Revue de commentaires

Europe : vos dix raisons de ne pas l'aimer

Depuis vingt-quatre heures, Rue89 est littéralement submergée par vos commentaires sur les 53,4% de « non » irlandais au Traité de Lisbonne. Vos réactions mêlent colère, amertume et lassitude face à une Europe qui semble laisser ses habitants au bord de la route. Revue des dix raisons que vous avez de ne pas la soutenir.

José Manuel Barroso, le 13 juin 2008 (Francois Lenoir/Reuters).

L'Europe nous appauvrit

Cette première critique revient fréquemment dans les commentaires : l'Europe à vingt-sept ouvre encore un peu plus au vent mauvais de la mondialisation. Fuel_Injected le résume en une formule :

« J'en veux pas de leur Europe à trois francs et six sous qui délocalise à tombeau ouvert ! “

En anglais dans le texte, Madiran, ‘business analyst’, met cause le ‘deux poids, deux mesures’ de la construction européenne :

‘Notez que, d'un côté, le traité parle seulement de business et pas des droits des gens… Tandis que, de l'autre, le Royaume-Uni et la Suède ont choisi de rejeter l'Euro par exemple, et personne ne les menace. Ce non’ ne choque pas l'Europe, il choque Bruxelles.”

L'Europe risque de nous appauvrir

Une nuance dans cette critique économique avec Persée, arpenteur. Pour ce riverain, c'est la perspective de ne plus profiter des avantages économiques apportés par l'Europe qui a, au contraire, motivé le “non” irlandais :

“Les Irlandais ont voté non parce qu'ils veulent pouvoir continuer à faire du dumping fiscal. Pour eux, comme pour les Anglais, l'Europe, c'est un carcan législatif qui va introduire une réglementation plus sociale sur un marché du travail et une économie dérégulés.

Pour les Français, c'est carrément l'inverse. On a dit non parce qu'on a eu le sentiment que l'Europe n'allait pas nous protéger, que les différents règlements allaient niveler vers le bas notre niveau de protection sociale et accroître la dérégulation de l'économie.”

L'Europe à 27 pays membres, c'est trop grand

Emachedé est convaincu que le processus d'élargissement entamé en 1995 (Union européenne à quinze), puis étendu en 2004 aux voisins de l'Est, a été fatal au projet politique :

“De toute manière à douze, on ne pouvait pas se mettre d'accord, alors à vingt-sept pays… Déjà que nous étions handicapés par les Anglais, taupe des Etats-Unis, mais avec les nouveaux pays de l'Est, dont l'entrée n'a jamais été soumise à référendum, cela ne pouvait que déstabiliser une Europe aux fondations fragiles.”

L'argument est repris par Ferdinand Bardamu, sans étiquette, pour qui la faiblesse politique profite à la domination économique :

“Déjà, être vingt-sept, c'est l'erreur. Cela est parti d'une volonté de diluer l'Europe pour en empêcher la construction politique. Cet élargissement infini est la preuve même que le seul et unique but de cette Europe libérale est de mettre en place un grand marché patronal ou les sans-grades se battent entre eux pour le plus grand bien des multinationales.”

L'Europe basée sur un traité illisible et incompréhensible, ce n'est pas démocratique

L'impression d'une coupure profonde entre la classe politique européenne et les électeurs s'incarnent dans l'objet même du référendum. Pour Childeric, le texte du traité de Lisbonne pervertit l'exercice de la citoyenneté :

“Des parlementaires qui votent le contraire de leur peuple, ça pourrait bien plus ressembler à de l'élitisme de classe, n'est ce pas ? Quant à parler de ‘complication plus qu'il n'y parait’, appliquez-le au traité proposé qui est illisible pour le commun des citoyens, cela s'apparente plus à de l'antidémocratie et on peut y soupçonner une arnaque, à juste titre.”

L'Europe version Lisbonne affaiblit la souveraineté nationale

Pour elisa33, l'échec de cette nouvelle consultation repose aussi sur le réflexe patriotique. A l'appui de sa démonstration, elle cite la députée européenne irlandaise Kathy Sinnott, fortement engagée dans la campagne du “non” :

“Mme Sinnot souligne que l'Irlande perdra sa neutralité militaire, statut à laquelle le peuple irlandais reste fortement attaché. Elle évoque une clause du traité qui stipule que ‘les Etats membres devront progressivement améliorer leurs capacités militaires’ et ajoute que ‘même si le Traité de Lisbonne nous donne un droit de veto permettant de refuser l'envoi de soldats irlandais dans tel ou tel point chaud sous le drapeau de l'UE, on n'aurait pas le droit de s'écarter de la course aux armements européenne'.’

