Depuis vingt-quatre heures, Rue89 est littéralement submergée par vos commentaires sur les 53,4% de « non » irlandais au Traité de Lisbonne. Vos réactions mêlent colère, amertume et lassitude face à une Europe qui semble laisser ses habitants au bord de la route. Revue des dix raisons que vous avez de ne pas la soutenir.

L'Europe nous appauvrit
Cette première critique revient fréquemment dans les commentaires : l'Europe à vingt-sept ouvre encore un peu plus au vent mauvais de la mondialisation. Fuel_Injected le résume en une formule :
« J'en veux pas de leur Europe à trois francs et six sous qui délocalise à tombeau ouvert ! “
En anglais dans le texte, Madiran, ‘business analyst’, met cause le ‘deux poids, deux mesures’ de la construction européenne :
‘Notez que, d'un côté, le traité parle seulement de business et pas des droits des gens… Tandis que, de l'autre, le Royaume-Uni et la Suède ont choisi de rejeter l'Euro par exemple, et personne ne les menace. Ce non’ ne choque pas l'Europe, il choque Bruxelles.”
L'Europe risque de nous appauvrir
Une nuance dans cette critique économique avec Persée, arpenteur. Pour ce riverain, c'est la perspective de ne plus profiter des avantages économiques apportés par l'Europe qui a, au contraire, motivé le “non” irlandais :
“Les Irlandais ont voté non parce qu'ils veulent pouvoir continuer à faire du dumping fiscal. Pour eux, comme pour les Anglais, l'Europe, c'est un carcan législatif qui va introduire une réglementation plus sociale sur un marché du travail et une économie dérégulés.Pour les Français, c'est carrément l'inverse. On a dit non parce qu'on a eu le sentiment que l'Europe n'allait pas nous protéger, que les différents règlements allaient niveler vers le bas notre niveau de protection sociale et accroître la dérégulation de l'économie.”
L'Europe à 27 pays membres, c'est trop grand
Emachedé est convaincu que le processus d'élargissement entamé en 1995 (Union européenne à quinze), puis étendu en 2004 aux voisins de l'Est, a été fatal au projet politique :
“De toute manière à douze, on ne pouvait pas se mettre d'accord, alors à vingt-sept pays… Déjà que nous étions handicapés par les Anglais, taupe des Etats-Unis, mais avec les nouveaux pays de l'Est, dont l'entrée n'a jamais été soumise à référendum, cela ne pouvait que déstabiliser une Europe aux fondations fragiles.”
L'argument est repris par Ferdinand Bardamu, sans étiquette, pour qui la faiblesse politique profite à la domination économique :
“Déjà, être vingt-sept, c'est l'erreur. Cela est parti d'une volonté de diluer l'Europe pour en empêcher la construction politique. Cet élargissement infini est la preuve même que le seul et unique but de cette Europe libérale est de mettre en place un grand marché patronal ou les sans-grades se battent entre eux pour le plus grand bien des multinationales.”
L'Europe basée sur un traité illisible et incompréhensible, ce n'est pas démocratique
L'impression d'une coupure profonde entre la classe politique européenne et les électeurs s'incarnent dans l'objet même du référendum. Pour Childeric, le texte du traité de Lisbonne pervertit l'exercice de la citoyenneté :
“Des parlementaires qui votent le contraire de leur peuple, ça pourrait bien plus ressembler à de l'élitisme de classe, n'est ce pas ? Quant à parler de ‘complication plus qu'il n'y parait’, appliquez-le au traité proposé qui est illisible pour le commun des citoyens, cela s'apparente plus à de l'antidémocratie et on peut y soupçonner une arnaque, à juste titre.”
L'Europe version Lisbonne affaiblit la souveraineté nationale
Pour elisa33, l'échec de cette nouvelle consultation repose aussi sur le réflexe patriotique. A l'appui de sa démonstration, elle cite la députée européenne irlandaise Kathy Sinnott, fortement engagée dans la campagne du “non” :
“Mme Sinnot souligne que l'Irlande perdra sa neutralité militaire, statut à laquelle le peuple irlandais reste fortement attaché. Elle évoque une clause du traité qui stipule que ‘les Etats membres devront progressivement améliorer leurs capacités militaires’ et ajoute que ‘même si le Traité de Lisbonne nous donne un droit de veto permettant de refuser l'envoi de soldats irlandais dans tel ou tel point chaud sous le drapeau de l'UE, on n'aurait pas le droit de s'écarter de la course aux armements européenne'.’
Un avis repris par Job, qui a consulté le ‘site du principal mouvement organisé du Non…’ qui détaille les ‘huit raisons de voter non à Lisbonne’, dont la première est sans ambiguïté :
‘Cela créé un Président et un ministre des Affaires étrangères non élus.’
