a debattre

Rejet des langues régionales : un « aplatissement » de la culture ?

Chacun des articles de la réforme des institutions aura décidément posé problème. Dernier en date : le Sénat s'est opposé mercredi à la volonté de l'Assemblée nationale de voir inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution. Une cacophonie parlementaire commentée par le linguiste Alain Rey pour Rue89.

Le célèbre ancien chroniqueur de France Inter « pense que juridiquement le Sénat n'a pas tort » car « par définition, tout ce qui est régional et particulier ne fait pas partie de ce genre de déclaration ». Pour autant, « ce n'est pas parce qu'on ne met pas quelque chose dans la Constitution qu'il faut lutter contre » et il craint que ce soit le cas de quelques uns des sénateurs :

« Pourquoi ne pas y classer aussi les monuments historiques ? “

Des sénateurs qui, par 216 voix contre 103, ont donc adopté, ce mercredi en première lecture, un amendement supprimant la référence aux langues régionales dans le projet de loi constitutionnelle. Une large majorité d'origines partisanes diverses. Récemment exclu du PS, Michel Charasse a ouvert les hostilités :

‘J'ai été surpris, avec d'autres, de voir apparaître à l'Assemblée nationale un amendement tendant à classer les langues régionales au patrimoine de la France. Pourquoi ne pas y classer aussi les monuments historiques ou même la gastronomie, que certains verraient de surcroît au patrimoine de l'humanité ?

Michel Charasse ne pouvait qu'approuver les propos qui allaient suivre en séance publique. Peu importe qu'ils émanent d'un adversaire politique, en l'occurrence le sénateur UMP Adrien Gouteyron :

Le sujet est loin d'être anecdotique. Il est essentiel et je souscris pleinement à ce qui vient de se dire sur la Charte des langues régionales : maintenir cette phrase à l'article premier de notre Constitution signifierait que l'on veut conduire la France où elle ne veut pas aller. Si la France ratifiait cette Charte, il n'est pas de document interprétatif, quel qu'il soit, qui nous exonèrerait des obligations qu'elle emporte.’

Et c'est même contre les avis de la commission des Lois du Sénat et du gouvernement que cette opposition des sénateurs a remporté la seconde manche de ce qui pourrait se transformer en une longue bataille entre les deux chambres.

‘Des dispositions déclaratives placées là pour faire plaisir’

La première manche s'était jouée le 22 mai à l'Assemblée nationale, également en première lecture. Les députés avaient adopté à la quasi-unanimité un amendement soutenu par le gouvernement et déposé par Jean-Luc Warsmann (UMP), le président de la commission des Lois de la chambre basse.

Un amendement qui aurait modifié l'article premier de la Constitution comme suit :

‘La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. (…) Les langues régionales appartiennent à son patrimoine national.’

Comment expliquer cette nette mésentente parlementaire ? Alain Rey dit craindre ‘un désir un peu jacobin d'unifier en aplatissant’. Un conservatisme souvent reproché aux sénateurs par les députés ; les premiers rétorquant alors aux seconds que la réforme de la Constitution n'est pas faite pour ‘y introduire des dispositions déclaratives, placées là pour faire plaisir’ (Yves Détraigne, UC-UDF).

‘Un défi à la simple logique, un déni de la République’

L'intervention -chose rare- de l'Académie française entre les deux votes expliquent peut-être aussi le revirement des parlementaires. Dans une déclaration votée à l'unanimité de ses membres, l'institution chargée de définir la langue française a demandé le 12 juin ‘le retrait de ce texte dont les excellentes intentions peuvent et doivent s'exprimer ailleurs, mais qui n'a pas sa place dans la Constitution’ :

‘Les députés ont voté un texte dont les conséquences portent atteinte à l'identité nationale. (…) Il nous paraît que placer les langues régionales de France avant la langue de la République est un défi à la simple logique, un déni de la République, une confusion du principe constitutif de la Nation et de l'objet d'une politique.

Les conséquences du texte voté par l'Assemblée sont graves. Elles mettent en cause, notamment, l'accès égal de tous à l'Administration et à la Justice. L'Académie française, qui a reçu le mandat de veiller à la langue française dans son usage et son rayonnement, en appelle à la Représentation nationale.’

