a debattre

Rejet des langues régionales : un « aplatissement » de la culture ?

Chacun des articles de la réforme des institutions aura décidément posé problème. Dernier en date : le Sénat s'est opposé mercredi à la volonté de l'Assemblée nationale de voir inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution. Une cacophonie parlementaire commentée par le linguiste Alain Rey pour Rue89.

Le célèbre ancien chroniqueur de France Inter « pense que juridiquement le Sénat n'a pas tort » car « par définition, tout ce qui est régional et particulier ne fait pas partie de ce genre de déclaration ». Pour autant, « ce n'est pas parce qu'on ne met pas quelque chose dans la Constitution qu'il faut lutter contre » et il craint que ce soit le cas de quelques uns des sénateurs :

« Pourquoi ne pas y classer aussi les monuments historiques ? “

Des sénateurs qui, par 216 voix contre 103, ont donc adopté, ce mercredi en première lecture, un amendement supprimant la référence aux langues régionales dans le projet de loi constitutionnelle. Une large majorité d'origines partisanes diverses. Récemment exclu du PS, Michel Charasse a ouvert les hostilités :

‘J'ai été surpris, avec d'autres, de voir apparaître à l'Assemblée nationale un amendement tendant à classer les langues régionales au patrimoine de la France. Pourquoi ne pas y classer aussi les monuments historiques ou même la gastronomie, que certains verraient de surcroît au patrimoine de l'humanité ?

Michel Charasse ne pouvait qu'approuver les propos qui allaient suivre en séance publique. Peu importe qu'ils émanent d'un adversaire politique, en l'occurrence le sénateur UMP Adrien Gouteyron :

Le sujet est loin d'être anecdotique. Il est essentiel et je souscris pleinement à ce qui vient de se dire sur la Charte des langues régionales : maintenir cette phrase à l'article premier de notre Constitution signifierait que l'on veut conduire la France où elle ne veut pas aller. Si la France ratifiait cette Charte, il n'est pas de document interprétatif, quel qu'il soit, qui nous exonèrerait des obligations qu'elle emporte.’

Et c'est même contre les avis de la commission des Lois du Sénat et du gouvernement que cette opposition des sénateurs a remporté la seconde manche de ce qui pourrait se transformer en une longue bataille entre les deux chambres.

‘Des dispositions déclaratives placées là pour faire plaisir’

La première manche s'était jouée le 22 mai à l'Assemblée nationale, également en première lecture. Les députés avaient adopté à la quasi-unanimité un amendement soutenu par le gouvernement et déposé par Jean-Luc Warsmann (UMP), le président de la commission des Lois de la chambre basse.

Un amendement qui aurait modifié l'article premier de la Constitution comme suit :

‘La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. (…) Les langues régionales appartiennent à son patrimoine national.’

Comment expliquer cette nette mésentente parlementaire ? Alain Rey dit craindre ‘un désir un peu jacobin d'unifier en aplatissant’. Un conservatisme souvent reproché aux sénateurs par les députés ; les premiers rétorquant alors aux seconds que la réforme de la Constitution n'est pas faite pour ‘y introduire des dispositions déclaratives, placées là pour faire plaisir’ (Yves Détraigne, UC-UDF).

‘Un défi à la simple logique, un déni de la République’

L'intervention -chose rare- de l'Académie française entre les deux votes expliquent peut-être aussi le revirement des parlementaires. Dans une déclaration votée à l'unanimité de ses membres, l'institution chargée de définir la langue française a demandé le 12 juin ‘le retrait de ce texte dont les excellentes intentions peuvent et doivent s'exprimer ailleurs, mais qui n'a pas sa place dans la Constitution’ :

‘Les députés ont voté un texte dont les conséquences portent atteinte à l'identité nationale. (…) Il nous paraît que placer les langues régionales de France avant la langue de la République est un défi à la simple logique, un déni de la République, une confusion du principe constitutif de la Nation et de l'objet d'une politique.

Les conséquences du texte voté par l'Assemblée sont graves. Elles mettent en cause, notamment, l'accès égal de tous à l'Administration et à la Justice. L'Académie française, qui a reçu le mandat de veiller à la langue française dans son usage et son rayonnement, en appelle à la Représentation nationale.’

A moins que le gouvernement ne parvienne à aboutir à un accord entre les deux chambres, nul doute que le bras de fer entre députés et sénateurs ne fait que commencer. Il reste une lecture dans chaque hémicycle… et beaucoup d'inquiétude pour l'exécutif, qui voit chaque jour s'amoindrir les chances de cette réforme de la Constitution d'être votée par le Congrès au mois de juillet.

