L'école gratuite, obligatoire et laïque a fait croire aux Français qu'ils descendent des Gaulois. Le Petit Lavisse, le manuel phare de la 3e République, commençait ainsi :
« Autrefois, notre pays s'appelait la Gaule et ses habitants, les Gaulois. »
Aujourd« hui encore, dans les livres du cours moyen, après “les temps préhistoriques”, la Gaule et Vercingétorix continuent de marquer le début de l'histoire et semblent donc confirmer que les “vrais Français” remontent aux “Gaulois”, les autres n'étant que des pièces rapportées. Comprendre que les ancêtres gaulois sont une fiction récente et que la question des ancêtres et de l'histoire doit être posée autrement n'est donc pas inutile. Alors d'abord, qu'est-ce que la “Gaule” ? Royaumes “romano-barbares” et royaume des Francs : la Gaule, une notion romaine
Contrairement aux manuels qui évoquent l'arrivée des Celtes en “Gaule”, comme si celle-ci existait déjà, la Gaule, Gallia en latin, est une invention linguistique des Romains. Ces derniers nommaient galli les tribus qui, à partir du IVe siècle av. J.-C., menacent le nord de la péninsule italique. Gallia correspond à l'espace occupé par ces galli. La première “Gaule” est donc en Italie ! Au fur et à mesure qu'ils poursuivent leur conquête, les Romains distinguent la Gallia cisalpina en Italie et la Gallia transalpina de l'autre côté des Alpes. Quand César, au milieu du Ier siècle av. J.-C., atteint le Rhin, il décrète que le fleuve est la frontière entre Gallia et Germania. Espace purement géographique, cette Gaule est un territoire morcelé entre des peuples nombreux et César lui-même parle de la guerre des Gaules. Jusqu'à la chute de l'Empire romain d'Occident, la Gaule est une fiction géographique. Au IVe siècle ap. J.-C., aucune entité administrative de l'Empire ne porte ce nom.
Les grandes migrations de peuples venus de l'est et du nord, qui ont contribué à la disparition de l'Empire romain, font naître de nouvelles configurations aux limites flottantes, les royaumes dits “romano-barbares”. Citons par exemple la Burgondie (future Bourgogne), l'Aquitaine des Visigoths, l'Allemanie, l'Austrasie… Au début du VIe siècle, les Francs -l'un de ces peuples venus de l'est-, réussissent, grâce aux succès militaires de Clovis, petit roi de Tournai soutenu par l'Église, à imposer leur domination sur la plupart des autres royaumes.
Dans la deuxième moitié du VIIIe siècle, tandis qu'au sud des Pyrénées, des califes arabo-musulmans gouvernent l'Espagne, Pépin le Bref, un grand d'une autre famille franque, les Pipinides (futurs Carolingiens), s'empare de la royauté franque par un “coup d'État” et est sacré roi des Francs par le pape. Charles (Charlemagne), son fils, est proclamé empereur en 800. Les royaumes placés sous la souveraineté des Carolingiens s'étendent de l'océan à l'Elbe, la Bretagne restant à l'extérieur.
L'histoire des conflits et des partages ultérieurs du grand royaume des Francs est complexe et mouvante. L'important est de comprendre que cette histoire est, si l'on veut, européenne, et que l'idée qu'il s'agit de l'enchaînement d'une histoire “de France” se déroulant des Gaulois aux rois capétiens est fausse. Un royaume dit “de France” (regnum Franciae en latin) n'apparaît dans les textes que vers le XIIIe siècle. Annexer Clovis et Charlemagne à l'“histoire de France” est donc abusif.
Populations métissées et langues multiples : pas d'horizon “gaulois”
Ces siècles ont connu, en Europe occidentale, des brassages, des métissages de populations et une très lente transformation des parlers. Dans le cloisonnement de ruralités aux communications difficiles, les langues foisonnent, le latin demeurant celle de l'écrit, des manuscrits, des clercs et des chancelleries. De grands ensembles linguistiques encadrent cette diversité. Au sud, les langues d'oc sont fortement marquées par le latin, sauf l'insolite enclave basque des deux côtés des Pyrénées atlantiques. Entre Loire et Meuse, les langues d'oïl, brassage de parlers francs, celtes et latin abâtardi, offrent de multiples variétés. Au nord et à l'est, les langues restent germaniques, tandis que dans l'Armor, les Bretons immigrés de (Grande-)Bretagne aux IVe et Ve siècles ont (re)celtisé les parlers.
