
Le Conseil des ministres a adopté, le 18 juin 2008, le projet de loi « Création et Internet » porté par la ministre de la Culture, Christine Albanel. Le texte est très mal accueilli par les internautes et le débat fait rage. Cet article proposé par le Think Tank Terra Nova est signé par l'avocat Jean-Baptiste Soufron et le président de l'association des audionautes Aziz Ridouan.
Jugeant le système pénal actuel inadapté à une fraude de masse, le gouvernement prétend avec la loi « Création et Internet » lui substituer un dispositif pédagogique et préventif de « riposte graduée ». Le projet comporte deux groupes de dispositions : Il transforme l'Autorité de régulation des mesures techniques par une Haute autorité de la diffusion des œuvres et de la protection des droits sur Internet (Hadopi), en lui transférant des pouvoirs très importants, qui relevaient auparavant du juge judiciaire et de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL).
Il met en place un mécanisme intitulé « riposte graduée » qui présente les caractéristiques suivantes :
-une nouvelle infraction spécifique à Internet, fondée sur la non-surveillance de sa connexion Internet, et qui vient s'ajouter et non se substituer au délit de contrefaçon déjà existant
-à cette infraction, sont associés trois niveaux de mesures : l'avertissement, l'avertissement par lettre recommandée et la suspension de l'accès Internet
-la création d'une liste noire des internautes
Ce projet est critiquable sur de nombreux plans :
-le projet reste vague quant à son champ d'application. Il crée une procédure de sanction que l'on peut juger disproportionnée, d'autant plus que les voies de recours sont peu efficaces. Il repose sur une logique répressive, d'interdiction et de liste noire, d'autant plus contestable qu'elle va concerner des millions d'internautes dans le pays.
-le projet ne règlera pas la crise du disque car il ne repose pas sur un modèle économique réaliste. Il a été rédigé sans consulter la commission de contrôle des sociétés de gestion, hébergée par la Cour des comptes et qui est aujourd'hui celle qui détient le plus de données sur le marché de la culture et sur son développement dans le numérique.
-le projet est en contradiction avec les engagements européens de la France et avec la politique prônée par l'Union européenne.
-le projet est un frein au développement d'Internet et de l'économie numérique en France. Il soulève un tollé dans le monde de l'Internet et s'avère particulièrement inadapté, de par son caractère spécifiquement français et son côté disproportionné.
Dans ces conditions, il est nécessaire de remettre à plat ce projet de loi, beaucoup plus répressif que le rapport Olivennes dont il est censé s'inspirer, en demandant la rédaction d'un rapport de qualité scientifique, par l'autorité de contrôle des sociétés de gestion, et en le portant auprès des instances européennes.
Un projet disproportionné beaucoup plus répressif que la simple « riposte graduée » revendiquée
Le projet de loi « Création et Internet » est issu du rapport présenté par Denis Olivennes sur le piratage des œuvres sur Internet. Conformément à ses recommandations, le projet propose notamment la mise en place d'un mécanisme de « riposte graduée ». Mais contrairement à la logique qui prévalait dans le rapport Olivennes, ce terme ne désigne plus un système d'information et de prévention. Il consiste à créer une infraction nouvelle, assortie de sanctions spécifiques, qui vont beaucoup plus loin que de simples avertissements, et à transférer certaines compétences de la CNIL et du juge judiciaire à une nouvelle autorité administrative, la Haute autorité de la diffusion des œuvres et de la protection des droits sur Internet (Hadopi).
La riposte graduée n'est pas une gradation des sanctions infligées aux internautes, mais c'est une infraction supplémentaire infligée à l'Internet. Malgré son nom, la « riposte graduée » n'est pas une gradation des sanctions destinée à adoucir le rapport entre ayants droit et internautes. C'est une infraction supplémentaire, spécifique à Internet et qui vient en complément de la contrefaçon pour alourdir l'arsenal judiciaire proposé aux ayants droit. Pourquoi ? Parce qu'il est très difficile d'identifier juridiquement l'auteur d'un délit de contrefaçon sur Internet.
