Explicateur

Implants chez les sourds : quand va-t-on s'entendre ?

Avancée technologique révolutionnaire ou « torture » ? L'implant cochléaire suscite des craintes chez certaines personnes sourdes.

Un enfant avec un implant cochléaire (Claudia Daut/Reuters).

C'est un internaute qui nous a posé la question, en nous livrant son témoignage :

« Je suis devenu sourd profond bilatéral : une chute dans un escalier et trois semaines de coma en 2003. Je suis un miraculé. J'ai été implanté à Clermont-Ferrand avec un implant cochléaire et ça marche. Ma démarche est de savoir pourquoi les associations du langage des signes montrent autant de ferveur contre cette avancée technologique qui va révolutionner le domaine dans les dix ans à venir. »

Le débat n'est hélas pas nouveau. Dès 1993, des tracts circulent, très violents :

« La France ferme les yeux devant cette pratique de torture légale. »
« Stop à la vivisection humaine ! “
‘Les implants œuvrent pour la purification ethnique.’

Comment cette intervention médicale peut-elle être vécue comme une avancée technologique révolutionnaire par les uns, et comme une pratique de torture par les autres ? Le débat sur l'implant cochléaire est très sensible et semble soulever des traumatismes plus profonds. Evoquer cet implant va bien au-delà de l'acte médical strict car cela touche à la perception même de la surdité et sa place dans la société.

Mais qu'est-ce qu'un implant cochléaire ? En quoi est-il différent d'une simple prothèse auditive ?

Schéma de l'implant dans l'oreille/Cisic

Explication par le docteur Claude Fugain, qui implante des sourds de naissance ou des devenus sourds, depuis 1975 :


Si l'implant cochléaire fait débat, c'est qu'il est souvent installé chez des enfants très jeunes, de moins de cinq ans. ‘Opération forcée sans libre-arbitre’ diront les uns, ‘nécessité médicale’ répondront les autres. Chez les personnes devenues sourdes à la suite d'un accident, le débat n'existe pas : quelqu'un qui a perdu l'ouïe souhaite la retrouver, et ne considèrera jamais l'implant comme un ennemi. D'autant que le processus d'adaptation est plus facile :


L'implant perçu comme une menace

Support idéal, le Net est le lieu privilégié des discussions autour de l'implant cochléaire. Partout, des forums ou des sites fleurissent, livrant des témoignages et des réactions à fleur de peau, où l'émotion est omniprésente.

Ainsi le site consacré à la petite Mathilde, implantée toute jeune, montre une vidéo de la première fois qu'elle entend. Le site du Centre d'information sur la surdité et l'implant cochléaire regorge également de témoignages, comme celui de Stéphane qui a perdu peu à peu l'ouïe avant d'être implanté à 35 ans, ou celui de Mèryam, implantée à 11 ans.

Tous montrent les difficultés d'une telle opération et les joies qui en découlent. On trouve, enfin, ce très beau débat, suite à la question sur l'implant d'une maman désemparée.

A l'inverse, les forums dénonçant l'implant sont également très présents : sur ce forum d'Aufeminin.com, on trouve des posts intitulés : ‘Je suis contre l'implant cochléaire’, ‘Implant grrr ! De même, sur un site algérien annonçant des poses d'implants, presque toutes les réactions évoquent le danger’ de l'appareil, l'absence de ‘respect éthique’, la position de ‘cobaye’ des enfants. Sur Sourds.net, on trouve ce forum : ‘Pour ceux qui sont contre les implants, aidez-moi.’

Manque d'information ? Pour certains sans doute, qui pensent que l'implant est installé dans le cerveau et qu'il est douloureux. Peur ? Très certainement. Peur de voir la communauté sourde diminuer et disparaître, et avec elle la langue des signes. L'implant est alors perçu comme une menace. Mais surtout, c'est la perception du sourd qui est en cause. Il est clairement désigné comme handicapé.

