Les Irlandais votant contre le traité de Lisbonne, reculant encore une fois la perspective d'une Europe plus sociale, plus juste, plus harmonieuse, plus prospère et plus démocratique : à qui la faute ? Et qui profite de la victoire du non ?
La faute à Sarkozy ?
La victoire du non irlandais n'est pourtant pas la défaite de Sarkozy, comme l'affirme la très opportuniste Ségolène Royal, lorsqu'elle argue que le président français récolte l'agacement qu'il provoque dans les capitales européennes. D'une part car les capitales européennes savent pertinemment que Lisbonne est d'abord et avant tout un travail allemand plutôt que français. Et puis, le traité de Lisbonne ayant été aussi soutenu par Royal, ne serait-ce pas plutôt une défaite collective ? Le non ne veut pas dire que Nicolas Sarkozy n'agace pas. Il agace clairement, en particulier sur l'Union de la Méditerranée ou lorsque son gouvernement propose l'harmonisation fiscale au sein de l'UE. Toujours est-il que le non irlandais aura des conséquences majeures sur la présidence française du Conseil. Par exemple, sur la relance de l'Europe de la Défense, il est probable que cette ambition de Paris soit mise en attente jusqu'à ce que les Irlandais ratifient le traité. En effet, vu les tensions que procure ce sujet chez les anti-Lisbonne irlandais, il est attendu que la France re-hiérarchise ses préférences pour la présidence. En attendant, l'Europe continuera à être défendue exclusivement par l'Otan. Est-ce vraiment la défaite de Sarkozy ? La faute au gouvernement irlandais ?
Naturellement, le gouvernement irlandais a une part de responsabilité majeure dans cette défaite. Tout d'abord, on peut noter que la campagne en faveur de Lisbonne a commencé effroyablement tard, alors que les nonistes ont affuté leurs lames dès l'automne dernier. De plus, ce gouvernement, dominé par le Fianna Fail, était usé par douze années au pouvoir et affaibli par des scandales (santé, corruption) ainsi que par la démission de son Premier ministre Bertie Ahern. Réitérant les erreurs de Nice I, le gouvernement irlandais a été incapable de projeter les bénéfices, pourtant évidents, de Lisbonne. En conséquence, le gouvernement s'est replié sur une position défensive, assommé par les coups de butoir des anti-Lisbonne. Ce gouvernement a aussi préféré utiliser la facilité de discréditer l'adversaire plutôt que de faire une vraie campagne d'argumentation et de contre-argumentation. Bref, il est tombé à pieds joints dans le piège à éléphant tendu par les nonistes.
Est-ce pour autant une victoire de gauche ?
Dans un pays qui ne connait pas de vraie division entre partis de gauche et de droite, affirmer, comme le fait le très prévisible Jean-Luc Mélenchon, que « le non irlandais est une victoire de la gauche » est une vaste blague. A moins de considérer l'interdiction de l'avortement et la défense du dumping fiscal comme des valeurs de gauche.
Demander, comme l'ont fait d'autres dirigeants socialistes, une Europe plus sociale, très bien, je vote pour. Mais, le traité de Lisbonne offrait justement la possibilité d'un monde meilleur via l'augmentation des pouvoirs du Parlement européen. Un traité, c'est d'abord et avant tout un outil. Un outil qui répartit les compétences entre les différentes institutions. Un outil qui ne peut faire de jure » une Europe plus sociale ». C'est aux politiques de faire une Europe plus sociale, s'ils sont une majorité à le penser, au Parlement européen. Plutôt que de tirer à vue, il serait peut-être plus opportun au Parti socialiste de préparer activement les élections européennes de l'année prochaine : quel programme et quels candidats ? La victoire des » poupées russes »
La victoire du non irlandais, c'est finalement la victoire d'une forme de rhétorique qui semble monopoliser les discussions sur internet. On pourrait la comparer aux poupées russes car un argument noniste fait toujours place à un autre argument noniste, sur un autre sujet, dès qu'il est taclé. En anglais, on appelle cela une » whataboutery », lorsque chaque participant d'un fil de discussion se met à balancer des » what about ? » pour changer de sujet.