La seule personne identifiée est le titulaire d'une connexion Internet (via son adresse IP enregistrée chez son fournisseur d'accès Internet). Mais elle n'en est pas forcément la seule utilisatrice. L'auteur d'un téléchargement illégal ne peut donc pas être, en droit, confondu avec le titulaire de la connexion. C'est pourquoi la loi DADVSI (du 1er août 2006 relative au droit d'auteur et aux droits voisins dans la société de l'information) avait instauré une obligation de surveillance de sa connexion, mais elle n'était assortie d'aucune sanction.
Le projet de loi institue un délit de non-surveillance, dont est rendu coupable le titulaire de la connexion lorsque sa connexion est utilisée pour un téléchargement illégal, quel qu'en soit l'auteur réel.
Plutôt que d'adapter le droit existant, le projet de loi « Création et Internet » vise à créer un nouveau régime juridique pour l'Internet, mais dans la seule perspective d'offrir des actions supplémentaires aux ayants droit. Il part du principe que le droit actuel ne suffit pas alors que des procès pour contrefaçon numérique sont régulièrement dressés, et qu'il est déjà possible de saisir le juge en référé pour obtenir une décision, y compris d'ailleurs une décision de suspension de l'abonnement.
Concrètement, le projet prévoit trois groupes de mesures : Après un seul avertissement sans recours, la possibilité de couper l'accès des citoyens à Internet
Le premier groupe de mesures relève de la nouvelle autorité : l'avertissement par email, la lettre recommandée, puis la suspension de l'accès Internet pour une période de un à douze mois. A première vue, les termes employés pourraient laisser croire qu'il s'agit d'une gradation et qu'il faut commencer par alerter deux fois avant de couper l'accès Internet. Mais en réalité, tel que le projet est aujourd'hui rédigé, il suffit à l'autorité d'envoyer une première recommandation non suivie d'effet avant de déclencher la procédure de suspension.
Le procédé est d'autant plus blâmable que ces recommandations ne pourront pas faire l'objet d'un recours immédiat. Les internautes qui estimeraient avoir reçu un avertissement à tort ne pourront le contester qu'après que l'autorité a pris une décision de suspension, c'est-à-dire qu'ils devront attendre que leur accès Internet soit coupé pour expliquer que la procédure est viciée.
La possibilité de prendre toutes mesures en référé
Le second groupe de sanctions relève du tribunal de grande instance et consiste à prendre toute mesure visant à prévenir l'atteinte à un droit d'auteur sur Internet, y compris le filtrage, la suspension, la restriction d'accès, et ce à l'encontre de toute personne. Elle pourra donc viser non seulement les utilisateurs d'Internet, mais également les hébergeurs ou les fournisseurs d'accès. Le champ d'application du projet de loi « Création et Internet » va donc bien au-delà de la simple « riposte graduée ».
Une sanction qui dure, avec la constitution de listes noires de citoyens interdits d'accès à Internet
Enfin, le projet prévoit de créer des listes d'internautes qui n'auront plus le droit de s'abonner à Internet pendant la durée de leur condamnation, que les fournisseurs d'accès à Internet seront obligés de respecter, la contestation en justice n'étant en principe pas suspensive. Là encore, le champ d'application du projet de loi va bien au-delà de la simple « riposte graduée », surtout quand on sait l'importance qu'a prise Internet dans la vie quotidienne des Français aujourd'hui. Ne plus avoir d'abonnement, c'est être privé de la possibilité de recevoir des emails chez soi, de travailler à distance ou de faire des démarches administratives en ligne.
Un projet qui ne repose pas sur un modèle économique réaliste
Le rapport Olivennes avait posé clairement les enjeux économiques : la crise du disque est structurelle, le basculement des usages des supports physiques (CD, DVD) vers le numérique est irréversible, les offres légales sur Internet sont inadaptées. C'est pourquoi il faut inventer de nouvelles solutions liées aux usages numériques. Mais les propositions du projet de loi sont en contradiction avec l'ensemble de « l'état de l'art » sur la question, tant au niveau français qu'au niveau international. En France par exemple, dans le rapport officiel du professeur Jean Cédras remis à Renaud Donnedieu De Vabres, « l'idée d'une réponse graduée automatique, aussi séduisante qu'elle ait pu apparaître [au gouvernement français et aux ayant droits], doit donc être abandonnée ». Tour à tour, la CNIL et l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) ont critiqué ce texte, tout comme, du coté de la société civile, l'UFC-Que Choisir, les associations d'internautes et de nombreux politiques.
