Mercredi, une commission du Sénat présentait à la presse les conclusions de premiers travaux concernant la maternité pour autrui (les mères porteuses), une pratique jusque-là interdite en France par les lois de bioéthique de 1994. Rapport d'étape.

» J'ai des doutes sur la capacité des parlements à élaborer des lois sur de tels sujets, lois qui se glissent souvent entre celle sur la réglementation de la pêche à l'anchois et celle sur la retraite des intermittents du spectacle. Les élus sont certes brillants mais je doute qu'ils soient tous compétents sur ces trois sujets et je pense même que certains sont incompétents sur les trois. »
C'est ce qu'écrivait le professeur Jean-Luc Pouly, de l'unité de fécondation in vitro du CHU de Clermont-Ferrand à propos des différentes législations européennes sur la procréation médicalement assistée. Sa remarque, publiée en 2007 en réaction à un éditorial de Gynécologie Obstétrique & Fertilité sur le tourisme procréatif, reste d'actualité alors que le Sénat aborde à tous petits pas la question des mères porteuses.
Mercredi, une commission du Sénat présentait à la presse les conclusions de premiers travaux concernant la maternité pour autrui (les mères porteuses), une pratique jusque-là interdite en France par les lois de bioéthique de 1994. En prenant plein de précautions, le sénateur UMP de la Charente Henri de Richemont, a expliqué que le groupe était parti de l'injustice qui voulait qu'une femme privée d'ovocyte puisse légalement devenir mère (grâce au don d'ovocyte) tandis qu'une femme sans utérus -pour simplifier- ne le pourrait pas (la maternité pour autrui étant un délit pénal).
Gestatrice défrayée et période de repentir… mais au conditionnel
Le groupe se prononce en faveur d'une légalisation de la pratique des mères porteuses. Cette autorisation serait extrêmement encadrée par des conditions d'éligibilité très strictes, a expliqué Alain Milon, sénateur UMP du Vaucluse, rapporteur du groupe, et médecin de profession : la gestation pour autrui serait réservée au couple hétérosexuel ( » sinon il n'y aurait pas eu de majorité dans le groupe de travail » ) en âge de procréer, marié ou pouvant justifier de deux ans de vie commune ; aux femmes dans l'impossibilité de mener une grossesse à terme (autrement dit, une motivation exclusivement médicale). La gestatrice devra avoir eu au moins un enfant. Une mère ne pourra pas porter un enfant pour sa fille.
Les couples et la gestatrice devront passer par des commissions d'agrément pour s'assurer de la stabilité des parents. Une période de » repentir » de trois jours sera prévue pour la gestatrice si elle décide de garder l'enfant à la naissance. Enfin, la gestatrice sera défrayée, mais pas rémunérée et un juge fixera le montant du dédommagement. » Conditionnel s'il vous plaît ! … » Au premier rang dans la salle Médicis du Sénat, Gilbert Barbier, sénateur du Jura, chirurgien, membre du groupe sur les mères porteuses émetteur d'un avis divergent (et également membre du groupe d'études de la vigne et du vin), proteste à chaque emploi du futur : il ne s'agit que d'une » contribution » du groupe. Le mot » recommandation » a été abandonné. » Le Sénat n'a pas arrêté sa position » . Les rapporteurs marchent sur des oeufs.
A côté de Barbier, Marie-Thérèse Hermange, sénatrice UMP estime, elle aussi, que les auditions du groupe n'ont pas été assez loin pour émettre des recommandations : » La grand mère qui va porter l'enfant de sa fille devant ses filles et ses belles-filles, comment on va vivre ça en famille ? » s'interroge t-elle (en oubliant que le groupe a justement précisé qu'il n'autorisait pas une mère à porter l'enfant de sa fille). » Ils vont faire quoi les bonshommes à côté ? » Demander l'avis des politiques, ou celui des médecins qui rencontrent ces femmes ?
C'est exactement ce qui dérange bon nombre de spécialistes de la procréation assistée : le grand public et les médias ne voient que » les dérives » de ces techniques, et les politiques légifèrent en fonction de ses réactions. Présidente du groupe d'étude de la Fiv en France, Joëlle Belaïsc-Allart du CHU de Sèvres était opposée aux lois bioéthiques, » il ne fallait pas légiférer, c'est une science trop jeune » . Elle estime qu » » on écoute trop souvent l'avis de la société et des politiques » alors qu' » on devrait demander l'avis des médecins qui rencontrent ces femmes, qui ont le sentiment qu'elles pourraient avoir un enfant » mais qui de naissance ou suite à une hystérectomie ne peuvent en porter. » Chacun de nous se sent fier d'avoir été auditionné par un de ces organismes. Mais bien avant, je pense que les professionnels doivent être un moteur de proposition et ne pas agir individuellement. Aucune structure professionnelle n'existe en France, qui soit capable de jouer ce rôle » , écrivait encore, en 2007, le professeur Pouly dans Gynécologie Obstétrique & Fertilité à propos des lois qui régissent la procréation assistée.
