Faut-il supprimer le baccalauréat ?
Lundi 16 juin, les 324 810 candidats au bac général se sont penchés sur l'épreuve de philosophie, qui marquait son coup d'envoi. Alors que l'examen fête son 200e anniversaire, la question de sa suppression est de nouveau débattue. N'est-il qu'un vestige d'une politique éducative dépassée qui ne perdure que par sa valeur symbolique ?
Sur le net, de plus en plus de blogueurs envisagent sa suppression. C'est le cas du » jeune citoyen » de blogamax :
» Le baccalauréat n'est plus un diplôme valorisant mais dévalorisant ! (…) Ceux qui échouent au bac sont vus comme les vilains petits canards de la jeunesse française. Les bons à rien, les irrécupérables de la société. Résultat, ils quittent le système scolaire sans diplôme, sans aucune qualification. Quels gâchis d'étudiants, de cerveaux, de talents probables (…)
En 1880, c'est 1% d'une classe d'âge obtenant le baccalauréat : l'élite française ! En 1989, c'est 36% d'une classe d'âge obtenant le baccalauréat : une caste de privilégiée !
En 2006, c'est 63,8% d'une classe d'âge obtenant le baccalauréat : Une minorité de 36,2%, sans Baccalauréat, les honteux de la société Française ! »
Il propose de réserver le bac aux étudiants qui souhaitent entrer à l'Université et le supprimer pour tous les autres.
« De toutes façons, pour moi le bac ne sert à rien »
Sur son blog » Conseils de classe » , Bruno Magliulo, inspecteur d'académie honoraire, met l'accent sur le problème de l'accès à l'enseignement supérieur :
» En France, contrairement à ce qui se passe dans la plupart des autres pays, le baccalauréat n'est pas un simple « certificat de fin d'études secondaires » (…). A cette fonction de certification s'ajoute -et c'est au cœur du débat sur son avenir- le fait qu'il confère un droit que certains jugent désormais exorbitant : le droit d'accéder à une filière d'enseignement supérieur universitaire. »
» Pourtant, on sait bien désormais que ce droit à la poursuite des études est largement un leurre. Pour contourner l'ambiguïté qui existe dans le fait que ce diplôme, de plus en plus dévalué, continue d'octroyer à son détenteur un tel droit, on a multiplié les procédures de sélection à l'entrée des filières de l'enseignement supérieur (IUT, STS, classes préparatoires, écoles…). Même à l'université, la sélection existe, et tend à se développer depuis quelques années : à l'entrée de certaines d'entre elles (les « universités de technologie » par exemple), ou en cours d'études (concours de passage en deuxième année des études médicales, pour l'admission en IUP, en deuxième année de master, etc.). Mais surtout, il existe à l'université une sélection terrible qui ne dit pas son nom, en premier cycle notamment : savez-vous que près de 50% des bacheliers entrés en première année d'un premier cycle ne parviennent pas à la licence ? »
Philippe Duret, professeur d'histoire et géographie en région parisienne, s'appuie sur son expérience de surveillant des épreuves, notamment celle de philosophie, pour souligner l'inutilité du bac sur son blog » lycées de banlieue » :
» Dans un sujet de philo, il y a une coquille. Ces dernières années, les ennuis techniques se multiplient. Il y a tellement de candidats et d'épreuves que les fautes de frappe et de lecture ne peuvent plus être corrigées à temps. Le bac devient de plus en plus difficile à gérer. Or, on peut se demander si le jeu en vaut encore la chandelle. Le bac provoque la souffrance des élèves et de certains parents, il coûte cher, il nous supprime six à sept semaines de cours (du 1er juin au 13 juillet), il a perdu toute valeur sur le marché du travail, il enlève beaucoup de liberté pédagogique aux enseignants de terminale. »
Tristement, il souligne que » dans la salle qu'[il] surveille, un tiers des candidats est absent ». Et raconte une anecdote frappante :
» Au bout d'une heure et demie, un jeune homme d'origine africaine quitte la salle, n'ayant écrit que quatre ou cinq lignes sans intérêt. Comme il a oublié de signer la feuille d'émargement, je descends quatre à quatre pour le rattraper. En remontant dans l'escalier nous discutons. Je suis candidat libre, explique-t-il. Je n'étais pas inspiré. Cette année a été difficile pour moi, j'ai eu beaucoup de soucis, alors j'ai préféré ne rien écrire plutôt que d'écrire des bêtises. Je lui explique son erreur : au contraire, il vaut mieux prendre le risque d'écrire des choses qui sont peut-être des âneries mais ce n'est pas sûr, alors que rendre une feuille blanche apportera immanquablement une mauvaise note. « De toutes façons, pour moi le bac ne sert à rien, dit le jeune homme, j'y vais uniquement pour le titre. » Bel exemple d'intelligence et de clairvoyance, belle lucidité. En effet, le bac ne sert plus à grand'chose. »
Même ceux qui n'envisagent pas la suppression du bac, s'accordent pour souligner les problèmes de ce diplôme. Superfafa explique :
» Il ne faut pas croire que la communauté éducative n'est pas consciente de certains problèmes soulevés par les politiques : en effet, on sait que les épreuves du baccalauréat ne permettent pas une bonne préparation à l'oral qui est pourtant indispensable. Il serait donc de bon ton de faire quelques ajouts, voire de modifier un peu son contenu. »
Quid du contrôle continu pour remplacer l'examen ?
