Les chercheurs et universitaires hostiles à la découpe du CNRS en instituts se sont regroupés devant le siège parisien de l'organisme et en ont bloqué la tenue du conseil d'administration. Catherine Bréchignac, présidente du centre national de recherche, va recevoir une délégation de chercheurs dans l'après-midi pour discuter le plan de réforme.
Depuis mercredi 11 juin circule une pétition, déjà signée par plus de deux cents médaillés du Centre national de la recherche scientifique, de l'INRA ou de l'INSERM, et rejoints par une centaine d'autres.
La fin des sciences sociales et de la biologie ?
Ils entendent protester contre les réformes portées par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, devant s'appliquer au CNRS :
« Nous, enseignants-chercheurs, chercheurs ou ingénieurs des universités ou des organismes de recherche, sommes fiers de faire de la recherche (…) Pourtant, nous sommes inquiets. »
Les points qui fâchent : la réorganisation du CNRS en « instituts nationaux » et par disciplines ; un nouveau système de financement, avec des budgets affectés par instituts ; une relance poussée des partenariats avec le privée.
Les manifestants craignaient que les responsables du CNRS ne votent un texte « qui, à terme, signifierait le démantèlement de cet organisme en instituts indépendants où il n'y aurait plus, ni sciences sociales et humaines ni biologie) ».
D'après le collectif Sauvons la recherche, « ce texte confirme que la direction du CNRS accepte la demande ministérielle de découper le centre en instituts nationaux, en laissant volontairement de côté certains secteurs ».
Depuis sa création en 1939, le CNRS accusé d'immobilisme et de gaspillage
Des spécialistes évoquent la question sur leurs blogs. Des positions sans équivoque. D'abord, petite piqûre de rappel dispensée par Damien Besson, étudiant en biologie à l'université d'Angers, sur la situation du centre de recherche :
« Le CNRS, c'est l'incarnation de la science française, l'interdisciplinarité, près d'un quart du budget de la recherche publique, 30 000 salariés, 1250 laboratoires, et l'organisme européen qui publie le plus. Depuis sa création (1939), les mêmes critiques se font entendre : immobilisme, gaspillage, incapacité à collaborer avec l'industrie. »
L'annonce de la division du CNRS en huit instituts fait craindre aux chercheurs la perte de leur indépendance face au politique. Valérie Pecresse, pour qui la modernisation est inévitable, cherche à rassurer :
« Le CNRS reste entier, il a le même périmètre, les personnels gardent le même statut, mais il doit être plus ouvert. »
La communauté des chercheurs demeure méfiante. Dans son blog, Stéphane Mazouffre, réagit en toute bonne foi :
« Au départ, l'idée est relativement bien accueillie par l'ensemble de la communauté scientifique française qui sent bien que le modèle sur lequel elle repose est mal adapté aux réalités du XXI siècle. [Mais] comme à son habitude, le gouvernement ne va prendre en compte aucune des recommandations et propositions faites par les experts mandatés et va piloter, sans donner d'explications, une réforme certes silencieuse, mais capitale pour l'avenir. »
Le blog L'Université, la recherche évoque l'existence d'un sigle curieux : NMP. Il s'agit du « nouveau management public », un « courant de réforme venu des pays anglo-saxons qui vise à gérer les services publics comme des entreprises sans que l'on se pose vraiment la question de la pertinence de la transposition de ces techniques du monde de l'entreprise à celui des laboratoires et des universités ».
En clair, toujours d'après ce site, « une pression est mise sur les chercheurs pour “rendre des comptes” (…). Aujourd'hui l'Etat veut un droit de regard sur la recherche parce qu'il la finance et parce qu'elle joue un rôle majeur dans l'économie. »
Le pilotage par les pouvoirs publics aura l'effet inverse de celui qu'il prétend obtenir
Sur Sauvons l'Université, on lit ainsi :
« Le pilotage de la recherche voulu par les pouvoirs publics et imposé aux scientifiques aura l'effet inverse de celui qu'il prétend obtenir. Ses contraintes et ses modalités de fonctionnement vont conduire la recherche scientifique à respecter des normes et des usages qui créent structurellement du conformisme scientifique et à terme la stérilisation de la créativité. »
Sur le blog qui héberge la pétition, Patrick Heuret, botaniste à l'INRA, apporte un témoignage lié à sa propre expérience :
« J'adhère particulièrement au fait que la recherche avance avant tout par coopération et non par compétition. Il est important de défendre ces valeurs et de ne pas céder à la peur d'être jugé négativement parce qu'on sort du moule ; c'est la diversité des caractères et des compétences qui est la richesse de notre métier (et des relation humaines en général). »
Pour autant, la contestation ne fait pas bloc. Hervé Le Crosnier, maître de conférences en informatique en est la preuve :
« Le regroupement en instituts verticaux et thématiques, proposé par le gouvernement, est peut-être une solution à ce qu'il faut bien admettre comme étant une situation dramatique pour la recherche. Situation qui ne date pas du gouvernement actuel, ni même du précédent, mais renvoie à la faiblesse constitutive de l'investissement de la France dans la recherche, en terme de budget comme en terme d'image publique et cela par delà les partis et tendances qui on pu gouverner depuis trente ans. »
Selon la direction du CNRS, un nouveau conseil d'administration devrait se tenir dans les vingt jours pour avaliser la réforme.


