Les spécialistes français pourraient s'impliquer plus à l'avenir. » Pour une fois, on va avoir l'avis des professionnels » , assure Joëlle Belaisch-Allart, » on est en train de faire une grande enquête auprès des gynécologues » . Des deux cents questionnaires déjà remontés, il ressort que les médecins » acceptent qu'il y ait des lois bioéthiques mais voudraient leur évolution » . Une grande majorité d'entre eux se dit favorable à la gestation pour autrui. Les résultats de cette enquête seront présentés le 1er octobre.
Le Sénat, lui, ne se sera probablement pas prononcé d'ici là. Au terme de la conférence de presse, Marie-Thérèse Hermange, concluait en riant, » c'est pas demain qu'on va voter… »





















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à deecurl
De Béatrice1
| 09H04 | 27/06/2008 |
Je suis tout à fait d'accord avec vous. Je voulais juste montrer que l'affirmation plus haut ne tenait pas la route.
à Béatrice1
De solstice
pigiste | 15H30 | 27/06/2008 |
Non pas les hommes mais d'autres femmes qui ne sont pas aux champs : aïeules, en général. La montée de lait arrive après une stimulation, on laisse l'enfant téter vigoureusement la future nourrice et la montée de lait arrive… On peut parfaitement allaiter sans être la mère, ni avoir soi-même un petit à nourrir, comme les nourrices d'autrefois.
L'instinct maternel vient en maternant, ce n'est pas livré avec le bébé !
à solstice
De Béatrice1
| 21H30 | 27/06/2008 |
Mouiii, et quel est le taux de mortalité de ces enfants ?
à Béatrice1
De solstice
pigiste | 14H53 | 28/06/2008 |
« taux de mortalité de ces enfants ? » Je ne comprends pas le sens de votre question :
- Le taux de mortalité néonatale est de moins de 4% chez nous, plus de 30% en Afrique sub saharienne. Il est essentiellement dû au poids à la naissance. C'est la malnutrition chronique du continent qui pose problème, je doute que l'allaitement au biberon (de plus en plus dilué > coût du lait + propreté de l'eau) donne de meilleurs résultats que cet allaitement par tierce personne.
- On s'éloigne carrément du sujet : on parlait du lien allaitement/instinct maternel…
à Béatrice1
De Mon-Al
roturière :-) | 18H47 | 27/06/2008 |
Chez les pingouins aussi …
De Gandijyn
09H16 | 26/06/2008 |
Les femmes porteuses ont toujours existées, depuis la nuit des temps… c'est seulement, par la technique avancée de l'analyse de l'adn et code génétique que la Science arrive à chiffrer un pourcentage…
30 % - de pères sociaux (légitimes) seraient sélectionnés automatiquement par le nombre d'enfants conçus par les « pères biologiques » évaporés dans la nature… théorie de « la pollinisation et de l'essaimage ».
D'autre part, le nombre d'amants ayant pratiquememnt doublé en 20 ans, nous serions atuellement plus près des 140 % que des 30%…
Pas besoin de légiférer… ceux qui le feraient ne sont plus en âge de procréer ! : )))))
De marie 75 3563
09H39 | 26/06/2008 |
Pour en faire d'excellents Français, demander que les ventres porteurs soient inséminés par des UMP !
L'inné… L'acquis … vaste sujet maurassien !
On n'est jamais assez prudents…
Leur faire savoir !
à marie 75
De manju35
12H22 | 26/06/2008 |
Marie est prolixe ……….
Mais toujours stérile…………
à manju35
De marie 75
3563
20H51 | 26/06/2008 |
ca te gratte ? *T'inquiète l'UMP fait replier ! ! !
à marie 75
De manju35
22H50 | 26/06/2008 |
T'as vu la sèche…ton huitre c'est ouverte………..
Où est la perle ?
De Tophee
en haut a gauche | 10H11 | 26/06/2008 |
Il me font rire les toubib, avec eux c'est « rendormez-vous, on s'occupe de tout, de toute facons vous etes trop cons pour comprendre »
Bref, Il veulent pouvoir decider qui nait ou mort, comment, et sans avoir de compte a rendre a quiconque.