Il faut, par exemple, aller voir les discussions sur les forums internet irlandais. La dynamique y est épuisante pour le défenseur de la construction européenne. Par exemple, un anti-Lisbonne va faire mousser une déclaration de la très gauchiste Christine Lagarde qui prônait, il y a peu, l'harmonisation fiscale au sein de l'Union européenne. Si l'on pointe que c'est le souhait de la France depuis Maastricht, tout gouvernement confondu, et que la France est ultra-isolée sur un sujet qui requiert l'unanimité des Etats membres, que c'est donc mission impossible pour Christine, on est renvoyé direct à un autre sujet : sur l'Otan (qui tue des enfants en Irak) ou sur l'immigration (qui crée des policiers noirs).
Force est de constater que cette rhétorique bat les partisans de la construction européenne à plate couture en les épuisant et en les forçant à une position défensive. On se demande par ailleurs comment les nonistes trouvent le temps de squatter ainsi les forums internet. Tant que les partisans d'un monde meilleur n'auront pas trouvé une parade à cette rhétorique, ils ne pourront pas gagner la bataille des cœurs et des esprits.




















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à Julianito-anticapitaliste
De ThomasLefebvre
Rapatrié | 18H42 | 17/06/2008 |
Expliquez moi la différence, de gauche/de droite, entre Fine Gael et Fianna Fail, les deux principaux partis de la République d'Irlande.
à ThomasLefebvre
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 21H31 | 18/06/2008 |
Hum !
Toujours pas de réponse.
Et à mon avis il a pris un billet d'avion pour Dublin.
à Claude PELLETIER
De léo solo
14H39 | 19/06/2008 |
Mon voisin prétend
qu'assis derrière
le divan d'où vous parlez,
il vous écoute.
De asozial
aus Berlin | 16H29 | 17/06/2008 |
« On se demande par ailleurs comment les nonistes trouvent le temps de squatter ainsi les forums internet »
sûrement parce que ce sont d'affreux parasites - des chômeurs professionnels, des fonctionnaires désoeuvrés ou des voleurs du précieux temps de travail de leurs entreprises - tout comme les riverains de Rue89 qui osent croire en cette démocratie si obsolète - comme si on avait besoin de débats contradictoires au CAC40…
merci de cet aveu de mépris typiquement ouiouiste - des fois que certains n'auraient pas encore compris entre qui et qui se joue l'Europe de demain…
Monsieur le donneur de leçons, si je voyais dans un traité soumis à référendum se profiler une Europe plus juste et plus sociale je voterai oui avec plaisir - mais il faudrait que ce soit lisible, pas que j'ai à l'extrapoler à partir de textes abscons qui a priori proposent le contraire.
De C. Creseveur
D'actualité | 16H29 | 17/06/2008 |
On commence à s'habituer à votre rhétorique, Thomas Lefèvre.
Pourtant lire que le non Irlandais « recule encore une fois la perspective d'une Europe plus sociale, plus juste, plus harmonieuse, plus prospère et plus démocratique » donne au mieux envie de rire, sinon envie de vous secouer pour vous rappeler à la réalité.
Si une Europe qui vient de prendre une directive autorisant les 60h de travail hebdo vous paraît sociale, juste et harmonieuse, c'est que vous devez à titre personnel avoir la garantie de ne jamais avoir à travailler autant. Peut-être n'avez vous pas d'obligations ? Pas de famille ? Pas d'amis ? Sans doute êtes nanti, exempt de problèmes de logement et de transport.
Enfin si une Europe qui passe outre les référendums dans le but d'imposer une idée unique vous paraît plus démocratique, c'est que vous devez avoir une conception de la démocratie légèrement décalée.
Le régime dans lequel quelqu'un décide pour tout le monde en faisant semblant de demander l'avis des gens aux urnes, est dit « bananier ».
Si votre doctorat vous laisse un peu de temps en plus de celui que vous prenez pour rédiger vos chroniques, je ne saurais que chaleureusement vous convier à découvrir un peu de l'histoire contemporaine de l'Afrique, ne serait ce que le cas de Robert Mugabe au Zimbabwe, en ce moment même.
