Vendredi 13 juin, la » nuit des écoles » mobilisait dans toute la France, parents, professeurs, responsables administratifs, dans quelques 650 établissements du premier degré, tous décidés à occuper les lieux jusqu'au lendemain. Objectif : faire pression sur le ministre de l'éducation, Xavier Darcos.
Il y a un mois, directeurs et professeurs des écoles se mobilisaient déjà contre plusieurs mesures annoncées pour la rentrée prochaine. Mais depuis quelques temps, le mouvement s'est renforcé du soutien des parents d'élèves au personnel éducatif de cette école des tout-petits.
Un mouvement » apolitique et loin des syndicats »
Griefs principaux, toujours les mêmes : la suppression de postes d'instituteurs, la diminution du nombre d'heures d'enseignement (de 26 à 24 heures), le retrait des classes de soutien à la lecture bénéficiant aux élèves les plus en difficulté, ainsi que la suppression du fichier base-élève.
Ce mouvement se veut » apolitique et loin des syndicats » explique un jeune père de famille concerné, » très peu ici sont militants » , souligne-t-il pour confirmer que c'est le devoir des parents de se battre pour ce qui doit être » clairement défendu » . Les élus locaux de ces quartiers -à gauche- ont soutenu précocement la contestation.
Mais depuis peu, la ville de Paris à également pris une position claire et offensive. Les 11 et 12 juin, un rapport de force s'est officiellement engagé entre la Mairie et les services de l'inspecteur d'Académie, Edmond Rosselet, qui souhaitait interdire l'ouverture des classes le samedi matin en raison de possibles » risques sanitaires » . Il est finalement revenu sur sa décision pour annoncer que les écoles seraient fermées dans le cas où des responsables d'établissement en manifesteraient la volonté.
Vendredi à 16h, Bertrand Delanoë a rajouté de l'huile sur le feu en se rendant dans une école maternelle polyvalente du XXe, l'école Davout. Rue89 y était. On pouvait voir le Maire de Paris, accompagné d'élus, rencontrer la directrice de l'école. Et expliquer face caméra la raison de sa venue. Anne-Charlotte Keller, adjointe de Frédérique Calandra à la mairie du XXe et chargée des affaires de la vie scolaire et péri-scolaire, explique les raisons de son investissement dans cette affaire qualifiée d' » hyper légitime » . (Voir la vidéo)
A regarder une carte de Paris, on s'aperçoit que les écoles déterminées à occuper les locaux pour la nuit son principalement concentrées, à l'exception du XIIIe, dans les quartiers de l'est parisien. Des quartiers en difficulté pour qui les suppressions de postes alourdiraient considérablement la tâche de tout ceux chargés de l'éveil et l'apprentissage des enfants.
Dans le XXe, pas moins d'une vingtaine de maternelles étaient listées sur le blog Nuit des écoles en milieu de journée. A 18 heures, leurs représentants étaient devant la Mairie du XXe pour manifester, discuter, s'organiser, gardant à l'esprit les heures passées à s'encourager mutuellement pour lutter et faire réagir le ministère qui, selon la maman d'un petit garçon inscrit à la maternelle de Ménilmontant, » fait la sourde oreille et reste rigide » .
Entre 20 et 21 heures, les parents sont dans les écoles. A l'école maternelle Couronnes, en face du parc de Belleville, en plein XXe, tous sont réunis à l'extérieur, autour d'un buffet. Dans la cour se mêlent les » petits loups » qui gambadent dans tout les sens et parents qui dégustent le couscous et autres spécialités cuisinés soigneusement à la maison ou dans les locaux même. L'ambiance est à la convivialité. Chacun y va de ses opinions, ses angoisses. On espère que le mouvement sera relayé dans les médias.
Contre le » déni des réalités » du gouvernement
Beaucoup expliquent leur difficulté à trouver le temps et l'énergie pour tenir, quand ils observent par ailleurs, avec amertume, que » les journalistes ne viennent pas » . Ici, les inquiétudes se cristallisent autour deux suppressions de poste d'institutrice, mais de façon plus générale, de ce qui passe pour un total » déni des réalités » .
