Grogne sociale : pourquoi ils sont tous dehors

Cette semaine est longue pour Dominique Bussereau et Xavier Bertrand. Le secrétaire d'Etat aux transports et le ministre du Travail affrontent la colère des routiers, des ouvriers des ports autonomes et des syndicats. Rue89 fait le point sur les grèves de ce début de semaine.
Les routiers contre des charges fiscales « trop lourdes »
Ils étaient près de 3000 à manifester leur colère ce lundi. Les transporteurs routiers protestent contre le niveau élevé du prix du gazole. Des opérations escargots, organisées de façon à ne pas perturber les épreuves du bac, ont eu lieu dans toute la France à l'appel des organisations patronales de la profession. « Il ne faut pas tout ramener au prix du gazole », explique la FNTR (Fédération nationale des transports routiers).
A l'initiative de cette première journée nationale de mobilisation -« reconductible“- la FNTR a exposé à Rue89 les raisons de la crise des routiers :
- explosion des coûts : Le gazole a augmenté de 44% en trois ans et les péages de 25%. La FNTR estime l'augmentation moyenne de ses coûts à 12% pour l'année 2008. ‘Enorme.’
- ralentissement économique : Les routiers souffrent de la baisse des échanges et donc de la demande dans leur secteur.
- Europe : La FNTR accuse l'excès d'offre et la concurrence européenne, ‘la fiscalité sur les carburants n'est pas la même selon les pays. En France, nous sommes défavorisés sur ce dossier’. Dominique Bussereau s'est engagé, dans le cadre de la présidence française de l'Union Européenne, à s'attaquer au déficit d'harmonisation européenne en matière de politique fiscale européenne sur les carburants.
- charges fiscales et sociales trop lourdes : Les patrons réclament des mesures immédiates, comme l'allègement des taxes à l'essieu ou professionnelle. La FNTR estime que le coût du travail en France est trop élevé : ‘C'est contre cela que nous nous battons.’
Au secrétariat d'Etat aux Transports, on assure comprendre les préoccupations des routiers et ‘agir très vite pour la mise en place des mesures proposées par Dominique Bussereau. Le 5 juin dernier, ses propositions avaient été reçues favorablement par les routiers mais jugées insuffisantes. Elles concernaient notamment l'étalement du paiements des charges fiscales et sociales et une accélération du remboursement de la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers). A la fin du mois, la rencontre prévue pour renouveler les contrats des sociétés concessionnaires d'autoroutes devrait aussi être consacrée à la négociation d'une hausse moins importante des prix aux péages’.
Les travailleurs portuaires contre la réforme des ports
Examiné ces mardi et mercredi à l'Assemblée nationale, le projet de loi sur la relance des ports autonomes français prévoit notamment la privatisation des activités de manutention. 2000 grutiers et portiqueurs, dans sept ports autonomes, sont concernés : Dunkerque, Le Havre, Rouen, Nantes-Saint-Nazaire, La Rochelle, Bordeaux et Marseille.
La puissante Fédération nationale des ports et docks CGT a appelé à bloquer les ports pour protester contre la réforme. Depuis l'annonce du projet en janvier, le conflit s'enlise entre le gouvernement et les syndicats. Alors que le gouvernement justifie sa réforme par l'urgence ‘d'améliorer la performance et la compétitivité’ des ports français, les syndicats craignent que la relance se fasse au détriment des ouvriers.
Du côté de Dominique Bussereau, on assure que ‘personne ne sera laissé sur le carreau’ et on met en avant les multiples tables rondes et discussions organisées avec les acteurs sociaux :
‘Tout le monde reconnait la nécessité de relancer les ports. Nous assurons qu'il n'y aura aucun licenciement. Il y a un examen au cas par cas, agent par agent. Yves Cousquer, l'ancien président des Aéroports de Paris, a été nommé afin de faciliter’ le dialogue. Il est chargé d'arpenter les ports pour assurer la mise en place ces transferts.”
Et l'entourage de Dominique Bussereau de se féliciter que la situation ne soit pas aussi bloquée qu'en 1992, lorsque du passage au statut privé des dockers. Un bien bel optimisme à l'heure où la CGT promet de durcir un mouvement déjà largement entamé ces dernières semaines.
La CGT et la CFDT sur les retraites et les 35 heures
Un front syndical divisé, une précédente journée de mobilisation décevante… la journée de mardi s'annonce rude pour la CGT et la CFDT qui ont appelé à manifester contre la “déréglementation du temps de travail”. En avril, les syndicats et le Medef avaient signé une position commune qui acceptait, à titre expérimental, que les entreprises augmentent leur contingent d'heures supplémentaires à condition qu'un accord soit signé par une majorité de syndicats.