L'Europe actuelle est dirigée par des politiques de droite
L'Europe serait-elle aussi victime de son ancrage conservateur ? C'est le reproche de Glencc, qui constate que le mécanisme institutionnel de Bruxelles ne favorise pas le pluralisme politique :
‘La Commission européenne est nommée par le Conseil de l'Union européenne qui regroupe les ministres des gouvernements de chacun des Etats membres, puis le Parlement européen approuve ensuite cette nomination. Tant que nous élirons des décisionnaires de droite aux hautes fonctions européennes, l'Europe restera à droite. Vous voulez que l'Europe change ? Changez ses dirigeants !
L'Europe trébuche sur la méthode référendaire
Le thème du déficit démocratique est très souvent avancé par les détracteurs des traités européens. Mais le référendum est-il bien le mode de consultation le moins contestable ? Question de méthode, comme le souligne Djoole, en démission, dont l'argument est fraîchement débattu par les riverains :
Je ne pense pas que le référendum soit le plus approprié pour ce type de décision. C'est un choix qui demande à mon avis du recul, de l'expérience, une vision large des enjeux et des conséquences. Je ne crois pas que le peuple, dont je fais partie, soit à même d'avoir ce recul. Nous votons avec nos émotions, nos ressentis, avec en ce moment nos difficultés dues à la crise du pétrole. Nous ne répondons pas, le plus souvent, à la question posée mais nous en profitons pour faire part de notre mécontentement sur une foule d'autres choses !
Autrement dit, dans un référendum, on ne répond pas à la question posée mais à celui qui la pose. Pour Sinclair, c'est plutôt la répétition du scénario de 2005 qui se dessine :
Ce traité couronnait une déception. Il consacrait a peu de frais, en présentant autrement le même traité refusé par les Français et les Hollandais, les mêmes erreurs.’
L'Europe ne prend pas en compte les mentalités locales
L'argument revient à chaque fois dans le discours des opposants à la construction européenne : Bruxelles ne respecte pas le cours des habitudes et idéologies locales. Ludivine van de Spock, journaliste scientifique vulcano-belge, rappelle cette dimension du repli identitaire :
‘Certes, c'est bien qu'un autre peuple européen dise non aux traités imposés d'en haut dans une logique technocratique. C'est bien que les Irlandais disent non à l'Europe ultralibérale et incapable de défendre les industries européennes. Mais je n'oublie pas que le non irlandais inclut aussi des sentiments moins nobles et humanistes, comme le refus de l'avortement par exemple…’
Alfary reprend l'argument, en lui donnant une autre dimension, presque méta-politique… comme si l'époque actuelle avait le plus grand mal à construire du politique :
‘Le vote irlandais est-il un retour fracassant du besoin d'utopie ? Peut-être bien, à considérer que celle-ci est la résistance permanente au marché et à l'esprit de consommation. Peut-être bien, à supposer que les clercs ont trahi et que des institutions, fussent-elles assommantes de beauté ingénieuse, ne combleront d'aise que les seuls praticiens.’
En somme, les politiques européens doivent apprendre à nous faire rêver.
L'Europe est aussi victime de ses propres partisans
Parfois, les pro-européens fournissent aussi de bons arguments à tout ceux qui doutent de la légitimité de la construction européenne. Siko, étudiant à Bruxelles, a beaucoup de mérite à argumenter face aux riverains, y compris lorsqu'il détaille ce qu'il nomme les ‘points faibles et les flous du traité’ :
‘- le report à 2014 au mieux, 2017 probablement, des dispositions institutionnelles les plus intéressantes (vote à la double majorité, réduction du nombre des commissaires…) ; - le statut de la Charte des droits fondamentaux, dont il est précisé qu'il est contraignant, mais par un simple article de renvoi (flou juridique) ; - le rôle de la libre concurrence, supprimée des objectifs du traité mais réintroduite dans un protocole sur la libre concurrence (toujours flou juridique) ; - l'articulation des compétences du Haut représentant pour les affaires étrangère et la politique de sécurité, et celles du Président de la Commission et du Président du Conseil européen (risque d'empiètement) ; - la négociation par le Royaume-Uni d'une extension de ses clauses d'opt-out’ à l'intégralité des dispositions relatives à l'Espace de liberté, sécurité, justice ; ‘
L'opt-out’ est la possibilité, inscrite en annexe d'un traité, de bénéficier d'exceptions à une règle commune.
