impitoyable et demande l'aide de la presse ! 300 millions d'habitants aux states et les candidats font tous les deux partie d'une société secréte de yale university « skull and bones “qui recrutent seulement 15 membres par ans, la preuve ? c'est ici http://www.wideo.fr/video/iLyROoaftCzf.html
Que pouvons nous faire ? beaucoup de chose. 1 arrétez de croire a ‘l'homme providentiel’ 2 comprendre le système en commencant par comprendre l'argent et comment il est vraiment créer. c'est déja pas mal de lecture en vue : -)3 le vrai pouvoir est le savoir 4 nous avons du pouvoir malgré tout ce qu'on nous force a gober.
A bientôt
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 10H52 | 01/07/2008 |
La vidéo YouTube du discours de Kennedy à la presse (voir votre premier lien) ne constitue pas une dénonciation des lobbies, mais un plaidoyer pour la liberté de la presse. Les « révélations » et les investigations que sollicite le président concerne autant les questions intérieures qu'internationales. Le discours peut très bien être interprété comme un appel à la divulgation d'actions dissimulées en faveur du communisme…
à Jaycib
De stangrof
13H42 | 01/07/2008 |
Bonjour, le communisme est une création des élites et a toujours était la danseuse de l » occident
Antony.c.Sutton a écrit des livres qui ne furent jamais remis en cause ni attaqué en justice malgré les révélations qu'ils contiennent . En revanche , sa vie fût démolis
http://reformed-theology.org/html/books/bolshevik_revolution/
http://www.amazon.com/National-suicide-military-Soviet-Union/dp/08700020…
http://www.ipernity.com/doc/stangrof/85138/
Méme chose avec mac carthy, lorsqu'il a compris comment cela fontionnait vraiment, il l » ont détruit. Aujourd'hui, le maccartisme est synonyme de chasse aux sorcières mais la véritable histoire est bien plus compliquée
A bientôt
http://www.ipernity.com/home/stangrof
De johnGalt
libre penseur | 17H59 | 01/07/2008 |
stangrof,
je n'ai malheusement pas le temps de lire tout le livre de Sutton. Pourriez-vous essayer de nous resumer les raisons pour lesquelles les banquiers de Wall Street auraient aide les Bolcheviks ?
à johnGalt
De stangrof
19H48 | 01/07/2008 |
Bonsoir, je vais essayer, il y a deux raisons ,une, a court terme, et une a long terme.La russie commençait a s » industrialiser sous le régime tsariste . Or ,les tsars ont toujours refusé la création d'une banque centrale , ce pays était hors du contrôle financier international ( d » ou la « révolution bolchevik » ). La russie est également trois fois la taille des U S A et une gigantesque réserve de matiéres premiéres.Ces éléments impliquait une concurence dangereuse voire mortelle. Une économie soviétique était le parfait remède.La théorie économique appelle ça un marché CAPTIF,incapable de créer et devant importer les innovations techniques. Les ingénieurs russes étaient trés intelligents et habilles mais le système soviétique bloquait tout.Même chose en agriculture.
A long terme, c'était l'application brutale de la dialectique hégellienne. Créer l' » ennemi » ce qui justifait la mise en place de fabuleux budgets de défense ( plus d'emprunt étatiques donc plus d'intérets a encaisser )l » instauration du secret au nom de la défence nationale et ventes d'armes générales. Aujourd'hui, les deux systémes sont intégrés. Le nouvel « ennemi » c'est nous !
A bientôt
http://www.ipernity.com/home/stangrof
De johnGalt
libre penseur | 17H12 | 30/06/2008 |
stangrof,
je viens de lire le court article du NY Sun sur Brzezinski et Obama. Contrairement a ce que vous dites l'article ne suggere aucunement que Brzezinski controle Obama.
Je ne savais pas que Brzezinski s'etait oppose a l'invasion de l'Iraq. Cela le rend plutot sympathique a mes yeux.
