a debattre

Un père diabétique dangereux pour son fils, selon un juge

Lorsqu'on contacte G. par téléphone, un mercredi après-midi, il préfère repousser l'entretien au moment de la sieste de son fils « pour le tenir à l'écart de tout ça ». « Tout ça », c'est un dossier médical compliqué qui a donné suite à un contentieux judiciaire lourd et conflictuel.

L'enfant de 2 ans et demi qui fait la sieste est au coeur de la bataille juridique qui oppose G., 50 ans, à H., son ex-compagne. Ils ont vécu « trois ans et demi, quatre ans » ensemble. Ils ont eu un enfant ensemble, et aussi élevé les deux ados que H. avait eu plus tôt.

Jusqu'à la fin de l'année 2007, ils vivaient ensemble, dans les Deux-Sèvres. Leur histoire avait démarré alors que G. venait d'être diagnostiqué de deux pathologies très lourdes : un diabète de type 1 et des troubles bipolaires (maniaco-dépression : sautes d'humeur, phases dépressives, etc.).

Pour traiter cette seconde pathologie, les médecins recourent souvent au lithium. Problème : la tolérance des diabétiques à ce traitement reste sujette à caution, et ses soignants peinent à stabiliser chimiquement G., qui enchaine les séjours en clinique.

Début 2008, le couple rompt. Ils sont séparés depuis très peu de temps lorsque G. reçoit une assignation en référé : l'ex-compagne, H., veut passer par le juge pour mettre à plat les conditions de garde de leur enfant. Ce document, que s'est procuré Rue89, fait largement mention de ses troubles bipolaires. En revanche, aucune référence au diabète de G.

C'est seulement à l'audience, le 17 mars, devant le tribunal de grande instance de Niort, que l'affaire change de tournure. L'ex-compagne avance, certes, toujours, que G. « a fait plusieurs séjours en psychiatrie et qu'il est difficile à gérer au quotidien ».

Mais le juge estime que ses troubles du comportement « ne présentent pas une gravité telle qu'ils fassent courir des risques à l'enfant ». Entre temps, une expertise signée du psychiatre de G. atteste qu'il n'est plus dangereux depuis qu'il est traité correctement.

« Des petites crises d'hypoglycémie, j'en fais, mais ça ne m'empêche pas de vivre »

C'est alors sur le front du diabète que la partie adverse décide d'attaquer, arguant qu'il peut « perdre connaissance à tout moment malgré son traitement. » De fait, G. reconnait facilement avoir fait plusieurs malaises hypoglycémiques avant de se voir prescrire des dosages supportables de lithium.

« Des petites crises d'hypoglycémie, j'en fais régulièrement, mais ça ne m'empêche pas de vivre : trois morceaux de sucre, une pomme et morceau de pain et ça repart. A cause des troubles bipolaires, j'ai pu avoir du mal, au début, à prendre conscience de ces signes, allant jusqu'au coma diabétique. Mais je suis maintenant bien stabilisé chimiquement. »

Et là, surprise : le juge estime que le diabète du père peut être dangereux pour son fils. Sans consulter un diabétologue sur la question, il décide de ne lui confier l'enfant que le mercredi après-midi et un samedi sur deux… jusqu'à 18 heures.

Y aurait-il davantage de risque de coma diabétique la nuit ? « Pas du tout », répond un diabétologue qui travaille en milieu hospitalier dans le Nord. Si ce dernier préfère rester à l'écart d'une affaire juridique privée, il précise :

« Certains malades ne sont clairement pas en état de conduire… mais à ma connaissance on n'a jamais confisqué de permis ou privé un parent de la garde de son enfant. »

Dans cette affaire, le juge n'a d'ailleurs par privé G., qui vit à la campagne, du droit de véhiculer son fils… mais il remet quand même en question sa capacité à conduire. Ainsi, l'ordonnance indique :

« On peut s'interroger sur l'opportunité pour Monsieur D. de faire monter son fils dans sa voiture, ce qu'il a fait récemment sur une longue distance pour aller en Gironde, un malaise volant de son véhicule pouvant avoir des conséquences dramatiques pour lui-même et l'enfant… sans parler des autres usagers de la route. »

« Une appréciation complètement erronée de ce qu'est le diabète »

Pour Me Poupot, l'avocat de G., le juge fait « une appréciation complètement erronée de ce qu'est le diabète ». Contacté par Rue89, Me Salzard, son adversaire dans cette affaire, ne s'est pas montré très disert :

« Monsieur D. fait de cette affaire une affaire publique alors que c'est un dossier privé. Je n'ai rien à vous dire sur notre stratégie devant le tribunal. »

H., jointe chez elle, mercredi soir, préférait pour sa part qu'on s'en tienne à son avocat.