La question est de savoir par quoi remplacer la bac s'il est supprimé ? Le contrôle continu est la solution la plus souvent débattue. Ainsi, selon blogamax :
» Une réforme beaucoup plus économique. Le baccalauréat en contrôle continu. Nous pouvons nous appuyer, pour cette solution, sur la régionalisation de la France. Chaque région devra respecter (…) un ensemble de « piliers de connaissances », pouvant être appuyé par un tronc commun : mathématiques, français, histoire-géographie, économie, anglais et informatique. Puis à ce tronc commun un ensemble d'options, deux à trois obligatoires. La région, devra établir chaque trimestre les différents sujets et les transmettre aux lycées. Ce contrôle continu prend alors la place des actuels bacs blancs organisés par les lycées. »
Au contraire, Rage, jeune ingénieur territorial en Poitou-Charentes, affirme sur Agoravox que » c'est un miroir aux alouettes : il y a trop de distorsions entre les notations des lycées. Le bac conserve un seul argument fort : il est pour tout le monde le même en France une année donnée dans une filière donnée. »
Critique que tente de contrer Bruno Magliolo :
» La peur du contrôlé continu, c'est le fantasme du bac lycée Henri-IV de Paris ou bac lycée de Montreuil dans le 93 (…). Croyez-vous sérieusement que les professeurs qui recrutent des élèves en classe préparatoire ne font pas la différence entre le dossier d'un élève issu du lycée Henri-IV de Paris, et un autre qui vient du lycée de Montreuil dans le 93 ? »
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De Alexander Doria
étudiant | 11H55 | 23/06/2008 |
Un des principaux problèmes du Bac, et qui ne me semble pas évoqué par l'article, c'est aussi, et surtout le flou des corrections. Il n'existe pas de critères absolus qui permettraient de pallier à l'interprétation personnelle du correcteur. Ainsi, prenons l'exemple d'un élève Littéraire a révisé sa philo toute l'année, et connaît son programme sur le bout des doigts. Mais, le jour de l'examen il fait un plan assez mal cadré avec le sujet. En conséquence sa note peut très bien aller de 2 à 10, selon le correcteur sur lequel il est tombé, et déterminer ainsi grandement la moyenne générale de son bac. Il faudrait en fait un barème qui permette par exemple de noter l'état des connaissances sur 7 points, la qualité du plan sur 7 points également, et une appréciation d'ensemble, sur 6 points. De telle sorte on éviterait à la fois les notes injustes et le hasard des corrections.
Puis, par-delà la question du bac, je pense que c'est tout l'enseignement français qui est à repenser. Le temps des « voies royales » est fini : ce n'est pas parce que l'on a suivi un certain parcours défini, qu'on est assuré d'avoir le métier visé. Ce que recherche aujourd'hui les employeurs c'est l'exception, le parcours atypique. L'engagement professionnel se fait de moins en moins sur les diplômes et de plus en plus sur les aptitudes individuelles. À terme il est bien possible qu'avoir ou ne pas avoir le bac n'aie plus aucune importance pour l'évolution de sa vie professionnelle.
à Alexander Doria
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
11H58 | 23/06/2008 |
Tout à fait d'accord avec vous, ainsi le contenu des programmes n'a-t-il pas été abordé, une fois encore, dans cette réforme sparadrap. L'Education Nationale reste à la traîne du marché du travail.
