Depuis vingt-quatre heures, Rue89 est littéralement submergée par vos commentaires sur les 53,4% de « non » irlandais au Traité de Lisbonne. Vos réactions mêlent colère, amertume et lassitude face à une Europe qui semble laisser ses habitants au bord de la route. Revue des dix raisons que vous avez de ne pas la soutenir.

L'Europe nous appauvrit
Cette première critique revient fréquemment dans les commentaires : l'Europe à vingt-sept ouvre encore un peu plus au vent mauvais de la mondialisation. Fuel_Injected le résume en une formule :
« J'en veux pas de leur Europe à trois francs et six sous qui délocalise à tombeau ouvert ! “
En anglais dans le texte, Madiran, ‘business analyst’, met cause le ‘deux poids, deux mesures’ de la construction européenne :
‘Notez que, d'un côté, le traité parle seulement de business et pas des droits des gens… Tandis que, de l'autre, le Royaume-Uni et la Suède ont choisi de rejeter l'Euro par exemple, et personne ne les menace. Ce non’ ne choque pas l'Europe, il choque Bruxelles.”
L'Europe risque de nous appauvrir
Une nuance dans cette critique économique avec Persée, arpenteur. Pour ce riverain, c'est la perspective de ne plus profiter des avantages économiques apportés par l'Europe qui a, au contraire, motivé le “non” irlandais :
“Les Irlandais ont voté non parce qu'ils veulent pouvoir continuer à faire du dumping fiscal. Pour eux, comme pour les Anglais, l'Europe, c'est un carcan législatif qui va introduire une réglementation plus sociale sur un marché du travail et une économie dérégulés.Pour les Français, c'est carrément l'inverse. On a dit non parce qu'on a eu le sentiment que l'Europe n'allait pas nous protéger, que les différents règlements allaient niveler vers le bas notre niveau de protection sociale et accroître la dérégulation de l'économie.”
L'Europe à 27 pays membres, c'est trop grand
Emachedé est convaincu que le processus d'élargissement entamé en 1995 (Union européenne à quinze), puis étendu en 2004 aux voisins de l'Est, a été fatal au projet politique :
“De toute manière à douze, on ne pouvait pas se mettre d'accord, alors à vingt-sept pays… Déjà que nous étions handicapés par les Anglais, taupe des Etats-Unis, mais avec les nouveaux pays de l'Est, dont l'entrée n'a jamais été soumise à référendum, cela ne pouvait que déstabiliser une Europe aux fondations fragiles.”
L'argument est repris par Ferdinand Bardamu, sans étiquette, pour qui la faiblesse politique profite à la domination économique :
“Déjà, être vingt-sept, c'est l'erreur. Cela est parti d'une volonté de diluer l'Europe pour en empêcher la construction politique. Cet élargissement infini est la preuve même que le seul et unique but de cette Europe libérale est de mettre en place un grand marché patronal ou les sans-grades se battent entre eux pour le plus grand bien des multinationales.”
L'Europe basée sur un traité illisible et incompréhensible, ce n'est pas démocratique
L'impression d'une coupure profonde entre la classe politique européenne et les électeurs s'incarnent dans l'objet même du référendum. Pour Childeric, le texte du traité de Lisbonne pervertit l'exercice de la citoyenneté :
“Des parlementaires qui votent le contraire de leur peuple, ça pourrait bien plus ressembler à de l'élitisme de classe, n'est ce pas ? Quant à parler de ‘complication plus qu'il n'y parait’, appliquez-le au traité proposé qui est illisible pour le commun des citoyens, cela s'apparente plus à de l'antidémocratie et on peut y soupçonner une arnaque, à juste titre.”
L'Europe version Lisbonne affaiblit la souveraineté nationale
Pour elisa33, l'échec de cette nouvelle consultation repose aussi sur le réflexe patriotique. A l'appui de sa démonstration, elle cite la députée européenne irlandaise Kathy Sinnott, fortement engagée dans la campagne du “non” :
“Mme Sinnot souligne que l'Irlande perdra sa neutralité militaire, statut à laquelle le peuple irlandais reste fortement attaché. Elle évoque une clause du traité qui stipule que ‘les Etats membres devront progressivement améliorer leurs capacités militaires’ et ajoute que ‘même si le Traité de Lisbonne nous donne un droit de veto permettant de refuser l'envoi de soldats irlandais dans tel ou tel point chaud sous le drapeau de l'UE, on n'aurait pas le droit de s'écarter de la course aux armements européenne'.’