La nuit s'épaissit, le groupe diminue. Certains récupèrent leurs enfants et se retirent en prenant soin de saluer ceux qui restent. Ceux-là se chargent d'envoyer des communiqués » officiels » signés des » parents d'élèves et enseignants en occupation nocturne » et stipulant que » le ministère et le rectorat de Paris n'ont pas apporté de réponses et n'ont pas engagé de dialogue, se contentant de faire pression sur les chefs d'établissement pour tenter d'enrayer un mouvement de colère et de protestation.
Aux alentours de minuit, les dernières tasses de café se vident, on évoque les préparatifs pour la fête de l'école du lendemain, on rigole encore quelques instants, relâchant la pression qui s'interrompt pour un temps.



















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De Nogreps
14H53 | 15/06/2008 |
La politique éducative que mène ce Gouvernement est déplorable. En effet, sous prétexte de faire des économies, on veut démanteler l'enseignement public. Or, cette politique est absurde puisque les économies qui seront réalisées seront ridicule comparées au coût du paquet fiscal. Ainsi, le Gouvernement fait des largesses fiscales pour les plus aisés tout en entravant l'éducation des classes moyennes et populaire.
C'est pourquoi, toute initiative visant à protester contre cette politique doit être soutenue et il faudrait que de nombreuses personnes participassent à ces manifetations. Il faut aussi encourager les professeurs à garder l'espoir et à continuer la lutte.
à Nogreps
De YAJ
enseignante retraitée, non remplacé... | 20H28 | 15/06/2008 |
Alors Nogreps il faut participer aux actions.
Voici celle prévue dans ma région :
actions sur le secteur de Saint Nazaire
Les parents, les enseignants et les élus réunis à St Joachim (44) le mardi 10 juin pour continuer de s'opposer aux mesures de X. Darcos ont décidé :
- Une occupation de la Maison de l'Education Nationale le mercredi 18 juin ;
- Une expression commune des élus au cours d'une conférence de presse le vendredi 20 juin ;
- Un rassemblement à Guérande (44) le samedi 21 juin pour accompagner la délégation d'élus demandant à rencontrer le député de la majorité présidentielle de la circonscription.
La section locale du SNUipp-FSU de St-Nazaire s'associent à ces actions et appellent parents et enseignants à y participer nombreux.
à YAJ
De geubeul1
edité sur fils2prof.over-blog.com | 10H39 | 17/06/2008 |
hoooo mais non voyons vous ne comprenez pas , on vous a mal expliqué , vous êtes trop peu entreprenant :
il faut revenir a la valeur travail ! ! ! !
redonner le goût de l'effort à cette bande de fainéants privilégiés : les fonctionnaires , les chomeurs , les précaires , les femmes aux foyers , les émigrés voleurs de poules , les ouvriers , les salariers en cdd …….
pour être serrieux le népotisme est de retour avec des grands articles des journalistes pour l'accompagner :
http://fils2prof.over-blog.com/article-20506625.html
à Nogreps
De Commandant Bubulle
21H44 | 15/06/2008 |
« Il faut encourager les professeurs à garder l'espoir et à continuer la lutte ».
Tout à fait d'accord. Les enseignants doivent garder l'espoir. Face à l'intransigeance du Gouvernement il faut répondre par la tenacité et par la patience : les professeurs doivent d'abord continuer à faire valoir leurs arguments et à alerter l'opinion publique sur les dangers qui pèsent sur l'enseignement, ensuite ils devtront enclencher un rapport de force avec le Gouvernement.
à Commandant Bubulle
De Nogreps
22H46 | 15/06/2008 |
Il faut mobiliser un maximum de personne pour qu'un autre 1993 ait lieu !
De petit pain
14H57 | 15/06/2008 |
.
« Objectif : faire pression sur le ministre de l'éducation, Xavier Darcos. »
« Ce mouvement se veut “apolitique et loin des syndicats” explique un jeune père »
Etonnant non ?