L'Europe ne sait plus dans quelle direction se développer
Enfin, derrière les critiques, une réelle inquiétude se profile : où et comment l'Europe va-t-elle désormais pouvoir se construire ? Une interrogation partagée, quelles que soient les idées défendues. Ainsi, Marmotte64, super héros, qui dit avoir voté ‘oui’ au référendum français de 2005, exprime sa perplexité au sujet de ce nouveau référendum :
‘Il y a deux choses que je trouve inacceptables. D'une part, le fait de revenir avec un projet qui a déjà été refusé et sans prendre la peine de le présenter à ceux qui l'avaient rejeté : j'entends les Français ou les Hollandais qui avaient signifié par référendum leur refus.D'autre part, le fait que les citoyens, qui sont le primat de la démocratie soient écartés car (implicitement) trop cons pour donner un avis sur le sujet, créant de facto une scission (grave) entre le peuple et ses représentants pour un sujet fondamental’ (ne dit-on pas d'ailleurs qu'une Constitution est une ‘loi fondamentale’ ? ).”
Après ce troisième non, comment l'Europe va-t-elle pouvoir empêcher les divorces ? ► Lire aussi : Enrope : vos dix idées pour vous réconcilier.





















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à Dan51
De léo solo
13H30 | 15/06/2008 |
Mon voisin ,
un franco-métèque
prétend que
l » europe qui nous est proposée
c'est :
Je dépense
donc
je suis.
Il prétend aussi, qu'avec votre pensée camembert qui ne ne réfléchit pas plus haut qu'une fraction, vous ignorez que le bien commun a été inscrit dans le programme du CNR, acquis culturel honni par le marché.
De Leprivilégié
Serf de la World Company | 08H26 | 15/06/2008 |
« Europe : vos dix raisons de ne pas l'aimer »
En effet déjà le titre est équivoque. Il me fait penser aux propagandistes du « oui » à la constitution : Si vous êtes pour le non, vous n'aimez pas l'Europe ! Alors moi je leur répond si vous êtes pour le oui à cette europe libérale asservie à la « World Company », c'est que vous n'aimez pas les Européens.
Un peu plus haut un riverain conseille à un autre d'élire un autre député qui serait plus en phase avec ses idées européennes.
hélas à quoi bon, le non français et néderdanlais ont été foulés du pied.
Actuellement j'entends sur Europe 1, notre seul commissaire européen, Jacques Barrot, proposer des remèdes pour contourner le « non » irlandais. Le seul argument qu'il trouve, c'est que les irlandais n'ont pas compris et il vient de nier l'utilité démocratique de ce référendum !
M. Barrot, j'ai compris ce vous me proposez, je n'en veux pas.
J'aime l'Europe mais pas celle qu'ils me proposent.
Le coup d'état continue.
De hogan
actif | 08H28 | 15/06/2008 |
Lors du referendum français, une des principales critiques des partisans du « oui » à l'égard de ceux qui ont voté « non » était d'avoir voté pour des raisons n'ayant rien à voir avec le texte du traité, d'avoir voté « non » pour sanctionner le gouvernement.
Or, voilà que les tenants du « oui » reprochent aujourd'hui aux Irlandais de ne pas avoir tenu compte de tout l'argent qu'ils ont reçu de l'Europe pour voter « oui », en somme on leur reproche de ne pas avoir tenu compte de raisons n'ayant rien à voir avec le texte qui leur était soumis pour voter « oui ».
Tant que la politique de construction européenne sera faite de calculs de ce type (cf. le futur referendum français pour l'entrée de la Turquie), il ne faudra pas s'étonner que les peuples s'en aperçoivent et refusent alors de se laisser mainipuler.
De hogan
actif | 08H33 | 15/06/2008 |
Encore une chose, j'en ai marre d'entendre que si on vote « non » alors qu'il fallait voter « oui », ou encore si l'on s'oppose à une réforme gouvernementale en allant dans la rue, c'est parce-qu'on a pas compris.
C'est à chaque fois insultant, si les Français (et les autres) sont si cons, il faudrait peut-être être cohérent et leur retirer le droit de vote.
Ou alors, nos chers et tendres dirigeants devraient peut-être se dire qu'au contraire nous avons voté « non » parce-que nous avions justement très bien compris.
De Anny Paule
docteur en sciences de l'éducation | 08H49 | 15/06/2008 |
Les dix raisons énoncées sont assez justes et représentatives des discours de la rue… pas de ceux des médias ou des « élites »… Celles du Yéti, ne manquent pas non plus de pertinence.
Par contre Sacha je ne pense pas, hélas qu'il y ait de « recherche » de « points communs ». Pour moi, les « deux camps » (je crois qu'il faut nuancer, c'est bien plus complexe, mais cela peut, peut-être se comprendre comme le camp du OUI et celui du NON de gauche) se fondent sur deux visions de l'Europe et de la place à réserver aux Humains dans cette entité.