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Portrait de Goldored

à Eden Portrait de Eden De Goldored

17H00 | 20/06/2008 | Permalien

Vous sous-entendez que la République prépare le massacre des Flamands, Bretons, Alsaciens et autres minorités ?
Fichtre !

Portrait de Coragyps Atratus

De Coragyps Atratus

Dans l'attente du moment propice | 06H25 | 20/06/2008 | Permalien

Comment croire un seul instant que l'inscription de la disposition constitutionelle votée par les députés sauvera les langues régionales ?
Sur le territoire Français, personne n'est empêché de parler sa lague régionale ni même de l'apprendre (il existe des réseaux d'éducation publics et privés pour cela, du moins en Bretagne, des éditeurs en langues régionales sont présents et vendent des livres. Enfin, la région Bretagne subventionne largement les manifestations culturelles en lagues bretonne.
Quant aux écoles DIWAN, le problème posé par cette école va au delà de la simple question des langues régionales. Il s'agit d'une école dont la volonté est d'être indépendante de l'état. L'apprentissage et les méthodes dispensés dans cette école, même s'ils sont de grande qualité, ne sont pas avalisés par l'Education Nationale. Subventionner l'école DIWAN créerait un précédent dans lequel les écoles de la Fraternité Saint Pie X ou des écoles crées par d'autres sectaires ne manqueraient pas de s'engouffrer.
En Bretagne, nous disposons d'écoles publiques où les enfants ont la possibilté de faire l'apprentissage du Breton. Il est certainement « plus sain » de s'appuyer et de conforter ce réseau.

La question de la reconnaissance de la langue régionale dans la constitution prépare est une toute autre chose. Elle permet de mettre en adéquation notre constitution française avec la CELMR (Charte Européenne des Langues Minoritaires et/ou Régionales. Cette charte permet aux locuteurs de langues régionales réportoriées en France (en excluant les langues des migrants, celles des gens du voyages et les langues vernaculaires comme les patois) de pouvoir s'exprimer en privé comme… en public et c'est là que se pose le problème. Parler sa langue langue régionale dans une administration pose une foule de problèmes aussi couteux qu'absurdes qui remettraient fondammentalement en cause l'unité de la République et l'égalité entre les citoyens (traductions de textes de lois, obligation pour les fonctionnaires de maîtriser une langue régionale, différence de traitement entre citoyens français selon leur langue).

Par le passé, il est vrai que les langues régionales ont été malmenées en France mais cette volonté émanait du peuple entier et des locuteurs régionaux en premier. Avant la seconde guerre mondiale, la Bretagne était très pauvre et peinait à nourrir ses enfants. S'il y a eu autant de marins bretons qui ont risqué leur vie sur les mers du globe, ce n'est pas vraiment par choix mais bien parce que la terre ne pouvait pas nourir tout le monde. Ces derniers auraient largement préférés rester à cultiver la terre tranquillement auprès de leur famille plutôt que de pêcher du poisson loin des leurs. Le seul moyen d'échapper à la misère était l'apprentissage du Français quels qu'en soient les moyens car c'était la langue qui permettait de s'élever socialement (aujourd'hui c'est l'anglais). De même, les instituteurs étaient également issus de Bretagne (quasiment pas de mobilité à l'époque) et la volonté de voir leurs élèves réussir socialement était leur motivation.

Portrait de RonanK

à Coragyps Atratus Portrait de Coragyps Atratus De RonanK

10H04 | 20/06/2008 | Permalien

« Quant aux écoles DIWAN, le problème posé par cette école va au delà de la simple question des langues régionales. Il s'agit d'une école dont la volonté est d'être indépendante de l'état. L'apprentissage et les méthodes dispensés dans cette école, même s'ils sont de grande qualité, ne sont pas avalisés par l'Education Nationale. Subventionner l'école DIWAN créerait un précédent dans lequel les écoles de la Fraternité Saint Pie X ou des écoles crées par d'autres sectaires ne manqueraient pas de s'engouffrer.
En Bretagne, nous disposons d'écoles publiques où les enfants ont la possibilté de faire l'apprentissage du Breton. Il est certainement “plus sain” de s'appuyer et de conforter ce réseau. »

Quel paquet de contre-vérités !

La volonté de Diwan n'est pas du tout d'être indépendante de l'Etat, son intégration dans le système public avait même été programmée, avant que le Conseil d'Etat ne l'annule au seul motif que la majorité des cours n'y est pas dispensée en français.

