Revue de blogs

Faut-il supprimer le baccalauréat ?


Elève passant un examen (Flore-Aël Surun).

Lundi 16 juin, les 324 810 candidats au bac général se sont penchés sur l'épreuve de philosophie, qui marquait son coup d'envoi. Alors que l'examen fête son 200e anniversaire, la question de sa suppression est de nouveau débattue. N'est-il qu'un vestige d'une politique éducative dépassée qui ne perdure que par sa valeur symbolique ?

Sur le net, de plus en plus de blogueurs envisagent sa suppression. C'est le cas du » jeune citoyen » de blogamax :

 » Le baccalauréat n'est plus un diplôme valorisant mais dévalorisant ! (…) Ceux qui échouent au bac sont vus comme les vilains petits canards de la jeunesse française. Les bons à rien, les irrécupérables de la société. Résultat, ils quittent le système scolaire sans diplôme, sans aucune qualification. Quels gâchis d'étudiants, de cerveaux, de talents probables (…)

En 1880, c'est 1% d'une classe d'âge obtenant le baccalauréat : l'élite française ! En 1989, c'est 36% d'une classe d'âge obtenant le baccalauréat : une caste de privilégiée !

En 2006, c'est 63,8% d'une classe d'âge obtenant le baccalauréat : Une minorité de 36,2%, sans Baccalauréat, les honteux de la société Française ! »

Il propose de réserver le bac aux étudiants qui souhaitent entrer à l'Université et le supprimer pour tous les autres.

« De toutes façons, pour moi le bac ne sert à rien »

Sur son blog » Conseils de classe » , Bruno Magliulo, inspecteur d'académie honoraire, met l'accent sur le problème de l'accès à l'enseignement supérieur :

 » En France, contrairement à ce qui se passe dans la plupart des autres pays, le baccalauréat n'est pas un simple « certificat de fin d'études secondaires » (…). A cette fonction de certification s'ajoute -et c'est au cœur du débat sur son avenir- le fait qu'il confère un droit que certains jugent désormais exorbitant : le droit d'accéder à une filière d'enseignement supérieur universitaire. »

 » Pourtant, on sait bien désormais que ce droit à la poursuite des études est largement un leurre. Pour contourner l'ambiguïté qui existe dans le fait que ce diplôme, de plus en plus dévalué, continue d'octroyer à son détenteur un tel droit, on a multiplié les procédures de sélection à l'entrée des filières de l'enseignement supérieur (IUT, STS, classes préparatoires, écoles…). Même à l'université, la sélection existe, et tend à se développer depuis quelques années : à l'entrée de certaines d'entre elles (les « universités de technologie » par exemple), ou en cours d'études (concours de passage en deuxième année des études médicales, pour l'admission en IUP, en deuxième année de master, etc.). Mais surtout, il existe à l'université une sélection terrible qui ne dit pas son nom, en premier cycle notamment : savez-vous que près de 50% des bacheliers entrés en première année d'un premier cycle ne parviennent pas à la licence ? »

Philippe Duret, professeur d'histoire et géographie en région parisienne, s'appuie sur son expérience de surveillant des épreuves, notamment celle de philosophie, pour souligner l'inutilité du bac sur son blog  » lycées de banlieue »  :

 » Dans un sujet de philo, il y a une coquille. Ces dernières années, les ennuis techniques se multiplient. Il y a tellement de candidats et d'épreuves que les fautes de frappe et de lecture ne peuvent plus être corrigées à temps. Le bac devient de plus en plus difficile à gérer. Or, on peut se demander si le jeu en vaut encore la chandelle. Le bac provoque la souffrance des élèves et de certains parents, il coûte cher, il nous supprime six à sept semaines de cours (du 1er juin au 13 juillet), il a perdu toute valeur sur le marché du travail, il enlève beaucoup de liberté pédagogique aux enseignants de terminale. »

Tristement, il souligne que » dans la salle qu'[il] surveille, un tiers des candidats est absent ». Et raconte une anecdote frappante :

 » Au bout d'une heure et demie, un jeune homme d'origine africaine quitte la salle, n'ayant écrit que quatre ou cinq lignes sans intérêt. Comme il a oublié de signer la feuille d'émargement, je descends quatre à quatre pour le rattraper. En remontant dans l'escalier nous discutons. Je suis candidat libre, explique-t-il. Je n'étais pas inspiré. Cette année a été difficile pour moi, j'ai eu beaucoup de soucis, alors j'ai préféré ne rien écrire plutôt que d'écrire des bêtises. Je lui explique son erreur : au contraire, il vaut mieux prendre le risque d'écrire des choses qui sont peut-être des âneries mais ce n'est pas sûr, alors que rendre une feuille blanche apportera immanquablement une mauvaise note. « De toutes façons, pour moi le bac ne sert à rien, dit le jeune homme, j'y vais uniquement pour le titre. » Bel exemple d'intelligence et de clairvoyance, belle lucidité. En effet, le bac ne sert plus à grand'chose. »