A moins que le gouvernement ne parvienne à aboutir à un accord entre les deux chambres, nul doute que le bras de fer entre députés et sénateurs ne fait que commencer. Il reste une lecture dans chaque hémicycle… et beaucoup d'inquiétude pour l'exécutif, qui voit chaque jour s'amoindrir les chances de cette réforme de la Constitution d'être votée par le Congrès au mois de juillet.

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Portrait de Bardamu

à solstice Portrait de solstice De Bardamu

difficile | 08H12 | 20/06/2008 | Permalien

Pace e salute ne signifie pas « paix et salut » en corse, mais « paix et santé ».

Et on n'emploie cette locution que dans les grandes occasions (fêtes, etc.), pas dans le langage courant, où on dit seulement « salute ».

Portrait de Prolo du livre

à Bardamu Portrait de Bardamu De Prolo du livre

11H44 | 20/06/2008 | Permalien

Ou à l'apéro…

Portrait de solstice

à Bardamu Portrait de Bardamu De solstice

pigiste | 14H35 | 20/06/2008 | Permalien

Oh l'erreur, voilà ce qui arrive quand on ne se relit pas… Il me semble par contre qu'il est plus employé que cela, ou alors c'est une fête quand on rentre au village !

Portrait de JULIA34

à ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit) Portrait de ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit) De JULIA34

08H35 | 20/06/2008 | Permalien

traduction de « petit nain malfaisant » : en patois occitan « me lou faï mestre ». (je ne suis pas sure de l'orthographe mais l'idée y est).

Portrait de ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit)

à JULIA34 Portrait de JULIA34 De ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit)

cadre(guidon)retraité | 12H27 | 20/06/2008 | Permalien

att JULIA34

DAGOBERT , le chti, vous remercie pour la traduction en
occitan

Portrait de Leprivilégié

De Leprivilégié

Serf de la World Company | 19H28 | 19/06/2008 | Permalien

Cette idée de voir inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution viendrait de la mode « Chti » ?
Encore une preuve que nos soi-disant élites réagissent à l'instinctif.

Un habitant du 6-2

Portrait de Kereven

à Leprivilégié Portrait de Leprivilégié De Kereven

21H51 | 19/06/2008 | Permalien

Cela vient de 70 ans de combat en bretagne, en Corse, au pays Basque, dans les DOM TOM. Le Ch'ti est un patois pas une langue. le flamand est une langue. Neanmoins en supprimant l'accès aux langues et à certains patois (qui sont une déformation du français) on supprime aussi la variété du français. Le français est composé en majorité de latin, de grec, de gaulois (auquel appartient le breton), de franc et de germanismes. Supprimer les langues régionales, c'est oublier une partie de l'origine du français. A terme c'est la langue française qui trinque. Certains mots ou expressions finissent pas ne plus être compris, faute de références.

Portrait de Goldored

à Kereven Portrait de Kereven De Goldored

09H09 | 20/06/2008 | Permalien

C'est 70 ans de combats nationalistes.
Personne ne « supprime l'accès » aux langues dites régionales. La République a vocation à permettre à chacun de comprendre ses droits et ses obligations inscrits dans la loi. Et elle a jugé sans doute avec raison qu'une langue commune était le moyen le plus efficace de garantir cet accès au droit (revendication des députés du Club des Bretons qui devint… le Club des Jacobins ! .
Rien n'empêche plus - contrairement à ce qui fut fait dans le passé par des politiciens qui n'étaient jacobins que de nom mais de vrais tyrans « impérialistes » - de s'exprimer,d'éditer, d'enseigner dans des langues dites régionales.

Portrait de Gotch

à Kereven Portrait de Kereven De Gotch 15306

ancien ouvrier de la banque | 14H40 | 20/06/2008 | Permalien

Il me semble avoir vu sur un forum belge que justement le flamand n'est pas une langue, mais un patois non fixé dont certaines particularités changent avec les communes où on le parle.

Pour le reste, il est certain que les patois et dialectes apportaient un plus à la culture française, en filigrane. De moins en moins de personnes les parlent encore, d'une façon générale. Elles étaient la langue naturelle qu'on apprenait à l'oreille étant gamin à la campagne : avec la généralisation des crèches, écoles maternelles, etc… cet apprentissage automatique n'existera plus. Combien de jeunes enfants actuels comprendront, une fois adultes, les patois et même les langues régionales « assises » comme le basque ?