Un projet élaboré sans avoir consulté la commission permanente de contrôle des sociétés de perception et de réparation des droits
Instaurée par une loi du 1er août 2000, elle contrôle les comptes et la gestion des 27 sociétés chargées de la gestion collective des droits d'auteurs et des droits voisins. Le champ de ce contrôle peut être caractérisé par le montant des sommes versées par les redevables aux sociétés particulièrement chargées de la perception des droits, soit plus de 1,2 milliard d'euros en 2006. À ce jour, elle a publié cinq rapports annuels.
C'est aujourd'hui la seule autorité à disposer de données représentatives du marché de la culture, et à en maîtriser les modèles économiques. Sa consultation était indispensable à tout projet de loi sur le sujet.
Un projet méconaissant « l'état de l'art » international sur le sujet
De nombreux auteurs étrangers réfléchissent à la mise en place de mécanismes de « levier » semblables à notre copie privée plutôt qu'à l'instauration de nouvelles sanctions (cf. Lawrence Lessig à Stanford, Jonathan Zittrain à Oxford, Jamie Boyle à Duke, Yochai Benkler à NYU ou Terry Fisher à Harvard). Mais sur ces questions, le rapport de référence est aujourd'hui le rapport Gowers remis en 2006 à Gordon Brown.
Celui-ci proposait notamment :
-la création de nouvelles exceptions au droit d'auteur qui seraient adaptées à l'environnement numérique
-la précision de l'exception de copie privée afin que les utilisateurs soient rassurés sur la possibilité de copier les œuvres de supports en supports (d'un CD à un MP3 par exemple)
-l'autorisation pour les bibliothèques de copier et préserver sur différents formats les œuvres qui peuvent se détériorer ou n'existent qu'en format démodé
-la garantie de ne pas profiter du passage au numérique pour étendre les droits des ayants droit.
Un projet élaboré en contradiction avec les orientations juridiques et politiques européennes
Le rapport Gowers rappelle aussi que l'Union européenne s'est saisie de la question, qui est devenue un enjeu européen.
Un texte contraire au droit européen
Le projet « Création et Internet » paraît contraire à la directive 2001/29/CE sur l'harmonisation de certains aspects du droit d'auteur dans la société de l'information. Cette directive impose aux Etats membres de créer un régime pour éviter le contournement des mesures techniques de protection. La directive a été transposée en France avec la loi DADVSI : la loi protège ainsi les droits d'auteur numériques (« DRM » : digital rights management) en rendant illégal et en sanctionnant leur contournement.
Or le projet de loi propose de revenir sur ce dispositif et d'abandonner les mesures techniques par les ayants droit, en contradiction directe avec les obligations imposées par la directive. C'est donc une épée de Damoclès qui pèse sur le dispositif : à l'occasion d'actions contentieuses, les tribunaux, administratifs ou judiciaires pourraient écarter la loi pour inconventionnalité.
Un texte contraire aux orientations politiques européennes
Le 10 avril 2008, à l'initiative de Michel Rocard, le Parlement européen a pris position sur la « riposte graduée ». Il a engagé les États membres « à éviter l'adoption de mesures allant à l'encontre des droits de l'homme, des droits civiques et des principes de proportionnalité, d'efficacité et d'effet dissuasif, telles que l'interruption de l'accès à Internet ». Ce vote démontre l'absence de consensus sur ces questions, l'illégitimité de la solution française et la nécessité de renvoyer les discussions à un niveau européen, le plus rapidement possible.
