Petite chronique du racisme ordinaire dans le XIXe arrondissement de Paris, où a été agressé le jeune Rudy samedi.
« Agression antisémite ». Le procureur de la République a retenu ce chef d'accusation dans l'affaire de l'agression de Rudy, 17 ans. Après une bagarre avec cinq jeunes noirs du quartier, le jeune juif a été hospitalisé dans un état grave. Le procureur a parlé de violences intercommunautaires persistantes dans cet arrondissement de l'est parisien.
Boulevard Serurier, rue Petit, cité Danube, cité Ourq, rue Eric Satie. A 21h30, lundi soir, les rues sont calmes. Comme d'habitude. Succession de logements HLM, de restaus, de commerces, d'écoles, ce quartier ressemble au XXe ou au XIème voisins. Un peu bobo, un peu popu.
Ici peut-être plus qu'ailleurs à Paris, les jeunes restent dehors. Ils sont là, par petits groupes. Ils discutent, draguent, rigolent, fument aux abords des restaurants. Des sushis casher, des kebabs, un bar tabac fermé. « Waaa ! Encore cette histoire. Mais on les connait pas les mecs qui se sont tapés », s'énerve Mourad. Avec Moussa, Nejla et Samy, ils sont assis en bas d'un immeuble. Mourad a 17 ans. Il temporise et raconte qu'il n'y a pas de racisme dans le quartier. Assis à côté de lui, le petit Samy mime des armes et éructe contre « tous ces enculés ». De l'autre côté de la rue, il y a un restaurant japonais casher. Mourad lui donne une tape sur la tête et comme pour prouver ses dires ajoute :
« Regardez. En face, ils sont en terrasse. Ils se sentent en confiance. Si c'était vraiment la haine, on serait allé tout casser. »
19 ans et une centaine de bagarres au compteur
En face, ce sont Jonathan, Marine et leurs copains qui traînent. Ils connaissaient un peu Rudy. « Pour un Juif, habiter dans un quartier noir, c'est pas facile », explique Jonathan. Il a le nez cassé, le bras platré et des lunettes de soleil. « Un accident de voiture », précise-t-il. A 19 ans, il enregistre une centaine de bagarres : « Je me suis toujours battu ici et c'est comme ça que je suis devenu un homme. » Ils balaient le terme antisémitisme, pourtant retenu pour qualifier l'agression de Rudy H. Lionel s'emporte :
« Dès qu'un mec se fait agresser, les médias précisent s'il est juif ou pas. Pourquoi ils écrivent pas “jeune” ? Y a pas de guerres de clans ici. On n'est pas à L.A ».
Son sweatshirt est barré d'un énorme « Los Angeles ». La remarque le fait rire :
« Sérieusement, y a pas de gangs. Quand on se fight, on appelle nos potes. Ils viennent à dix, quinze et on se bat. Comme partout, quoi. »
Vivent-ils ensemble ? Juifs, arabes, noirs, blancs habitent les mêmes rues, les mêmes immeubles, fréquentent parfois les mêmes écoles. Beaucoup de familles juives choisissent souvent d'envoyer leurs enfants dans des écoles juives. Sans ressentir cela comme du communautarisme ou de l'enfermement. Marine explique même que les parents n'ont pas le choix : « Vous voulez qu'on aille où pour étudier ? Dans le public ? “
Il y a trois ans, ‘une paix froide’
Réalisateur de films documentaires, Karim Miské a vécu quelques mois en 2005, à l'angle de la rue Petit. A quelques dizaines de mètres du square où Rudy a été laissé pour mort le week-end dernier. C'est là qu'il a commencé à écrire ‘Arab Jazz’, son premier polar, qu'il vient de terminer et qui n'est pas encore publié.
A l'époque, il achevait tout juste un film sur les ‘born again’, les fondamentalistes chrétiens, musulmans et juifs. Entre l'école loubavitch et les communautés salafistes, plus saillants que les autres, il s'était inspiré du climat du quartier -‘une paix froide- pour ce polar qui débute sur le meurtre d'une femme au sexe ensanglanté, trouvée morte à côté d'un rôti de porc :
Mais pourquoi se battent-ils ? Marine, 22 ans, accuse les nouveaux venus dans le quartier :
J'habite là depuis ma naissance. C'est chaud, ouais. Mais on se connais tous. Les renoi, les rebeus, ils nous attaquent pas. Je suis une fille donc ça se passe bien. Y en a, c'est même mes potes.’