Portrait de Béatrice1

à Kereven Portrait de Kereven De Béatrice1

| 20H42 | 21/06/2008 | Permalien

« Le Ch'ti est un patois pas une langue. »

Le Ch'ti est un dialecte (ou un patois si vous voulez être insultant) de la langue d'oïl exactement comme le limousin ou le provençal sont des dialectes (ou des patois) de la langue d'oc. Quant au corse, comme tous les dialectes français (et italiens et espagnols), ce n'est qu'une déformation du latin vulgaire. Et le breton (quel « breton », d'ailleurs ? ) n'est qu'un patois celtique.

Qui êtes-vous donc pour décider de ce qui est une « langue » et de ce qui ne serait qu'un « patois » ?

« Supprimer les langues régionales, c'est oublier une partie de l'origine du français. »

Encore une fois, personne n'a supprimé l'accès aux « langues » : des milliers de collégiens et de lycéens les apprennent aux frais de la République pour avoir des points supplémentaires au bac. L'ennui, c'est que dans les classes d'« occitan » on ne sait jamais lequel choisir, car il n'y a pas un occitan mais des milliers (presque autant que de villages en Occitanie), on ne parle (parlait) pas le même occitan à Limoges, à Toulouse et à Aix-en-Provence. C'est pareil dans toutes les régions.

Pour connaître l'origine du français, ce ne sont pas les langues régionales qu'il faut apprendre mais le latin et le grec ancien, qui sont aussi l'origine de la plupart des langues régionales.

« A terme c'est la langue française qui trinque. »

La langue française ne « trinque » absolument pas, elle évolue, comme toutes les langues doivent le faire sous peine de mourir.

« Certains mots ou expressions finissent pas ne plus être compris, faute de références. »

Donc il faudrait apprendre TOUTES les langues régionales pour avoir ces « références » ? Car si vous n'apprenez pas le dialecte germanique qu'est l'alsacien vous ne comprendrez pas les mots ou expressions nécessitant une référence germanique pour ce faire…

Portrait de Sacha25

De Sacha25

19H32 | 19/06/2008 | Permalien

En fait, il est trop tot pour savoir si les langues régionales feront de l'ombre à la langue française ou si c'est le prix à payer pour faire le deuil de ces langues dans de bonnes conditions

Dans la même série, ceci ne permettrait-il pas de faire évoluer la langue française vers un charabia qui deviendra, éventuellement la langue européenne. Peu probable, mais on peut rêver

Portrait de solstice

à Sacha25 Portrait de Sacha25 De solstice

pigiste | 21H05 | 19/06/2008 | Permalien

Vous voulez parler de l'espéranto, sans doute : cela ne marchera jamais et je pense que c'est un bien.
Faire un effort pour comprendre l'autre et enrichir sa propre expression, c'est moins réducteur que de parler franchouillard en buvant du soda ricain.

Portrait de Albert Fulor

à solstice Portrait de solstice De Albert Fulor

10H03 | 23/06/2008 | Permalien

Jusque dans les années trente du XXe, l'esperanto jouissait d'une très grande considération et avait suivi une forte progression. C'est en 1936 (je crois) que la Perse demanda auprès de la SDN que les comptes-rendus le soient en esperanto.
N'est-ce pas une bonne idée que dans une organisation internationale on utilise une langue commune, qui permet un égal accès aux lois et aux textes et limite les étapes de traduction et de sur-traduction ? N'est-ce pas ce qu'on veut préserver en France ?
Et bien non. La France opposa son veto et interdit même l'enseignement de l'esperanto dans ses écoles, de peur de perdre le prestige international dont elle jouissait. Ce fut une occasion perdue imputable au nationalisme français. Aujourd'hui l'Europe se peine faute de langue commune et dépense des sommes folles en traductions.
Pour ce qui est de l'esperato, des fantasmes courants, des préjugées, etc… l'esperanto n'a pas vocation à devenir une langue maternelle, ni à remplacer aucune langue. Elle est un outil de communication, d'appoint. Elle est relativement simple, régulière et rapide à apprendre.

Portrait de Gotch

à Sacha25 Portrait de Sacha25 De Gotch 15306

ancien ouvrier de la banque | 16H16 | 20/06/2008 | Permalien

Elle est déjà en train d'évoluer. La mutation de l'orthographe aux forceps d'il y a une dizaine d'années maintenant a transformé une écriture aux mots logiques par rapport à leur origine. Prenons le cas de « a priori ». Maintenant il s'écrit, paraît-il, « à priori », ce qui ne veut plus rien dire. Quant aux mots dont la différence avec des homonymes se situait au niveau de l'accent circonflexe, la suppression de celui-ci va certainement causer des malentendus malgré le contexte de la phrase.

