Les chercheurs et universitaires hostiles à la découpe du CNRS en instituts se sont regroupés devant le siège parisien de l'organisme et en ont bloqué la tenue du conseil d'administration. Catherine Bréchignac, présidente du centre national de recherche, va recevoir une délégation de chercheurs dans l'après-midi pour discuter le plan de réforme.
Depuis mercredi 11 juin circule une pétition, déjà signée par plus de deux cents médaillés du Centre national de la recherche scientifique, de l'INRA ou de l'INSERM, et rejoints par une centaine d'autres.
La fin des sciences sociales et de la biologie ?
Ils entendent protester contre les réformes portées par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, devant s'appliquer au CNRS :
« Nous, enseignants-chercheurs, chercheurs ou ingénieurs des universités ou des organismes de recherche, sommes fiers de faire de la recherche (…) Pourtant, nous sommes inquiets. »
Les points qui fâchent : la réorganisation du CNRS en « instituts nationaux » et par disciplines ; un nouveau système de financement, avec des budgets affectés par instituts ; une relance poussée des partenariats avec le privée.
Les manifestants craignaient que les responsables du CNRS ne votent un texte « qui, à terme, signifierait le démantèlement de cet organisme en instituts indépendants où il n'y aurait plus, ni sciences sociales et humaines ni biologie) ».
D'après le collectif Sauvons la recherche, « ce texte confirme que la direction du CNRS accepte la demande ministérielle de découper le centre en instituts nationaux, en laissant volontairement de côté certains secteurs ».
Depuis sa création en 1939, le CNRS accusé d'immobilisme et de gaspillage
Des spécialistes évoquent la question sur leurs blogs. Des positions sans équivoque. D'abord, petite piqûre de rappel dispensée par Damien Besson, étudiant en biologie à l'université d'Angers, sur la situation du centre de recherche :
« Le CNRS, c'est l'incarnation de la science française, l'interdisciplinarité, près d'un quart du budget de la recherche publique, 30 000 salariés, 1250 laboratoires, et l'organisme européen qui publie le plus. Depuis sa création (1939), les mêmes critiques se font entendre : immobilisme, gaspillage, incapacité à collaborer avec l'industrie. »
L'annonce de la division du CNRS en huit instituts fait craindre aux chercheurs la perte de leur indépendance face au politique. Valérie Pecresse, pour qui la modernisation est inévitable, cherche à rassurer :
« Le CNRS reste entier, il a le même périmètre, les personnels gardent le même statut, mais il doit être plus ouvert. »
La communauté des chercheurs demeure méfiante. Dans son blog, Stéphane Mazouffre, réagit en toute bonne foi :
« Au départ, l'idée est relativement bien accueillie par l'ensemble de la communauté scientifique française qui sent bien que le modèle sur lequel elle repose est mal adapté aux réalités du XXI siècle. [Mais] comme à son habitude, le gouvernement ne va prendre en compte aucune des recommandations et propositions faites par les experts mandatés et va piloter, sans donner d'explications, une réforme certes silencieuse, mais capitale pour l'avenir. »
Le blog L'Université, la recherche évoque l'existence d'un sigle curieux : NMP. Il s'agit du « nouveau management public », un « courant de réforme venu des pays anglo-saxons qui vise à gérer les services publics comme des entreprises sans que l'on se pose vraiment la question de la pertinence de la transposition de ces techniques du monde de l'entreprise à celui des laboratoires et des universités ».
En clair, toujours d'après ce site, « une pression est mise sur les chercheurs pour “rendre des comptes” (…). Aujourd'hui l'Etat veut un droit de regard sur la recherche parce qu'il la finance et parce qu'elle joue un rôle majeur dans l'économie. »
Le pilotage par les pouvoirs publics aura l'effet inverse de celui qu'il prétend obtenir
Sur Sauvons l'Université, on lit ainsi :
« Le pilotage de la recherche voulu par les pouvoirs publics et imposé aux scientifiques aura l'effet inverse de celui qu'il prétend obtenir. Ses contraintes et ses modalités de fonctionnement vont conduire la recherche scientifique à respecter des normes et des usages qui créent structurellement du conformisme scientifique et à terme la stérilisation de la créativité. »
Sur le blog qui héberge la pétition, Patrick Heuret, botaniste à l'INRA, apporte un témoignage lié à sa propre expérience :
« J'adhère particulièrement au fait que la recherche avance avant tout par coopération et non par compétition. Il est important de défendre ces valeurs et de ne pas céder à la peur d'être jugé négativement parce qu'on sort du moule ; c'est la diversité des caractères et des compétences qui est la richesse de notre métier (et des relation humaines en général). »
Pour autant, la contestation ne fait pas bloc. Hervé Le Crosnier, maître de conférences en informatique en est la preuve :
« Le regroupement en instituts verticaux et thématiques, proposé par le gouvernement, est peut-être une solution à ce qu'il faut bien admettre comme étant une situation dramatique pour la recherche. Situation qui ne date pas du gouvernement actuel, ni même du précédent, mais renvoie à la faiblesse constitutive de l'investissement de la France dans la recherche, en terme de budget comme en terme d'image publique et cela par delà les partis et tendances qui on pu gouverner depuis trente ans. »
Selon la direction du CNRS, un nouveau conseil d'administration devrait se tenir dans les vingt jours pour avaliser la réforme.



