Un avis repris par Job, qui a consulté le ‘site du principal mouvement organisé du Non…’ qui détaille les ‘huit raisons de voter non à Lisbonne’, dont la première est sans ambiguïté :

‘Cela créé un Président et un ministre des Affaires étrangères non élus.’

L'Europe actuelle est dirigée par des politiques de droite

L'Europe serait-elle aussi victime de son ancrage conservateur ? C'est le reproche de Glencc, qui constate que le mécanisme institutionnel de Bruxelles ne favorise pas le pluralisme politique :

‘La Commission européenne est nommée par le Conseil de l'Union européenne qui regroupe les ministres des gouvernements de chacun des Etats membres, puis le Parlement européen approuve ensuite cette nomination. Tant que nous élirons des décisionnaires de droite aux hautes fonctions européennes, l'Europe restera à droite. Vous voulez que l'Europe change ? Changez ses dirigeants !

L'Europe trébuche sur la méthode référendaire

Le thème du déficit démocratique est très souvent avancé par les détracteurs des traités européens. Mais le référendum est-il bien le mode de consultation le moins contestable ? Question de méthode, comme le souligne Djoole, en démission, dont l'argument est fraîchement débattu par les riverains :

Je ne pense pas que le référendum soit le plus approprié pour ce type de décision. C'est un choix qui demande à mon avis du recul, de l'expérience, une vision large des enjeux et des conséquences. Je ne crois pas que le peuple, dont je fais partie, soit à même d'avoir ce recul. Nous votons avec nos émotions, nos ressentis, avec en ce moment nos difficultés dues à la crise du pétrole. Nous ne répondons pas, le plus souvent, à la question posée mais nous en profitons pour faire part de notre mécontentement sur une foule d'autres choses !

Autrement dit, dans un référendum, on ne répond pas à la question posée mais à celui qui la pose. Pour Sinclair, c'est plutôt la répétition du scénario de 2005 qui se dessine :

Ce traité couronnait une déception. Il consacrait a peu de frais, en présentant autrement le même traité refusé par les Français et les Hollandais, les mêmes erreurs.’

L'Europe ne prend pas en compte les mentalités locales

L'argument revient à chaque fois dans le discours des opposants à la construction européenne : Bruxelles ne respecte pas le cours des habitudes et idéologies locales. Ludivine van de Spock, journaliste scientifique vulcano-belge, rappelle cette dimension du repli identitaire :

‘Certes, c'est bien qu'un autre peuple européen dise non aux traités imposés d'en haut dans une logique technocratique. C'est bien que les Irlandais disent non à l'Europe ultralibérale et incapable de défendre les industries européennes. Mais je n'oublie pas que le non irlandais inclut aussi des sentiments moins nobles et humanistes, comme le refus de l'avortement par exemple…’

Alfary reprend l'argument, en lui donnant une autre dimension, presque méta-politique… comme si l'époque actuelle avait le plus grand mal à construire du politique :

‘Le vote irlandais est-il un retour fracassant du besoin d'utopie ? Peut-être bien, à considérer que celle-ci est la résistance permanente au marché et à l'esprit de consommation. Peut-être bien, à supposer que les clercs ont trahi et que des institutions, fussent-elles assommantes de beauté ingénieuse, ne combleront d'aise que les seuls praticiens.’

En somme, les politiques européens doivent apprendre à nous faire rêver.

L'Europe est aussi victime de ses propres partisans

Parfois, les pro-européens fournissent aussi de bons arguments à tout ceux qui doutent de la légitimité de la construction européenne. Siko, étudiant à Bruxelles, a beaucoup de mérite à argumenter face aux riverains, y compris lorsqu'il détaille ce qu'il nomme les ‘points faibles et les flous du traité’ :

‘- le report à 2014 au mieux, 2017 probablement, des dispositions institutionnelles les plus intéressantes (vote à la double majorité, réduction du nombre des commissaires…) ; - le statut de la Charte des droits fondamentaux, dont il est précisé qu'il est contraignant, mais par un simple article de renvoi (flou juridique) ; - le rôle de la libre concurrence, supprimée des objectifs du traité mais réintroduite dans un protocole sur la libre concurrence (toujours flou juridique) ; - l'articulation des compétences du Haut représentant pour les affaires étrangère et la politique de sécurité, et celles du Président de la Commission et du Président du Conseil européen (risque d'empiètement) ; - la négociation par le Royaume-Uni d'une extension de ses clauses d'opt-out’ à l'intégralité des dispositions relatives à l'Espace de liberté, sécurité, justice ; ‘

L'opt-out’ est la possibilité, inscrite en annexe d'un traité, de bénéficier d'exceptions à une règle commune.

