
Cannabis : la prohibition, terreau fertile de l'autoproduction

Les organisations gouvernementales l'appellent « auto-culture », les associations emploient le mot « autoproduction » en un seul mot ou avec un tiret, généralement suivi de : « pour son usage personnel » ou « à des fins domestiques », expressions un tantinet redondantes.
De quoi s'agit-il ? De désigner ceux qui, dans leurs jardins, sur leurs balcons ou dans un placard, cultivent du cannabis. Les plus distingués suspendront leurs plantes têtes en bas dans un endroit sombre et ventilé. Quand les fleurs seront sèches, ils les mettront de côté et les raseront coupant toutes les feuilles qui dépassent. Des feuilles qu'ils récupéreront avant de les passer au Pollinator ou à l'IceOlator, des machines à fabriquer la résine de cannabis.
Cultiver du chanvre pour s'aérer la tête -pas pour fabriquer de la corde- ne date pas d'hier. D'avant-hier quand les routards rapportaient dans leurs bagages des graines afghanes ou indiennes qu'ils semaient dans les vallons à l'abri des regards indiscrets. Une activité marginale jusqu'à la diffusion en 1982, juste après une allocution de François Mitterrand, d'un reportage « Hasch à la ferme ». Deux cultivateurs masqués nous invitaient à visiter leur plantation et nous expliquaient que leurs herbes folles n'étaient pas aussi diaboliques que le prétendait le professeur Gabriel Nahas, surnommé par ses détracteurs le docteur Folamour du cannabis. Quelques mois plus tard, nos deux compères se dévoileront créant le collectif « Fumée douce ».
En ce temps-là, cultiver du cannabis était une activité de plein air pratiquée au sud de la Loire, dans des régions riches en néo-ruraux (le Lubéron, l'Ardèche, l'Aveyron, les Cévennes…). Courrait même la rumeur qu'en Ariège, on remplaçait les gendarmes tous les trois ans de crainte qu'ils goûtent au fruit défendu et apprécient ses effets.
Quels que soient les gouvernements, la politique privilégie la répression au détriment de la prévention
Les amateurs de cannabis se multiplient. Les partisans de la prohibition regrettent sa banalisation et les partisans de la tolérance vantent son intégration. Quels que soient les gouvernements, la politique privilégie la répression au détriment de la prévention. Les amateurs de petite fumée, las d'être montré du doigt et d'être utilisés à des fins électorales, las d'être considérés comme des délinquants et de risquer la prison à tous les coins de rue, se rebellent et fondent une association en 1991.
Le Collectif d'information et de recherche cannabique (Circ) -c'est son nom- débroussaille le terrain des certitudes idéologiques car à l'époque, la théorie de l'escalade était encore à la mode. Il faudra attendre 1993 et la première Journée internationale d'information sur le cannabis organisée par ladite association en collaboration avec les éditions du Lézard pour apprendre que quelques néons suffisaient pour faire pousser du cannabis maison.
Les années passent et la répression perdure. Les cultivateurs en herbe ne ramènent plus leurs graines du Cachemire, mais d'Amsterdam. Élu président de la République en 1995, Jacques Chirac non seulement relance les essais nucléaires, mais vitupère la Hollande et ses « coffee shops » dès que l'occasion se présente.
La Hollande reste la destination préférée des amateurs de cannabis. On visite le musée du Hasch et sa boutique attenante où l'on vend des graines, mais aussi des ouvrages dont le célèbre « Marijuana Growers Guide » d'Ed Rosenthal et de Mel Franck. Quelques audacieux potassent leur anglais et se lancent dans l'aventure, partageant le fruit de leurs expériences et de leurs récoltes lors des réunions hebdomadaires du Circ.
Les cannabiculteurs seraient 200 000, 11,5% de l'herbe fumée serait française et son taux de THC avoisinerait les 8%
De fil en aiguille et de graines en boutures, les cultivateurs en placard se multiplient dans les années qui précèdent le XXIe siècle. Ils sont soutenus par le Circ qui en fait un axe de sa politique incitant clairement les cannabinophiles à devenir cannabiculteurs. Si l'autoproduction rencontre un tel succès, c'est à cause de la prohibition… La prohibition qui met en danger la santé du consommateur en proposant sur le marché des produits adultérés à des prix exorbitants.
Dans les années 2000, on ne compte plus les boutiques proposant tout le matériel nécessaire pour cultiver des orchidées chez soi. Dans le même temps, alors que la loi punit aussi bien la présentation sous un jour favorable que l'incitation à l'usage des stupéfiants, des éditeurs téméraires publient des manuels de jardinage sur l'art de cultiver du cannabis en vente dans toutes les bonnes librairies.