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De Sylap
Citoyen | 12H57 | 19/06/2008 |
Faudrait juste dire aux gouvernants que « réforme » ne signifie pas :
morcellement
suppression
éclatement
pillage
destruction
… et autres joyeusetés.
à Sylap
De Beryl
13H28 | 19/06/2008 |
Sarkozy est un petit casseur. Ses réformes à lui sont autant de couacs inutiles. Sauf pour ratisser de la thune et combler sa dette d'Etat (dont les libations de Rachida Dati et ses rallonges-coktail du budget de sa représentation « ministerielle ».
Ce type est un accident national.
L'opposition est un cadavres qui attend la décomposition de celui de son frère ennemi en oligarchie.
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 12H58 | 19/06/2008 |
Report prévisible depuis l'annonce que Sauvons la Recherche, notamment, allait « occuper » les couloirs menant à la salle de réunion du Conseil d'Administration du CNRS (confirmation sur France Inter ce matin).
Reste à savoir si le CA va, sous la pression de la ministre, essayer de passer en force en juillet, tout comme Darcos l'a fait face aux profs…
Dans l'affirmative, on peut s'attendre à un exode massif des chercheurs sous d'autres horizons. Leurs travaux profiteront à d'autres.
La grande déglingue voulue par Sarkozy ne fait que commencer. Ce qui m'étonne dans tout ça, c'est que les syndicats (divisés sur la question de la représentativité) et nous-mêmes, simples citoyens, n'ayons pas encore trouvé la parade. Nous nous faisons « cueillir » les uns après les autres comme des bécasses.
A ce point de vue, le collectif Sauvons la Recherche n'est pas exempt de reproches -- depuis deux ans, il décline les offres d'aide et de renfort proposés de l'extérieur, préférant l'approche « corporatiste ».
Si chacun fait de même, nous sommes foutus, c'est couru d'avance, d'autant que nous entrons en période de vacances peu propice aux mobilisations.
Il nous faudrait quelque chose comme des Etats Généraux de la République défendant des cahiers de doléances, d'où qu'ils viennent. Mais est-ce réalisable si chacune des parties concernées (TV publique, profs, chercheurs, retraités en puissance, etc.) accepte le cadre de « négociations » imposé par le gouvernement ?
à Jaycib
De adaunis
Nul part....si adelyne me plaque...... | 13H39 | 19/06/2008 |
Je pense que vous avez, (tu viens) d'écrire le commentaire le plus intelligent et clair que j'ai lu sur ce site depuis…
Même Mathusalem ne s'en souvient pas !
Merci, très humblement de cet apport !
Tu as même eu l'intelligence de ne pas appeler à un « Grenelle » quelconque pour faire mode.
Encore merci, même si probablement je ne serais pas d'accord sur d'autres sujets !
à Jaycib
De ART MONIKA
15H38 | 19/06/2008 |
Une critique en nuance est nécessaire !
« Nous nous faisons “cueillir” les uns après les autres comme des bécasses » dit avec raison jaycib. La réforme du CNRS était depuis longtemps préparée en amont par la création de l'ANR, dispensant les moyens à sa guise, l'AERES évaluant les enseignements et les laboratoires à sa guise, et la LRU donnant des pouvoirs accrus aux présidents d'Université et préparant des lendemains qui déchantent. Le dispositif étant en place, il n'y a plus qu'à le ratifier. Pécresse et Sarkozy vont s'y atteler avec d'autant plus de hargne que l'enjeu est de réduire le nombre de fonctionnaires et de soumettre la recherche au diktat du politique.