L'Europe ne sait plus dans quelle direction se développer

Enfin, derrière les critiques, une réelle inquiétude se profile : où et comment l'Europe va-t-elle désormais pouvoir se construire ? Une interrogation partagée, quelles que soient les idées défendues. Ainsi, Marmotte64, super héros, qui dit avoir voté ‘oui’ au référendum français de 2005, exprime sa perplexité au sujet de ce nouveau référendum :

‘Il y a deux choses que je trouve inacceptables. D'une part, le fait de revenir avec un projet qui a déjà été refusé et sans prendre la peine de le présenter à ceux qui l'avaient rejeté : j'entends les Français ou les Hollandais qui avaient signifié par référendum leur refus.

D'autre part, le fait que les citoyens, qui sont le primat de la démocratie soient écartés car (implicitement) trop cons pour donner un avis sur le sujet, créant de facto une scission (grave) entre le peuple et ses représentants pour un sujet fondamental’ (ne dit-on pas d'ailleurs qu'une Constitution est une ‘loi fondamentale’ ? ).”

Après ce troisième non, comment l'Europe va-t-elle pouvoir empêcher les divorces ? ► Lire aussi : Enrope : vos dix idées pour vous réconcilier.

251 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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19H04 | 14/06/2008 | Permalien

Moi, j'aime l'Europe. Ceux qui ne l'aiment pas voudraient que la France reste comme elle est, avec tous les privilèges et régimes spéciaux dee agents de l'état, d'EDF, d'Air France. Ils voudraient qu'on puisse tranquillement continuer de piller la Sécurité sociale, de frauder à qui mieux mieux. Les syndicats qui gèrent 31% du PIB, à travers tous les organismes sociaux,alors qu'ils ne représentent rien, voudraient pouvoir continuer de les gérer sns contrôle. Eh bien non ! Il faut changer tout cela ! Vive l'Europe ! L'Europe des travailleurs, non l'Europe des feignasses !

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19H56 | 14/06/2008 | Permalien

Donnez-nous donc, cher Européen, votre interprétation de la lecture du texte de la « constitution européenne » et, alors seulement, ramenez-la du haut de vos certitudes pour l'heure inconsistantes !

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à letsgonice Portrait de letsgonice De parti

punishment park | 21H26 | 14/06/2008 | Permalien

ce gars est tant informé qu'il conviendrait de réclamer ses sources…

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punishment park | 22H37 | 14/06/2008 | Permalien

eh courageux…tu m'aimes pas…c'est réciproque « moâââ j'aime »

Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 19H05 | 14/06/2008 | Permalien

Je constate que Rue89 évite précautionneusement de mettre en avant le moindre ouitisme .
Certains journalistes de la Rue hauts placés se souviennent surement encore de la gaffe de Serge July , au lendemain du Non en 2005 , d » avoir insulté les trois quarts des lecteurs et la moitié de la redaction de Liberation dans un éditorial de Liberation .

Avec mes salutations amusées autant que sincères..

Numerosix

Portrait de David Servenay

à Numerosix Portrait de Numerosix De David Servenay (auteur)

Rue89 | 10H16 | 15/06/2008 | Permalien

Cher Numerosix,

D'abord, je crois que le non de 2008 n'a pas exactement la signification de celui de 2005, comme vos très nombreux commentaires en témoignent.

D'ailleurs, est-il encore pertinent de parler de « ouitistes » et de « nonistes » ? Question ouverte… Je constate que les réactions d'aujourd'hui laissent un peu plus de place à l'analyse, un peu moins aux émotions. Cela devrait sans doute faire progresser le débat.

Malgré nos idées personnelles qui, vous l'imaginez, sont aussi diverses à l'intérieur de la rédaction que dans la société, nous avons pensé qu'il serait intéressant pour tout le monde de donner à lire ce débat, éventuellement de l'aider à se construire. C'est un peu ce que vous attendez aussi de nous autres journalistes, non ?

Rien de définitif dans cette intention : nous comptons sur vos suggestions. Nous aurons l'occasion d'en parler lors de la conférence hebdomadaire, en tchat, lundi à 15h.