A cet univers multiethnique et multilingue, la puissante Église catholique, régie par le pape et les évêques, a conféré au long des décennies une unité spirituelle. Elle cautionne aussi le système de relations -la féodalité- qui se diffuse au IXe et au Xe siècles : la société dite d'ordres qui établit une stricte hiérarchie entre ceux qui prient, ceux qui combattent et ceux qui “travaillent” pour nourrir tous les autres. Des communautés juives, dont certaines implantées dès l'Empire romain, sont disséminées en petits noyaux jusque sur le Rhin. Elles cultivent leurs propres traditions, non sans contacts avec l'environnement chrétien en pays d'oc, musulman et chrétien en Espagne. La grande persécution des Juifs par les chrétiens ne commence vraiment qu'avec la première croisade, prêchée par le pape en 1090.
Le Xe siècle voit la lente ascension d'une nouvelle famille franque venue d'Austrasie, les Robertiens, futurs Capétiens. On leur chercherait en vain des ancêtres gaulois. La notion romaine de Gaule survit fugitivement dans les hautes sphères de l'Église. Mais les ancêtres des Capétiens, “rois de France” au XIIIe siècle, sont de valeureux guerriers francs descendant des légendaires Troyens vaincus par les Grecs au temps du roi Priam. L'origine troyenne des Francs est racontée dans la première grande histoire à la gloire des rois de France rédigée au XIIIe siècle par les moines de l'abbaye de Saint-Denis. Pas trace d'ancêtres gaulois dans ces grandes “Chroniques de France” ni dans aucune “histoire de France” jusqu'au XIXe siècle ! Du mythe troyen au mythe gaulois : les effets pervers de l'origine gauloise
Les Gaulois vont d'abord apparaître avec les grands bouleversements intellectuels et techniques des XVe et XVIe siècles : l'humanisme, l'imprimerie, la redécouverte des textes de l'Antiquité. Certains écrivains qui, comme tous les contemporains, pensent que l'origine de l'humanité est écrite dans la Bible, vont substituer les Gaulois aux Troyens comme ancêtres des Francs. Ils les décrivent comme un peuple fabuleux descendant de Noé, le patriarche dont l'arche a sauvé l'humanité du Déluge. Au XVIIIe siècle, les débats autour des “Gaulois” se modifient en s'idéologisant. Ancêtres du peuple, ils s'opposent aux “Francs” qui sont les ancêtres des aristocrates. La Révolution voit donc le triomphe des “Gaulois”.
Un peu partout en Europe, l'idée se diffuse que les nations nouvelles ou à former descendent d'un peuple primitif. Pour les historiens français héritiers de la Révolution, les Gaulois sont ce peuple primitif. Ils deviennent alors l'objet de savantes études ou d'imageries populaires (grands, blonds, longues chevelures, teint clair…). Le personnage de Vercingétorix est alors imaginé, à partir d'une phrase ambiguë de César, comme le premier de nos héros (inconnu avant le XIXe siècle). Il entre en fanfare dans les manuels d'histoire du Second Empire puis de la République.
Cette lecture du passé français à travers la grille d'une Gaule qui préfigurerait la “nation” est obsolète et non sans effets pervers. D'une part elle conditionne spatialement le passé autour du seul Hexagone, excluant de ce passé tout ce qui géographiquement lui est extérieur, comme les Antilles ou même la Corse. Elle confère à la durée de la présence sur le sol hexagonal présumé “gaulois” une vertu quasi-magique au nom d'une antériorité généalogique qui serait synonyme de supériorité.
Une garantie de l'unité et l'indivisibilité nationale pour les fondateurs de la République
D'autre part, et c'est le plus grave, l'idée d'une souche gauloise ethnicise fantasmatiquement la “véritable” nation et nie la diversité raciale et culturelle qui a constamment accompagné la création historique de la France. Le royaume en son commencement du XIIIe siècle juxtapose des pays aux parlers et coutumes différentes. Les Antilles esclavagistes du XVIIe siècle ajoutent un nouveau volet à cette histoire.
