Avancée technologique révolutionnaire ou « torture » ? L'implant cochléaire suscite des craintes chez certaines personnes sourdes.

C'est un internaute qui nous a posé la question, en nous livrant son témoignage :
« Je suis devenu sourd profond bilatéral : une chute dans un escalier et trois semaines de coma en 2003. Je suis un miraculé. J'ai été implanté à Clermont-Ferrand avec un implant cochléaire et ça marche. Ma démarche est de savoir pourquoi les associations du langage des signes montrent autant de ferveur contre cette avancée technologique qui va révolutionner le domaine dans les dix ans à venir. »
Le débat n'est hélas pas nouveau. Dès 1993, des tracts circulent, très violents :
« La France ferme les yeux devant cette pratique de torture légale. »
« Stop à la vivisection humaine ! “
‘Les implants œuvrent pour la purification ethnique.’
Comment cette intervention médicale peut-elle être vécue comme une avancée technologique révolutionnaire par les uns, et comme une pratique de torture par les autres ? Le débat sur l'implant cochléaire est très sensible et semble soulever des traumatismes plus profonds. Evoquer cet implant va bien au-delà de l'acte médical strict car cela touche à la perception même de la surdité et sa place dans la société.
Mais qu'est-ce qu'un implant cochléaire ? En quoi est-il différent d'une simple prothèse auditive ?

Explication par le docteur Claude Fugain, qui implante des sourds de naissance ou des devenus sourds, depuis 1975 :
Si l'implant cochléaire fait débat, c'est qu'il est souvent installé chez des enfants très jeunes, de moins de cinq ans. ‘Opération forcée sans libre-arbitre’ diront les uns, ‘nécessité médicale’ répondront les autres. Chez les personnes devenues sourdes à la suite d'un accident, le débat n'existe pas : quelqu'un qui a perdu l'ouïe souhaite la retrouver, et ne considèrera jamais l'implant comme un ennemi. D'autant que le processus d'adaptation est plus facile :
L'implant perçu comme une menace
Support idéal, le Net est le lieu privilégié des discussions autour de l'implant cochléaire. Partout, des forums ou des sites fleurissent, livrant des témoignages et des réactions à fleur de peau, où l'émotion est omniprésente.
Ainsi le site consacré à la petite Mathilde, implantée toute jeune, montre une vidéo de la première fois qu'elle entend. Le site du Centre d'information sur la surdité et l'implant cochléaire regorge également de témoignages, comme celui de Stéphane qui a perdu peu à peu l'ouïe avant d'être implanté à 35 ans, ou celui de Mèryam, implantée à 11 ans.
Tous montrent les difficultés d'une telle opération et les joies qui en découlent. On trouve, enfin, ce très beau débat, suite à la question sur l'implant d'une maman désemparée.
A l'inverse, les forums dénonçant l'implant sont également très présents : sur ce forum d'Aufeminin.com, on trouve des posts intitulés : ‘Je suis contre l'implant cochléaire’, ‘Implant grrr ! De même, sur un site algérien annonçant des poses d'implants, presque toutes les réactions évoquent le danger’ de l'appareil, l'absence de ‘respect éthique’, la position de ‘cobaye’ des enfants. Sur Sourds.net, on trouve ce forum : ‘Pour ceux qui sont contre les implants, aidez-moi.’
Manque d'information ? Pour certains sans doute, qui pensent que l'implant est installé dans le cerveau et qu'il est douloureux. Peur ? Très certainement. Peur de voir la communauté sourde diminuer et disparaître, et avec elle la langue des signes. L'implant est alors perçu comme une menace. Mais surtout, c'est la perception du sourd qui est en cause. Il est clairement désigné comme handicapé.
L'appartenance à une communauté très spéciale
En effet, une phrase revient très souvent dans les témoignages de sourds congénitaux opposés à ce type d'implants, qu'ils voient comme une volonté de ‘réparer la surdité, comme si c'était une maladie’. Ainsi une lettre de 2007 adressée aux médias explique :
‘Nous rappelons que la surdité n'est pas une maladie et que les personnes sourdes ne sont pas des cobayes.’
Une autre phrase est très présente dans les mêmes types de texte :
‘Ce n'est pas nous qui sommes handicapés. C'est la société qui nous handicape.’