Y a t-il un risque que cette décision de justice compliquée fasse jurisprudence ? C'est en tous cas ce que craint l'Association française des diabétiques, qui a pris le dossier à bras le corps.

Cette structure, qui regroupe 130 000 adhérents diabétiques, affirme n'avoir jamais eu vent de telle décision de justice. Me Papasian, l'avocate de l'AFD, dénonce le « principe de précaution » qui sous-tend cette décision et « une grave méconnaissance de la maladie » :


Pour l'avocate de l'association de diabétiques, « on veut nous faire croire que les diabétiques ne savent pas s'occuper de leurs enfants » :

« Soyons cohérents, si on va jusqu'au bout, pourquoi le juge n'a-t-il pas interdit le droit de visite si ce malade est soit-disant si dangereux ? “

G. a déjà fait appel, et retournera devant le juge la rentrée. Il reconnaît que son activité professionnelle est ‘un peu morcelée’ à cause de ces séjours hospitaliers, mais continue à effectuer des missions, notamment pour les conseils régionaux, en tant qu'expert sur le spectacle vivant. Pour lui, cette décision de justice s'apprente à une ‘double peine’.

C'est aussi l'avis de Me Papasian, pour l'AFD, qui rappelle ‘un contexte de plus en plus discriminatoire contre les diabétiques’ dans le monde professionnel, notamment dans la fonction publique : ‘ça fait un peu peur’ :


Tous les prénoms ont été masqués, une affaire passée devant le juge aux affaires familiales réclamant l'anonymat.

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Portrait de jimmyb

à Ryze Portrait de Ryze De jimmyb

14H24 | 12/06/2008 | Permalien

Tout cela est un peu vrai, mais au départ, il s'agissait de constatations faites sur l'état de malnutrition, de mauvais soins et parfois de maltraitance des enfants, qui ont conduit à élaborer ce concept. Jusque là, les mères ne s'occupaient guère de leur progéniture, par manque de temps d'abord, et aussi à cause d'une mortalité infantile assez élevé, qui leur donnait peur de s'investir trop émotionnellement dans leurs bébés. Derrière ces motifs à première vue louables, se cachaient en fait la crainte de problèmes économique, et surtout militaire (manque de soldats pour un pays qui cultivait l'esprit de la revanche). Pour ce qui est du matchisme, il faut voir cela avec un œil de l'époque, et ne pas être trop dur avec nos ancêtres. Mais il est vrai qu'aujourd'hui, cela en arrangerait plus d'un que les femmes soient obligés de se consacrer totalement à leurs enfants et à leur mari, notamment nombre d'intégristes religieux de tout poil.
N'est-ce pas d'ailleurs encore un écho de ce pseudo « instinct maternel », qui fait qu'aujourd'hui la grande majorité des gardes d'enfants soit accordée plus facilement à la mère en cas de conflit ? Probablement qu'il y a un peu de ça, sans doute les hommes payent-ils le prix de leur invention, à force de répéter que les femmes devaient s'occuper de leurs enfants, les mentalités en ont déduit que les hommes n'en étaient pas capables. Toute une éducation à refaire…

Portrait de Naradamuni

De Naradamuni

sans | 00H25 | 12/06/2008 | Permalien

N'est-il pas grave de créer de telles jurisprudences .
Ne peut on pas assister à un glissement vers, par exemple « fumer tue », donc le parent est dangereux pour ses enfants, etc… ?
Allez tous les enfants de fumeurs en zone aseptisés !

Dans certaines résidences aux U$A on ne loue plus aux fumeurs…

Le harcèlement, l'hygiénisme et la morale sanitaires dont nous sommes l'objet, l'obsession sécuritaire, la mise sous tutelle par l'Etat de nos comportements et sa tendance autoritaire à multiplier les interdictions via la loi.