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à pegaze
De Erka
Scientifique, USA | 23H17 | 19/06/2008 |
Ouh la la, mais c'est un essaim de retraités aigris UMPistes qui a déboulé sur Rue89 ? ?
C'est sympa, dites donc, de vous faire les nerfs sur les chercheurs du CNRS, qui ne doivent pas en demander tant ! Encore une fois, expliquez moi pourquoi en Europe le CNRS a decroche un record (avec CRUK) de bourses EURYI, i.e. les bourses delivrees aux jeunes chercheurs les plus prometteurs ?
Ca doit etre parce que les chercheurs postulants sont tous tellement bons que malheureusement meme les plus nuls d'entre eux (qui sont bien evidemment ceux qui decrochent les postes de maniere honteuse) sont parmi les kadors europeen ! C'est bien evident !
La foret des prejuges et de la betise dogmatique, elle, est clairement et malheureusement que trop visible.
De fatalyst
17H20 | 19/06/2008 |
« Catherine Bréchignac, directrice du centre national de recherche (…) ».
C'est pas plutôt présidente du CNRS ? ? ? Bon je sais, je cherche du poil sur des œufs.
Pour être clair, sommes nous pour ou contre une privatisation d'un centre de recherche si renommé soit-il ?
Si c'est pour analyser l'architecture des couleurs de tableaux de Mondrian, je dit NON ! ! ! (il n'y a plus d'argent pour ce genre de recherche, désolé).
A contrario, si la recherche s'oriente sur le pourquoi un enfant analyse aussi bien simultanément deux, trois voir quatre langues dans les trois première année de sa vie, là c'est OUI ! ! ! . Deux poids, deux mesures ; Hélas ! ! ! (j'aime bien les tableau de Mondrian ; -)
Dans un des secteurs de la recherche de pointe qui fonctionne, même si il est un peu trop politisé, (je pense au CNRS), ne pourrions-nous pas orienté notre recherche à la Française sur des sujets scientifiques du futur sur lesquels des applications, par exemple, de la future voiture qui carbure aux je ne sais quoi ? ? ? Cette recherche pourrait apporté dans un avenir proche ou lointain une amélioration majeure de nos comportement ? plutôt que de vouloir à tous prix être publier dans une revue scientifique pour garder son poste…
Pourquoi prétexter un pétrole cher pour faire devenir « écolo » et culpabiliser les Français sur leur surconsommations voulus par des politiques successives ? ? ?
Et si nous faisions, pour une partie tout du moins, des pôles de recherche au milieu de zones industrielles « high-tech » ou les chercheurs seraient directement rémunérés par un groupement des société ? (je signale au passage qu'au Canada ce système fonctionne depuis plus de 15 ans et qu'ils sont leader dans le domaine de la recherche sur le comportement et la chirurgie du cerveau humain)…
Ah ! si Pierre-Gilles de Gennes ainsi que *Antoine Priore étaient encore parmi-nous…
Ils pourraient nous faire savoir leurs attachements divergeant et/ou contradictoire… L'un éminent scientifique de renom qui avait refusé de faire parti de l'académie des sciences prétextant qu'il était « trop jeune » pour être un académicien ; -) et l'autre, un radio-électricien italien trouvant refuge en France pendant la guerre 39/45 et ayant trouvé une onde pour guérir le cancer (cette recherche a fait couler beaucoup d'encre) et qui, en définitif, fait saliver certain cancérologue du monde entier…
Ne trouvez-vous pas étrange que quant on présente une thèse à l'académie des sciences de Paris, une sciences tourné vers l'avenir, nous soyons « contrains » de le faire dans un ensemble immobilier (sommes toute magnifique) mais de style Louis XV ? ! ? alors que dans un même temps, nous avons un bâtiment de l'académie des sciences allemande tourné vers l'avenir ? ? ? L'éolien et le photovoltaïque sont des préoccupations Allemande depuis plus de vingt ans, alors que nous en sommes au développement durable avec la loi Borloo ! ! !
*Antoine Priore et sa machine à Floirac prés Bordeaux, si vous avez la possibilité de vous procurer le livre sur cette homme, vous aurez matière à réflexion sur la recherche, en fin je crois.
à fatalyst
De Mathias Destal
(auteur)
Etudiant | 18H12 | 19/06/2008 |
A Fatalyst, après cette remarque (la deuxième) sur le titre de Catherine Bréchignac (présidente, plutôt que « directrice'), nous revenons sur l'erreur pour rendre à Mme Bréchignac ce qui revient à Mme Bréchignac.
De jck
17H45 | 19/06/2008 |
L'organisation du CNRS est trop pyramidale et bureaucratique mais si c'est pour mettre le gouvernement (des gens qui ne savent pas faire une règle de trois par exemple) en haut de la pyramide je crains le pire.
De pegaze
ingé | 18H21 | 19/06/2008 |
à chaque changement de gouvernement on voit des changements non négligeables parmi le personnel de la recherche publique, pour ma part j'ai vu l'arrivée des foulards channel dans un centre de recherche avec l'arrivée de chirac au pouvoir. le cnrs, et plus globalement la recherche publique française est un milieu très politisé depuis longtemps, et le démantellement progressif du cnrs que tente le gouvernement est visible depuis quelques années maintenant. quand une structure a trop d'inertie et n'arrive plus à se redynamiser il faut la changer, ce qui serait bénéfique pour toutes les personnes qui bossent en recherche car cela leur redonnerait de la pêche pour avancer. par contre j'ai beau discuter et réfléchir avec des chercheurs, nous ne voyons pas comment ce système peut évoluer et briser cette sclérose, c'est trop énorme et trop inerte depuis trop longtemps.
