Plus de trente ans après les faits, l'ancien dirigeant khmer rouge Ieng Sary doit être jugé à partir de lundi devant le tribunal spécial de Phnom Penh. Rue89 éclaire la sombre période pendant laquelle un tiers des Cambodgiens a été exterminé sous le régime de Pol Pot. Débutons la série par un entretien avec l'ancien secrétaire du Premier ministre du Kampuchéa Démocratique.

(De Pailin, Cambodge) Pailin est une bourgade cambodgienne à la frontière de la Thaïlande… C'est dans cet ancien bastion khmer rouge que Khieu Samphan et Nuon Chea, deux des cinq hauts dirigeants du régime de Pol Pot, ont été arrêtés pour répondre de leurs crimes devant le tribunal spécial de Phnom Penh.
Depuis 1980 et la défaite de Pol Pot, la petite ville est aux mains d'anciens Khmers rouges. Sur une route poussiéreuse face à une station d'essence à l'abandon se dresse une petite maison en bois. Amputé d'une jambe, les dents plombées d'or, et les lunettes de fonctionnaire communiste bien calées sur son nez, Mey Makk nous a donné rendez-vous dans une modeste habitation. Pas la sienne, celle de sa famille. Lui vit dans une villa que nous ne verrons pas.
L'ex-secrétaire de Pol Pot, de 1980 à 1991 se présente vêtu d'un habit officiel noir. Aujourd'hui vice-gouverneur de Pailin, Mey Mak assure n'avoir été qu'un petit fonctionnaire aux ordres de sa hiérarchie.
L'interview en khmer à écouter en cliquant ci-dessous. Sa traduction ci-après.
Comment avez-vous intégré le régime khmer rouge ?
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Je suis rentré dans les forces khmers rouges en 1970. En fait, j'ai pris le maquis lors d'un appel du roi pour servir la Nation au nom des Khmer rouges et des forces royalistes. A l'époque j'étais responsable de l'information et de la communication, dans l'armée khmer rouge notamment entre 1970 et 1973.
Et le 17 avril 1975, vous entrez avec les Khmer rouges dans Phnom Penh ?
De 1973 à 1974, j'ai travaillé à la radio de la Division 1 de l'armée Khmer rouge, celle qui était en charge des soldats du sud-ouest au nord-ouest du Cambodge, notamment sur la nationale 4 qui va vers Phnom Penh. Je n'étais pas en charge des attaques, je suis rentré à Phnom Penh trois jours après la prise de la ville, le 20 avril 1975.
Comment avez-vous rencontré Pol Pot ?
Entre 1975 et 1979 j'ai travaillé dans l'aviation civile à l'aéroport de Phnom Penh. Comme je connaissais bien la communication, la radio et que j'étais au courant de l'actualité internationale, Pol Pot a fait appel à moi pour que je m'occupe de l'aéroport et de l'accueil des délégations étrangères. J'ai été formé en Chine : la-bas j'ai appris tout ce qui concernait les techniques d'aviation civile.
Au début des Khmer rouges, je ne connaissais pas très bien Pol Pot, mais ensuite il est souvent venu à l'aéroport pour accueillir des délégations amies, c'est là qu'on a fait connaissance. Comme je gérais très bien l'aéroport, que j'étais compétent et que je parlais anglais, Pol Pot m'a demandé de le rejoindre après 1979 pour travailler avec lui.
Qui était-il, vous qui travailliez avec lui quotidiennement ?
Pol Pot était un homme qui parlait surtout de théorie, il était très sûr de lui dans le travail. Il aimait bien montrer qu'il avait lui-même des idées très claires sur le pays, ses propres idées. J'ai été son assistant entre 1980 et 1991. J'ai donc passé onze ans avec un tigre très hargneux, il fallait donc bien connaître ce que ce tigre avait dans le cœur, et son caractère. D'ailleurs en 1980 j'ai bien remarqué comme il a abandonné son attitude de tigre hargneux pour devenir un tigre doux. Il est devenu sage, un homme de sagesse qui a beaucoup réfléchi pour reconstruire les forces Khmers rouges après 1980.