à Alexander Doria
De eric_strasbourg
23H05 | 23/06/2008 |
@ alexandre, qui écrit des choses très intéressantes depuis quelques jours déjà
sans trop entrer dans les détails, les bacheliers n'ont pas accès aux coulisses du bac et, comme vous, ignorent que les profs chargés de corriger des copies du bac (j'en suis) se réunissent à deux reprises après l'épreuve de leur discipline : une première fois, pour récupérer les copies, y « jeter un oeil » et, selon des modalités diverses selon les matières, s'accorder sur des critères communs d'évaluation, voire un barème précis ; une seconde fois, un ou deux jours avant d'arrêter définitivement les notes : par la discussion autour des moyennes et autres mesures observées, certain-e-s ont la possibilité de retoucher quelque peu leurs notes avant de les saisir.
enfin, lors de la délibération de chaque jury de bac, dès qu'un-e candidat-e flirte avec un seuil (8sur20, 10 sur 20, ou une mention), on examine ensemble le livret scolaire, qui contient les notes et les remarques de l'année de première et de terminale (cela ressemble, à mon sens, à une forme de contrôle continu pour ceux qui ont besoin d'un coup de pouce)
voyez, il n'y a certes, comme vous l'écrivez avec raison, pas de critères absolus de notation, mais on est très loin également de l'arbitraire.
et pour finir, un candidat qui douterait de l'évaluation subie, peut consulter sa copie et prendre connaissance de la remarque et des éventuelles annotations détaillées.
postscriptum : tiens, au fait, le verbe pallier est transitif ; -)
De Julien83
chroniqueur BD au Mague, Dessinateu... | 12H03 | 23/06/2008 |
Supprimons l'épreuve de philosophie, c'est trop vaste, et c'est trop fort au coéficient (en littéraire, comme en art plastique - enfin à l'époque où les arts plastiques était matière principale) ) c'est un discours instable, on ne pense pas tous la même chose, et à la correction, ça fait mal, et le côté « citation » c'est trop. Je ne sais pas ce qui me serait arrivait si j'avais cité du Gotlib, ou du Bilal, ou du Franquin !
A quand l'examen « QCM » comme aux States ! ! ! Sarko adore les states ! vite prenons l'exemple sur les states.
J'aurai préféré plus d'heures d'Arts plastique par rapport à la Philo ! j'avais 4h d'Arts plastiques (2h pratiques + 2h histoire de l'art), contre 8h de philo ! !
Du coup en histoire de l'art, on a pas le temps de faire le programme. je me souviens au bac, j'avais eu un sujet sur l'Architecture … on n'avait pas eu le temps d'étudier tout ça en profondeur,si ce n'est juste la période du Bahaus.
Mort à l'épreuve de Philo !
et le BAC au choix pour l'examen … avec nos spécialités seulement ! Genre 2-3 matières maxi !
Maths - Physique , ou Histoire/géo - Français, voir les langues, etc…
à Julien83
De La Boétie
étudiant en philosophie & nageur | 13H03 | 23/06/2008 |
j'ai moi-même eu lundi dernier une fâcheuse tendance à confondre la culture philosophique & la culture au sens large ce qui ne plaît pas à tous les profs de philos !
J'ai en effet l'habitude de puiser mes références partout comme par exemple dans le monde de la BD, néanmoins je ne saurai dire si l'on va apprécier une citation de « Là ou le regard ne porte pas »…
à La Boétie
De Sylap
Citoyen | 13H21 | 23/06/2008 |
Et c'est bien un problème puisque vous ne pouvez « philosopher » qu'en fonction de votre culture !
à Julien83
De Piyoun
Etudiant | 17H39 | 23/06/2008 |
@ Julien83
eh ben alors, trop dur d'user de sa raion ?
et encore, on ne vous a pas demandé de lire Critique de la raison pure de Kant…
à Julien83
De Carmen
Stagiaire expatriee | 03H14 | 24/06/2008 |
Philo et arts plastiques peuvent se lier a merveille ! Quelle dommage de supprimer cette epreuve.
Si vous n'avez eu que 4h d'arts plastiques, j'en avais 8 (4h de pratique, 2h d'histoire de l'art, 2h d'option arts plastiques), tout autant que la philo, j'ai passe ce bac il y a 3ans. L'arts plastiques reste donc une option principale, ne vous inquietez pas.
Bref, je ne suis pas d'accord sur le choix, le bac a sa valeur parce qu'il fait un tout, certes pas de valeur pour tous, mais avec une selection, il en possederait encore moins.
De patrick du 14
de plus en plus naze | 12H03 | 23/06/2008 |
oui et durcir le permis de conduire , mais le faire passer gratos a la place du bac , vu que le permis de conduire est plus utile que le bac pour entrer dans la vie active
à patrick du 14
De zut
21H20 | 23/06/2008 |
J'ai lu plusieurs fois que le bac (ou un autre diplôme) n'était pas retenu par les recruteurs. Alors, pourquoi ces CV dans lesquels des postulants s'attribuent des diplômes qu'ils n'ont pas ?
De zorbek
12H16 | 23/06/2008 |
Le fait que le bac soit le même pour tous est plutot une bonne chose. Ceci posé, je ne vois pas à quoi ca sert de tourner autour du pot : si le bac ne vaut plus rien, c'est qu'il n'est pas assez sélectif.