De caro
délinquante avérée | 21H31 | 19/06/2008 |
relevé dans indymedia.grenoble :
Mail envoyé à la CGT du CNRS de Grenoble suite à l'AG de ce matin contre le projet de réforme du CNRS.
Bonjour,
Nous étions ce matin à l'AG devant le bâtiment central. Il a été décidé à demi-mots une grève administrative mais nous nous interrogeons quant à sa pertinence. Théoriquement, c'est une bonne idée puisque cela couperait la « communication » gouvernement / laboratoires. En revanche, pratiquement, vous savez très bien que ça ne se passera pas comme cela. Il y aura toujours nombre des directeurs et autres chargés d'administration qui n'auront que faire de vos revendications et continueront sur leur lancée. Grenoble a la malchance (question de point de vue) d'être un « pôle d'excellence », cette pseudo-élite tant vantée par les technocrates de tous bords (et de tous poils), qu'ils soient « d'importance » locale ou nationale ; ce statut aveugle une bonne part des chercheurs, se raccrochant à leurs ANRs chéris comme des moules à leurs rochers (pour les romains c'était « du pain et des jeux », pour nous c'est maintenant « des ANRs et des Plans Campus »). De plus, même si cette grève administrative était plutôt suivie sur Grenoble, encore faut-il qu'elle le soit un peu partout en France pour qu'elle ait du poids, ce qui n'est pas dit a priori. Enfin, l'impact d'une grève administrative sur l'idée que se fait la population de cette réforme est asymptotiquement nulle, elle qui est déjà peu informée sur le réel travail des chercheurs (à ce niveau, ces derniers y sont en grande partie responsables, la science ne devenant plus qu'accumulation de contrats et course à la publication spécialisée, au détriment de la diffusion des savoirs au sein de la société ; qu'on ne vienne pas se plaindre après que tout le monde dénigre la science…).
Malgré tout, Grenoble a la chance de compter un grand nombre de chercheurs, et où, sinon à Grenoble, peut démarrer un mouvement de contestation de grande ampleur ? Vous avez dit vous-même qu'il fallait agir vite. Nous ne voyons pas 36 solutions. Pour afficher son mécontentement et déstabiliser efficacement l'appareil gouvernemental, seule la grève totale est, pour nous, à envisager. On était 400 ! C'est bien plus qu'il n'en faut pour obliger l'arrêt de toute recherche dans l'enceinte du CNRS. D'aucuns vous diront que c'est antidémocratique, d'autres que ce sont des méthodes d'extrémistes. Hormis le fait que ce sont des arguments fallacieux, il n'empêche que le blocage complet est la seule solution qui, non seulement peut nous dégager du temps pour réfléchir aux actions futures, mais peut également tourner les regards vers nous et faire naitre un début de réflexion populaire quant à la recherche et la place qui doit lui être accordée dans la société. Enfin, comme pour tous les grands mouvements sociaux, ne soyons pas corporatistes, et c'est par la convergence des luttes (cheminots, fonction publique, universités, lycéens, etc.) que les grandes avancées s'acquièrent. On ne peut pas converger vers grand chose par une simple et frileuse grève administrative…
Pour changer la société, il faut arrêter de se complaire dans celle que l'on critique, et agir. Selon nous, une absence d'action est un accord tacite.
Cordialement,
Des thésards Grenoblois
à caro
De mobydick
en migration | 08H37 | 20/06/2008 |
a toulouse, il y avait 600 personnes hier devant (et dedans) la délégation régionale, qui visiblement était entièrement acquise à la cause de la manifestation. oui, la mobilisation massive est nécessaire - et à tous les niveaux : non seulement dans la rue mais aussi sur la rue89 et équivalent. (mais je ne suis pas complètement sur qu'il faille arrêter la recherche complètement).
c'est sur que l'anr a ses défauts - elle sert au gouvernement de monnaie de singe pour acheter certaines équipes et en dézinguer d'autres, avec pour seul but de monter les uns contre les autres et tirer les marrons du feu (démanteler le cnrs) une fois que la désorganisation est à son comble.
mais l'anr a aussi du bon - elle sert en particulier à pallier à l'incapacité de certains labos à décider et mettre en place une politique scientifique ambitieuse et volontariste, ce qui n'est pas si rare que ca. oui - le cnrs a besoin d'une réforme : et en particulier une réforme du fonctionnement des labos - en encourageant les petites équipes fonctionnelles et dynamiques au détriment des poids lourds inertes et apathiques. mais la réforme en cours, par sa dérive utilitariste et mercantile, n'a rien à voir avec la réforme que les chercheurs (et doctorants) eux mêmes souhaitent.
à mobydick
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 10H10 | 20/06/2008 |
Voir le témoignage du « jeune chercheur » de 40 ans convoqué devant l'ANR pour défendre son projet :
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php ? article1900
Tous les projets présentés depuis le matin coordonnaient des recherches construites par plusieurs chercheurs, dans plusieurs laboratoires, sur plusieurs sites. Les « jeunes chercheurs » avaient tous souligné que l'intérêt du financement reçu était de permettre un fonctionnement en équipes horizontales et coopératives : il n'y avait pas de chef dans leur équipe, ils ne souhaitaient ni devenir des chefs, ni avoir des chefs. Les cadres de l'ANR n'étaient pas là pour entendre notre modèle de fonctionnement, nos recherches, nos avancées, mais bien pour imposer leur modèle de fonctionnement mandarinal et hiérarchique, leur conception du champ scientifique où les arrangements institutionnels comptent davantage que la production de savoirs nouveaux.