Pour les technocrates, les « élites » aux manettes, la vision est exclusivement utilitariste, financière, marchande, idéologique, et l'aspect humain est totalement absent du paysage. Les Hommes sont vus comme ce qui permet au grand capital d'arriver à ses fins… on raisonne en termes de « capital humain ».
Pour la gauche du NON, il y a une vision humaniste des choses, un respect des idées des Lumières et de la forme culturelle qui lui est assortie, un respect de la laïcité, de la Liberté (pas celle de la concurrence marchande ! ), un respect de la solidarité, un respect de la démocratie et du partage des pouvoirs… Cette Europe ne peut en aucun cas répondre à ces aspirations.
Le pouvoir européen prend le pas sur celui des nations européennes et impose sa loi inique. Il est aux mains de gens qui ne sont pas des élus : les seuls élus (déjà si loin des Peuples) sont les députés européens qui n'ont aucun réel pouvoir. Ceux qui décident au nom de nous tous, ce sont les membres de la Commission et du Conseil… Il n'est aucun partage des pouvoirs.
Ce qui est extrêmement dangereux, c'est que l'ensemble des décisions satisfont à la demande expresse d'une infime minorité toute puissante, et négligent les 93% de la population salariée ou assimilée… c'est que l'écart se creuse de façon incommensurable, entre les riches, très, très riches, et les autres, appelés à devenir de plus en plus pauvres.
Penser l'avenir, c'est penser un avenir commun, un avenir pour tous, indépendamment du milieu social… Songeons au recul (contraire à la raison la plus élémentaire, contraire au sens commun, à l'intérêt général) dont nous faisons les frais dans les domaines de la santé, de l'éducation, des transports publics, de l'eau, de l'énergie… au nom de la libre concurrence, de la progression des « chiffres » pour un tout petit nombre d'immenses sociétés mondialisées !
Laisser continuer dans ce sens, c'est courir à une ruine commune, c'est faire le jeu de quelques uns aux dépens de tous les autres. L'Europe qui nous est proposée (pour ne pas dire imposée alors qu'on nous a privés du droit d'exprimer notre volonté) c'est une Europe invivable pour le plus grand nombre, c'est celle de la revanche des « Gros » qui ne supportaient pas que les « petits » puissent jouir d'une certaine qualité de vie, de l'accès à la culture… c'est celle du mépris social !
Il serait grand temps que tout soit remis à plat, qu'on cesse d'agglutiner des pays sans demander aux peuples ce qu'ils souhaitent, qu'on rféléchisse à ce que serait une Europe harmonieuse, une Europe de paix sociale… Nous allons droit vers une dictature de l'argent et nous nous éloignons chaque jour davantage des idéaux démocratiques.
De TARPON
08H55 | 15/06/2008 |
La 11 eme raison est d'avoir un demi fou à la tete de la BCE .Trichet est obsedé par l'inflation et l'euro.Sa politique mene à l'appauvrissement economique de l'europe .Un europe à deux tetes ça ne marche pas ,surtout avec des gens uniquement preoccupés de leur aura personnelle.
En tout cas,le nom des Irlandais va avoir au moins un element positif ,la non reelection de Barroso .
à TARPON
De Dan51
13H05 | 15/06/2008 |
Heureusement qu'il y a la BCE et un type comme Trichet à sa tête.
En 25 ans, j'ai vu le Franc se déprécier constamment face au Mark allemand, qui était devenu monnaie d'échange dans toute l'Europe de l'Est et dans de nombreux autres pays - pas le Franc.
L'Euro est en train de le devenir au détriment du dollar.
Pourquoi le Mark et pas le Franc ?
Parce que la Banque allemande était INDEPENDANTE et la Banque de France soumise aux aléas de la politique qui faisait fonctionner la « planche à billets » pour résoudre les problèmes dus à ses incompétences.
Cette époque est définitivement finie, heureusement ! ! ! !
Un tout « petit détail » :
Avec la même BCE, le même « Trichet », l'Allemagne est champion du monde des exportations devant la Chine et les USA, avec en 2007 plus de 200 milliards d'excédents et la France 39 milliards de déficits.
Il faudrait arrêter de se voiler la face…
à Dan51
De la champenoise
15H54 | 15/06/2008 |
@ Dan51
Un petit détail que vous semblez avoir oublié : qui était à la tête de la Banque de France, sinon ce même Trichet que vous encensez ?
à la champenoise
De Dan51
17H59 | 15/06/2008 |
Vous avez la vue très courte… chère champenoise.
Je parle du temps depuis 1973 et là, M. Trichet, n'était pas en cause.