.
à petit pain
De léo solo
15H03 | 15/06/2008 |
Etonnant pour ceux qui n'ont pas 6 cerveaux comme tout un chacun de nous sauf quelques exceptions.
à petit pain
De YAJ
enseignante retraitée, non remplacé... | 22H03 | 17/06/2008 |
Ce n'est pas tout à fait vrai car il faut aussi le soutien logistique de syndicats dans ce cas : syndicats de parents d'élèves (FCPE) et la FSU regroupement de syndicats majoritairement enseignants
Rajout le 17/06 : un reportage sur http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/2008/ParireussipourlaNu…
De la champenoise
14H58 | 15/06/2008 |
A part sur Rue89, je n'ai rien vu ou entendu sur cette nuit. Que faisaient donc les journalistes des autres médias ? Le match France-Pays-Bas n'explique pas ce silence.
à la champenoise
De kk
star malgré elle | 15H01 | 15/06/2008 |
on en a un peu parlé
voir la revue de presse du blog
http://nuit.des.ecoles.over-blog.com/
à la champenoise
De léo solo
15H01 | 15/06/2008 |
Samedi matin
france inter
oui
france inter
a très convenablement couvert cette belle action citoyenne.
à léo solo
De Tiphainemmanuelle
optimisteparcequellelevautbien | 21H59 | 15/06/2008 |
la veille également et aussi samedi après-midi
à la champenoise
De YAJ
enseignante retraitée, non remplacé... | 20H31 | 15/06/2008 |
Tout le monde ne se préoccupe pas de ce qui se passe dans l'EN ! ! ! Surtout pas les Médias (sauf rue 89…) !
On laisse les personnes concernées se débrouiller et la casse de ce service public se poursuit
à la champenoise
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 09H06 | 17/06/2008 |
Dans cette reprise de l'AFP :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/06/delano-dans-une.html
j'ajoutais la « guerre » Inspection/Ville sur l'ouverture de samedi dernier.
Quand à la Nuit des écoles, elle était ici :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/06/fermetures-de-c.html
depuis le 6 juin (à l'époque, seules trois écoles du 20e étaient inscrites).
Il faut chercher ou lire les dépêches de l'enseignement, quand on pense qu'un sujet en vaut la peine !
Certes, je n'ai pas eu plus de 1200 lecteurs le 6 juin et à peine 500 ce week-end. Mais de nombreux relais citoyens avaient lieu, tenus ou pas par des journalistes.
De kk
star malgré elle | 14H59 | 15/06/2008 |
Peut-être serait-il utile et plus juste de tourner vos regards vers la Loire Atlantique, à l'initiative de la nuit des écoles, avec 200 écoles nuitement occupées, de nombreuses occupations et des mises en examen à son actif
http://nuit.des.ecoles.over-blog.com/
à kk
De YAJ
enseignante retraitée, non remplacé... | 19H48 | 15/06/2008 |
OUI la Loire Atlantique est à l'initiative de ce mouvement avec des écoles occupées : professeurs des écoles et parents soudés dans cette action.
Par contre il n'y a qu'une mise en exament mais pas à cause de la nuit des écoles.
C'est pour une action à l'inspection académique de Loire Atlantique avec occupation pacifique de celle-ci, mais qui a mal tourné . Les CRS appelés par l'IA ont bousculé les manifestants et en ont arrêté un pour rébellion à agent de la force publique. Il sera jugé en février 2009….
Une pétition circule pour le soutenir : voir sur le site
http://44.snuipp.fr/spip.php ? page=sommaire. D'autre infos sur la manif de Nantes et sur les soutiens syndicaux à propos de cette inculpation
http://44.snuipp.fr/spip.php ? article768 et sur
http://44.snuipp.fr/spip.php ? article771
De survivant
15H13 | 15/06/2008 |
Si les parents d'élèves commencent à se mobiliser et de surcroît la nuit. En définitif ce mouvement est très intéressant puisqu'il ne dérange pas les usagers.