La nécessité d'une remise à plat fondée sur le dialogue avec les différents acteurs nationaux et internationaux pour développer un modèle économique de la culture sur Internet
Pour l'ensemble de ces motifs, ce projet de loi est coupé des réalités. De manière symptomatique, il ne parle pas de créer un nouveau modèle économique pour la culture dans l'univers numérique, mais de développer « l'offre légale » existante, dont tous les spécialistes s'accordent à dire qu'elle est inadaptée et sans avenir. Il prend pour acquis le besoin de créer des sanctions spécifiques alors qu'aucun autre pays ne l'a jamais fait.
Il part du principe qu'il n'existe pas de solutions alternatives alors que cela fait déjà plusieurs années que les sociétés de gestion collective perçoivent et redistribuent la taxe copie privée sur les supports numériques comme les baladeurs mp3.
Il tient pour un succès le fait qu'un Français sur deux ait accès à Internet alors que cela place seulement la France au 11e rang des pays européens. Il impose une législation contraignante pour les intermédiaires techniques et les fournisseurs de service alors même que la France peine à susciter l'investissement dans le secteur du numérique et à créer des startups d'envergure internationale.
En conséquence, ce projet de loi ne correspond pas à la réalité des usages de l'Internet aujourd'hui. Il ne correspond pas plus à la réalité des modèles économiques. Et il prend des risques juridiques inconsidérés qui peuvent retarder durablement le développement de l'Internet et du marché de la culture en France. Il est aujourd'hui nécessaire de reprendre l'étude du modèle économique de la création.
Il serait par exemple possible de commander un rapport à la commission de contrôle des sociétés de gestion, puis d'ouvrir des négociations sur ce sujet au niveau européen afin d'arriver à un mécanisme global et capable de créer un marché de la culture respectueux des ayants droit, des internautes et des industriels.
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► Lire aussi : Internet : la loi sur le piratage expliquée aux nuls (1/3)


























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De Editorama
Humaniste détaché | 16H54 | 20/06/2008 |
Sanctions : ce gouvernement n'a que ce mot à la bouche ! ! Pour aborder des sujets tels qu'internet, il faut des connaissances, des compétences et du recul. Je doute que notre ministre de la culture détienne ces qualités oh combien primordiales pour assumer un ministère. En plus, la pression des lobbys est telle qu'une fois encore la France se dirige vers du repressif au détriment de l'éducatif et de l'incitatif.
Certes l'extraordianire réservoir de ressources que représente internet doit être manoeuvré avec précaution, mais certainement pas censuré. Le faire serait le meilleur moyen d'encourager les fraudeurs. Apprenons internet aux enfants, aux parents, démystifions-le pour mieux l'appréhender. C'est le meilleur moyen d'en conserver l'ambition d'origine : relier les peuples et favoriser les échanges.
à Editorama
De Jaùsep
| 17H45 | 20/06/2008 |
Un gouvernement rétrograde qui va nous renvoyer en un seul mandat dans l'obscurantisme du haut moyen âge !
De Coldo
pas là | 17H09 | 20/06/2008 |
Quel dommage que cet article ne propose aucune autre solution autre que : « commander un rapport à la commission »…
Il faut m'expliquer comment on peut « créer un marché de la culture respectueux des ayants droit, des internautes et des industriels » sans sanctionner les pirates…
Cet article sent le pleurnichage des gars qui sentent qu'ils vont devoir arrêter de pomper illégalement des films sur le web…
à Coldo
De Lugi
10H57 | 23/06/2008 |
Vous avez entendu parler de « license globale » ?
Un autre modèle de droit est un autre débat.
Ne pas avancer de solutions, c'est encore ce qu'il y a de mieux pour garder une critique neutre, en ne se faisant pas l'avocat d'un autre modèle. Mais les autres possibilités existent.
Concrètement, ce projet de loi reviens à obliger la population à utiliser les circuits de distributions existants mis à mal dans son monopole par le développement d'internet.
Ethiquement, c'est donc une loi qui va à l'encontre d'à peu près toutes les doctrines économiques droite et gauche confondues, en plus d'aller à l'encontre de l'avis des spécialistes, au mépris total de la réalité technique ou du caractère culturel du sujet.
