L'intense période de commémoration de mai 68 est définitivement close. Une question demeure : cette commémoration de 68 en 2008 a été dopée par les déclarations de Nicolas Sarkozy sur la fameuse « liquidation de l'héritage » ; comme si ces déclarations étaient le seul lien politique que l'on puisse faire entre les deux périodes. Or, nous voyons un autre lien, qui est totalement passé sous silence : les émeutes de 2005.
1968, 2005, soit les deux derniers épisodes d'émeutes à avoir poussé la France au bord du gouffre, après tant d'autres et dans une longue tradition insurrectionnelle. Pour sortir de la commémoration purement rétrospective et plus ou moins nostalgique de 1968, n'y a-t-il donc vraiment aucun parallèle à faire avec ces émeutes de 2005, pour enfin entrer de plain-pied dans le politique et le prospectif ? Les passerelles avec le présent se sont égarées en se focalisant sur Sarkozy
Depuis avril, Mai 68 se répand dans les médias et suscite controverses, éclairages, témoignages, louanges et même des procès quelque peu anachroniques. Militants politiques, intellectuels, cinéastes, historiens, acteurs des événements, ont massivement été convoqués pour redonner vie à ces journées de révolte désormais inscrites dans la mémoire collective, sinon dans le marbre blanc de l'histoire de la Ve République.
Aussi, Georges Séguy, Romain Goupil, les Glucksmann (père et fils), Edouard Balladur et tant d'autres, ont à nouveau, chacun à sa manière, mené une pédagogie de cette histoire massivement relayée par des médias déployant avec finesse, et certainement intérêt commercial, tout leur arsenal éditorial pour être au rendez-vous de l'événement : documentaires, tribunes, archives sonores, docu-fictions, suppléments, expositions, tchats…
Que reste-t-il de cet effort éditorial propice à l'édification d'une mémoire collective ? La sensation que les passerelles avec le présent se sont quelques peu égarées en se focalisant sur Nicolas Sarkozy, naguère candidat pourfendeur de l'héritage soixante-huitard, et aujourd'hui Président à la décontraction plus proche des communautés cool des années 1970 que de la geste gaulliste ; l'amère constatation que le visage ouvrier de Mai 68 est peu en vogue dans un pays peinant à retrouver les élans des grèves de 1995 ; et enfin -effet Besancenot oblige- l'impression que le phénomène fut circonscrit à une poignée d'individus, meneurs brillants et radicalisés, augurant les bêtes médiatiques d'aujourd'hui se jouant autant des mots que des images.
Aucun parallèle ne fut osé entre Mai 68 et les émeutes de novembre 2005
Et pourtant l'histoire immédiate attendait, encore une fois, que les médias franchissent le boulevard périphérique pour mettre cette commémoration en perspective avec les révoltes qui marquèrent l'automne 2005 suite à la mort de Zied et Bouna. Dans le village planétaire aux médias mondialisés, tous se souviennent de ces événements, hormis peut-être les rédactions de France qui n'osèrent faire le lien avec un Mai 68 dont le sens, à défaut d'oxygène, se préserve avec de la naphtaline.
A croire que l'on refuse encore, par éloignement géographique, méconnaissance, désintérêt ou distance sociale, à considérer l'automne 2005 comme un fait majeur pour la compréhension de la France de ce début de millénaire. S'il a fallu peu de temps à Mai 68 pour trouver sa place dans le cours de l'histoire, l'automne 2005 peinera certainement à s'affranchir des classements plus triviaux où l'on semble vouloir le cantonner.
Il est vrai que l'implosion spectaculaire des quartiers populaires sur l'ensemble du territoire n'a pas eu ses tribuns haranguant les foules, ni ses occupations d'université ni ses concours d'affiches, et encore moins cette libération salvatrice de la parole d'une génération muselée. Rien que la flamme des incendies et la colère désespérée de jeunes mis à l'écart de la société française.