Et d'évoquer la ‘culture des sourds’, si belle et si riche. Car pour ceux qui n'ont jamais entendu, encore plus dans les familles où l'on est sourd de génération en génération, la surdité est souvent vécue comme l'appartenance à une communauté très spéciale.
Devenir un sourd qui entend
Pour autant, acquérir un implant signifie-t-il forcément tourner le dos à la communauté sourde ? Non, affirme Claude Fugain, pour qui, au contraire, un sourd trouve là le moyen de rejoindre le monde des entendants. Il reste sourd mais il entend également. Et vit dans les deux mondes.
Encore faut-il que la langue des signes soit davantage enseignée. Ou plutôt que l'enseignement soit davantage dispensé en langue des signes. C'est la revendication de cinq sourds qui ont observé une grève de la faim de quelques jours au début du mois. Chez les sourds, le taux d'illettrisme frôle les 90%.





















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à marabbeh
De birde
( ) | 16H04 | 27/06/2008 |
Il existe une alternative : la langue française parlée complétée « LPC »,qui permet grâce à l'apprentissage du codage, de comrpendre la langue française. La langue des signes prend diverses formes et les entendants ne la connaissent pas forcément. La LPC est un moyen de s'intégrer à la société et ne plus être tenu à l'écart comme une personne handicapée et inadaptée.
à birde
De Gudule
18H18 | 27/06/2008 |
Le LPC est un code et non une langue.
L'apprentissage en est complexe pour l'enfant sourd qui ne le comprend pas immédiatement. Contrairement à la LSF qui est immédiate et directe.
à marabbeh
De Thi0u
Etudiant en Statistiques et Traitem... | 17H34 | 27/06/2008 |
Le communotarisme c'est dangereux..
à Thi0u
De Lamer
Sourd de chez Sourd | 22H11 | 28/06/2008 |
En quoi le communAUtarisme chez le Sourd est il dangereux ?
Vous avez eu des problèmes avec les Sourds en particulier ?
De Phil2922
Retraite invalidité | 14H34 | 27/06/2008 |
c'est Chirac qui va être content… ! !
http://phil195829.overblog.com
De Eusèbe
14H40 | 27/06/2008 |
Le problème est que l'implantation paraît plus facile que l'apprentissage d'un nouveau langage (du point de vue des non-sourds). Je suis pourtant d'accord, la langue des ignes est une belle langue. Malheureusement, beaucoup de non-sourds ne s'y intéressent guère… De là à l'apprendre, le chemin est beaucoup plus long que celui qui mène à l'implantation. Beaucoup préfèrent les raccourcis, même sans les connaîtrent enièrement…
à Eusèbe
De Tyb
(par ici, par là) | 14H51 | 27/06/2008 |
mouais… enfin rien n'empêche un sourd de se faire implanter, juste pour entendre, et de continuer à parler la langue des signes que je sache…
et de là à dire que « la surdité n'est pas une maladie » ou un handicap là je dois avouer que j'en reste abasourdi.
maintenant le thème identitaire reste surprenant et assez intéressant dans ce contexte, c'est vrai que pour un non-sourd, c'est peu évident mais la surdité associé au langage des signes constitue sans doute une identité forte.
bon, c'est tout de même une sacrée révolution technologique, d'ailleurs j'aimerais bien savoir où en est la recherche pour le même système concernant la vue, il y a 4 - 5 ans certains aveugles arrivaient à voir des lettres avec des électrodes implantées dans le cerveau est ce que tout ça a évolué depuis ?
à Tyb
De Tyb
(par ici, par là) | 15H12 | 27/06/2008 |
Réponse à moi-même : ça avance !
http://www.prnewswire.co.uk/cgi/news/release ? id=86684
http://www.lefigaro.fr/sciences/2008/01/03/01008-20080103ARTFIG00578-l-e…
http://www.switzerland.com/fr.cfm/suisse/science/offer-Science-Universit…
à Eusèbe
De Lamer
Sourd de chez Sourd | 21H50 | 27/06/2008 |
La LSF est une belle langue oui merci.
Mais c'est avant tout une langue tout court.
Des gens viennent s'initier à l'apprentissage parce que c'est beau….
Seulement pour ça ?
Pourquoi pas ?