Cela dit, permettez à la chercheuse CNRS en psychologie que je suis d'être un peu agacée par l'argument « quelle horreur, on veut nous faire faire de la recherche appliquée, on veut que nous abandonnions la recherche fondamentale ». Laissez-moi rire tristement. Depuis des années, un certain nombre de mes collègues ont fait des brillantes carrières en produisant paraît-il des recherches « fondamentales » du type : prouver qu'on lit plus vite des mots fréquents que des mots rares, ou qu'on reconnaît mieux des visages familiers qu'inconnus… Ces grands chercheurs « fondamentalistes » prennent des modèles, élaborent des hypothèses (qu'ils appellent des « prédictions »), fabriquent des paradigmes et vont tester des patients atteints de diverses pathologies pour « valider leurs prédictions ». Des patients, ils n'en ont cure, alors « l'application » ne leur en parlez pas. C'est comme la « clinique », mais quelle horreur !
Alors, que le CNRS balaie aussi un peu devant sa porte tout seul et cesse de se congratuler. Car l'autre avec son Karcher va tout ratiboiser.
à ART MONIKA
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 22H19 | 19/06/2008 |
Agacée, pourquoi pas ?
Il n'en demeure pas moins que l'argument visant à défendre la recherche fondamental est… fondamental (sic).
Difficile de prévoir les effets de cette recherche-là, qu'ils soient économiques ou culturels. Je viens de lire un résumé des positions de Heisenberg dans La nature dans la physique contemporaine . Il semblerait qu'il considère que toute « révolution scientifique » (dont la mécanique quantique) procède d'un changement de rapport au monde.
Une telle révolution, dit-il, est « symptôme des changements de base de notre existence, changements qui se manifestent simultanément en beaucoup de points, que ce soit dans des modifications de notre genre de vie et de nos habitudes de pensée, ou dans des catastrophes extérieures, guerres ou révolutions ».
Cela pour dire que les savoirs sont liés ensemble. Qui aurait pu prévoir que de l'intérêt farfelu pour la formation des nuages d'un côté, et de l'intérêt ésotérique pour la topologie de l'autre, la célèbre théorie du chaos ferait l'objet de tant de thèses aujourd'hui ?
Allez, un triste exemple : qui aurait cru que le management, celui dont on veut nous imposer une « nouvelle » version (cf. à ce sujet l'article de Annie Vinockur - que vs avez sûrement déjà lu, mais je m'adresse à tou-te-s, sur la loi LRU et le « nouveau management public » http://regulation.revues.org/document.html ? id=1783),
se serait servi des mathématiques quantiques ?
http://www.rue89.com/2008/03/13/quand-le-management-fait-appel-aux-mathe…
Il s'agit surtout, pour l'Etat, d'exercer un droit de regard sur l'Université et les recherches en cours, alors que, comme le précisait la présidente de Harvard, l'enseignement & la recherche se nourrit de la liberté.
Pour la droite « décomplexée », c'est en plus couper l'herbe sous le pied à un soi-disant « repère de gauchistes » : la France applique le programme de la Commission trilatérale (rapport sur la crise de la démocratie de 1975) avec… 30 ans de retard.
à Jaycib
De tybert
mariée | 18H58 | 19/06/2008 |
Et surtout si chacun continue à manifester et à protester séparement dans son coin.On est déja agonisant mais là on est mort. A moins que le modéle thatcherien ne plaise finalement aux Français.. Allez savoir…..
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 12H59 | 19/06/2008 |
Le chercheur doit avoir la liberte de l'initiative, mais ne peut en demander le financement pas l'État que si sa recherche s'inscrit dans les objectifs que définit un consensus social. Aucune société n'a les moyens d'en faire plus et c'est à l'État de définir les priorités selon les voeux de la collectivité.
Cette procédure est nécessaire. Si elle ne donne pas les résultats souhaités, ce n'est pas la procédure qu'il faut contester, mais la façon dont s'en acquittent ceux qui sont chargés de l'appliquer
Pierre JC Allard
http://nouvellesociete.org/S55.html
De gsourima
13H52 | 19/06/2008 |
« Le chercheur doit avoir la liberte de l'initiative, mais ne peut en demander le financement pas l'État que si sa recherche s'inscrit dans les objectifs que définit un consensus social. »
Mon cher voisin, permettez-moi d'inscrire dans cette tambouille pixellique mon désaccord avec votre pensée. Les « objectifs que définit un consensus social » ne prenne pas (ou tellement peu) en compte la recherche fondamentale (dont les applications ne verront leur application que peut-être dans 50 ans), ni les sciences humaines et sociales, tant négligées.