De plus je n'encense nullement M. Trichet. Lui ou un autre, cela m'est égal.
C'est du fonctionnement de la BCE dont je parlais. L'indépendance du pouvoir politique est essentielle pour son bon fonctionnement.
De icosium
08H57 | 15/06/2008 |
Européen oui mais pas avec n'importe qui de telle sorte que l'élargissement de 2004 que je n'ai pas accepté et que je n'accepterai jamais m'a conduit à voter négativement en 2005. Comprenne qui le voudra ! !
à icosium
De Sacha25
09H09 | 15/06/2008 |
Chacun a sa définition des frontières de l'Europe
Pour vous, manifestement, le fait d'avoir été contraint à être communiste et de refuser de rester pauvre en voulant être libres comme les autres exclut ces gens là de l'Europe. Pour d'autres, c'est le Bosphore.
Chacun voit midi à 14 heures (sourire), comme dit la proverbe
à icosium
De Gotch
ancien ouvrier de la banque | 14H10 | 15/06/2008 |
L'élargissement qui était inacceptable était celui du 1er janvier 1973, où malheureusement parmi les 3 nouveaux membres figurait la Grande-Bretagne, avec beaucoup d'exigences, financières et commerciales (dont la « présence » du Commonwealth intégré comme s'il faisait partie de l'Union). La Grande-Bretagne voulait à tout prix une Communauté, comme elle s'appelait alors, dont les seuls enjeux fussent commerciaux. Une Europe politique était d'avance pour elle une ennemie contre qui lutter de toutes ses forces.
Voter négativement en 2005 était logique, mais il fallait déjà rejeter tous les autres accords depuis 1972. Malheureusement, cela aurait été gênant pour l'Irlande et le Danemark, qui firent leur entrée chez les « Grands » en même temps que les sujets de la Reine.
à Gotch
De la champenoise
16H03 | 15/06/2008 |
@ Gotch
Entièrement d'accord avec vous.
Il me semble me souvenir que le Général de Gaulle ne voulait pas l'entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché Commun de l'époque. Et je ne peux m'empècher de penser qu'il avait entièrement raison.
La Grande-Bretagne n'est que le pion avancé des Etats-Unis qui poussent maintenant de toutes leurs forces pour que l'Europe intègrent la Turquie. Réfléchissons un peu, quel est donc l'intérêt des Etst-Unis à cela ?
à la champenoise
De Béatrice1
| 17H05 | 15/06/2008 |
Manifestement vous êtes convaincue que les Britanniques sont trop cons pour avoir leurs propres convictions !
Et puisqu'on en est aux arguments intelligents, comme les Etats-Unis étaient contre le TCE et le traité de Lisbonne, en toute logique vous auriez dû militer pour le oui !
à Béatrice1
De marc23
17H56 | 15/06/2008 |
Beatrix1
Où avez-vous vu que les USA étaient contre le TCE et Lisbonne ? Pure propagande !
Ces deux traités leur conviennent au contraire parfaitement : ils confondent l'UE avec l'OTAN.
à marc23
De glaurent
ingénieur info | 19H21 | 15/06/2008 |
Où avez-vous vu que les USA étaient contre le TCE et Lisbonne ? Pure propagande !
… que j'aime ces affirmations subtiles et étayées par une recherche approfondie.
Je vous suggère la lecture de cet article de William Kristol dans le Weekly Standard, datant de juin 2005 (mais en fait juste avant le référendum du TCE, vu les délais de parution) :
http://www.weeklystandard.com/Content/Public/Articles/000/000/005/667eqe…
Comme manifestement la recherche d'information n'est pas votre point fort, je vous fait un topo rapide : Kristol est l'un des personnages principaux du courant néo-conservateur américain, et à coté du Weekly Standard, le Figaro ressemble à l'Huma.
(mais surtout ne vous sentez pas obligé de me croire, hein, je ne suis sûrement qu'un odieux propagandiste)
Kristol considère, comme la gauche à l'époque, que le « non » au TCE serait un « non d'espoir ». Simplement il n'espère pas les mêmes choses : « This is a moment of hope--for the prospects for a strong, pro-American, pro-liberty, more or less free-market and free-trade, socially and morally reinvigorated Europe. »
« C'est un moment d'espoir - d'espoir d'une Europe forte, pro-américaine, pour la liberté, avec un marché et un commerce libre, socialement et moralement revigorée ».
Les néo-conservateurs ont applaudi le « non » au TCE, parce que tout comme les anglais ils trouvaient le traité trop centralisateur et socialiste.
à glaurent
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 10H02 | 16/06/2008 |
Oui, c'est vrai, les anglais et les américains ne le trouvait pas assez libéral. Et les nonistes de gauche pas assez social… Comprenne qui pourra.