L'appartenance à une communauté très spéciale

En effet, une phrase revient très souvent dans les témoignages de sourds congénitaux opposés à ce type d'implants, qu'ils voient comme une volonté de ‘réparer la surdité, comme si c'était une maladie’. Ainsi une lettre de 2007 adressée aux médias explique :

‘Nous rappelons que la surdité n'est pas une maladie et que les personnes sourdes ne sont pas des cobayes.’

Une autre phrase est très présente dans les mêmes types de texte :

‘Ce n'est pas nous qui sommes handicapés. C'est la société qui nous handicape.’

Et d'évoquer la ‘culture des sourds’, si belle et si riche. Car pour ceux qui n'ont jamais entendu, encore plus dans les familles où l'on est sourd de génération en génération, la surdité est souvent vécue comme l'appartenance à une communauté très spéciale.

Devenir un sourd qui entend

Pour autant, acquérir un implant signifie-t-il forcément tourner le dos à la communauté sourde ? Non, affirme Claude Fugain, pour qui, au contraire, un sourd trouve là le moyen de rejoindre le monde des entendants. Il reste sourd mais il entend également. Et vit dans les deux mondes.


Encore faut-il que la langue des signes soit davantage enseignée. Ou plutôt que l'enseignement soit davantage dispensé en langue des signes. C'est la revendication de cinq sourds qui ont observé une grève de la faim de quelques jours au début du mois. Chez les sourds, le taux d'illettrisme frôle les 90%.

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Portrait de Eusèbe

De Eusèbe

14H00 | 27/06/2008 | Permalien

Du moment que chaque individu (ou chaque famille) reste libre de son choix, nous ne pouvons que respecter l'avis de chacun.

Portrait de ART MONIKA

à Eusèbe Portrait de Eusèbe De ART MONIKA

12H23 | 28/06/2008 | Permalien

Bel article, tout en nuances, comme la plupart des commentaires.

Il faut rappeler l'histoire du langage signé, qui a longtemps été interdit en France, car on obligeait les sourds à oraliser, alors qu'ils ne s'entendaient pas eux-mêmes. Ceux qui ont subi ces traitements « normalisants » très contraignants refusent aujourd'hui tout ce qui assimile surdité à handicap. Certains souhaitent même avoir des enfants sourds plutôt qu'entendants.

Pourtant, l'absence ou le dysfonctionnement de l'audition peut avoir des conséquences néfastes sur le développement langagier et cognitif de l'enfant, sauf si on communique très tôt avec lui par le langage signé.

Donc, on peut penser qu'une solution « sage » serait d'offrir aux enfants sourds la possibilité d'entendre, tout en leur enseignant le langage signé. Cela pourrait être un enrichissement et non un appauvrissement.

Pour les adultes, le choix relève d'eux… mais aussi de leur entourage. Pourquoi dans le fond se priver d'un canal sensoriel qui permet de communiquer ? Si on peut avoir l'oreille et les mains, on ne perd pas son identité pour autant.

Portrait de Albedo

à Eusèbe Portrait de Eusèbe De Albedo

16H38 | 28/06/2008 | Permalien

Pas vraiment. On parle d'enfants très jeunes, et on parle d'un procédé qui, s'il n'est pas appliqué, condamne définitivement l'enfant à la surdité (Cf interview).

Donc ce n'est pas à la famille, amha, que doit être laissé le choix, mais à l'enfant. Et la seule façon pour que plus tard il ait ce choix est de l'opérer.

Portrait de pierrejcallard

à Eusèbe Portrait de Eusèbe De pierrejcallard

www.nouvellesociete.org | 20H39 | 29/06/2008 | Permalien

Je ne vois ici qu'un débat entre le progres et l'obscurantisme. S'il y a un risque médical grave,un juge devrait l'autoriser sur demsnde du tuteur de l'enfant. Sinon, le responsable de l'enfant devrait avoir l'obligation de la faire executer au plus tôt, au frais de l'État, bien sûr, des qu'elle est recommandée par deux médecins.