Même ceux qui n'envisagent pas la suppression du bac, s'accordent pour souligner les problèmes de ce diplôme. Superfafa explique :

 » Il ne faut pas croire que la communauté éducative n'est pas consciente de certains problèmes soulevés par les politiques : en effet, on sait que les épreuves du baccalauréat ne permettent pas une bonne préparation à l'oral qui est pourtant indispensable. Il serait donc de bon ton de faire quelques ajouts, voire de modifier un peu son contenu. »

Quid du contrôle continu pour remplacer l'examen ?

La question est de savoir par quoi remplacer la bac s'il est supprimé ? Le contrôle continu est la solution la plus souvent débattue. Ainsi, selon blogamax :

 » Une réforme beaucoup plus économique. Le baccalauréat en contrôle continu. Nous pouvons nous appuyer, pour cette solution, sur la régionalisation de la France. Chaque région devra respecter (…) un ensemble de « piliers de connaissances », pouvant être appuyé par un tronc commun : mathématiques, français, histoire-géographie, économie, anglais et informatique. Puis à ce tronc commun un ensemble d'options, deux à trois obligatoires. La région, devra établir chaque trimestre les différents sujets et les transmettre aux lycées. Ce contrôle continu prend alors la place des actuels bacs blancs organisés par les lycées. »

Au contraire, Rage, jeune ingénieur territorial en Poitou-Charentes, affirme sur Agoravox que » c'est un miroir aux alouettes : il y a trop de distorsions entre les notations des lycées. Le bac conserve un seul argument fort : il est pour tout le monde le même en France une année donnée dans une filière donnée. »

Critique que tente de contrer Bruno Magliolo :

 » La peur du contrôlé continu, c'est le fantasme du bac lycée Henri-IV de Paris ou bac lycée de Montreuil dans le 93 (…). Croyez-vous sérieusement que les professeurs qui recrutent des élèves en classe préparatoire ne font pas la différence entre le dossier d'un élève issu du lycée Henri-IV de Paris, et un autre qui vient du lycée de Montreuil dans le 93 ? »

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Portrait de TARPON

De TARPON

11H23 | 23/06/2008 | Permalien

La seule raison pour supprimer le bac reste son cout mais sur ce critere on pourrait aussi supprimer l'enseignement .Le bac reste un controle de connaissances necessaire à se qualifier pour la vie professionnelle .
De plus il n'est pas reservé à ceux qui frequentent l'ecole de la republique mais une porte ouverte à tous.
La vraie raison à cette interrogation est que l'on se trouve face à une generation incapable de se battre à la premiere difficulté.
Souvenez vous ,il y quarante trois ans il y avait encore deux bacs ,on en est pas morts.

Portrait de kestiontoi

à TARPON Portrait de TARPON De kestiontoi

travailleur forcé | 19H57 | 23/06/2008 | Permalien

« La seule raison pour supprimer le bac reste son cout mais sur ce critere on pourrait aussi supprimer l'enseignement . » (Tarpon)
Bonne question.
Supprimer le BAC ?
Pourquoi parle -ton de Bac en contrôle continu ?
S'il est supprimé en fin de terminal l'élève est orienté sans diplôme dans le cas de suppression du Bac !
Le contrôle continu apporte-t-il quelque chose au BAC ?
Fallotage ? Tête qui ne revient pas ?
Valeur du BAC suivant l'établissement ou la région ?
Acat du diplôme ? ….

Portrait de Styall

De Styall

Professeur | 11H26 | 23/06/2008 | Permalien

Un article à charge contre le baccalauréat qui néglige une multiplicité de contre arguments.

1. L'épreuve du baccalauréat, par l'enjeu symbolique qu'elle représente, est un argument capital pour stimuler l'effort de travail d'élèves de terminale. Les tristes fin d'années de secondes, où une atmosphère digne du club méditerranée s'installe dès les premiers rayons de soleil de mai, nous donnent l'idée de ce que serait une terminale sans baccalauréat.