La sélection se fait plus tard, par copinage et relations sociales. Pas besoin de suer à étudier et à préparer des examens pour ca.
à zorbek
De Pseudo
Enfin libre :-) | 16H30 | 23/06/2008 |
@ Zorbek
Le bac n'est pas le même pour tous !
Entre un bac pro, un bac technologie et un bac général, il y a tout un monde ! Essayer d'entrer dans une prépa si vous n'avez pas un bac général avec mention !
En fait, pour donner le bac à une majorité de monde, on n'a pas modifié le bac, on en a modifié l'appellation.
Les bacs pro étaient autrefois appelés brevet de technicien.
à Pseudo
De deecurl
| 08H55 | 24/06/2008 |
@pseudo :
petites précisions au sujet des prépas : la candidature à une prépa « classique » est validée, sur dossier (bulletins et appréciations des profs), bien avant que l'élève passe le bac. la mention obtenue ne change rien il suffit juste d'obtenir le bac.
sinon il existe aujourd'hui des prépas à destination des titulaires de bacs pros STI, STT qui ont des résultats souvent honorables.
mais je suis néanmoins d'accord avec vous sur le fond de votre commentaire.
De Olitchouf
formateur | 12H19 | 23/06/2008 |
Je suis d'accord avec vous, on n'anticipe pas les effets pervers d'une telle mesure. Le contrôle continu inciterait les établissements à octroyer le bac sur la base des stats nationales : quelque soit le niveau, garantie d'avoir 80% de réussite. C'est obligé. Pression des élèves, des parents, des proviseurs. (L'exemple des TPE le montre bien : quelque soit la qualité, les élèves obtiennent presque tous les 8 points de contrôle continu.)
à Olitchouf
De Vit_Zayder
Thésard Nano | 17H53 | 23/06/2008 |
Hélas si je puis me permettre, c'est deja ce que cache cette « harmonisation des notes ». Ayant passe mon bac en 2003, je ne peux que rappeler la scandaleuse affaire de l'epreuve de maths « trop » dure de la filiere scientifique. Aprs avoir seulement fait un tiers de l'epreuve, je me retrouve avec un 15 sur 20 ! !
Non cette harmonisation existe deja et repond a des prerogatives du ministere, afin de nous faire croire a une amelioration soit de l'epreuve soit de la formation soit de nos jeunes ! ! !
Et croyez moi, chaque lycee essaie deja de tirer son epingle du jeu, avec un peu de poudres aux yeux…Sans parler de la selection a l'entree pour certains foyers de l'elite(-isme) francais (-ouillard). Pas besoin de citer, ils sont bien assez reputes pour ca.
--Mes excuses pour l'accentuation, etant a l'etranger je me bats desesperement avec un clavier QWERTY depuis quelques mois--
De La Boétie
étudiant en philosophie & nageur | 12H58 | 23/06/2008 |
Voilà un point de vue assez candide et juvénile d'un individu qui vient de passer son Bac (enfin presque ) :
Supprimer le Bac c'est dans l'absolu une absurdité, tout d'abord car c'est un rite de passage datant de maintenant 200 ans, il est fondateur d'une tradition qui permet de tracer une rupture avec la vie d'enfant et d'adolescent, un rite étroitement lié à l'histoire française.
Outre le fait que le contrôle continu renforcerait des inégalités déjà assez forte entre les établissements, il y a derrière le symbole même du Bac tout un ensemble d'éléments corolaires que peut de lycéens voudraient manquer ( le stress des révisions, l'immense vide qui nous remplit lorsque l'on lit les sujets de philo, l'immédiat après Bac : fêtes… ; ainsi que le moment des résultats-je touche du bois).
Enfin supprimer le Bac pour mettre quoi à la place ? Les autres gouvernements des pays de l'U.E nous prennent régulièrement comme exemple par rapport à notre système scolaire, il faut donc partiellement réformer mais surtout pas le supprimer.
P.s : réformer, restructurer, licencier , il y a désormais une certaine tendance à homogénéiser ces termes…
à La Boétie
De daniel
16H13 | 23/06/2008 |
Je suis d'accord, le bac aujourd'hui est plus un rite de passage qu'autre chose. C'est la conséquense de ce qu'on en a fait avec des objectifs de taux de réussite digne d'une économie planifiée où le ministre décrète qu'il y aura 80% de réussite.
N'empêche, les parents y tiennent, les élèves également, alors n'hésitons pas, maintenons le bac.
Il est bon de toute façon que dans la république qu'une classe d'âge subissent une évaluation anonyme et nationale, sans distinction d'origine sociale ou religieuse ou autre.
Il est seulement dommage que nos politiques n'ont eu de cesse de dévaloriser ce diplôme.