Qu'on nous fiche la paix et qu'on nous laisse vivre !

http://spartaclop.free.fr/

Portrait de lamichael

à Naradamuni Portrait de Naradamuni De lamichael

02H51 | 12/06/2008 | Permalien

Je suis en COLERRRRE Naradamuni…

http://en.wikipedia.org/wiki/Narada

TOI ? AVEC TES PRINCIPE NEO ? JAIMELATERRE
« Ne peut on pas assister à un glissement vers, par exemple “fumer tue”, donc le parent est dangereux pour ses enfants, etc… ?
Allez tous les enfants de fumeurs en zone aseptisés ! »

FAIRE RESPIRER TON CHOIX DE VIE A TES ENFANTS….
CREVE SI TU VEUX MAIS LAISSE TES GOSSES EN PAIX !
Et tu rajoute :

Le harcèlement, l'hygiénisme et la morale sanitaires dont nous sommes l'objet, l'obsession sécuritaire, la mise sous tutelle par l'Etat de nos comportements et sa tendance autoritaire à multiplier les interdictions via la loi.

Qu'on nous fiche la paix et qu'on nous laisse vivre !

QUE TU EST TES PROPRES CONVICTIONS,OK !
VA jusqu'au bout de tes pensées et laisse les vivres en paix tes enfants sans leurs imposés tes faiblesses.

Tu n'est certainement pas le pire de tous mais ne juge pas si tu ne fait pas mieux !
Dimanche prochain sera un jour de soleil,profite en pour une bonne balade sans fumée en forêt…
Ma colère est passée,désolée de m'être énèrvée

Portrait de Naradamuni

à lamichael Portrait de lamichael De Naradamuni

sans | 07H29 | 12/06/2008 | Permalien

La Colère n'est à ce qui se dit pas bonne conseillère.

Qui te dit que je suis fumeur ?

Quels sont tes convictions qui déclenchent en toi une telle réaction de haine (crève ! ) ?

Je ne juge pas mais je constate qu'il est trop facile de prendre des boucs émissaires ( les fumeurs dans mon exemple ! ) pour instaurer tout un système liberticide, autoritaire et qui réduit l'espace de nos liberté et pas que celle de fumer (c'était un exemple ! )

Quant à ta sentencet que je soi pire mais pas le plu, je t'en laisse seul juge ?

une autre question puisque tu n'as pas répondu à ma première interrogation.

Est-ce le tabagiste passif qui amène à la disparition des abeilles pollénisatrices, indispensable à notre survie alimentaire ?

PS : ma balade en forêt est quotidienne, je te remercie pour tes attentions.

Portrait de atanguy

De atanguy

(US) | 03H39 | 12/06/2008 | Permalien

Le diabète est une maladie dangereuse, souvent génétiquement héritée ou/et transmise par l'environnement. Le meilleur moyen de combattre le diabète et de le prévenir c'est de suivre un régime dit de « no carbs » : Un régime sans carbohydrates, sans sucres, sans pain,sans farineux,sans pâtes, sans riz,pas ou peu d'alcool. Les médecins soignent avec des médicaments qui souvent ont des effets néfastes - Tel que le rapporte votre article avec l'hypoglycémie, sans vraiment combattre la cause liée a l'alimentation du malade. Je ne connais rien aux troubles bipolaires - Sinon que c'est a la mode - Mais je ne serais pas étonné que ces troubles soient lies au diabète de intéressé,en plus de ses problèmes familiaux. Si cette personne veut être en bonne santé pour élever son enfant, ce n'est pas les avocats, ni même les médecins qui vont l'aider le plus, c'est lui même qui doit se prendre en charge et combattre sa maladie lui même en suivant un régime et faire un minimum d'exercices physiques.

Portrait de Gandijyn

à atanguy Portrait de atanguy De Gandijyn

13H27 | 12/06/2008 | Permalien

Oui et depuis peu, la politique s'en mêle ! Génétiquement on est prédisposé à la violence, avant même d'être conçu ! même que es parents devraient devenir stériles avant de copuler pour éviter une fécondation ! …

Pour comprendre pourquoi on va chez le médecin :
MAFIA MEDICALE – Ghislaine Lanctot (Québec)
•http://video.google.fr/videoplay ? docid=-1443602579295369074 « La Mafia Médicale » 1ère partie
•http://video.google.fr/videoplay ? docid=8766366921278444185 « La Mafia Médicale » 2ème partie

* manger Bio et équilibré, vivez !
* prenez du Chlorure de Magnésium (c'est vraiment pas cher et ça peut anihiler beaucoup de symptômes
* n'allez plus chez le médecin : il vous trouvera systématiquement une maladie

Portrait de Mondonville

à atanguy Portrait de atanguy De Mondonville

Interne | 17H24 | 12/06/2008 | Permalien

Le portrait du diabétique ramolli, ne mangeant que des haricots verts et de la salade, est une caricature maximale. La volonté ne redonne pas la santé. Les enfants ont les parents que l'entrecroisement des faits favorables et défavorables maintient ou pas dans l'équilibre instable de la santé. Inutile d'ajouter une pseudo-culpabilité aux parents diabétiques. Le régime et l'exercice physique ne font point reculer cette maladie chronique. N'embrouillons pas les pistes en disant que c'est au diabétique de faire l'effort d'être un bon père en étant moins diabétique. Argument tout à fait nul ! C'est rejoindre le caractère injuste de la décision prononcée par la JAF de Niort.