L'histoire de la France “Gaule” et d'un peuple français d'origine “gauloise” fabriquée au XIXe siècle correspond à la vision des fondateurs de la République et garantit à leurs yeux l'unité et l'indivisibilité nationale. Or, paradoxalement, cette histoire coïncide avec les premières grandes vagues d'immigration de travailleurs italiens, belges, polonais et Juifs venus “d'ailleurs”, et avec l'expansion coloniale qui élargit l'espace “français” à l'Afrique et à l'Indochine. Et cette version de “nos ancêtres les Gaulois” a ainsi été imposée dans les écoles des lointaines colonies. Mais cette histoire de la France “Gaule” est aujourd'hui obsolète pour décrypter une identité française aux multiples racines post-coloniales et mondiales.
► Le Mythe national, l'histoire de la France revisitée de Suzanne Citron - éd. de l'Atelier, 2008 - 352p., 11,90€.




















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De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 17H32 | 23/06/2008 |
Bravo et merci pour cette mise au point historique.
À la lecture de certains commentaires il faut craindre que l'image de marque idéologique datant du 19ième siècle est encore prise pour la réalité par la grande majorité des citoyens de la France qui se croient tous un peu décendant de Vercingétorix, alors qu'il y a de fortes chances qu'il y ait beaucoup plus de « Maure », de « Hun » ou - qui sait - de Syrien, Albanais, Saxon, Bulgare, Wisi-Goth et que sais-je parmi leurs valeureux ancetres.
à leconcombrevert
De ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit)
cadre(guidon)retraité | 23H00 | 23/06/2008 |
le con combrevert entier !
commentaire d'une banale platitude pour une personne
qui prétend donner des leçons de culture sur un autre
site
De plus ,veuillez verifier l'appelattion exacte des
invasions (Albanais est un nom récent,ainsi que S
à ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit)
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 06H37 | 24/06/2008 |
Vous alors, que vous êtes fin ! Et espiègle !
à leconcombrevert
De ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit)
cadre(guidon)retraité | 07H32 | 24/06/2008 |
sans rancune , cher ami
à leconcombrevert
De fulop1950
14H20 | 24/06/2008 |
ma mère est hongroise, mon père normand depuis la Révolution,sa famille etait auparavant savoyarde, vivait encore avant de l'autre coté des Alpes, et semble t-il, déscendé-je de sarrazins installé en Italie.
plus gaulois que moi, on ne le fait pas, d'ailleurs notre chef de l'etat n'a-t-il pas revisité l'histoire à sa façon ! ! ! !
pourquoi chipoter si lui l'affirme ?
il me semble noter là quelque relent nauseabond !
donc, je suis la preuve que ce que vous dites est vrai
De Bardamu
difficile | 17H33 | 23/06/2008 |
Non, c'est vrai ? Alors Pharamond n'existait pas pour de vrai ? Comme je suis déçu…
Sérieusement, à part enfoncer des portes ouvertes, quel est l'intérêt de cet aticle ?
Les origines de tous les peuples sont mythiques, les grands « récits fondateurs » également…
Reste dans le cas de la France deux éléments structurants : la monarchie et le catholicisme.
Et jusqu'au XIXème siècle, et ensuite à la grande saignée de la première guerre mondiale, l'immigration ne joue quasiment aucun rôle dans la démographie française.
Je sais bien que la mode est à l'« inexistentialisme », et qu'il est de bon ton de contester qu'il y ait même quelque chose qui ressemble à une « identité française » (hou le vilain mot ! ), mais convoquer ces pauvres gaulois pour les besoins de l'absence de démonstration, au nom d'un cosmopolitisme de pacotille, me paraît vide de sens.
à Bardamu
De lioe
berlin | 17H58 | 23/06/2008 |
Bonsoir Bardamu
Peut etre que cela a pour but de relativiser sur la puretee de ceux qui parlent d ancetres Francais.
à lioe
De Bardamu
difficile | 18H29 | 23/06/2008 |
Bonsoir Lioe
Mais qui soutient l'idée d'une « pureté » quelconque ?
Si nous remontons suffisamment loin, nous allons bien entendu tous descendre de la même horde primitive de chasseurs-cueilleurs. Et alors ?