Revenons à la période sombre de l'histoire du Cambodge entre 1975 et 1979 : comment avez-vous vécu cette période, étiez-vous au courant ?
Je ne sais pas grand chose de ce qui s'est passé entre 1975 et 1979 car, à l'époque, je travaillais comme fonctionnaire à l'aéroport de Phnom Penh. J'ai commencé à entendre parler de cela après la défaite de Pol Pot. Mais je pense que tout cela a eu lieu à cause du pouvoir absolu de Pol Pot. J'ai moi-même eu deux ou trois de mes amis qui ont été arrêtés.
Franchement je ne travaillais qu'à la technique, je ne sais rien sur le génocide. Si j'avais quitté mon poste à l'époque, j'aurais été tué. Vous savez, si un homme allait à gauche, à droite, Pol Pot ne l'acceptait pas. J'ai gardé mon travail sinon je ne serais pas resté en vie jusqu'à maintenant. Tout ce que j'ai fait est de manger trois fois par jour.
Entre 1975 et 1979, plus d'un million et demi de Cambodgiens ont été tués par les Khmer rouges : pourquoi avoir continué à fréquenter Pol Pot et pourquoi être devenu son secrétaire particulier ?
Parce qu'entre 1975 et 1979 je n'étais pas au courant de ce génocide et quand j'étais dans le maquis, après la défaite, Pol Pot a lancé un appel à tous les Khmers rouges pour qu'ils se regroupent dans le nord du Cambodge. A ce moment-là, il m'a fait contacter pour que je le rejoigne et pour que je prenne des notes. Si je n'avais pas obéi, il m'aurait tué !
Regrettez-vous aujourd'hui d'avoir pris part au régime Khmer rouge ?
Ecoutez, à l'époque, j'étais un intellectuel, et les intellectuels n'étaient pas autorisés à entrer dans le Parti. Donc il m'a seulement donné le rôle d'un petit secrétaire. Pour répondre à votre question, je regrette d'avoir travaillé pour Pol Pot aussi longtemps car je n'ai rien obtenu en contrepartie.
Aujourd'hui vos amis Khieu Samphan, Ieng Sary, Nuon Chea affirment qu'ils ne regrettent pas ce qu'il s'est passé…
Ces gens-là étaient mes responsables hiérarchiques ; moi, j'étais un homme d'en bas, pas un homme de la direction avec des responsabilités, j'ai seulement noté les choses que Pol Pot a dites. Ces hauts responsables n'étaient pas des vrais communistes, ils étaient des capitalistes, ils avaient des voitures de luxe. Moi je n'avais rien. J'étais simplement un preneur de notes.
Je peux vous donner un exemple. J'ai été en Thaïlande avec Pol Pot, Khieu Samphan, Ieng Sary et Nuon Chea. Ils se sont amusés à la plage avec leur famille et moi je restais calmement dans la voiture à prendre des notes, c'est tout.
La justice est venue chercher Khieu Samphan, Ieng Sary, ou encore Nuon Chea. Ne craignez-vous pas d'être arrêté ou appelé à témoigner ?
Je n'ai aucune crainte, je n'ai pas peur, pas même un seul de mes cheveux n'a peur car je n'ai pas de sang sur les mains ! Je travaillais à l'aviation civile comme je vous l'ai déjà dit ; c'est après, seulement, que je suis devenu le secrétaire de Pol Pot. A ce moment-là, j'ai tout fait pour convaincre Pol Pot de quitter la voie dans laquelle il s'était engagé. Après notre visite en Chine en 1981, Pol Pot a d'ailleurs changé d'attitude et même changé le Parti communiste en y intégrant les intellectuels comme moi. Pol Pot est devenu un homme sage : il n'était plus hargneux comme avant… Je n'ai pas de sang sur les mains, j'ai eu la vie d'un simple secrétaire. Après, vous savez bien ce qu'est la vie d'un petit secrétaire, on ne va pas juger une personne comme cela quand même ! Donc vous n'êtes pas prêt à témoigner aux procès ?