Un rendez-vous raté ; d'autant plus raté que les braises ne sont pas éteintes et que beaucoup, cassandres malgré eux, alertent sur une situation plus que jamais dégradée. Quelques-uns, de manière périphérique, s'hasardèrent à la comparaison pour immédiatement signifier que ce n'était évidemment pas pareil ; que Mai 68 avait une portée plus politique contrairement à ces nuits d'émeutes anarchiques et indéchiffrables…
C'est faire peu de cas, du décret d'état d'urgence, du couvre-feu, des analyses de sociologues comme Gérard Mauger, des initiatives d'AC le Feu, de la mobilisation d'artistes tels Joey Starr ou Jamel Debbouze, d'interventions telles celles de Lilian Thuram (héritier des poings levés de Mexico 1968), des propos d'un Stéphane Pocrain, de la naissance du Bondy Blog, du documentaire coup de poing de Ladj Ly « 365 jours à Clichy Montfermeil », du Clichy sans clichés…
La banlieue reste un désert propice uniquement à l'information spectaculaire
Politique, militantisme, culture, intellectuels et artistes, se sont également, à l'instar de Mai 68, mêlés pour que de l'automne 2005 ne reste pas que l'écume d'un fait divers tragique. Malgré ces similitudes, aucun parallèle ne fut osé. La banlieue reste encore pour beaucoup de rédactions ce désert aride propice uniquement à l'information spectaculaire.
Définitivement, mai 2008 n'aura pas été l'occasion de réunir Daniel Cohn-Bendit et le volubile Mohamed Mechmache pour un entretien visant à comprendre les spécificités des deux mouvements, leurs similitudes et peut-être leur appartenance à une tradition bien française de la contestation. Jean-Claude Tchikaya ou Fadéla Amara n'auront pas été invités sur un plateau télévisé pour débattre avec Alain Madelin ou Alain Krivine quant à la portée politique de ces révoltes. Aucune télévision, aucun cinéma, n'aura osé une programmation rassemblant « Camarades », « Mourir à trente ans », « La Haine » ou « Wesh wesh ». Aucun journal n'aura édité de supplément sur Mai 68 vu de la banlieue…
La frontière est bien gardée et les médias ne tenteront aucune incursion là où les étudiants de 1968 essayèrent désespérément de jeter des ponts entre les universités occupés, les usines, les bidonvilles des immigrés, les luttes ouvrières.
Ce rendez-vous manqué avec les médias et cette filiation interdite avec mai 1968, ne sont pas sans interroger la considération que l'opinion accorde aux révoltes de l'automne 2005. La relégation, sinon la disqualification, de cet événement et de sa signification, présage un refoulé collectif propice à tous les retours de flamme.
Farid Mebarki et Erwan Ruty





















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De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 16H58 | 12/06/2008 |
Excusez moi, mais je ne comprend pas du tout ou vous voulez en venir . J » attends les commentaires des autres . ;
Je ne vois effectivement aucun lien entre une revolte pleine d » espoir ( naif ? ) et un revolte de colére completement desespérée ( realiste, malheureusement)..
Et l'ensemble du pays n » a pas été touché . pour la majorité des français ne vivant directement dans les quartiers ( et etrangers vivant en france), cela c'est cantonné aux ecrans de télés ( evenement en images minorées sur les télés française et majorées sur les télé etrangères )
à Numerosix
De Monique 91
( retraitée ) | 08H42 | 13/06/2008 |
Vous venez de le dire le point commun, c'est LA REVOLTE
Et la révolte des cités est d'autant plus désespérée qu'ils n'ont pas de porte-parole ou plutôt, on ne leur a pas donné la parole : car les médias auraient pu davantage interroger, les habitants de ces cités et tous les représentants des associations qui travaillent sur le terrain .. c'était tellemnt plus facile de les désigner comme des « voyous » des « délinquants »
Et depuis, « silence radio » sur les banlieues, sur Villiers- le Bel….Je crains fort que ce ne soit le « tout répressif » qui prévaut.