De Schtroumpf perplexe
physicien | 08H38 | 20/06/2008 |
Je vois dans ce forum beaucoup de messages sur l'indépendance des chercheurs au CNRS et l'utilité de la recherche française.
Le dispositif actuel de recherche a été créé après guerre, du temps de de Gaulle, je crois.
Il y a eu la création du CNRS, dont un des principes fondamentaux est celui d'une liberté de recherche très grande, puisque les thématiques sont gérées par les scientifiques eux-mêmes (compte tenu de l'actualité scientifiques, des opportunités, des contraintes budgétaires et de main d'ouvre etc.)
Ce que j'en vois aujourd'hui, dans ma discipline (la physique), c'est que cette gestion est à la fois collective et individuelle : pour de grands projets, les scientifiques se rassemblent par centaines (et avec des centaines d'autres à travers le monde). A coté, existent de très nombreux petits projets, qui parfois ne réunissent que deux ou trois chercheurs.
Puisqu'il est à la mode d'évaluer les projets en taux de publications, je crois pouvoir dire que les grands projets comme les petits sont, au CNRS, sont « productifs ». Les prix Nobels de ces dernières années sont les fruits de projets de toutes tailles.
RECHERCHE FONDAMENTALE/APPLIQUEE :
En principe, les recherches au CNRS sont/étaient décidées aux CNRS, à divers niveaux de la hiérarchie. Celles-ci peuvent être appliquées ou fondamentales (la distinction est parfois subtile), ce n'était pas, à ce que je sache, jusqu'à présent un critère discriminant.
Il est important de savoir que le CNRS n'est pas le seul grand institut de recherche en France. Après guerre ont été également crées de grands instituts, très prestigieux, dont le but est précisement une « recherche finalisée », complémentaire de celle menée au CNRS. L'INRA pour l'agro-alimentaire, l'INRIA pour les mathématiques appliquées (simulation numériques, méthodes de caclul etc), le CEA pour l'énergie atomique civile et militaire, l'INSERM pour la recherche médicale. Il existe d'autres instituts que je connais moins bien (étude des transports, etc.)
Oui, la recherche appliquée en France existe, et le CNRS ne l'entrave nullement. Au contraire, il la soutient puisque de nombreux chercheurs du CNRS travaillent dans des laboratoires de ces instituts.
De pegaze
ingé | 09H31 | 20/06/2008 |
les activités du CNRS, des universités et des instituts de recherche sont même souvent tellement imbriquées qu'il est difficile de les distinguer, ce qui rend les véléités de découpe des structures de recherche publique du gouvernement peu réalistes et souvent inapplicables
De Pierrrrre
15H32 | 20/06/2008 |
Lorsque les chercheurs en France accepterons de perdre leur statut etatique et fonctionnarisé,
et accepterons d'être payés pour ce qu'ils trouvent, et non pas uniquement pour leurs diplômes à vie obtenus, ils feront un grand pas.
Un regard vers la recherche anglo américaine et sur l'attirance qu'elle exerce sur les meilleurs de nos chercheurs serait riche en enseignement.
en France, « des chercheurs qui cherchent on en trouve,
mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche ».
Et quand on les trouve, ils se dépèchent de traverser l'Atlantique, où les moyens et salaires offerts sont adaptés à leurs besoins et à leur niveau,
mais où des objectifs sont définis,
et non pas une grille d'évolution uniquement calquée sur le point d'indice de la fonction publique, avec incitation au mandarina vain et cocoriconesque.
De brigadoon
ouf!!! | 11H17 | 20/06/2008 |
Il me semble que dire qu'il faut défendre le CNRS et la recherche fondamentale pour défendre le CNRS est en soi stupide.
Effectivement, je le dis tout de suite j'adhère à l'existence d'un CNRS indépendant et pratiquant de la recherche fondamentale et appliquée et pour les universités aussi. Ceci dit, je n'approuve pas la façon dont le CNRS est un refuge de mandarins qui se cooptent les uns les autres avec la complicité des profs de facs qui sont dans les juris d'attribution de crédit pour les projets scientifiques et favorisent les copains, qui sont dans les juris de recrutement, dans les juris de revues pour les publications. Je n'approuve pas quand le cnrs est une planque pour des enseignants chercheurs qui s'y font détacher un an sans projet « interessant » (Quid de l'intérêt ? ) pour ne pas enseigner et ne font rien avancer dans leur discipline, je n'approuve pas quand je vois des tas d'IR et IE qui ne publient pas, voire ne font pas de recherche et sont payés à lire le journal, etc.
C'est bien beau de critiquer la LRU et le démantellement du CNRS, j'approuve ces résistances mais encore faut-il critiquer la façon dont ses organismes tel que cnrs, inra, inserm, ined, etc., ont été géré et parfois détournés de leur mission durant des années pour créer et maintenir des bourgeoisies scientifiques, des élus, et là certainement on ne trouvera pas des gens vertueux pour qui le bien public et la recherche sont aussi fondamentaux que leurs travaux, de même que le changement de composition des commissions de spécialistes dans les facs nous pendait au nez au vu des enjeux et des jeux de pouvoirs et d'influence qu'elles représentaient. En plus je ne crois pas que les enseignants chercheurs et les chercheurs soient forcément les mieux placés pour définir qui doit travailler avec qui (surtout dans un service public car il ne s'agit pas d'aimer ou non qui on recrute on ne voit pas ça dans le secondaire par exemple or l'affectif est partout ici cf : « pourquoi je démissionne… » http://www.liens-socio.org/ du 10/10/07) qui faut-il recruter ou non et sur quels critères, etc.