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Non je ne témoignerai pas, ils n'ont pas besoin de moi car je n'étais pas un dirigeant du Parti, je n'ai tué personne, j'étais un petit homme, je déclare que j'ai seulement été un secrétaire de Pol Pot devant une machine a écrire. J'étais un tigre sans dents, un tigre domestique, un tigre sage qui est allé chercher à manger dans la maison d'un autre tigre.
Vous dites que Pol Pot est devenu un homme sage après le génocide. Mais cet homme et son régime laissent derrière eux plus d'un million et demi de morts ?
Ça, c'est derrière lui, c'est de l'histoire passé, je vous dis qu'après il est devenu quelqu'un de bien.
Avec le recul de l'histoire, est-ce que vous reconnaissez que Pol Pot pour qui vous avez travaillé a été un leader sanguinaire ?
Vous connaissez seulement ce Pol Pot-là, alors que moi, je ne l'ai pas vu comme ça ; j'ai vu quelqu'un qui a changé.
Propos recueillis à Pailin avec l'aide de Dina Ross
► Lire aussi tous les articles de Rue89 sur le Cambodge ; ► Le Cambodge prépare le procès de génocidaires septuagénaires ; ► « Anatomie d'un cauchemar », ou comment on devient Pol Pot. Une interview de Phlip Short.



















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De renato100
16H02 | 28/06/2008 |
Et surtout, et surtout savoir qu'après la guerre du Vietnam qui avait tant mobilisé nos élites intellectuelles,cette horreur Cambodgienne se déroula dans un silence assourdissant en France et qu'il fallut un film « la déchirure » pour enfin savoir ce qui s'était réellement passé. Puisse l'affaire Cambodgienne nous éclairer sur le silence actuel sur le Darfour.
De compte supprimé 13
17H03 | 28/06/2008 |
« La machine Khmère rouge - Monti Santesok S-21 »
de Rithy Panh, avec Christine Chaumeau.
Flammarion 2003
livre tiré du doc « S-21 la machine de mort » produit par INA et ARTE.
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 20H44 | 28/06/2008 |
ouai ouai
http://ka-set.info/actualites/khmers-rouges/cambodge-information-ieng-sa…
De bader
Etudiant activiste | 20H47 | 28/06/2008 |
Je remarque avec regret, dans cet article, une tendance que l'on retrouve habituellement dans la presse de droite…
Je lis « lunettes de fonctionnaire communiste », c'est nouveau maintenant il existe des lunettes spécial pour communiste !
Ce que je trouve également étonnant c'est qu'on parle des khmers rouges comme des communistes alors que les vietnamiens qui les ont renversé on n'en pipe pas un mot. N'étaient-ils pas communistes eux également ?
Moi ce que je vois c'est qu'on veut comme d'habitude faire la parallèle entre un mouvement politique dans un autre pays dans un contexte différent avec une réalité sociale français d'aujourd'hui. Comme si Besancenot ou Buffet étaient des Pol Pot en puissance…
Ce qui est sûr c'est que Pol Pot a régné en despote, que l'idéologie des Khmer Rouge est ouvertement maoïste, elle revendique le retour à la Terre et la décroissance… Ça ressemble bien plus à un programme extrémiste écologiste qu'à la lutte des classes quand même…
Ce que je trouve drôle par ailleurs, et qui n'est pas spécifique à Rue89, c'est que lorsqu'on parle des régimes libéraux autoritaires qui ont commis des crimes contre l'Humanité : Chili, Brésil des généraux, USA envers les amérindiens, Indonésie etc. on omet totalement de dire qu'ils sont des LIBÉRAUX et qu'ils ont exterminé des gens au nom de la lutte contre les communistes. Et vous ne me reprocherez pas j'espère de faire la parralèle avec ceux qui aujourd'hui justifie toutes les dérives au nom de la lutte contre l'islamisme.
