Revue de commentaires

Europe : vos dix raisons de ne pas l'aimer

Depuis vingt-quatre heures, Rue89 est littéralement submergée par vos commentaires sur les 53,4% de « non » irlandais au Traité de Lisbonne. Vos réactions mêlent colère, amertume et lassitude face à une Europe qui semble laisser ses habitants au bord de la route. Revue des dix raisons que vous avez de ne pas la soutenir.

José Manuel Barroso, le 13 juin 2008 (Francois Lenoir/Reuters).

L'Europe nous appauvrit

Cette première critique revient fréquemment dans les commentaires : l'Europe à vingt-sept ouvre encore un peu plus au vent mauvais de la mondialisation. Fuel_Injected le résume en une formule :

« J'en veux pas de leur Europe à trois francs et six sous qui délocalise à tombeau ouvert ! “

En anglais dans le texte, Madiran, ‘business analyst’, met cause le ‘deux poids, deux mesures’ de la construction européenne :

‘Notez que, d'un côté, le traité parle seulement de business et pas des droits des gens… Tandis que, de l'autre, le Royaume-Uni et la Suède ont choisi de rejeter l'Euro par exemple, et personne ne les menace. Ce non’ ne choque pas l'Europe, il choque Bruxelles.”

L'Europe risque de nous appauvrir

Une nuance dans cette critique économique avec Persée, arpenteur. Pour ce riverain, c'est la perspective de ne plus profiter des avantages économiques apportés par l'Europe qui a, au contraire, motivé le “non” irlandais :

“Les Irlandais ont voté non parce qu'ils veulent pouvoir continuer à faire du dumping fiscal. Pour eux, comme pour les Anglais, l'Europe, c'est un carcan législatif qui va introduire une réglementation plus sociale sur un marché du travail et une économie dérégulés.

Pour les Français, c'est carrément l'inverse. On a dit non parce qu'on a eu le sentiment que l'Europe n'allait pas nous protéger, que les différents règlements allaient niveler vers le bas notre niveau de protection sociale et accroître la dérégulation de l'économie.”

L'Europe à 27 pays membres, c'est trop grand

Emachedé est convaincu que le processus d'élargissement entamé en 1995 (Union européenne à quinze), puis étendu en 2004 aux voisins de l'Est, a été fatal au projet politique :

“De toute manière à douze, on ne pouvait pas se mettre d'accord, alors à vingt-sept pays… Déjà que nous étions handicapés par les Anglais, taupe des Etats-Unis, mais avec les nouveaux pays de l'Est, dont l'entrée n'a jamais été soumise à référendum, cela ne pouvait que déstabiliser une Europe aux fondations fragiles.”

L'argument est repris par Ferdinand Bardamu, sans étiquette, pour qui la faiblesse politique profite à la domination économique :

“Déjà, être vingt-sept, c'est l'erreur. Cela est parti d'une volonté de diluer l'Europe pour en empêcher la construction politique. Cet élargissement infini est la preuve même que le seul et unique but de cette Europe libérale est de mettre en place un grand marché patronal ou les sans-grades se battent entre eux pour le plus grand bien des multinationales.”

L'Europe basée sur un traité illisible et incompréhensible, ce n'est pas démocratique

L'impression d'une coupure profonde entre la classe politique européenne et les électeurs s'incarnent dans l'objet même du référendum. Pour Childeric, le texte du traité de Lisbonne pervertit l'exercice de la citoyenneté :

“Des parlementaires qui votent le contraire de leur peuple, ça pourrait bien plus ressembler à de l'élitisme de classe, n'est ce pas ? Quant à parler de ‘complication plus qu'il n'y parait’, appliquez-le au traité proposé qui est illisible pour le commun des citoyens, cela s'apparente plus à de l'antidémocratie et on peut y soupçonner une arnaque, à juste titre.”

L'Europe version Lisbonne affaiblit la souveraineté nationale

Pour elisa33, l'échec de cette nouvelle consultation repose aussi sur le réflexe patriotique. A l'appui de sa démonstration, elle cite la députée européenne irlandaise Kathy Sinnott, fortement engagée dans la campagne du “non” :

“Mme Sinnot souligne que l'Irlande perdra sa neutralité militaire, statut à laquelle le peuple irlandais reste fortement attaché. Elle évoque une clause du traité qui stipule que ‘les Etats membres devront progressivement améliorer leurs capacités militaires’ et ajoute que ‘même si le Traité de Lisbonne nous donne un droit de veto permettant de refuser l'envoi de soldats irlandais dans tel ou tel point chaud sous le drapeau de l'UE, on n'aurait pas le droit de s'écarter de la course aux armements européenne'.’

