Decryptage

Les bourses sur critères universitaires sucrées en douce

Une réforme « généreuse » était annoncée ; au final, ce type de bourses est supprimé pour « donner la priorité » aux critères sociaux.


Etudiantes à la faculté d'Orsay (Flore-Aël Surun).

Valérie Pécresse avait annoncé une « réforme généreuse » du système des bourses étudiantes. En effet, si la précarité ne touche pas davantage d'étudiants, elle est en revanche de plus en plus prononcée. Au total, 40% d'entre eux travaillent pour financer leurs études. Et pas seulement l'été, mais dans le cadre d'un « travail salarié régulier », à raison d'une moyenne de 42 heures par mois.

C'est sur la base de ce chiffre que les syndicats étudiants réclament de longue date une revalorisation des bourses. Selon les derniers chiffres disponibles auprès du Cnous, l'année 2007-2008 comptait 472 109 boursiers sur critères sociaux (voir encadré pour le décompte échelon par échelon) et 11 874 bourses sur critères universitaires. Ces dernières concernent seulement les étudiants en niveau master et les candidats à l'agrégation.

Or, la semaine dernière, Network23, riverain assidu sur les questions d'éducation, prévenait Rue89 : à la fac de Nanterre (Paris X), où cet internaute est inscrit en philosophie, un panneau épinglé sur la porte indique que ces bourses sur critères universitaires sont supprimées pour la rentrée prochaine.

Six échelons de bourses sur critères sociaux


-Echelon 0 (42 862 étudiants) : pas de financement mais une exonération des droits universitaire et de la cotisation de sécurité sociale.
-Echelon 1 (90 385 étudiants) : 1389 euros par an.
-Echelon 2 (49 207 étudiants) : 2093 euros par an.
-Echelon 3 (50 282 étudiants) : 2682 euros par an.
-Echelon 4 (49 961 étudiants) : 3269 euros par an.
-Echelon 5 (93 834 étudiants) : 3753 euros par an.
-Echelon 6 (95 578 étudiants) : 3921 euros par an.

Les bourses sur critères universitaires allouaient 4052 euros par an aux étudiants en master recherche ou professionnel (10 359 étudiants) et 4370 euros aux candidats à l'agrégation (1515 étudiants). Cette année, 2500 bourses ont été supprimées en cours d'année pour manque d'assiduité.

Renseignement pris dans d'autres facs, c'est bien tout le dispositif des bourses sur critères universitaires qui passent à l'as dès le mois de septembre. Côté syndicats, on affirme avoir eu peu de précisions sur ce chapitre… et on relève tout de même en passant le moment que le gouvernement a choisi pour dévoiler discrètement la mesure.

Cela faisait déjà plusieurs semaines que la réforme des bourses était décriée dans le milieu étudiant, où l'on estime qu'environ 20 000 étudiants seraient perdants avec le nouveau mode de calcul mis en place à la rentrée.

Diviser pour moins payer

Cette polémique concernait jusqu'à présent seulement les bourses sur critères sociaux. La suppression des fonds attribués en fonction des notes ajoute encore de l'huile sur le feu et, sur le Net, la mobilisation démarre bon an mal an, même si c'est la fin de l'année. Au cabinet de Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, on plaide « la priorité donnée aux bourses sur critères sociaux » :

« La réforme des bourses, c'est 100 000 euros supplémentaires qu'on met sur la table et 50 000 boursiers de plus l'an prochain, soit un dixième de plus. Quant aux recalculés, le rectorat pourra les rattrapper au coup par coup s'ils font appel. »

C'est vrai que la réforme met l'accent sur ce volet, avec la création d'un sixième échelon qui devrait élargir les fonds à des étudiants issus de milieux moins précaires, jusque-là empêchés par l'effet de seuil. De plus, le ministère précise qu'un complément de 200 euros existera bien sur la base du mérite pour ceux qui ont obtenu une mention… mais seulement pour ceux qui sont déjà éligibles aux bourses sur critères sociaux.