Mais alors que vont trouver les libéraux comme parade si il n'y a plus d'otage ?
L'opinion publique va finir par se retourner contre eux !
D'autres initiatives de ce genre pourraient voir le jour
les citoyens en se mobilisant la nuit devant l'Elysée pour réclamer une hausse du pouvoir d'achat.
à survivant
De eelisa
Délinquante au coin de la rue | 16H20 | 15/06/2008 |
Oups !
ils seraient capables de nous traiter de « racailles » et de nous nettoyer au taser ! ! (à défaut du karcher)
à survivant
De Schtroumpf perplexe
physicien | 21H23 | 15/06/2008 |
Le quartier de l'Elysée est truffé de flics. (C'était déjà le cas avant l'élection de NS.) Je ne crois pas qu'il soit possible d'organiser le moindre rassemblement devant l'Elysée.
Cela dit, je trouve comme vous que ce genre de mouvement, sans « prise d'otage » (en dialecte UMP : o) et assez sympatique mériterait de se développer aussi dans d'autres domaines de la lutte sociale/politique.
à survivant
De Pierrrrre
10H59 | 16/06/2008 |
»…D'autres initiatives de ce genre pourraient voir le jour……les citoyens en se mobilisant la nuit «
==> bon, faudra mieux se coordonner…
De kk
star malgré elle | 15H23 | 15/06/2008 |
la suite est là
http://lecole.est.finie.over-blog.com/
De Pikatchu42
Etudiant | 16H32 | 15/06/2008 |
A quoi sert ce genre d'action ? Franchement à rien ! Ils pensent sérieusement empecher les réformes d'être mises en oeuvre en dormant au bahut, c'est d'une naiveté affligeante.
Surtout avec les images c'est encore pire, on voit les parents qui se marrent, on a plutôt l'impression d'assiter à une sorte de kermesse de fin d'année et non à une défense vigoureuse du système éducatif.
Ce genre d'action est bien trop « paisible » pour aboutir aux résultats voulus voyons…
à Pikatchu42
De vero87
17H05 | 15/06/2008 |
entièrement d'accord bien que pas du tout d'accord avec la politique éducative mise en place ……..
cela s'apparente presque à la double peine : école le jour , la nuit ! ! ! ! et quel résultat ? ça ne gêne personne …. attendons que les parents , TOUS les parents réalisent ce qui attend leurs enfants et voient les dégâts …concrètement .
car même dans des secteurs non difficiles des CM2 à 28 élèves plus 4 non-francophones plus éventuellement un ou deux enfants handicapés je ne vois pas comment les instits vont pouvoir gérer ce genre de classe …
De Janine Thombrau
Sépienne en ALD | 16H37 | 15/06/2008 |
La journée d'Enzo, élève de CP, septembre 2012
Projection basée sur les textes actuels du Ministre DARCOS,
les expérimentations en cours et les annonces du gouvernement.
Enzo est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tâchée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d'une grande marque.
La maîtresse parle, mais il a du mal à l'entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu'elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés. La vieille dame de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l'intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal.
Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades. On l'a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances.
Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l'a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine.
Il a commencé l'école l'an dernier, à 5 ans. L'école maternelle n'est plus obligatoire, c'est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école. Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l'école à 3 ans, mais ses parents ont dû payer. La sieste, l'accueil et le goûter n'existent plus, place à la morale, à l'alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel. Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante élèves chacun comme une garderie. L'école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès.
Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l'école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l'aider pour les devoirs, ils font trop d'heures supplémentaires. Mais Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kévin : il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l'école, pour aider son grand-père, qui n'a presque pas de retraite.
Enzo est au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Élèves. Il ne reviendra jamais. Enzo n'oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il parait qu'il n'avait pas de papiers… Enzo fait très attention : chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère.
Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l'assurance, et ses parents n'ont pas les moyens.