Les laboratoires fonctionnent bien souvent comme des lieux d'influences, des fiefs avec un mandarinat fort voire des familles « recomposées » et des luttes d'intérêts et c'est pareil en fac. Alors je veux bien hurler contre le démantellement du CNRS mais avec qui ? Des gens qui sont incapables de se remettre en question et penser enfin le bien public ? Des gens incapables de se mobiliser et démissionner de leurs fonctions de directeur de labo ou de leur responsabilités dans lesdépartement d'université massivement quand les circonstances l'exigent ? Des gens profs mcf et chercheurs incapables de descendre massivement avec les étudiants dans la rue quand c'est nécessaire comme de janvier à avril durant les grèves mais pire qui vont stigmatiser les étudiants et les pousser à entrer dans le rang et les sanctionner en maintenant les examens… Il me semble que les enseignants chercheurs sont bien planqués derrière leur statut (et leur bureau) et que la guerre pour le maintien du CNRS est plus celle de lutte politique d'influence pour savoir qui du gouvernement et des gros industriels ou des mandarins aura le pouvoir. C'est la fronde des vassaux contre les suzerains ! mais Quid du bien public, la question des OGM, des nanotechnologies, des nouvelles économies, de l'immigration, des maladies orphelines,etc ? Quid des universités dont les enseignants chercheurs produisent énormément en plus des cours et dont la plupart travaillent déjà au sein de labo cnrs ? Quid du statut et de la rémunération des enseigants chercheurs et des doctorants ? Les chercheurs et enseignant chercheurs sont responsables et complices en grande partie des politiques de Sarkozy pour avoir en leur temps laisser faire tout et n'importe quoi sans honneur et sans conscience public. J'exagère un peu, certains se démarquent de ses pratiques, mais ils sont peu nombreux et souvent sur la sellette comme C. Velot qui a eu le tort de dire haut et fort ce qui heurtait sa conscience et ses connaissances scientifiques et qui doit passer en tribunal, alors on verra si les enseignants chercheurs et mandarins se mobiliseront avec lui devant le palais de justice. http://sciencescitoyennes.org/spip.php ? article1638
Pour les autres chercheurs, en tant que chercheur moi même je ne vois la plupart du temps que de l'égoisme et de l'intérêt personnel, des vues à court terme et des petits privilèges auquels il ne faut pas toucher… Que ces gens là fassent des découvertes ? Encore heureux, ils sont payés pour ça et s'ils ne faisaient vraiment rien, ils s'emmerderaient ! Encore heureux qu'il existe aussi des gens passionnés, responsables et ayant une vraie conscience citoyenne, mais il n'y en a pas beaucoup ! Les labos sont des lieux de rumeurs, d'intrigues, de conspiration et parfois de découverte
Vous connaissez tous j'en suis certain la citation du fameux chercheur concernant la rigidité et l'obscurantisme des paradigmes établis « la science avance par les erreurs de la science » et dans un cadre paradigmatique singulier parfois c'est difficile, alors questionnons le paradigme et faisons une vrai mise à plat, de vrais états généraux de la recherche et de l'enseignement sup mais qui va donner le LA ? Les mêmes qui usent et abusent de leur pouvoir ? Ils ont déjà des solutions de replis ceux-là, toujours prêt à collaborer !
à brigadoon
De Schtroumpf perplexe
physicien | 19H32 | 20/06/2008 |
Vous faites une description d'un système bloqué par le mandarinat : « chercheurs planqués derrière leurs statuts », « vasseaux contre suzerains », « lieux de rumeurs, d'intrigues, conspiration ».
Mon expérience, en sciences de l'univers, est beaucoup moins négative que la vôtre. Il y a évidement des intrigues, comme dans toutes les entreprises, et des chercheurs très influents. Mais je n'y vois pas de blocage mandarinal comme celui que vous décrivez.
Puis-je vous demander dans quelle branche vous travaillez ? Est-ce la biologie ? (je suppose cela parce que vous citez C. Velot, mais c'est un indice un peu léger).
à Schtroumpf perplexe
De Schtroumpf perplexe
physicien | 19H53 | 20/06/2008 |
Pourquoi viens-je d'avoir un vote « naze » : je posais une question, c'est interdit ?
La situation de la biologie au CNRS est particulièrement critique dans le plan du Ministère qui a été refusé par les chercheurs hier. Cela peut mériter qu'on souligne l'intérêt d'un témoignage.
De pegaze
ingé | 19H47 | 20/06/2008 |
combien de métiers sur la planète permettent de n » être présent sur son lieu de travail, et de fournir un travail quantifiable qu'une seule journée par semaine ? la recherche publique peut bien rejeter les critiques, je ne pense pas qu'il y ait encore beaucoup de dupes ^^
à pegaze
De Schtroumpf perplexe
physicien | 22H04 | 20/06/2008 |
jaloux !