Un avis repris par Job, qui a consulté le ‘site du principal mouvement organisé du Non…’ qui détaille les ‘huit raisons de voter non à Lisbonne’, dont la première est sans ambiguïté :

‘Cela créé un Président et un ministre des Affaires étrangères non élus.’

L'Europe actuelle est dirigée par des politiques de droite

L'Europe serait-elle aussi victime de son ancrage conservateur ? C'est le reproche de Glencc, qui constate que le mécanisme institutionnel de Bruxelles ne favorise pas le pluralisme politique :

‘La Commission européenne est nommée par le Conseil de l'Union européenne qui regroupe les ministres des gouvernements de chacun des Etats membres, puis le Parlement européen approuve ensuite cette nomination. Tant que nous élirons des décisionnaires de droite aux hautes fonctions européennes, l'Europe restera à droite. Vous voulez que l'Europe change ? Changez ses dirigeants !

L'Europe trébuche sur la méthode référendaire

Le thème du déficit démocratique est très souvent avancé par les détracteurs des traités européens. Mais le référendum est-il bien le mode de consultation le moins contestable ? Question de méthode, comme le souligne Djoole, en démission, dont l'argument est fraîchement débattu par les riverains :

Je ne pense pas que le référendum soit le plus approprié pour ce type de décision. C'est un choix qui demande à mon avis du recul, de l'expérience, une vision large des enjeux et des conséquences. Je ne crois pas que le peuple, dont je fais partie, soit à même d'avoir ce recul. Nous votons avec nos émotions, nos ressentis, avec en ce moment nos difficultés dues à la crise du pétrole. Nous ne répondons pas, le plus souvent, à la question posée mais nous en profitons pour faire part de notre mécontentement sur une foule d'autres choses !

Autrement dit, dans un référendum, on ne répond pas à la question posée mais à celui qui la pose. Pour Sinclair, c'est plutôt la répétition du scénario de 2005 qui se dessine :

Ce traité couronnait une déception. Il consacrait a peu de frais, en présentant autrement le même traité refusé par les Français et les Hollandais, les mêmes erreurs.’

L'Europe ne prend pas en compte les mentalités locales

L'argument revient à chaque fois dans le discours des opposants à la construction européenne : Bruxelles ne respecte pas le cours des habitudes et idéologies locales. Ludivine van de Spock, journaliste scientifique vulcano-belge, rappelle cette dimension du repli identitaire :

‘Certes, c'est bien qu'un autre peuple européen dise non aux traités imposés d'en haut dans une logique technocratique. C'est bien que les Irlandais disent non à l'Europe ultralibérale et incapable de défendre les industries européennes. Mais je n'oublie pas que le non irlandais inclut aussi des sentiments moins nobles et humanistes, comme le refus de l'avortement par exemple…’

Alfary reprend l'argument, en lui donnant une autre dimension, presque méta-politique… comme si l'époque actuelle avait le plus grand mal à construire du politique :

‘Le vote irlandais est-il un retour fracassant du besoin d'utopie ? Peut-être bien, à considérer que celle-ci est la résistance permanente au marché et à l'esprit de consommation. Peut-être bien, à supposer que les clercs ont trahi et que des institutions, fussent-elles assommantes de beauté ingénieuse, ne combleront d'aise que les seuls praticiens.’

En somme, les politiques européens doivent apprendre à nous faire rêver.

L'Europe est aussi victime de ses propres partisans

Parfois, les pro-européens fournissent aussi de bons arguments à tout ceux qui doutent de la légitimité de la construction européenne. Siko, étudiant à Bruxelles, a beaucoup de mérite à argumenter face aux riverains, y compris lorsqu'il détaille ce qu'il nomme les ‘points faibles et les flous du traité’ :

‘- le report à 2014 au mieux, 2017 probablement, des dispositions institutionnelles les plus intéressantes (vote à la double majorité, réduction du nombre des commissaires…) ; - le statut de la Charte des droits fondamentaux, dont il est précisé qu'il est contraignant, mais par un simple article de renvoi (flou juridique) ; - le rôle de la libre concurrence, supprimée des objectifs du traité mais réintroduite dans un protocole sur la libre concurrence (toujours flou juridique) ; - l'articulation des compétences du Haut représentant pour les affaires étrangère et la politique de sécurité, et celles du Président de la Commission et du Président du Conseil européen (risque d'empiètement) ; - la négociation par le Royaume-Uni d'une extension de ses clauses d'opt-out’ à l'intégralité des dispositions relatives à l'Espace de liberté, sécurité, justice ; ‘

L'opt-out’ est la possibilité, inscrite en annexe d'un traité, de bénéficier d'exceptions à une règle commune.