Portrait de Sacha25

à Gotch Portrait de Gotch De Sacha25

21H30 | 20/06/2008 | Permalien

C'est bien ça

Le risque est de voir l'académie, sous réserve de protéger la langue, risque d'en faire un bunker défensif qui la verra disparaitre sans laisser de traces (au profit de l'impérialisme américain ? chinois ? )

L'espéranto ? Quelqu'un sait-il encore que ça existe ?

Laissons les gens inventer la langue dont ils ont besoin et et harmonisons dans un simple but de compréhension mutuelle et non dans un but humanitaire ou politique

Portrait de Alexander Doria

De Alexander Doria

étudiant | 19H35 | 19/06/2008 | Permalien

La vue des sénateurs des langues régionales est par trop négative. Certes, elles ne sont, dans la plupart des cas, que de simples patois sans littérature. Mais il existe des langues dites régionales qui, sans équivaloir en richesse le français, ont su néanmoins développé une littérature dont la valeur peut être fort riche. Le cas du provençal est peut-être le plus éclatant. L'institution du « félibrige », au XIXème siècle, est ainsi parvenu à élever ce qui n'était tenu que pour un patois, au rang de langue européenne, avec son panthéon d'œuvre de première qualité, à l'instar du Miréio (en francilien Mireille) de Frédéric Mistral. Quoique compréhensible par un français, le provençal se caractérise en effet par ses règles poétiques propres basée sur un élément inconnu du français : l'accent. Plus marqué qu'en italien et en anglais, ce dernier rapproche la poésie provençale de la poésie allemande et grecque. D'où d'ailleurs l'attachement de nombre d'écrivains allemands (Hölderlin, Heidegger) pour la Provence vue comme une survivance de la Grèce.

D'autres patois se distinguent également, mais dans une moindre mesure : le breton qui, sous l'égide de quelques ouvrages liturgiques, a subit curieusement l'influence de l'hébreu, le bourguignon (dialecte presque disparu, mais qui nous a légué néanmoins des « Noëls Bourguignons » que le critique littéraire Thibaudet évaluait grandement), et puis le basque, qui est aussi peu compréhensible à des esprits français que le chinois, vu qu'il ne s'agit pas d'une langue indo-européenne

Dans tous les cas, il me semble qu'au lieu de statuer sur les langues régionales en général, l'assemblée aurait mieux fait de ne mentionner que quelques langues régionales de première importance (le provençal, le breton et le basque). Ce projet aurait eu moins de chance d'être rejeté par le sénat, et aurait été plus constructif.

Portrait de jyeden

De jyeden

khmer vert ( age des caverne, bougi... | 19H41 | 19/06/2008 | Permalien

tu pourrais tout de meme faire une différence entre langues, dialectes et patois
le breton est une langue (avec quatre dialectes)
le basque est une langue
l'alsacien est un dialecte (en fait deux)
le provençal est un patois
l'occitan est une multitude de patois est en fait une autre façon de parler le français
la catalan est un dialecte
et il y a encore quelques parlé qui hesite entre dialecte et patois
va dire à un Alsacien ou à un Breton qui parle le patois et tu vas voir comme tu seras accueillis

Portrait de ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit)

à jyeden Portrait de jyeden De ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit)

cadre(guidon)retraité | 21H06 | 19/06/2008 | Permalien

a jyeden

Merci pour les précisions mais quelles sont les differences entre langues,dialectes et patois

Dans la constitution, il s'agissait de langues régionales : qu'est qu » une langue régionale ( un dialecte
ou un patois ou une langue)

Portrait de solstice

à ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit) Portrait de ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit) De solstice

pigiste | 21H17 | 19/06/2008 | Permalien

Je ne suis pas sûre mais je pense qu'un patois, c'est un vocabulaire et des expressions particulières dans une grammaire nationale.

Exemple chez les cht'is : « remonte t'marrone » veut dire « remonte ta culotte »… Imagé et fleuri mais pas de règles grammaticales complexes.