2. La dévalorisation de facto de l'épreuve que souligne l'article procède d'une accumulation de politiques démagogiques : sous prétexte de « démocratiser » le baccalauréat, on en a facilité l'obtention. Des candidats illettrés (qui n'ont pas de formation intellectuelle et savent à peine lire et écrire) parviennent à décrocher le diplôme et à rejoindre les rangs de l'université, où le taux d'échec en première année atteint des proportions abyssales. Une véritable démocratisation ne consisterait-elle pas à refuser de démonétiser le baccalauréat et à permettre, par un renouvellement des pratiques pédagogiques et surtout par l'octroi de moyens matériels (diminution des effectifs, réels cours de soutien, revalorisation de domaines de savoir tels que les arts, etc…) de porter une classe d'âge à un niveau de connaissances ?

3. Le contrôle continu supprime l'anonymat de l'épreuve nationale, ce qui entraîne deux effets pervers : l'élève n'est plus évalué sur ses seules aptitudes mais sur son histoire scolaire dans un établissement, avec les amalgames néfastes que cette histoire entraîne. La docimologie (« science de la notation ») souligne que la sympathie ou l'antipathie qu'inspire un élève tendent à modifier son évaluation (biais que des enseignants consciencieux doivent identifier et combattre) ; enfin, sans épreuve nationale, le « certificat de fin d'étude » sera local, avec un certificat Henri IV et un certificat « lycée de banlieue avec mauvaise presse ». Il est vrai que les classes préparatoires tiennent compte de la réputation des lycées dans leur recrutement, mais en supprimant le baccalauréat, on n'apportera aucune solution à ce biais social, au contraire.

4. Enfin, tirer prétexte de « coquilles » dans les sujets pour supprimer l'épreuve est un argument dont la portée m'échappe… Outre le fait que chaque sujet est vérifié une dernière fois le jour de l'épreuve par des correcteurs spécialistes de la matière, outre le fait qu'une série entière de sujets de rechange est remise aux présidents de jurys pour parer à toute éventualité, je ne vois pas en quoi une faute ponctuelle, exceptionnelle, dans la rédaction d'un sujet devrait discréditer le principe de l'épreuve. Avec une telle argutie, on pourrait tirer prétexte des coquilles de thèses pour supprimer le doctorat, voire d'erreurs ponctuelles du ministère des finances pour supprimer l'impôt…

La véritable question n'est pas celle du baccalauréat, laquelle est posée avec récurrence depuis sa fondation par Bonaparte, mais celle-ci : comment concilier un enseignement de masse et une formation excellente ?

Portrait de Suppriméàlademandeduriverain17.02.09

à Styall Portrait de Styall De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09

11H28 | 23/06/2008 | Permalien

Tout à fait d'accord avec votre conclusion, le plus important c'est le contenu de la formation, mais si on abandonne l'idée du diplôme, on accède à cette excellence de la formation puisque l'enjeu véritable devient le métier et non plus le diplôme.

Portrait de pierrejcallard

à Styall Portrait de Styall De pierrejcallard

www.nouvellesociete.org | 13H10 | 23/06/2008 | Permalien

@Styall : Vous avez raison. La voie de l'avenir est sans doute une docimologie a deux vitesses. Des contrôles modulaire pour les contenus professionnels, permettant envoyer en continu sur le marché les compétences requises à obsolescence rapide, le controle « culturel », bac ou équivalents, pour servir de discriminants et maintenir une catégorie d« individus variment éduqués sans laquelle une société perd sa valeur et son avenir.

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.org/704.html

Portrait de yves C

à pierrejcallard Portrait de pierrejcallard De yves C

informaticien quadra | 14H03 | 23/06/2008 | Permalien

« une catégorie d'individus variment éduqués sans laquelle une société perd sa valeur et son avenir. » Soyez clair parlez d'aristocratie et de populace inculte formée aux techniques (et seulement à ça) pour faire tourner les entreprises détenue par la première !
Est-ce réellement ainsi que vous définissez les objectifs de l'école ?
Comment evisagez vous la démocratie dans ce contexte, seuls les gens éduqués n'auraient alors le droit de vote ?
J'espère avoir mal compris votre propos et dasn ce cas veuillez m'en excuser