Quant aux méthodes dispensées, si elles sont effectivement de qualité, elles sont aussi pleinement reconnues par l'éducation nationale, puisque l'ensemble des écoles Diwan est sous contrat (à l'exception de celles qui viennent juste d'ouvrir car il y a un délai préalable).

Votre comparaison aux sectes est donc extrêmement déplacée et « malsaine » et puisque vous encouragez plutôt à soutenir l'enseignement bilingue public, sachez qu'il n'existerait pas sans le combat de Diwan et qu'il n'y a aucune raison de chercher à opposer ces systèmes, sauf à vouloir les isoler pour mieux en limiter le développement…

Ensuite vous affirmez ceci :

« Cette charte permet aux locuteurs de langues régionales réportoriées en France (en excluant les langues des migrants, celles des gens du voyages et les langues vernaculaires comme les patois) de pouvoir s'exprimer en privé comme… en public et c'est là que se pose le problème »

Et oui, il y a bien là un problème, puisqu'une langue dont l'usage est confiné à la sphère privée est condamné à plus ou moins brève échéance. Pour qu'une langue reste vivante, elle doit pouvoir être utilisée en privé comme en public, c'est donc l'enjeu réel de la lutte pour les langues et cultures minorisées.

Considérer que les défenseurs de ces langues devraient se satisfaire de la situation actuelle, c'est soit ne pas se rendre compte de la situation alarmante dans laquelle se trouve la plupart d'entre elles, soit souhaiter leur disparition au plus vite. Mais pour ne pas passer pour d'affreux purificateurs, on se félicite qu'il existe quelques écoles bilingues, quelques cours du soir, quelques minutes en breton à la radio ou a la télé (de moins en moins d'ailleurs) qui dans l'état actuel, font figure de soins palliatifs.

Portrait de hoshiko

à RonanK Portrait de RonanK De hoshiko

15H13 | 20/06/2008 | Permalien

Je me permets de vous rejoindre et d'ajouter qu'il n'y a pas que les Diwan qui sont sous contrat mais aussi les Bressoles (catalan), Calandretas (occitan) et Ikastolak (basque).
Ce qui me fait le plus rire (jaune), c'est que ce sont souvent les mêmes en France qui refusent le plurilinguisme (surtout avec des langues régionales) « à l'Ecole de la République, madame, on ne parle que le français ! » qui promeuvent la francophonie à travers le monde, éventuellement en immersion (type lycées français) au prétexte que « le français est une belle/riche/ancienne langue (rayez les mentions inutiles) ».

Portrait de Prolo du livre

à Coragyps Atratus Portrait de Coragyps Atratus De Prolo du livre

16H24 | 20/06/2008 | Permalien

« mais cette volonté émanait du peuple entier et des locuteurs régionaux en premier »

Quelle démagogie !

- Les enfants punies, physiquement, lorsqu'ils parlaient patois. Mon Grand-père en a pris des tartes…
- Les archives municipales de Marseille détruites parce qu'écrites en provençal.
- Allez dire aux Créoles qu'ils veulent abandonner leur langue.

Vous êtes sérieux en disant qu'abandonner les particularismes était une volonté émanante du peuple ?

Au moins parisiens vous.

Portrait de Goldored

à Prolo du livre Portrait de Prolo du livre De Goldored

17H04 | 20/06/2008 | Permalien

Et oui, il a pourtant raison.
Vous comparez des périodes historiques différentes.

Relisez l'histoire du Club des Bretons qui devint le Club des… Jacobins…

Portrait de nonow

à Coragyps Atratus Portrait de Coragyps Atratus De nonow

européenne | 11H58 | 21/06/2008 | Permalien

Dit tout de suite que les bretons étaient des paourkaez !

J'ai commencé ma scolarité à Divyezh (école bilingue breton-français public) puis Diwan.

Alors nous sommes tous indépendantistes évidemment, communautaires et j'en passe… mais alors là que Diwan veut être indépendant de l'Etat ça c'est nouveau !
Diwan est une association née il y a 30 ans.
L'Etat ne veut pas reconnaître ces écoles parce qu'il n'y a pas assez de français dans l'enseignement !
Donc ce n'est pas Diwan qui ne veut pas de l'Etat mais le contraire, nuance !