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.org/714D.html

Portrait de pierrejcallard

à pierrejcallard Portrait de pierrejcallard De pierrejcallard

www.nouvellesociete.org | 20H42 | 29/06/2008 | Permalien

Correction du lien : http://nouvellesociete.org/714d.html

PJCA

Portrait de Gudule

à pierrejcallard Portrait de pierrejcallard De Gudule

15H29 | 01/07/2008 | Permalien

« Sinon, le responsable de l'enfant devrait avoir l'obligation de la faire executer au plus tôt »

Vous vivez dans 1984 et Big Brother est votre pote de maternelle en fait.

Portrait de ClaireChar

De ClaireChar

14H02 | 27/06/2008 | Permalien

Je découvre pleiement ce débat et j'avoue que je tombe de haut.
Jamais je n'avais imaginer que l'on puisse considérer la suridté autrement quune maladie et jamais je n'avais imaginé que la communité des sourds considéraient leur langage comme un appart culturel et leur communauté comme une communauté à part entière un peu comme les musulmans ou les catholiques.
Alosr forcément je suis entendante et nai jamais été confronté à a quetsion de la surdité de près ou de loin donc vraiment j'attéris mais effectivement pour une personne non sourde je ne comprends pas qu'on puisse vouloir rester sourde quand on a la possibilité médicale de l'être beaucoup moins si ce n'est plus du tout.
je suis contente d'avoir pu réaliser cela via rue 89 même si je continue quand même de considérer que ça reste une maladie certes sans doute pas la pire mais ça me paraît plus sympa d'entendre quand même mais bon..

Portrait de pablico

à ClaireChar Portrait de ClaireChar De pablico

15H21 | 27/06/2008 | Permalien

@clairechar
« Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. »

Portrait de Olaïve

à ClaireChar Portrait de ClaireChar De Olaïve

00H48 | 28/06/2008 | Permalien

Peut-être devriez vous lire « le cri de la mouette » d'Emmanuelle Laborit pour comprendre ce que vivaient les sourds à l« époque où il fallait absolument faire oraliser tous ces petits “malades” comme vous dites.
Vous êtes l'archétype de l'entendant que les sourds détestent. “ça me paraît plus sympa d'entendre quand même mais bon..”, que cette remarque est conne… D'une part, on n'entend pas avec un implant comme avec une cochlée qui fonctionne, d'autre part le taux d'échec de l'implant cochléaire est très important.
Que feriez vous si vous étiez parent d'un sourd profond de 1 an ? Prendriez vous la responsabilité de lui faire ouvrir la boîte cranienne parce que ça vous “paraît plus sympa d'entendre quand même mais bon..” ? 0u chercheriez vous d'autres solutions ? Elles existent, la LSF qui dans le cadre d'un enseignement bilingue permet d'apprendre à lire et à écrire.

“je n'avais imaginé que la communité des sourds considéraient leur langage comme un appart culturel et leur communauté comme une communauté à part entière un peu comme les musulmans ou les catholiques.”
C'est parce que vous manquez d'imagination… De plus votre comparaison avec des communautés religieuses est bien peu pertinente. Celle que je vais effectuer le serait sans doute aussi peu pour un sourd, mais il me semble qu'on est plus proche des langues régionales qui ont été interdites et que certaines communautés (les basques, les bretons, les gascons…) ont préservées malgré l'oppression car elles faisaient partie de leur identité.
Un sourd qui utilise la LANGUE (merci de préférer ce terme à langage) des signes peut s'exprimer d'une manière infiniment riche, ce que vous ne semblez même pas soupçonner…

Allez voir un spectacle de l'IVT (troupe de comédiens sourds dont fait partie Emmanuelle Laborit) si vous en avez l'occasion. Vous verrez, c'est très beau.
Et la prochaine fois que vous croiserez des sourds non implantés en train de signer, ne les plaignez pas parce qu'ils n'entendent pas : ils s'en foutent royalement. Par contre vous pourrez les plaindre parce que la société, des gens comme vous que j'imagine pourtant tolérants, ne comprend rien à leur culture et ne fait pas grand chose pour les aider à s'assumer comme ils le souhaitent : comme ils sont, ni réparés, ni handicapés.