à pegaze
De Schtroumpf perplexe
physicien | 22H20 | 20/06/2008 |
En refléchissant bien, je trouve : écrivain (métier hasardeux, risqué), prêtre (emploi garanti et sûr), membre d'un grand conseil d'administration (les jetons de présence payent mieux que la recherche scientifique).
En recherche, si on est théoricien on peut travailler chez soi, mais il faut aussi s'occuper de la vie du labo, trouver de quoi payer les visites dans des labos associés, participer aux séminaires, discuter avec les collègues (avec un café, devant un grand tableau, comme dans les films).
En sciences expérimentales, il est difficile de travailler chez soi : on ne monte pas les expriences dans son salon. C'est pire en bio : si un biologiste ne s'arrange pas pour nourrir son expérience chaque jour, elle meurt. Du coups, ceux-ci se rendent régulièrement sur leur lieu de travail, pour donner à manger, le samedi, le dimanche etc.
Comme vous ne le voyez peut-être pas, les situations sont très diverses. C'est toujours comme ça en recherche : rien n'est standard.
à pegaze
De brigadoon
ouf!!! | 08H41 | 21/06/2008 |
ça ce n'est pas un argument. Pour ce que sont payer les gens dans la recherche et le supérieur (après 10 ans et plus d'études 1600 euros nets en début de carrière ! ! ! ) je crois qu'ils en font assez ! Les chercheurs sont des penseurs et des concepteurs. Ils peuvent être sur des terrains (en sciences humaines, geographie, hydrologie,bilogie, etc.), ils peuvent travailler au labo et participer aux programmes collectifs, ils peuvent avoir envie de travailler chez eux pour ne pas être dérangés par d'autres, etc. La pensée ne prend pas la forme de la production industrielle, elle se manifeste et se renouvelle de façon parfois « baroque ». Effectivement bien d'autres statuts permettent de gagner de l'argent sans aller bosser, allez voir les politiques et les militaires vous allez rire. Seuls les travaux et la vie du labo permettent de mesurer l'activité des chercheurs qui d'ailleurs font des rapports d'activité et ce n'est pas si mal. Par contre c'est vrai que je suis pour un grand bol d'air dans nos institutions en général (Grandes écoles, facs, parlement, haute fonction publique…), et le cnrs en particulier. Il me semble que pour les doctorants qui font des thèses brillantes (ou non)et pour ceux qui souhaitent effectuer une carrière honnête, les règles du jeu sont brouillées… C'est un peu la jungle. Pour produire il faut réfléchir et peut être aussi avoir des moyens financiers, des lieux de publications ouverts, des débats entre collègues, etc. Or pour tout ces éléments il existe un certain nombre de barrières : manque de financement, cumul des crédits par certains labo et peu pour d'autres, barrage et surbooking des comités de lecture, recrutements de nazes aigris et pistonnés…
Ce qui me gêne en fait c'est que tout est fait pour ne pas être libre de penser au CNRS et pourtant incroyable, il y en a qui pensent et bien en plus ! ! ! ! Je crois qu'on peut améliorer les choses et chasser les papis qui jouent les seigneurs et emmerdent ou bloquent les autres. Quand au gouvernement, a Sarko et a ses sbires de dirigeants de la recherche, de toute évidence ils n'ont jamais eu un soupçon de pensée… Les neurologues devraient leur raccorder les neurones ! Aujourd'hui il ne s'agit plus de valider des ambitions seulement personnelles mais aussi agir avec éthique pour des collectifs vu la crise qui va s'amplifier ! ! !
De pietro
Retraité Cadre-VRP | 16H33 | 21/06/2008 |
Pour le commun des mortels que je suis,ignorant presque tout du contenu d'un tel sujet et qui plus est, n'a jamais rencontré un Chercheur « en chaire et en os “ je suis extrêmement surpris des positions prisent par une partie de ces Personnels de la fonction Publique, résolument hostiles à tout droit de regard de l'Etat sur les travaux et résultats de la Recherche Nationale, financée par le Contribuable-Citoyen ! SURPRIS et Choqué
…alors qu'un effort de financement, sans précédent,vient d'aboutir et d'être pérennisé pour les années à venir !
à pietro
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 21H01 | 23/06/2008 |
L'Etat a toujours disposé d'un « droit de regard » sur la recherche, comment croyez-vous que les chercheurs sont financés ?
Le débat porte sur le mode de fonctionnement de ce « droit de regard », pas sur le fait qu'il faut bien que quelqu'un évalue les travaux de recherche ; c'est d'ailleurs là précisément l'objectif des revues scientifiques, que d'évaluer ces travaux de recherche, à l'aune de critères scientifiques, et non de critères idéologiques.
De pietro
Retraité Cadre-VRP | 08H20 | 22/06/2008 |
SURPRIS ET CHOQUé ;
Pourrions nous parler, un peu de ces Fonctionnaires qui exercent leur Profession sous statut d'Etat ? Combien sont-ils ? Quelles sont les grandes lignes de Recherches dans notre Pays ? Quel est le nombre de Laboratoire Public, d'Université, de Centre de Recherches qui comptent ? EN UN MOT, COMMENT CELA FONCTIONNE, avec quelle hiérarchie ? QUI SONT LES GRANDS PATRONS qui pilotent cette partie essentielle pour le Pays ? Voulez-vous éclairez, quelque-peu, les Citoyens « lambda » qui participent financièrement, et se sentent maintenus (volontairement ou pas) dans une quasi-ignorance ? Cela nous permettrait de suivre et, d'essayer, de comprendre ce qui ce passe ; en l'espèce, cela ressemble à une opposition (une de plus) de principe vis a vis du Gouvernemen !