Elle vit rue Manin. Elle raconte les samedi houleux du quartier, lorsque pour rejoindre la synagogue, les juifs se font ‘toiser’, ‘insulter’, ‘dépouiller’. David et Ilian sont assis sur un banc. Ils sirotent des boissons Mc Do : ‘Eux, là, ils croient qu'on est riches.’ Ils pointent du doigt une bande de jeunes noirs. Ilian a 17 ans, il vit à Sarcelles :
‘Ils sont fous les mecs. Ils voient nos scooters et nos portables et direct, ils se disent qu'on a du pognon. Et alors, il veulent nous braquer. On appelle nos potes. Mais en vrai, moi, j'ai des potes rebeus et renois à Sarcelles.’
Tous disent ‘avoir des potes’ pour contester le racisme. Un racisme qu'ils expriment mais qu'ils croient ne pas véhiculer. Ilias et Mathieu roulent un pétard. Pour eux, être juif, c'est ‘rester entre juifs, baiser entre juifs, bouffer entre juifs et avoir le long bras.(sic) Mais hein, on n'est pas racistes ou antisémites ou je sais pas. On s'entend bien avec eux.’ Aucun n'hésite à dire les bagarres mais aucun ne l'explique vraiment. Mathieu, apprenti patissier de 18 ans, joue la confidence :
‘Je t'explique, hein. Eux, les juifs, à 14 ans, ils ont des scooters. Nous, nos petits, ils ont même pas…ben, même pas des Ray Ban ! Ils ont de l'argent, on leur prend voilà.’
Du vol donc. Jonathan a parlé d'histoires de drogues avec les jeunes de la cité Ourcq, réputée dangereuse à cause des petits narcotrafics quotidiens. Moussa, lui, a évoqué les transactions foireuses de portables avec les juifs. Des histoires d'argent. Dans les rues du XIXe ce soir là, une rumeur se propage : le jeune Rudy a été agressé pour une affaire de vente de scooter.
Les gamins du quartier sont divisés mais ne l'avouent pas. Ici, ils sont armés de bâtons pendant leurs bagarres. Ils se battent poings nus avec une haine qui, lorsqu'elle s'exprime, reprend les pires termes racistes : les juifs sont riches, les arabes sont voyous, les noirs sont violents.
‘En quelques minutes, on peut être 50 juifs…’
Même pâté de maison, mardi en fin d'après-midi. Rémy, Marco et d'autres sont assis sur les rambardes du trottoir. Le square Petit, où Rudy a été agressé, samedi, n'est qu'à quelques dizaines de mètres. Certains portent la kippa, d'autres non. Certains -pas tous- font partie de mouvements comme le Bétar, la Ligue de défense juive… Attention, toutefois :
‘Même si on peut vous dire qu'on en fait partie, on n'est pas autorisé à vous dire à laquelle.’
Rémy, 17 ans, en Première ES, est affilié à l'un de ces groupes. Pas Marco, 14 ans, qui dit ‘n'en avoir pas besoin puisque des juifs viendront [le] défendre en cas de problème’. A eux deux, ils expliquent leur modus vivendi. Et s'interrompent seulement lorsqu'un jeune visiblement d'un autre monde passe en scooter. Quelqu'un siffle ‘Enculé, je vais lui casser les dents’ :
Depuis ce week-end, ces jeunes multiplient les scénarios du lynchage de Rudy. Chacun affirme savoir. Ce dernier a-t-il vraiment pâti d'être le dernier de toute une bande à ne pas réussir à s'enfuir après une bagarre ? Apprenti plombier de Pantin, Rudy est-il affilié à la Ligue de défense juive et ‘connu des services de police’ ? Le quartier des Buttes-Chaumont est-il le creuset de l'antisémitisme à Paris aujourd'hui ? La Préfecture ne communique pas d'autres chiffres qu'une statistique très globale : 48 agressions antisémites à Paris depuis le début de l'année 2008.