D'ici là, n'hésitez pas à nous faire part de vos souhaits. Détail : n'étant pas un ancien de Libé, je ne me sens pas vraiment concerné par votre remarque. Je suis d'ailleurs en train de préparer un article sur le « ouitisme » qui s'exprime aussi sur Rue89…

Portrait de Numerosix

à David Servenay Portrait de David Servenay De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 11H22 | 15/06/2008 | Permalien

C'était juste une remarque amusée ( et un petit rappel historique), ce n » était nullement un reproche.
Je suis quand meme surpris par les réactions « officielles“des ‘ouitistes’ ( pour simplifier), pour l” instant : ILS BOUDENT !
je n » ai pas de suggestions intelligentes et constructives a vous faire pour l » instant , vous faites a peu pret tout trés bien sans moi .

Si , tiens , je vous fais celle la ( pas géniale) :

Pourriez vous, une fois de temps en temps (parce ce que vous avez le droit de partir en week end) ,organiser une de vos chat's conférence un samedi ? Parce que on est un peu obligés de faire semblant de travailler, au bureau..

Cordialementissime
N6

Portrait de Béatrice1

à Numerosix Portrait de Numerosix De Béatrice1

| 14H37 | 15/06/2008 | Permalien

Les partisans du oui ne « boudent » pas : j'ai cru remarquer qu'ils avaient en général une position incomparablement plus ADULTE que celle des nonistes qui s'enivrent de réaction INFANTILES (grands coups de pieds dans la construction européenne, grande claque à Sarkozy, exigeance de « demain on rase gratis » sinon rien, revendications contradictoires, incapacité à sortir de sa bulle franco-française - comme un enfant est incapable de sortir de sa problèmatique familiale - peur de l'AUTRE, ce méchant…).

Les partisans du oui ne « boudent » pas comme des enfants, donc : ils se désolent de voir un grand et beau projet démoli par de petits égoïsmes nationaux. Ils sont capables d'avoir une vision sur le long terme, car ils ont un peu de mémoire et ont encore présentes à l'esprit les images de la RUINE de l'Europe sur laquelle ils ont été élevés, et qu'ils voudraient beaucoup épargner à leur enfants et petis-enfants…

Pour autant, les partisans du oui, en bons démocrates et en adultes responsables qu'ils sont, S'INCLINENT devant le résultat des urnes.

Portrait de léo solo

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De léo solo

14H58 | 15/06/2008 | Permalien

José Manuel Durão Barroso est un juriste formé notamment à l'université de Genève où il fut assistant du professeur Dusan Sidjanski à l'Institut européen[2]. Il y découvre la pensée de Denis de Rougemont. Jeune homme, il se situe à l'extrême gauche radicale de l'échiquier politique, comme président des étudiants maoïstes (MRPP) lors de la révolution des œillets en 1974. Puis il soutient le socialiste Mario Soares avant de basculer vers le Parti social-démocrate de centre droit. En 1979, il fonde l'Association universitaire d'études européennes.

Mon voisin prétend qu'il n'aime pas Barroso.

Portrait de Béatrice1

à léo solo Portrait de léo solo De Béatrice1

| 15H13 | 15/06/2008 | Permalien

Un homme qui passe de l'extrême gauche (dans la fougue de la jeunesse on cherche des « solutions » toutes faites) à la social-démocratie avec la maturité, l'expérience et la sagesse ne peut être entièrement antipathique. D'autant que c'est au mot près mon parcours personnel. C'est s'il était resté maoiste que je ne l'aimerais pas : quelle horreur !

Portrait de kebra

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De kebra

Bisounours killa | 16H23 | 15/06/2008 | Permalien

Au secours Dany, ils font tous comme toi !

Portrait de la champenoise

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De la champenoise

15H27 | 15/06/2008 | Permalien

Le oui est plus adulte et plus mature que le non !
Belle affirmation, qui repose sur quoi, à part votre arrogante certitude d'avoir raison ?
Qui vous autorise à affirmer aussi péremptoirement que parce vous votez oui, vous pensez pour le long terme contrairement à ceux qui ont dit non ?
Quant à dire que les partisans du oui en bons démocrates s'inclinent, permettez-moi d'émettre des doutes à ce sujet, restant en cela plus démocrate que vous-même.

Portrait de glaurent

à la champenoise Portrait de la champenoise De glaurent

ingénieur info | 18H59 | 15/06/2008 | Permalien

Qui vous autorise à affirmer aussi péremptoirement que parce vous votez oui, vous pensez pour le long terme contrairement à ceux qui ont dit non ?