Portrait de trotter

De trotter

05H23 | 12/06/2008 | Permalien

Tite faute : « un malaise volant “=>‘Un malaise au volant.’

Portrait de Honorgate

De Honorgate

Service public - blogueur | 06H23 | 12/06/2008 | Permalien

C'est de la pure discrimination.
Alors lorsqu'on aura les cheveux de la mauvaise couleur ?

En tous cas pour les mamans diabétiques, il existe un site d'entraide
--> http://www.mamansdiabetiques.com

Portrait de Naradamuni

De Naradamuni

sans | 07H49 | 12/06/2008 | Permalien

@ lamichael

Sans prosélytisme et en ton entière liberté… : http://www.gillesclement.com/index.php

Salutations

Portrait de Camelback

De Camelback

Etudiant en bioinformatique | 08H18 | 12/06/2008 | Permalien

Un juge reste un humain, sensible aux informations des médias. Or que nous répètent les médias depuis des années : diabète = obésité = charge pour la société. On peut penser que l'image désastreuse du diabète et des diabètique qu'a l'air d'avoir ce juge l'a influencé ( car s'il n'a pas de mauvaise image de cette maladie, alors il n'est rien d'autre qu'un feignant incompétent, et cela aurait sans doute été remarqué dans d'autres affaire ).

Le traitement par les médias des problèmes de surpoids est faussé, en ce qu'ils ne font qu'associer comportement alimentaire irresponsable, surpoids, et diabète, la où les situations personnels sont complexes et multiples.

Portrait de Charles Mouloud

De Charles Mouloud

Bras gauche de la Vénus de Millau | 08H26 | 12/06/2008 | Permalien

Prévention de la maltraitance ?
En effet.
Un pére qui est potentiellement capable de piquer les fraises tagada de son fils , pour contrer une crise d'hypoglycémie…est un être dangereux !

Portrait de Mon-Al

à Charles Mouloud Portrait de Charles Mouloud De Mon-Al

roturière :-) | 09H58 | 12/06/2008 | Permalien

Toujours aussi pertinent ! ! Respect …

Portrait de marie 75

à Charles Mouloud Portrait de Charles Mouloud De marie 75

10H19 | 12/06/2008 | Permalien

excellent ! ! !
Tu as oublié les mash-mallows ! ! !
Et si ce pauvre homme faisait un infarctus ?
Donc … enlever tous les enfants à leurs pères car plus (+) d'infarctus chez les hommes que chez les femmes.

La justice marche sur la tête !

Portrait de rayhan

De rayhan

boomrang | 10H46 | 12/06/2008 | Permalien

« Alain Pacifique le faux celte »
« ta machine a vomir des mots doit avoir un bug ! fait un petit checkup, mais cache le diagnostic si tu as affaire a la justice, on ne sait jamais »

-garde pour toi tes tirades rédemptrice, et tes conseilles de repris de justice et montre moi tes mollets….. car j'imagine tres bien y trouvé un bracelet électronique

Portrait de Buzhidao

à rayhan Portrait de rayhan De Buzhidao

Carte de presse n°343-F (oui, je sa... | 12H33 | 12/06/2008 | Permalien

y'a des boutons « répondez-lui », ça rend la lecture des réponses plus facile ; -)

Portrait de rayhan

à Buzhidao Portrait de Buzhidao De rayhan

boomrang | 12H58 | 12/06/2008 | Permalien

c'est seulement lorsque je part que je reviens ; -)

Portrait de Alain Pacifique

à rayhan Portrait de rayhan De Alain Pacifique

22H06 | 12/06/2008 | Permalien

si tu n'es meme pas capable de comprendre cette petite blague, arrete de lire et de dire des conneries.
au fait, c'est quoi des conseil(les) de repris de justice ( que je ne suis pas )

je ne vous salue pas ( juste pour rester poli ! )

Portrait de Buzhidao

De Buzhidao

Carte de presse n°343-F (oui, je sa... | 12H27 | 12/06/2008 | Permalien

« un malaise volant de son véhicule » : manque un « au », non ?
Et sinon, rien à dire sur le fond, mais pourquoi ne mettre que les initiales (« D. ») quand on peut entendre le nom dans les fichiers audio ? Oubli de « floutage audio » (désolé je trouve plus le mot), ou bien ?