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 17H07 | 17/06/2008 |
M. CRESEVEUR,
Votre argumentation est soignée mais vos deux arguments ne sont pas en béton.
1) Cette histoire des 60 et 65 heures de travail est une rumeur mensongère ; elle a été utilisée sciemment pour faire planer une menace sur nos conditions de travail. C'est une rumeur vicieuse car elle joue sur le fait que la compréhension du droit européen (comme tout droit publique) n'est pas une chose simple.
Si vous tenez à ne pas employer d'arguments fallacieux, lisez l'analyse bien claire qu'en fait un avocat :
http://www.maitre-eolas.fr/2008/06/12/988-l-europe-a-t-elle-impose-la-se…
Ceci dit, comment peut-on seulement imaginer que l'on puisse passer de 35 heures à 60 ou 65 ! C'est dingue.
2) Les Irlandais ont dit Non. C'est à l'Irlande d'apprécier ce que l'Irlande doit faire.
Elle pourrait se retirer de l'Union.
Et les 26 pays qui sont d'accord pour faire quelque chose ensemble, pourquoi les en empêcher ?
3) Votre comparaison bananière ne fonctionne pas me semble-t-il. En effet, les États membres ont adhéré librement et ne se sont pas engagés à la légère. Autant que je sache, aucun référendum, aucune session parlementaire n'ont voté le désengagement de l'Union. Ce qui veut dire que le bateau doit continuer à avancer.
Dès le départ, les institutions européennes ont fonctionné avec une double motorisation. Une partie démocratique (directe) avec le parlement européen dont les députés sont élus directement par les citoyens européens. Et une partie étatique, vu que ces États membres ont choisi de rester souverains et de lâcher leurs compétences nationales qu'au compte-gouttes. Cette double motorisation est un truc inédit … L'idée de renforcer le pôle démocratique en accroissant les pouvoirs et les compétences du parlement est une bonne chose. Mais cela ne se produira pas si on reste sur les traités précédents Nice et Maastritch.
à Claude PELLETIER
De C. Creseveur
D'actualité | 09H05 | 18/06/2008 |
Cette directive n'est malheureusement pas une rumeur. Son adoption a été annoncée sur France Info hier matin, et elle faisait l'objet d'une page entière dans le Parisien deux jours plus tôt.
Evidemment la stratégie de l'amoncellement permet toujours à ce genre de lois scélérates de passer le cap du vote en toute discrétion. Dois-je vous rappeler la mésaventure du « plombier polonais ». La loi n'a été retirée que longtemps après avoir été votée.
Thomas Lefevre a sans doute raison de penser qu'il est plus intelligent que tout le monde, et sans prétendre me hisser à sa hauteur, je me permettrai de vous faire remarquer à lui et à vous qu'il existe avant toute chose une règle de départ : toute modification constitutionnelle doit être adoptée à l'unanimité des Etats membres.
Là encore je me sens terriblement gêné de vous renvoyer en toute humilité vers le dictionnaire pour y consulter la définition du mot « unanime ».
A vous lire je comprends que vous avez fait vôtre la méthode Barroso qui consiste à culpabiliser outrageusement les responsables du vote défectueux : les Irlandais ont voté non, alors c'est à eux de trouver une solution ! Ou bien ils sont europhobes (et ingrats ! ) = qu'ils sortent de l'union !
Au demeurant non avons tous compris que l'obstination à faire ratifier malgré tout l'ensemble des Etats membres n'a pour seul objet que de renforcer l'effet rouleau compresseur : si tous les parlements adoptent le traité alors il sera assez commode d'incriminer le partenaire récalcitrant.
En gros, Mrs Pelletier et Lefevre, vous êtes du genre à dire à votre conjoint avec les enfants on part à la montagne. Si ça ne plaît pas, fallait pas te marier ! Et si ça ne te plaît vraiment pas, t'as qu'à divorcer !
Chapeau les gars !
Allez vous demander aux 55% de français qui ont voté non de quitter l'Europe ?