Ceux-là pourront d'ailleurs cumuler bourses de mérite, bourse sur critères sociaux et même une nouvelle allocation dite « bourse de mobilité » (400 euros), pour ceux qui voudraient faire une partie de leurs études à l'étranger. Le ministère a prévu pour l'heure 30 000 bourses de mérite et 30 000 bourses de mobilité.

Effet d'annonce et démagogie

Mais, pour Jean-Louis Fournel, professeur d'italien à l'université Paris VIII, à Saint-Denis, et président de Sauvons l'université, le gouvernement a mal choisi ses priorités en supprimant les bourses sur critères universitaires. Pas parce qu'il ne fallait pas mettre l'accent sur les aides sur critères sociaux. Mais plutôt parce qu'avec un ratio de 11 874 bourses de mérite pour 472 109 bourses sur critères sociaux, il n'était ni utile ni opportun d'opposer les deux catégories de boursiers :

« C'est de l'enfumage complet d'opposer les deux catégories de bourse. C'est de la pure idéologie : on préfère diviser parce que ça évite de poser les vrais problèmes. »

Pour l'enseignant, la réforme des bourses cumule effet d'annonce et démagogie :


A ses yeux, le gouvernement se montre particulièrement « idéologue » lorsqu'il flatte aux yeux de l'opinion publique « deux fausses bonnes idées » -les prêts étudiants et l'autonomie des facs- qui ajoutent au désengagement de l'Etat :


Selon lui, même un prêt à taux zéro reste une charge pour les étudiants, alors que les bourses sont devenues « ridicules » comparées à la hausse du coût de la vie. Pourtant, Jean-Louis Fournel assure que des outils de financement existaient, et notamment un levier fiscal, qui aurait permis de maintenir les bourses sur critères universitaires :

« Actuellement, on exonère des foyers car leurs enfants font des études. Il faut se demander si à hauteur d'un certain revenu, on doit maintenir cette exonération alors que le seul impôt juste est un impôt progressif. Ces exonérations représentent 1,27 milliard d'euros. Les bourses, elles, sont à hauteur de 1,3 milliard d'euros. Sans paupériser les classes moyennes, n'aurait-on pas pu repenser la politique fiscale plutôt que de supprimer 11 000 bourses ? Le gouvernement se prive de certains leviers. »

L'impact sur les disciplines et les filières moins rentables

Comme nous le faisait remarquer notre internaute Network23, la suppression des bourses sur critères universitaires n'a pas seulement un effet financier. Elle impacte aussi le fonctionnement de certaines UFR : les bourses sur critères sociaux sont davantage attribuées pour des étudiants en début de cursus. Alors que les bourses sur critères universitaires ne concernent que les étudiants en quatrième année et au-delà. Pour le milieu universitaire, c'est donc la recherche et l'inclinaison des étudiants pour une thèse qu'on essaye d'entraver.

De surcroît, des disciplines appartenant aux sciences sociales ou aux sciences humaines se sentent particulièrement visées par la suppressions des bourses, note Jean-Louis Fournel de Sauvons l'université :


A suivre, après la rentrée universitaire, en prolongement de cette polémique : l'attribution des allocations de recherche aux étudiants préparant une thèse. Ceux qui entrent tout juste en troisième cycle craignent d'ores et déjà qu'on accorde la priorité aux matières les plus immédiatement rentables.

63 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Vinsss

à gsourima Portrait de gsourima De Vinsss

Thésard | 08H45 | 24/06/2008 | Permalien

Et c'est toujours comme ça (pour ce qui est des allocations de recherches) qui sont attibuées sur dossier + entretiens(présentation du projet de thèse) dans la plupart des écoles doctorale : en gros il faut sortir très bien classé de son master.

Le problème des allocations de recherche est plus situé au niveau des thèmes de recherches privilégiés qui risquent de laisser de coter un certain nombre de disciplines, a plus ou moins court terme…

Portrait de gsourima

à Vinsss Portrait de Vinsss De gsourima

08H50 | 24/06/2008 | Permalien

C'est malheureusement mon sentiment également. Je l'avais il y a déjà 4 ans quand j'ai commencé ma thèse, mais j'ai bien peur que ce ne soit plus qu'un sentiment d'ici peu de temps.