Selon vous, il faut une autorisation pour avoir une opinion ?

Pour n'importe quelle opinion, ou juste une qui soit contraire à la votre ?

restant en cela plus démocrate que vous-même.

… comme vous venez de brillamment le démontrer.

Portrait de léo solo

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De léo solo

18H49 | 15/06/2008 | Permalien

Béatrice votre naîveté me touche.
Lisez donc :

« Nous savons qu'au Parlement européen, 499 députés ont rejeté, lors de la séance plénière du 20 février dernier, l'amendement (n°32) demandant qu'il “ s’engage à respecter le résultat du référendum irlandais ” sur le traité de Lisbonne. Ces députés européens, qui indiquaient ainsi leur détermination à ne pas respecter le résultat du référendum, n “hésitaient pas à entrer en flagrante contradiction en votant une résolution stipulant que ‘ les députés se félicitent de l’accroissement de la responsabilisation démocratique ’ permettant aux citoyens ‘ d’avoir un plus fort contrôle de l’action de l’Union ’.

Si vous appelez ça S'INCLINER, c'est que je ne comprends plus la langue française.

Portrait de Blaise11

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 08H18 | 18/06/2008 | Permalien

Oh c'est bien tard mais je suis obligé de vous répondre Béatrice.

Votre descriptif des sceptiques du TCE est un outrage. Cela fait déjà quelques temps que vous venez vous frottez à eux.
On ne demande pas non plus à ce que l'âne frotte l'âne, d'ailleurs ce n'est pas non plus notre approche, mais un peu moins d'hypocrisie serait sympatoche.

Car cela ressemble à s'y méprendre à la rhétorique très légère de la bande à Bertrand critiquant l'absence de proposition du PS.

Et je dois dire, mais vous n'avez sûrement pas fait exprès, l'utilisation de « demain on rase gratis » m'a fait sortir de mes gonds.
Sarkozy l'utilisa face à Royal pendant le show tiède du 2 mai 2007, et je l'avais instantanément pris comme l'affront fait lors de ses références à Jaurès : « Après Jaurès, il nous pique Audiard ! Quel parasite ce type, véritable sangsue ! »

Sarko est un tonton plagieur ! haha ha.
Nous l'volera jamais çuilà…

Portrait de marc23

à David Servenay Portrait de David Servenay De marc23

17H00 | 15/06/2008 | Permalien

Rue 89

Une suggestion qui n'a rien à voir avec le sujet : serait-il possible, lorsqu'on poste sur un fil d'être ramené après l'envoi à l'endroit du fil où l'on était ? comme cela se passe sur Agoravox ? Est-ce incompatible avec la technique du site ?
De toute façon, même si je ne suis pas toujours d'accord avec les articles, félicitations pour votre travail.

Portrait de Claude PELLETIER

à marc23 Portrait de marc23 De Claude PELLETIER

Retraité dans son jardin | 19H13 | 15/06/2008 | Permalien

De quel fil s'agit-il ?

Vu qu'on se dispute pas mal ici, ce doit être du fil à en (dé)coudre.

Portrait de BerserK11

De BerserK11

pandoreweb.blogspot.com | 19H50 | 14/06/2008 | Permalien

Bonjour, Je voudrais réagir à ce très bon article.
Essayons de clarifier les choses.

Le traité refusé par les irlandais est exactement le même que le précédent refusé par les français et les hollandais, et bien loin d'avoir été simplifié, il a été obscurci pour qu'on ne puisse pas le comprendre.

Nous assistons à un passage en force des élites politiques qui est un déni de démocratie flagrant.
Les politiques ne construisent pas l'Europe en procédant ainsi, ils la détruisent. Le contrat social est aujourd'hui nul et non avenu. Il n'y a plus aucune légitimité des institutions européennes.

Bon nombre des français, des hollandais et des irlandais qui ont voté non sont pourtant favorables à la construction européenne.

Seulement, il se trouve que l'on nous inflige un texte qui ne représente pas du tout les valeurs susceptibles de réunir tous les peuples européens.
Ces valeurs existent, et elles réunissent tous les peuples européens dans un consensus culturel : la démocratie, la science, les arts, le social, le respect des identités de chaque Etat.

Il se trouve que le traité nous impose des valeurs qui ne sont pas les notres : l'ultra-libéralisme, la course à l'armement militaire, la République autocratique. Ce sont des valeurs importées directement des Etats-Unis.