L'an prochain pour aller à l'école, Enzo devra se lever plus tôt pour prendre le bus, et rentrer plus tard. L'EPEP (établissements publics d'enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CE1 dans le village voisin, pour économiser un poste. Ils seront 36 par classe. Que des garçons. Les filles iront dans une autre école.
Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par coeur. Mais sa mère dit qu'il n'y a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père d'Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l'usine est partie là-bas. Il ne l'a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s'appelle, à cause de la mondialisation. Pourtant la vieille dame disait hier que c'est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !
Il lui tarde la récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune soeur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dans l'école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c'était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner.
Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n'est pas payée. Elle dit : « A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire la classe la journée, c'est épuisant. » Surtout qu'elle dort dans le salon chez Enzo, elle n'a pas assez d'argent pour se payer un loyer.
Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l'abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d'Arc et les dix commandements par coeur. C'est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien…
Enzo se demande pourquoi il est là. Pourquoi Saïd a dû partir. Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit. ?
Pourquoi et comment les usines s'en vont en emportant le travail. ?
Pourquoi ils sont si nombreux en classe. ?
Pourquoi il n'a pas une maîtresse toute l'année. ?
Pourquoi il devra prendre le bus. ?
Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages. ?
Pourquoi on le punit ainsi. ?
Pourquoi il n'a pas de lunettes. ?
Pourquoi il a faim. ?
Est-ce l'école que nous voulons ?
(texte repris d'une diffusion de la liste contre base élève de L'Aveyron)
Groupe Départemental 44, Revue L'Emancipation Syndicale & Pédagogique-
Emancipation Tendance intersyndicale
c/o FSU - 8 place de la Gare de l'Etat - 44276 Nantes cédex 2
emancipationgd44@no-log.org
http://www.emancipation.fr/emancipa/
http://pays-de-la-loire.emancipation.fr/
à Janine Thombrau
De eelisa
Délinquante au coin de la rue | 17H07 | 15/06/2008 |
Merci de diffuser ce texte.
Ca ressemble à ces films de « science-fiction » qu'on regardait au siècle dernier : « soleil vert, 1984 etc…
Films que l'on regardait en se disant “mais non… c'est n'importe quoi ! ”
à eelisa
De re-belle
mère au foyer | 17H28 | 15/06/2008 |
soleil vert c'est en 1973 ! ! ! …une fiction de l'an 2022 ! ! ! …
à re-belle
De eelisa
Délinquante au coin de la rue | 17H30 | 15/06/2008 |
Oui je sais bien, donc au siècle dernier !
à re-belle
De YAJ
enseignante retraitée, non remplacé... | 22H10 | 15/06/2008 |
Elisa parlait du livre « 1984 »…..de HG Wells je crois
OUPS c'est de Orwell comme m'a fait remarquer un opain !
De hagalma
17H35 | 15/06/2008 |
Ca se passe dans une école élémentaire, dite école d'application, dans un quartier que d'aucun qualifiera de bobo. Le soir du treize, aucune manif, ni banderole, encore moins de sac de couchage. Le quartier vote à gauche, la 607 noire du député socialiste y est présente les soirs d'élection, et le pourcentage des listes de la gauche non gouvernementale est loin d'être anecdotique.
Alors quoi ? ! Du folklore ?
Et puis l'été va venir là-dessus.
Et puis la rentrée…à 35 mouflets par classe. Encore du folklore ?
De Emgann
présent | 18H36 | 15/06/2008 |
Vous aurez remarqué : pas ou très peu d'info dans l'ensemble de la presse sur la casse des hôpitaux ( Rue 89 y compris )comme sur les façons de montrer l'opposition aux mesures Darcos qui sont bien là, des programmes alourdis et très mal alourdis, des stages pendant les vacances refusés par la quasi-totalité des enseignants et un remaniement de la semaine scolaire qui n'est pas inintéressant mais balancé dans l'urgence avec le message « démerdez - vous ! »
Si certains pensent que la façon de lutter est parfois mal pensée, ela n'enlève rien à la nécessité de se battre contre le désordre et l'incohérence qui nous sont imposés ! ! !