Portrait de Network 23

De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 11H50 | 24/06/2008 | Permalien

Non, le problème de la suppression des bourses sur critères universitaires consiste essentiellement, à mon sens, à ce qu'elles étaient réservées aux étudiants en masters et agrégatifs, niveau où l'on ne peut obtenir la bourse sur critère social qu'une année.

Il est faux de dire, comme quelqu'un l'a fait ici, qu'on ne peut obtenir la bourse sur critère universitaire si on est déjà boursier (je le sais par expérience perso ! ) : simplement, l'administration demande au boursier (social) qui entre en master de faire une demande de bourse sur critères universitaires.

Si celle-ci est accordée, il ne cumule bien évidemment pas les deux, mais peut demander l'année suivante une autre bourse (un master se fait en 2 ans, et la préparation de l'agrégation dure en moyenne 2 ou 3 ans).

Si celle-ci est refusée, il aura tout de même la bourse sur critère sociaux, mais seulement un an : l'année d'après il se débrouille. Or la préparation de l'agrégation est, a priori, un travail à plein temps. Ce qui revient à dire qu'on réserve, de fait, les postes d'agrégés à ceux qui ont une famille derrière eux, prêt à les soutenir dans la préparation d'un concours dont l'issue est incertaine. La trajectoire d'un Pompidou, petit-fils de paysans et agrégé avant d'être élu président, semble difficilement envisageable aujourd'hui (certes, il a fait Normale, donc le cas est un peu différent).

Portrait de kawouede

à Network 23 Portrait de Network 23 De kawouede

18H32 | 24/06/2008 | Permalien

Merci pour les explications, et d'accord avec vous sur l'agrégation. Du reste on peut aussi considérer Normale Sup comme une bourse au mérite (sur concours) pour avoir des études payées (je ne parle pas du prestige du titre, c'est autre chose).

Mais il y a bien quelque chose de pourri dans le monde des bourses universitaires.

Portrait de pomme53

De pomme53

Médiation | 08H49 | 24/06/2008 | Permalien

Quelles sont les disciplines les plus lésées, les plus ciblées par ces modifications d'attribution des bourses ? les sciences sociales et les sciences humaines ! Intelligences déclarées selon le gouvernement FILLON voies sans issues et (même s'il ne peut le dire) réservoirs trotskistes de futurs « trublions » de la République !
Bref, à terme, un danger pour l'idéologie de droite qui, fort de ses succès devant les syndicats ouvriers, entend bien pousser son avantage jusqu'à « mater » une bonne fois pour toute cette graine de « révolutionnaires » en culotte courte, en les renvoyant sur des voies plus rentables, plus manuelles ! Au coeur même du concept du travailler plus pour gagner plus !

Portrait de Vinsss

à pomme53 Portrait de pomme53 De Vinsss

Thésard | 09H26 | 24/06/2008 | Permalien

Il ne faut pas réduire ça aux sciences sociales et au sciences humaines, certains thèmes sont délaissés au profit d'autres de façon cyclique. Si on prend pour exemple la recherche médicale (biochimie, pharmacie….) Après plusieurs années passées sur la recherche contre le cancer on se recentre… sur alzeihmer.

Je ne suis pas un spécialiste du sujet mais quand je vois passer : -les directives ANR concernant le choix des projets
-les circulaires de réorganisation du CNRS et tant d'autres choses encore j'ai l'impression qu'on s'oriente de plus en plus vers une recherche par lubie, parce qu'un politique aura decidé par un effet d'annonce de faire « un plan cancer » ou un plan alzeihmer.
Les projets durent 3, 4 ans, après on passe parfois complètement à autre chose… Si en 3 ans on pouvait soigner le cancer….

Portrait de marie 75

De marie 75 3563

08H50 | 24/06/2008 | Permalien

La ministre Valérie Pécresse préfère le tourisme aux chercheurs !
Au Vietnam, Valérie Pécresse oublie de rencontrer les chercheurs français !