Car ultimement, l'objet ici dont on parle est bien la culture, même si les « ayants droits » ici ne font pas référence qu'aux auteurs, mais aussi à une multitude d'intervenants dont tous n'ont pas apporté une valeur ajouté au « produit ». La culture n'est pas un bien de consommation comme le reste. Ceci a échappé à Olivennes bien qu'il s'agisse là de l'argument publicitaire de sa boite.
Je suis contre cette loi. Est-ce que cela fait de moi un défenseur du téléchargement illégal par ce que j'y ai recours moi-même ? Non, et les procès d'intentions n'ont rien à faire dans un débat.
J'ai recours massivement à Deezer et Musicovery pour mon élargir mon environnement musical. Ce genre de sites ont déjà signé l'arrêt de mort des major.
Des majors, pas celle des artistes ni de la musique.
De fermtag
17H15 | 20/06/2008 |
Fraude *de masse* ? Et c'est la « masse » qui est en tors. Il y a comme un problème dès la définition, il me semble…
De la champenoise
17H24 | 20/06/2008 |
Quelque soit le sujet, avec ce gouvernement, c'est toujours sanctions, sanctions, sanctions….
à la champenoise
De Jaùsep
| 17H52 | 20/06/2008 |
C'est sûr ! …
Mais toutes ces contraintes ont un dénominateur commun : Notre fric ! ..
Et après sanction, sanction, sanction…
Il y a succion, succion, succion…
C'est pas un panier de crabes là-haut, c'est un banc de sangsues !
De kawouede
18H53 | 20/06/2008 |
C'était la journée dédiée à la culture libre aujourd'hui
http://www.lepost.fr/article/2008/06/19/1211272_libre-acces-journee-dedi…
De Laurent-Weppe
19H01 | 20/06/2008 |
Le plus gros problème de ce projet de loi est qu'il tient du simulacre : avec des dizaines de millions d'internautes, un grand nombre ayant accès au haut débit et au téléchargement de masse, et, pour la France seule, une masse d'information qui se compte en exaoctets (un exaoctet = 1099,5 milliards de megaoctets), toute politique qui ressemble de près ou de loin à une ligne maginot virtuelle est un foutage de gueule : avec 15 millions d'abonnets ADSL, la solution à l'heure actuelle privilégiée est d'utiliser un appareil répressif archi violent sur quelques centaines « pirates » informatiques (soit quelque chose aux alentours de 0,0001% de l'ensemble des utilisateurs) en espérant que cela fera peur aux autres et les rendra dociles, en faisant mine d'espérer que les utilisateurs d'internet ne trouveront pas vite la parade.
Cette loi ne réussira pas grand chose, à part peut-être pourir la vie d'internautes hiostoire de masquer le manque d'imagination des pouvoirs publics.
à Laurent-Weppe
De Coldo
pas là | 23H10 | 20/06/2008 |
Puisque les pouvoirs publics manquent d'imagination, pouvez-vous nous dire quelles sont vos idées pour lutter contre le piratage ?
à Coldo
De Jaùsep
| 14H21 | 21/06/2008 |
Dati va inventer le bracelet informatique…
On le placera sur les sabots des mules !
à Coldo
De aliend
citoyen à Aix-en-Provence | 19H03 | 22/06/2008 |
Tant que l'on aura pas compris que « lutter contre le piratage » c'est lutter contre l'évolution de la technologie, autant dire un raz de marée, on ne prendra pas le problème par le bon bout. Il est sûr que les premiers à pâtir de cela sont les producteurs et les maisons de disques, ainsi que les artistes faisant partie des notables de ce milieu.
Le prix prohibitif des CD et DVD n'est-il pas aussi une des causes du piratage ?
Est-ce la disparition de la créativité ? je ne le pense pas. Bien au contraire. Certains artistes ont su tirer parti de l'internet. Je ne vais pas verser une larme pour Johnny Halliday ou Patrick Bruel et bien d'autres !