Je ne vois pas pourquoi ce système d'école fait peur. Je ne me sens pas différente des autres. Il y a la même chose en Occitanie et au Pays basque. Tout se passe bien, on sait parler français, on a des notes correctes au bac, plus de facilités avec les langues étrangères…

Je suis extrêmement déçue par le vote du Sénat. Les langues régionales n'ont pas besoin d'être inscrites pour faire joli mais pour une reconnaissance de leur existence.
La France est toujours prête à voir ce qui se passe chez les voisins mais pas chez elle.

Savez-vous que la France est l'un des seuls pays Européen à ne pas avoir ratifier la charte des langues minoritaires ?

Portrait de xavier-xavier

à nonow Portrait de nonow De xavier-xavier

muntagnolu | 19H59 | 21/06/2008 | Permalien

Vous dites « Savez-vous que la France est l'un des seuls pays européens à ne pas avoir ratifié la charte des langues minoritaires ? »

C'est un détail mais les choses sont plus nuancées.

Un petit tour sur le site du Conseil de l'Europe, qui tient la comptabilité des signatures et ratifications, vous en convaincra :
sur les 47 pays membres du conseil de l'Europe :
23, soit la moitié, l'ont signée et ratifiée
10 l'ont signée mais pas ratifiée (dont la France, l'Italie)
14 ne l'ont ni signée ni ratifiée (dont l'Irlande, le Portugal, la Grèce)
Il est vrai néanmoins que parmi les non-signataires ou non ratificateurs il y a des petits pays qui ne sont peut-être guère concernés et d'autres (les pays baltes) qui ont sans doute quelque réticence à accorder des droits aux russophones, mais la France n'est pas si isolée qu'on veut bien le dire.

Portrait de Editorama

De Editorama

Humaniste détaché | 07H06 | 20/06/2008 | Permalien

Nous voilà revenu « comme au bon vieux temps ». L'époque du roi qui interdit au peuple l'usage d'une autre langue que la sienne. L'époque où la royauté impose sa culture et sa religion, où histoire et traditions orales autres qu'officielles sont bannies des écoles. Les récalcitrants sont emprisonnés pour avoir parlé la langue de leurs parents, de leurs amis, de leurs voisins.
Certes aujourd'hui la geôle n'est plus promise aux résistants, mais c'est la cave qui leur est réservée car à l'étage, on se tait et on écoute les leçons de choses de nos illustres lettrés et autres élus nous donner des leçons de liberté, d'égalité et de fraternité à la sauce républicaine…

Portrait de kkadim

De kkadim

service public rhone alpes | 08H23 | 20/06/2008 | Permalien

ben revoilà le débat sur « les langues régionales ».
il est vieux comme le monde. on n'en sortira pas ici.
le probléme est : faut il, oui ou non, inscrire les langues régionales dans la constitution ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Je propose que l'on inscrive aussi que le chocolat en tablette soit obligatoirement emballé dans une feuille de papier aluminium.
il faudrait rendre à la constitution son véritable rôle : définir les régles fondatmentales du fonctionnement de notre société. RIEN DE PLUS.
Aujourd'hui on confond ce qui doit être un texte court et écrit en un langage simple avec un recueil de droit.
les langues régionales n'ont rien à y faire, et certainement pas dans l'article premier, le plus important, car la seule langue officielle de ce pays est le français.
par contre cette assignation du francais comme langue officielle ne veut en aucun cas dire négation totale des autres parlers ( je suis issu de la zone des parlers franco-provençale, même pas la chance d'avoir une langue chez moi ). il est donc tout a fait légitime que la loi, et pourquoi pas une loi fondamentale ( et non la constitution ) reconnaisse ces langues, et qu'elles ( les langues ) bénéficient d'aide afin de perdurer : elles font parties de notre patrimoine et peuvent enrichir la langue française ( comme baragouiner par exemple, issu du breton ).
un petit point, il me semble que ces textes fourre tout participe de la volonté d'affaiblissement de l'Etat, un volonté de transformer chaque état en une sorte d'europe-bis, une structure floue et imperceptible qui ne veut facher personne et contente tout le monde en laissant les mains libres à ceux qui « dirigent » pour notre plus grand bien.

Portrait de Blaise11

à kkadim Portrait de kkadim De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 09H16 | 20/06/2008 | Permalien

« faut il, oui ou non, inscrire les langues régionales dans la constitution ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Je propose que l'on inscrive aussi que le chocolat en tablette soit obligatoirement emballé dans une feuille de papier aluminium.
il faudrait rendre à la constitution son véritable rôle : définir les régles fondatmentales du fonctionnement de notre société. RIEN DE PLUS. »

Les règles fondamentales… L'acte de « reconnaître » une langue régionale dans la Constitution offrirait à celle-ci une visibilité salvatrice et un levier d'action pour la société civile concernée : professeur, chercheur et élèves.