L'Europe, la vraie, celle des peuples, ne veut pas d'une fédération du type Etats-Unis et n'en a jamais voulu. Nous avons toujours révé d'une confédération, culturellement et politiquement, c'est selon ces termes que les premières fondations européennes avaient été posées.

Là, on assiste vraiment à une coupure radicale entre les institutions européennes, les peuples et leur Histoire.
Comment nos dirigeants peuvent ils prétendre construire quoi que ce soit sans respecter l'essence même des fondations européennes ?

S'il y a un passage en force, ce sera très grave pour l'Europe et pour la démocratie. Désormais, le Droit européen a été fait par le non Irlandais, car seule l'unanimité des Etats européens peut permettre la ratification d'un traité.

Nos dirigeants, et particulièrement notre Président, doivent être particulièrement vigilants, car ils marchent sur des oeufs.
Nous ne nous satisferont pas d'une construction européenne qui fait passer tantot à la sauvette tantot en force des mesures patronales et financières qui favorisent les européens les plus riches, en plus de mettre en place un régime à la limite d'une dictature : une autocratie.

A titre personnel, je suis excédé, et à la première manifestation anti-traité, j'y vais tout de suite.

L'Europe, ce n'est pas ultra-libéralisme (doctrine qui soit dit en passant n'est rien d'autre qu'un prétexte des politiques pour ne rien faire, laisser faire, alors qu'ils se permettent de critiquer les fonctionnaires), finance, élitisme et armement.

L'Europe, c'est la culture, l'Histoire, la science, l'humanisme, le social et la démocratie.

Aucune construction européenne ne tiendra le coup si elle ne s'appuie pas sur ces valeurs qui sont les seules que ayons de communes.

Portrait de Le Yéti

De Le Yéti

yetiblog.org | 21H27 | 14/06/2008 | Permalien

AUTRES RAISONS

Je ne me retrouve pas vraiment dans les 10 raisons avancées dans l'article. Voici les miennes :

1/ L'Europe actuelle ne respecte en rien ses principes fondateurs.

Selon un de ses initiateurs, Robert Schumann, l'Union européenne visait à favoriser « la fusion des marchés et l'expansion de la production » afin d'assurer prospérité et bien-être à ses citoyens, tout en en faisant également bénéficier les pays moins favorisés comme le continent africain ».
L'Union européenne devait, toujours selon R. Schumann, s'opposer aux « pratiques restrictives et [au] maintien de profits élevés » pratiqués par « un cartel international ».
C'est d'évidence la démarche inverse à laquelle nous sommes parvenus aujourd'hui : la mainmise du cartel international néo-libéral sur les institutions européennes et la sanctification des profits privés.

2/ L'Europe actuelle est une machine exclusivement économique de tendance ultra-libérale à l'exclusion de toute considération sociale.

Elle préconise une politique totalement opposée à toute interventionnisme politique pour réguler les dérives des marchés, totalement fermée à toute idée de services publics.
Dans l'Europe actuelle, les droits de l'homme les plus élémentaires sont soumis aux caprices des marchés.

3/ L'exécutif européen (Commission européenne) échappe totalement au contrôle des citoyens.

La seule institution élue (le Parlement européen) dispose de pouvoirs très limités, quasi consultatifs. La Commission européenne n'est pas tenue de suivre les avis votés par les députés élus. Et ne s'en prive d'ailleurs pas.

4/ Les deux projets successifs de Constitution Européenne figent durablement les trois travers cités ci-dessus et consacre arbitrairement l'orientation néo-libérale du système, à l'exclusion de tous les autres.

Là encore, l'avis des populations a été soit ignoré, soit rejeté quand il ne correspondait pas à ce que l'exécutif en attendait. Ce qui en discrédite la prétention démocratique.

Portrait de jissé

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De jissé

Ingé retraité | 21H33 | 14/06/2008 | Permalien

Bonsoir Yéti.

Les « commissaires européens » sont autant démocratiquement représentatifs de citoyens que le sont les membres de :

L'OMC.
Ou du FMI.
Ou de l'OMS.
Ou de l'ONU.
Ou de l'OTAN.

Bien vu.
Bravo à vous.

Jissé

Portrait de Sacha25

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Sacha25

22H13 | 14/06/2008 | Permalien

Tout ceci est bel et bon. Dans ces conditions, pourquoi vouloir à toutes forces la conserver en l'état ?