Portrait de Chloé Leprince

à Buzhidao Portrait de Buzhidao De Chloé Leprince (auteur)

Rue89 | 13H13 | 12/06/2008 | Permalien

Bonjour

Pourquoi les initiales ? Parce que c'est la loi, et qu'il y a un impératif d'anonymat. En revanche, je ne comprends pas votre remarque sur les fichiers audio : il ne s'agit pas des intéressés en son mais de l'avocate de l'AFD… aucune exigence d'anonymat, donc !

Portrait de Jack Sullivan

De Jack Sullivan

en boule | 12H29 | 12/06/2008 | Permalien

Il faudra que quelqu'un m'explique ce qui est le plus « dangereux pour un enfant », d'un parent souffrant d'une maladie qui l'oblige à se soumettre à un traitement chronique, ou d'un parent indifférent voire mal-aimant. Juste une curiosité, comme ça.

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 13H56 | 12/06/2008 | Permalien

Je n'ai rien de spécial à ajouter aux commentaires déjà affichés ci-dessus. Mais en tant que diabétique de type 1 et personne atteinte d'une maladie génétique potentiellement grave (mais traitée), je tiens à souligner que le cas évoqué par Chloé n'est pas si rare. Si l'on épluchait toutes les actions en justice du type de celle concernant G., on verrait qu'elles représentent un pourcentage important des affaires portées devant les juges et/ou les conseils de prudhommes.

Car si l'Etat français prend prétendument en compte « le handicap », il lui reste encore à définir celui-ci. Dans ses relations avec le public, il associe le handicap à une incapacité le plus souvent motrice (= fauteuil roulant), parfois aussi mentale, d'où le nombre impressionnant de places de parking réservées aux « handicapés » dans les lieux publics, le plus souvent inoccupées.

En réalité, les diverses formes de « handicap » concernent sans doute environ trois millions de personnes en France (souffrant pour la plupart de l'une des 5.000 « maladies rares » recensées, diabète de type 1 compris). Ces handicaps sont de tous ordres, parfois partiels et n'affectant pas les fonctions « ordinaires » des individus, mais parfois aussi débilitants, et ne sont pas reconnus en dehors de la sphère de la Sécurité Sociale.

Il en résulte une absence de prise en compte des pathologies par le système judiciaire et la société en général. D'où le VIDE JURIDIQUE entourant des cas tels que celui évoqué dans l'article. C'est ainsi qu'un juge peut en arriver à conclure à la dangerosité potentielle d'un diabétique en parfaite méconnaissance d'une maladie pourtant courante et par ailleurs très bien soignée.

Le cas abordé par Chloé est une illustration typique de l'énorme retard législatif accumulé par l'Etat français en matière de handicap : l'attaque portée contre G. par H. pour cause d'incapacité alléguée peut avoir gain de cause (en tout cas en première instance), alors que cette incapacité ou « invalidité » n'est nullement fondée en droit !

Tous les abus sont donc possibles.

Portrait de Naradamuni

à Jaycib Portrait de Jaycib De Naradamuni

sans | 18H36 | 12/06/2008 | Permalien

Le VIDE JURIDIQUE serait alors comme « les parts de cerveaux vacants » des administrateurs de TF1 & Co ?

Donc, toutes les manipulations sont donc possibles.

Portrait de helios33

De helios33

14H13 | 12/06/2008 | Permalien

Un diabétique peut avoir un malaise, et si personne ne vient à son secours, il meurt. Je connais des exemples. Alors le risque avec un enfant de deux ans est qu'il reste seul et meure de faim ou de soif.

Portrait de Mondonville

à helios33 Portrait de helios33 De Mondonville

Interne | 16H13 | 12/06/2008 | Permalien

Formulation maladroite. À ce compte là si la mort est omniprésente, il n'y a pas d'issue, car les enfants retirés pour ce motif fallacieux sont confiées à d'autres personnes dont la mortalité est toujours sur le point d'aboutir, car la mort est un fait universel.