à pietro
De Schtroumpf perplexe
physicien | 12H14 | 22/06/2008 |
Je vais essayer de vous décrire le système associé au travail des chercheurs du CNRS.
FONCTIONNAIRES
La recherche est un procédé à long terme(10-20 ans), et pas nécessairement destiné à la production des biens. Ce n'est pas une activité commerciale, elle ne peut donc être financée, si ce n'est pour certains programmes très ciblés, par le monde économique.
Pendant longtemps, les agents du CNRS (chercheurs, ingénieurs, administratifs, techniciens) travaillaient pour la fonction publique, sous contrat. Mais la droite a plusieurs fois tenté de démanteler ou de réduire des parties du CNRS (y compris dans les années 1970). Pour le défendre, Mitterand a fait transformer ces personnels en fonctionnaires, avec l'idée suivante : avec des fonctionnaires, en cas de démantelement du CNRS, il faudrait garder les chercheurs (ne pas les licencier, car on ne licencie pas des fonctionnaires « en masse »), et cela visait à protéger la recherche français des « fluctuations » politiques.
Il faut savoir que si la durée de vie d'un gouvernement est de l'ordre de 5 ans, la durée d'un programme de recherche est souvent le double ou plus (dans mon domaine, l'exploration spatiale, un satellite scientifique fonctionne très souvent plus de 10 ans, et a nécessité presqu'autant de temps pour sa conception.)
Donc il faut pour mener à bien un grand programme ambitieux, pouvoir se permettre une continuité de l'ordre de 20 ans, ce qui n'est pas rien dans la durtée d'une carrière. On ne peut pas commencer un programme ambitieux avec un contrat précaire de 4 ans.
Voila, à mon sens, la raison pricipale de notre statut de fonctionnaires.
RECRUTEMENT
La fonctionnarisation des chercheurs nous a peut être donné trop de stabilité (c'est le sentiment des libéraux français), alors que par exemple, aux USA, les chercheurs n'acquièrent un emploi de ce genre que vers 40 ans.
La précarité aux USA est compensée par des salaires élevés et des crédits de recherche conséuqents (y compris pour le superflux, nous n'allons pas dans les mêmes hôtels), de manière à garder la profession attractive. J'ai eu un poste à 28 ans, avec un salaire d'un peu moins que la moitié de celui d'un chercheur sous contrat américain (mais en échange, j'avais la stabilité, ce qui m'a permis d'emprunter pour acheter un logement par exemple). Maintenant, en France, c'est plutôt 30-35. Evidement, le recul des promotions suit en France la même voie : en 1970 on passait directeur de recherches vers 40 ans, maintenant c'est au delà de 50 (je parle de ma discipline, car il y a des variations d'un secteur à l'autre. Par exemple, les carrières au CNRS en chimie sont plus rapides, car il y a la concurennce du privé -qui en chimie investit dans la recherche-).
D'un autre coté, puisque les recrutement engagent maintenant l'Etat pour longtemps, ils se font d'une manière plus rigoureuse que du temps d'avant la fonctionnarisation. Cela qui limite l'impact du mandarinat et c'est bien.
Il faut savoir que le mandarinat est contre productif en sciences : un mandarin favorise en général une filière assez étroite de recherches au détriment des autres, et peut forcer les chercheurs (qui sont alors ses subordonnés) à de mauvais choix scientifiques.
Je pourrais vous donner des exemples si vous me le demandez.
Le recrutement des chercheurs au CNRS se fait une fois par an, dans un concours national. Les jurys sont thématiques, assez grands pour représenter tous les « courants », tous les thèmes de recherche, les grands programmes et les différentes régions (la constitution d'un comité est un savant panachage afin de bien respecter ces équilibres). Ce sont des concours sur dossier : on examine ce que les candidats ont produit comme résultats nouveaux au cours de leur thèse et par la suite, et on essaie de mettre en adéquation les thématiques des candidats avec les priorités thématiques qui se dégagent (souvent liées aux grand projets ou au grands sujets lors de leur phase de préparation ou de développement.)
Les seules personnes aptes à choisir des chercheurs, sont d'autres chercheurs, des enseignants-chercheurs, ou des ingénieurs de recherche, et ces comités en sont constitués. Les membres sont pour moitié nommés, pour moitié élus (ce qui permet un renouvellement du jury plus efficace que les nominations. En effet, les nominés sont en général des personnes déjà connues, ce qui tent à rendre le système conservateur, donc anti-scientifique.)
Un industriel la dedans ne serait d'aucune utilité. C'est malheureux à dire, mais les industriels français sont passés au moule des grandes écoles qui les déconnecte totalement du monde de la recherche (même si celles-ci ont souvent des labos de recherche. ) C'est une curieuse (et regrettable) spécificité du système d'enseignement français, qu'on ne retrouve ni en Amérique, ni en Allemagne ou en Angleterre.
Les autres institutions (industrie, régions, agences spatiales, autres organismes etc. figurent dans d'autres conseils, plus axés sur une réflexion stratégique, sur des programmes spécifiques etc.)