« Petit oubli ou grosse boulette ? Au cours de sa tournée asiatique qui a mené Valérie Pécresse à Singapour, au Vietnam et au Japon les 11 et 12 juin derniers, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche n'a pas rencontré les chercheurs français. Ces derniers sont furieux contre leur ministre de tutelle. D'autant plus qu'ils se sont aperçus qu'elle avait profité d'un petit trou dans son agenda pour faire escale dans la baie d'Halong ! Un lieu sublime où les hommes et femmes politiques se rendent volontiers quand ils sont de passage dans la région. »

http://www.bakchich.info/breve919.html

Portrait de oui ben non

De oui ben non

09H26 | 24/06/2008 | Permalien

Bref ! rien de nouveau sous le soleil de Satan…
Mes parents n'étaient pas assez pauvres pour que j'ai une bourse et pas assez riches pour me payer des études.
J'ai donc travaillé.
Mais maintenant que j'ai « réussi », on vient me traiter de nanti et envier le bien que je possède, le fruit de deux vies de labeur, la mienne et celle de mon épouse qui a, elle aussi travaillé, tout en étudiant.
Il faut arrêter de faire de la démagogie. Un étudiant, par principe,doit étudier. Il faut en plus, aujourd'hui, qu'il ait un train de vie de ministre. Non ! Trop, c'est trop.
Une bourse plafonnée pour chaque étudiant,quelque soit le niveau de revenus des parents (pour aide à l'indépendance), avec un complément en fonction des revenus des parents, attribuée pour deux ans, et renouvelée après, si réussite.Cela libèrerait nombre d'emplois en CDI pour ceux qui ne font pas d'études, ou qui ne réussissent pas.
Ajouter à cela un volet « immobilier », plafonnant les loyers « étudiants ».
Je ne pense pas que cela soit difficile à mettre en oeuvre (je dirais même, que cela simplifierait le système, car facilement budgétisable).
500 euros au forfait et jusqu'à 500 euros d'aides en fonction de la situation familliale.. 1000 euros de base, un étudiant doit pouvoir s'en sortir, car je connais nombre de familles qui vivent avec beaucoup moins.
Qu'il y ait ensuite un système différent pour la recherche, c'est une autre histoire à régler. Mais qu'on permette à tout étudiant d'étudier me parait le minimum qu'un pays puisse faire pour ses enfants. Et que ces derniers se prennent en mains pour réussir.Le niveau de notre pays y sera gagnant.

Portrait de Network 23

à oui ben non Portrait de oui ben non De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 11H57 | 24/06/2008 | Permalien

1 000 euros par mois ? ! Personne n'imagine possible de demander plus ! ! ! Les bourses à échelon 6 (sociales) s'élèvent à moins de 4 000 euros par an, et les bourses sur critères universitaires à un peu plus : qui parle de « train de vie de ministre » ?

Au-delà de ça, il y a incohérence à limiter le système des bourses à bac+3, après quoi il faudrait se débrouiller. Soit il y a un sens, pour la société, à financer les études de personnes qui n'en ont pas les moyens financiers, mais sont sérieux et brillants, et dans ce cas-là pourquoi ne pas les aider tout au long de leurs études ? Soit il n'y en a pas, mais je présume que tout le monde admet qu'il est de l'avantage de la société de favoriser les études de ceux qui sont bons dans les études, plutôt que de ceux qui sont simplement nantis.

Portrait de deecurl

à Network 23 Portrait de Network 23 De deecurl

| 12H42 | 24/06/2008 | Permalien

ce que je retiens majoritairement de l'article c'est qu'il y a des allocations et aides diverses reçues par des étudiants qui n'en ont pas vraiment besoin.
je me rappelle que j'ai pu bénéficier de l'APL pendant mes études alors que mes parents auraient pu me payer le loyer complet (à Toulouse c'est encore abordable).

j'aurai aimé savoir quelle est la proportion d'aides allouées non nécessaires aux bénéficiaires, est-elle significative et aurait-on pu dégager une réserve d'argent pour élargir les aides ?