Il n'en reste pas moins que le neoconservatisme américain est un piètre libéral et qu'il n'a rien compris à ce mot. C'est vrai de dire qu'il confond individualisme avec égoïsme, question pourtant essentielle pour sa transcendance. En reproduisant cette erreur, le libéralisme ne pourra jamais s'inscrire dans une réflexion sur l'universalité d'un système et des peuples libres.
Il a raté sa mue dans les années 90. Merci Reagan, merci Bush père. Il a voulu être ultra-libéral. Il a fini stalinien. Warf !
Bande de noeuds.
Blaise, libertarien pratiquant.
à glaurent
De marc23
10H31 | 16/06/2008 |
glaurent
Amusants vos sarcasmes assénés de haut à un misérable ver de terre.
Vous , vous faites des recherches approfondies : vous avez trouvé un neocon qui a écrit dans un journal un article contre le TCE : bravo ! !
Moi, je me base sur les déclarations officielles, gouvernementales, et sur les actes. Ceux-là vont tous dans le même sens : une collusion totale entre l'Europe libérale, celle du TCE et du nouveau traité « simplifié » avec l'OTAN, instrument américain : c'est prévu en toutes lettres dans le traité et c'est une des raisons majeures qui ont poussé l'Irlande à voter non : l'abandon de sa neutralité.
Toutes les diplomaties de cette Europe sont calquées sur celle des USa : Palestine, Kosovo, etc..
Votre ton désagréable, votre arrogance ne remplacent pas la réflexion. Vos recherches fonctionnent à sens unique : justifier vos a-priori idéologiques. Je n'appelle pas ça de la recherche.
A plus tard peut-être si vous apprenez la politesse.
à marc23
De glaurent
ingénieur info | 14H09 | 16/06/2008 |
Moi, je me base sur les déclarations officielles, gouvernementales, et sur les actes.
Lesquels ? Soyez précis.
c'est prévu en toutes lettres dans le traité et c'est une des raisons majeures qui ont poussé l'Irlande à voter non : l'abandon de sa neutralité.
Là encore, où ? Dans quel article ? Une rapide recherche donne l'article 42 :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i0439.asp#P696_81419
« La politique de l'Union au sens de la présente section n'affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres, elle respecte les obligations découlant du traité de l'Atlantique Nord pour certains États membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) et elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre. »
Autrement dit : les états membres faisant partie de l'OTAN continuent d'y honorer leurs obligations, les autres ne sont pas concernés. Aucune obligation ni remise en cause de la neutralité. Jean Quatremer évoque la question ici :
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2008/06/la-prdominance.ht…
L'abandon de la neutralité est un mythe du même acabit que le retour de la peine de mort ou le droit de lock-out pour les patrons, qui circulaient sur le TCE.
Toutes les diplomaties de cette Europe sont calquées sur celle des USa : Palestine, Kosovo
Là encore, quels actes diplomatiques précisément ? Au hasard, pensez-vous que la France a accueilli Arafat lorsqu'il était malade sur demande des US ? : -)
Votre ton désagréable, votre arrogance ne remplacent pas la réflexion. Vos recherches fonctionnent à sens unique : justifier vos a-priori idéologiques. Je n'appelle pas ça de la recherche.
Comme souvent avec les dogmatiques, vous reprochez à votre contradicteur un comportement qui est en fait très exactement le votre.
Je calque mon ton sur celui que vous employez. Quant à votre reflexion ou votre recherche, j'attends encore d'en voir la trace, mais je comprend qu'il soit plus confortable de ne même pas justifier ses a priori idéologiques.
à glaurent
De marc23
15H28 | 17/06/2008 |
trêve d'hypocrisie :
D'une part, « les États membres s'engagent à
“améliorer progressivement leurs capacités militaires ” (le seul domaine où les
États sont incités à augmenter leurs dépenses publiques ! ) ; d'autre part,
“ l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord reste, pour les États qui en sont
membres, le fondement de leur défense commune et l'instance de sa mise en oeuvre”
“Certains prétendent que les Etats-Unis resteraient opposés à l'Europe de la défense, car celle-ci affaiblirait l'OTAN. Cela ne semble plus vrai. Les récentes déclarations de hauts responsables américains, à Paris et à Londres, indiquent que Washington, conscient des défis que nous devons affronter ensemble, reconnaît la nécessaire complémentarité des deux organisations. La confiance se construit sur la durée et dans la réciprocité : notre ouverture à l'égard des Etats-Unis et le soutien américain à une Union européenne assumant ses responsabilités de manière autonome avance de pair.”