Tout ceci est vraiment bizzare

Portrait de Jean Bachèlerie

De Jean Bachèlerie

20H45 | 14/06/2008 | Permalien

Les tabous de l'union Européenne :

le respect de la démocratie,
une économie sociale et non financière,
une politique sociale et non la démollition de l'état social : protection sociale, retraite,droit du travail, remplacée par la flexibilité, la création de valeur pour l'actionnaire,la soumission à l'ultralibéralisme anglo-saxon, adoption des normes comptables définies par une société privée américaine,
une politique financière au seul service des rentiers et des actionnaires.
une absence totale de politique de défense soumission à l'Alliance Atlantique ? A quoi sert l'Alliance Atlantique ?

une absence de politique étrangère indépendante s'appuyant sur une défense indépendante.

Une politique fiscale encourageant le dumping fiscal, comme le dumping social.

Comment être pour une Europe grand marché ne résolvant aucun problème des européens : le chômage, la montée de la pauvreté,la formation, la recherche ?

La démolition des services publics au bénéfice du secteur privé contre l'intérêt des peuples.

cette Europe des oligopoles, de la concurrence libre et non faussée a vécu.

L'heure est au réveil : construisons une Europe indépendante, respectueuse des hommes, des peuples,une Europe fière d'elle même, et croyant en son avenir, investissant en infrasructures : TGV, autoroutes de l'information, recherche, éducation publique..

Jean Bachèlerie

Portrait de Bon Scott

De Bon Scott

21H09 | 14/06/2008 | Permalien

Schneider/Legrand : l'arrêt de la Cour de justice européenne
[ 11/07/07 - 15H59 - actualisé à 16 : 13 : 00 ]

Cinq après le veto de Bruxelles, la justice européenne a condamné mercredi la Commission européenne à une indemnisation partielle qui ne devrait pas dépasser les 400 millions d'euros.
http://www.lesechos.fr/medias/2007/0711//300186658.pdf
Merci bien Mario Monti, Commissaire européen à la Concurrence, les contribuables paieront votre incompétence !

Les Verts/ALE au Parlement européen réclament un changement de cap radical de la politique énergétique et des transports
Par le groupe Verts/ALE Bruxelles, « 20 septembre 2000 »

« La crise politique qui agite actuellement la scène politique européenne est le résultat de 20 ans de négligence grave de la part des Etats membres de l'UE. Ils n'ont pas tiré les leçons des chocs pétroliers de 1973 et 1979. L'Europe reste toujours aussi dépendante du pétrole de l'OPEP et pour couronner le tout, elle est maintenant l'otage du très puissant lobby des transporteurs routiers.

L'UE s'est contentée de tenir de beaux discours sur une politique soutenable des transports et sur la réorientation du transport des marchandises de la route vers le rail. Les statistiques nous présentent quant à elles une toute autre réalité. Le transport des marchandises par route qui représentait 50 % de l'ensemble des transports de marchandises en 1980 a augmenté pour atteindre 85 % en 1999.

La nouvelle crise pétrolière montre clairement que les politiques de l'énergie et des transports ne peuvent être menées qu'au niveau européen. La crise pétrolière ne touche pas seulement la politique environnementale mais également tous les aspects de la politique européenne : concurrence, fiscalité et politique sociale. » Dans ce domaine depuis 8ans cela a t-il progressé ? Non

Face à la crise, réponse d'un élu : José Luis Rodriguez Zapatero mobilise 25 000 policiers pour disperser les routiers en grève, sacrée solution !

http://www.rue89.com/2007/07/09/des-ogm-valides-par-lue-au-mepris-de-la-…

La liste des dégâts de l'UE n'est pas exhaustive …

Portrait de Job

à Bon Scott Portrait de Bon Scott De Job

22H05 | 14/06/2008 | Permalien

Avant d'incriminer l'UE sur la crise actuelle des routiers et la rendre en particulier responsable de la situation en Espagne, ne serait-il pas pertinent d'essayer de dégager quelles sont les domaines de compétence dans ce secteur-là :
- de l'UE
- des états
- des collectivités locales…. ?

Moi j'avoue que je n'en sais rien, je ne me peux donc pas pour le moment jetter la pierre à quiconque. Vous pourriez développer plus sur cette question des responsabilités ?

Portrait de NING

à Job Portrait de Job De NING

17H48 | 15/06/2008 | Permalien

Esperons que notre illuminé nain national nerveux « foute le bordel » durant la présidence française !

c'est trés probable et c'est une chance !