Portrait de Jaycib

à helios33 Portrait de helios33 De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 16H49 | 12/06/2008 | Permalien

Je veux bien croire qu'il existe encore des cas de coma hypoglycémique, mais ils doivent être rarissimes, en tout cas chez les personnes ayant connaissance de leur état. Le cas de G. est peut-être spécial du fait de son traitement au lithium (cette saloperie de « médicament » a des effets secondaires parfois pires que le mal), et je ne me prononcerai pas là-dessus, mais pour ce qui est des diabétiques insulino-dépendants « ordinaires », il me reste à en découvrir qui ne reconnaissent pas les signes avant-coureurs d'une hypoglycémie.

Evidemment, on peut toujours dramatiser et imaginer des scénarios catastrophes.

Portrait de Mondonville

à Jaycib Portrait de Jaycib De Mondonville

Interne | 16H52 | 12/06/2008 | Permalien

Si les personnes ont connaissance de leur état, elles ne sont point dans le comas. Les signes de l'hypoglycémie s'estompent lorsqu'elles sont trop fréquentes, mais le lecteur de glycémie utilisé à intervalle régulier permet de savoir où en est la courbe des sucres et de la reconstituer dans la durée proche. La prévention est le geste qui soutient l'action du diabétique. Le catastrophisme est l'option qui prévaut dans cette décision honteuse et d'une incompétence totale de la JAF de Niort dans le cas décrit ci-dessus.

Portrait de Honorgate

à helios33 Portrait de helios33 De Honorgate

Service public - blogueur | 22H06 | 12/06/2008 | Permalien

Vous êtes dans la caricature noire des choses.
C'est dommage, car ce n'est pas rendre hommage aux diabétiques qui vivent au quotidien comme n'importe qui d'autre et qui ont la finesse de ne pas afficher leur handicap pour échapper au courage.
Un diabétique se prend tout à fait en charge et supplée au dysfonctionnement de son pancréas par son intelligence. ( dans le cas du diabète de type I )
Une piste à suivre pour ceux qui n'aurait pas ce problème ?

Portrait de el loco

De el loco

éducateur spécialisé | 14H23 | 12/06/2008 | Permalien

salut

quel dur métier que le métier de juge quand il s'agit de juger sans prendre partie
quel dur métier que le métier de juge quand il s'agit de juger une affaire privé
quel dur métier que le métier de juge quand il s'agit de prendre une décision
quel dur métier surtout car il s'agit de rendre un avis en ayant que des avis partiel et malheureusement des préjugés (en fait d'être comme tout le monde)
et surtout quel dur métier que celui de juge quand on doit porter un jugement sans un formation adapté sur la question jugé
car en france (à part certains Juge des enfants qui ont d'abord été éducateur avant de revêtir la robe) il n'y a pas réellement de spécialisation des Juges dans leur formation initiale, celle ci ne s'effectuant que sur le tas (l'expérience est une bonne méthode de formation : on apprend de ses erreurs et on s'améliore(mais bon la c'est de vie dont il s'agit…))
de plus le turn over des juges est impressionnant ainsi un juge des enfants sur Rouen (la juridiction que je connais le mieux ; ) ) reste en moyenne 3 4 ans sur le poste (je n'est pas bien sur de chiffre précis mais c'est ce que je constate dans mon travail) on peut imaginer que pour des JAF c'est la même choses

alors loin de moi l'idée de défendre une décision de justice abérante mais il faut bien reconnaitre que si les juges d'aujourd'hui connaissent très bien les procédures légale il méconnaisse bien souvent la nature des troubles, affection … ,et leur traitements, que rencontre les personnes qu'ils sont sensé juger, ou qu'ils sont sensés aidés, ils rendraient moins de jugement de ce type qui détruisent à coup sur l'enfant et bien sur ses parents ! !

Portrait de jimmyb

à el loco Portrait de el loco De jimmyb

14H42 | 12/06/2008 | Permalien

C'est cela le problème en fait, alors que la justice dans le premier procès avait entendu le corps médical sur les problèmes mentaux de ce monsieur, il n'en a pas été de même pour son diabète. Comment dans ce cas rendre une décision équitable, on ne peut pas invoquer le principe de précaution alors qu'on a la possibilité de savoir quelles conséquences peut avoir la maladie sur le cas précis de ce monsieur. A partir de là, toute décision devient inepte et inéquitable. Le pire, c'est que l'on a fait cela au nom de l'intérêt de l'enfant, intérêt bafoué en la circonstance.

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