à C. Creseveur
De Duncan
10H32 | 18/06/2008 |
Vous avez mal interprété cette directive (qui existe) : lisez le lien sur le billet de maître Eolas qu'a donné Claude et vous verrez que cette directive a pour but de donner un cadre minimum à des pays qui n'en ont pas. De plus, elle empêche explicitement d'être utilisée pour régresser socialement. Je cite l'article 24 :
Sans préjudice du droit des États membres de développer, eu égard à l'évolution de la situation, des dispositions législatives, réglementaires et contractuelles différentes dans le domaine du temps de travail, pour autant que les exigences minimales prévues dans la présente directive soient respectées, la mise en oeuvre de la présente directive ne constitue pas une justification valable pour la régression du niveau général de protection des travailleurs.
Donc elle dit l'inverse de ce que vous pensez !
Sur la mésaventure du « plombier polonais » la loi n'était pas passée. C'était une proposition de loi issue de la commission Européenne. Mais la commission n'a pas le pouvoir de voter les lois. Elle les propose. Le texte est ensuite passé au parlement européen et au conseil des ministres, les 2 organes qui votent la loi et qui ont profondément remanié ce texte. Elle a donc suivie le chemin normal et les organes de contrôle et d'expression démocratique ont bien joué leur rôle.
J'ajouterai qu'il existe une directive 96/71/CE qui impose explicitement que les travailleurs détachés dans un pays respectent les lois sociales du pays où ils sont.
à Duncan
De C. Creseveur
D'actualité | 10H45 | 18/06/2008 |
L'argumentation était exactement la même pour la directive Bolkestein, dont l'objectif était également « d'assurer un cadre » comme vous dîtes.
Au demeurant « ne constitue pas une justification valable » ne signifie pas qu'elle interdise ou empêche concrètement cette régression. La rédaction de cet article 24 qui est extrêmement lourde pour ne pas dire confuse, me semble parfaitement adaptée pour être contournée à loisir.
Je n'ai rien contre votre « maître Eolas », mais ne partage pas du tout son analyse.
à C. Creseveur
De Duncan
11H35 | 18/06/2008 |
Attendez attendez j'ai du mal à vous suivre.
Premièrement sans faire du hors sujet sur la directive Bolkenstein à mon avis c'est exactement la démarche inverse. La directive Bolkenstein enlevait des contraintes donc les craintes de dumping même si je ne les partageais pas pouvaient être envisagées. Là il s'agit de rajouter des contraintes sur le temps de travail.
Maintenant replaçons dans le contexte. Il y a en Europe des pays qui ont des régles sociales forte comme la France ou les pays nordique et d'autres qui n'ont rien. Le but de cette directive est justement de doter les pays qui n'ont rien de normes.
Au passage la directive devait être plus contraignante mais le Royaume Uni a freiné des 4 fers.
Maintenant est ce qu'un pays comme la France peut aller au delà des 35h légale et aller par exemple à 48 h. La réponse est oui mais cette directive là ne peut servir d'excuse. genre c'est pas nous c'est l'Europe. Si le gouvernement français veut par exemple augmenter la durée légale il le peut (même si cette directive n'existait pas), il doit prendre ses responsabilités et ne pas se défausser sur l'Europe : c'est le choix du gouvernement et de personne d'autre.
Autrement dit pour les pays comme la France, la directive ne change rien.
Avec ou sans directive la durée légale peut varier selon la loi nationale.
Par contre pour les pays sans norme sociales c'est un réel progrès.
D'ailleurs avec les velléités de ce gouvernement de travailler plus pour travailler plus on pourrait presque ajouter que cette directive va nous même nous protéger.
à Duncan
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 13H26 | 18/06/2008 |
Duncan (et Creseveur),
Merci pour ces précisions et explications.
Quand Marie75, jouant son rôle d'agence virtuelle à l'intérieur du site, nous avait fait découvrir ce vote favorable à « la semaine de 65 heures » comme une menace sur notre durée légale, je m'étais dit qu'en France, un retour en arrière, un allongement de la durée légale était toujours du domaine du possible mais que passer de 35 à 60 ou 65 heures était forcément une énorme plaisanterie.