L'Europe ne sait plus dans quelle direction se développer

Enfin, derrière les critiques, une réelle inquiétude se profile : où et comment l'Europe va-t-elle désormais pouvoir se construire ? Une interrogation partagée, quelles que soient les idées défendues. Ainsi, Marmotte64, super héros, qui dit avoir voté ‘oui’ au référendum français de 2005, exprime sa perplexité au sujet de ce nouveau référendum :

‘Il y a deux choses que je trouve inacceptables. D'une part, le fait de revenir avec un projet qui a déjà été refusé et sans prendre la peine de le présenter à ceux qui l'avaient rejeté : j'entends les Français ou les Hollandais qui avaient signifié par référendum leur refus.

D'autre part, le fait que les citoyens, qui sont le primat de la démocratie soient écartés car (implicitement) trop cons pour donner un avis sur le sujet, créant de facto une scission (grave) entre le peuple et ses représentants pour un sujet fondamental’ (ne dit-on pas d'ailleurs qu'une Constitution est une ‘loi fondamentale’ ? ).”

Après ce troisième non, comment l'Europe va-t-elle pouvoir empêcher les divorces ? ► Lire aussi : Enrope : vos dix idées pour vous réconcilier.

7 commentaires sélectionnés

Portrait de Nicolas Cadène

De Nicolas Cadène

Collaborateur parlementaire - Conse... | 18H19 | 14/06/2008 | Permalien

Il me semble que s'il y a bien une critique que l'on peut formuler à l'encontre de la construction actuelle de l'Union (et non de l'Europe directement), une critique qui serait validée par tous les nonistes et même bien des partisans du « Oui » et qui englobe assez les autres, c'est le décalage incroyable qui s'accentue entre les élites (corporatistes ? ) et les peuples.
C'est sans doute ce que traduit, de manière très général, le vote de l'Irlande, trois ans après les « Non » français et néerlandais au Traité constitutionnel européen.
À mon sens, et à l'inverse de biens des chroniqueurs qui me semblent maladroits et bien peu respectueux, il ne faut surtout pas accuser l'Irlande ni considérer son peuple d » « ingrat ».
Certes, l'Irlande a bénéficié grandement de la construction communautaire. Cela n'oblige pas son peuple à accepter n'importe quelle évolution de celle-ci, bien au contraire, sa voix revêt justement une certaine importance et son « Non » doit amener nos gouvernants européens à un vraie réflexion (enfin).
Aussi, ne soyons pas hypocrites et rappelons que si d'autres États avaient choisi la ratification par référendum, l'Irlande ne serait sans doute pas seule.
Bref, cela confirme bien le décalage incroyable entre élites et peuples.
J'étais pour un « Oui » franc à ce traité, tout comme j'étais favorable au Traité constitutionnel européen. Mais les « Non » des peuples, bien que dus à des raisons extrêmement diverses et souvent contradictoires, ne font que confirmer ce gap. Et là dessus, il y a donc bien consensus dans le camp des « nonistes ».
Ainsi, il semble que l'Europe de l'élite montre ses limites… À trop craindre ses propres citoyens, elle s'en trouve rejetée par eux.
Il est plus que temps de promouvoir une véritable Union politique, ambitieuse, proposant une alternative crédible et attrayante (modèle social, environnemental, etc.) et non une simple union économique qui, au final, ne satisfait ni les plus libéraux (au vrai sens du terme) ni les plus sociaux-démocrates et socialistes.
En réalité, l'Union d'aujourd'hui satisfait essentiellement le corporatisme d'une certaine élite.
C'est parce qu'ils ne comprennent pas en quoi l'Europe leur est positive que certains peuples votent « Non ». Alors espérons que ce nouveau coup dur permette enfin la promotion de partis politiques véritablement européens pour que nos concitoyens comprennent l'enjeu européen. De même les scrutins européens gagneraient à être simultanés dans l'ensemble de l'Union.
Parce que les contextes sont différents dans chaque État, la notion de « cercles concentriques » ou de « noyau dur » doit sans doute également être avancée : chacun choisi plus d'intégration ou non. Ceux qui refusent dans un premier temps, peuvent rejoindre le premier noyau plus tard (un peu comme cela s'est fait pour l'Euro).
Enfin, sur la suite des ratifications, il me semble que c'est tout simplement aux premiers concernés (ceux qui ne l'ont pas encore fait) d'en décider…

Portrait de toots

De toots

void | 18H48 | 14/06/2008 | Permalien

Le grand absent de tous ces débats, je trouve, est la raison d'être de l'Europe.