Ce n'est pas à nous, internautes, à faire preuve d'imagination mais d'une part au législateur (qui n'a strictement rien compris au problème) et d'autre part aux producteurs qui doivent évoluer sous peine de disparition.
De plus il n'y a pas que le peer to peer qu'il faut prendre en considération ; les lecteurs mp3 et mp4 sont alimentés par des sources classiques, converties et démultipliées.
On peut comprendre un système répressif à l'encontre de ceux qui font commerce de copies illicites.
Mais traquer ainsi les internautes est une hérésie.
De peredespeuples
01H37 | 21/06/2008 |
Ils sont vichy, soyons pirates !
à peredespeuples
De Jaùsep
| 14H24 | 21/06/2008 |
Pour ceux qui sont givenchy, soyons boules puantes !
De parousnik
02H30 | 21/06/2008 |
Et plus moyen de se connecter au réseau voltaire de France… La Liberté est en prison…quand les assassins et leurs complices dictent leurs lois.
De parousnik
02H30 | 21/06/2008 |
Et plus moyen de se connecter au réseau voltaire de France… La Liberté est en prison…quand les assassins et leurs complices dictent leurs lois.
De Redab
19H18 | 21/06/2008 |
Ce projet de loi montre clairement que l'entourage des ministres-présidents-conseillers… est complètement inculte dans ce monde qui se construit dans tous les pays. Et en plus il est intitulé « Création et Internet » : franchement il ne s'agit plus de gauche-droite-verts…, il s'agit de connaissances de base des mécanismes de création avec Internet.
Par contre le rapport du think tank Terra Nova est très intéressant. Tous ces « hauts » fonctionnaires devraient plancher dessus et le comprendre, ainsi que tous ceux qui sont dans le processus de décision : journalistes, politiques… Ensuite seulement on peut discuter, pas avant. Mais c'est sans doute trop tard, il y a tellement de Visionaires qui savent Tout.
Effectivement une telle loi peut être un coup d'arrêt de développement d'un pays : c'est très sérieux et non partisan.
De kawouede
10H59 | 22/06/2008 |
Le problème c'est que l'inaction et l'absence de réflexion totale du PS en la matière (malgré l'excellent rapport Rocard de la dernière campagne ! ) a laissé un boulevard à la droite : 52 artistes viennent de signer un appel dans le JDD pour soutenir la loi ! parmi eux des Bashung, Renaud, etc.
Quel gâchis que la gauche ! Les Verts valent un peu mieux : ils ont co-organisé en mairie du IIe à Paris, vendredi dernier, une « journée dédiée à la culture libre », mais ne l'ont pas suffisamment médiatisée.
De Jaùsep
| 12H43 | 22/06/2008 |
Info trouvée sur Free :
http://actualite.free.fr/multimedia/3_2008-06-21T212038Z_01_CHE169599_RT…
Cinquante-deux artistes « très inquiets » signent dans le Journal du Dimanche un texte pour soutenir le projet de loi « création et internet » qui prévoit de renforcer les sanctions contre le piratage d'oeuvres protégées.
Dont :
Etienne Daho, Christophe Maé, Kery James, Sinik, Francis Cabrel, Patrick Bruel, Jean-Jacques Goldman, Jenifer, Stanislas, Raphaël, M Pokora, Keren Ann, Thomas Dutronc, Eddy Mitchell, Isabelle Boulay, Maxime Le Forestier, Martin Solveig, Marc Lavoine, Calogero, Gérard Darmon, Pascal Obispo, Jacob Devarrieux, Elie Seimoun, Alain Bashung, Bernard Lavilliers, Rachid Taha, Bob Sinclar, Psy4delarime, Abd Al Malik, Anis, André Manoukian, Charles Aznavour, Alain Souchon, Mademoiselle K, Soprano, Arthur H, BB Brunes, Liane Foly, Emmanuelle Seigner, Ridan, Renan Luce, Zita Swoon, Johnny Hallyday, Empyr, Kenza Farah, Shine, Camaro, Diam's, Renaud, Romane Cerda, Cali et la Grande Sophie.