J'ai découvert ensuite des explications que les diffuseurs de cette rumeur s'étaient bien gardé de publier. C'est le site de Maître Éolas qui en donnait la clé, une lecture plaisante et pédagogique. Je ne pensais que cet argument fallacieux repointerait le bout de son nez…
Si l'on comprend bien que traditionnellement, l'Angleterre n'aime pas les contraintes formelles et qu'en pratique, des semaines de travail plus lourdes étaient possibles. Et qu'un progrès est réalisé en établissant une telle butée arrière.
Si l'on comprend qu'il s'agit de négociations, avec du donnant-donnant, et que rien n'obligerait à signer un accord qu'elle refuserait au nom de sa souveraineté. La souveraineté étant hors de contestation.
Et si l'on comprend que l'extension de telles mesures sociales est hors de propos. Pas question d'utiliser ce texte pour faire reculer le niveau social d'un pays. Enfin un gouvernement français d'extrême-droite pourrait rallonger la durée de travail en France de façon autonome pour des raisons propres et non pas pour satisfaire qui que ce soit en Europe.
…… on est sur la bonne voie.
Vous parliez avec Creseveur de Bolkenstein, et j'avoue que je n'ai pas compris le rapport. Il est vrai que j'ai un peu oublié de quoi il s'agit ……
à Duncan
De C. Creseveur
D'actualité | 13H32 | 18/06/2008 |
Je n'ai pas le sentiment que vous soyez naïf.
Au jour d'aujourd'hui notre gouvernement est en train de faire sauter toutes nos protections sociales.
Nous faisons un recul de plus de 60 ans.
Aussi tout ce qui ce pourra lui être utile, ainsi qu'à nos voisins, pour justifier la défausse, lui est bon à prendre.
Au jeu de go c'est ce qu'on appelle « une pierre lente ». Cette tactique consiste à poser une pierre (un pion) d'apparence anodine mais qui se révelera un point d'appui fort, ultérieurement.
Lorsque les 35h auront sauté définitivement, ce qui n'est plus qu'une question de mois, nous n'aurons plus de durée du travail légale.
A ce moment beaucoup découvriront avec étonnement qu'on leur offre une nouvelle durée légale « grâce à l'Europe », cette fois de 60h, conformément à la directive dont nous discutons !
Alors vous avez raison, Duncan. D'une certaine manière cette directive va nous protéger. Elle va nous protéger de ne pas faire plus de 60h hebdo !
Un fameux progrès !
à C. Creseveur
De Duncan
15H02 | 18/06/2008 |
C'est la notre point de divergence.
Il y d'une part une directive européenne chargée d'établir des normes minimales et d'autres part une tentative du gouvernement français de faire régresser la norme sociale de notre pays.
Votre point de vue est que c'est deux choses sont liées dans le but de permettre la régression sociale en France.
Mon point de vue est que cela n'a rien à voir. Que cette directive est un progrès pour les pays n'ayant pas de norme et donc la première étape nécessaire vers une harmonie à moyen terme. Et que d'autre part, le gouvernement français tente tout seul comme un grand de modifier la législation sur le travail.
J'ai beau ne pas être naïf je ne vois pas comment le gouvernement pourrait utiliser cette directive pour justifier ces choix politiques puisque l'article 24 dit justement que ce n'est pas possible. En outre je n'arrive pas à imaginer comment elle pourrait servir. Sérieusement, contre des manifestations, l'opinion publique, des syndicats, si le gouvernement dit : vous inquiétez pas il y a une directive européènne qui fixe la durée maximale de travail à 60 h. Ca serait plus vu comme une provocation et n'aidera pas à faire passer la mesure.
La seule manière dont il pourrait à la rigueur s'en servir c'est justement de dire : c'est pas moi c'est l'Europe comme bien trop souvent en France, ce qui serait entièrement faux.
Donc non je ne vois pas objectivement le lien.
à Duncan
De C. Creseveur
D'actualité | 21H15 | 18/06/2008 |
La régression sociale est organisée au niveau de l'Europe. C'est bien une réalité concrète.
Vous pouvez ne pas le voir, et continuer de penser qu'il n'y a pas de lien objectif.