De yves C
informaticien quadra | 13H57 | 23/06/2008 |
Bonjour,
En premier lieu une constatation : l'article comporte une 30 de lignes de l'auteur pour environ 75 lignes de citation et encore les lignes de l'auteur sont des introductions des citations. C'est dommage d'autant que les auteurs cités ne semblent pas être d'éminents pédagogues, psychologues ou autres chercheurs étudiant le système éducatif français. Cela ne retire pas de l'intérêt à leur analyse mais du poids à la démonstration.
Ceci dit, sur le fond maintenant et si j'ai bien tout compris, on reproche au Bac d'être
* trop cher : c'est très mode ça et ne mérite pas de commentaire
* trop compliqué : aussi très mode et donc cher c'est vrai et justement cela pourrait être une qualité plutôt qu'un défaut non ?
* de ne servir à rien mais aussi de servir à ouvrir les portes de l'université et oui aujourd'hui le certificat d'étude ne permet plus de trouver un emploi, les temps changent.
* d'être trop facile (63,8% d'une classe d'âge) et (j'aime beaucoup ce et) trop exclusif. C'est oublié que cela ne signifie pas que 36.2% des élèves échouent au bac (il y a des élèves qui ne passent pas le bac) et pourtant ne sont pas des vilains petits canards ceux ayant eu un BEP ou un CAP et que même en ayant échoué au bac on peut faire des études longues (mais on peut réussir sa vie et dans sa vie sans) de plus qu'est ce que cela changerait de l'obtenir par contrôle continu ?
* d'être injuste thème récurent du problème de la notation (réel et justifié)que l'on peut coupler à celui de la complexité et qui passe sous silence les commissions d'harmonisation avant, pendant et après la correction. Faut-il vraiment s'y pencher ? Posons-nous la question le contrôle continu tel qu'il est compris aujourd'hui (et qui n'est pas celui qui seul permet le rythme variable) est-il une assurance d'une plus grande égalité dans la notation ?
En dernier lieu, j'avoue être encore désespéré (pour rester poli) avec ses (plus ou moins) grands anciens (pour pas dire machins) qui explique que le bac ne vaut plus rien parce que, aujourd'hui on le donne et que les jeunes sont des jean-foutre. A ceux là je voudrais rappeler que depuis Aristote on entend leurs discours et qu'ils sont les jeunes salopiots de leurs aînés et que de leur temps, certaine matière n'existait simplement pas (en math par exemple)
En conclusion (comme au bac) que l'on veuille ou pas supprimer le bac n'est pas choquant mais de grâce argumentez et faites nous se poser de réelles questions.
à yves C
De Pseudo
Enfin libre :-) | 16H41 | 23/06/2008 |
@ Yves C
Je suis tout à fait d'accord avec votre dernier argument.
En effet, lorsque j'ai passé le bac il y a 30 ans, les amis de mes parents me disaient déjà : « oui, d'accord tu as le bac, mais le bac d'aujourd'hui, ne vaut pas plus que le brevet, voire le certificat d'études ( ! ! ! ) de notre époque. » Ils oubliaient tout simplement qu'ils n'avaient pas étudié la philosophie, le latin, ne connaissaient pas de langues vivantes, que leur programme de maths s'arrêtait au mieux aux équations…
Je crois que les anciens adorent se dire qu'ils sont quand même plus instruits et plus intelligents que ces petits c… C'est valorisant pour leur égo.
à yves C
De Vit_Zayder
Thésard Nano | 16H52 | 23/06/2008 |
Je ne peux que confirmer…Aux yeux de mes grands-parents, mon bac ne faisait pas de moi un adulte…Alors le concept de rite d'entree a l'age adulte n'est certainement plus valable si les anciens ne l'avalisent pas ?
Pourtant, je ne peux que revenir sur des commentaires precedents. Le bac represente plus pour le lyceen lui-meme que pour le reste des gens. C'est son rite a lui. Sans paraphraser des commentaires precedents, on a tous ressenti le besoin de stresser et d'avoir un coup de flip sur son avenir…Bien sur tout le monde ne le ressent pas, au vu des facilites de certains.
Mais c'est cela que l'on oublie en vieillissant car plus on avance dans les etudes et plus on a de raisons de stresser sur des examens ou concours, avec des enjeux de plus plus importants…Mais le bac c'est un peu comme un premier amour : on s'en souvient toute sa vie mais la vie en deforme le souvenir.
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 15H28 | 23/06/2008 |
Mon expérience de prof à l'étranger m'a montré que, quel que soit le système utilisé, les meilleurs arrivent toujours à s'en sortir. Le problème, c'est les autres ! Le bac ne leur sert à rien, puisqu'il ne leur garantit rien. Autant admettre le contrôle continu + livret scolaire + recommandation de profs (ou d'autres), ça coûte moins cher. C'est comme ça que fonctionnent la plupart des systèmes étrangers. Ca n'est pas parfait, mais, sauf numerus clausus (encore une spécialité française), les résultats sont plutôt probants.