Un avis repris par Job, qui a consulté le ‘site du principal mouvement organisé du Non…’ qui détaille les ‘huit raisons de voter non à Lisbonne’, dont la première est sans ambiguïté :
‘Cela créé un Président et un ministre des Affaires étrangères non élus.’
L'Europe actuelle est dirigée par des politiques de droite
L'Europe serait-elle aussi victime de son ancrage conservateur ? C'est le reproche de Glencc, qui constate que le mécanisme institutionnel de Bruxelles ne favorise pas le pluralisme politique :
‘La Commission européenne est nommée par le Conseil de l'Union européenne qui regroupe les ministres des gouvernements de chacun des Etats membres, puis le Parlement européen approuve ensuite cette nomination. Tant que nous élirons des décisionnaires de droite aux hautes fonctions européennes, l'Europe restera à droite. Vous voulez que l'Europe change ? Changez ses dirigeants !
L'Europe trébuche sur la méthode référendaire
Le thème du déficit démocratique est très souvent avancé par les détracteurs des traités européens. Mais le référendum est-il bien le mode de consultation le moins contestable ? Question de méthode, comme le souligne Djoole, en démission, dont l'argument est fraîchement débattu par les riverains :
Je ne pense pas que le référendum soit le plus approprié pour ce type de décision. C'est un choix qui demande à mon avis du recul, de l'expérience, une vision large des enjeux et des conséquences. Je ne crois pas que le peuple, dont je fais partie, soit à même d'avoir ce recul. Nous votons avec nos émotions, nos ressentis, avec en ce moment nos difficultés dues à la crise du pétrole. Nous ne répondons pas, le plus souvent, à la question posée mais nous en profitons pour faire part de notre mécontentement sur une foule d'autres choses !
Autrement dit, dans un référendum, on ne répond pas à la question posée mais à celui qui la pose. Pour Sinclair, c'est plutôt la répétition du scénario de 2005 qui se dessine :
Ce traité couronnait une déception. Il consacrait a peu de frais, en présentant autrement le même traité refusé par les Français et les Hollandais, les mêmes erreurs.’
L'Europe ne prend pas en compte les mentalités locales
L'argument revient à chaque fois dans le discours des opposants à la construction européenne : Bruxelles ne respecte pas le cours des habitudes et idéologies locales. Ludivine van de Spock, journaliste scientifique vulcano-belge, rappelle cette dimension du repli identitaire :
‘Certes, c'est bien qu'un autre peuple européen dise non aux traités imposés d'en haut dans une logique technocratique. C'est bien que les Irlandais disent non à l'Europe ultralibérale et incapable de défendre les industries européennes. Mais je n'oublie pas que le non irlandais inclut aussi des sentiments moins nobles et humanistes, comme le refus de l'avortement par exemple…’
Alfary reprend l'argument, en lui donnant une autre dimension, presque méta-politique… comme si l'époque actuelle avait le plus grand mal à construire du politique :
‘Le vote irlandais est-il un retour fracassant du besoin d'utopie ? Peut-être bien, à considérer que celle-ci est la résistance permanente au marché et à l'esprit de consommation. Peut-être bien, à supposer que les clercs ont trahi et que des institutions, fussent-elles assommantes de beauté ingénieuse, ne combleront d'aise que les seuls praticiens.’
En somme, les politiques européens doivent apprendre à nous faire rêver.