La langue, régionale ou non, a une codification plus complexe : le basque est la seule langue non-indoeuropéenne (avec le finnois ? ) et cette langue est complexe et très riche puisqu'elle englobe aussi un mode de société. Les noms de familles basques sont souvent composé de « Etche… » (Etcheverry etc.) parce que « etche », c'est la maison et que la famille est descendante d'une « maison » plus que d'une parenté classique. D'où ces énormes maisons où chaque génération a son étage ou son aile…

Le corse est une sorte de bas-latin, avec des déclinaisons : on le comprend encore facilement à notre génération mais le parler, c'est autre chose. Je suis corse et vis « sur le continent ». J'habiterais en Corse, j'aurais proposé à mes enfants d'étudier le corse en lieu et place du latin, comme un enrichissement.

Chacun de ces patois et chacune de ces langues est une vraie richesse, une ouverture sur une culture et pas un enfermement dans un passéïsme étriqué. Cela dit, de là à légiférer…

Portrait de hagalma

à solstice Portrait de solstice De hagalma

21H57 | 19/06/2008 | Permalien

Merci pour ce cours…de langue.

Portrait de Béatrice1

De Béatrice1

| 22H00 | 19/06/2008 | Permalien

Pour un linguiste, il n'y a pas de différence entre langue, patois et dialecte. Une langue n'est qu'un patois (ou dialecte) qui a réussi (comme on peut dire qu'une religion n'est qu'une secte qui a réussi). Le français, c'est le patois (ou dialecte) de l'Île-de-France. S'il y a mille an Toulouse était devenue la capitale de la France au lieu de Paris, le « français » serait un des dialectes occitans.

Un dialecte et un patois c'est en gros la même chose, sauf que « patois » est connoté très péjorativement.

Donc toutes les langues sont belles et intéressantes, tous les dialectes (et patoix) sont beaux et intéressants. Tous font effectivement partie de notre patrimoine, mais à mon avis ce n'est pas une raison pour les inscrire dans la constitution qui n'est pas faite pour ça. Cette inscription pourrait rapidement causer des problèmes.

Portrait de hagalma

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De hagalma

22H18 | 19/06/2008 | Permalien

Si j'ai bien suivi :

- ah non, pas toi !

- alors casse toi, pauv'con (dialecte)

- j'aurais dû ne pas répondre (langue réussie, le Brunie)

Ceci étant dit, merci de vos précisions

Portrait de Blaise11

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 09H19 | 20/06/2008 | Permalien

Alors la Constitution, Béatrice, c'est fait pour quoi selon vous ?

Je vous pose cette question que j'ai posé à un riverain en page 2 :

Préferez-vous inscrire dans la Constitution des lois économiques périssables ou des données culturelles afin de les pérenniser ?

Portrait de Béatrice1

à Blaise11 Portrait de Blaise11 De Béatrice1

| 14H07 | 20/06/2008 | Permalien

La constitution c'est la loi fondamentale du pays, elle doit garantir les droits fondamentaux et définir l'organisation politique de la nation. Notre cosntitution précise déjà que le français est la langue nationale.

Il est évident que, comme tous les autres pays, nous avons un patrimoine très riche, divers et varié. Pourquoi n'inscrire dans la constitution que les langues régionales, sinon par démagogie, et pas d'autres composantes de ce patrimoine ? Et pourquoi pas le vin ? (L'an dernier, des viticulteurs du Sud en difficulté ont fait le voyage jusqu'à Paris en tracteur pour exiger que le vin soit inscrit dans la constitution ! ) C'est vrai que c'est un patrimoine, le vin. Et les Allemands vont inscrire la choucroute dans leur constitution à eux ? La non-inscription dans la constitution nuit-elle aux langues régionales aujourd'hui ?

On est dans des revendications identitaires que je trouve quand même inquiétantes. L'étape suivante sera-t-elle qu'on ne peut pas être fonctionnaire en Bretagne si on ne parle pas breton (c'est ce qui se produit au Pays de Galles) ? Les Corses ne sont pas loin de ce genre de revendications, puisque par exemple les reçus au CAPES exigent d'avoir un poste dans leur île, et s'indignent que des « continentaux » y aient droit. Les « Français » qui viennent s'installer dans ce département de la République ont régulièrement des tracas qui amènent certains d'entre eux (je me souviens d'un Breton, par exemple) à jeter l'éponge et à partir…

C'est la porte ouverte à nombre de discriminations. C'est un choix, mais il faut savoir si on veut finir comme la Yougoslavie ou le Liban.