De yapadebug
21H16 | 28/06/2008 |
En 1979, quand les vietnamiens ont envahi le Cambodge, j'effectuais mon service militaire. On s'est retrouvé en alerte, prêts à partir pour aller défendre les Khmers rouges, parce que les méchants vietnamiens étaient soutenus par les méchants russes soviétiques.
Puis les vietnamiens ont montré des images des camps qu'ils libéraient. L'horreur totale, d'autant plus frappante qu'au même moment la télé française diffusait « holocauste », une série sur la Shoah. Il y avait une similitude, même dans les sortes de pyjamas dont étaient vêtus les victimes squelettiques.
Du coup les occidentaux se sont calmés, ils ont dit qu'ils ne savaient pas ce qui se passait au Cambodge. Ce que je n'ai jamais pu croire, bien sûr. On le savait bien ce qui se passait, le peu de réfugiés qui arrivaient dans les camps en Thaïlande le racontaient. J'en avais moi même rencontré un en 1978, ramené en France car de nationalité française. Cet homme racontait des horreurs.
Alors si moi, petit 1ère classe dans l'armée, je le savais, on ne peut pas croire que ni la France ni les USA ne savaient.
La réalité c'est que les américains avaient favorisé la prise de pouvoir de Pol-Pot, soutenu par Pékin, parce que ca embêtait les russes qui soutenait le Viet-Nam d'oncle Ho. Mais curieusement on ne parle jamais du rôle des américains (et des autres) dans le génocide cambodgien.
à yapadebug
De freedid
07H53 | 29/06/2008 |
Il me semble que les états unis n'ont pas soutenu Pol Pot pour qu'il accède au pouvoir, c'était plutôt même le contraire. Les khmers rouges luttaient contre le régime de Lon Nol, aprés avoir lutté contre Sihanouk, qui entre temps avait retourné sa veste après le coup d'état de 1970.
Le soutien des états unis au régime khmer rouge a été effectif après l'invasion du Cambodge par les vietnamiens fin 1979. Si on cherche un peu des informations sur comment une partie de se soutien s'effectuait, il suffit de savoir que les khmers rouges ont miné une énorme partie de leur territoire avec des mines chinoises achetées par un ong thaïlandaise financée par la Cia. Les instructeurs pour former les khmers rouges étant les SAS anglais de retour des Malouines.
à freedid
De yapadebug
11H07 | 29/06/2008 |
Officiellement les USA n'ont pas soutenu Pol Pot. Officiellement…
Disons que les USA, et les autres, ont fermé les yeux sur le génocide. Par exemple les Khmers rouges ont vidé Pnonh Penh de ses habitants et on voudrait nous faire croire que les USA, avec leurs satellites et leurs avions espions U2, ne savaient rien ? En 1978 l'ONU a voulu lancer une enquête sur ce génocide qui se perpétuait, c'est la preuve qu'on savait, non ?
à yapadebug
De freedid
17H32 | 29/06/2008 |
On peut déjà consulter les archives du Times qui viennent d'être mises en ligne.
http://archive.timesonline.co.uk/tol/archive/
à yapadebug
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 12H14 | 29/06/2008 |
Si je peux me permettre, yapadebug, la presse en son temps s'est fait largement l'écho de l'opération Lon Nol dirigée en sous-main par Henry Kissinger, y compris et peut-être surtout aux USA. Il y a eu des éditos dans le New York Times et une enquête dans le New Yorker. Désolé de ne pouvoir vous citer aucune référence sur le net, car je réponds de mémoire ; on aurait tort de sous-estimer la capacité des journalistes américains de dévoiler le pot aux roses.