Portrait de Ophélie Neiman

à Olaïve Portrait de Olaïve De Ophélie Neiman (auteur)

Rue89 | 15H17 | 28/06/2008 | Permalien

Petite précision tout de même : on n'ouvre pas la boîte crânienne quand fixe un implant ; il est installé sous la peau contre l'os.

Portrait de Lamer

à Ophélie Neiman Portrait de Ophélie Neiman De Lamer

Sourd de chez Sourd | 18H35 | 28/06/2008 | Permalien

En effet, il n'y a pas de trépanation, l'implant est placé sous la peau certes mais on est toutefois obligé de faire un trou derrière l'oreille pour faire passer les électrodes avec risques d'infection (méningite) à la clé.

Ce risque est bien sûr pris en compte ( antibiotiques et vaccin )

Portrait de Gudule

à Ophélie Neiman Portrait de Ophélie Neiman De Gudule

20H47 | 28/06/2008 | Permalien

L'implant est en plusieurs parties. La tige qui porte les électrodes est placée dans la cochlée, élément de l'oreille interne avec le vestibule siège de l'équilibre.
On décolle l'oreille et on agrandit le trou de l'os mastoïde.
Sur une radio, l'implant se voit en transparence au niveau des fosses nasales. Donc très loin dans le crâne. A l'intérieur de la tête.
Ce qui est sous la peau, c'est l'aimant destiné à l'antenne extérieure.
Celle-ci est reliée à un boîtier (environ 20x20 cm)porté en général à la ceinture.
Connaissez-vous le sujet dont vous parlez ?

Portrait de Albedo

à Olaïve Portrait de Olaïve De Albedo

16H49 | 28/06/2008 | Permalien

Je me permets de répondre à votre question : EVIDEMMENT que je lui ferais mettre l'implant. Et j'aurais aussi à coeur qu'il apprenne la langue des signes dans le cas où, plus tard, pour une raison ou une autre, l'implant ne donnerait pas satisfaction.

Est-ce que vous vous voyez, dans 20 ans, dire à votre enfant, alors que les implants seront probablement bien meilleurs qu'aujourd'hui : « Ecoute mon chéri, c'est vrai qu'avec ma décision ton cerveau n'a pas pu évoluer pour intégrer l'audition et que les super implants qu'on fait aujourd'hui te sont parfaitement inutiles. A l'époque j'aurais pu préserver ta capacité future de choisir, en adulte, mais je ne l'ai pas fait. Mais tu es vraiment sûr de vouloir écouter de la musique ou voir un film non sous-titré ? Notre merveilleuse culture ne te suffit-elle pas ? » C'est la différence entre penser à soi (garder un enfant qui nous ressemble, avec qui on pourra communiquer de la façon la plus simple pour nous, avoir peur de perdre le cocon protecteur d'une communauté) et penser à l'enfant.

Au delà de ça, les phrases choc genre « ouvrir le crane » sont d'une mauvaise foi étonnante. Les piercings aussi on les implante entre la peau et le crane.

Portrait de Gudule

à Albedo Portrait de Albedo De Gudule

21H03 | 28/06/2008 | Permalien

Les « professionnels » de la surdité sont les premiers à user de cette mauvaise foi, quand il ne s'agit pas de mensonge éhonté.
« Surtout pas de signe ou il ne parlera pas » : c'est faux et c'est ce qu'on dit aux parents.
Surtout, un implant rapporte des sous, beaucoup.
Il naîtra toujours des sourds, on ne peut génétiquement prévoir leur naissance.
Donc l'implant est un marché juteux, inépuisable.

Pour la partie sous la peau, c'est l'aimant. Les électrodes sont dans la tête. Et très profond en plus, je l'ai découvert en voyant une radio crânienne.