Portrait de Blaise11

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 15H30 | 20/06/2008 | Permalien

Ah ! Bon…
Salut Béatrice,
alors comme ça, une constitution définit pour une part la politique de la nation… « Reconnaitre » les minorités n'est-il pas un acte politique ?
Dans le TCE, on nous bassine avec de l'économie qui sont des données périssables et amenées à évoluer, et vous ne voulez pas dans notre constitution de cette « reconnaissance » de données culturelles en plein dépérissement, de cet acte ou volonté politique ?
Contresens, Béatrice.

Les revendications identitaires sont virulentes dans le monde d'aujourd'hui pour une simple raison : les décideurs et acteurs économiques de cette planète opèrent inlassablement une uniformisation sectaire de la culture.
On pourrait comparer ce sujet à un autre du même acabit : en Occident nous utilisons seulement 12 graines pour notre alimentation, alors que le monde contient 5 millions d'espèce végétales différentes. Ces douze petites graines imposées par la fameuse Révolution Verte, sont en train à coups de spéculation déréglementée et post-coloniale, de supplanter ce chiffre pharaonique de 5 millions d'espèces et surtout de les faire disparaître de la planète.

Depuis des milliénaires des familles et générations d'agriculteurs cultivent ces graines : quand ils dénoncent le hold-up par les grands groupes internationaux, j'y vois, en plus du bon sens, une revendication identitaire essentielle. Et vous, ressentez-vous toujours de l'inquiétude par rapport à ces revendications identitaires ? Je n'ose le croire.

Il serait intéressant d'établir un classement, s'il n'existe déjà pas, selon l'utilité pour l'Homme, des biens qu'ils consomment ou utilisent.
J'ai volontairement comparer la nourriture avec les langues : en effet, ce sont toutes deux des données fondamentales pour notre existence physique et spirituelle. On pourrait les classer dans la catégorie 1. Pour vivre, on a besoin de manger et de parler, tout simplement.
Alors comparer l'utilité des langues, régionales soient-elles, avec du pinard, si bon soit-il, pardon, mais je trouve cela complètement idiot.

« Votre étape suivante » est intéressante : Béatrice, vous parlez de discrimination à l'embauche. Je pense savoir que notre Constitution récrimine toutes formes de discriminaton, non ? alors ne poussons pas le bouchon… Cet exemple avec celui de la Corse sont hors-sujet. Vous parlez de mentalité. Pour punir un Corse trop identitaire, nous allons lui dire que l'on ne reconnait plus son identité ? Taper, punir, fouetter ? tentons d'évoluer : la matraque, y en a marre.

Et si l'on veut finir comme la Yougoslavie, il faut pour cela qu'on élise un tyran pervers et sanguinaire, pas qu'on inscrive dans notre Consitution la reconnaissance des langues régionales ! Cet argument m'a profondément attristé, car nous en avons déjà parler tous deux : la folie humaine !

 ! ! ! Ce n'est pas parce que la Yougoslavie était composée d'un dizaine d'indentités différentes qu'elle s'est fait la guerre comme elle l'a fait ! ! !
 ! ! ! Ces gens vivaient en paix jusqu'à ce qu'un excité pulvérise les identités locales, veuillent uniformiser dans la hâte et la haine les différences de ce merveilleux pays ! ! !

Idem, contresens total ! Et celui-là, il est parfaitement vulgaire.

Cordialement, mais fort remonté.

Portrait de Béatrice1

à Blaise11 Portrait de Blaise11 De Béatrice1

| 17H00 | 20/06/2008 | Permalien

« alors comme ça, une constitution définit pour une part la politique de la nation… “

Non, pas du tout ! Contresens, Blaise ! Elle définit le CADRE dans lequel la politique de la nation pourra être menée : combien de chambres au parlement, leur mode d'élection, etc. La politique de la nation est définie par les élus.

‘Dans le TCE, on nous bassine avec de l'économie qui sont des données périssables et amenées à évoluer’

1) Le TCE était un TRAITE constitutionnel. L'économie était dans la partie ‘traité’, l'organisation des institutions et la Charte des Droits Fondamentaux dans la partie ‘constitutionnel’.