Pout tout dire, je suis persuadé que le fond du problème, c'est que le ministère de l'EN préfère dépenser des dizaines de millions d'euros chaque année pour organiser les épreuves du bac plutôt qu'aménager un système de bourses plus étoffé, étudier la question de l'entrée et de la pérennisation du séjour en fac, etc.
On est dans une situation impossible car paradoxale : les élèves et leurs parents (la plupart) se cramponnent à l'idée du bac comme symbole d'un cap égalitaire définitivement franchi (le secondaire) alors que tout le monde en aval leur jette à la tête que les élèves (dans leur majorité) n'ont pas été correctement formés pour être capables de progresser dans l'enseignement supérieur.
En ce sens, le bac est une idole, une sorte de veau d'or. Mais seuls les crédules y croient. Ce n'est pas le cas des grands prêtres ! L'hypocrisie est totale.
De Vit_Zayder
Thésard Nano | 17H49 | 23/06/2008 |
Je m'excuse d'avance pour mon accentuation (clavier QWERTY oblige)
Que de points importants ici soulevés !
D'abord un bemol sur les systemes a l'etranger. La selection se fait seulement plus tard car elle est necessaire. De ce que je connais du systeme espagnol la selection pour les etudes superieures se fait sur un examen dont les notes decident des filieres envisageables (a l'image du concours d'internat en medecine en France) ce qui n'est pas mieux.
Je ne peux que deplorer la veracite de ce que vous dites sur la vision que peuvent avoir la generation de nos parents (aujourd'hui a la cinquantaine) sur le bac. Effet de l'elitisme hypocrite post-soixante-huitard (oh Sacrilege ! ) qui a produit nos cadres et dirigeants, et qui sur fond de revolution sociale et de reformes, n'a permis que de discrediter les formations professionnelles et, quoiqu'on en pense, bien plus professionnalisantes que la majorite des formations superieures francaises.
La ou je ne vous rejoins pas, c'est sur le fait que le lycee ne formerait pas correctement pour la suite. Eternel combat des profs de facs face aux profs de lycee ! Je ne vais pas mentir, je suis passe par la prepa et l'ecole d'inge avant d'entamer ma these. Je n'ai donc pas personnellement pu constater le probleme a la fac. Pour ce qui est de la prepa, croyez-moi, le lycee n'est pas vraiment en cause. Il s'agit de l'antre de l'elitisme francais (tout a fait critiquable par ailleurs mais sans doute necessaire), y entrer c'est un peu conmme quand on signe a l'armee : on sait comment ca va se passer et on se doit d'assumer. On en bave puis on s'en sort ou pas mais je pense que le lycee m'y avait correctement forme.
De ce qu'amis et collegues m'ont rapporte, la formation apportee au lycee est aussi suffisante pour les IUT ou BTS, ou, faut-il le rappeler, une selection est faite sur dossier.
A la fac, le probleme est autre. Le niveau de difficulte des premieres annees de fac n'est pas lie a une necessite de formation. Elle est du a un besoin de selection.
Pourquoi ? Tout simplement parce que 85% de reussite au bac, ca fait beaucoup de monde a la fac a la fin de la rentree. Beaucoup plus que la plupart des facs ne peuvent assumer. La question du bac est donc inextricablement liee a la question de la refonte de l'enseignement superieur. Le bac en lui-meme est donc devenu plus un probleme qu'autre chose. Peut etre pas un veau d'or mais une tradition devenue inadaptee.
Et quitte a passer pour un reac a qui on collera je ne sais quel etiquette politique (a la relecture sans doute de droite mais bon permettez-moi de m'en contrefoutre) j'y vois la consequence d'un des plus gros mensonges du systeme educatif francais moderne (oserais-je a nouveau post-soixante-huitard ? ) a savoir que « quand on veut on peut ». Argh ! Que d'espoirs decus et d'echecs evitables provoques par cette chimere ! Allez faire croire a la gamine de 15 ans, pleine de bonne volonte et avec des notes acceptables, souhaitant ardemment devenir juge pour enfants, que si elle travaille dur ce sera possible ! Incroyable ! La pauvre se cassera quasiment a coup sur les dents quand on sait a quel point il est difficile de boucler une licence de droits apres deux annees de selection par le vide (50% de la promo passent a l'annee suivante) dus a un manque de moyens mais aussi et surtout a un manque de postes au final ! Meme constat pour la manifestement populaire LEA. Bien sur tout le monde peut devenir interprete diplomatique, il suffit de vouloir et de travailler dur. Et hop ! Il faut alimenter la confiance de l'ado afin qu'il s'epanouisse pour mieux devenir depressif plus tard, quand il comprendra que sa vie n'a rien a voir avec ce qu'on lui avait promis. Est-il si difficile, sans decourager, de faire comprendre certaines realites au jeune collegien/lyceen ? Libre ensuite a lui de faire ses choix et de les assumer ou non. Mais, bon Dieu, arretons de leur raconter des histoires.