à Jaycib
De yapadebug
12H24 | 29/06/2008 |
Je vous crois sur parole. Moi à l'époque j'avais 20 ans et Internet n'existait pas. Donc pas d'accès à la presse américaine. Par contre je n'ai rien vu dans la presse française (mais bon je ne lisais pas assidument tous les journaux non plus). J'avais rencontré en 78 un cambodgien rescapé qui m'avait raconté. J'ai été très choqué à l'époque que des choses pareilles se passent sans qu'on n'en sache rien. Et surtout qu'on laisse faire. Il a quand même fallu que ce soit les communistes vietnamiens qui mettent fin à ça. Quelle honte pour l'occident des droits de l'homme !
à bader
De Louis Crandell
14H33 | 29/06/2008 |
bader a écrit : « Je remarque avec regret, dans cet article, une tendance que l'on retrouve habituellement dans la presse de droite…
Je lis “lunettes de fonctionnaire communiste”, c'est nouveau maintenant il existe des lunettes spécial pour communiste ! »
Depuis 1989 et plus particulièrement depuis 1996 (date du Livre noir du communisme ) il y a une offensive idéologique visant à se servir de n'importe quels événements réel ou supposés, pour se lancer dans une criminalisation du communisme. Et au nom de ça, les promoteurs de cette campagne n'hésitent plus à nous ressortir des arguments provenant directement des thèses fascistes et de l'extrême-droite.
bader a écrit : « Ce que je trouve également étonnant c'est qu'on parle des khmers rouges comme des communistes alors que les vietnamiens qui les ont renversé on n'en pipe pas un mot. N'étaient-ils pas communistes eux également ? »
Le problème aujourd'hui n'est pas de savoir que des horreurs, des massacres ont été commis au Cambodge (Kampuchea), mais de savoir : Par qui ? Comment ? Pourquoi ? Dans quel contexte national et international ?
Un autre aspect est aussi la façon dont l'impérialisme US se lave les mains facilement dans cette histoire, car se focaliser uniquement sur les crimes de Pol Pot, en « oubliant » le rôle des USA au Cambodge et dans la région (bombardements qui ont causés autant de victimes que le régime KR) il y a la volonté d'occulter une partie de l'Histoire, d'autant plus que pour des raisons géostratégiques les USA ont ouvertement à partir de 1978-1979 jouer la carte diplomatique des KR contre le Vietnam et l'URSS. Comme les USA, les Chinois ont aussi soutenu les KR, mais pour des raisons différentes sur le fond.
bader a écrit : « Ce qui est sûr c'est que Pol Pot a régné en despote, que l'idéologie des Khmer Rouge est ouvertement maoïste, elle revendique le retour à la Terre et la décroissance… Ça ressemble bien plus à un programme extrémiste écologiste qu'à la lutte des classes quand même… »
C'est allez un peu vite que de dire « l'idéologie des Khmer Rouge est ouvertement maoïste ». Il y a eu effectivement un soutient de la part d'organisation se réclamant du maoïsme et du marxisme-léninisme en France et c'est l'objet d'un article du journal Partisan n°147 d'avril 2000.