Que les journaliste n'aient osé ou voulu faire un parallèle entre mai 68 et novemdre 2005, c'est une « honte ». Ils n'ont pas fait leur travail, c'est lamentable comme d'habitude… ( je parle de la presse « aux bottes “ de SARKOZY )
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 18H06 | 12/06/2008 |
Mais oui #6 , il n'y a rien de commun entre ces 2 révoltes, sinon la mise à feu des autos, et qui n'était pas la principale caractéristique de 68.
C'est navrant, mais c'est ainsi !
à Waldeck
De Veum
doctorant | 21H55 | 12/06/2008 |
Un extrait de NTM peut être, C'est arrivé près de chez toi, 1998 :
« Et pour moi, l'exclusion c'est aussi simple que ça.
C'est rien que du direct-live et des choses qu'évoluent pas.
C'est les mêmes qu'en font les frais, le peuple sûbit, subira.
Le vent contraire d'un système impotent parce que trop lent.
De tout temps pour les problèmes latents,
Tant ignorés, sauf quand faut se faire réélire, mais attend, y'a pire !
Si tu attends le réveil des foules, c'est que tu conspires.
On nous tient à la gorge par le biais de grandes espérances.
[…]
Je dépéris, paumé à me demander où est le bon chemin.
Je suis pas le seul dans ce cas à vivre en astreinte.
On est tous un tas près de chez moi à vouloir porter plainte.
La populo demande pas l'opulence sans souffrance,
Juste représenter, faire acte de présence.
Sans papier, sans emploi, on ne compte plus les laissés pour compte.
[…]
Place aux jeunes avatars, c'est qu'il y'a trop de bâtards
Sous les étiquettes et les codes-barres.
Survie oblige, c'est un système barbare.
On ne va pas colmater la fracture sociale de plâtre.
9 8 encore plus qu'en 68, il va falloir se battre. »
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 18H29 | 12/06/2008 |
Je trouve que les mouvements de 2008 à Grenoble font beaucoup plus penser « à l'esprit de 68 »… mais ils ne sont effectivement pas le fait des jeunes totalement désespérés des banlieues. Plutôt de Lycéens bien intégrés et qui ont une revendication sociétale plutôt que corporatiste ou identitaire….
Ces mouvements ont été étouffés par une absence totale de soutien médiatique, malgré la gravité de ce qui s'est passé (plusieurs blessés sérieux chez les lycéens)… mais croire que ces jeunes reviendront « calmés » de vacances, alors que la casse de l'éducation nationale va s'aggraver à la rentrée, me semble assez… illusoire.
Pour dire : même dans mon fond de campagne, les gens se sont mobilisés pour prévoir des manifs à la rentrée (dans un petit bourg où il n'y en a jamais), d'ailleurs la dernière réunion parents-enseignants n'avait jamais rassemblé autant de monde - et aussi motivés… et les profs du petit collège du coin se disent déjà prêts à poser le cartable dès septembre, oui, mais bien plus qu'un seul jour ce coup-ci
Darcos Vador V (manif le 22 mai 2008 à Grenoble)
envoyé par patricejamet
d'autres vidéos (il y a eu de nombreuses émeutes) :
http://www.dailymotion.com/related/9301088/video/x5162n_darcos-vador-man…
http://www.dailymotion.com/related/8452607/video/x59pxf_darcos-vador-ii-…
http://www.dailymotion.com/related/8452607/video/x5c4wa_darcos-vador-iii…
http://www.dailymotion.com/related/8452607/video/x5gafq_darcos-vador-iv-…
un beau texte qui a été produit à cette occasion :
NOUS, ON VEUT VIVRE
écrit le 19/05/08 à 15 : 51 : 21
Mouvement lycéen printemps 2008 - Grenoble
Jeudi 15 Mai 2008, Grenoble : le centre-ville est le théâtre de plusieurs heures d'affrontements entre quelques milliers de manifestants et les forces de l'ordre. Manifestations sauvages à répétition, lancer de canettes, de pommes pourries, ou de caillasses d'un côté, contre flashballs et grenades lacrymogènes à outrance (plus de 250 tirées dans la journée) de l'autre. L'énergie, l'entêtement et l'endurance des manifestants ont marqué les esprits et notamment ceux des tenants de l'ordre établi, qu'ils soient policiers, journalistes ou syndicalistes. Et de s'indigner plus ou moins ouvertement contre « ces pratiques qui ne mènent à rien », cette « routine des affrontements », de stigmatiser des « militants anarcho-libertaires manipulateurs ». Avec, au bout, toujours les même questions : « mais pourquoi vous faites ça ? “ ; ‘qu'est-ce que vous voulez ? ’.