Quelques jours après cet accord, l'avant-projet de loi de Xavier Bertrand proposait que les entreprises soient libres de fixer la durée de travail. En dépit des protestations des signataires de l'accord -Medef compris- le gouvernement entend aller jusqu'au bout et présenter son texte en conseil des ministres mercredi.
Le projet d'allongement de la durée de cotisation pour les retraites est également remis en cause. Principaux concernés : fonction publique, éducation, SNCF, RATP, Air France, aéroports, la Poste, France Télécom.
La fin de semaine aussi s'annonce sombre pour le gouvernement. A la Défense, les protestations fusent contre le Livre blanc ; à la Santé, la publication des comptes de la Sécurité sociale risque de provoquer des remous. Mercredi, c'est l'audiovisuel public qui est en grève pour une durée de 24 heures.
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De raleuse13
idéaliste ? oui ! j'assume ! | 02H31 | 17/06/2008 |
l'État « aide » toutes les corporations qui se plaignent de l'augmentation du prix du pétrole : pêcheurs, routiers, ambulanciers, taxis…
Sans doute parce que ceux-ci ont le pouvoir de bloquer (« prendre en otage » comme ils disent) tout ou partie de la France.
Récemment, j'ai entendu qu'une proposition était en cours, pour « aider » les travailleurs qui dépensent de plus en plus pour se rendre à leur travail : une « certaine » somme, sans précision, serait ajoutée sur leur bulletin de salaire (imposable l'an prochain ? c'est pas précisé…). Cette proposition ne tient pas compte de tout le carburant que chaque famille utilise, pour les transports des enfants, les courses…
Et la « prime à la cuve » pourrait être reconduite l'hiver prochain, TOTAL « réfléchit » à un effort supplémentaire…
Sans doute que le gouvernement n'est pas si sourd, et qu'il note quelques « frémissements » au sein de son peuple…
ET SI AU LIEU DE TOUTES CES AIDES, L'ÉTAT SE DÉCIDAIT A BAISSER LE PRIX DES CARBURANTS ET DU FIOUL ? AU MOYEN DE LA TIPP FLOTTANTE, PAR EXEMPLE ? ? ? ! ! !
Autre idée : si l'État -qui intervient pour tout et n'importe quoi, y compris la pub à la télé- décidait d'interdire aux pompistes d'augmenter le prix de leurs carburants, tant qu'ils n'ont pas reçu le « nouveau » carburant, plus cher ? et leur imposait de baisser ces mêmes prix, lorsqu'ils reçoivent des carburants à base de pétrole moins cher ! ! ! ! !
Bon, je suis une râleuse, pas une grogneuse, mais là, je râle de plus en plus ! ! ! vais pas tarder à « sortir mes crocs », si on m'amène à grogner ! ! !
De Le Yéti
yetiblog.org | 07H43 | 17/06/2008 |
LENTE MATURATION
De multiples foyers de protestations éclatent effectivement aux quatre coins du pays. Toutes ont la même source (la totale destruction de l'outil social, hérité de 1936, 1945 et 1968, qui faisait l'originalité de notre organisation économique). Mais chacun a ses revendications particulières, ses exigences propres. Qui contre des charges fiscales « trop lourdes », qui contre la réforme des ports, contre le fuel trop cher, contre les quotas de pêche, contre la suppression des trente-cinq-heures et du code du travail…
Le problème, c'est que l'État n'a évidemment plus les moyens (encore moins la volonté) de satisfaire la moindre de ces revendications. Miné par la gabegie et le pillage éhonté des caisses publiques à coup de « paquets fiscaux » honteux et de détournements de fonds mafieux (caisses noires multiples comme celle de l'UIMM, auto-augmentation de revenus obscènes des dirigeants, à commencer par le chef de l'État lui-même), l'État a durablement déposé son bilan. Et choisi la liquidation plutôt que le redressement.
L'affaire, gravissime, dépasse de loin le simple problème d'une « redistribution des richesses », je veux dire « du pognon » (prendre le fric aux riches pour le redonner aux pauvres). Il est celui d'un choix de vie. Du choix désormais inévitable d'une AUTRE VIE, d'une autre organisation économique : passer de la goinfrerie écœurante qui nous a fait massacrer la plupart des richesses de la planète et un nombre incalculable de ses espèces , à un nouveau style de vie basé sur la dégustation respectueuse. Vous pouvez rire, ce n'est pas une utopie, mais une nécessité vitale : c'est ça ou disparaître.