Portrait de Ophélie Neiman

à Gudule Portrait de Gudule De Ophélie Neiman (auteur)

Rue89 | 09H47 | 30/06/2008 | Permalien

Les implants sont intégralement payés par la Sécurité sociale ; les médecins hospitaliers ne touchent pas un sou de l'appareil (ils sont payés pour l'acte médical uniquement).
Quant aux électrodes, elle vont dans la cochlée, là où elles sont utiles, et nulle part ailleurs. Peut-être avez vous vu une radio de profil ou de 3/4, ce qui vous a donné cette impression.

Portrait de Gudule

à Ophélie Neiman Portrait de Ophélie Neiman De Gudule

10H27 | 30/06/2008 | Permalien

Les implants rapportent de l'argent à ceux qui les vendent, je ne dis pas que c'est dans la poche des médecins hospitaliers. Ces 26 000 euros par implants, ils vont bien quelque part non ?
Je connais certains audioprothésistes qui associés à certains médecins de CAMSP n'hésitent aider les parents à « choisir », pour le bien de l'enfant sans aucun doute.
La radio que j'avais vue, c'était de face.
Ni de profil, ni de 3/4, de face avec les deux fosses nasales ce qui m'a permis effectivement de constater que les 22 électrodes sont installées très profondément dans la tête.
Ce qu'indique d'ailleurs parfaitement le dessin inclu dans votre article.
Les électrodes vont en effet là où elles doivent aller, c'est à dire dans la cochlée qui est dans la tête. Et pas sous la peau comme vous le disiez un peu plus haut. Ca c'est l'aimant.
Pavillon, conduit auditif, tympan : oreille externe
Marteau, enclum, étrier : oreille moyenne
Vestibule et cochlée : oreille interne.
Là on est au contact du nerf auditif donc très près du cerveau qui occupe tout de même pas mal de place dans la boîte crânienne (sauf pour ceux qui ont un pois chiche).
Donc la cochlée étant dans la tête, l'implant étant dans la cochlée…vous me suivez ?

Portrait de Ophélie Neiman

à Gudule Portrait de Gudule De Ophélie Neiman (auteur)

Rue89 | 13H34 | 30/06/2008 | Permalien

Je vous suis !
Vous avez raison sur toute l'explication de la position des électrodes. Mais quant à moi, je ne considère pas que la cochlée soit située « très profondément dans la tête ». D'où notre divergence. C'est tout. : )

Portrait de Gudule

à Ophélie Neiman Portrait de Ophélie Neiman De Gudule

13H32 | 01/07/2008 | Permalien

Ben, elle est où alors ? ? ? ?
Parce que les fosses nasales, c'est à peu près le milieu de la tête, comme le nez.

Portrait de Pioupiou33

à Olaïve Portrait de Olaïve De Pioupiou33

Devenue sourde, implantée cochléair... | 20H29 | 29/06/2008 | Permalien

…« Par contre vous pourrez les plaindre parce que la société, des gens comme vous que j'imagine pourtant tolérants, ne comprend rien à leur culture et ne fait pas grand chose pour les aider à s'assumer comme ils le souhaitent : comme ils sont, ni réparés, ni handicapés »

Je me permets juste de faire remarquer que les sourds que je connais ne sont pas prêts à se laisser aider et je le regrette profondément ! Oui, ils ont tellement envie de vivre leur vie de sourds gestuels, de rester entre eux sans avoir à faire des efforts pour communiquer avec les entendants, qu'il est quasiment impossible d'avoir une relation avec eux, même si on est le mieux intentionné du monde !

Dans le cadre associatif, j'ai tout fait pour défendre les intérêts de tous les déficients auditifs, car nous avons des intérêts communs du fait que nous coexistons dans cette même société, peut-être bien malgré nous. Nous sommes confrontés aux mêmes difficultés de communication dans certaines situations (notamment lorsqu'il faut passer un appel d'urgence chez les pompiers, pour demander un médecin, etc.). Alors là, on ne peut pas dire qu'on n'est pas handicapé, non ?