Ce qu'on veut ?
Nous, on veut pas finir policier.
Lors de la dernière manif” lycéenne, Jean-Claude Borel-Garin, directeur départemental de la sécurité publique et commissaire central de Grenoble, a fait la morale aux manifestants pour leur expliquer comment réaliser une manif » « réussie ». C'est normal, il s'y connaît : c'est un homme qui a tout « réussi ». Ancien numéro 2 du Raid, il vient d'être nommé « contrôleur général », un des plus hauts grades de la Police. Ayant grandi dans la cité ouvrière et populaire de Jean Macé, parmi les pauvres ; il est maintenant bien installé parmi les dominants, habitant une maison chic dans les hauteurs embourgeoisées de Corenc. On comprend donc tout l'intérêt qu'il a à ce que les manifs soient « réussies », c'est-à-dire inoffensives pour les dominants.
Sans doute un modèle pour Amin Boutaghane, directeur des Renseignements Généraux de l'Isère et chevalier de la Légion d'honneur, ou Dorothée Celard, 26 ans et Commissaire-adjoint de sécurité-proximité de Grenoble à la tête de 400 policiers.
Ces différents exemples de « réussite » nous font vomir. Une vie passée à la défense de l'ordre établi, de l'Etat et des dominants. Une vie à ficher, interpeller, réprimer les pauvres, les fouilles-merdes, les pas normaux, les engagées, les enragés. Merci, très peu pour nous.
Nous, on ne veut ni de piscine à Meylan, ni de Légion d'honneur, ni de salaires mirobolants. Nous ne cherchons pas à avoir une vie « réussie » mais à réfléchir à comment la vie pourrait valoir le coup d'être vécue.
Nous, on veut pas finir au Daubé (ni à Libé).
Le Daubé, qui ajoute ses notes au concert médiatique nauséabond sur les « évènements » de mai 68, mais qui dénigre la page d'après les manifestations de colère actuelles.
Le Daubé qui ne manque jamais d'enthousiasme et d'entrain pour relater telle inauguration, tel match de rugby, tel débat chiant à mourir. Mais qui à propos des manifestations sauvages parle, avec dédain, de « routine ».
Non, ce n'est pas ça la routine. La routine, c'est le travail quotidien des Denis Masliah ou Vanessa Laime, « journalistes » au Daubé en faits divers. Être obligé de se torturer l'esprit pour trouver quelques traits d'humour afin d'agrémenter les informations brutes - jamais vérifiées - de la Police ; voilà bien un triste métier. On comprend dès lors qu'ils méprisent celles et ceux qui tentent de sortir d'une routine, de vivre intensément.
La routine, c'est aussi « Grenews », dernier rejeton du Daubé, qui court après les « jeunes qui bougent » qu'ils soient footeux, artistes ou contestataires pour tenter de grappiller de nouveaux lecteurs et ainsi satisfaire les publicitaires. Vendre du temps de cerveau disponible à Ikea, Renault, ou au Summum, voilà toute l'ambition politique du Daubé.