L'Europe est aussi victime de ses propres partisans
Parfois, les pro-européens fournissent aussi de bons arguments à tout ceux qui doutent de la légitimité de la construction européenne. Siko, étudiant à Bruxelles, a beaucoup de mérite à argumenter face aux riverains, y compris lorsqu'il détaille ce qu'il nomme les ‘points faibles et les flous du traité’ :
‘- le report à 2014 au mieux, 2017 probablement, des dispositions institutionnelles les plus intéressantes (vote à la double majorité, réduction du nombre des commissaires…) ; - le statut de la Charte des droits fondamentaux, dont il est précisé qu'il est contraignant, mais par un simple article de renvoi (flou juridique) ; - le rôle de la libre concurrence, supprimée des objectifs du traité mais réintroduite dans un protocole sur la libre concurrence (toujours flou juridique) ; - l'articulation des compétences du Haut représentant pour les affaires étrangère et la politique de sécurité, et celles du Président de la Commission et du Président du Conseil européen (risque d'empiètement) ; - la négociation par le Royaume-Uni d'une extension de ses clauses d'opt-out’ à l'intégralité des dispositions relatives à l'Espace de liberté, sécurité, justice ; ‘
L'opt-out’ est la possibilité, inscrite en annexe d'un traité, de bénéficier d'exceptions à une règle commune.
L'Europe ne sait plus dans quelle direction se développer
Enfin, derrière les critiques, une réelle inquiétude se profile : où et comment l'Europe va-t-elle désormais pouvoir se construire ? Une interrogation partagée, quelles que soient les idées défendues. Ainsi, Marmotte64, super héros, qui dit avoir voté ‘oui’ au référendum français de 2005, exprime sa perplexité au sujet de ce nouveau référendum :
‘Il y a deux choses que je trouve inacceptables. D'une part, le fait de revenir avec un projet qui a déjà été refusé et sans prendre la peine de le présenter à ceux qui l'avaient rejeté : j'entends les Français ou les Hollandais qui avaient signifié par référendum leur refus.D'autre part, le fait que les citoyens, qui sont le primat de la démocratie soient écartés car (implicitement) trop cons pour donner un avis sur le sujet, créant de facto une scission (grave) entre le peuple et ses représentants pour un sujet fondamental’ (ne dit-on pas d'ailleurs qu'une Constitution est une ‘loi fondamentale’ ? ).”
Après ce troisième non, comment l'Europe va-t-elle pouvoir empêcher les divorces ? ► Lire aussi : Enrope : vos dix idées pour vous réconcilier.




















251
(Pour réagir, connectez-vous)
à parousnik
De otto didakt
citoyen en colère | 18H56 | 14/06/2008 |
vous avez raison, parousnik !
et ce n'est pas hors-sujet !
les évènements du 11/09 et leur version officielle du gouvernement us ont conduit à une « guerre contre le terrorisme » dans laquelle se sont engagés de nombreux pays dont les membres de l'union européenne !
et pour faire le lien, le traité de lisbonne (ou constitution) obligent les pays européens à collaborer au « machin » (otan), donc nous obligent à nous engager aux côtés des usa pour tous leurs combats choisis par… eux !
à otto didakt
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 23H56 | 14/06/2008 |
Quatsch mit Soße !
De zénon denon 84
Bonne | 18H12 | 14/06/2008 |
Ah la pêche et l'Europe ! ! !
La aussi ca tombe bien.
De boboétie
18H14 | 14/06/2008 |
Lu il y a peu :
La révolution est un retour du factice au réel (Hugo)
Merci aux Irlandais, qui ont eu l'occasion de s'exprimer, eux, au moins…
De Nicolas Cadène
Collaborateur parlementaire - Conse... | 18H19 | 14/06/2008 |
Il me semble que s'il y a bien une critique que l'on peut formuler à l'encontre de la construction actuelle de l'Union (et non de l'Europe directement), une critique qui serait validée par tous les nonistes et même bien des partisans du « Oui » et qui englobe assez les autres, c'est le décalage incroyable qui s'accentue entre les élites (corporatistes ? ) et les peuples.
C'est sans doute ce que traduit, de manière très général, le vote de l'Irlande, trois ans après les « Non » français et néerlandais au Traité constitutionnel européen.
À mon sens, et à l'inverse de biens des chroniqueurs qui me semblent maladroits et bien peu respectueux, il ne faut surtout pas accuser l'Irlande ni considérer son peuple d » « ingrat ».
Certes, l'Irlande a bénéficié grandement de la construction communautaire. Cela n'oblige pas son peuple à accepter n'importe quelle évolution de celle-ci, bien au contraire, sa voix revêt justement une certaine importance et son « Non » doit amener nos gouvernants européens à un vraie réflexion (enfin).