Pour une lecture ventilée quartier par quartier, il faut s'en tenir aux chiffres de 2007, du Crif ou des pouvoirs publics. C'est sur ces statistiques-là que Jean-Yves Camus, politologue riverain de Rue89, se base. Lui qui collabore depuis plus de vingt ans à la revue ‘Actualités juives’ refuse que l'on batte en brèche l'hypothèse d'un acte antisémite pour l'agression de Rudy, samedi dernier. Malgré les appels à la prudence du grand rabbin entré en fonction le jour de cette bagarre très médiatisée, il refuse ‘la banalisation’ sous couvert d'une simple guerre des gangs :
Un record d'agressions antisémites à Paris
Après vérification sur le rapport 2007 du Crif, le XIXe arrondissement est le quartier de Paris qui a connu le plus de violences antisémites l'an dernier. A ceci près que le décompte se base en fait sur toutes ‘les actions et les menaces antisémites’ -21 au total en 2007 sur le XIXe.
Depuis le lynchage de Rudy, samedi, Jean-Jacques Giannesini, conseiller de Paris (UMP) rappelle qu'il avait justement envoyé un courrier -que Rue89 s'est procuré- le 5 juin à la préfecture de police. Pour mettre les autorités en garde contre la montée des violences. Des jeunes que nous avons pu rencontrer, tous ou presque confirment qu'il y a eu de ce point de vue une accélération ces derniers mois. Mardi soir, le va-et-vient des caméras et le focus des médias sur ce petit périmètre faisaient encore monter la tension d'un cran.
Le XIXe, pas le Proche-Orient
Certains s'énervent lorsque les journalistes leur parlent du conflit israélo-palestinien. David raconte qu'à la deuxième Intifada, il en était venu à se battre avec un gamin de son âge. Parfois, le facteur politique envenime la situation mais il est second. Ni les uns ni les autres ne sont véritablement politisés, idéologues. Les frictions sont davantage spontanées, presque banales. Quant à décrypter les frictions du XIXème à l'aune du Proche-Orient, Jean-Yves Camus y voit là encore une lecture erronée :
Alors que l'agacement allait crescendo, mardi, contre le boom médiatique, les habitants du quartier plus âgés, eux, soutenaient qu'il ne s'agissait que d'événements entre ‘très jeunes’. Le vide -Moussa, Jonathan et David sont en échec scolaire-, les jeunes l'occupent par des après-midi et soirées animées. Quand un plus fort attrape un ‘petit’, les potes sont contacté par SMS ou coups de fil, et les groupes s'affrontent, se mettent pièces, se lynchent mais s'arrêtent. Les jeunes rencontrés ne comprenaient pas que l'on aille si loin dans la violence : ‘En général, on sait s'arrêter. On se bat mais on ne s'entretue pas’.
Zineb Dryef et Chloé Leprince





















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De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 08H19 | 25/06/2008 |
y'a la même chose dans mon quartier avec armes depuis des décénnies ,entre jeunes d'origine « magreb » et d'autres d'une autres cité « gitans » , bien que sa çe soit calmé un peux depuis quelques décès , une étincelle suffirait pour que ça recommençes mais bon ya pas de juifs dans l'histoire alors ils ont justes droit a un entrefilet dans le parisien quand y'a un mort , dans le rayon votre région paris
De bloqué le 24.09.09
08H23 | 25/06/2008 |
Les bagarres entre jeunes, même si heureseument elles se terminent généralement de manière moins dramatique qu'ici, cela existe depuis au moins les années 1950… et cela a souvent eu une coloration ethnique.
Le Président, et les médias dominants, utilisent ces évènements pour faire allégeance à des organisations et à des réseaux d'influence comme le CRIF et sa mouvance en France, ou l'AIPAC aux Etats-Unis.