Portrait de Network 23

à deecurl Portrait de deecurl De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 09H17 | 25/06/2008 | Permalien

L'APL dépend de la CAF, et si son montant varie, ce n'est pas une bourse universitaire.

Portrait de deecurl

à Network 23 Portrait de Network 23 De deecurl

| 12H19 | 25/06/2008 | Permalien

bien sûr, mais c'est un autre exemple d'une aide qui est parfois allouée à qqn qui n'en a pas besoin.

Portrait de Vit_Zayder

à Network 23 Portrait de Network 23 De Vit_Zayder

Thésard Nano | 14H43 | 24/06/2008 | Permalien

Le vrai probleme dans un systeme fonctionnant au merite est la meme que celui souleve lors de la refonte du bac.
En effet, comment juge le merite d'un etudiant ? Comment le quantifie-t-on ?
Entre la diversite des notations entre facs puis entre disciplines et enfin entre profs ? Puis il n'y a pas qu'a la fac qu'on trouve des etudiants. IUT, BTS, Prepas, ecoles d'ingenieurs…Autant de cursus differents de difficultes variables selon les individus.
Je suis passe par la prepa et l'ecole d'inge pour au final faire une these en physique. Si j'etais passe par la fac, j'aurais moins bien reussi car pas assez organise et humble a l'epoque, et je n'aurais sans doute plus difficilement atteint le master. Mais aurais-je eu moins de merite ? Les notes en prepas depasse rarement la moyenne, est-ce un moyen de juger le merite des eleves de prepas (qui je le repete sont loin d'etre tous des gosses de riches, loin de la) en comparant a ce qui se passe a la fac ?
Le merite ca ne marche que si on part de la meme base, ou en tout cas que les criteres d'appreciation sont partout les memes.
Alors on pourra sans doute aussi considerer les origines sociales de l'etudiant. Un gamin de polytechniciens aura grandi dans un contexte sans doute plus propice aux etudes qu'un gamin de cite a risques. Les efforts a fournir seront probablement differents pour l'un et l'autre et donc le merite aussi. Or on voit ici la derive de la discrimination sociale, positive ou non (qui est un echec aux USA).
Le merite etant donc difficilement quantifiable, je m'interroge sur les derives d'un systeme au merite, sanctionnant l'etudiant des le debut des etudes.
Apres, arrive aux bourses de these, les differences de background social ont ete en partie comblees par les 5 ans d'etudes qui ont precedes, mais reste que la notation est sans doute insuffisante pour juger le merite.

Portrait de Network 23

à Vit_Zayder Portrait de Vit_Zayder De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 09H19 | 25/06/2008 | Permalien

Oui, bien sûr. En même temps un système qui fonctionne au mérite, fût-il imparfait, sera toujours meilleur qu'un système qui fonctionne au droit de naissance, fût-ce de manière parfaite, non ?

Portrait de demilune

De demilune

09H26 | 24/06/2008 | Permalien

Le système de bourse (sur critères sociaux ou universitaire) actuel n'est plus adapté à la situation d'aujourd'hui. Avec la massification de l'enseignement supérieur et l'ouverture des études post bac à la France « d'en bas », il faudrait revoir complètement le système !

Valerie Pecresse table sur 50 000 nouveaux boursiers sur critères sociaux grâce à sa réforme. Il faut savoir que si cette réforme accorde une bourse à des étudiants qui n'en avaient pas jusqu'à présent, d'autres étudiants voient eux leurs bourses diminuer ou disparaitre.
Pour information, les bourses sur critères sociaux sont calculés à partir du revenu annuel des parents de l'année N-2 (pour 2008-2009, c'est donc les revenus 2006 qui sont pris en compte) et sur des points de charges. Donc, les revenus propres des étudiants ne sont pas pris en compte, rien ne garantit que nos parents gagnent la même somme en 2006 et 2009. Quand aux points de charges, leurs calcul a changés pour la rentrée prochaine et se révèle nettement moins intéressant.

Enfin, il existe un vrai problème pour les étudiants de la classe moyenne : trop « riche » pour avoir droit à une bourse mais pour qui un petit suppléments serait franchement le bienvenu !