Oui, il est normal que le pétrole soit cher, puisqu'il est devenu rare à force d'être outrageusement gaspillé. Oui, il est juste que soient établis des quotas de pêche puisque nos filets pélagiques ont dévasté les fonds marins. Pris dans l'engrenage d'un système mortifère (la croissance à tout prix), nous continuons à nous heurter comme des insectes affolés aux murs que nous avons dressés. Nous exigeons notre part du gâteau, réclamons du travail, des « emplois »… Alors que la plupart des postes aujourd'hui disponibles pourraient être supprimés sans dommage.
Oui, oui, vous avez bien lu : « pourraient être supprimés sans dommage ». Oh pas dans les services publics, bien sûr, pas dans l'éducation, ni dans les hôpitaux ou dans la production des biens et services vitaux comme la nourriture, la culture… Mais franchement, qui va regretter les 54.000 postes supprimés dans la Défense nationale ? À quoi servent toutes les chaînes de montage des ridicules 4x4, les usines d'armements ? A-t-on véritablement besoin de cette profusion imbécile de téléphones portables, d'Ipod, Iphone dont personne n'est foutu d'exploiter plus de dix pour cent des possibilités. L'inutilité de notre agitation gaspilleuse se mesure à l'énormité de nos décharges obèses dégueulant leurs amas de déchets.
Nous avons voulu tutoyé la nature. Et celle-ci nous fait payer notre arrogance à prix fort. La bataille des pêcheurs, des routiers, des travailleurs portuaires est une bataille perdue. Celle des agents hospitaliers, des enseignants, des syndicats pour le droit du travail ne peut être gagnée tant que ce système à bout de souffle et pris de folie n'aura pas mordu la poussière (de ce côté-là, ça semble s'accélérer ! )
Mais chacune de ces luttes procède d'une nécessaire maturation, d'un deuil incontournable pour un mode d'existence absurde qui va nécessairement s'achever. Peu à peu, ces foyers disséminés de colère, de désarroi, de souffrances (« grogne » ? M'ouais, pas très responsable, ce vocable) se multiplieront, prendront inévitablement conscience de l'inéluctable et convergeront.
Ce sur quoi ils déboucheront ? Je ne sais pas.
De Ga
Dessineux | 08H16 | 17/06/2008 |
De Pikatchu42
Etudiant | 11H04 | 17/06/2008 |
Tout le monde rouspète, manifeste dans son coin depuis maintenant plusieurs semaines et donc ca sert strictement à rien !
Tant que les diverses catégories socio -professionnelles continueront à exprimer leur désaccord de manière unilatéral le gouvernement peut dormir tranquillou pèpere.
Le seul moyen de réellement faire reculer la politique de ce gouvernement est une action unanime le même jour de toute les forces de la société.
Un jour les taxis, un jour les routiers, un jour la fonction publique, un jour l'audiovisuel ca ne rime à que dal.
L'union fait la force, cette maxime est complement oublié à l'heure actuelle par ceux qui veulent faire pression sur les autorités…
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 11H52 | 17/06/2008 |
Le prix des péages sur les autoroutes augmente ? Le député de la Drôme (son nom m'échappe) qui a poussé pour les vendre à des étrangers, pourtant, disait à l'époque qu'il n'en serait absolument pas question… Pourquoi nos élus ne sont-ils jamais tenus responsables de leurs actes ? Je crois bien que la meilleures des réformes dont la France avait besoin, c'était bien de rendre nos élus responsables de leurs actes. Son salaire et ses indemnités de député, il devrait les perdre, celui-là. Si tous les élus qui font des conneries se voyaient supprimer leurs salaires, ça ferait de sacrées économies !
De Gudule
12H09 | 17/06/2008 |
Au lieu que chacun dans SON coin pense à SON trajet et à SON plein d'essence dans SA petite auto, ce serait vachement bien su TOUS pouvaient s'unir pour râler contre la casse de la sécu, du service public, de l'éducation, du système de soins…
Ce qui serait souhaitable, c'est en effet que l'Etat réinvestisse cet argent dans le développement des énergies renouvelables, dans un programme d'économie d'énergies, parce que ça, c'est vraiment nécessaire.
En attendant, vous pouvez toujours vous mobiliser activement et de manière locale en réclamant des pistes cyclables partout pour pouvoir vous rendre à la gare et y prendre le train qui aurait des compartiments vélo.