Je sais, je sais, on va me répondre que c'est le monde qui handicape les sourds et non l'inverse ! Mais sauf rêver d'une planète sourds, nous vivons pour le moment tous réunis sur la planète terre et il faut bien s'en accomoder avec ce que nous y trouvons, notamment le téléphone inaccessible aux sourds… et les devenus sourds qui ne sont pas implantés et qui ne peuvent pas téléphoner, même avec l'implant.

Pour ma part, je téléphone à nouveau et je peux vous dire que c'est vraiment plus simple que ce que j'ai vécu lorsque je n'étais pas encore implantée !

Alors voilà, j'attends toujours un peu d'ouverture de la part des sourds pour pouvoir mieux les connaître et pourquoi pas aussi apprendre la LSF, peu à peu, avec eux !

Portrait de Gudule

à Pioupiou33 Portrait de Pioupiou33 De Gudule

08H13 | 30/06/2008 | Permalien

« Je me permets juste de faire remarquer que les sourds que je connais ne sont pas prêts à se laisser aider(…) »

 ? ? ? ? ?

1) ils n'en n'ont peut-être pas besoin, tout simplement.
2) ils souhaitent se débrouiller comme des grands, 2e hypothèse

« (…)je le regrette profondément ! “

l'aide, c'est pour qui déjà ? ?

‘(…)sans avoir à faire des efforts pour communiquer avec les entendants’

Merci d'aider à la propagation d'idées reçues sur le sectarisme des sourds.
Devenir sourd doit être très dur à vivre, je n'en doute pas une seconde.
Mais vous n'avez pas le droit d'augurer sur les efforts que peuvent faire les personne nées sourdes pour communiquer parce que vous ne connaissez pas leur vie.
Les sourds ont tout autant envie de communiquer que n'importe quel être humain. Ils sont normaux.
Arrêtez d'en parler comme des bêtes de foire, merci.

Portrait de Lamer

à Pioupiou33 Portrait de Pioupiou33 De Lamer

Sourd de chez Sourd | 09H53 | 01/07/2008 | Permalien

Savez vous que la MACIF, La MAAF proposent des no SMS, les autres assurances suivront, concurrence oblige.

Pour quoi pas ailleurs ?

 » se laisser aider », ne pensez vous pas que les Sourds voient cela comme de l'assistance ?

Par le passé, l'aide en fait se réduit à une forme d'infantilisation. Même encore maintenant.

Implanter les Sourds, c'est leur rendre la vie plus facile, vous croyez ?

Appeler le 18 et entendre « gtsrfejnhgst gtsfervbn njueysbxbzh nbzefgftev ,nbxgetdjo , snxvtezvds, nxyet “ ça va aider ?

A propos de la planète Terre, c'est quoi l'accomodation ? Il y a des guerres partout, des morts partout, Israël et Palestine n'arrivent à rien avec de nombreux morts à la clé.

Pas le cas chez le Sourd.

Du respect, c'est tout ce qu'on demande.

Portrait de Susanna

De Susanna

14H06 | 27/06/2008 | Permalien

J'ai mis longtemps à comprendre ce que ce rejet violent signifiait.
On peut d'abord prendre en compte l'aspect souvent obtus de la proposition médicale. Les médecins se posent la question du fonctionnel ou de « la qualité de vie » dans des termes souvent basiques, sans nécessairement se soucier de justifications (sans rentrer dans les détails, j'ai vécu la situation et tout ce que je peux en dire, c'est qu'elle laisse souvent avec le sentiment rétrospectif de ne pas avoir fait un choix vraiment éclairé).
Mais le plus dérangeant dans l'affaire de l'implant est que les débats suscités semblent tourner autour d'une « identité » du sourd. Les guillemets ont leur importance tant cette notion s'infiltre aujourd'hui un peu partout. « L'identité », éventuellement en tant que minorité, c'est d'abord une importation en contrebande du modèle américain, dans lequel l'appartenance à une communauté est la norme (là-bas, mieux vaut appartenir à une obscure secte que de se dire incroyant). C'est aussi, tout simplement, un moyen d'exister, une forme de foi. Au-delà-des sourds, la question de l'appartenance est partout autour de nous, sous des formes diverses - mais l'hystérie n'est jamais loin. Ce qui est navrant, c'est qu'elle amène, presque inévitablement, à se définir « contre »…

