(De Rennes) La France, terre des psychologues ? C’est ce que suggère une étude de 2007 qui constate que notre pays compte un quart des étudiants en psychologie d’Europe, soit 50 000 étudiants sur les trois années de licence, dont seuls 4500 décrochent un master de recherche ou professionnel, indispensable pour devenir psychologue.
Cette discipline est ainsi la filière la plus choisie lors de l’entrée à l’université. D’ailleurs, nombre d’étudiants prennent cette voie par défaut, quand ils sont poussés à faire des études longues mais ne savent lesquelles choisir. Un tel afflux implique de nombreux échecs et un marché du travail saturé. La profession comptant près de 40 000 praticiens, ce "parc" serait renouvelé tous les neufs ans si les étudiants en psycho trouvaient tous du travail.
Au-delà des chiffres, qu’en est-il de la réalité de l’enseignement ?
"La fac de Rennes 2 est réputée pour être plutôt lacanienne, axée sur la psychologie clinique, explique Solenn, étudiante en M2, mais vu le développement et la demande, notamment sur les nouvelles technologies, on a également beaucoup de cognitivistes."
Une science encore jeune, aux approches multiples
La branche cognitiviste de la psychologie est plus proche des sciences dites "dures", puisqu’elle s’occupe principalement des mécanismes du cerveau dans le traitement de l’information.
"Pour simplifier, disons qu’elle s’intéresse plus au comment qu’au pourquoi. Le problème, c’est qu’entre les uns et les autres, il y a souvent des marques de désapprobation, voire de dénigrement. Dans un cours, on vous explique que telle pathologie a une origine inconsciente, et dans un autre, que c’est d’origine neuronale. Pour finir, chacun va défendre sa chapelle et ça se termine en guerre de clochers. Le problème : les jeunes étudiants se retrouvent pris entre deux feux ! "
Ces frictions ne sont pourtant pas nouvelles. Et elles pourraient empirer. Car il n’y a pas deux mais quatre approches différentes de la psychologie. En plus de l’approche clinique et cognitive, s’ajoutent l’approche comportementaliste et l’approche biologique. Cette science, encore jeune, engage de nombreux débats, même si elle s’organise de mieux en mieux. Pour preuve, l’obligation récente pour les psychothérapeutes, jusque-là encadrés par un statut plus que flou (chacun pouvait se déclarer psychothérapeute si l’envie lui prenait), de suivre une formation universitaire. Mais tout cela n’aide pas les étudiants.
"Des gens si instruits qui font preuve d’autant d’a priori ! "
"Lorsque j’ai dit à mon tuteur que je voulais m’orienter vers la neuropsychologie, il m’a regardé avec des yeux tout ronds, témoigne Alice. J’ai vraiment eu l’impression de le décevoir, alors que c’était un choix longuement muri et je savais qu’il me convenait. Ensuite, en parlant avec des étudiants de master, j’ai appris que beaucoup voyaient les neuropsychologues comme des mécanos du cerveau qui faisaient fi de la dimension humaine et de la thymie (l’humeur) du patient. Ça m’a beaucoup choquée de voir des gens si instruits faire preuve d’autant d’a priori ! "
Et ce type de réactions ne semble pas être l’apanage de l’université de Rennes 2.
"Tout cela n’a rien d’étonnant, la situation est comparable à de nombreux autres domaines scientifiques, surtout dans le domaine purement médical, explique Solenn. Avec le temps, on se fait sa propre idée. Certains choisissent leur camp et d’autres essaient de rester à l’écart des débats, ne se basant que sur ce qu’ils peuvent constater : ce qui marche et ce qui ne marche pas. Et encore, tout dépend de leurs critères ! Le concept même de réussite reste très flou."
Une fois de plus dans le milieu universitaire, sont opposées sciences dures et sciences molles, et ce qui est quantifiable à ce qui ne l’est pas. Cette opposition bénéficie-t-elle à la filière psycho ? Peu d’étudiants se destinent à la recherche tant les places sont chères, alors faut-il encombrer un programme déjà bien complexe en les engageant dans le débat ? N’est-ce qu’une tentative de titiller leur esprit critique, afin qu’ils ne se positionnent pas comme de simples consommateurs de savoir, mais comme acteurs de celui-ci ? Cela dit, cette ambivalence des enseignements ne les aide pas dans la réussite de leurs études. De là à dire que cela fait également partie d’un processus de sélection qui, vu le nombre d’inscrits, se doit d’être particulièrement féroce, il n’y a qu’un pas. Le franchirez-vous ou êtes-vous plutôt du genre à osciller entre deux écoles ? En partenariat avec :













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Bonjour,
Je trouve le premier paragraphe de l’article plutôt malheureux car il suggère que la seule raison pour laquelle les étudiants vont en psycho, c’est pour devenir psychologue.
Or à mon sens, c’est inexacte. Il y a de nombreux étudiants qui choisissent d’avoir une licence de psycho pour après intégrer d’autres cursus. La psycho n’est que le tremplin de base vers d’autres études (ex l’IUFM) ou d’autres carrières tels que la formation professionnelle, les ressources humaines, l’insertion, le social etc etc.
Au passage, je trouve que cette vision réductrice des parcours universitaires (en fac de bio on devient biologiste, en fac de médecine on devient médecin, en fac de lettres on devient professeur etc.) participe à la dévalorisation l’enseignement supérieur. La fac ne vous apprend pas forcément un métier, mais elle vous apporte le tronc commun et la culture nécessaire pour intégrer d’autres parcours.
Après, je ne nie pas que les études de psycho n’accueille pas (comme toutes les autres filières) son lot de mauvaises orientations.