Cependant, on peut noter que Obama est deja en train de se recentrer. Il revient sur plusieurs de ses positions importantes durant la campagne des primaires, ce qui peut corroborer vos propos. Voici quelques extraits d'un article recent de The Economist :
« Since wrapping up the nomination Mr Obama has taken a number of positions that have caused discomfort to some on the left. These have included : his solemn undertaking to protect Israel, in a speech to the leading pro-Israeli lobby ; the reversal of his promise to accept public-funding limits for the election ; and, last week, his waffled reaction to the Supreme Court's ruling on gun rights. »
« On Iraq Mr Obama has made an explicit promise to “remove one to two combat brigades each month, and have all of our combat brigades out of Iraq within 16 months”. Naturally a more peaceful Iraq would provide conditions in which a withdrawal is more likely, but as president he would have to weigh the risk that leaving quickly might jeopardise the relative improvement in security in the country. There have been nods and winks from Obamaite foreign-policy wonks that he would revisit the pledge when president… »
« Then there is the looming Senate vote on the Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA), which contains a provision granting telecoms companies immunity from lawsuits for co-operating in a surveillance programme that conducted wiretaps without warrants. Mr Obama had said he was “proud” to stand with “a grassroot movement of Americans” in opposing the FISA legislation, but he has now watered down his opposition and supports the latest compromise, to the fury of liberal bloggers. »
« Another issue rumbling away is free trade. During the primaries Mr Obama joined Mrs Clinton in turning up the rhetorical heat against NAFTA. Both floated the threat of an “opt out” from the agreement to force renegotiations with Canada and Mexico, which Mr Obama said could be used to gain “leverage” with their trading partners. This went down well among unions and displaced workers in the rustbelt states, but Mr Obama has since talked about the importance of trade and markets, in effort to sound a bit more sensible on economic policy. »
http://www.economist.com/world/na/displayStory.cfm ? story_id=11653324&sou…
à johnGalt
De stangrof
18H49 | 30/06/2008 |
Bonsoir, alors parlons des autres proches d » obama, dan shapiro et Dennis Ross, de sacrés loustics !
je précise que je ne pense pas que mac cain soit mieux, de toute façon , d'aprés greg palast , l » éléction est déja arrangée
http://www.youtube.com/view_play_list ? p=6C0F65AB2719BDF5
A bientôt
http://www.ipernity.com/home/stangrof
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 15H54 | 01/07/2008 |
Stangrof :
On apprend plus de ses ennemis que de ses propres préjugés ou a priori. Avec tout le respect que je dois au Net, on y trouve tout et n'importe quoi. Méfiez-vous des vidéos à bon marché.
En outre, prendre la menace que faisait peser l'URSS pour la « danseuse » de l'Occident ou McCarthy pour une homme écrasé par le système, c'est vraiment dire n'importe quoi. Je vous recommande de lire Victor Serge ou même Trotsky et de prendre connaissance de la liste des « blacklisted » qui ont perdu emploi et/ou famille suite aux auditions de la commission McCarthy.
à Jaycib
De stangrof
20H33 | 01/07/2008 |
Bonsoir, je vous parle de livres écrit avant même qu » internet éxiste. L'URSS n'a jamais été une menace ( vous vous souvenez de l'afganistan ? ), Sutton a compilé également un travail académique en trois volumes (plusieurs milliers de pages)sur les transferts de technologies entres l'occident et l » URSS. Les brevets, les bons de livraison, le nom des bateaux qui ont livrés la marchandises !
Mac carty, a fait du dégat mais a un niveau assez bas ( hollywood par exemple), c'est vrai, mais , comme vous , il croyait que les « communistes “ étaient a Moscou et infiltrés l'occident, mais a force de tirer sur les fils, il a réalisé qui manipulait qui et il a accusé l'establishment, il fut détruit.
Méme carroll quigley, le mentor de bill clinton, a écrit dans son livre majeur ‘ tragedy and hope
http://www.amazon.com/Tragedy-Hope-History-World-Time/dp/094500110X que la guerre froide était un canular.
Trotsky ? il fut arrété a la frontiére canadienne en 1917 avant de rejoindre la russie, il venait de new york , on trouva sur lui 10 000 dollars OR ( aujourd'hui plus d’ un million compte tenu de l” inflation ) Il ne fut libéré , mis sur le bateau avec ses fonds, que sur l'intervention direct de willson président américain sous la coupe du colonel mendelhouse qui était un peu le “ kissinger ‘ de l'époque.
A bientôt
De Louis Crandell
14H27 | 30/06/2008 |
Au sujet de Brzezinski, lire http://www.voltairenet.org/article15298.html
à Louis Crandell
De johnGalt
libre penseur | 16H07 | 30/06/2008 |
Je viens de finir la lecture de l'article de Voltairenet sur Brzezinski. Extremement interessant.
Cela m'a fait penser a une chose. Ce que les US sont en train de faire a la Russie en utilisant la Tchechenie ils pourraient aussi tres bien le faire a la Chine. Les Ouighours pourraient devenir les Tchechenes de la Chine. Ce qui m'etonne c'est que ca n'a pas encore ete fait.
à johnGalt
De Louis Crandell
04H31 | 01/07/2008 |
Ce que vous dites est exact, car les USA notamment non pas abandonné l'idée de refaire un « scénario à la yougoslave » en Chine. Les événements au Tibet et la campagne de dénigrement contre la Chine sont des éléments de ce projet.
Lire :
Dossier Chine, Tibet, émeutes à Lhassa…
http://membres.lycos.fr/edipro/Actu/chine.htm
InvestigAction : site de Michel Collon
http://www.michelcollon.info/
à Louis Crandell
De Glasgo
Etudiant | 16H17 | 30/06/2008 |
extremement interessant , c'est vrai..
Mais d'un certain côté je reste dubitatif quant à ce genre d'informations..
on y trouve des articles sur l'affaire du 11 septembre ou on y mele un gouvernement coupable..