Ce que je conteste c'est l'utilisation politique de ce genre d'histoire pour nier l'identité des peuples (des peuples européens exclusivement du reste, personne ne va voir les kanaks ou les touaregs ou les tibétains pour leur contester leur identité au nom d'une quelconque profondeur historique ! ).
C'est un peu comme si on disait aux indiens d'Amérique qu'ils ne sont pas des autochtones mais des immigrés asiatiques venus à pied par le détroit de Behring !
à Bardamu
De mass0
athée et citoyen du monde | 11H41 | 24/06/2008 |
>C'est un peu comme si on disait aux indiens d'Amérique qu'ils ne sont pas des autochtones mais des immigrés asiatiques venus à pied par le détroit de Behring
Et pourtant c'est la réalité, en même temps faire tout se chemin pour être exterminé par les européens c'est triste.
à Bardamu
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 18H09 | 23/06/2008 |
« Enfoncer des portes ouvertes » ! ? Vous voulez dire que cet article contient des informations connues de tout le monde, dont vous ? ! Hé bé, tout à l'heure, vous donniez plutôt l'impression d'être moins bien informé et plus péremptoire sur le sujet. Je vous cite :
« Quant à l'inexistence de la France à l'époque de Jules César, vous oubliez que Vercingétorix avait uni autour de lui presque tous les peuples gaulois qui quoique différents, ne voulaient pas du joug romain. »
Vous ne seriez pas en train de vous contredire, là, Bardamu ? Ou de faire dans l'argument « mythique » ? Tsstss…
à Quinine
De Bardamu
difficile | 18H30 | 23/06/2008 |
Bien entendu, ces « informations » sont connues depuis plus de cinquante ans par la plupart des historiens…
Dans la contribution que vous citez, mon propos était autre : je voulais montrer qu'il y avait eu « colonisation » de la part de Jules César non pas de la France, évidemment, mais d'un territoire partagé par différentes tribus gauloises qui se sentaient assez de destin commun pour lutter contre l'envahisseur. Comme ce territoire recoupe une grande partie de l'actuel territoire français, la comparaison avec la France me paraît non dénuée de sens.
De plus, mon intention était bien entendu ironique… Je n'en veux pas vraiment à Jules César, vous savez.
L'Algérie non plus n'« existait pas » avant la conquête française.
à Bardamu
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 19H19 | 23/06/2008 |
Et de mauvaise foi, en plus ! Vous cumulez, Bardamu.
à Quinine
De Bardamu
difficile | 07H36 | 24/06/2008 |
Je ne vois pas où est la mauvaise foi. Je répondais, sur un autre fil, à la sempiternelle demande de « repentance » sur un mode humoristique en montrant justement l'absurdité qu'il y a à exiger des peuples européens le règlement d'une dette imaginaire. Ainsi, pourquoi pas se réclamer de Vercingétorix pour à notre tour demander aux italiens des comptes (Vous savez, je suis aussi au courant du fait que l'Italie actuelle n'existait pas vraiment à l'époque, je le précise, parce qu'il faut décidément tout vous dire…)
Je ne sais pas si je cumule, mais vous avez un peu de mal à suivre.
à Bardamu
De ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit)
cadre(guidon)retraité | 22H53 | 23/06/2008 |
Bardamu
Je suis de votre avis : ce livre explique bien la
chronologie des differentes invasions, mais il n'apporte rien de nouveau !
Il y a eu de nombreux ouvrages sur toutes ces invasions :
si on s'intéresse à l'histoire, on sait que de nombreux
mythes ( comme Jeanne d'Arc) sont récents et ont été
« reconstruits » au 19eme siécle !
Michelet a aussi réécrit « L'HISTOIRE DE FRANCE'
à ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit)
De ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit)
cadre(guidon)retraité | 23H12 | 23/06/2008 |
Si la culture historique des jeunes enfants se limite
à ASTERIX , il est sûr qu'ils vont se faire à l'idée
de « NOS ANCETRES LES GAULOIS »
Faut-il déconseiller de laisser lire ces albums aux enfants ?
à Bardamu
De Sacha25
18H17 | 23/06/2008 |
N'oublions pas le gallicanisme, véritable unificateur
De karlM
18H05 | 23/06/2008 |
Cool, des historiens qui racontent des histoires…
Pas cool, ceux qui font de la propagande pour que l'on adule nos rois guerriers.