Aussi, ne soyons pas hypocrites et rappelons que si d'autres États avaient choisi la ratification par référendum, l'Irlande ne serait sans doute pas seule.
Bref, cela confirme bien le décalage incroyable entre élites et peuples.
J'étais pour un « Oui » franc à ce traité, tout comme j'étais favorable au Traité constitutionnel européen. Mais les « Non » des peuples, bien que dus à des raisons extrêmement diverses et souvent contradictoires, ne font que confirmer ce gap. Et là dessus, il y a donc bien consensus dans le camp des « nonistes ».
Ainsi, il semble que l'Europe de l'élite montre ses limites… À trop craindre ses propres citoyens, elle s'en trouve rejetée par eux.
Il est plus que temps de promouvoir une véritable Union politique, ambitieuse, proposant une alternative crédible et attrayante (modèle social, environnemental, etc.) et non une simple union économique qui, au final, ne satisfait ni les plus libéraux (au vrai sens du terme) ni les plus sociaux-démocrates et socialistes.
En réalité, l'Union d'aujourd'hui satisfait essentiellement le corporatisme d'une certaine élite.
C'est parce qu'ils ne comprennent pas en quoi l'Europe leur est positive que certains peuples votent « Non ». Alors espérons que ce nouveau coup dur permette enfin la promotion de partis politiques véritablement européens pour que nos concitoyens comprennent l'enjeu européen. De même les scrutins européens gagneraient à être simultanés dans l'ensemble de l'Union.
Parce que les contextes sont différents dans chaque État, la notion de « cercles concentriques » ou de « noyau dur » doit sans doute également être avancée : chacun choisi plus d'intégration ou non. Ceux qui refusent dans un premier temps, peuvent rejoindre le premier noyau plus tard (un peu comme cela s'est fait pour l'Euro).
Enfin, sur la suite des ratifications, il me semble que c'est tout simplement aux premiers concernés (ceux qui ne l'ont pas encore fait) d'en décider…
à Nicolas Cadène
De DBL8
Retraité | 18H33 | 14/06/2008 |
Ce qu'il faudrait… faire un référendum dans TOUS les pays en même temps ; pour ceux qui ont une constitution qui les en empêche, il est surement faisable d'en changer.
Comme ça, ce serait la majorité de TOUS les Européens votants qui serait pris en compte.
Je rêve ? ! Ah bon.
Mais c'est une idée que je pense pas si mal.
à DBL8
De marc23
16H41 | 15/06/2008 |
DBL8
Oui mais voter sur quoi ? un fatras ultra-libéral ?
Je serais d'accord si le texte mis au vote de tous les européens était concocté par une Assemblée Européenne Constituante, élue démocratiquement à la proportionnelle partout et qui serait aussi le prochain Parlement.
à marc23
De Houvaton nouveau compte
17H50 | 15/06/2008 |
Oui, et il serait plus que temps pour reprendre l'expression de Cadène qui se fout du monde d'avoir en France des vrais referendums d'initiatives citoyennes et non la grosse hypocrisie socialiste votée, en première lecture, le 23 mai dernier.
Les députés ont adopté un amendement socialiste à la réforme des institutions qui inscrit le référendum d'initiative populaire dans la Constitution. Un référendum « peut être organisé à l'initiative d'un cinquième des membres du Parlement soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales », stipule cet amendement présenté par Arnaud Montebourg et les membres du groupe socialiste. Il a été adopté par 113 voix contre 10.
A noter que le PS a préféré le terme populaire au terme citoyen ! La notion de citoyenneté effraie les Socialistes. Nicolas Cadène est collaborateur parlementaire du député socialiste Jean-Louis Bianco.
Je suis pour les RIC (citoyen) mais pas dans les modalités actuelles car elles sont d'une immense hypocrise. D'abord il ne s'agit pas d'initiative citoyenne mais parlementaire et il faudra donc trouver 200 deputés ou sénateurs pour lever un référendum, on est pas sorti des difficultés et embûches. Ensuite un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales représente presque 5 millions de signatures. Les suisses se sont donnés le droit des votations populaires (l'équivalent amélioré et sans far de ce qu'on nous propose) mais sur la base de 1 ou 2% et non 10% !