Mais c'est pour eux mêmes.
à Lamer
De pikasso02
09H34 | 28/06/2008 |
Le problème des médias, c'est qu'ils ne peuvent apporter des idées nouvelles qui produisent des ondes de choc chez les entendants. Renseignez-vous autour de vous, auprès de personnes qui font notre histoire, des gens de théâtre, des littéraires, ceux qui parlent et considèrent la parole comme venant de « Dieu ». (« Le verbe s'est fait chair ».), vous serez surpris de les entendre vous dire que la langue des signes n'est pas un langage. Pour eux le langage ne peut passer que par la parole, par le son. La pensée ne peut naître que de la parole. Pour eux, la LSF (Langue des signes française)est un métalangage. Comme si la LSF provenait des mots. Les sourds pensent par signes, comme les dessinateurs et les peintres gestuels. Le signe gestuel est en relation directe avec le cerveau ! Tant que dans les médias, la LSF ne sera pas reconnue comme langage à part entière, vous pourrez continuer ce genre de discussion sur Rue89 ou ailleurs, ça ne servira à rien. A RIEN ! Ce n'est pas parce que l'Abbé de l'Epée parlait, que l'éducation, pardon ! l'intérêt qu'il porta à deux sourdes, aurait influencé la langue des signes des fillettes sourdes. Quand osera-ton dire à ces gens qui prennent la LSF comme un substitut du langage oral, qu'ils se trompent. La communication par signes avec un sourd ou un oralisant initié comme moi à la LSF, est une véritable communication. Nous nous disons tout. Avec les mots, la communication est différente. Moins vraie pour moi. Peut-être parce que les sens physiques ne sont plus là à l'action. La vie est courte pour l'homme. Pour la LSF qui est à sa naissance, elle vivra longtemps. Bonjour à l'académie de la LSF.
à pikasso02
De pikasso02
09H44 | 28/06/2008 |
La thèse que j'ai menée sur les peintres et Picasso est directement rattachée à la langue des signes. La langue des signes m'a permis de comprendre certaines données, non visibles sans la pratique du geste. Si vous souhaitez en savoir plus
http://pikasso02.skyrock.com/
à Eusèbe
De Gudule
21H10 | 28/06/2008 |
Effectivement cela demande des efforts de la part des parents. L'implant est supporté uniquement par la personne sourde. En gros on demande à des personnes que l'on tient à considérer comme handicapées de remédier elles-mêmes à cela sans que ça nous bouscule trop.
De Vincent.Guillot
15H07 | 27/06/2008 |
Bonjour à touTEs,
Dans mes cours, mes intervention publiques au sujet des personnes nées dans un corps qui n'est ni mâle ni femelle (intersexes), je cite toujours la culture des sourds et le débat (déjà ancien) sur les implants cochléaires. Bien sûr, dans le cas d'un devenant sourd, quelque soit son choix, il n'y a pas de questionnement à avoir. Par contre, tant dans le cas de l'assignation hormono médicale des intersexes (fabrication d'un pseudo vagin dans la petite enfance quelque soit le devenir du corps et/ ou de l'identité sexuelle) ou dans les cas surdité, il se pose un questionnement éthique. La loi sur le consentement éclairé du malade (dite loi Kouchner 2000) prévoit pour les enfants le consentement éclairé des adultes ayant l « enfant à charge (parent ou tuteurs). Or qu'en est-il d'un choix par des tiers qui engage l'enfant pour sa vie durant ? Le fait est que bien souvent il s'agit d'une loterie qui impliquera parfois un mal être à vie en plus des traumatismes liés à la médicalisation d'un corps sain. Ces deux pratiques sont en fait uniques dans notre société moderne puisqu'il s'agit non pas d'urgences médicales mais bel et bien d'urgences sociales. Ces enfants sont en fait normalisés pour être conforme à la société (deux et deux sexes seulement) ou parce que nous sommes dans l'incapacité d'intégrer les différences au quotidien (LSF dès la maternelle pour tous par exemple). Travaillant au quotidien avec des médecins, des chercheurs, des étudiants, je constate qu'il est extrêmement difficile de faire entendre que tant l'intersexualité que la surdité ne sont pas des pathologies, mais bien des variantes normales de la vie et que l'on peut se construire solidement et être épanoui en étant différent, alors que l'hyper médicalisation de nos corps ne permet de se construire que sur un étayage bancale, se construire en tant que handicapé, que sous humain, comme si il nous manquait quelque chose alors qu'il n'en est rien. En effet nous vous semblerons diminuéEs mais du fait de notre différence, lorsqu'elle est vécue comme une richesse (ce que la médecine entrave la plupart du temps en nous considérant comme des sujets médicalisable), nous développeront d'autres qualités, notre propre culture. C'est à ce titre (et non au sens du communautarisme nord américain) que nous parlons de culture des sourds ou d'identité intersexe.