Toutefois vous savez comme tout le monde que pour faire avaler une pilule amère à quelqu'un on lui explique rarement qu'on va lui fourguer un truc infect !
à C. Creseveur
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 22H04 | 18/06/2008 |
M. Creseveur, je suis un retraité, un ancien salarié très ordinaire et je ne prétends pas tout savoir (au passage, c'est le genre de discours que je sais rare dans ces colonnes gavées d'avis péremptoires).
Quand vous dites que « la régression sociale est organisée au niveau de l'Europe » cela est forcément un peu vrai puisque c'est une tendance de la planète. Ou plutôt non. Je m'explique mieux, je fais partie d'une génération qui a cru à un socialisme rêvé, à la disparition du marché et qui fut été douché par la palette d'avortons que le socialisme réel a produits. Je ne crois plus en ces utopies dangereuses mais je continue à savoir que je fais partie des petits de la terre. La lutte de classes est une réalité. Son existence n'est pas liée à l'existence d'utopie ou d'idéologies. L'observation de la société montre tous les jours des épisodes de cet affrontement. Alors cela ne m'étonne pas que ceux qui ont en main les leviers essaient de tirer l'échelle à eux. C'est dans leur logique. Voilà ma réponse à ce que vous disiez sur la régression sociale organisée.
Il n'est pas étonnant que du Conseil européen ou de la commission nous arrivent des mesures de régression étant donné que les peuples ont élu des gouvernements de droite , ce personnel politique a toute légitimité pour siéger. Ce n'est donc pas la faute de l'Europe en tant que telle. L'Europe est comme une enveloppe vide et c'est aux Européens de la remplir. Ce qu'ils font. IL y a je crois une vingtaine de gouvernements de droite en ce moment !
Ce serait un mauvais calcul que de se dire « J'attends qu'il y ait une majorité de gouvernements de gauche en Europe, pour changer ma position sur les institutions européennes ». Comme de modifier la règle au cours d'un match de foot pour gagner, ce serait petit joueur !
Dans sa besace, Sarkozy a des mesures de régression sociale. ll appelle cela des réformes. Je dirais même qu'il présente les traits d'un « vendeur à la découpe ». On a intérêt à se méfier de lui car il a de l'habilité et de l'opiniâtreté.
Comme Duncan, je ne pense pas qu'il faille établir un lien entre Sarkozy l'Européen et StarKozy président de la République……
Mais là je m'arrête, je fatigue …
à Claude PELLETIER
De C. Creseveur
D'actualité | 10H28 | 19/06/2008 |
Je vous suis mieux sur ce post que sur le précédent où vous qualifiiez de fallacieux l'argument de la directive.
Pour tout vous dire je suis comme vous. Je ne suis pas anti européen. J'ai voté oui à Maastricht. Et j'ai aussi cru que la gauche pouvait améliorer notre quotidien.
La réalité c'est que le communisme, celui de votre génération (je présume, puisque vous vous présentez comme retraité) et de celle qui vous précède, à qui nous devons nos plus fortes avancées sociales, s'est dissout avec le socialisme gouvernemental, tandis que ce même socialisme a fondu dans le libéralisme.
La droite a donc tout le champ libre, et peut même se présenter non sans un extraordinaire culot, comme sociale !
C'est pourquoi quand je lis les tribunes de gens comme l'étudiant Thomasset je bondis.
Qu'ils soient de droite et qu'ils assument.
Qu'ils disent qu'ils préfèrent le fric aux hommes et
qu'ils ne viennent pas nous expliquer ce que c'est que du social alors qu'ils sont contre la sécurité sociale, contre les indemnités chômage, contre la retraite par répartition, contre la réglementation du travail, contre la solidarité d'une manière générale.
à C. Creseveur
De ThomasLefebvre
Rapatrié | 11H06 | 19/06/2008 |
« Qu'ils soient de droite et qu'ils assument.
Qu'ils disent qu'ils préfèrent le fric aux hommes et
qu'ils ne viennent pas nous expliquer ce que c'est que du social alors qu'ils sont contre la sécurité sociale, contre les indemnités chômage, contre la retraite par répartition, contre la réglementation du travail, contre la solidarité d'une manière générale. »
? ? ?