Le Traité Européen sera toujours une imposture en matière de démocratie car ce sont les élites dont Cadène fait partie intégrante au plan politique (voir sa bio) qui tenteront sans cesse de nous l'enfiler.
Commençons d'abord par les vrais réferendums d'initiative citoyenne au plan local comme le font déjà les allemands et nous y verrons beaucoup plus clair.
Par réferendum les peuples entre eux ne se font jamais la guerre, mais au contraire s'unissent et trouvent toujours des solutions bien plus justes et judicuieuses aux problèmes et traverses posés, en fait, par les « dirigeants » ou par leurs « représentants ». Je dis bien par Réferendum d'initiative citoyenne. Ce type de referendum en plus de se diriger droit vers les solutions des problèmes sociétaux font l'objet préalablement de débats et de réflexions. Pas d'empoignades à la con volontairement organisées par nos élites tentant de nous manipuler avec un discours droite/gauche, libéral/pas libéral, discours qui ne fera jamais consensus. A dessein pour eux et contre nous.
à marc23
De jojo1er
12H39 | 16/06/2008 |
Mais non ! Mais non ! Mais non ! Mais non !
Les membres de l'assemblée constituante doivent renoncer à tout autre mandat électoral !
Ce n'est pas à une équipe de joueurs d'écrire la règle du jeu. ON ne peut pas demander à des hommes d'écrire les étendues, modalités et limite du pouvoir qu'ils auront demain entre les mains !
Une assemblée élue spécialement et qui renonce définitivement à tout mandat représentatif (hors éventuellement une autre assemblée élue spécialement pour une révision constitutionnelle).
Jojo1er, …
à Nicolas Cadène
De Le Yéti
yetiblog.org | 13H32 | 15/06/2008 |
« C'est parce qu'ils ne comprennent pas… »
L'éternel argument-choc de ceux qui n'ont aucun argument sérieux pour être « compris ».
à Le Yéti
De atomk
journaliste | 00H05 | 17/06/2008 |
Très juste, j'aime beaucoup « l'éternel argument de ceux qui n'ont aucun argument à opposer ou à proposer.
à Nicolas Cadène
De atomk
journaliste | 21H41 | 15/06/2008 |
Dans votre commentaire très long vous soulignez « le décalage incroyable entre élites et peuples ».De quelles élite s'agit-il ? celle des diplômes ? de la propriété ? Nous vivons en démocratie depuis assez longtemps , foin de ces élites auto proclamées qui ne brillent ni par leur compétence ni par leur talent d'improvisation, qui ne rayonnent pas par leur lumière, ni leur générosité. élites éteintes. Je ne vois aux commandes que carriéristes très attachés à leur poste, s'y accrochant pathétiquement.
à Nicolas Cadène
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 21H26 | 16/06/2008 |
M. CADÈNE,
S'il est un trait qui est forcé dans cette rue c'est bien cette opposition élites/peuples. Ne croyez-vous pas qu'elle est grossie ?
Un déficit démocratique existe dans l'Union et il faut le réduire. Mais ce déficit ne tombe pas du ciel. Il possède des racines historiques tout à fait légitimes (mais que certains citoyens peu âgés ignorent). Et ce déficit correspond à la structure de cette Union ; cette condition n'est pas assez rappelée aux citoyens.
En se mettant ensemble autour d'une table, les États cherchent le moyen de se rapprocher et de peu à peu faire des choses ensemble. Mais simultanément, chacun de ces États doit préserver ses limites, sa souveraineté. D'où une double motorisation.
—UN parlement démocratiquement élu par les Européens
—DES institutions étatiques réunissant des gouvernements démocratiques.
Ce montage est donc forcément plus complexe qu'un dispositif national comme l'appareil politique français ou allemand ou autre … et le restera !
De morlar
nouvelle nuit du 4 aout | 18H33 | 14/06/2008 |
NON AU CUMUL DES MANDATS
NON AU CUMUL DES MANDATS
NON AU CUMUL DES MANDATS
NON AU CUMUL DES MANDATS
NON AU CUMUL DES MANDATS
c'est répétitif mais ça fait du bien
à morlar
De DBL8
Retraité | 18H35 | 14/06/2008 |
Ils cumulent, mais les indemnités sont plafonnés, il me semble.