LA HIERARCHIE
AU plus haut niveau (que je connais très mal), le CNRS est très hérachique. Mais il appuie ses décisions sur un grand nombre de Conseils dont de nombreux membres font partie des laboratoires. Ce fait est très important, car le but du CNRS est de produire des découvertes et des idées scientifiques nouvelles, et ces idées ne viennent que des labos. Avoir des idées scientifiques, dégager des tendances de fond dans l'évolution de la pensée scientifique, c'est totalement hors de portée des technocrates. (C'est dit sans méchanceté, ce n'est pas leur métier. Leur boulot à eux, c'est de structurer efficacement les services, de répartir les moyens financiers et les postes etc.)
Sur le plan administratif, il existe des délégations régionales, et en dessous les laboratoires. (Il y a eu une réforme du CNRS du temps de Chirac, une vraie usine à gaz, très contestée, qui a été annulé par Sarko, qui en prépare une autre, jugée pire par les chercheurs).
Le CNRS se mèle assez peu de l'organisation interne des laboratoires. En gros, il a y un directeur (un scientifique), un ou des directeurs adjoints (des scientifiques) et un conseil de laboratoire (scientifiques, ingénieurs, techniciens, administratifs) qui discute avec le directeur de l'organisation interne, de la répartition du boulot, des demandes de postes, des bilans etc.
L'EVALUATION
Tous les 4 ans, chaque laboratoire produit des rapports d'activité et un document de prospective (un par tutelle, donc un pour le CNRS, un pour l'université si il en dépend aussi, etc.) On appelle cela un rapport quadriennal. C'est un rapport assez complet, avec les aspects scientifiques, les publications, les brevets, l'insertion dans les projets nationaux ou internationaux, le positionnement du laboratoire dans son domaine d'activité. Il traite également des aspects administratifs, financiers, il présente un bilan social (notament pour évaluer les besoins futurs en recrutement), etc. Les moyens octroyés aux labos pour les 4 prochaines années à venir se font en grande partie sur la base de ce document.
Au début de la présidence Chirac, le CNRS évaluait ses laboratoires (sur la base du document ci-dessus, d'un audit (qu'on appelle comité d'évaluation)) Depuis Chirac, cette évaluation est due à une agence « indépendante », c'est à dire constituée de personne désignées par le Ministère. Cette agence s'appelle l'AERES. Les critères d'évaluation ont changé depuis l'AERES. Dans le rapport quadriennal de l'AERES, le bilan scientifique doit être très court (60 pages maximum, pour les plus gros labos), peu détaillé, alors qu'avant, celui-ci était assez étoffé. Cela nous préoccupe pas mal, car la production scientifique, c'est quand même le but de notre activité. Pour l'évaluer, il semblerait que compter les publications d'articles (ce qui se faisait déjà avant) et quelques chiffres de ce genre suffise de mieux en mieux.
EVALUATION INDIVIDUELLE
Les chercheurs fournissent au CNRS un rapport d'activité annuel. En fait, le truc important, c'est l'évaluation qui est faite lorsqu'on publie nos résultats dans les revues spécialisées (elle est faite par des confrères de la même spécialité, les seuls qui puissent vraiment trouver ce qui cloche.)
Evidement, nous mentionnons nos publications dans nos rapports, mais aussi nos « domaines d'activité scienfiques », les projets en cours (donc pas publiés), les autres activités (participation aux conseil, direction de labo, de service, de thèse etc.), les activités de conseil (pour l'industrie par exemple), les activités d'enseignement, la vulgarisation.
LES GRANDS PATRONS
Ce qui est important dans la recherche, c'est précisément de ne pas en avoir. C'est cela que la droite ne comprend pas. Les grand patrons sont parfois d'ancien très bon chercheurs, mais à partir du moment ou il deviennent des grands patrons, ils perdent le fil des découvertes. Dans une entreprise traditionnelle, les idées viennent de la hiérarchie, et le travail est fait par les subalternes. Dans la recheche, les idées et la travail viennent des subalternes, c'est à dire les gens dans les laboratoires. Les chef doivent simplement organiser le tout pour que la marmite bouillone le mieux possible.
LES GRANDES LIGNES DE LA RECHERCHE DANS LE PAYS
La physique nucléaire, menée au CEA, pour l'énergie, les applications industrielles et la défense. La recheche médicale et pharmaceutique, menée a l'INSERM. La recheche agronomique, menée à l'INRA. Les mathématiques appliquées à l'informatique, menée à l'INRIA etc. Et la recherche sur tout le reste (biologie, physique, astronomie, histoire, économie, sociologie, mathématiques, informatique, sicneces de l'ingénieur, etc.), sans obligation d'applications, menée au CNRS : c'est là que des sujets émergent dans des domaines non prévus par l'Etat peuvent apparaitre. C'est par exemple au CNRS qu'a été inventée l'électronique de spin, qu'on retrouve dans tous
les disques durs actuels, et qui a valu le Prix Nobel à Mr Fert, qui au début, pensait faire une expérience en physique fondamentale, sans idée préconçue d'applications.
à Schtroumpf perplexe
De pietro
Retraité Cadre-VRP | 18H28 | 22/06/2008 |
Merci pour ces explications point par point sur un sujet que je ne connaissais pas.
Je vais essayer de relire le projet du gouvernement
sous cet éclairage.
De olh
15H32 | 25/06/2008 |
Un appel est lancé sur le site de SLR
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php ? article1990
« Cet appel peut être signé aussi bien par les personnes travaillant dans la
recherche et l'enseignement supérieur, que par celles qui, nombreuses, nous
ont envoyé des messages de soutien et souhaitent marquer par leur signature
leur engagement aux côtés des personnels. Merci également de le relayer le
plus largement possible. »