Il est symptomatique que cet article traitant des sourds donne la parole aux médecins comme si les sourds n'étaient pas en capacité de parler d'eux même, démontrant par la forme même de l'article qu'ils ne sont pas considéré comme entendable, comme adultes, confinés à perpétuité dans un statut de mineur (ou majeur incapable).
Cordialement.
à Vincent.Guillot
De Albedo
16H58 | 28/06/2008 |
Le parallèle ne m'apparait pas correct. Dans le cas de personnes intersexes on peut ne pas intervenir et les choix (faits alors par la personne elle-même et non ses parents) restent possibles par la suite. Dans le cas d'un bébé sourd congénital, afin de laisser le choix il faut justement intervenir, après il est trop tard.
à Albedo
De Gudule
11H29 | 30/06/2008 |
Albedo, la plupart de vos interventions portent à croire qu'il faut attendre de la charrue qu'elle tire les boeufs.
Désolée, mais ça ne marche pas.
De mugitusqueboum
étudiante en tout | 15H13 | 27/06/2008 |
Bonjour,
Je suis sourde sévère-profonde, résistant pour l'instant aux avances de l'implant. Je suis oraliste (c'est à dire je parle et ma langue maternelle est le français), et je ne fais pas la langue des signes.
Dans ce débat ce n'est pas noir et blanc.
Les réactions virulentes (à différentes échelles) de certains sourds signants sont parfaitement logiques. Ils utilisent la langue des signes et non pas le français. Pour eux oraliser n'a pas de sens. Donc à quoi cela sert d'entendre ? Mais cela implique qu'ils communiquent avec leurs pairs qui signent eux aussi. Donc un sourd d'implanté de plus leur fait penser que cela fera un sourd signant de moins.
Mais je pense que cette peur est irraisonnnée. Implanté ou pas, appareillé ou pas, on reste sourd, et ce n'est pas parce qu'on prend la voie de l'oralisme que l'on ne va pas signer. Je le redis, ce n'est pas noir/ blanc. Les sourds oralistes ont eux aussi des questionnement identitaires, et ils n'est pas rare qu'ils apprennent la langue des signes, que ça soit pour communiquer avec les sourds signants, pour se donner une image plus forte de la surdité, etc.
Car la surdité est un handicap qui ne se voit pas, qui se voit d'autant moins qu'on oralise (puisqu'on utilise la même langue que les entendants).
Je pense que l'implant ne doit pas être appliqué à tous les nourrissons sourds. C'est là la dérive sur laquelle il faut s'inquiéter et agir. Mais si on implante aussi jeune, c'est pour que l'enfant puisse acquérir la langue française. Car l'apprentissage de la langue est un processus intégré à une période spécifique du développement de l'enfant.
Et aussi…je félicite la journaliste d'avoir porté un regard précis sur ce débat complexe, mais je ne félicite pas certains auteurs de commentaires qui ont fait complètement l'inverse…quand on ne vit pas quelque chose, on ne peut pas savoir ce que c'est, donc c'est avec prudence qu'il faut avancer ses idées… (mode « moralisation = off »).
à bon entendeur salut !
anne-laure W.
à mugitusqueboum
De Gudule
18H24 | 27/06/2008 |
je suis d'accord, on ne doit pas implanter aussi jeune, un enfant peut choisir plus tard, quand il est en âge de comprendre.
Par ailleurs, la LSF n'est aucunement n frein à l'apprentissage du français, bien au contraire.
Tous les linguistes s'accordent à dire que pour acquérir une langue seconde, une première (maternelle ou naturelle) est indispensable.
Or, les implants n'étant pas toujours efficace (on ne nous montre que l'élite en exemple), c'est prendre un pari pour le moins risqué quant à l'acquisition du langage.