Nous, consommateurs, avons le droit de choisir : acheter ou non leur production, personnellement parmi ces artistes j'ai acheté pas mal de leurs albums.
Maintenant, terminé !
1)Je n'écouterai plus leur production.
2)Je n'achèterai plus rien émanant d'eux.
à Jaùsep
De michel44
18H49 | 22/06/2008 |
Beurk ! Il me semble y voir beaucoup « d'artistes » en chambre adeptes du CD plus que de la scène.
Je suis maintenant un vieux con (45 et + lol) mais je me souvient d'un documentaire de l'époque où est apparu le CD. On y disait (encore un journaleux vicieux de gauche) que le CD pour un même nombre de titres coûtait à produire environ 100 fois moins (je cite de mémoire) que le bon vieux vinyle.
Personnellement j'ai pas remarqué depuis toute ces années une diminution du coût des albums. Ca serait même un peu le contraire. Question : où est donc parti le fric ?
J'suis con : dans la pub pour nous faire acheter tout et n'importe quoi (même que Libé s'y met avec l'épouse chanteuse, mais là j'emmêle tout).
Autre question : qui me dit qu'un « pirate » ne va pas usurper mon identité (l'adresse IP que m'attribue mon FAI) pour faire ses téléchargements ? La technologie existe à ce que je sais (masquage d'adresse etc…) et apparemment encore plus simplement avec le wifi via des canners qui détectent les connexions en cours et les utilisent en loucedé ! : -)
Génial : tu fais rien, tu reçois un mail, ta connexion internet est coupée, tu te retrouves sur la « liste noire » tout ça parce qu'un petit malin a trouvé comment échapper à une répression bête et bornée qui ne résoud rien mais va créer d'autre problème. Et le petit con la-haut sur son ego perché, il va s'intéresser à ton sort de pauvre victime innocente ?
à michel44
De Jaùsep
| 22H01 | 22/06/2008 |
D'accord avec toi…
Quand la radio a transistors s'est dotée d'enregistreurs a bandes magnétiques tout le monde enregistrait la musique et on s'échangeait nos préférences. Et les chanteurs faisaient du fric, ils étaient même plus nombreux qu'aujourd'hui.
Maintenant, ils se plaignent. Ils faudraient leur filer du blé sans rien glander. Ils sont devenus mauvais ou trop vieux. Y'a un âge faudrait interdire toute vocalise.
Autant de raisons pour les boycotter. Désormais, je vais m'intéresser aux productions étrangères…
Je ne comprends pas que l'on puisse sanctionner un accès appartenant à une famille parce que l'un d'entre eux télécharge.
Le net est aussi devenu un passage presque incontournable pour avoir accès aux services d'état : Assedic, Sécu, Banques, Impôts, infos régionales, etc. Va t'on priver les familles de ces services pour quelques intérêts privés, pour quelques braillards qui ont la bouche aussi pleine que le compte en banque ? C'est à vomir, ce quinquenat m'aura permis de découvrir les recoins les plus gris et les plus méprisables de notre société !
Bah, qu'ils se tirent, qu'ils aillent gagner leur croûte ailleurs, notre culture ne se languira pas de leur absence.
Les cimetières sont pleins d'indispensables !
De Arshen
Etudiant | 18H41 | 23/06/2008 |
Quelque part on peux comprendre les Artistes, se dire que leurs musique partent sur internet gratuitement ce n'est pas reconnaître leur travail.
Par contre, la ou ça ne va pas c'est la manière dont le problème va être régler. En gros, ca va être Made in Sarkozy psychologie 0% répression 100%.
Moi une idée simple que j'avais, après je vais peux être dire n importe quoi mais après tout au moins j'aurais des avis.
Pourquoi ne pas ajouter sur les abonnements internet par exemple (en disant 2 mois gratuit pour commencer) de rajouter 3 euros par mois sur l'abonnement ce qui permettrait de télécharger à partir du site de l'opérateur une tel quantité de musique par mois, et une fois ce cota dépasser pouvoir payer le supplément par Carte Bancaire. Bien sur avec cette argent servirait à rénumerer les artistes.