On ne fait que voir le bac comme une fin en soit, ce qu'il n'est plus depuis longtemps. Mais pour un systeme malade, il est important de ramener les projecteurs sur un symbole, meme putrescent, porteur de faux espoirs pour des lyceens pousses a l'erreur par une orientation professionnelle faite par des psychologues qui n'ont certainement pas integre certains parametres de la societe actuelle (taux de chomage, crise de certains secteurs, capitalisme grimpant…)
Donc arretons de croire que le bac est un pass, un rite ou je ne sais quoi. Sentimentalement, comme je l'ai dit dans un autre post, oui il a represente quelque chose pour le lyceen qu'on etait mais il ne fait qu'induire des erreurs que l'on regrette plus loin dans son cursus.
Et puis au diable nos parents, j'aurais prefere faire un CAP ! Un boulot quasi assure, un salaire, une reconnaissance de mes competences par mes pairs, que je peine a acquerir aujourd'hui, bien que thesard, et qu'alors j'aurais pu obtenir a 17 ou 18 ans.
Alors oui oublions ce bac, oui a la revalorisation des formations professionnelles, oui a la fusion du systeme prepas au systeme fac et aux concours d'entrees a la fac ou alors a un bac qui selectionne mais qui ne ment pas et pour lequel echec ne rime pas avec honte mais avec « j'aurais essaye ». Et qu'on arrete de nous promettre au risque de se retrouver avec une generation qui dans 20 ans sera plus aigrie que celle qui l'a precedee.
Et encore desole pour les accents !
De Monk
Musicien | 17H57 | 23/06/2008 |
INTERDICTION FORMELLE DE SUPPRIMER LE BAC ! je l'ai passé la semaine dernière et il est hors de question que des générations d'élèves ne bavent pas devant cette épreuve. Cela dit vous m'en auriez parlé plus tôt genre il y a une semaine j'aurais été tout à fait pour…
De duby
enseignant | 18H20 | 23/06/2008 |
Chose curieuse : les lycéens manifestaient pour le maintient du bac blanc…qui est plus sélectif ; plus injuste,sans véritables garanties d'anonymat,qui pèse très lourd dans la moyenne du 2è trimestre pour l'entrée en prépa…
Le contrôle continu…c'est mention très bien à tous les élèves sortant des lycées Saint Anasthase ou Sainte Conception ! De toutes façons,on y arrivera ; le marché est trop juteux.Après tout,cela pourrait être l'occasion pour les profs de récupérer une once de pouvoir…a condition de le vouloir et d'arrêter la démago.
à duby
De Vit_Zayder
Thésard Nano | 18H31 | 23/06/2008 |
C'est pas vraiment le pouvoir qui manque aux profs ! Quand ils veulent se faire entendre, toute la France est au courant ! On parle d'une des forces sociales les plus puissantes quand elle se mobilise…Mais bizarrement, quand il s'agit de l'utiliser a bon escient, elle fait assez souvent des erreurs et choisit peut etre mal soit ces combats soit le resultat de ces combats (trop souvent arrose a la sauce « societe moderne et capitaliste » du genre tant que c'est bon pour nous, tant pis pour le combat initial).
J'attends encore aujourd'hui (22ans quand meme) de la voir se mobiliser pour d'autres raisons que l'instinct de conservation.
De duby
enseignant | 18H53 | 23/06/2008 |
Si je parle de pouvoir,ce n'est pas en tant qu'individu,mais en tant que vecteur de transmission d'une matière.Raz le bol de l'élève au centre du système.Ce que je transmet est 100 fois plus important que ma petite personne,que les idées souvent courtes des petits « moi » gâtés et narcissiques.Le vrai problème n'est pas le Bac…ni même ses modalités…mais ce qu'une civilisation doit transmettre…nous sommes nombreux à y croire encore.en tous cas,si les profs sont des capitalistes et profiteurs,on ne peu pas dire qu'ils soient très efficaces dans ces domaines par rapport à d'autres professions ! ! ! Quant à la France,elle se fout pas mal de nos débats sauf quand le petit dernier passe le Bac…
à duby
De Vit_Zayder
Thésard Nano | 19H39 | 23/06/2008 |
J'avais mal interprete votre idee de pouvoir…Mes excuses…Ceci etant dit je n'essayais pas de dire que les profs seraient plus capitalistes et profiteurs que d'autres, juste qu'ils le sont malheureusement autant. Ce qui devient un probleme quand on connait leur responsabilite, celle-la meme que vous decrivez, de la transmission du savoir.