Ce n'est pas une raison pour qu'ils le fassent
à DBL8
De Naradamuni
sans | 19H21 | 14/06/2008 |
Il y a plafond et plafond aussi !
à Naradamuni
De Houvaton nouveau compte
18H16 | 15/06/2008 |
Oui et il y a, en plus de cet argent de poche, tous les delis d'initiés et autres grosses magouilles dans notre dos. La loi d'auto-amnistie, la dépénalisation des « affaires », elles sont pas belles celles-là pendant que Dati construit de nouvelles prisons ?
Sarko se gave de partout mais ce qu'on sait moins ce sont les millions que s'engrangent ses trois frères à travers des causes nationales faisant l'objet de décrets présidentiels… Ou Anne Lauvergeon COGEMA AREVA à travers la vente d'EPR aux dictatures qui n'en avaient pas encore : Chine, Egypte, Lybie et Tunisie dernièrement. Il n'y a pas que Sarko, c'est toute la classe politique, « dirigeante », « les élites » selon Cadène, les journalistes aussi, qui magouillent à fond la caisse et tentent de nous contrôler, de nous surveiller en dehors et avec le support d'internet. C'est à nous qu'il appartient de surveiller et de mettre en examen toute cette racaille en col blanc, de la contrôler, de la juguler, à travers les vrais referendums d'initiative citoyenne (et pas cette imposture de RIP socialiste, RIP socialiste qui bien sûr satisfait pleinement Fillon).
à morlar
De pablico
19H19 | 14/06/2008 |
vous m'en ferez 100 lignes. ; -)
à morlar
De Sacha25
22H16 | 14/06/2008 |
Vous ne savez pas à quel point vous avez raison et à quel point nos élus craignent le controle européen.
Réfléchissez encore un peu et vous comprendrez la masse de pourriture et de mépris du peuple que révèle cette attitude, si partagée à droite comme à gauche
De toots
void | 18H48 | 14/06/2008 |
Le grand absent de tous ces débats, je trouve, est la raison d'être de l'Europe.
L'europe a toujours été un projet libéral, avec cependant une vocation « humaniste » : créer, par l'interdépendance économique, une unité europénne.
D'une certaine façon, cela a bien marché, en particulier durant les trentre glorieuses.
Puis, le processus s'est embalé, de 7 à 14, de 14 à 27, ouverture des frontières, créations d'une monaie unique… De grands bouleversements ont eu lieu ces 15 denières années. Ici aussi, pour le bien autant que pour le mal.
Il faut bien avouer que jusqu'à l'introduction de l'Euro, le projet européen a été une grande réussite, en particulier pour, justement, des pays comme l'Irelande.
Cependant, ce qui pose problème c'est maintenant la manière dont le projet européen se fabrique.
En effet, d'une union économique, le pacte européen s'est peu à peu doté d'une vraie dimension politique. Pour le bien comme pour la cour européenne de justice, comme pour le mal, en particulier avec les directives européenne sur, au hasard, les OGM.
Or, les modalités de consultation des citoyens sur ces évolutions posent problème. En premier lieu parcequ'elle ont toujours été de la forme « tout ou rien ».
La marche en avant de l'europe ne semble pas devoir s'arreter par un refus. Voire deux. Voire trois…
Ainsi, le sens de ces refus est surement aussi un refus de la façon dont l'europe se construit et du projet politique global qu'elle induit.
D'ailleurs, il n'est même pas sur que l'unité politique de l'europe soit possible. En effet, les cultures et les societés différent énormément d'un pays à l'autre. Et ces différences se transcrivent dans la façon de concevoir la politique, le rôle de l'état, etc..
Ne dit-on pas souvent que la France, et plus généralement la culture latine, a une conception beaucoup plus protéctioniste de l'état, tandis que les culture anglo-saxone sont de traditions libérale, relégant à l'initiative privée une partie des actions sociales ? Cela serait-il acceptable en France ? Surement pas.