L'europe a toujours été un projet libéral, avec cependant une vocation « humaniste » : créer, par l'interdépendance économique, une unité europénne.

D'une certaine façon, cela a bien marché, en particulier durant les trentre glorieuses.

Puis, le processus s'est embalé, de 7 à 14, de 14 à 27, ouverture des frontières, créations d'une monaie unique… De grands bouleversements ont eu lieu ces 15 denières années. Ici aussi, pour le bien autant que pour le mal.

Il faut bien avouer que jusqu'à l'introduction de l'Euro, le projet européen a été une grande réussite, en particulier pour, justement, des pays comme l'Irelande.

Cependant, ce qui pose problème c'est maintenant la manière dont le projet européen se fabrique.

En effet, d'une union économique, le pacte européen s'est peu à peu doté d'une vraie dimension politique. Pour le bien comme pour la cour européenne de justice, comme pour le mal, en particulier avec les directives européenne sur, au hasard, les OGM.

Or, les modalités de consultation des citoyens sur ces évolutions posent problème. En premier lieu parcequ'elle ont toujours été de la forme « tout ou rien ».

La marche en avant de l'europe ne semble pas devoir s'arreter par un refus. Voire deux. Voire trois…

Ainsi, le sens de ces refus est surement aussi un refus de la façon dont l'europe se construit et du projet politique global qu'elle induit.

D'ailleurs, il n'est même pas sur que l'unité politique de l'europe soit possible. En effet, les cultures et les societés différent énormément d'un pays à l'autre. Et ces différences se transcrivent dans la façon de concevoir la politique, le rôle de l'état, etc..

Ne dit-on pas souvent que la France, et plus généralement la culture latine, a une conception beaucoup plus protéctioniste de l'état, tandis que les culture anglo-saxone sont de traditions libérale, relégant à l'initiative privée une partie des actions sociales ? Cela serait-il acceptable en France ? Surement pas.

En particulier, il me parrait important de pouvoir critiquer le modèle libéral, qui n'est qu'un modèle économique, avec ses qualités, mais aussi ses défauts. A titre personel, je ne voudrais pas d'une construction politique qui grave dans le marbre les principes du libéralisme. Une autre vision de la politique doit rester possible au sein de l'europe.

Le non Irelandais n'a surement pas les mêmes raisons d'être que le non français. En revanche, ils portent tous les deux le même refus de la façon dont la politique européenne doit se construire.

Au lieu de forcer l'adoption d'un traité illisible, il serait grand temps d'initier un projet politique auquel les peuples seraient melés, prenant en compte les différences fondamentales entre les nations au lieu de vouloir tout applanir sous le rouleau compresseur d'un modèle uniquement libéral.

Et, enfin, quand ce projet sera mûr, le soumettre à un vrai vote démocratique.

Seulement, de tout cela, nous sommes loin. Il est bien plus probable que l'europe sera, au final, un gros gachi libéral.

Il faut beaucoup plus de temps pour rapprocher des peuples au passé et à la culture si différents, comme on en trouve dans l'europe des 27, et il ne semble pas que les dirigants européen actuels s'en accomodent.

Portrait de Claude PELLETIER

De Claude PELLETIER

Retraité dans son jardin | 19H48 | 14/06/2008 | Permalien

Votre remarque est excellente. Que dire de plus ?

Qu'en France, quand un homme politique est bousculé, il essaie de diriger la foudre vers la bureaucratie bruxelloise ou les direktives (assorties du K de diKtats) européennes. C'est la politique du bouK-émissaire.

Oui, voilà une DOUZIÈME et glorieuse raison :
la politique du BOUC-ÉMISSAIRE pour tirer de l'ornière l'homme politique embourbé !

Portrait de Le Yéti

De Le Yéti

yetiblog.org | 21H27 | 14/06/2008 | Permalien

AUTRES RAISONS

Je ne me retrouve pas vraiment dans les 10 raisons avancées dans l'article. Voici les miennes :

1/ L'Europe actuelle ne respecte en rien ses principes fondateurs.

Selon un de ses initiateurs, Robert Schumann, l'Union européenne visait à favoriser « la fusion des marchés et l'expansion de la production » afin d'assurer prospérité et bien-être à ses citoyens, tout en en faisant également bénéficier les pays moins favorisés comme le continent africain ».
L'Union européenne devait, toujours selon R. Schumann, s'opposer aux « pratiques restrictives et [au] maintien de profits élevés » pratiqués par « un cartel international ».
C'est d'évidence la démarche inverse à laquelle nous sommes parvenus aujourd'hui : la mainmise du cartel international néo-libéral sur les institutions européennes et la sanctification des profits privés.