Pour un enfant né sourd profond, un implant n'est pas la première solution à envisager. Et c'est aussi nier sa réalité de sourd, parce que quand il dort, hein, il l'a pas sur la tête. Ni sous la douche, à la plage…
à mugitusqueboum
De Pierrrrre
18H30 | 27/06/2008 |
»…. Mais si on implante aussi jeune, c'est pour que l'enfant puisse acquérir la langue française…. »
==>il n'y a pas que cela,
L'intelligence de l'enfant se construit par des liens qu'il va pouvoir tisser entre évènements venant de sources différentes :
Le mouvementdu visage, des lèvres, et la parole qu'il entend.
La chaise qu'il voit bouger, et la chaise qu'il entend.
Sophie la girafe qui couine quand on l'étrangle,
Il me semble qu'un enfant sourd doit être coupé de cette possibilité d'établir des liens :
Parmi les 5 sens, la vue et l'ouïe apparaissent essentiels, même pour appréhender les 3 autres sens.. je vois ce que je touche, ce que je goutte, ce que je sens , mais aussi surtout j'entends ce que je vois.
Ce qui m'amène à pouvoir deviner, voir, quelque chose que j'ai simplement entendue, sans la voir de mes yeux.
Permettre à l'enfant de ne pas passer à coté de cette construction intellectuelle m'apparait salutaire.
Mais probablement l'enfant sourd passe-t-il par d'autres mécanismes compensateurs ?
à mugitusqueboum
De Emma Indoril
Nérévarine | 20H11 | 27/06/2008 |
Concernant l'implantation des nourrissons, il conviendrait (peut être) de se mettre à la place de parents entendant donnant naissance à un enfant sourd…
Pour avoir vécu cela dans mon entourage, je peux avouer que ce n'est pas une mince affaire.
Bien sur, il y a des possibilités autres que l'implant, et effectivement, l'apprentissage de la Langue des signes en est une… Mais mettez vous a la place de parents, et surtout ne les blâmez pas. Comme le dit Mugitusqueboum, ce n'est pas noir/blanc, et les parents souffrent aussi, de culpabilité.
De mugitusqueboum
étudiante en tout | 15H26 | 27/06/2008 |
Pourquoi vouloir imposer aux français d'apprendre la Langue des Signes ? Et pourquoi les entendants auraient-ils envie d'apprendre une langue d'une minorité ? il serait alors plus intelligent et efficace qu'on apprenne l'arabe (la langue la plus parlée en France après le français).
à mugitusqueboum
De Pierrrrre
18H36 | 27/06/2008 |
…ce sera la mort du signe… tout blanc entre étang bleu et soleil rouge de colère.
à mugitusqueboum
De Emma Indoril
Nérévarine | 20H17 | 27/06/2008 |
Et pourquoi nous impose t'ont l'anglais en LV1 dans une majorité de collèges et lycées ?
La Langue des Signes me parait tout aussi utile, ne serait ce que parc qu'elle fait comprendre qu'il y a un autre monde à coté du notre.
Peut être sa généralisation permettrait au sourds de ne plus être considérés comme des handicapés par les entendants ?
à Emma Indoril
De Gudule
20H36 | 27/06/2008 |
L'handicap des sourds porte sur le fait de ne pas entendre pas sur leurs capacités de communication.
La LSF en est une preuve flagrante.
Sa généralisation permettrait aux entenadnts de considérer la LSF pour ce qu'elle est, à savoir une langue. Et une langue n'est pas un handicap.
Merci pour ton post Emma
à mugitusqueboum
De Lamer
Sourd de chez Sourd | 21H54 | 27/06/2008 |
Euh, imposer notre LSF ?
Ce n'est pas mon impression.
Nous demandons juste de nous laisser vivre notre vie de Sourd avec notre identité et notre langue.
De ron-ron
15H35 | 27/06/2008 |
Etrangement, cet article semble partir du postulat que les personnes implantées se mettent miraculeusement à entendre comme « vous et moi ». Postulat qui reste encore malheureusement à prouver. La « torture » est un argument que je n'avait encore jamais entendu contre l'implant.