En particulier, il me parrait important de pouvoir critiquer le modèle libéral, qui n'est qu'un modèle économique, avec ses qualités, mais aussi ses défauts. A titre personel, je ne voudrais pas d'une construction politique qui grave dans le marbre les principes du libéralisme. Une autre vision de la politique doit rester possible au sein de l'europe.
Le non Irelandais n'a surement pas les mêmes raisons d'être que le non français. En revanche, ils portent tous les deux le même refus de la façon dont la politique européenne doit se construire.
Au lieu de forcer l'adoption d'un traité illisible, il serait grand temps d'initier un projet politique auquel les peuples seraient melés, prenant en compte les différences fondamentales entre les nations au lieu de vouloir tout applanir sous le rouleau compresseur d'un modèle uniquement libéral.
Et, enfin, quand ce projet sera mûr, le soumettre à un vrai vote démocratique.
Seulement, de tout cela, nous sommes loin. Il est bien plus probable que l'europe sera, au final, un gros gachi libéral.
Il faut beaucoup plus de temps pour rapprocher des peuples au passé et à la culture si différents, comme on en trouve dans l'europe des 27, et il ne semble pas que les dirigants européen actuels s'en accomodent.
à toots
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 19H50 | 14/06/2008 |
En 2005, j'étais tombé sur une analyse qui avait compté le nombre de fois que le mot libéralisme ou marché était employé dans le texte du TCE. Cela faisait une grosse addition et assez naturellement, l'analyse se permettait d'apposer l'étiquette Projet libéral sur le traité. Vous l'avez sans doute eue sous les yeux. De la même façon, on pourrait apposer la même étiquette sur votre texte ……
C'est bien sûr pour rire. Quoique.
Franchement, ces mots libéral/libéralisme ne veulent plus rien dire et sont en train de devenir des épouvantails à moineaux. Un article sur Rue89 le disait aussi à sa façon. Ou alors, il faudrait que chaque auteur explique quel sens il souhaite donner à ce mot.
à Claude PELLETIER
De asozial
aus Berlin | 20H54 | 14/06/2008 |
« libéral/libéralisme ne veulent plus rien dire »…
voici l'exemple typique de la réthorique réactionnaire : faire passer leur idéologie comme l'état naturel du monde.
penses-tu que si le mot qualifiant l'idéologie libérale disparaît, elle sera inattaquable ? incontournable ?
c'est ainsi qu'Orwell avait conçu la Novlangue de 1984, en appauvrissant le vocabulaire, on réduit la pensée et l'action…
pas sûr que les émeutiers de faim s'arrêtent aux subtilités sémantiques.
à asozial
De parti
punishment park | 21H07 | 14/06/2008 |
juste…un bon mermet sur la sémantique du « naturel » usité par chirac quand il nous « gouvernait »…la novlangue d'orwell, une anticipation…du bouquin d'hazan (LQR)…
à asozial
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 21H43 | 14/06/2008 |
Oh je ne sais pas répondre à vos questions, et je ne comprends pas certaines parties. Ce que je sais c'est que ce mot est trop souvent employé à n'importe quel occasion. Je préfère un mot comme « lutte de classes » qui n'a pas subi d'évolution.
En plus, voilà un mot qui a eu le temps de vieillir ; le libéralisme d'il y a 100 ans ne devait pas être bien ressemblant à celui de nos jours. Et certains intervenants ont gardé une définition proche de celle des origines. Je suppose que ce n'est pas très pertinent …
Ceux qui en parlent parlent-ils de la même chose ? Je suis persuadé que non. Et comme vous et moi venons probablement de vider une assiette ou deux, rassasiés, nous pouvons dès lors nous inquiéter de cette difficulté sémantique qui a le malheur de compliquer notre communication.
Ce libéralisme, celui auquel vous pensez, à quoi ressemble-t-il ?
Est-il comme un bloc, une entité ? ou est-ce une tendance ?
Comment comprenez-vous l'expression « concurrence libre et non faussée » ?
Il est vrai également que nous ne parlerions pas ainsi si les expériences de sortie du marché, d'appropriation collective des moyens de production, de planification des besoins humains réalisés dans plusieurs pays au XX° siècle …… avaient été des réussites. Ça craint !