“L'Europe de la défense et l'ancrage atlantique sont les deux volets d'une même politique de défense et de sécurité.”
(Tribune du Ministre des Affaires Etrangères et Européennes, M. Bernard Kouchner, dans le quotidien “Le Monde”)
à la champenoise
De Dan51
18H01 | 15/06/2008 |
Voyez-vous, là je suis totalement d'accord avec vous.
De levraidebat
09H37 | 15/06/2008 |
Vous avez bien cerné pourquoi les peuples ne supportent plus cette Europe, prison des peuples, cercueil libéral antidémocratique qui échoue sur tout.
Vous auriez pu ajouter à cette liste l'arrogance insupportable des « élites » européennes et de leurs dérivés nationaux UMPS MOdem, ainsi que leur mépris absolu des peuples, pas aptes à comprendre et à voter dans le bon sens…
le NON irlandais nous donne entre 6 et 18 mois de délai, on va se battre.
Un plan d'action concret et efficace bientôt défini sur http://www.levraidebat.com
A suivre !
De oui ben non
09H37 | 15/06/2008 |
J'ai beau chercher, je n'ai rien trouvé sur le traité de Lisbonne.Et pourtant je lis la presse. Rien dans Gala, rien dans Closer, rien dans Voici. Vous êtes sûr qu'il existe ce traité de Lisbonne ? Ce serait pas un « attrape couillon », par hasard ?
De le _grand_clown_malade
if 6 was 9 | 09H37 | 15/06/2008 |
La question de l'Europe a l'air de passionner les foules et j'en suis surpris, agréablement.
Depuis que j'ai lu quelques passages du TCE, dont je n'ai rien compris parce que exclusivement économiques et marchands,je me demande pourquoi le concept de la constitution arrive à être autant galvaudé.
Je me dis, après tous ces débats, qu'en fait les auteurs du TCE et du traité de Lisbonne n'ont pas « éludé » ces questions ultra-importantes. Non, en fait ils ne les connaissent pas !
Si à aucun moment, on ne fait état des populations dans un cadre humain et philosophique, par exemple les Droits de l'Homme et de la Femme, c'est parce que ce n'est pas leur « culture ».
Je ne vois que cette explication après moultes réflexions et lectures, ce n'est pas leur culture. Nous avons élaborer ce traité en fonction de notre culture prépondérante : le fric et le pouvoir.
Lorsque que j'aborde sous cet angle de vue, je m'explique d'autant mieux les points détaillés par l'article : Que du business, pas d'humain, pas de social, pas d'élections, souveraineté nationale etc..
Ca prend tout son sens. Mais c'est bien sur !
De Gotch
ancien ouvrier de la banque | 09H42 | 15/06/2008 |
Des raisons pour s'opposer à l'Union Européenne telle qu'elle est :
1 – Elle n'est pas le fruit d'un consensus entre plusieurs nations, mais d'une demande d'adhésion au niveau intergouvernemental. Dans les faits, on demandera l'avis des Européens pour la Turquie, mais pas pour les autres. Anomalie grossière.
2 – Elle est aux petits soins pour un système économique, pour lequel les traités ont la part belle, alors que les choses les plus importantes (social, droits de l'homme, environnement… ) sont assorties de clauses évasives qui les rendent inopérantes et sans valeur.
3 – Les politiques culturelles, salariales, juridiques, environnementales qui auraient un besoin de coordination au moins minimale sont soit ignorées, soit réduites à des concessions inadmissibles.
4 – Les politiques étrangère et de défense communes sont sont inexistantes, soit confiées à un intervenant extérieur, les Etats-Unis d'Amérique, soit laissées à l'appréciation des membres, sans aucune coordination européenne, ni clause de sauvegarde en cas de débordement d'une politique sur un pays tiers.
Voilà. Pour le moment, c'est ce que je vois, il y a sûrement d'autres dossiers où le bât blesse durement.
Les recherches continuent.
De oui ben non
09H50 | 15/06/2008 |
@ breizhatao35
« Enfin que faites vous de la démocratie »
La démocratie comprise comme une dictature de la majorité » sur les minorités ne peut rien apporter à l'Europe. Surtout quand cette majorité est en fait une minorité agissante.
Mais ce n'est pas grave, je vais continuer à lire Gala…
De kitopabe
10H37 | 15/06/2008 |
bonjour à tous
en tout cas une chose est sur quand on regarde bien c'est que ceux qui veulent l'europe ce sont les plus nantis et quand on demande l'avis des masse populaire on se rend compte que là une grande majorité n'en veux pas de cette europe et que si l'on faisait un référendum pour ou contre rester dans l'union européenne à mon avis il n'y aurais pas photo on en sortirai tout de suite et franchement ça ne serais pas un mal
De glaurent
ingénieur info | 10H45 | 15/06/2008 |
Petit détail à propos du discours ambiant ayant pour thème « un gouvernement d'élites vs. le peuple », qui fustige un gouvernement bureaucratique qui agit en dépit de la volonté exprimée des citoyens.