La routine, c'est l'inverse de ce que devrait faire des journalistes. Un travail d'enquêtes et d'investigations pétri d'esprit critique bien loin de la production de lèche-cul-des-autorités du Daubé. Nous, on a soif de véritables informations. On veut comprendre le monde dans lequel on vit. Pas celui des élites, le vrai.
Nous, on veut pas finir à la CGT.
Quelle tristesse que le spectacle de ces cortèges mous, transpirant la certitude d'être entrain de tout perdre. Quelle désolation que de s'apercevoir que les intérêts du pouvoir et des responsables syndicaux sont liés ; et qu'ils s'entendent très bien pour ne pas faire déborder les luttes des cadres établis, pour qu'elles ne remettent pas trop en cause le système. Quelle consternation que de voir les ex-responsables syndicaux lycéens ou étudiants rejoindre les structures du pouvoir (par exemple, au niveau local, Laure Masson et Hélène Vincent, anciennes responsables de l'Unef, aujourd'hui adjointes au maire de Grenoble).
Nous, on veut pas, dans 20 ans, se retrouver à défiler pour s'indigner contre le passage à 53 années et demi de cotisations, puis remballer nos autocollants et banderoles deux manifs plus tard, après que nos dirigeants aient obtenu des « garanties » du gouvernement. Nous, si l'on sort dans la rue, c'est parce que l'on étouffe dans les règles et normes de cette société ; et qu'on veut la changer, ici et maintenant.
« Discours, merguez et traditions. Elle est pour quand, la révolution ? »
N'en déplaise à ceux qui aimeraient bien nous catégoriser (« jeunes radicaux », « révolutionnaires », « anarcho-libertaires », « ultra-gauchistes », « casseurs », « adolescents attardés », « totos »….), nous ne rentrons pas dans des cases. Différents, multiples, non réductibles à une appellation, nous sommes unis par le refus de la fatalité et la volonté d'essayer d'ouvrir des possibles, loin des trottoirs battus.
Pas naïfs pour autant, nous sommes bien conscients que coincés entre la BAC et le Bac, ce mouvement-ci va peut-être mourir petit-à-petit. Mais ce sera pour mieux revenir plus tard. « Back dans les bacs ».
Avec toujours la même volonté de relancer l'économiste le plus loin possible et de libérer nos vies du culte du fric, de la marchandise, et de la nouvelle-réalité--mondiale-à-laquelle-il-faut-s'adapter.
Avec toujours la même volonté de résister avant que les dernières « innovations » technologiques (vidéosurveillance, biométrie, puces implantables sous la peau, drônes…) rendent suicidaires toute opposition au pouvoir.
Nous on a des rêves
De grèves sans trêves où l'on trouve du groove
D'instants intenses dépassant les interdits installés
Face à la morne mélancolie, on veut remplir nos vies de poésie
Même dans les tracts et pouvoir aux bas mots
Casser la barack, comme Obama.
Nous avons toute la vie pour ne pas nous contenter de notre sort
Nous aurons toute la mort pour ne pas avoir de remords
Nous, on veut vivre.
Premiers signataires :
Association « Place de Verdun : J'y suis, j'y reste » ; groupe « La Rue Kinousappartient » ; A l'Attac 38 ; Solidarité Bande de Gazage ; Union « Touche pas à ma rue » ; Comité pour un gazage sans OGM ; mouvement « Guerre sociale et amour fou » ; comité « Passe sur la BAC d'abord » ; club « GF 38 » (Gazs vs Fumigènes 38) ; Michel et Olivier (Derniers Poilus de la Bataille de Verdun) ; parti NPA (Noix et Pommes Avariées), Michael scofield de Prison Break, union syndicale CRS (Citron, Rage et Sérum phy) ; groupe-Facebook « Salut, ça gaze ? “, collectif unitaire ‘Un jour, j'irai au Rectorat avec toi…’ ; Ligue des Droits des Pommes, Association ‘Arrêté, crie ton nom’ (ACTN), Réseau FTC (Fous Ta Cagoule), FIDL Gastro, Front de Libération des Rues, fan-club de Magali Coppere…
http://grenoble.indymedia.org/index.php ? page=article&filtre=1&droiteA=1&…
De Naradamuni
sans | 23H33 | 12/06/2008 |
Ancien de Vaucanson je peux dire que ceci réveille mes souvenirs vécus de « 68 » qui a durée jusqu'en 70 !