à bloqué le 24.09.09
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 09H35 | 25/06/2008 |
Soh,
j'ai déjà expliqué, sans doute n'as-tu pas vu, que cela dépendait des endroits. Depuis quelques années, dans le 20e, les stups ont partiellement laissé la place aux territoires et aux affaires de fesses.
j'ai vu le cas d'une jeune fille (blanche) de mon quartier, qui allait chez la même kiné que moi. elle est née ici. sa mère habite ici depuis la fin des années 50. elle était avec un mec (noir) de Seine-Saint-Denis. MAIS elle n'avait jamais couché avec un mec du quartier. un soir, en sortant de chez la kiné, ils se sont fait gauler : lui s'est fait tabasser… par des noirs et des maghrébins. parce qu'il touchait à une fille d'ici. il a trouvé refuge au supermarché, où le vigile a appelé la police. il n'a pas porté plainte ni fait de main courante, afin de ne pas laisser traîner son nom dans le 20e.
il n'y a rien d'ethnique là dedans ! de la connerie en branche.
à FabiendeMénilmontant
De bloqué le 24.09.09
10H16 | 25/06/2008 |
OK, c'est pas ethnique, c'est de l'identité définie par le territoire (le quartier).
C'est la prostitution, que tu appelles « affaires de fesses » ?
: -)
à bloqué le 24.09.09
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 17H13 | 25/06/2008 |
En règle générale, pas sur 19 et 20e, ni sur nord 11e. Mais dès que tu approches de Chinatown bis (200m plus loin), c'est différent. Et le 10e est différent aussi. Comme le 12e… On dirait que tu ne connais ABSOLUMENT PAS la « géographie » sociale de Paris. Mais il est vrai que, sur certains mini-quartiers, elle se modifie de temps en temps.
à FabiendeMénilmontant
De Pierrrrre
10H36 | 25/06/2008 |
»…il n'y a rien d'ethnique là dedans ! de la connerie en branche….. »
==> des branches qui se développent dangereusement sur un tronc, qui s'appelle France.
à FabiendeMénilmontant
De jeclaude33
11H27 | 25/06/2008 |
j'espère qu'il n'a rien volé dans le suprmarché ! ! est ce qu'un exemple peut servir de généralité ! trop facile ! et comment savoir qu'elle ne couchait pas avec des gens du quartier ? tout cele est une vue un peu lointaine des évènement qui nous concernent.
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 08H24 | 25/06/2008 |
et pour le 19 eme je vois plutot ça comme le résume assez bien kereven
De freeware
OK | 08H32 | 25/06/2008 |
Skaipa a vachement raison. C'est clair : « Parce que lorsque les jeunes se battent entre eux, ils ne combattent pas le système ! »
Je dirai même : « Parce que lorsque les jeunes se battent entre eux, ils ne combattent pas l'antisémitisme ! »
Bien vu, Skaipa, très bien vu.
Et encore merci à l'auteur, Zineb, de nous avoir rassurés : ils vous déglingueront la gueule, certes ; mais ils ne vous enverront pas au cimetière, pour qui que vous les prenez ?
J'avais failli avoir peur, Zineb.
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 08H41 | 25/06/2008 |
et si je peux me permettres les dommages finançiers versé a la victime seront plus conséquent si cette grosse connerie de d'jeunes est accompagné d'antisémistisme c'est justes un chouia plus grave + les peines de cabanes qui vont s'y assortir
De levraidebat
08H48 | 25/06/2008 |
Voilà où nous mène le communautarisme et l'oubli de la France !
Il faut cesser toute incitation au communautarisme, cesser de parler de communautés, cesser de rendre compte aux lobbies qui se prétendent représentatifs, et se concentrer sur la France, la République, l'identité nationale.
Et ce dès l'école.
http://www.levraidebat.com
à levraidebat
De TARPON
09H17 | 25/06/2008 |
et la laicite .