Portrait de Tigrou34

à yves C Portrait de yves C De Tigrou34

microbe type IEG | 14H34 | 23/06/2008 | Permalien

Non, je pense avoir compris comme vous, et malheureusement, l'éducation tend vers une double vitesse.
Pour le MEDEF il est certainement intéressant de prendre des gens ignorants sans culture, ils sont plus faciles à exploiter.
Cultiver l'ignorance c'est cultiver le pouvoir, c'est la première règle a appliquée pour la tranquillité d'un gouvernement ou autre.
Quand le gouvernement donne de l'autonomie aux universités, c'est vendre l'enseignement supérieur aux entreprises.
La suite logique est le lycée…

maintenant pour en revenir au sujet du bac, c'est un passport, une façon de refléchir,un niveaux de culture, et le bac général est en rien professionalisant et se n'est pas son but, tout comme la fac.
Aujourd'hui il y a les bac pro, stt, stl, sms, sti,
le sti gmp s'appellait F11 je crois…
ces bacs la donnent la possibilité de travailler dans un secteur defini.

et puis de toutes manières, n'est ce jamais qu'un partiel ! ! ! ? ? ? ? ?

Portrait de NicolasL

à Styall Portrait de Styall De NicolasL

16H10 | 23/06/2008 | Permalien

« Des candidats illettrés (qui n'ont pas de formation intellectuelle et savent à peine lire et écrire) parviennent à décrocher le diplôme et à rejoindre les rangs de l'université »

C'est malheureusement la réalité. Dans mes études supérieures je côtoie pas mal d'élèves qui ne savent pas écrire deux phrases sans fautes dedans. Même ma grand mère qui a quitté l'école au certificat d'études à un meilleur orthographe que beaucoup de bacheliers. Mais là dessus on va encore nous rétorquer manque de moyens, suppressions de postes, et tout le tralala. Remarquez c'est pratique, ça évite de se poser les vrais questions, celles qui fâchent.

Portrait de ogareff

à NicolasL Portrait de NicolasL De ogareff

17H02 | 23/06/2008 | Permalien

C'est quoi, déjà, ces fameuses vraies questions qui fâchent ?

Portrait de NicolasL

à ogareff Portrait de ogareff De NicolasL

19H32 | 23/06/2008 | Permalien

Reformer le contenu des programmes ?
La qualité des enseignants ?
le laxisme quand à la conduite des élèves ?

Ce genre de question oui, qu'on ne peut évoquer sans une violente levée de boucliers. Ségolène Royale a essayé pendant sa campagne, elle a entendu parler du pays !

Portrait de eric_strasbourg

à NicolasL Portrait de NicolasL De eric_strasbourg

22H49 | 23/06/2008 | Permalien

dis donc le jeune grincheux : en 2 messages, tu alignes pas moins de 4 fautes (et je ne compte pas l'accentuation et la ponctuation défaillantes)…ahh, de mon temps, cela t'aurait valu la baguette sur les doigts, canaillou !

Portrait de NicolasL

à eric_strasbourg Portrait de eric_strasbourg De NicolasL

02H04 | 24/06/2008 | Permalien

Honte à moi en effet ! Mais par pitié pas trop rigide la baguette : )

p.s : quand je dis que l'orthographe de certains titulaires du bac est déplorable, je viens de recevoir un mail avec écrit, je cite : « celon moi ca ne devrer pas être autoriser ».

Portrait de Gotch

à NicolasL Portrait de NicolasL De Gotch

ancien ouvrier de la banque | 08H09 | 24/06/2008 | Permalien

Puis-je me permettre une question ? Bachelier en 67, je voudrais savoir si maintenant existent encore les dictées, et quelles sont les sanctions appliquées aux fautes. Pour mémoire, j'ai connu les fautes à 1 point (virgule oubliée), à deux points (nom pluriel, adjectif singulier), à quatre points (vrai orthographe, erreur de temps genre infinitif au lieu de participe passé). Qu'en est-il maintenant ? A l'époque, et sans me vanter car je n'étais pas le seul, j'avais très souvent 20/20 dans ces conditions précises….

Portrait de NicolasL

à Gotch Portrait de Gotch De NicolasL

13H05 | 24/06/2008 | Permalien

Bonjour Gotch,

je ne suis pas certains de ce que je dis car j'ai quitté le collège il y a presque 10 ans. En tout cas le barème que vous énoncez semble correspondre à ce qu'il se fait aujourd'hui, à la différence que je ne me souviens pas de fautes retirant plus d'un point. Mais je peux me tromper.

Mais oui les dictées existent toujours en primaire et au collège.