Pas vraiment democratique tout cela.
Les homme politique sont elus pour cela, pour etudier les question de societes, les evolutions, et legiferer selon les desir de la majorite et pour le bien de tous. (Bon ok, ca c'est la theorie, la pratique n'est pas aussi rose)
à Tophee
De Béatrice1
| 00H28 | 27/06/2008 |
Je suis entièrement d'accord avec vous. La politique n'est pas et ne doit pas être une affaire d'experts, ce serait le contraire de la démocratie.
De freestyler
10H56 | 26/06/2008 |
Des mères porteuses aujourd'hui et demain quoi d'autre en matière d'eugénisme : du clonage, un enfant à la carte avec les bons gènes pour adultes imatures en désir d'enfant parfait ;
le meilleur des mondes d'Huxley n'est vraiment plus très loin, où est le respect de la vie dans tout ça ? La question ne devrait même pas se poser. Les caprices égoïstes de certains appuyés par des médecins qui y voient surtout un marché juteux ne devraient pas trouver d'appui politique favorable en france.
De Lewlill
végéteuse | 16H02 | 26/06/2008 |
C'est vrai que le désir d'être parent est quelque chose d'absolument monstrueux et foncièrement égoiste…
Au contraire, en partant du principe que le désir d'enfant est légitime, dans cette histoire on ne va pas au bout des choses : en se restreignant aux couples mariés et hétérosexuels, ou en ne facilitant pas l'adoption en France (qui est élitiste).
Le désir d'enfant n'a pas de classe social, pas de sexe, pas de nationalité. cela n'a rien à voir avec la science fiction, pour une fois, mais avec l'humain.
Je suis contente que ce thème fasse l'objet d'un débat, et qu'on n'élude pas les situations complexes qui vont apparaître avec cette nouvelle manière de devenir parent - ou pas, en ce qui concerne la mère porteuse.
Ceci dit je vous l'accorde, il y aura des dérives…mais ne faites pas de vos peurs des généralités.
à freestyler
De aquoiboniste
18H54 | 26/06/2008 |
Dans l'absolu tu n'as pas tort mais nous vivons dans un sytème global, si les couples français ne peuvent pas le faire chez eux, ils le feront ailleurs.
A partir de ce constat je préfère qu'on autorise cette pratique chez nous et que nous imposions notre encadrement législatif. Nous nous devons de protéger ces citoyens désespérés. Optons pour la solution la « moins pire », reste à le trouver…
De Anthropia
11H01 | 26/06/2008 |
C'est vieux comme mes robes, le coup des mères porteuses.
Agar avait porté un enfant pour le compte de Sarah en quelque sorte.
Les gens se sont toujours débrouillé.
A interdire, à mon avis, la commercialisation du ventre, genre je te paie, pour faire des enfants.
Et surtout, savoir ratifier les décisions juridiques des pays étrangers plus ouverts, car les seuls casse-têtes juridiques sont ceux liés à la ratification des pratiques différentes.
J'ai peur qu'une loi plus ambitieuse n'encourage le phénomène côté business.
http://anthropia.blogg.org
à Anthropia
De sinclair
09H23 | 27/06/2008 |
Mais la procréation assistée est déjà et sera encore plus un business
De frmwa
11H07 | 26/06/2008 |
On a les politiques qu'on mérite, mais si ce n'est pas l'affaire des politiques, de qui est-ce l'affaire ? Des religieux ?
Ça va dans le sens de la société. La gestation d'un enfant devient une prestation de services. On peut envisager que ça se professionnalise et qu'on fasse jouer la concurrence entre des « centres de gestation » avec des mères rétribuées « à la mission ». En cas de malfaçon, la responsabilité de la société se limite au remboursement de… à l'exclusion de…
Et à côté des « Eros Center » de manière à ouvrir l'éventail des services pour couvrir tous les besoins.
On évoque souvent le « droit à l'enfant ». Est-ce vraiment « un droit » ?
De celinev
prof à Marseille | 12H04 | 26/06/2008 |
J'avais vu un reportage très intéressant il y a quelques temps qui montrait la grossesse d'une mère porteuse, et parallèlement l'attente des parents. Je crois que c'était en Belgique ?
Bref, la grossesse s'est très bien passée et l'accouchement beaucoup moins bien puisque la mère porteuse a fait une hémorragie utérine tellement importante que les médecins ont dû lui retirer l'utérus.