De richelieu94
08H50 | 25/06/2008 |
Il y a une facheuse tendance dans les médias (radio-télé partciulièrement) à parler de rivalités ethniques ou de tensions ethniques… on place quelquefois avant ou après le mot « communauté » ce qui donne un amalgame « savoureux » : ethno-communautaire… « Passe encore » quand il s'agit du porte-parole du ministère de l'intérieur, qui n'oublie jamais de mettre la deuxième couche, mais venant de la part de journalistes qui ont le devoir d'informer jusqu'au fin fond de nos belles provinces, c'est embétant… Associé « Juif » et ethnie est incorrect, génant, dangereux.. pareil pour maghrébin ou noir… jusqu'a preuve du contraire juif est une confession, pas une ethnie, encore moins une race (peuple juif c'est un peu biblique comme appelation)… pareil pour les « afro-musulmans » (pour beaucoup l'Afrique il ne l'on vu que de loin) : pourquoi parler de bandes ethniques ? ? ? ? … Elles n'existent pas ces bandes, ou alors qu'on identifie un clan zoulou, lebo , haoussa ou peul…Noir n'est pas un peuple, pas une race.. bref, tout cela est simpliste si ce n'est nauséabond… parlons de luttes, bagarres entre bandes de jeunes… Ca ne fait que croire qu'en France des ethnies s'affrontent, qu'elles ne sont pas françaises mais qu'elles ont chois l'Hexagone pour se massacrer. Ne parlons pas d'agression à caractère antisémite avant que la gamin soit sorti du coma, avant que l'enquête se fasse…ne désignons pas des agresseurs et des agressés… cela ne fait le jeu que des abrutis : betar, LDJ, agitateurs des peurs primaires de tous bords.
« samedi, rixe entre gosses dans le 19ème… un blessé grave, la police fait son enquête… les responsables associatifs, religieux et les autorités de l'arrondissement ont protesté contre cette lache agression et la violence qui se banalise… ils appellent au calme et attenendent que toute la lumière soit faite sur cet incident déplorable ».. ; voila ce que pourrait être la teneur du discours, moins de sensation, plus de retenue… car a trop crier au loup on en verra pas venir la bête qui nous dévorera tous, religion, couleurs et origines confondues…
à richelieu94
De Bardamu
difficile | 09H02 | 25/06/2008 |
Il n'est pas interdit de parler d'ethnie pour désigner les juifs, puisque le judaïsme repose sur la filiation biologique : il faut avoir une mère juive pour être considéré comme juif.
Oui, je sais, il ne faut pas le dire, c'est tabou.
Bref, si on vous suit, il ne faut pas dire « une bande de noirs et une bande de juifs se sont affrontés » mais « rixe entre jeunes ».
C'est scandaleux : pourquoi signaler leur âge ? C'est de la discrimination inacceptable.
Il faut dire : hier soir, quelque part sur sur la planète Terre (pas de discrimination géographique ! ), des êtres humains se sont affrontés.
Heureusement que je suis là !
à Bardamu
De Pilobolus
Informatichien | 09H12 | 25/06/2008 |
Qui peut prétendre être sur de ne pas avoir un ancêtre juif ou je ne sais quel autre origine dans son arbre généalogique ?
à Pilobolus
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 10H11 | 25/06/2008 |
Voici ce que disait, en 2005, l'union des patrons et professionnels juiifs de France :
http://www.upjf.org/actualiees-upjf/article-10527-109-1-sarkozy-juif-air…
à Bardamu
De richelieu94
09H18 | 25/06/2008 |
ca n'a pas de sens… d'abord parce que l'on ne connait pas le fond de l'histoire et dès lors la confession ou l'origine des agresseurs ne font qu'envenimer les choses… il faut parler d'antisémitisme ou de rascisme quand on est en face de ces problèmes… si là c'est une rixe entre bande de jeunes pour une histoire de scooter ou de shit ca donnera « réglement de compte antisémite dans le milieu de la drogue »… super, quel sens ? . du coup c'est complètement banalisé et les discours de prévention sont inutiles.. En france il n'y a qu'une communauté et elle est nationale… alors voir les journaleux du service public et de TF1 faire du sensationel et ne pas hésiter à rapprocher ça du conflit isarelo-palestinen, c'est nul (d'autant qu'on ne dit pas conflit judéo-islamisque au proche orient). c'est vraiment pour faire monter la sauce et a trop fragmenté sur les détails on se crée nos propres emmerdes
à richelieu94
De Bardamu
difficile | 09H27 | 25/06/2008 |
Je suis d'accord avec vous, mais alors il ne faut pas grimper aux rideaux dès qu'on parle d'« identité nationale », comme l'ont fait les historiens officiels de la « cité de l'immigration », ou écrire un livre comme Gérard Noiriel, « A quoi sert l'“identité nationale” pour tenter d'instaurer un terrorisme intellectuel rendant suspect l'emploi même de ces termes.
Si vous ne voulez pas de l'identité nationale, au moins comme idéal régulateur, comme fiction utile, vous aurez le communautarisme.