J'ai entendu dire que ça ne marchait pas. C'est une opération irréversible, qui détruit à vie le système auditif pour le remplacer - autrement dit, si dans 10 ans, on trouve un système meilleur que celui-ci, les sourds implantés ne pourront jamais en profiter. La torture que ça implique … C'est une opération (lourde) comme une autre, et je doute que ce soit l'argument majeur du « lobby » anti-implant.
Par ailleurs … Je ne suis pas sourd, moins encore implanté, je ne signe pas, rien. Mais j'ai quelques contacts parmi la communauté sourde. Et il semble que l'implant soit très très loin d'être aussi miraculeux que ce que cet article laisse croire.
Par exemple, j'ai assisté à des tests où on faisait écouter à des personnes sourdes implantées des enregistrement de bruit de la vie de tout les jours (voiture qui démarre, qui roule, pluie, …). Les résultats étaient tout sauf convainquant.
à ron-ron
De Tyb
(par ici, par là) | 17H41 | 27/06/2008 |
euh….. oui pour un sourd de naissance ça me semble assez logique qu'il ne soit pas instantanément capable de reconnaitre des bruits de la vie de tous les jours ni même réussir facilement à isoler une conversation du bruit de fond par exemple…
Maintenant je veux bien croire que la qualité sonore de cet appareil ne soit pas forcément optimal, ça me semble plus un moyen basique d'entendre un petit peu
Ne serait qu'au niveau « construction » du cerveau, la faculté d'entendre correctement les sons et de les « partitionner » se construit sans doute dans la petite enfance, ou cette période doit surement être décisive en tout cas
à Tyb
De Gudule
20H54 | 27/06/2008 |
Un sourd de naissance ne SAIT PAS ce que c'est d'entendre. Il s'en fout, ça ne lui manque pas.
On voit les enfants sourds comme des oreilles géantes et on oublie ce qu'ils sont : des enfants. Gâchis.
à Gudule
De Albedo
17H09 | 28/06/2008 |
C'est un peu comme dire que quelqu'un qui n'a jamais connu qu'une famille violente et hostile ne peut pas ressentir le manque d'une famille aimante…
On peut tourner le problème dans tous les sens, quels que soient les stratégies individuelles des sourds pour positiver ex post leur situation (stratégies naturelles et bénéfiques pour eux mêmes), la surdité est un handicap. C'est une restriction majeure de ce que l'environnement, physique et social, a à offrir à l'être humain. C'est un drame. Il est heureux que beaucoup de sourds ne le vivent pas comme ça, compensent ce vide en surinvestissant d'autres domaines, mais ça ne peut jamais être un argument pour imposer cet handicap là où il peut être évité.
à Albedo
De Gudule
11H31 | 30/06/2008 |
La principale erreur porte sur le fait que l'implant, la Technique, permet d'effacer la surdité.
C'est une erreur grossière. Un sourd reste sourd, le sera à jamais malgré l'implant.
Les jambes et bras coupés ne repoussent pas. Pareil pour l'oreille interne.
Un sourd de naissance utilisant sa langue n'a pas de vide à compenser, c'est la deuxième erreur. Il suffit d'en cotoyer pour s'en rendre compte.
Qu'il ait une langue riche ou pauvre, un sourd reste sourd. Il vaut mieux donc une langue riche. La LSF est accessible sans technique, naturellement, son acquisition est forcément réussie. Elle n'est pas un frein, ça c'est du fantasme devant ce qui est différent. L'implant ne fonctionnant pas toujours hypothèque la réussite de l'acquisition du langage via une langue.
Le drame est là.
à Tyb
De elonia
un peu partout | 23H47 | 27/06/2008 |
Expliquez-moi donc pourquoi parle-t-on d'éveil du nourrisson au langage grâce aux signes ? On le voit dans les émissions, comme Les Maternelles à la TV. Les bébés, sourds ou entendants, abordent le monde qui les entoure d'abord par leurs yeux que par leurs oreilles ! Ainsi les gestes des mains ont plus de sens pour eux que la parole… ainsi un éveil précoce est possible avec la LSF, pour la « construction du cerveau » comme tu dis. Entre entendre des bruits qui n'auront pas de sens pour lui, et recevoir un message gestuel intelligible, le choix est vite fait pour certains. Hélas, pas pour tous…
N'est-ce pas une preuve évidente de l'importance décisive de la LSF dans cette période de la vie de l'enfant ?