2) L'‘économie’ dont il était question dans le TCE n'est PAS ‘périssable’ ni amenée à évoluer puisqu'il affirmait que l'UE est une ‘économie de marché’ sans préciser le détail des modalités qui eux sont amenés à évoluer : quel niveau de taxes, harmonisation fiscale ou pas, etc… Bien entendu, ça excluait tout gouvernement communiste, ce qui n'avait rien d'un scoop, puisqu'au cours de leur histoire aucun des pays de l'UE n'en a jamais voulu.

‘Reconnaitre’ les minorités n'est-il pas un acte politique ? ”

Bien sûr que si ! Et ce serait extrêmement inquiétant que la “reconnaissance” des minorités figure dans la constitution, c'est bien ce que les opposants à cette mesure craignent, bien qu'on leur ait affirmé qu'il ne s'agissait nullement de ça mais de reconnaître un patrimoine.

“Les revendications identitaires sont virulentes dans le monde d'aujourd'hui pour une simple raison : les décideurs et acteurs économiques de cette planète opèrent inlassablement une uniformisation sectaire de la culture.”

Bahhh… Vous me sortez le coup du complot ? Je suis linguiste, figurez-vous. Et je n'ai pas la nostalgie du temps où chaque vallée avait sa langue et était incapable de comprendre la langue de la vallée voisine, où chaque village considérait le village voisin comme un ennemi potentiel. Car une langue sert à COMMUNIQUER, c'est tout bête ! Une langue qui n'est parlée que par très peu de gens ne permet donc de communiquer qu'avec très peu de gens. Aujourd'hui, grâce aux moyen technologiques, la communication est globale, on a besoin d'un outil plus opérationnel permettant de communiquer avec un Chinois ou un Kenyan et plus seulement avec son voison.

Ce ne sont PAS les “décideurs et acteurs économiques” (qui n'est PAS un “acteur économique”, d'ailleurs ? ) qui opèrent une uniformisation “sectaire” ( ! ! ! ), c'est la révolution des moyens de communication qui l'opère, et elle n'a rien de “sectaire” ! Avant la guerre 14, la plupart des Français étaient convaincus que la plupart des Allemands mangeaient des nouveaux-nés et réciproquement. A l'époque d'internet, des satellites, ce serait plus dur à avaler (si je puis dire). L'uniformisation vient des énormes mouvements de population qui ont été rendus possibles par les progrès technologiques, qui font qu'on va voir ailleurs comment c'est, qu'on aime ce qu'on y mange et qu'on le rapporte chez soi… Que grâce aux progrès technologiques on peut entendre la musique des autres et l'aimer, voir les images des autres et les aimer…

C'est un mouvement continu de l'histoire des hommes, les langues naissent, vivent et meurent, ça a toujours existé. Une langue qui ne sert pas à communiquer avec un nombre significatif de gens devient naturellement une langue morte.

Pourquoi pas inscrire la défense du latin dans la constitution ? C'est aussi un patrimoine fondamental en France.

On n'a PAS besoin d'inscrire quoi que ce soit de ce genre dans la constitution. Les langues régionales, si elles sont vivaces, se défendront très bien toutes seules sans y être inscrites, et si elles ne le sont pas elles mourront comme tant d'autres avant elles et comme tant d'autres mourront après elles. Personne n'empêche les amoureux d'une langue en danger de la défendre, et c'est tout à fait légitime. Seulement une langue parlée par une seule personne ça s'appelle de l'autisme.

“Ces douze petites graines imposées par la fameuse Révolution Verte, sont en train à coups de spéculation déréglementée et post-coloniale, de supplanter ce chiffre pharaonique de 5 millions d'espèces et surtout de les faire disparaître de la planète.”

Bof, toujours le complot.. Comme il était joli le temps où avec tous ces millions de graines les gens mouraient de famine par millions tous les ans ! Les révolution vertes ont eu l'IMMENSE mérite de nourrir des populations énormes. Spéculation post-coloniale ? Mais c'est parce que la Chine et l'Inde, avec leurs cohortes d'humains, décolent et se mettent à manger comme nous que les prix explosent. Qu'y a-t-il de “post-colonial” là-dedans ?

“Depuis des milliénaires des familles et générations d'agriculteurs cultivent ces graines”

Depuis des milliénaires des familles et générations d'agriculteurs CREVAIENT DE FAIM. Franchement, alors qu'on va allègrement vers les 10 milliards d'habitants sur la planète, la question primordiale est de les nourrir.