« nous on veut vivre », pas leitmotiv des revendications de ces années là ?
Le désobéissance civile de Keny Arkana ! http://keny-arkana.com/desobeissance/
1789 a débuter à Vizille… 2009, Grenoble et sa Bastille ?
A vouloir trop commémorer, enterrer…
http://www.dailymotion.com/relevance/search/Keny%2BArkana/video/x4god7_k…
Je me permets de citer Le Yéti qui je pense ne m'en tiendras rigueur et comprendras.
« Faut-il rappeler que l'icône de la non violence, le Mahatma Gandhi, limitait l'application de celle-ci à l'apparition de la lâcheté : “Entre la violence et la non violence, je choisis la non violence. Mais entre la violence et la lâcheté, je choisis la violence.”
En 1948, dans une réponse à Emmanuel d'Astier de la Vigerie qui lui reprochait de plaider pour la non violence tout en passant sous silence les crimes commis par les États-Unis, Albert Camus écrit :
“Ce n'est pas me réfuter en effet que de réfuter la non violence. (…) Je ne pense pas qu'il faille répondre aux coups par la bénédiction. Je crois que la violence est inévitable, les années d'occupation me l'ont appris. Pour tout dire, il y a eu, en ce temps-là de terribles violences qui ne m'ont posé aucun problème. Je ne dirai donc point qu'il faut supprimer toute violence, ce qui serait souhaitable, mais utopique, en effet. Je dis seulement qu'il faut refuser toute légitimation de la violence, que cette légitimation lui vienne d'une raison d'État absolue ou d'une philosophie totalitaire. La violence est à la fois inévitable et injustifiable. Je crois qu'il faut lui garder son caractère exceptionnel et la resserrer dans les limites qu'on peut.”
Tout est dans la distinction entre cet “inévitable” et ce “injustifiable”. Nuance pas si évidente à percevoir dans la réalité des faits. Camus et d'Astier de la Vigerie dénonçaient chacun à leur façon la violence et les crimes commis au nom d'une idéologie, qui se réclamait alors du peuple pour l'une, de la “liberté” pour l'autre. Les deux avaient raison. Mais les émeutiers de banlieue, pour prendre cet exemple, n'invoquent aucun courant de pensée, aucune philosophie. Nul ne saurait décemment les “justifier”. Mais qui oserait prétendre que leurs manifestations de colère n'étaient pas “inévitables” ?
Devant le sombre avenir qui nous préoccupe dès à présent, il est primordial que chacun ait l'esprit bien clair sur le sujet. On doit toujours, je pense, s'interdire de “légitimer” la force ou la violence pour imposer une idée ou un système, aussi juste et idéal soient-ils. Mais il est de notre devoir de nous refuser avec la même obstination et la même fermeté à ce qu'on nous impose la démarche inverse, à ce que des bandits, même sous couvert d'une légalité de façade, nous spolient de nos droits et de notre dignité. Si la non violence est préférable et doit toujours être privilégiée, le recours à des actions musclées, s'il demeure “injustifiable”, peut hélas parfaitement s'expliquer. Il est à craindre que nous nous dirigions aujourd'hui, de façon de plus en plus “inévitable”, vers le moment des décisions difficiles. Ceux qui nous contraindront à cette légitime défense en porteront l'entière responsabilité. »
De zénon denon 84
Bonne | 16H44 | 15/06/2008 |
Qui se souviens du film de Mathieu kossovick
de 1994 ______ c'etait hier ,pourtant .
« »« LA HAINE “” »
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