La France ne se fout pas plus de vos debats que de ceux des autres : pecheurs, ouvriers, chercheurs, magistrats…Et j'aurais du mal a croire que tous les professeurs se foutent deja tous de leurs problemes et encore moins de ceux des autres…
Ceci dit, de mon point de vue, si on peut regretter le fait que l'eleve soit devenu le centre du systeme, je pense qu'il en est tout de meme le principal pilier : a quoi bon savoir transmettre si il n y a personne pour receptionner, ou si la reception est mauvaise ? Quels sont les risques ? La chute d'une civilisation par ex…
à duby
De deathinjune
Professeur | 18H45 | 24/06/2008 |
Les enseignants sont cependant souvent favorables « à leurs enfants au centre du système éducatif ».
Le savoir dont vous vous prétendez l'humble passeur n'est plus le monopole des enseignants et c'est sûrement une bonne nouvelle pour la démocratie.
De Humain
19H29 | 23/06/2008 |
Supprimer le Bac c'est donner carte blanche aux examens d'entrée dans toutes les écoles et université où cela n'existe pas encore.
C'est, en conséquence, pour les écoles privées augmenter les « crédit etudiant » (qui existent déjà en partie)
Pire…
Cela va accroitre la distinction garçons filles dans nos écoles et collèges, présentée comme une facilité n'aura pas d'autre effet que nous voiler l'arbre qui nous cache la forêt.
Pourquoi ?
Un banquier accordera plus facilement un crédit à une fille pour être infirmière ou à un garçon pour être pilote… Et moins aisément l'inverse.
De deathinjune
Professeur | 20H24 | 23/06/2008 |
Oui supprimons ce satané bac ainsi que l'agrégation ces deux mamelles de la même illusion de notre système républicain.
D'abord les partisans du bac se font les pythies d'un monde apocalyptique sans le bac ce qui les dédouanent de faire le bilan de l'existant : Le bac un examen égalitaire laissez moi rire ! ! Mes élèves de lycée de zone sensible doivent faire une prépa pour rentrer en prépa à Henri IV.De plus il n'évalue qu'une somme de connaissances , de savoirs et élude de trés nombreuses compétences maitrisées par les éléves et utiles dans la société (excusez moi chérs collégues je sais que vous répugnez à l'utilité).
Cet examen très formaté (dissertations en français ,philosophie) est complètement calqué sur les concours que passent les enseignants d'où le phénomène projectif… Ainsi en philosophie j'entends mes collègues se moquer des arguments développés par les élèves de Terminale technologique qui en un an doivent disserter. Comme si l'intelligence ne pouvait s'évaluer que d'une seule manière en trois parties. Quelle bêtise à l'heure de la mondialisation…
De plus pour participer aux nombreuses commissions d'harmonisation je peux vous dire que l'arbitraire y règne et certains enseignants se comportent comme de véritables contremaîtres des notes refusant de remonter leur chère note.
Ce système repose en fait sur une vision élitiste défendue par de nombreux enseignants et surtout de gauche qui instrumentalise cet examen pour faire la démonstration que le niveau baisse .
Mais cet examen a une utilité sociale.Sous prétexte de donner les mêmes chances une sélection sournoise et hypocrite se joue à l'échelle des établissements les mieux côtés où de nombreux enseignants placent leurs enfant Service public avant tout bien sur…
Enfin l'agrégation qui tient l'ensemble du système (poids de la dissertation,focalisation sur l'évaluations des savoirs uniquement…) elle est le reflet d'une culture républicaine élitiste qui évoque l'égalité (90 % des agrégés de philo viennent de Paris et de certaines prépa…) pour mieux cacher des pratiques inégalitaires.Le plus fort étant que l'agrégé le plus mal noté de France sera toujours mieux payé et ne travaillera que 15H à la différence du certifié ou du maître auxiliaire le mieux noté.La justification : il a eu le concours donc il a le statut à vie une situation de rente confortable. Cette disposition est défendue par TOUS les syndicats enseignants au nom de la défense du service public mais il est où véritablement le service public ? ? ? Je ne suis pas qu'enseignant je suis aussi contribuable et citoyen et je trouve choquant ce système qui exclu les plus faibles.Je suis favorable à un examen de fin d'étude qui évalue un socle de compétences permettant au plus grand nombre de réussir dans le respect de la diversité des intelligences et non ce grand formatage à la française que constitue le bac.