Portrait de oui ben non

De oui ben non

09H34 | 24/06/2008 | Permalien

@ marie 75

« D'autant plus qu'ils se sont aperçus qu'elle avait profité d'un petit trou dans son agenda pour faire escale dans la baie d'Halong ! Un lieu sublime où les hommes et femmes politiques se rendent volontiers quand ils sont de passage dans la région. »

Commentaire people. De quelles couleur étaient ses bas, ça aussi c'est important !

Portrait de dalun

De dalun

10H02 | 24/06/2008 | Permalien

Et si il (ns ) mettait une annonce : Pays à vendre par lots ? Ce serait plus clair ..

Portrait de Pierrrrre

De Pierrrrre

10H19 | 24/06/2008 | Permalien

Les bourses pour un étudiant que les parents ne peuvent aider, ça existe :

ça s'appelle un pret bancaire cautionné par la famille.

Il permet à l'étudiant de subvenir à ses besoins,
de rembourser le pret dés son premier travail,
et de ne devoir rien à personne,
sinon à sa famille qui savait qu'elle pouvait lui faire confiance.

Sinon, une journée par semaine chez Macdo ou comme brancardier à l'Hopital, ça laisse des souvenirs positifs pour les cadres de demain.

Portrait de groutier

à Pierrrrre Portrait de Pierrrrre De groutier

12H06 | 24/06/2008 | Permalien

Mon cher Pierre

Quand tu auras trouvé un macdo qui t'embauche pour un jour par semaine, essaye de payer un appart avec ce que ça te rapportera.

Même à Rennes, où lesdites bourses viennent en effet d'être supprimées - sans que les scolarités ne s'en émeuvent où ne sentent d'ailleurs le besoin de se justifier par la décision du gouvernement.

Tant pis, je reste pion.

Portrait de Pierrrrre

à groutier Portrait de groutier De Pierrrrre

07H43 | 25/06/2008 | Permalien

 »…Quand tu auras trouvé un macdo qui t'embauche pour un jour par semaine, … »

==> il est indéniable que le travail étudiant n'est pas institutionnalisé en France,
et que le pays devrait pouvoir fournir du travail .. disons pour 2 jours/ semaine, ce qui permettrait à des étudiants une meilleure indépendance financière,
une vision de la réalité du travail.

Pourquoi une telle coupure entre les études et la vie réelle ?

Pourquoi des études qui souvent ne mènent à rien ?

On peut aussi s'interroger sur l'interet de cours magistraux qui pourraient être dispensés par internet,
sur le fait que les validations de connaissances pourraient être déconnectées d'une obligation à suivre un cursus en faculté,
sur le fait que des facultés pourraient ouvrir leurs portes aux cours du soir, permettant ainsi aux étudiants de travailler de jour,
sur l'absence de passerelles entre une filière et l'autre,
une infirmière est obligée de repasser par la case départ si elle désire devenir docteur,
les cursus de formation universitaires ne prennent pas en compte les cursus de formation de la fonction publique territoriale,

..aucun lien entre les cursus de musicologie en faculté,
et ceux des conservatoires de musique,

aucun lien entre les formations d'enseignement en sport de jeunesse et sport, et ceux des facultés..

ils s'ignorent, même l'ONISEP occulte toutes les formations Jeunesse et Sport, ainsi que celles des Conservatoires, qui rentrent en concurrence avec celles de l'Education Nationale..

On a le sentiment en France que les filières sont destinées à conforter des potentats protégés, des bastions qui défendent leur pré-carré, avec une rigidité procédurale à laquelle l'étudiant doit se plier, en jouant à la loterie du bon choix au départ, et au parcours du combattant d'inscriptions ringardes, par des procédures obscures figeant les étudiants dans des couloirs aux issues incertaines.

Portrait de Autre raleur

à Pierrrrre Portrait de Pierrrrre De Autre raleur

19H05 | 25/06/2008 | Permalien

<<
Pourquoi une telle coupure entre les études et la vie réelle ?
>>

Voilà une jolie perle. Les études ne feraient pas partie de la vie réelle.