C'est faux sur toute la ligne, naturellement. Visiblement vous n'avez pas d'arguments.
Si la gauche se réduit aux stals, c'est très triste.
à ThomasLefebvre
De C. Creseveur
D'actualité | 13H03 | 19/06/2008 |
Ecoute mon garçon si c'est pour me répondre que c'est faux gnagnagna, t'as pas d'arguments, et me traiter de « stal » comme si on était dans une cour de récréation, je crois que ce n'est pas la peine de discuter.
Quand tu auras fini l'école et que tu te seras un peu frotté à l'existence, on en reparlera, hein !
à C. Creseveur
De ThomasLefebvre
Rapatrié | 13H39 | 19/06/2008 |
Parce que tu veux discuter ? En balançant du « nantis » des « t'as pas d'amis » des « t'as pas de famille » ? C'est de quel niveau ? Tu connais mon salaire ? Tu connais mon parcours ? Tu as le monopole de la gauche ? Mais dans quel monde parallèle ou perpendiculaire vis-tu ? Reste dans tes préjugés, dans ton confort intellectuel, dans tes réflexes dogmatiques et dans ta condescendance sous cellophane.
à Claude PELLETIER
De C. Creseveur
D'actualité | 10H30 | 19/06/2008 |
Erratum : j'ai écrit Thomasset au lieu de Lefèvre !
à Claude PELLETIER
De sinclair
08H06 | 19/06/2008 |
Plutôt que des interprétation fussent elles de M eolas voyez l'original versus novembre 2003.
ici http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do ? uri=CELEX : 32003L0088 : F… .
Les modifs portent sur la durée maximale heures sup comprise qui étaient en moyenne sur une semaine (article 6) et jusqu'à 12 mois de 48h article 19. Période juste portée a 65h dans le nouveau texte.
Tout cela pour entra autre l'Angleterre qui n'a pas de durée maximum du travail et qui n'en veut pas le rêve du MEDEF.
J'attire votre attention qu'en cas de renvoi aux partenaires sociaux pour fixer la durée du travail (prévu dans cette directive) les décisions resteront conforme a la loi européenne. Effectivement rien n'interdit aux états des conditions plus favorables, mais rien ne l'y oblige non plus. En cas de fixation par les partenaires sociaux ou sur volontariat pas de doute le salarie aura le choix accepter ou choisir l'ANPE avec un salaire plus bas au prochain emploi ?
C'est ce genre de nivellement social européen par le bas qui hérissent. C'est ce que dit maitre eolas d'ailleurs en gros. Le Canard Enchaine de ce mercredi est plus direct a ce sujet.
à C. Creseveur
De ThomasLefebvre
Rapatrié | 18H51 | 17/06/2008 |
Voila, l'Union européenne comparée au Zimbabwe. Euh, c'est une blague ? Remarquez, certains - plus bas - la compare à l'URSS.
Et sur les 60H, vous tombez dans le panneau, comme Ségolène au passage. Claude Pelletier vous a très bien répondu.
« Peut-être n'avez vous pas d'obligations ? Pas de famille ? Pas d'amis ? Sans doute êtes nanti, exempt de problèmes de logement et de transport. »
Vous vous gourez mais alors à un point, si vous saviez…
à ThomasLefebvre
De C. Creseveur
D'actualité | 08H22 | 18/06/2008 |
Alors c'est encore plus grave que ce que je pensais.
à C. Creseveur
De louise2
10H52 | 18/06/2008 |
C'est vraiment important cette histoire de directive sur le temps de travail, parce qu'on soit un ouis(titi) ou un noniste elle va s'appliquer : alors dites nous C.Creseveur, que dit cette directive et pourquoi faut -il s'en alarmer ? Il y a sûrement une bonne raison à votre inquiétude, je le dis sans ironie, et s'informer les uns les autres c'est le début de la démocratie.
Vous me répondrez j'espère.
à louise2
De C. Creseveur
D'actualité | 13H36 | 18/06/2008 |
Je vous renvoie si vous permettez au post de Duncan, juste au dessus. Il cite l'article en question.