Le but n'est pas de « l'inscrire » mais de la « reconnaitre ». Nuance. De donner un droit de regard sur elle. En quelque sorte faire du lobbying culturel sachant que les langues en général (nationale ou régionale) ne sont plus apprises !

=> préférons-nous inscrire dans une Constitution des lois économiques ou des données culturelles afin de les pérenniser ?

Portrait de Phil2922

De Phil2922

Retraite invalidité | 08H35 | 20/06/2008 | Permalien

Mad a jeu pod. An amser so broa, distu… ! !

phil195829.overblog.com

Charasse a mangé trop de potée auvergnate, arrosée avec de la Gentiane du cantal. Son esprit en devient « embrumé » et dès qu'il entend le mot culture, il sort son laguiole de la ville de Thiers… !

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 08H47 | 20/06/2008 | Permalien

On dramatise beaucoup. C'était prévisible. Mais il n'y a pas péril en la demeure.

Et ce n'est pas parce qu'une situation de fait n'est pas inscrite dans la constitution qu'elle cesse d'exister !
Tant qu'il y aura des gens pour vouloir les parler, les langues régionales survivront. Elles n'ont pas besoin de l'onction sénatoriale pour exister.

Pour ma part, je m'interroge seulement sur la motivation des défenseurs des parlers régionaux. Si la langue régionale sert à donner forme à un repli « culturel » identitaire, je n'en vois guère l'utilité, car le folklore régional ne constitue qu'une infime partie, peu évolutive, de la culture au sens large.

S'il s'agit au contraire de revivifier la langue, de lui faire exprimer des oeuvres nouvelles et majeures, les choses seront tout autres -- mais où donc est-ce le cas aujourd'hui ? A mon avis, le français l'emportera toujours comme vecteur d'une pensée potenttiellement universelle. S'il devait y avoir une lutte sourde menée par les régionalistes contre les « nationalistes » francophones, c'est… l'anglais qui réconcilierait tout le monde au bout du compte.

Portrait de Jaycib

à Jaycib Portrait de Jaycib De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 10H24 | 20/06/2008 | Permalien

Eh bien voilà, la notation a parlé ! On se retrouve dans une situation où l'auteur de l'article ou son relecteur a décrété (sans le dire ouvertement) qu'il était progressiste d'inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la constitution puisque les sénateurs s'y opposent.

Et vogue la galère : là où l'on disait naguère que « l'Internationale sera le genre humain » en précipitant la coalescence des particularismes nationaux, régionaux ou autres, on a tellement déchanté depuis qu'on argue désormais le contraire ! Triste dés-ambition ! Il serait donc plus « démocratique » de reconnaître les langues régionales que de promouvoir la langue française, seule capable de faire front au déferlement de l'anglais (et encore, ce n'est pas sûr) et de tout ce qui est exprimé dans cette langue ?

Portrait de Blaise11

à Jaycib Portrait de Jaycib De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 11H08 | 20/06/2008 | Permalien

Bonjour Jaycib,

c'est moi qui vous ai collé une p'tite pastille. Pour votre première phrase : « Et ce n'est pas parce qu'une situation de fait n'est pas inscrite dans la constitution qu'elle cesse d'exister ! »

Ce n'est pas qu'elle cesse d'exister, mais qu'elle dépérisse…

Dans mon commentaire plus haut, j'ai laissé un lien vers le pdf d'un rapport de ce même sénat sur l'apprentissage des langues étrangères en France.

Il prône le retour au plurilinguisme ! étonnant, non ?

Je vous ai collé une deuxième pastille naze pour votre dernière phrase de votre réponse à vous-même.
« promouvoir la langue française, seule capable de faire front au déferlement de l'anglais » : je ne peux pas être d'accord. Pour moi, cet argument relève d'un temps ancien… Et me fait penser à ce passage d'un bouquin de Karel Čapek (la guerre des salamandres) où il est question, après les avoir colonisées, de la langue que l'homme enseignera à ces salamandres, constatant leur faculté à reproduire nos sons. Deux écoles se battent pour cela : celle de Shakespeare et celle de Molière. Le passage est hilarant sur le ridicule qu'engendre ce genre d'argumentation : qui CONTRE qui ? quoi CONTRE quoi, prise de bec furieusement stérile.