Ne serait-ce pas des arguments conspirationnistes ?
je m'interroge…
à Glasgo
De Louis Crandell
04H24 | 01/07/2008 |
Certes, il faut prendre les infos du Réseau Voltaire avec circonpection (ce principe est valable à mon avis pour toutes infos et pas seulement celles du RV).
Ce n'est pas parceque certaines analyses du Réseau Voltaire sont critiquables, que celles-ci sont automatiquement fausses.
D'ailleurs pour en revenir à Brzezinski, ce n'est pas que le Réseau Voltaire qui donne ce genre d'infos ou qui le critique très fermement.
De Louis Crandell
14H22 | 30/06/2008 |
Comme je l'ai indiqué dans un des 3 autres sujets sur les KR
http://www.rue89.com/2008/06/28/cambodge-le-secretaire-de-pol-pot-lhomme…
Il y a eu et il y a encore beaucoup d'hypocrisie et de non-dits dans cette affaire, et il faut aussi resituer l'appartition des KR, l'arrivée à Phnom Penh, les massacres, l'invasion du Cambodge par le Vietnam, l'écroulement du régime KR etc… dans le contexte de l'époque.
Lire le Dossier : Cambodge/Kampuchéa
-De la libération à la tragédie
http://membres.lycos.fr/edipro/Dochml/presse/articles/epinfos/epi13/kamp…
-Questions et réponses
Sur les Khmers Rouges
http://membres.lycos.fr/edipro/Dochml/presse/articles/Partisan/dates/200…
-MAI 75 AU CAMBODGE (article du journal écologiste La Gueule Ouverte)
http://membres.lycos.fr/edipro/Dochml/presse/articles/epinfos/epi13/kamp…
-Article du PCRml extrait de « LA VIE DU PARTI “ n°37 (mai 1979).
A propos du P.C.K.
http://membres.lycos.fr/edipro/Dochml/presse/articles/epinfos/epi13/kamp…
-SUR LA POLITIQUE DES KHMERS ROUGES
(Mai 1980)
http://membres.lycos.fr/edipro/Dochml/presse/articles/epinfos/epi13/kamp…
De Pépé la Jactance
insituable | 14H33 | 30/06/2008 |
Se rappeler qu'une partie de l'extrême-gauche française avait pris fait et cause pour les Khmers Rouges.
Ses descendants font de même avec le Hezbollah, le Hamas, et le si propre sur lui Tariq Ramadan et les islamistes.
à Pépé la Jactance
De Louis Crandell
03H58 | 01/07/2008 |
A.Nonyme a écrit « Se rappeler qu'une partie de l'extrême-gauche française avait pris fait et cause pour les Khmers Rouges. »
Concernant cette partie de l'extrême-gauche et le soutien apporté aux KR, j'ai dèjà donné des éléments dans mes divers messages. A l'époque dans le contexte et avec les éléments de la situation, ce soutien n'avait rien de scandaleux.
http://www.rue89.com/2008/06/28/cambodge-le-secretaire-de-pol-pot-lhomme…
J'ai également indiqué qu'il est hypocrite de ne cibler que « l'extrême-gauche », car une grande puissance impérialiste comme les USA a une responsabilité écrasante dans le drame cambodgien.
N'oublions pas que les USA ont aussi soutenu le régime KR au sein de l'ONU.
à Louis Crandell
De Pépé la Jactance
insituable | 15H08 | 01/07/2008 |
Personnellement, je n'ai aucun mal à cibler aussi l'impérialisme américain, (et je vous accorde que j'aurais pu le dire). Sauf que, si j'essaie d'être à gauche toute, j'évite d'être impérialiste.
Pas scandaleux, ce soutien : c'est possible. Disons que l'expérience aurait pu instruire ces gens, eh ben non, ils renouvellent leur erreur, confortablement assis sur un principe et un seul : les ennemis de nos ennemis sont nos amis, et courons tous les applaudir à Durban. Un peu court comme ligne de réflexion, non ?
à Pépé la Jactance
De Louis Crandell
04H16 | 02/07/2008 |
A.Nonyme, être anti-impérialiste dans les années 70, c'était aussi dénoncer le social-impérialisme de l'URSS. Que certaines personnes bien intentionnées aient utilisé cette dénonciation de l'URSS pour faire de l'anticommunisme à bon compte, est aussi un aspect important.
Vous dites « Pas scandaleux, ce soutien : c'est possible. Disons que l'expérience aurait pu instruire ces gens, eh ben non, ils renouvellent leur erreur, confortablement assis sur un principe et un seul : les ennemis de nos ennemis sont nos amis, et courons tous les applaudir à Durban. Un peu court comme ligne de réflexion, non ? »
Vous réduisez la question en considérant que le « principe » « les ennemis de nos ennemis sont nos amis » est une erreur, alors que dans certaines situations ce « principe » a été juste, dans d'autres discutable et faux dans certains cas.