Portrait de saumon

De saumon

étudiant | 11H03 | 24/06/2008 | Permalien

De toutes façons ces bourses sont aussi sur critères sociaux…

Portrait de Raoul le Maléfique

De Raoul le Maléfique

bosse dans un fond et ne vit pas au... | 11H14 | 24/06/2008 | Permalien

Network 23 est le nom du label des « spiral tribes », tribu travellers pionnere des free parties au début des années 90…Un groupe cultissime pour leur musique hardtekno, planante, psychédélique, envoutante et puissante….

Autrement plus intéressant que ses commentaires « passionants » sur les bourses universitaires….

En tout cas quand je lis ca :
« De surcroît, des disciplines appartenant aux sciences sociales ou aux sciences humaines se sentent particulièrement visées par la suppressions des bourses »…
je me dis que ces reformes ne sont pas totalement stupides, et qu'il n'y a que des abrutis pour ne pas voir que le corps professoral des sciences humaines est un ramassis de gauchistes, qui ne souhaite que le chomage longue durée pour leur étudiants….

Ecoutez du bon network 23 est meilleur pour la santé qu'un professeur d'italien à l'université Paris VIII, à Saint-Denis, et président de Sauvons l'université »….

Allez détendez vous mes petits socialos….
http://www.dailymotion.com/video/x7mw_teknival-1995-fontainebleau

Portrait de dinomaster

à Raoul le Maléfique Portrait de Raoul le Maléfique De dinomaster

12H51 | 24/06/2008 | Permalien

Humm il y a comme un bruit de chiottes …

Portrait de siobtuah

De siobtuah

12H40 | 24/06/2008 | Permalien

Merci de vous intéresser à ce sujet.
L'année prochaine je m'inscris en Master 2.
L'année dernière j'étais boursière (sur critères sociaux)d'échelon 2.A partir d'octobre,je retomberai à l'échelon 0 car :
-mes revenus salariés (mi-temps en tant qu'assistante d'éducation)sont ajoutés à ceux de ma mère et hop ! on dépasse le plafond (à quoi ça sert de crier sur tous les toits que les revenus étudiants ne sont plus imposables si malgré cette exonération je me retrouve handicapée ? )
-je ne peux pas déclarer mes propres revenus car ils estiment que si je suis détachée de ma mère,cela signifie que mon activité principale est mon emploi à mi-temps,que j'exerce pour pouvoir faire des études…c'est le serpent qui se mord la queue
-la nouvelle législation ne m'exonère plus des 30% habituels pour les revenus des étudiants salariés à mi-temps (concernant le calcul des revenus du foyer au niveau du CROUS)
-le seul point de charge que j'avais (parent élevant seul son enfant) ne compte plus dans le barème
Résultat : je vais me retrouver avec 656 euros de salaire,le même loyer,298 euros de moins par mois et je vais faire appel
Heureusement que je ne vais payer que 50 euros pour mon inscription à la fac car non,il ne s'agit pas d'exonération des droits d'inscription mais de ristourne en réalité(certes,appréciable) sachant qu'une inscription en Master 2 coûte environ 500 euros.

Portrait de siobtuah

De siobtuah

12H56 | 24/06/2008 | Permalien

Je viens de me rendre compte que j'étais hors-sujet dans mes propos.Je racontais juste ma situation pour dire à quel point la politique actuelle déshabillait Paul pour habiller Jacques.Ils vont supprimer la bourse au mérite pour soi disant privilégier celle sur critères sociaux alors que justement,cette dernière est bien mal en point.Ce n'est qu'un début,bientôt il faudra être pauvre,manchot et habiter à plus de 400 km de la faculté pour avoir droit à une bourse.
Je n'ai rien contre le fait que ce soit les plus démunis qui aient accès à des aides mais l'idéal serait évidemment que les classes dites moyennes ne soient pas systématiquement mises de côté.
Concernant les allocations de thèse,ce serait beaucoup trop beau qu'elles soient attribuées selon le classement du Master.Mais L'école doctorale l'attribue selon la filière qu'elle préfère,selon le laboratoire qu'elle affectionne le plus et parfois,la Région qui attribue des allocations également,le fait selon le nom de famille et le sujet (s'il met en avant l'histoire de la région concernée,…).
Ceci dit,je ne comprends pas pourquoi les allocations de thèse ne sont pas également sur critères sociaux.Quand on doit travailler pour vivre,on peut moins facilement mener à bien une thèse sur trois ans que celui qui,certes est tout aussi fortiche,mais à tout son temps libre pour terminer sa thèse.