Le « consensus social » a la vue bien trop courte malheureusement. Les projets qui obtiennent des financement actuellement (via l'ANR par exemple) sont ceux dont on sait qu'ils auront des applications concretes à court terme.
à gsourima
De mikolaj1971
16H09 | 19/06/2008 |
Bien dit…
« Le chercheur doit avoir la liberte de l'initiative, mais ne peut en demander le financement pas l'État que si sa recherche s'inscrit dans les objectifs que définit un consensus social. »
Un consensus social sur les travaux David Hilbert, ceux de David Ruelle ou de Pierre-Gilles de Gennes ?
Et puis quoi, encore ?
Il n'y a déjà pas de consensus au Vatican sur le Purgatoire ou l'homosexualité…
à mikolaj1971
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 20H51 | 20/06/2008 |
@ Mikolaj1971 : Nous allons inéluctablement vers une société plus démocratique où la population sera consultée sur une foule de décision qui aujourd'hui sont abamdonnées aux technocrates. Le « Plan général de recherche scientifique » doit être l'un de ces sujets de consultation, Pourquoi ne pas lire le lien et commenter sur le fond de la question ?
Pierre JC Allard
à gsourima
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 20H44 | 20/06/2008 |
@ gsourima : Chomsky a explique pouquoi il est impossible d'exprimer une pensée le moindrement intéresante dans un clip de 20 secondes. On ne peut pas non plus le faire dnas les quelques lignes auxquelles la bienséance impose de limiter une intervention sur un blogue.
C'est pour ça qu'on renvoie par un lien à une texe plus long et plus instructif quand on croit qu'un sujet mérite d'être commenté. Je vous invite à lire le texte auquel pointe le lien que j'ai mis et, si vous estimez qu'il vaut qu'on en discute, je répondrai avec plaisir à toutes vos objections.
Pierre JC Allard
à pierrejcallard
De YAJ
enseignante retraitée, non remplacé... | 13H54 | 19/06/2008 |
Qu'appelez-vous « la collectivité » ? Est-ce celle formée par les sarkozistes bien « briefée » par le Président ? Si oui on va à la casse car ils ne comprennent rien à la Recherche.
Le CNRS on veut le supprimer comme tout ce qui est issu du conseil national de la Résistance.
à YAJ
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 20H59 | 20/06/2008 |
@ YAJ : La collectivité, c'est l'ensemble des Français adultes se prononçant sur un « Plan général de recherche scientifique » qui leur est annuellement proposé. En plus du lien indiqué à mon premier commentaire, vous pouvez mieux comprendre le process en voyant par analogie, au lien ci-dessous, comment serait traité le budget de la santé.
http://nouvellesociete.org/S22.html
Pierre JC Allard
De mobydick
en migration | 13H11 | 19/06/2008 |
l'avis de herve le crosnier - maitre de conférences - est sans doute utile.
celui d'albert fert - prix nobel de physique - ne l'est pas moins :
http://www.lesechos.fr/info/analyses/4713375.htm
il insiste notamment sur le fait que « C'est à la communauté scientifique, de par son expertise, de définir sa politique scientifique en tenant compte des priorités gouvernementales » - et non au gouvernement d'imposer son programme.
il detaille en particulier les dangers qu'il y a a vouloir copier à la va-vite le systeme anglosaxon sans se donner les moyens de le faire.
peut on dire, sur la foi d'un simple avis, que la contestation ne fait pas bloc qd une forte mobilisation a lieu partout en france contre la reforme ?
à mobydick
De helios33
13H23 | 19/06/2008 |
En fait il peut y avoir les deux, une partie de la politique scientifique définie par la communauté scientifique, et une autre par le gouvernement. La politique gaulliste était comme ça.
à helios33
De ragondine
ethnologue | 14H47 | 19/06/2008 |
Mais non la politique gaulliste n'était pas comme ça . Depuis sa création le CNRS le monde entier nous l'envie (demandez aux anglo-saxons dans quelles conditions ils travaillent ? : la précarité des contrats, la course aux publications pour griller les concurrents . Le vol même souvenez vous de l'affaire Gallo/ Montagner sur la découverte du virus du SIDA très courant comme procédé. Et même la multiplication des recherches bidons pour se procurer des financements.