Portrait de kestiontoi

à NicolasL Portrait de NicolasL De kestiontoi

travailleur forcé | 20H08 | 23/06/2008 | Permalien

« Dans mes études supérieures je côtoie pas mal d'élèves qui ne savent pas écrire deux phrases sans fautes dedans. Même ma grand mère qui a quitté l'école au certificat d'études à un meilleur orthographe que beaucoup de bacheliers. “ (NicolasL)

Les problèmes d'orthographe relèvent-ils illétrisme ?
N'est-ce pas seulement un problème d'enseignement de l'orthographe ?
Acquérir un bon niveau en orthographe ne demande-t-il pas du temps d'enseignement dans ce domaine ?
L'apprentissage n'est-il pas long et laborieux pour ceux qui n'ont pas l'orthographe ‘intuitive’ ?
Quel pourcentage d'enfants en difficulté dans notre système éducatif ?
Qu'est-ce qui est prévu pour palier à ces carences ?
La non maîtrise de l'orthographe empêche-t-il de raisonner ?

Portrait de Autre raleur

à kestiontoi Portrait de kestiontoi De Autre raleur

23H03 | 23/06/2008 | Permalien

Une mauvaise orthographe n'empêche sans doute pas de raisonner.

Par contre, on peut être handicapé par une mauvaise grammaire ou une mauvaise syntaxe : il me semble difficile de faire un raisonnement un peu subtil si on n'est pas capable de s'exprimer avec précision.

Une fin de message un poil hors sujet : cela me semble d'autant plus handicapant que la langue française (et sans doute pas mal d'autres langues) est déjà très imprécise. Prenez par exemple cette annonce sncf : « les personnes accompagnant les voyageurs ne doivent pas monter dans les voitures ». Cela signifie que ces personnes n'ont pas l'obligation de monter dans les voitures… Alors évidement, ici, on rectifie facilement, parce que l'on devine le sens recherché. Mais si on ne peut plus deviner : par exemple, combien de personnes pensent que la négation de « croire en dieu » est « être athée »…

Portrait de einna

à kestiontoi Portrait de kestiontoi De einna

08H52 | 24/06/2008 | Permalien

L'apprentissage n'est-il pas long et laborieux pour ceux qui n'ont pas l'orthographe « intuitive » ? (sic)
L'orthographe se base sur du code, de la règle avec exceptions ; acquérir celà de manière intuitive semble utopique. L'apprentissage de l'orthographe est donc nécessaire quant à l'idée que cet apprentissage soit laborieux, pose surtout la question de la pédagogie.
L'orthographe et la grammaire permettent aussi l'analyse de la langue et l'accès au sens de textes complexes mais lit-on encore des textes complexes ?

Portrait de auchomage

à NicolasL Portrait de NicolasL De auchomage

10H40 | 24/06/2008 | Permalien

Tout à fait d'accord Nicolas. Le problème est bien plus frofond que tout ce qu'on peut en dire. Lorsque j'ai passé mon bac en 1970, il y avait seulement 3 séries : A (littéraire), C (math) et D (scientifique). Tout cela était bien réparti selon nos capacités repérées dès la 6ème (c'était encore le lycée dès la 6ème). Ceux qui n'étaient pas faits pour les études s'arrêtaient à la 3ème avec le BEPC. D'autres en quittant le primaire choisissaient le CEG (collège d'enseignement général) ou le collège technique. Bref, il y en avait pour tous les goûts. A partir de la 3ème on pouvait même passer le concours d'entrée à l'école normale et devenir instituteur sans avoir passé le bac. Je n'ai JAMAIS compris pourquoi on a changé un système qui marchait bien contre un autre qui a conduit la société française à la catastrophe. Donc, on peut dire que le bac d'aujourd'hui n'est pas la preuve qu'un élève est doué pour faire des études supérieures et, sous cette forme, il faudrait donc le supprimer. En fait, il faudrait revoir tout le système à partir de la maternelle et, surtout, supprimer ce bac technique qui ne donne pas de meilleurs ouvriers que ceux qui n'avaient presque pas suivi l'école. Tout au plus, le bac technique donne aux élèves qu'ils sont des intellectuels puiqu'ils ont le bac. Les ressources humaines ne sont plus réparties, on tente de mettre tout le monde dans le même sac si bien qu'à la longue on ne trouvera plus personne de vraiment performant dans son domaine. C'est de l'« à peu près » universalisé qui nous guette et çà risque de nous coûter cher.

Portrait de Julos

à Styall Portrait de Styall De Julos

ex E.N | 17H01 | 23/06/2008 | Permalien

Il me semble que votre commentaire est de loin le plus complet sur le sujet, voire le plus convaincant.