Je préfère voire la reconnaissance (car il ne s'agit que de ça, de « reconnaissance ») de données culturelles afin de les pérenniser, que l'inscription de donnée économiques et périssables, comme pour le TCE.

Cordialement.

Portrait de Béatrice1

à Jaycib Portrait de Jaycib De Béatrice1

| 23H23 | 20/06/2008 | Permalien

Vous ne croyez pas si bien dire : c'est exactement ce qui se passe en Belgique actuellement : des Français en réunion avec des Wallons et des Flamands se retrouvent à devoir s'exprimer en anglais alors que tout le monde parle parfaitement français !

Portrait de levraidebat

De levraidebat

09H22 | 20/06/2008 | Permalien

Vive l'identité nationale et le français déjà bien mis à mal !

Honte aux députés qui ont osé voté cet amendement anti patriote dicté par les Länder allemands !

http://www.levraidebat.com

Portrait de auchomage

De auchomage

09H54 | 20/06/2008 | Permalien

Pour répondre à jyeden et kereven avec qui je suis d'accord, voici mon commentaire : il est important en effet de faire la différence entre langue, patois, dialecte. Je suis une Bretonne, linguiste vivant à Nice j'ai donc ma petite idée là-dessus. Le breton est une langue et le niçois un dialecte même si les Niçois pensent le contraire. Laissons-les dire, ce ne sont pas eux qui décident. J'ai quitté Brest il y a 35 ans pour vivre à l'étranger. Voici ce que j'ai constaté : tant que j'étais en Bretagne, en famille, je ne me posais pas de questions. Par la suite, j'ai pris conscience de cette « identité remarquable » qui nous différencie du commun des mortels. Je n'ai pas éprouvé le besoin de parler le breton mais de le comprendre (sa grammaire, son état d'esprit, son humour, ses origines). A 55 ans, aujourd'hui, je me rends compte qu'il est inutile de vouloir conserver coûte que coûte les langues régionales car on n'a pas à nous imposer quoi que ce soit dans ce domaine. On fait ce qui nous plaît. Je suis « en affaire » avec la langue française depuis l'âge de 5 ans (poèmes, écriture et lecture) et je prends ce qu'il y a de bon dans ma culture bretonne. J'en suis libre. L'UE n'a rien à voir là-dedans. Nous savons bien qu'un jour l'UE disparaitra mais les régions demeureront. Alors, laissons-les faire, çà ne mange pas de pain.

Portrait de Jaùsep

De Jaùsep

| 10H53 | 20/06/2008 | Permalien

L'occitan ou langue d'oc se retrouve dans tout le sud de la France d'ouest en est, en Italie du nord, en Catalogne et dans le nord de l'Espagne.

Elle regroupe près de 15 millions de locuteurs (actifs ou passifs)

De nombreux écrits, romans et poèmes existent dans cette langue et sont une mémoire de vie, souvent très ancienne et renferment un précieux contenu historique permettant d'enregistrer les traditions, us et coutumes de populations aujourd'hui disparues.
De nombreux noms propres, nom de villes, noms de famille existant encore, trouvent un sens pour ceux qui connaissent l'occitan.

Des groupes musicaux actuels créent des chansons dans cette langue, d'autres perpétuent des chants anciens.

Perso, je trouve plus de plaisir à lire ou écouter l'histoire de mes aïeux (ou échanger quelques mots dans nos vallées) au travers de cette langue, que je n'en trouve dans l'anglais qui m'est opaque et ne sert qu'à étendre l'hégémonie de l'empire américain (tout comme le latin en son temps est venu imposer la puissance de l'empire romain)

Que l'état légifère ou non, peu importe, la langue qui raconte une culture riche et forte, se perpétue ! …

PS : Au cours des échanges en occitan au travers de nombreuses zones dialectales, je n'ai jamais rencontré de groupes terroristes ! … : )

Portrait de sujetduprince

De sujetduprince

11H13 | 20/06/2008 | Permalien

ben m'in fiu .. encore eun t'iote connerie … on n'est pas d'in l'brin avec ches carabistouilles.