Il faut réformer Certes mais pas détruire ce qui a fait l'excellence française : la recherche fondamentale au CNRS .
Laissez les chercheurs eux-mêmes collaborer avec l'industrie ils le font mais laissez aussi la recherche fondamentale prospérer c'est ça notre avenir. Pas de recherches fondamentales pas d'avancées scientifiques.
à ragondine
De helios33
15H06 | 19/06/2008 |
Du temps de De Gaulle et jusqu'à la fin du règne de Mitterand il y avait une très importante recherche liée à la Défense, qui allait même jusqu'à la recherche fondamentale, et cette recherche était évidemment pilotée par le gouvernement qui définissait précisément les objectifs. Il y avait bien sûr à coté de cela la recherche civile avec le CNRS. J'ai travaillé dans les deux.
à helios33
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 22H24 | 19/06/2008 |
Piloter et définir précisément les objectifs de la recherche fondamentale, voilà bien un objectif qu'aucun gouvernement au monde n'a la capacité d'atteindre.
Le complexe industrialo-militaire finance, aux USA, en très large partie la recherche fondamentale - mais ce n'est certes pas en s'incrustant chez les savants pour leur dire sur quoi doit porter leurs recherches.
Chez nous, on a décidé, avec la loi Pécresse, d'introduire des « personnalités extérieures » (du style PDG, pharmaciens, etc.) au CA des facs avec pouvoir de nomination des profs… ça s'appelle de l'incompétence pure et simple !
à mobydick
De Mathias Destal
(auteur)
Etudiant | 15H04 | 19/06/2008 |
Mobydick, les opinions divergentes existent. C'est pourquoi l'expression : « ne fait pas bloc ». Mais oui, il aurait peut-être fallu préciser que ces opinions sont rares et peu lisibles sur la toile, sans toutefois les occulter.
à Mathias Destal
De mobydick
en migration | 15H35 | 19/06/2008 |
les opinions divergentes existent ss aucun doute - mais dire que « pour autant, la contestation ne fait pas bloc » et présenter une opinion divergente pour 2 convergentes ne rétablit pas la proportion réelle de ces opinions divergentes par rapport aux opinions convergentes.
aujourd'hui comme rarement depuis TRES longtemps, il y a un consensus quasi général sur le coté absolument néfaste de la réforme en cours - dénoncée non seulement par les syndicats, mais aussi par les chercheurs (ce qui est plus rare) dont les plus prestigieux et - fait rarissime - par les instances elles-mêmes, par exemple les comités nationaux (qui généralement gardent un silence pudique dans ces situations).
c'est comme pour le réchauffement climatique : alors qu'il y a un consensus quasi général des scientifiques, faut il offrir sur un plateau une tribune médiatique à des pitres comme allègre ss pretexte du droit aux « opinions divergentes » ? le traitement médiatique se DOIT de respecter la proportion réelle des avis - c'est une question d'éthique.
à mobydick
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 09H47 | 20/06/2008 |
A titre d'info, le communiqué du PS :
Paris, jeudi 19 juin 2008
Communiqué d'Yves DURAND,
Secrétaire national à la Recherche et à l'Enseignement supérieur et d'Alain CLAEYS, Responsable national à la Recherche
Démantèlement du CNRS : l'excellence française en danger.
Depuis 2002, la part de la recherche dans le PIB a sensiblement chuté, plaçant la France en quatorzième position mondiale . Notre retard est
considérable en matière d'enseignement supérieur. À l'exception de la rénovation de quelques bâtiments universitaires, le budget 2008, en trompe l'œil, ne fait qu'accentuer le retard. Aucun emploi n'est créé
dans l'enseignement supérieur et dans la recherche d'ici 2012, aggravant ainsi la précarité des jeunes scientifiques et favorisant leur départ pour l'étranger, faute de perspectives et de reconnaissance.
Après le Pacte pour la recherche de 2006 qui confiait le financement des équipes et l'évaluation des laboratoires à l'ANR et l'AERES, entièrement nommées et donc placées sous la dépendance étroite du ministère, le vote de la LRU en 2007 à la hussarde et sans concertation, donnait au gouvernement la possibilité de franchir une nouvelle étape dans le démantèlement des organismes de recherche.