à C. Creseveur
De louise2
14H23 | 18/06/2008 |
j'ai lu (et donc relu) le post de Duncan, c'est VOTRE interprétation de la directive que je ne comprends pas…mais bon, vous n'êtes pas obligé…
à louise2
De C. Creseveur
D'actualité | 21H38 | 18/06/2008 |
En fait le principe est assez simple on propose une réglementation à 60h voire 65 et même 70h de travail maximum par semaine, en précisant que cela ne vaut que pour les pays qui n'ont pas de cadre légal.
Autrement dit cette directive explique tout de même qu'on limite désormais la durée de l'esclavage, en Europe !
L'article 24 cité par Duncan fait mine de nous épargner, dans la mesure où on ne pourrait tolérer une régression sociale.
Le problème c'est que la formulation imprécise (il faudrait dire carrément illisible même) autorise une formidable amplitude d'interprétation.
Ainsi lorsqu'en France la loi de modernisation de l'économie sera votée nous n'aurons probablement plus de durée légale du travail. De fait la directive pourra donc s'appliquer chez nous, puisque s'il n'y a plus de durée légale quiconque pourra par exemple se voir proposer un emploi à 90h hebdo, ou pourquoi pas davantage ! En face de ça les 60h de la directive ne constitueront donc plus une régression, mais un véritable progrès !
C'est d'un cynisme absolu mais c'est l'Europe de « progrès social » à laquelle croît Thomas Lefèvre qui voudrait même nous faire entendre les oiseaux qui chantent dans sa tête.
à C. Creseveur
De ThomasLefebvre
Rapatrié | 12H23 | 18/06/2008 |
Qu'est-ce qui est plus grave ? Le fait que vous vous plantiez complètement sur la directive en question ? Ou sur le fait que vous soyez visiblement à court d'arguments ? Car il faut vraiment être en panne d'inspiration pour balancer des « nantis » et autres banales joyeusetés.
De blabla
17H04 | 17/06/2008 |
Courageux thomas, je me demande comment vous faites, puisque ces temps-ci, toute conversation ayant pour sujet l'Europe tourne au pugilat. Il semble qu'elle concentre sur elle les foudres de tous les insatisfaits qui squattent le Net. Le bouc émissaire idéal, d'autant plus pratique, qu'il évite d'avoir à se regarder le nombril…
En résumé, tu dis donc que ce traité était un outil, institutionnel, loin d'être génial (heureusement), facilitant les prises de décisions, les rendant plus démocratiques, associant davantage le Parlement et amenant à davantage de majorité et donc de consensus au Conseil, et à davantage de responsabilité puisque certaines contraintes augmentaient en matière de mutualisation. Une fois l'outil en place, resterait aux élus à assumer leurs responsabilités et à faire de la politique, l'idée étant de leur en donner des moyens, les plus transparents et efficaces possibles. A ce titre Lisbonne était mieux que Nice. Tout le monde le reconnait, à droite comme à gauche.Tant pis, ce sera Nice.
Mais le problème n'est pas là. Tes « nonistes », appelle les comme tu veux, de droite comme de gauche, ceux qui sortent les drapeaux, rouges ou tricolores, à longueur de blogs, se fichent bien de cela. Ce qu'ils veulent c'est que le projet européen se casse la gueule. Pas plus compliqué que cela.
Ils ne sont pas pour « une autre Europe », qui-ne-dénie-pas-la-démocratie-et-n'est-pas-vendue-au-grand-capital, et même qu'ils peuvent nous expliquent comment paske même que le soir, en rentrant du boulot, on bricole en amateur des projets d'une constitution qui-ne-dénie-pas-la-démocratie-et-n'est-pas-vendue-au-grand-capital.
Poudre aux yeux, bonne pour Pif gadget.
Ils sont tout simplement contre. Z'en veulent pas de l'Europe. Point barre. Il suffit de le dire, clairement, ça simplifiera le débat.
à blabla
De ThomasLefebvre
Rapatrié | 18H46 | 17/06/2008 |
« Ce qu'ils veulent c'est que le projet européen se casse la gueule. Pas plus compliqué que cela. »
En fait, je suis curieux, j'aimerais juste connaitre leur alternative.