Ma grand-mère n'avait aucune idée de ce qu'était le riz basmati, alors que moi j'adore ça : où est le problème ? Ma grand-mère n'est sortie de son village que deux fois au cours de toute sa vie : en 14 et en 40, parce qu'elle avait les “Boches” aux trousses. Elle parlait le “patois” de ce village et n'avait aucun besoin de parler autre chose. Elle vivait en autarcie à peu près complète entre sa basse-cour et son potager. En fait d'“uniformisation”, elle mangeait TOUJOURS la même chose, exclusivement ce qu'elle produisait. A trente ans elle était édentée et elle a vécu toute sa vie comme une bête de somme.

Mais bon, c'était le bon temps ! (Oui je crois sentir nettement chez vous comme une grosse nostalgie d'une époque où pour rien au monde je ne voudrais revenir.)

Les revendications identitaires sont virulentes dans le monde d'aujourd'hui parce qu'il est en plein bouleversement (comme on n'en a pas connu depuis le néolithique), et que devant le changement les hommes souvent ont peur et ont tendance à se replier sur eux-mêmes. Mais ça va passer, parce que les avantages sont incomparablement plus importants que les inconvénients, et que de toutes façons on n'a jamais vu des populations effectuer durablement un retour en arrière. Et vous-même vous êtes sur internet, non ? Un des grands responsables de l'“uniformisation”…

“Pour punir un Corse trop identitaire, nous allons lui dire que l'on ne reconnait plus son identité ? ”

Mais on n'a jamais “reconnu” son identité ! On ne l'a jamais empêché d'être corse, mais on ne l'a jamais reconnu QUE comme citoyen français.

“Taper, punir, fouetter ? tentons d'évoluer : la matraque, y en a marre.”

Qui parle de “punir” et de “matraque” ? ? ? Ceux qui écrivent sur les murs d'Ajaccio “Francese fora” (et TUENT les Arabes qui ne courbent pas suffisamment l'échine) ? Vous inversez les rôles, là.

Portrait de UsagerPs54

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De UsagerPs54

22H12 | 20/06/2008 | Permalien

Merci pour la clarté de vos explications successives, auquelles j'adhère pleinement.
La république a choisi une langue officielle, le Français.
Les autres langues ne sont effectivement pas interdites. Elles relèvent de la culture personnelle mais n'engagent pas la république dans ses obligations, documents officiels par exemple.
D'autres pays ont fait des choix différents : la Suisse, avec 4 langues officielles. Car il n'y a pas de positions intermédiaires. A partir du moment où une langue supplémentaire est reconnue officiellement, elle entraîne les obligations administratives correspondantes.

Ce même raisonnement s'applique pour les religions.
Notre république a décidé que ses citoyens sont égaux quelle que soit leur croyance.
C'est le principe de laïcité.
Pour autant la croyance n'est pas interdite, elle doit rester dans le domaine privé. Ce qui n'empêche pas de considérer sa valeur culturelle.

Portrait de Blaise11

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 14H09 | 21/06/2008 | Permalien

en dernière page, afin d'éviter à ma réponse l'allure d'une colonne sèche.

Portrait de Blaise11

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 13H57 | 20/06/2008 | Permalien

Décidément vos pastilles rouges apparaissent de plus en plus comme des aveux…

J'aimerai qu'un jour l'on puisse tout deux, en tant que libéraux, pouvoir discuter et confronter nos deux visions assez opposées du libéralisme…

Bon week end.

Portrait de Béatrice1

à Blaise11 Portrait de Blaise11 De Béatrice1

| 22H04 | 20/06/2008 | Permalien

« Décidément vos pastilles rouges apparaissent de plus en plus comme des aveux… »

 ? ? ?

« J'aimerai qu'un jour l'on puisse tout deux, en tant que libéraux, pouvoir discuter et confronter nos deux visions assez opposées du libéralisme… »

Il n'y a pas deux visions opposées du libéralisme, il y a UNE définition du libéralisme qui est du point de vue politique la garantie des libertés fondamentales et du point de vue économique le respect de la libre entreprise. C'est pourtant facile à comprendre : « libéral » vient de LIBERTE. En anglais « liberal » signifie d'ailleurs politiquement progressiste en matière de moeurs (avortement, mariage gay…). Le libéralisme couvre tout le champ des partis démocratiques, des sociaux-démocrates à la droite républicaine. Leurs différences sont ailleurs.

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