2/ L'Europe actuelle est une machine exclusivement économique de tendance ultra-libérale à l'exclusion de toute considération sociale.

Elle préconise une politique totalement opposée à toute interventionnisme politique pour réguler les dérives des marchés, totalement fermée à toute idée de services publics.
Dans l'Europe actuelle, les droits de l'homme les plus élémentaires sont soumis aux caprices des marchés.

3/ L'exécutif européen (Commission européenne) échappe totalement au contrôle des citoyens.

La seule institution élue (le Parlement européen) dispose de pouvoirs très limités, quasi consultatifs. La Commission européenne n'est pas tenue de suivre les avis votés par les députés élus. Et ne s'en prive d'ailleurs pas.

4/ Les deux projets successifs de Constitution Européenne figent durablement les trois travers cités ci-dessus et consacre arbitrairement l'orientation néo-libérale du système, à l'exclusion de tous les autres.

Là encore, l'avis des populations a été soit ignoré, soit rejeté quand il ne correspondait pas à ce que l'exécutif en attendait. Ce qui en discrédite la prétention démocratique.

Portrait de jmal

De jmal

22H03 | 14/06/2008 | Permalien

Je ne me retrouve pas dans les raisons évoquées par l'article. Je suis contre le traité actuel (ou le précédent) parce que, contrairement à ce qu'on a voulu nous faire croire, il ne s'agit en rien d'une constitution.

Une constitution devrait, clairement et simplement, définir les rôles de chacun (commission, assemblée, citoyens …) et les moyens de la modifier quand le besoin s'en fait sentir.

Dans une constitution on devrait également trouver des valeurs générales, s'appuyant, par exemple, sur la déclaration des droits de l'homme.

Mais je ne vois pas ce que viennent faire dans une constitution les innombrables règles économiques qui ne sont là que pour graver dans le marbre les règles du capitalisme triomphant.
La constitution doit juste être là pour assurer que la majorité au pouvoir (choisie par les citoyens) à un moment donné, peut appliquer la politique pour laquelle elle a été élue, de droite quand elle est de droite, de gauche quand elle est de gauche, écologiste, communiste, ou tout autre mouvement à venir si cela se présente un jour.

Les traités que l'on nous propose veulent imposer, quasiment à jamais, les politiques économiques les plus à droite que l'on ait vu à ce jour. C'est inadmissible, cela devrait l'être même pour les gens de droite, à condition qu'ils aient un minimum d'honnêteté.

Que l'on nous propose une vraie constitution, politique et non économique, et on verra alors vraiment les gens se prononcer sur la question suivante : Veulent-ils ou non une Europe politique. La question que l'on nous pose aujourd'hui est : voulez vous pour les 100 ans à venir vivre dans une Europe régie par la seule et unique loi de la concurrence (qui s'assimile à la loi du plus fort).

http://actu-du-noir.over-blog.com/

Portrait de siko

De siko

cherche un moyen élégant pour gagne... | 23H19 | 14/06/2008 | Permalien

Pour vous…
http://europa.eu/lisbon_treaty/faq/index_fr.htm

Pour les enfants, malheureusement, il n'existe pas un portail pour le traité spécifiquement, je me suis un peu trop avancé. Et je dois dire que ce portail n'est pas extraordinaire, c'est un peu trop simplet à mon goût…
http://europa.eu/europago/welcome.jsp

Bonne soirée.

PS : Je vais voir si je ne peux pas trouver mieux.

Si vous vous intéressez vraiment au sujet, je vous conseille d'acheter « L'union européenne (Edition Traité de Lisbonne) » coordonné par Jacques Ziller, collection « La documentation française ».

Portrait de Anthropia

De Anthropia

11H04 | 15/06/2008 | Permalien

L'Europe, je l'aime.

Plus jeune, j'en ai appris trois langues, juste parce que je souhaitait pouvoir me balader en comprenant mes voisins.

Alors, j'en veux à l'Europe de m'avoir obligée à voter non au traité, parce que cette démocratie au troisième degré ne fait que susciter une illusion d'optique démocratique.

Que certains puissent encore imaginer refaire voter les Irlandais, c'est une affreuse caricature du pire.

Tant que le gouvernement européen ne sera pas élu au suffrage universel, il n'entendra pas le peuple.

http://anthropia.blogg.org

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