Portrait de Albert Fulor

De Albert Fulor

11H48 | 20/06/2008 | Permalien

Que les lois soient écrites en français n'a surtout pas empêché les interprétations au profit des nantis, de la haute bourgeoisie ou encore des grands groupes industriels. Cela ne veut pas dire non plus qu'elles soient appliquées.
Il existe effectivement un réel danger si on applique le principe (facultatif ? ) de traduction des lois en langues régionales. Et ce principe risquera très vite de se retourner contre les défenseurs des ces langues.
D'une part il sera en premier lieu utilisé par des juristes intéressés et peu consciencieux, certainement pas pour défendre les intérêts du peuple et des gens défavorisés,
D'autre part cela aura un coût, et l'argent qui y sera consacré, ne le sera pas pour l'éducation ou la production audiovisuelle et littéraire.
Entre voir mes enfants scolarisés (en langue régionale) de façon digne ou les entendre s'exprimer autrement qu'en français dans un tribunal, il n'y a pas de doute, je préfère la première option.
Les langues (y compris le français), n'ont rien à faire dans la constitution. Ce dont elles ont besoin, c'est d'une politique ambitieuse et généreuse, de protection, d'estime et de considération.
Assiter la mort des langues régionales est aussi navrant que de constater la régression de la qualité du français parlé ou écrit, aussi désolant que d'appendre durant des années une langue étrangère à l'école sans être capable de l'utiliser correctement.

Portrait de naturline

De naturline

sex | 12H26 | 20/06/2008 | Permalien

Je m'aime beaucoup sa publication, recevez une forte embrassade, merci beaucoup.
Me paraît très mauvais ce qu'ils veulent faire avec internet.

Portrait de hoshiko

à naturline Portrait de naturline De hoshiko

15H20 | 20/06/2008 | Permalien

Euh ? C'est quoi comme langue régionale, ça ?

Portrait de Aaert

De Aaert

Assistante de Direction | 13H39 | 20/06/2008 | Permalien

Bonjour,
Moi, je n'ai absolument rien contre les langues régionales.
Sauf que si elles étaient inscrites dans la constitution, cela permettrait de pouvoir les parler dans un contexte et privé et public.
Et ceci est innacceptable.
1/ Je suis franco belge, et je suis originaire de la Flandre, donc de langue néerlandaise (je vous passe le flamand,…) Ainsi, je crois que chacun d'entre nous a à l'idée ce qui se passe en Belgique aujourd'hui, et même si les problèmes sont d'ordres politiques et économiques, … que ça nous dépasse un peu tous…, il faut savoir que dans ce pays, d'une ville à une autre vous pouvez très bien ne plus rien comprendre de ce qui est même écrit sur les panneaux de signalisation routière… Ne même plus pouvoir demander votre route alors que vous êtes un simple citoyen… Ainsi, lorsque dans un pays, les citoyens se parlent officiellement dans une langue différente, ils ne sont pas près de trouver un terrain d'entente dans n'importe quel domaine que ce soit…
Nous n'avons pas eu en Belgique d'homme politique suffisamment courageux pour résister au lobby flamand de la fin du XIXe siècle qui avait autorisé simplement, les flamands à parler leur langue, juste, pas plus, car alors depuis la création de la Belgique, la langue unique et officielle était le français…
Aujourd'hui 150 ans plus tard, nous voyons où nous en sommes, de la haine beaucoup de haine, une Belgique coupée de plus en plus en deux, car de l'incompréhension, de l'impossibilité de pouvoir se comprendre naissent toutes sortes de peurs et de préjugés de part et d'autre. Et ce par l'impossibilité de se parler entre nous…. Et je vous passe les anecdotes nombreuses et succulentes de toute l'absurdité des administrations… je vous laisse imaginer enfin le boulet économique que cela représente pour un pays…
Donc, que chacun ait envie d'apprendre une langue un patois, le latin, … c'est sa plus stricte liberté, mais maintenant, il est plus prudent de rester un peu jacobin…
2/ Nous sommes en France dans un grand paradoxe : en effet, nous sommes un pays où il est difficile d'exiger à la population d'apprendre parfaitement à parler une autre langue étrangère, et on va se battre pour parler des langues que plus personne ne parle…
Le patrimoine c'est bien, c'est utile, mais avant il faut manger, se vêtir se loger, vivre quoi, le patrimoine si on ne peut pas avoir le minimum vital, c'est un luxe…
Tout comme les langues régionales..
Battons nous pour que nos enfants soient tous parfaitement bilingues anglais, pour une plus grande compétitivité sur le marché mondial, pour qu'ils puissent tous avoir déjà cette arme.
Après, une fois qu'ils seront grands si cela les amusent, ils pourront toujours reprendre l'apprentissage du bretons de leurs arrière arrière grand parents….