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 18H09 | 23/06/2008 |
« Autrefois, notre pays s'appelait la Gaule et ses habitants, les Gaulois. »
Moi , je ne vois pas ce qu » il y avait de choquant d » avoir appris , meme au fin fond des colonie du temps de l » Empire « Nos ancetres les Gaulois »
Parce ce que de toutes façons ,ni moi ni personne ne descend des Gaulois en France , ou alors vraiment metissé a mort de 99% d » autre chose ..
Par contre , comme acte fondateur et comme mythe , les Gaulois : insoumis, résistants, ripailleurs ,buveurs,baffreurs ,bagarreurs , inventeurs du pantalon et loosers ayant juste peur que le ciel leurs tombent sur la tête , hé ben je trouve ça plutôt sympa que les tristes cons d » a coté …
Pas besoin de rappeler qu » Asterix est traduit dans le monde entier et que le chanteur de « faut rigoler » (Henry Salvador) était pas blanc-blanc et l » auteur des paroles (Boris Vian) , plutôt Caucasien..
Faut rigoler
Faut rigoler
Avant qu'le ciel nous tombe sur la tête
Faut rigoler
Faut rigoler
Pour empêcher le ciel de tomber
Nos ancêtres les Gaulois
Cheveux blonds et têtes de bois
Longues moustaches et gros dadas
Ne connaissaient que ce refrain-là
Faut rigoler
Faut rigoler
Avant qu'le ciel nous tombe sur la tête
Faut rigoler
Faut rigoler
Pour empêcher le ciel de tomber
Nos ancêtres les Gaulois
Habitaient des huttes en bois
Et les druides trois par trois
Sous le gui chantaient à pleine voix :
Faut rigoler
Faut rigoler
Avant qu'le ciel nous tombe sur la tête
Faut rigoler
Faut rigoler
Pour empêcher le ciel de tomber
Nos ancêtres les Gaulois
Prirent la pile à Alésia
Les barbares étaient là
Mais tant pis pour Jules dirent les Gaulois
Faut rigoler
Faut rigoler
Avant qu'le ciel nous tombe sur la tête
Faut rigoler
Faut rigoler
Pour empêcher le ciel de tomber
Nos ancêtres les Gaulois
Inventèrent le tabac
Et c'est grâce à ce truc-là
Qu'ils s'fendaient la pipe à tour de bras
Faut rigoler
Faut rigoler
Avant qu'le ciel nous tombe sur la tête
Faut rigoler
Faut rigoler
Pour empêcher le ciel de tomber
Nos ancêtres les Gaulois
Eurent tort d'être grand-papas
C'est leur faute si on est là
Et si on fait le mambo des Gaulois
Faut rigoler
Faut rigoler
Avant qu'le ciel nous tombe sur la tête
Faut rigoler
Faut rigoler
Pour empêcher le ciel de tomber
à Numerosix
De beaumasque
11H29 | 24/06/2008 |
Il est vrai que Boris Vian avait un prénom slave et qu'il est l'auteur de l'inoubliable « je suis slave » où il s'amusait de la crédulité de certains qui sur la seule foi de son prénom le prétendait russe.
Mais pour le reste je crains (à moins que mes informations datent un peu) que son nom soit plutôt d'origine provençale. [En France, le nom de Vian est surtout porté dans le Sud-Est et il est souvent originaire d'Italie (Vénétie). Ce serait une forme courte du prénom Vivian, Vivien (latin Vivianus)].
La légende de son origine russe trouve donc naissance dans son prénom et l'auteur compositeur à scandale qu'il était ne pouvait dans les années cinquante (temps oublié de la guerre froide) pour certains de ses détracteurs qu'être un agent russe (sous entendu un bolchévique) qui venait pervertir notre belle jeunesse.
Faire de l'auteur du « déserteur » un russe ou un descendant de russe était un moyen peu élégant de lui nier sa qualité de « bon français » et de le rattacher à l'ennemi tapi derrière le rideau de fer.
à beaumasque
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 12H06 | 24/06/2008 |
Merci pour ces précisions concernant Bison Ravi , Beaumasque !
De GRECKO
18H14 | 23/06/2008 |
Tout ceci est bel et beau et tiré des meilleures sources.