C'est aussi simple que cela, mais ça paraît encore trop compliqué pour nos belles élites.
De richelieu94
09H36 | 25/06/2008 |
le terme identité est problématqiue car il renvoie justement à un projet de socéité qui serait construit au dessus de communautés… Il n'y d'identité nationale que dans la volonté du plus grand nombre de vivre selon un ensemble de règles et de valeurs qui unissent… je ne me sens pas plus proche d'un bérrichon que d'un français d'origine guinéenne pour une question d'identité… par contre je me sentirai en communauté de pensée et d'oppinion avec un juif sépharade d'origine marociane qui partage avec moi une idée des droits de l'homme, de la solidarité sociale, de la liberté d'expression… Si identitée française il ya elle est dans l'égalité (de tous) ; la liberté de (tous) et le fraternité (entre tous) pas dans une nébuleuse division ethnico-religieuse qui ne correspond pas à une réalité culturelle, humaine et citoyenne.. je cois que malheureusement aujourdhui le magma intellectuel de beaucoup de personnes (dont des jeunes) fait qu'il y a des recréations identitaires mouvantes et peu stables, dangereuses car opportunistes (selon l'actualité internationale, selon les héros du moment) : en ce sens, le terme d'identité nationale va dans ce sens et contribue à la putréfaction du climat…
à richelieu94
De Bardamu
difficile | 09H43 | 25/06/2008 |
Vous confirmez mon diagnostic : si vous refusez l'idée d'une identité nationale (qui, je vous cite : « contibue à la putréfaction du climat », vous êtes bien en phase avec la stigmatisation ambiante) « surplombante », qui permet justement aux différences de s'inscrire dans un projet commun, vous ne laissez pas d'autre choix aux individus, qui, qu'on le veuille ou non, ont besoin d'une construction identitaire, que le repliement sur des identités « régionales ».
à Bardamu
De Teez-teez
Back in the USSR | 11H49 | 25/06/2008 |
en fait tout dépend du sens qu'on donne aux termes « identité nationale » quoi. ou même, plus exactement, au terme « identité » : est-ce qu'on l'associe à une religion, une ethnie, une origine géographique,…
personnellement (mais cela n'engage que moi, et c'est peut-être tiré par les cheveux), j'associe spontanément le terme « identité » à « identique », et je trouve ça un peu gênant… je préférerais qu'on emploie, à la place de l'expression « identité nationale », celle d'« idéal commun ». après tout, à la base, l'idéal de la révolution française, c'est qu'est français celui qui adhère aux valeurs de la république française, et non pas l'enfant de parents à l'« identité française » (quel que soit le sens que l'on donne à ces termes).
mais bon…
à richelieu94
De onegus
in & out | 00H24 | 26/06/2008 |
C'est le simple usage du terme identité qui pose problème, car c'est à la base une erreur sémantique, le terme appartenance est plus approprié, il faut écouter Serres là-dessus… Qu'on le veuille ou non, le concept d'identité nationale sera toujours quelque chose de dangereux. La différence entre identité et appartenance est fondamentale. La confusion systématique des deux termes conduit inévitablement au racisme.
« Que dit le raciste ? s'écrie Michel Serres : “Il vous traite comme si votre identité s'épuisait en l'une de vos appartenances ; pour lui, vous êtes noir ou mâle ou catholique ou roux. Il adore le verbe être, aussi flou que réducteur. Le racisme puise sa puissance dans une ontologie dont l'acte premier de parole réduit, ici, la personne à une catégorie ou l'individu à un collectif. Il vous cloue dans une case comme un entomologiste pique d'une aiguille tel insecte dans sa collection : chassé, tué, traversé d'acier, il incarne une espèce”
http://www.canalacademie.com/+-Michel-Serres-+.html
à Bardamu
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 10H14 | 25/06/2008 |
L'identité nationale, n'est-ce pas le fils d'un Hongrois qui en a parlé ?
Certes, il a eu le front populaire et a été élu haut la main…
à FabiendeMénilmontant
De Bardamu
difficile | 10H22 | 25/06/2008 |
Mais bien entendu ! Un fils d'immigré hongrois aux origines partiellement juives peut devenir président de la République française et défendre l'« identité nationale » qui ne dépend ni de la filiation ni de l'origine mais de l'adhésion à un projet et de l'inscription dans une histoire qu'on s'approprie…
C'est faute de comprendre cette belle alchimie qu'on fabrique du communautarisme.