En revanche, je suis parfaitement d’accord avec le restant de l’article. C’est paradoxal de voir des scientifiques à priori brillants se battre pour « LEUR vérité seule et unique » comme si le genre humain n’était pas suffisamment complexe pour que chacune des théories de puisse pas cohabiter. Après, est-ce que cela sert de sélection pour les étudiants ? ça m’étonnerait fort !
Il paraît que les psychologues créent du lien, qu’ils sont là pour faciliter la communication et permettre aux organisations humaines de s’organiser dans une harmonie transcendantale, faisant entrer chacun en vibration cosmique permettant d’atteindre une raisonnance groupale orgiaque. Si vous êtes encore dans cette illusion délirante, venez à un rassemblement de psychologues… Le rapport à la réalité risque d’être douloureux.
Mettez plus de deux psychologues dans une même pièce, vous obtiendrez au minimum quatre courants de pensées, trois types de pratiques différentes, six sortes de diplômes et un taux important de grammes d’alcool dans le sang.
Il paraît que moins d’1% des psychologues appartiennent à un organisme professionnel reconnu (dans la rue et par ceux qui y adhérent) et pourtant c’est pas le choix qui manquent. En vrac: SFPA, Europsy-T France, Pro.Et.Psy, SFP, SNP, ADEN, CPCN, ANAPS, APFC, APPL, SPEN, psylegale, psychologues du monde, PSY’GL’InterCoPsychos, APF, AFPS, AFPPC, ANOP, APEA, APS, CEPC, SPPN, De bouche à oreille, amicale de psychologues, et encore pleins d’autres, trop bien, où on se fait plein de copains et de copines avec qui on peut parler boulots comme le font les VRP lorsqu’ils passent le we à Eurodisney pour un stage de remotivation… Mais je sors du sujet.
Mais pourquoi Freud Diable, sommes nous incapable de nous rassembler?!
J’ai plusieurs hypothèses que je vous soumets, car je suis bon, et me plaçant en parent nourrisseur positif, j’estime qu’il est de mon rôle de donner mon avis qui est forcément juste puisque je suis diplômé. (C’est ce que je dis à mes patients quand ils trouvent que je parle trop souvent de leur mère…)
1ere hypothèse:
-Les psychologues sont incapable d’échanger entre alter-ego puisque à la fin, on ne sait pas qui paye et qui doit aller mieux…
2ème hypothèse:
-Les psychologues sont incapable d’élire un chef et de lui obéir car ils considèrent que celui qui veut devenir chef à des problèmes à régler, et on va quand même pas donner le pouvoir à celui qui a des problèmes à régler!
3ème hypothèse:
-L’emprise, l’influence, la présence de nombreux psychanalystes dans la profession font que certains psychanalystes se sentent plus à l’aise dans leurs organes psychanalytiques (je n’établirai pas la liste, je n’ai qu’une vie et elle est déjà bien remplie…) que dans les organes psychologiques. (c’est qui un organe psychologique? Si j’étais trivial je dirais que c’est souvent mou et impuissant, ne l’étant pas, je le définirai comme un regroupement de cinq à dix psychologues cherchant ensemble à réfléchir sur leur pratique pour pouvoir publier ensuite un article sur les « nouvelles donnes de la Psychologie » ou « les donnes de la Nouvelle psychologie » dans des journaux qui prennent le noms de « Cahier » ou « Revue » avec des peintures en guise de couverture…)
4ème hypothèse:
« L’Unité de la psychologie » chère à Lagache ne serait qu’une utopie (ou Uni-topie pour les Lacaniens) qui se désagrégerai au moindre symposium portant sur un thème psychobidulique.
5ème hypothèse:
Si jamais les psychologues s’entendaient… Qui les écouteraient?
6ème hypothèse:
Le manque de leader charismatique permettant de rassembler les personnes autour d’un projet.
(C’est pas un peu fasciste comme idée? Hé alors, la psychologie n’est pas forcément opposé au fascisme… Petite polémique gratuite…)
7ème hypothèse:
Un grand rassemblement de psychologues aboutirait peut-être à un ordre des psychologues. Il proposerait peut-être à un numérus-clausus permettant de stopper l’hémorragie de psycho-chômeurs, il permettrait peut-être plein de choses, mais surtout on découvrirait peut-être que le métier de psychologue n’existe pas, ce que ce vaste fouillis permet de camoufler…
Il y a encore de nombreuses pistes à explorer pour comprendre cette spécificité française d’incapacité organisationnelle, mais n’étant pas d’accord avec le début de ce texte (moi non plus!) je refuse d’aller plus loin dans la réflexion qui ne reflète pas la totalité de ma pensée, je vote donc une motion de défiance et refuse d’acter ce commentaire (moi aussi, nous sommes contre…).
A l’ouest rien de nouveau…
Entrée en fac de psycho, il y a déjà…très très longtemps, la guerre entre les expérimentalistes (cognitivistes) et les cliniciens faisait déjà rage.
Aux conceptions opposées des uns et des autres, s’ajoutait un certain ostracisme et mépris des purs de la psy envers les « prosaïques »…
Concernant le nombre d’étudiants en fac de Psycho, il y a une hypocrisie monumentale: les victimes de la psy ne sont pas uniquement des étudiants mal orientés ou n’ayant aucune capacité à reussir. Même avec un DESS (ou un DEA ou encore un doctorat) beaucoup de psy sont au chômage.
Pour exemple, un an après l’obtention de leur DESS, 80% des ex-étudiants (environ 45-50) de ma promo étaient au chômage.
Beaucoup d’entre eux ont dû trouver des boulots dans des domaines n’ayant absolument rien à voir avec la psy: il fallait bien se nourrir!
Certains penserons que ce sont les meilleurs, les plus compétents qui s’en sont sortis. Erreur ce sont ceux qui avaient des parents ayant des relations et de l’argent.