Personnellement, je trouve que se demander à quoi « sert » le bac est une étrange question. Elle traduit pour le moins une conception utilitariste de l'instruction ou même de l'éducation. Cela me semble aussi incongru que se demander « à quoi bon se former ? apprendre à lire ? à compter ? à écrire ? » Après tout, rien de tout cela ne conduit directement à une orientation professionnelle, puis à un travail rémunérateur. Parce que ce sont des « fondamentaux », ni plus ni moins. Et le bac n'est rien d'autre, ne représente rien d'autre que le moyen de faire un bilan au terme d'un cycle de formation, somme toute assez « basique ». Il me semble que ce n'est pas rien !

Que l'on souhaite moderniser les modalités, améliorer la faisabilité de l'examen, ou faire en sorte que les bacheliers attestent de compétences convaincantes et avérées est un autre débat( qui ressemble d'ailleurs plutôt à un combat ! ).
Quant à ceux qui semblent appeler de leurs voeux un retour au bon vieil élitisme de papa je leur pose une seule question : en quoi cela ferait-il avancer le légitime objectif de démocratisation de l'enseignement ?

Portrait de le _grand_clown_malade

à Styall Portrait de Styall De le _grand_clown_malade

if 6 was 9 | 17H52 | 23/06/2008 | Permalien

Quel panache ! vous auriez dû écrire cet article.

Je trouve que vous cernez très bien le contexte de dénigrement de l'école et de l'enseignement.

Et vous avez une vocation de professeur de professeurs, vous décortiquez tellement bien les mécanismes de l'enseignement !

Un grand merci ^^

Portrait de Ouilbeur

à Styall Portrait de Styall De Ouilbeur

Amis de l'ANPE | 10H47 | 24/06/2008 | Permalien

Cher STYALL,

le 1er empereur a crée le bac dans le seul but d'avoir des officiers capable de gérer leur stress dans des conditions pressantes !
Je m'explique : les conditions de préparation au passage du bac, vous amène, lors du jour J à gérer votre stress pour garder votre potentiel cérébrale afin de réussir les épreuves. Pour réussir ces épreuves, il faut faire des choix qui s'avèrent fructueux ou l'inverse. La selection des choix est cruciale dans la note, et défini la capacité de réflexion et de statégie du patient. Ajouter à cela une valeur militaire(pour l'empire), c'était il y a 200 ans un investissement rentable pour napoléon : il décrochait les meilleurs pour envoyé au feu les moins bons ! Cruel impots du sang que le service national !

J'ai vécu la supression du BEPC, et j'ai survécu !
Pourquoi continuer un examen si sa préparation, vous implique moins que le futur vainqueur de la starac !
Pourquoi faire des frustrés, si on les élimine plus haut ; pour qu'il se retourne contre le gouvernement ?
Le problème de la suppression des examens, c'est qu'il a commencé par le certificat d'etudes primaires, continué avec le brevet des collèges, et maintenant par le baccalauréat…
Quand cela s'arrêtera-t-il ?
Kan on ékri ra com sa ?
Ou lorsque l'enseignement sera dispensé dans les Madrasas ou par les jésuites ?
Mais pourra-t on encore parlé d'enseignement (ou de propagande)

Dieu seul le sait !

Portrait de deathinjune

à Styall Portrait de Styall De deathinjune

Professeur | 09H00 | 29/06/2008 | Permalien

Vos arguments sont désarmants :
1) Selon vous seul le bac permet de donner du sens à la scolarité et entretien la motivation…C'est avoir une piètre image des adolescents qui sont pourtant curieux et motivés quand l'enseignant sait faire partager son savoir. Cependant à force de se présenter aux élèves comme les chéfaillons du bac et ceci dés la seconde vous videz les cours de leur substance pour les instrumentaliser comme propédeutique ennuyeuse au bac.
Au fait pour fréquenter les milieux universitaires et les correcteurs des concours d'enseignement je peux vous dire que votre mépris : « Des candidats illettrés (qui n'ont pas de formation intellectuelle et savent à peine lire et écrire) “ est largement partager mais à l'encontre des enseignants du secondaire. Une simple hiérarchie dans la condescendance…