De Deborah
08H51 | 25/06/2008 |
Bernard Lewis n'est pas l'observateur le plus « objectif »….
Reste que cette agression, totalement inacceptable et qui doit être évidemment sévèrement sanctionnée, n'est pas non plus intervenue par hasard. Et qu'il apparaît, maintenant, que la situation est explosive entre bandes diverses et variées. Ce jeune homme est une victime, certes, mais il n'est pas blanc bleu.
ET je voudrais savoir si, un jeune du même âge et avec le même profil, eut-il été agressé avec cette violence, s'il aurait été parlé d'une agression « anti musulmane par incidence ! AH, le beau mot que voilà, “incidence”… Les juges feraient bien de la boucler en attendant que se développe et aboutisse les enquêtes. Cette antisémitisation à outrance est une mauvaise action. Une très mauvaise action pour l'avenir.
De freeware
OK | 08H53 | 25/06/2008 |
Propositions de titres, suite 2.
[…]
Ici on dépouille, mais on laisse le slip.
--------------------
Ou alors, si on prend le slip, on laisse quand même le stérilet.
De Janus 333
Slainte! | 08H57 | 25/06/2008 |
Communautarisme + religion = connerie humaine !
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 09H09 | 25/06/2008 |
dommage qu'on puisse pas commenter oralement , vue que l'écris et moi hum hum
De bdnw
09H11 | 25/06/2008 |
Le spectacle continue avec son cortège d'indignation médiatico-politique suite à un petit fait divers qui aurait passé inaperçu si la victime n'était pas de confession juive.
Et voilà une aubaine pour les fanatiques pro-israélien de monter au créneau pour dénoncer une énième fois, sans même qu'il ait eu enquête au préalable, le péril islamiste qui submerge la France, car il s'agit bien de çà en réalité !
Rudy est pourtant loin d'être un enfant de coeur, il est connu des services de police, il a été placé en garde à vue pour coups et blessures avec arme lors d'une manifestation ! Tout porte à croire que cet humaniste fait partie de la LDJ ou du Bétar. Ce qui n'empêche pas le Crif et un de ses chef, Ariel Goldmann, l'homme qui dégaine plus vite que son ombre, de réagir instantanément : il s'agit bien d'un acte antisémite ! Ben voyons, il est vrai que le contraire de leur part nous aurait étonné.
Pour le Crif la prudence n'est jamais de mise dans ce genre d'affaire. Toute agression ou irrespect à l'endroit d'un juif est considéré comme un attentat antisémite par le Crif. Cette dernière n'a donc tiré aucune leçon d'une panoplie de supposé agressions antisémites qu'ils avaient dénoncé jusqu'à perdre haleine avant que les français ne découvre qu'il s'agissait en réalité d'une machination comme cette jeune femme dans le train qui prétendait avoir été agressé par des voyous arabes qui avait prafané son corp en le marquant par des croix gammées ou même ce Rabbin qui soutenait avoir été poignardé par des « jeunes de banlieues » au cri de « sale juif » ! Nombreux étaient ceux qui avaient hurlé avec les loups ( la machine médiatico-politique) à l'époque. Entre temps, le mal était fait, une communauté avait été désignée à la vindicte populaire comme étant la réincarnation du nouveau fascisme qui gangrène la société française.
J'espère que Rudy malgré son passé chargé s'en remettra, je n'ai pas envie que le Crif se réjouisse à la mort de ce jeune homme qu'il leur a déjà donné une aubaine inespérée pour encore et toujours cassé de l'arabe !
à bdnw
De bloqué le 24.09.09
09H27 | 25/06/2008 |
Les médias dominants, les politiques de droite et de gauche, et le président donnent des gages à ce réseau d'influence du CRIF.
C'est exactement le même phénomène qu'avec l'AIPAC aux Etats-Unis (un candidat comme Obama est obligé de faire plus qu'allégeance à Israël, sinon aucune chance d'être élu).
Ce qu'on peut dire c'est qu'il y a là des mécanismes qui n'ont rien de démocratiques.