http://membres.lycos.fr/edipro/Dochml/presse/articles/Partisan/dates/200…
Il est évident que la révolution KR fut principalement paysanne, même si la plupart des dirigeants du PCK sont passés en France par les écoles du PCF comme le montre Sacha Sher dans son livre « Le Kampuchéa des “Khmers rouges” : Essai de compréhension d'une tentative de révolution », L'Harmattan, Paris, mars 2004
http://khmersrouges.chez-alice.fr/
au « CHAPITRE 4 - LA RELATION AU MARXISME (1949-1954)
http://big.chez-alice.fr/khmersrouges/ppkr4.html
bader a écrit : “ … Ça ressemble bien plus à un programme extrémiste écologiste qu'à la lutte des classes quand même… ”
C'est assez vrai que idéologiquement certains dirigeants KR furent influencés par les écrits de Jean-Jacques Roussault (comme le montre Sacha Sher dans son livre), mais il est intéressant aussi de noter le soutien sentimental apporté en 1975 aux KR par un rédacteur (Arthur –Henri Montant) du journal écologiste “ La Gueule Ouverte ” n° 53 –mai 1975- “ MAI 75 AU CAMBODGE ‘ http://membres.lycos.fr/edipro/Dochml/presse/articles/epinfos/epi13/go53…
Il faut également signaler :
-une brochure L'INVASION DU CAMBODGE PAR LE VIETNAM histoire – repères ’ sous la signature de Catherine Quiminal aux Editions Potemkine (maison d'éditions de l'UCFML) en 1979.
-Certains éléments de cette brochure furent développés dans le livre ‘ LE KAMPUCHEA – Vietnam Cambodge, guerres et indépendance de Catherine Quiminal aux éditions ANTHROPOS en 1982.
-Un article du groupe pour la fondation de L'UCFML (l'Union des Communistes Marxistes-Léninistes de France) –dont un des principaux dirigeants était Alain Badiou- publié dans une brochure La question nationale aujourd'hui : Cambodge - Iran - Afghanistan - Pologne . Editions Potemkine en mai 1980. Cet article est disponible dans le dossier publié en 2000 par EP-Infos n°13 Dossier : Cambodge/Kampuchéa
-De la libération à la tragédie ’
http://membres.lycos.fr/edipro/Dochml/presse/articles/epinfos/epi13/kamp…
De jabier
consultant dans les Landes | 23H23 | 28/06/2008 |
Horrible c'était horrible, génocidaire. L'extermination physique de son propre peuple pour de fumeuses raisons idéologiques. Engendrées par un fou sanglant qui à eu l'énergie d'entraîner derrière lui une masse d'irresponsables suivistes mal informés détenant les armes. Pour contraindre la masse du peuple Khmer sous leur joug, terrifiés, contraints, fouettés, battus, abattus, exécutés, massacrés, exterminés sur tout le territoire Cambodgien.
Moi m'sieur j'i sui pour rien m'sieur, j'ai rien vu rien entendu m'sieur. C'est m'sieur Pol Pot ka tout fait. C'est pas moi m'sieur le génocide. J'étais fonctionnaire exécutant aux avions C'est pas moi m'sieur
Communiste ! Ah oui, mais se sont les Vietnamien communistes qui nous ont écrasé par la suite
De johnGalt
libre penseur | 06H25 | 29/06/2008 |
Je suis tres surpris par les commentaires de renato100 et yapadebug qui disent que les media francais ont passe sous silence le genocide cambodgien.
J'ai vu un documentaire sur Noam Chomski (« Manufacturing consent »). Chomski affirme que les atrocites au Cambodge sous Pol Pot ont eu une couverture mediatique tres importante aux Etats-Unis. Il a fait une comparaison entre l'espace mediatique consacre au genocide cambodgien et celui consacre au genocide de l'East Timor, les 2 etant contemporains. Il a montre que les media Americains parlaient beaucoup des atrocites au Cambodge parce que c'etait un pays communiste alors que le genocide au Timor etait passe sous silence parce que perpetre par un pays ami (Indonesie).
Serait-il possible qu'a l'epoque (1975-1979) il y ait eu une difference aussi enorme entre media Americains et Francais ? Ce serait impensable aujourd'hui a l'heure de l'Internet.
à johnGalt
De yapadebug
07H19 | 29/06/2008 |
La couverture médiatique est venue après 1979, après que les vietnamiens aient chassé les Khmers rouges.
Avant rien.
Quand les vietnamiens ont envahi le Cambodge, les Chinois, alliés de Pol Pot ont fait les gros yeux au Viet-Nam. Du coup les russes ont fait les gros yeux à la Chine. Et comme à l'époque l'ennemi désigné de l'Occident était l'URSS, les américains et leurs alliés se sont rangés du coté des khmers rouges.