2) Des élèves soit disant illettrés (la rhétorique de l'apocalypse) mais alors que font les enseignants ? Leur mission de service public dans le cadre de la démocratisation scolaire n'est-elle pas justement de faire progresser les élèves ? Nous ne sommes pas simplement des déversoirs de savoir.Le problème dans ce pays c'est que les enseignants d'histoire se considèrent comme des historiens les professeurs de philosophie des philosophes (laissez moi rire…) ainsi il passent leur temps à constater que le niveau baisse et à se présenter comme les défenseurs de la pureté (dangereuse) de leur discipline. Beaucoup de mes chers collègues se considèrent comme exerçant une profession libérale alors qu'ils ont des compte à rendre à la société (tel professeur de philosophie déclarant en salle des profs ‘de toute façon je fais mon cours ,comprenne qui pourra…). Une certaine conception du service public d'éducation couverte par les syndicats…En revanche les enseignants parents d'élève savent bien faire entendre leurs exigences et sont comme par un heureux hasard plus critiques envers leurs chers collègues. Quelle hypocrisie…
3) Quant à votre diatribe sur les moyens je connais… Elle évite de se poser les questions de fond sur ce que l'on enseigne et sur le sens de notre mission de service public. J'enseigne depuis quinze ans et jamais ces questions ne sont évoquées en AG.Il est plus rassurant de voir le spectre de la privatisation rampante ,l'ennemi extérieur, que de balayer devant sa porte.

Portrait de Suppriméàlademandeduriverain17.02.09

De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09

11H27 | 23/06/2008 | Permalien

Très bonne compilation des intérêts en jeu. Ce jeune étudiant africain a dit, à mon avis, l'essentiel. Le bac, passerelle ou ticket d'entrée à l'université, n'est plus qu'un symbole ou un ticket d'entrée qui fait de vous du « linge propre » en opposé à ceux qui ne l'ont pas eu « la caste du linge sale ».

La réforme de Darcos n'apportera pas grand chose, il s'est laissé promener et comme Allègre a baissé les bras en moulinant pas mal de vents. Les éoliennes UMP toujours en action.

Le bac ne vaut plus rien depuis très longtemps sur le marché du travail, et c'est bien ce dont il est finalement question. Mieux vaut un contrôle continu qui permette l'accès à l'université ou à l'IUT (qui devrait gérer tous les Bacs Pro et BTS), qui aurait pour bénéfice d'évaluer honnêtement les étudiants en ne faisant plus peser cette pression d'un autre âge sur eux. Second bénéfice, rationaliser le contenu des programmes.

Portrait de zut

à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09 Portrait de Suppriméàlademandeduriverain17.02.09 De zut

21H12 | 23/06/2008 | Permalien

Le bac n'a jamais rien valu sur le marché du travail, parce que ce n'est tout simplement pas sa fonction.

Portrait de Gotch

à zut Portrait de zut De Gotch

ancien ouvrier de la banque | 08H40 | 24/06/2008 | Permalien

Là, je vous rejoins entièrement. Le Bac est l'examen final des études « normales », il fait le tour de ce que doit non pas savoir, mais pouvoir dire l'« honnête homme » au sens du XVIIe siècle, face à une situation de question culturelle. Il est le point obligé à franchir quand on passe du stade adolescent en recherche de soi-même à celui de jeune adulte, mais adulte tout de même. Il permet de savoir si l'on a assimilé non les connaissances, mais la façon de les gérer de manière efficiente dans une optique culturelle et non matérielle. Reste que celle ou celui qui a intégré les raisonnements, les façons de travailler, les ouvertures philosophiques, sera bien plus apte ensuite à accomplir n'importe quelle tâche de façon immédiatement autonome. Nous sommes là à l'opposé de la filière anglo-saxonne, où la personne sensée être de haut niveau va demander à ses pairs un quitus parce qu'elle est mal armée, précisément. C'est du moins ce que j'ai lu très récemment. C'est d'autant plus paradoxal que les Yankees sont connus en tant qu'individualistes. Si j'ai bien compris, ils savent faire, ils ne savent pas comment faire.

Portrait de NicolasL

De NicolasL

11H33 | 23/06/2008 | Permalien

Articles très intéressant !

Pour moi l'un des principal drame du bac est qu'il est devenu trop simple à obtenir. Du coup l'avoir parait normal, sans plus, ne pas l'avoir est perçu comme une honte. C'est quand même le monde à l'envers !
L'autre effet pervers de sa facilité est qu'il perd en valeur, l'avoir ne veut pas dire que l'on va être accepté, avoir les capacités de réussir des études supérieures.

Rehaussons sa difficulté et orientons mieux les élèves dès la fin du collège et le début du lycée pour leur conseiller des filières mieux adaptées à leur capacités / envie / aspirations.

Portrait de Aloïs

De Aloïs

Etudiant | 11H38 | 23/06/2008 | Permalien

« La vraie raison à cette interrogation est que l'on se trouve face à une generation incapable de se battre à la premiere difficulté. »

Serions nous incapable de nous battre à la moindre difficulté ?