Le Parti socialiste considère que les difficultés de la recherche et de l'enseignement supérieur relèvent d'abord d'un problème de moyens. Il demande que les établissements, organismes de recherche et universités, disposent de possibilités humaines et financières pour
mener une véritable politique scientifique.
Il ne cesse de rappeler son attachement, aux principes d'une politique de la Recherche, fondée sur :
- le respect de l'autonomie du champ scientifique par rapport au pouvoir ;
- le rôle éminent de la recherche fondamentale pour avancer sur les
grands enjeux stratégiques sociétaux, sociaux et environnementaux ;
- les coopérations étroites entre universités et grandes écoles, ainsi que des partenariats plus équilibrés entre universités et organismes
de recherche au plan national et territorial.
Le Parti socialiste n'est pas opposé au concept « d'Institut national », mais il ne saurait accepter que celui-ci conduise à la transformation du CNRS en Instituts verticaux, dont, le potentiel
humain, les crédits, le directeur, voire les thèmes de recherche, seraient déterminés par le ministère. En cherchant à déstabiliser un opérateur majeur de recherche nationale et pluridisciplinaire, le
gouvernement place les laboratoires entre les mains du pouvoir politique.
Le Parti socialiste apporte son soutien aux scientifiques, aux organisations syndicales, aux associations et à toute la communauté scientifique mobilisée . Il souhaite l'ouverture d'un grand débat sur les enjeux de la recherche, respectant la place et le rôle des chercheurs dans la société, et la diversité de la recherche fondamentale. D'ailleurs l'annulation in extremis du conseil d'administration du CNRS confirme l'ampleur du malaise.
De babushconnexion
13H48 | 19/06/2008 |
Une tres bonne reforme, degraissons vite ce mauvais mammouth.
à babushconnexion
De Autre raleur
14H39 | 19/06/2008 |
Vous aurez du mal à nous faire croire que vous connaissez le sujet avec cette remarque !
à babushconnexion
De marie 75
3563
14H59 | 19/06/2008 |
ami de l'UMP, bjr !
Un pays sans recherche fondamentale est un pays qui meurt.
à marie 75
De babushconnexion
16H20 | 19/06/2008 |
un pays qui subventionne tout et n'importe quoi sans exigence de performance et de resultat (y compris a long terme) est un pays qui meurt.
à babushconnexion
De Autre raleur
20H21 | 19/06/2008 |
De quel pays parlez-vous ! ?
à babushconnexion
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 22H27 | 19/06/2008 |
Vous avez l'air d'en connaître un rayon, vous, sur la recherche en France ! « Subventionner tout & n'importe quoi » ? !
Commencez par lire la presse, dont R89, ça sera déjà pas mal :
entre 1999 et 2004, le nombre de doctorants a baissé en France de 6%, alors qu'il augmentait dans le même temps en moyenne de 20% en Europe. Comment expliquer cet écart ? Rien d'étonnant si l'on regarde de près comment sont traités les jeunes chercheurs de l'Hexagone.
Une précarisation accrue
Les quelques travaux ou rapports qui existent sur la question évoquent tous la précarisation des jeunes chercheurs : nombre limité de financements et complexité labyrinthique des bourses se conjuguent pour rendre les conditions matérielles des jeunes chercheurs particulièrement difficiles.
http://www.rue89.com/innovation/jeune-chercheur-en-france-un-statut-peu-…
De Mr. Useless
observateur désabusé | 14H00 | 19/06/2008 |
Comment voulez-vous que je trouve des alternatives au pétrole si je suis condamné à faire financer mes recherches par total ?
De marie 75 3563
14H26 | 19/06/2008 |
communiqué de sauvons la recherche :
Comme nous vous l'avons déjà annoncé, les derniers projets du gouvernement
nous ont conduits à appeler au blocage du Conseil d'Administration du CNRS,
qui devrait se tenir jeudi 19, ainsi qu'à des actions dans de nombreuses
villes. D'ores-et-déjà, nous pouvons percevoir une mobilisation croissante
partout en France, où de nombreuses Assemblées Générales se sont tenues et
ont eu une forte participation ; parallèlement, les visites de Valérie
Pécresse ont été perturbées, des motions ont été votées dans beaucoup
d'établissements, des centaines de médaillés du CNRS ont signé un texte
marquant leur forte inquiétude, et le Conseil Scientifique du CNRS a refusé
à deux reprises de voter le texte qui lui était présenté.