« Contre la guerre à la drogue, cultivons notre jardin ! “ est un des slogans favoris du Circ qui, joignant le geste à la parole, organise en mars 2002, dans le cadre de la campagne présidentielle de Noël Mamère, l'opération ‘Sortez-les du placard’, où sera offert à toute personne majeure un petit gramme d'herbe made in France, baptisée pour l'occasion ‘La Cuvée du Président’.
En 2007, la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) saute dans le train en marche et confie à l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) le soin ‘d'évaluer la part de la production domestique de cannabis en France’. D'après cette enquête récemment publiée, les cannabiculteurs seraient 200 000, la production s'élèverait à 32 tonnes, 11,5% de l'herbe fumée serait française et son taux de THC avoisinerait les 8%.
Le Circ, encore lui, a profité de cette enquête pour adresser à Etienne Apaire, le nouveau président de la Mildt, un courrier l'incitant à faire preuve de tolérance envers les jardiniers du dimanche. Ce sont des gens comme vous et moi qui ne présentent aucun danger pour la société et ne méritent pas qu'on les traque comme de vulgaires producteurs de drogue. Leurs revendications ? Qu'on cesse de les prendre pour des imbéciles, que le gouvernement cesse de les infantilser et que la raison l'emporte enfin sur l'absurdité.
► Comme chaque année, le Circ organise ce mercredi à Paris l'Appel du 18 joint. Toutes les informations sur le site www.18joint.org
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De Ga
Dessineux | 19H52 | 17/06/2008 |
De hgo04
Citoyen Lambda | 20H24 | 17/06/2008 |
J'ai récupéré cela sur un autre site….
Je n'entre pas dans le pour et le contre, mais la réalité des choses..
Le tabac et l'alcool sont aussi des produits néfastes, alors pourquoi rajouter celui ci en vente libre ? ?
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EFFETS À LONG TERME DU CANNABIS
Rappelant que les effets produits par le cannabis sont directement liés à la personnalité de l'individu, au contexte de la consommation, à la quantité absorbée et à la qualité du produit, et retenant que les effets de l'accumulation de THC dans les tissus sont encore mal connus mais indéniables, les effets à long terme sont :
En cas de consommation régulière et fréquente, la concentration, la capacité d'apprentissage, la mémoire à court terme, la capacité de conduire, sont toutes fortement affectées, et peuvent être perturbées encore pendant 24 heures après la consommation.
Les effets psychologiques comprennent des réactions de panique, le syndrome amotivationnel (réduction de l'ambition et de la motivation).
La marijuana est nocive pour le système pulmonaire car elle emplie les poumons de trois fois plus de goudron et de cinq fois plus de monoxyde de carbone que la cigarette. Mais puisque l'utilisation de la marijuana est moins fréquente que celle de la cigarette, on ne compte pas ou peu de cancer causé directement par celle-ci.
Les effets néfastes du cannabis apparaissent après plusieurs années de consommation. Le THC atteint particulièrement les tissus conjonctifs, les poumons, les organes sexuels et les neurones.
Des dommages au système immunitaire et aux spermatozoïdes ont été décrits, mais les bases scientifiques ne sont pas suffisantes pour affirmer que cela se passe dans tous les cas. Malgré plusieurs études contradictoires, aucun effet significatif du THC contenu dans la marijuana, n'a été démontré sur la fertilité.
Avec une augmentation de la dose, les consommateurs font l'objet d'hallucinations, de paranoïa et ont des réactions de panique. Les symptômes s'aggravent chez les personnes souffrant de problèmes psychiatriques et plus particulièrement de schizophrénie.
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sans compter que pour d'autres, c'est l'anti-chambre des autres drogues, plus fortes plus nocives aussi…
Même si le cannabis n'amène pas obligatoirement aux drogues dites dures, tous ceux qui en sont, ont consommé en premier du cannabis… et continuent d'ailleurs…
De dentifrice
enseignant | 21H37 | 17/06/2008 |
Je trouve assez paradoxal que rue 89 fasse implicitement d'une part la la promotion du cannabis et d'autre part le dénigrement des OGM (cf echo donné a Mme Robin). Faudrait réflechir a une ligne de pensée cohérente et rationnelle !
De Lemmy_Nothor
Penguin In Bondage | 21H48 | 17/06/2008 |
La prochaine fois que vous voulez faire un article sur la culture du chanvre, envoyez moi l'épreuve avant de l'éditer.