Hum vous me faites réfléchir cher Mr. J'aime votre amalgame, j'aime votre généralisation, c'est d'un facile consternant. Le problème est en amont.

Le problème n'est même pas d'avoir son bac, car ce n'est pas réellement dur, le problème c'est que on est trop à avoir le bac. Du coup, sa valeur est minime. On redescend les échelons, le bac ne vaut plus rien, la L1 ne vaut plus rien. Pour espérer décrocher un métier -après des études longues- il nous faut aller au Master. Et les jeunes perdent toutes projections dans le futur, alors on choisit d'aller au lycée sans vraiment savoir pourquoi, on choisit d'aller à la fac sans vraiment savoir pourquoi, on dérive comme un bateau sans voile. On dérive en espérant trouver une inspiration, une voie, une place.

Pourquoi dérivons-nous cher Mr ? Quel est votre rôle à vous adulte dans notre dérive ? Le bac, c'est l'arbre qui cache la forêt.

Portrait de Tigrou34

à Aloïs Portrait de Aloïs De Tigrou34

microbe type IEG | 14H49 | 23/06/2008 | Permalien

la ou tu te trompes, ton bateau n'a pas de voile, puisqu'il est à rames, mais c'est plus fatiguant ! ! !

il faut te prendre en main, c'est toi qui choisi ton avenir ce ne sont pas les autres, si tu n'atteint pas tes objectifs, tu modifies la trajectoire par un chemin peut être plus long.
choisir son avenir en fonction de ce que tu aimes, pas en fonction des débouchés puisque aujourd'hui tu changera completement de metier dans ta carriere c'est casi sur.

deplus les parents poussent les enfants à rester à la maison, donc vous avez le temps de dériver…

Portrait de Lewlill

à Tigrou34 Portrait de Tigrou34 De Lewlill

végéteuse | 17H46 | 23/06/2008 | Permalien

Et bien je pense qu'Aloïs à raison, car il est le premier à poser la question du sens…Pourquoi étudier, pour devenir qui ? Pour faire quoi et dans quel but ?
Les sempiternelles questions sur la suppression ou non du Bac semblent superflues à côté des questionnements qui accompagnent l'entrée dans l'âge adulte et dans le monde du travail : surtout le monde du travail d'aujourd'hui ! Ca fait quelques années déja que j'ai eu mon bac, je me posais ces questions bien avant et je continue de me les poser encore et toujours. Et notre école est ainsi faite qu'elle ne répondait pas à ces attentes existentielles(peut-être n'est ce pas son role) et qu'elle me compressait avec les siennes…la reussite, les notes, le bac bien sur ! Alors parler du bac, ce n'est même plus parler de l'arbre qui cache la forêt, c'est une excuse pour éviter de parler du véritable sens qu'on donne à « l'apprentissage » et que, je pense, on échoue à transmettre aux plus jeunes… Je suis rassurée de voir le commentaire de ce lycéen et j'espère qu'ils sont nombreux à ne pas être dupes. Ils vont galérer à trouver un sens à tout cela, et c'est loin d'être aussi simple que vous ne le laissez entendre.

Portrait de Tigrou34

à Lewlill Portrait de Lewlill De Tigrou34

microbe type IEG | 20H33 | 23/06/2008 | Permalien

c'est donc bien ce que je dis ce n'est pas un bateau à voile mais une galère.
3 ans que je travaille, 6 ans que j'ai eu mon bac, le chemin est long, évidemment ! ! !
reste que la recette est simple pour trouver sa direction.
Personnellement, j'ai tester tout les métiers qui m'ont intéressées et dans mes capacités, pâtissier pendant 3 nuits, plombier 1 moi, serveur 1 ans pendant les études, éboueur l'été, bureau d'étude, production, maintenance, j'ai peut être de la chance, 3 ans dans la vie active et j'ai trouvé mon secteur.
il ne faut pas avoir peur de se tromper, le tout est d'avoir une suite logique. et de rendre les virages harmonieux.
pour en revenir au bac, il commence à définir ses atouts ou ses plaisirs justement.
et permet aussi d'ouvrir les yeux aux élèves contrairement au brevet (qui existe toujours hihihi) où les matières sont imposées.
ensuite certaine école comme l'INSA de Lyon prennent en compte les notes du bac.
Et ceci change tout, puisque des élèves sérieux avec des profs aux notes larges passent derrières certains sous-doués, qui s'éclatent en étude sup.
Rappelez vous que sans bac pas E=MC²

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