Cette mère porteuse était jeune, elle avait déjà un petit enfant mais elle ne vivait pas en couple. On pouvait supposer qu'elle aurait pu concevoir d'avoir un autre enfant plus tard avec un autre compagnon. Dommage …
Au-delà des problèmes moraux qu'on peut se poser, il y a la valeur que l'on donne au corps humain, combien ça coûte de rendre stérile quelqu'un ?
Le second point choquant c'est l'exclusivité réservée aux parents hétérosexuels, pourquoi , comment on peut justifier ce choix ? ?
à celinev
De manju35
12H26 | 26/06/2008 |
On arrive au coeur du sujet.
Un enfant ; pour qui ? un enfant pourquoi ?
C'est qui maman ?
C'est qui papa ? …..etc……
à celinev
De Guillemette Faure
(auteur)
Eco89 | 20H37 | 26/06/2008 |
La commission se justifie à propos des couples hétérosexuels par le fait que la gestation pour autrui ne sera autorisée que pour pallier des problèmes de stérilité. (Or ce n'est pas la stérilité qui empêche un couple homosexuel d'avoir des enfants). D'une manière générale, les lois bioéthiques françaises considèrent que la procréation assistée ne peut être qu'une réponse à des problèmes médicaux. Alors que les célibataires et les couples homosexuels peuvent avoir recours à l'AMP dans d'autres pays d'Europe (Grande-Bretagne, Espagne, Belgique…).
De Akikai_master
Vive .NET | 12H22 | 26/06/2008 |
Bonjour tout le monde,
Juste une question comme ça, que fait on si l'enfant est handicapé ou que la mère porteuse refuse d'avorter ? ?
à Akikai_master
De manju35
12H30 | 26/06/2008 |
Avortement en présence du juge aux affaires familiales.
RECTA…………
à Akikai_master
De Guillemette Faure
(auteur)
Eco89 | 20H29 | 26/06/2008 |
Dans les propositions de la commission, la mère porteuse a seule l'autorité de décider ce qu'elle veut faire de sa grossesse (quelles que soient les circonstances), et les parents qui ont souhaité un enfant via cette mère porteuse ne peuvent faire marche arrière si l'enfant n'est pas celui qui le souhaite (un exemple donné par les rapporteurs était si l'enfant n'était pas du sexe souhaité).
à Guillemette Faure
De Mon-Al
roturière :-) | 22H47 | 26/06/2008 |
C'est pourquoi une loi doit strictement encadrer la GPA ; pour éviter les abus et protéger l'ENFANT.
à Mon-Al
De deecurl
| 08H38 | 27/06/2008 |
effectivement, j'ai l'impression que parfois le désir d'enfant est tellement mûri que l'enfant est fantasmé, imaginé précisément par les parents selon leurs désirs…ils courent bien sûr à la déception. la conception d'un enfant est bel et bien une tombola, pas un catalogue de VPC.
De Akikai_master
Vive .NET | 12H44 | 26/06/2008 |
D'après vous, est ce que ce nouveau droit devrait être refusé à des personnes d'un certain âge ?
On parle d'indemnité mais payer par qui ? Par le couple ou la Sécu….
Merci
à Akikai_master
De Mon-Al
roturière :-) | 22H52 | 26/06/2008 |
On parle de femmes en âge de procréer, même si elles ne le peuvent pas, c'est pour éviter les abus italiens. Une femme de 62 ans, qui a accouché de son premier enfant ! ! ! ! Par le Docteur miracle (je dirais plutôt Dr Mabuse) dont j'ai oublié le nom….
La sécu payera l'accouchement, l'indemnité sera versée par les parents biologiques, pour payer les extras (voyages, aides à la mère porteuse si besoin).
Tout doit être strictemen encadré … mais rien n'empèche les versements discrêts en espèces. Bien sûr tout est possible.
De Ganesh13
Grouillot en informatique | 12H57 | 26/06/2008 |
Louer son ventre …
« Après demain », dans ce monde du tout ou rien, de jeunes femmes désireuses de ne pas « gâcher » leur carrière, auront recours à des mères porteuses, et pourront finalement avoir de nombreux enfants.
De leurs coté, d'autres jeunes femmes, plongées dans une précarité bien installée, se demanderont, après moult accouchements, avec leurs maris, si ils ne pourraient pas, un jour, devenir parents.
Comment se passer d'un an ( 9 mois + rtt) de revenu à l'heure du travailler plus pour … ?
à Ganesh13
De deecurl
| 17H21 | 26/06/2008 |
un enfant, ce n'est pas 9 mois de grossesse et hop c'est reparti !
il faut l'élever après…
et la carrière s'en ressent toujours ne serait-ce qu'au niveau de l'organisation, même si les choses changent et que les papas aident aussi maintenant.