Portrait de asozial

De asozial

aus Berlin | 21H12 | 14/06/2008 | Permalien

et encore un article de Rue89 qui réduit l'opposition au Traité de Lisbonne - comme au TCE - à une faiblesse névrotique… qui traduit le refus de la politique économique néolibérale forcée par une « peur de l'appauvrissement » (articles 1 et 2) et la demande d'institutions démocratiques par un repli souverainiste (article 5).

c'est d'un nauséabond !

quelqu'un a posté cette semaine dans les centaines de commentaires qu'on succité le référendum irlandais que la constitution française de 1789 était simple, claire et lisible et ne portait pas de contraintes économiques et technocratiques - ça me semble une bonne comparaison.

deux cents ans plus tard le pouvoir a été encore une fois confisqué mais cette fois pas d'empereur illuminé, de restauration monarchique ou de maréchal revanchard, mais une entité informe et enflée, des pléthores de réseaux, de lois, d'argent, de corruption et de collusion, sans centre nerveux qu'on puisse détruire… l'europe des derniers traités ne ferait que renforcer en anonymiser ces pouvoirs.

POUR UNE EUROPE SOCIALE ET CULTURELLE !

Portrait de aline

De aline

21H15 | 14/06/2008 | Permalien

Ce sont les grands hommes qui ont fait l'Europe. César, Charlemagne, Louis 14, Napoléon, De Gaulle pour ne citer que les plus populaires.
Cette Europe là s'est fabriquée sur des alliances, des conflits, des amitiés et des revanches, du commerce ordinaire et des guerres sanglantes aussi bien qu'usuelles.
Un prochain héros arrivera et continuera.
Pour l'instant, ce ne sont que des administrateurs de tutelle qui essaient de mettre en œuvre des projets qui les dépassent. D'ailleurs, on ne sait même pas qui est le chef de ce chantier.
Tout le monde commande, tout un chacun a des idées, mais aucun ne sait les exprimer (cf. l'illisibilité des traités et de la constitution) et personne ne donne envie aux peuples de le suivre pour construire ce qui, de toutes les façons, se fera un jour ou l'autre. Alors, attendons….

Portrait de Gandijyn

à aline Portrait de aline De Gandijyn

22H43 | 14/06/2008 | Permalien

 »…on ne sait même pas qui est le chef de ce chantier.
… » - Oui mais on sait qui veur devenir Maître des huamains, et aussi, celui qui préend avoir toutes les bonnes solutions pour une Europe (unie ? ), et qui postule pour être le chef Africo-européen ! …
Les enfants capricieux n'obtiennent pas obligatoirement ce qu'ils veulent… et tant mieux pour nous !

Portrait de Gandijyn

De Gandijyn

22H44 | 14/06/2008 | Permalien

Les tectoniques des plaques terrestres, … il en est de même en géopolitique. Il semblerait qu'il y a urgence à ce que l'Europe se construire rapidement, car … en Asie, « ILS » ne nous ont pas attendus. Ni les USA avec le Canada et Mexique… Mr Sarkozy et Angela Merkel veulent agir « dans l'urgence » et dans la précipitation - contraire à l'esprit des européens qui pensent (encore) être victorieux, et supérieurs sur tous les fronts (dont l'économie)… et se croient (encore) dans les années royales des 30 glorieuses… C'est fini, nous allons déchanter, et il est bon d'ouvrir les yeux avec discernement…

Quand le scénario en « jeu de culbuto » tels des dominos de l'économie européenne va se manifester crescendo en dégringolade, alors nous allons avoir de sérieux soucis à gérer… il y aura de plus en plus de barricades, mais il sera trop tard.

L'afrique de son côté commence aussi à s'agiter, mais le résultat ne sera pas identique, car « pratiquement non-gérable », même entre copains aricains.

Quant à la Russie, elle s'éveille …

C'est pour quand, le « grand clash » ?

Dans la panique de cette vision apocalytique dans le monde des affaires, peu s'en sortiront vainqueurs et avec honneur dont, tous les « Saigneurs » que nous adorons, et polissons quotidiennement. On ne peut pas gagner à tous les coups… Le problème, c'est que le bateau est plein … 68 millions de personnes sur le carreau, c'est pas rien.

Peut-être dans 2000 ans ? … un nouveau « mais si » !

Portrait de mon

De mon

Gerante de societe | 21H48 | 14/06/2008 | Permalien

Nous devons tous exiger que le texte soit présenté à nouveau par référendum dans nos pays ou bien que l'europe soit abandonnée.
Quelle légitimité sans démocratie ?

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