à Claude PELLETIER
De asozial
aus Berlin | 10H11 | 15/06/2008 |
la confusion sur le mot « libéral » est un faux problème, 90% des gens qui en parlent sont d'accord sur le terme - qu'ils soient partisans ou opposants. que le mot ait eu un sens different il y a 100 ans ou qu'il en ai encore un autre en anglais ou dans certains champs sémantiques restreints ne change rien, c'est vrai pour plein de mots.
mais effectivement c'est une grosse connerie de la part de Delanoë d'avoir apporté de l'eau aux « libéralistes » économiques en voulant instrumentaliser le sens historique et diluer le concept pour sa petite lutte de pouvoir - espérons que ça lui pète à la tronche et permette à Aubry de trouver un espace à la gauche du PS.
sinon je suis bien d'accord que le concept de lutte des classes est plus que jamais d'actualité, malgré l'offensive de contrôle du langage qui a voulu en faire un terme et donc un concept désuets pour en nier la réalité (ce qui corrobore ce que je disais dans mon commentaire précédent) - il faut se rappeler que la lutte des classes signifie la lutte de la bourgeoisie contre le prolétariat et pas le contraire, c'est l'état de la société capitaliste contre lequel on doit lutter pour l'abolition des classes.
et il faut mettre à l'actif de Besancenot d'avoir abandonné la qualification « antilibérale » pour le futur parti de gauche pour prendre celle d''anticapitaliste » - bien plus pertinente.
à toots
De Sacha25
23H08 | 14/06/2008 |
La seule politique prenant en compte les différences est l'europe ancienne dans laquelle chacun était armé jusqu'aux dents et guerroyait sans fin pour préserver sa différence ou pour imposer sa vision du monde.
à Sacha25
De marc23
16H53 | 15/06/2008 |
sacha 25
D'abord, vos explications sur la raison des guerres européennes passées n'a rien à voir avec la réalité
Deuxièmement, vous semblez vous refuser à admettre que les « nonistes » soient des européens convaincus. Nous voulons l'Europe mais pas la même que celle de Mmes et Mssrs Parisot, Bouygues, Lagardère, etc… ( je cite ces noms au hasard….)
Nous voulons une Union Européenne pour les peuples, pas pour les milliardaires et les fonds de pension ; essayez de comprendre, SVP
à toots
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 00H20 | 15/06/2008 |
@ toots
Assez d'accord avec vous, sauf :
« Ne dit-on pas souvent que la France, et plus généralement la culture latine, a une conception beaucoup plus protéctioniste de l'état, tandis que les culture anglo-saxone sont de traditions libérale, relégant à l'initiative privée une partie des actions sociales ? »
L'Allemagne doit être de culture latine selon vous, sinon je ne comprends pas que vous n'en parlez pas. L'Allemagne est très fière de sa « soziale Marktwirtschaft » dont le volet « social » est inscrit dans sa constitution de façon inamovible.
De Virgilou
18H48 | 14/06/2008 |
A quand un vrai référendum européen et non plus une addition de référendums nationaux ? Il serait en effet plus logique et plus représentatif de faire voter tous les européens dans un seul référendum, non ?
De stangrof
18H58 | 14/06/2008 |
Bonsoir, l » europe est une grosse escroquerie bancaire crée par un banquier américain, jean monnet, aux profits des …banquiers et de l » oligarchie. Article 104 maastricht repris article 123 lisbonne/constitution.
Les états ne peuvent plus emprunter aux banques centrales ( a capitaux publics donc sans INTERETS ! ). ils doivent donc emprunter aux banques privées .Cela coûte deja 80 milliards d'euros a la france en interets, il faudra rembourser le capital ; multiplier l'opération par x pays de la zone euros, ca , c'est du business ! quant au politique,
V.Giscard D'Estaing Chairman of the Convention which drew up the EU Constitution - Le Monde, 14 June 2007, and Sunday Telegraph, 1 July 2007
« L'opinion publique sera conduite à adopter, sans le savoir, les propositions que nous n'osons pas lui présenter directement » … « Toutes les propositions précédentes, seront dans le nouveau texte, mais elles seront masquées et déguisées en quelque sorte. »
Voila, c'est trés clair
A bientôt
http://www.ipernity.com/home/stangrof