A tel point que mon unité militaire a été mise en alerte, on a même reçu le matériel pour partir repousser les vietnamiens. Moi j'étais appelé, je ne serai peut-être pas parti, mais les engagés oui. On est resté en alerte 2 ou 3 jours, il me semble. Jusqu'à ce que les vietnamiens montrent des images des camps de la mort khmers rouges. Là l'opinion publique a basculé, et tout a changé.
Mais on ne me fera pas croire que les occidentaux ignoraient ce qui se passait au Cambodge. Ils ont laissé faire pour des considérations stratégiques, tout simplement. En d'autres termes, on les a laissé crever parce qu'un pays soutenu par les chinois dans cette région, ça embêtait les russes. Et ça personne n'en a jamais parlé, ni ici ni aux USA.
à yapadebug
De Louis Crandell
14H42 | 29/06/2008 |
Faux, la couverture médiatique date de 1975 dés la prise du pouvoir par les KR.
Lire le chapitre « Quand la “ presse ‘ se déchaîne’ du Dossier EP-I n° 13
http://membres.lycos.fr/edipro/Dochml/presse/articles/epinfos/epi13/kamp…
à johnGalt
De freedid
08H34 | 29/06/2008 |
Je crois que les écrits du pére François Ponchaud dans La croix ainsi que son bouquin Cambodge année zéro en 1978 ont été les premiers écrits non partisans sur la situation au Cambodge.
De Adibou
07H02 | 29/06/2008 |
Le mec passe son temps à se contredire c'est (abo)minable..
« Je n'étais pas au courant […] » mais « Si j'avais bougé, il m'aurait tué »…
Ca fait froid dans le dos. On voit bien que cet homme ment comme il respire…
De otto didakt
citoyen en colère | 09H31 | 29/06/2008 |
j'ai été complice à l'insu de mon plein gré !
responsable mais pas coupable !
si mey mak est jugé un jour, je suis sur qu'on entendra toutes les déclinaisons de ces belles formules !
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 13H10 | 30/06/2008 |
Vieux comme le monde (moderne) ! Souvenons-nous du procès de Nuremberg, du procès Eichmann en Israël, ou même de la série ( ? ) Shoah de Claude Lanzmann. C'est toujours pareil : « j'ai obéi aux ordres », « je ne savais pas », « oui, on les connaissait, ces juifs, mais on ne s'est pas étonné de leur disparition », etc. Pitoyable !
A noter cependant que cette ligne de défense continue de faire recette. En France, sur la question de la contamination des polytransfusés par le virus du sida (affaire dite de Georgina Dufois, « responsable mais pas coupable », qui aurait dû en fait être l'affaire des médecins prescripteurs -- depuis quand sont-ils autorisés à ignorer ce que dit la presse scientifique spécialisée ? Guillemette est bien allée chercher, pour nous, simples citoyens, des articles scientifiques sur la question de l'homosexualité hier encore ! ), ou pire, sur l'amiante (alors que les méfaits de l'amiante étaient dénoncés publiquement depuis 15 ans aux USA ! ).
La ligne de défense de l'ex-secrétaire de Pol Pot, c'est qu'il n'était qu'un intellectuel ! En France, on n'était « que » médecin prescripteur de produits contaminés ou « ignorant » de ce que l'on savait sur l'amiante dans le reste du monde.
Il n'y a pas une si grande distance entre le comportement moutonnier de certains aujourd'hui et l'abdication de toute responsabilité devant des crimes abominables à l'échelle d'un pays ou d'un continent hier. Interdire le basculement dans toute pratique indigne est l'affaire de tous. Quiconque a vécu la politique du silence sur la torture en Algérie, par exemple, en a fait l'amère et néanmoins fulgurante expérience.