C'est très précisément le discours de la droite ultra-libérale, particulièrement aux US, depuis Reagan : « le gouvernement est le problème, le peuple est la solution ».
Recherchez la définition du terme « libéralisme », c'est promouvoir la liberté du peuple contre un gouvernement écrasant. En particulier, sur le plan économique, la liberté d'entreprendre et de commercer, liberté que le gouvernement n'a pas à réguler, et ne doit pas réguler parce que c'est bon pour l'économie : le peuple sait mieux que le gouvernement comment dépenser l'argent qu'il a gagné. Ou, pour être encore plus dans le ton : le peuple sait mieux que des technocrates coupés des réalités comment utiliser l'argent qu'il a tant peiné pour gagner.
Et si ce discours mène à la situation actuelle, ça n'est pas parce que des multinationales complotent pour faire du peuple un amas de consommateurs dociles, c'est parce qu'entre un livre et une paire de baskets vendues avec un peu de rêve autour, on préfère les baskets. Le marketing connaît assez bien les boutons sur lesquels appuyer, que ce soit pour vendre des fringues ou un programme electoral.
Pas besoin de complot, le peuple est une victime consentante. Et c'est le rôle d'un gouvernement de réguler ces excès, de consacrer des ressources à des choses pour lesquelles personne ne voterai. Chaque soir, le référendum de l'audimat dit que le peuple préfère TF1 à arte. Le gouvernement continue pourtant de financer cette dernière.
Il est normal, et souhaitable, que parfois les décisions du gouvernement prennent le pas sur celles du peuple. Et ceux qui lui chantent que ses décisions sont toujours bonnes le font rarement dans son propre intérêt.
De Anthropia
11H04 | 15/06/2008 |
L'Europe, je l'aime.
Plus jeune, j'en ai appris trois langues, juste parce que je souhaitait pouvoir me balader en comprenant mes voisins.
Alors, j'en veux à l'Europe de m'avoir obligée à voter non au traité, parce que cette démocratie au troisième degré ne fait que susciter une illusion d'optique démocratique.
Que certains puissent encore imaginer refaire voter les Irlandais, c'est une affreuse caricature du pire.
Tant que le gouvernement européen ne sera pas élu au suffrage universel, il n'entendra pas le peuple.
http://anthropia.blogg.org
à Anthropia
De Dan51
18H13 | 15/06/2008 |
Vous écrivez :
« Tant que le gouvernement européen ne sera pas élu au suffrage universel, il n'entendra pas le peuple. »
C'est un LEURRE franco-français. La France s'arrête de vivre pendant 2 ans en attendant l'élection de SON Président au suffrage universel. Cette élection n'a RIEN de démocratique.
Elle est uniquement faite par et pour une couche de la population qui en profite : finance, entreprises, médias, etc… et les électeurs - absolument pas formés à l'exercice de la démocratie en France - contrairement à d'autres pays en Europe, votent comme on le leur dit à grand coups de « sondages » dont les propriétaires sont les « amis » de ceux qui sont au pouvoir - UMP-PS, la si belle « alternance »… Si tu ne veux pas le noir, tu prends le rouge, si tu ne veux pas le rouge, tu prends le noir… Il n'y a qu'en France que l'on voit cela !
C'est comme les syndicats qui sont financés par les patrons. Il y avait une interview intéressante d'un responsable de SUD dans le Marianne de cette semaine.
En politique c'est exactement pareil. UMPS, c'est la même chose.
Croire qu'un gouvernement élu au suffrage universel soit plus démocratique est un grave leurre.
Je vis dans un pays - l'Allemagne - où la constitution protège le pays de toute dérive, ils en ont assez bavé pendant la dictature passée. Et jamais ils n'auront d'élection de leur président au suffrage universel, heureusement. Et pourtant le Président actuel jouit d'un grand respect dans le pays, il est approuvé par environ 80% de la population.
La France et sa constitution ont les bras grand ouverts pour un prochain dictateur.
J'ai étudié ces 2 constitutions en détail lors de mes études, c'est effarant. Et les Français qui ne regardent jamais hors de leurs frontières ne s'en aperçoivent même pas. La classe au pouvoir leur raconte ce qu'elle veut et ils gobent…
A quand la formation politique dès l'école maternelle pour apprendre à être CRITIQUE et non pas tout avaler de la part d'un « supérieur » ? ? ?