Portrait de Lohiel

à Susanna Portrait de Susanna De Lohiel

non-officiel89.forumactif.net | 15H34 | 27/06/2008 | Permalien

si on leur avait pas interdit la langues des signes pendant longtemps (et toute langue est la base organisatrice d'une culture spécifique) et essayé à toute force de les obliger à parler (par imitation labiale, sans entendre) + lecture sur les lèvres pour la compréhension, ce qui était très pénible pour eux et ressenti comme une oppression intenable… ils n'en seraient sans doute pas là.

http://www.monptitdoigt.info/histoire.html

Portrait de Gudule

à Lohiel Portrait de Lohiel De Gudule

18H16 | 27/06/2008 | Permalien

Merci Lohiel, ô combien merci, nous sommes si minoritaires…

Portrait de Lohiel

à Gudule Portrait de Gudule De Lohiel

non-officiel89.forumactif.net | 22H16 | 27/06/2008 | Permalien

de rien, j'ai lu une fois le journal d'un sourd à qui on avait fait subir ça adolescent, alors qu'auparavant il était bien, à l'aise, utilisant la langue des signes - et c'était à pleurer

les mots « torture morale » n'étaient pas trop fort

Portrait de Albedo

à Lohiel Portrait de Lohiel De Albedo

16H51 | 28/06/2008 | Permalien

Quel rapport en permettre l'audition et le développement naturel de la parole et la lecture sur les lèvres + la vocalisation sans audition associée ?

Portrait de Lamer

à Albedo Portrait de Albedo De Lamer

Sourd de chez Sourd | 18H42 | 28/06/2008 | Permalien

Développement naturel de la parole chez le Sourd ?

Il s'agit d'un énorme travail s'étalant sur plusieurs années.

La lecture sur les lèvres est un mythe, je l'ai dit plus haut.

Portrait de Gudule

à Susanna Portrait de Susanna De Gudule

20H51 | 27/06/2008 | Permalien

C'est en effet une réaction épidermique. Cela dit nous appartenons tous à une communauté, assez restreinte. Regardons autour de nous et nos carnets d'adresses : est-ce si diversifié ?
Néanmoins, les guillemets sont inutiles : l'identité sourde, bien que minoritaire, existe. Elle est tout aussi réelle qu'une identité basque, marseillaise, parisienne, …
L'identité est une affaire entre soi et soi. L'Amérique n'a rien à voir avec ça.
Un sourd français se sentira plus proche d'un autre sourd, quel que soit sa culture que d'un entendant francophone. Encore une fois, ce n'est pas pour aller contre l'autre mais pour pouvoir exister soi-même.

Portrait de richelieu94

De richelieu94

14H21 | 27/06/2008 | Permalien

Heinnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ? Quoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ?

Portrait de marabbeh

De marabbeh

14H24 | 27/06/2008 | Permalien

Il est notoire que les sourds ne se considèrent pas comme des handicapés et forment une communauté à part. En fait, autrefois, on les considérait comme des handicapés, voire des débiles. Maintenant ils semblent complètement décomplexés. Evidemment, à part la possibilité de lire sur les lèvres, ils sont complètement isolés des non-sourds, qui eux sont incapables de comprendre le langage des signes. D'où cette impression d'appartenir à un monde à part. Donc l'enseignement de ce langage (que je trouve très beau et que j'aimerais apprendre) aux non-sourds, permettrait de les désenclaver.

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