Jeudi, nous pouvons, nous devons faire reculer le gouvernement, en affichant
un
front uni pour une autre politique de recherche et d'enseignement supérieur,
qui nécessite le refus du projet actuel de réforme du CNRS.
Vous trouverez sur notre site plusieurs articles relatifs à cette mobilisation
importante, à laquelle nous espérons que vous contribuerez.
- Les actions menées le 19 (recopiées ci-dessous) :
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php ? article1972
- les motions votées dans les laboratoires, universités, sociétés savantes
etc. : http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php ? article1922
- des propositions d'actions pour contribuer à la mobilisation :
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php ? article1930
- l'affiche et la bande son de l'appel du 19 juin :
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php ? article1966
- les raisons de ces actions :
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php ? article1972
- voir aussi le site des médaillés :
http://medailles.recherche-enseignement-superieur.fr/
En comptant sur votre participation active !
---------------------------------------------
Liste des rendez-vous. La page à jour est ici :
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php ? article1972
- Paris : Rendez-vous à 8h30 pour bloquer le CA du CNRS, devant le siège du
CNRS 3 Rue Michel-Ange 75016 Paris M° Michel-Ange-Auteuil
- Bordeaux : Rassemblement à 8h30 devant la Délégation régionale Aquitaine
du CNRS, esplanade des Arts et Métiers (station tram Arts et Métiers,). A 11
heures, nous simulerons la mort du CNRS en nous allongeant dans tous les
couloirs et espaces de la délégation régionale, en présence de la presse.
Pour ce simulacre de « mort », nous proposons que tout un chacun vienne
habillé uniquement en deux couleurs, noir et blanc. Merci de votre soutien en
ce sens. Notre initiative se terminera vers 14h, suite à un « pique-nique de
lutte » devant la Délégation à partir de midi
- Lille : Manifestation départ 2 rue des canonniers (Lille, métro
Lille-Flandres), à partir de 8h30
- Lyon : Le 19 à Lyon SLR et l'intersyndicale ESR appellent à un
rassemblement le Jeudi 19 juin à 15h30 devant le Palais des Congrès au 50,
quai Charles de Gaulle, à l'occasion de la visite par Mme Pécresse du Salon
de l'Entreprenneur.
- Marseille : Jeudi matin à 7h30 blocage de l'ensemble du campus GLM,
départ en manif à 11h et AG des personnels devant la bibliothèque de
l'ALCAZAR où l'on rendra compte de ce qui s'est passé le matin à
Michel-Ange. Blocage symbolique du tramway pendant 10 minutes. Distribution de
5000 tracts à la population. A noter qu'un blocage spécifique du bâtiment
de la délégation régionale aura lieu mercredi matin. Forte participation
attendue pour les 2 blocages.
- Montpellier : Barrage filtrant sur le campus CNRS à partir de 8h puis
rassemblement et occupation de la délégation régionale à partir de 10h.
- Nantes : Rassemblement à 11h place du Commerce, puis de 12h à 14h
« pique-nique de l'appel du 19 juin », place Royale. Certains Nantais iront sur
Rennes devant la délégation régionale CNRS pour 10h30.
- Nice : Manifestation à la DR20 de Sophia-Antipolis jeudi à partir de 8h.
- Orléans : Rassemblement devant la délégation régionale du CNRS (3E avenue
de la Recherche scientifique) à 11 h 30 puis Place du Martroi pour une
opération « Recherche morte »
- Poitiers : Rendez vous à 12h30 pour une conférence de presse à la MSHS et
à 17h30 devant la Préfecture pour un grand rassemblement.
- Rennes : 10h30 : rassemblement devant la Direction Régionale du CNRS 12h
Pique-Nique place de la Mairie avec Pyramide de thèses, articles, preprints…
- Strasbourg : Manifestation à partir de 9h30 devant la délégation Alsace à
Cronenbourg avec RV à partir de 8h15 pour distribution de tracts, puis AG des
personnels à 10h30 sur le campus du CNRS
- Toulouse : Rendez-vous à la délégation régionale à 8h45 puis blocage à
partir de 9h00. Puis rassemblement place du Capitole à partir de 12h00 :
pique-nique, distribution de tracts pour sensibiliser l'opinion publique,
présentation de posters sur les réformes en cours dans l'enseignement
supérieur et la recherche. Action symbolique sur la mort du CNRS et de la
recherche fondamentale