Ça fait 35 ans que je fais pousser du chanvre, et votre article est bourré d'erreurs.
Par exemple : vous dites…
« Les plus distingués suspendront leurs plantes têtes en bas dans un endroit sombre et ventilé. Quand les fleurs seront sèches, ils les mettront de côté et les raseront coupant toutes les feuilles qui dépassent. Des feuilles qu'ils récupéreront avant de les passer au Pollinator ou à l'IceOlator, des machines à fabriquer la résine de cannabis. “
Les feuilles se coupent IMMEDIATEMENT, c'est impératif….on ne garde que les fleurs, sur les branches. Les mettre à l'envers ? Pas necessaire, c'est un mythe.
Le pollinator , et ice olator, servent a faire du bubble hash……hashish qui est blanc, au début, et qui noirci en s'oxydant au contact de l'oxygene ambiant. C'est le hash le plus pur qui se fasse.
Plus loin vous parlez de :
‘Les cannabiculteurs seraient 200 000, 11,5% de l'herbe fumée serait française et son taux de THC avoisinerait les 8%….’” »
Huit pour cent ? Vous voulez dire 23, 25, et même jusqu'à 30%.
Et encore : « cannabiculteurs. Si l'autoproduction rencontre un tel succès, c'est à cause de la prohibition… La prohibition qui met en danger la santé du consommateur en proposant sur le marché des produits adultérés à des prix exorbitants. ·
Ceux qui achètent des produits trafiqués ne sont pas très malins. C'est enfantin de faire la difference entre du cirage a godasse, et du hash. Tout le monde se fait avoir une fois…..deux fois, c'est par betise, trois fois, allez vous acheter une bonne bouteille, vous n'êtes pas fait pour fumer du hash.
L'autoproduction connait un franc succès surtout parce que c'est probablement la plante la plus facile à faire pousser. Plus simple que ça, c'est difficle à trouver. C'est pas comme faire pousser des champignons.
Par contre, vous auriez pu dire que le hash qui est fait au Maroc, et bien c'est tout nouveau. Avant 1960, il n'y avait pas de hash au Maroc, il ne fumait que du kif. Ce sont les premiers “hippies” qui enseignerent au Marocains comment se fabrique le hashish….un en particulier, qui est encore vivant et que les paysans Marocains nommèrent Double Zero…..
Il aurait fallu aussi parler du Vaporisor….
De gabriel12
Etudiant en finance | 22H18 | 17/06/2008 |
J'ai beaucoup fumé a une époque et je n'y touche plus qu'exceptionnellement.
Ce n'est que positif ; ma vie sociale s'est amélioré, plus de problème d'être « défoncé », d'avoir du mal a s'exprimer, de dépenser une fortune dedans, de limiter ma vie sociale en ne trainant qu'avec des fumeurs, sommeil retrouvé, plus de petite parano, et j'en passe.
Ceux qui disent que le cannabis ce n'est rien et que c'est une drogue comme les autres ont tort. On peut être normal après un verre de vin, après une cigarette ; ce n'est pas le cas après un joint. Avant j'avais l'impression que si, mais la réalité est différente, j'étais défoncé c'est tout.
Alors oui le cannabis doit reste interdit, qu'on se calme sur la chasse au fumeur pourquoi pas, mais en aucun cas la légalisation ou dire que ce n'est pas plus grave qu'autre chose.
Sinon l'article est particulièrement plein de bêtises, c'est effrayant pour quelqu'un qui est censé connaître.
De papydaniel23
06H47 | 18/06/2008 |
Tous ceux qui consomment des drogues dites « dures » ont consommé du lait maternel. Donc……..
De nieuwendammerdijk
bilig et crayon | 11H47 | 18/06/2008 |
Il y a 15 jours,on a mis nos 5 pieds autorises dehors.On est pas les seuls.Nous avons 70 et 68 ans.Mon mari a une hernie discale et souffre.Le cannabis le detend et je prefere qu'il fume un joint plutot que de prendre des piluless,ce qu'il a fait pendant un moment.Notre fils de 30 ans ne fume pas.Il a essaye…Il est libre.Moi meme,le soir,avant de dormir…Nous ne sommes pas des « adics“pour autant.Legaliser serait la meilleure facon de couper l'herbe sous le pied(c'est le moins qu'on puisse dire ! ) des dealers.
caleb irri a tout tres bien explique.
Nous vivons a Amsterdam.