Portrait de Albert Fulor

à Aaert Portrait de Aaert De Albert Fulor

14H24 | 20/06/2008 | Permalien

Le problème de la Belgique n'est pas d'avoir deux langues, c'est la démission du pouvoir et de l'administration qui n'ont pas encouragé les Belges à apprendre la langue de l'autre communauté (les médias ne sont pas en reste). Au final, c'est toujours le minoritaire qui doit se défaire de sa langue pour apprendre celle de l'autre et s'assimiler.
L'Etat français aujourd'hui privatise et brade tous les systèmes de solidarité qui soudent et unissent les Français. Maintenant on nous demande d'apprendre l'anglais pour être « compétitifs » ? C'est quoi ces conneries ? un projet humaniste ? C'est ça l'avenir de nos gosses ?
Dans une société libérale qui encourage les individus à se bouffer les uns les autres au lieu d'être solidaires, il ne faut pas s'étonner si une communauté avantagée (ou non) décide de faire sécession !

Portrait de sinclair

à Albert Fulor Portrait de Albert Fulor De sinclair

16H06 | 20/06/2008 | Permalien

Finalement c'est toujours la faute de quelqu'un d'autres. Mais réfléchissez juste 5 mn et imaginez la France en 6 ou 7 Belgique chacune parlant une langue différente et se repliant sur elle même en élevant des frontières autour de leur langue. Et vous aurez ce qui se passe en Belgique depuis 1 siècle.

Portrait de paco

à Aaert Portrait de Aaert De paco

14H42 | 20/06/2008 | Permalien

Si je comprends bien, parler une autre langue que l'anglais est un luxe. D'ailleurs, à vous lire, la culture semble un luxe. Tout ce qui compte, c'est la « compétitivité sur le marché mondial ». Vous ne semblez pas imaginer :
1/ qu'il y ait d'autres buts dans la vie que d'être compétitif.
2/ que la diversité linguistique, le partimoine et la culture en général puissent améliorer la « compétitivité », ou même en être des parties essentielles.
3/ qu'apprendre une langue (même une langue de ploucs, genre patois minoritaire ! ) n'empêche pas aussi d'apprendre l'anglais.

Portrait de Pélévine

De Pélévine

philologue | 14H31 | 20/06/2008 | Permalien

Pour une fois j'ose l'écrire : vive les jacobins !

Portrait de Prolo du livre

De Prolo du livre

15H11 | 20/06/2008 | Permalien

« Non lo cantarem plus
Lo raggà de Marselha,
Non lo cantarem plus
Lo micrò es romput.

Lo fau rapetassar
Nos disiá la chormeta,
Lo fau rapetassar
Que tornarem dansar.

Ici qu'est-ce qui se passe ?
Ça marche plus, tout est à la ramasse
Je vois ma ville partir à la casse,
Mille bandits lui font boire la tasse.
Ici comment on fait ?
Qu'on fasse vite pour réparer,
Qu'on se boulègue il faut s'organiser,
Se relever, se remettre sur pied.

C'est la cata, c'est un brave merdier
Dans tous les cas il ne faut pas lâcher
Ne nous laissons plus jamais manipuler
Si on ne dit rien ils vont tout casser
Ils ont déjà annexé la cité
Ils ont déjà imposé le français
Ils ont déjà détruit les vieux quartiers
Il est grand temps, les gars réagissez !

Oh fan de pieds, combien de mauvais coups
Longtemps nous les avons gavés de sous
Maintenant qu'ils nous ont mis à genoux
Ils voudraient bien nous voir mettre les bouts.
Ils nous abrivent, ils nous baladent
Il faut qu'on sorte de cette embuscade.
Rien vers la gauche, rien vers la droite
Oh putain j'ai les mains moites.

Plus de micro, on est mal,
À leur radio je capte que dalle,
Y a que de la pub et du son à deux balles,
Pour de bon ça me casse le moral.

Les gars j'ai la solution :
J'ai de la sono montée sur un camion,
Envoyez-nous vite une bonne version,
Sur tous les sujets, donnons notre opinion

Non lo cantarem plus
Lo raggà de Marselha,
Non lo cantarem plus
Lo micrò es romput. »

Massilia Sound System.
Lo Micro es rompu.
Oaï E Libertat.

Portrait de sarkophage_xyz

à Prolo du livre Portrait de Prolo du livre De sarkophage_xyz

15H29 | 20/06/2008 | Permalien

Il faut mettre le lien soit même ?
Gast ar chichourle !
http://www.massilia-soundsystem.com/accueil/index.html

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