Portrait de Vit_Zayder

à siobtuah Portrait de siobtuah De Vit_Zayder

Thésard Nano | 14H55 | 24/06/2008 | Permalien

L'allocation de recherche ne couvre pas simplement le salaire du thesard mais aussi le financement de la these elle-meme : budget,deplacements, etc…fournie directement au labo sans que le thesard en voit la couleur mais c'est bien la.
Par contre qu'un echelonnage de ces allocations soit realise sur criteres sociaux serait bien, avec un minimum pour le thesard ayant les moyens et des bonus variant suivant la situation sociale du candidat.
Neanmoins, le travail de thesard depasse a mes yeux (forcement me direz-vous) celui de l'etudiant et se rapproche de celui d'un professionnel competent (en effet le master est un niveau de competence largement suffisant pour travailler dans la recherche industrielle meme si la these est un plus, notamment a l'etranger.)
En consequence, l'allocation de recherche s'eleve a 1658 euros brut mensuel(http://dr.education.fr/Alloc_doc/alloc_1.html)
Ce qui constitue un salaire a part entiere. On est loin d'une aide comme les bourses de licence ou de master. A moins d'etre tres gourmand ou d'avoir une situation particuliere, j'aurais du mal a croire qu'il faille travailler en plus pour vivre avec un tel salaire.

Portrait de GRECKO

De GRECKO

16H29 | 24/06/2008 | Permalien

j'ai passé l'Agreg, pour obtenir la bourse sur critere univ il fallait juste savoir quel prof ou groupe de prof se réunissait pour les attribuer, il fallait, il y a 10 ans, juste savoir aller les flater.
Pas de réseau, un peu de dignité et hop vous n'aviez pas la bourse ! Parfois ceux qui l'avaient ne faisaient que passer le temps obligatoire au concours puis partaient illico.
Vous ne me ferez donc pas pleurer sur les bourses sur critère univ.
Plus généralement cette culture clanique, réseaux, combat de petits coqs fait désespérer de l'université.

Portrait de Leikhen

De Leikhen

étudiante | 19H56 | 24/06/2008 | Permalien

Envie d'augmenter son pouvoir d'achat ?
C'est la grande question actuelle du gouvernement , il me semble…

Seulement, quelle est sa contribution pour les étudiants ? diminuer de moitié les bourses sur critères sociaux ! ! Quelle panacée !
Un petit exemple chiffré :
je suis étudiante de premier cycle (donc pas concernée par les bourses sur critères universitaires). J'ai 40h de cours par semaine, il parait donc difficile d'assurer un revenu « Mc Do », et je suis à 250km du domicile parental.

année universitaire 2007-2008 :
parent isolé : 1point
distance du domicile : 2points
total 3points de charges soit 2600 et des poussières pour l'année.

année universitaire 2008-2009 :
parent isolé : 0
distance du domicile : 1
total : un seul misérable point de charge pour exactement les mêmes conditions, soit moitié moins de revenus pour vivre (ou devrais-je dire survivre car tel est le lot de bons nombres de mes camarades étudiants ! )

Le gouvernement cherche-t-il une reconversion dans le proxénétisme ? si c'est le cas, dites moi où envoyer mon CV, car l'année risque d'être trèèèès rude !

Portrait de Pierrrrre

à Leikhen Portrait de Leikhen De Pierrrrre

07H46 | 25/06/2008 | Permalien

 »….J'ai 40h de cours par semaine…. »

==> whouf…. ça existe ?

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