Mais d'où tenez-vous qu'en histoire, en classes de 6°(Rome) et de 5°(des barbares au Saint-Empire), il est enseigné l'unité geo-politico-ethnique de la gaule ?
La rapidité de l'étude, dans ces classes, qui fixe des cadres larges , peut-être trop globalement, peut parfois le laisser croire.
Cordialement.
De pablico
18H33 | 23/06/2008 |
quand la lecture de l'adn aura fait plus de progrès.
on pourra mettre les choses au clair. Et ne plus se complaire dans des paradigmes fait de belles histoires romancées, de mythes complètement dépassés, où la « race » supérieure est plus forte, plus intelligente, plus belle, plus travailleuse , plus courageuse, etc, etc, que la « race » inférieure qui elle-même se trouve supérieure à etc etc .
espérons le.
à pablico
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 23H33 | 23/06/2008 |
Justement , notre mythe fondateur à nous , les Gaulois, on ne nous a jamais appris que c'est une race supérieure .On nous raconte qu'assez vite , ce furent des looseurs !
C'est la toute la différence, bon sang !
à Numerosix
De Un compte supprime
nc | 13H51 | 24/06/2008 |
Ben ouais quoi, on est quand meme superieur nous les gaulois, justement parce qu'on est des loosers…
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 18H30 | 23/06/2008 |
Merci, Mme Suzanne Citron.
Votre article souligne à quel point nos leçons d'histoire étaient (sont ? ) arbitraires.
De re-belle
mère au foyer | 18H30 | 23/06/2008 |
nous sommes tous issus de l'immigration ! ! ! …
normal, depuis le début de l'humanité, l'homme a toujours conquis de nouveaux territoires où les peuplades se sont séparées et recroisées par des marchandages, des routes de commerces ou moins pacifiquement par des luttes guerrières, des invasions ! ! ! …
De Annie
18H37 | 23/06/2008 |
Je crois qu'il y a derrière ce texte un argument plus politique ; que la prétention d'une descendance des Gaulois nourrit les vues les plus racistes ou xénophobes à l'égard de la pureté de notre race (peuple). Je ne nie pas que l'histoire telle qu'elle est enseignée à l'école et les mots conditionnent les modes de pensées, mais personne je crois à l'heure actuelle, sauf peut-être les plus irréductibles à défaut d'un mot moins argumentatif, contesterait la réalité du brassage des races ou des peuples. La question est donc la suivante à mon avis : faut-il réformer les livres d'histoire pour promouvoir ce brassage des peuples ou bien faut-il donner à la pensée collective française le temps d'absorber la réalité de ses origines ? Entre les deux, mon coeur balance.
à Annie
De Autre raleur
18H55 | 23/06/2008 |
<<
faut-il réformer les livres d'histoire pour promouvoir ce brassage des peuples
>>
Les livres d'histoire comme outil de manipulation ?
<<
ou bien faut-il donner à la pensée collective française le temps d'absorber la réalité de ses origines ?
>>
La pensée collective française ?
--
Bref, je n'ai pas compris votre message. Vous pouvez développer ?
Merci.
à Autre raleur
De Annie
19H42 | 23/06/2008 |
Ce que je voulais dire qu'il fallait choisir entre réécrire les livres d'histoire en prenant en compte ce brassage des peuples, c'est-à-dire le fait que nous ne sommes plus seulement les descendants des Gaulois, mais de tribus, ethnies diverses qui un jour ont envahi la France, et en tenant compte également des comptoirs que nous avons établi un peu partout dans le monde entier et des peuples que nous avons colonisés, ou bien accepter la réalité, étant donné que les mentalités évoluent et qu'aujourd'hui il est difficile d'avancer que n'importe quel peuple puisse avoir un seule origine, ou bien être issu d'une seule ethnie, race etc. Moi aussi j'ai appris Vincergétorix à l'école, mais de là à affirmer que les Gaulois sont mes seuls ancètres ! !
à Annie
De Autre raleur
23H57 | 23/06/2008 |
Merci pour votre réponse.
Je ne comprend toujours pas, mais vu les votes c'est sans doute que je suis neuneu. Là par exemple je ne comprend pas bien la différence entre les deux parties séparés par le « ou bien ». Tant pis, j'ai jamais été littéraire.