Dans « La Condition noire », l'historien analyse la communauté de destin des Noirs de l'Hexagone et pointe leurs paradoxes identitaires.
On publie en France moins d'ouvrages consacrés aux Noirs de France que de livres ayant trait aux Noirs américains. Ces dernières années, le milieu associatif noir a pourtant donné une assise de plus en plus solide aux Noirs dans le débat public. Le Cran, créé fin 2005 par Patrick Lozes, proche de l'historien Pap Ndiaye, avec qui il « converse presque quotidiennement depuis quatre ans », y a notamment contribué.
Pourtant, l'université a longtemps renaclé à s'emparer de cet objet de recherche. Pour y remédier, Pap Ndiaye a publié « La Condition noire ». Cet ouvrage très touffu -plus de 430 pages- et passionnant se présente volontiers comme une première pierre à l'érection de black studies en France.
Son ambition ? Embrasser la « question noire » dans son ensemble en s'appuyant sur plusieurs disciplines : histoire, sociologie, droit, psychologie… De ces travaux menés par le métis grandi en France mais né d'un père sénégalais et d'une mère française, les Noirs de la métropole émergent non comme un groupe à l'identité monolithique et aux aspirations toujours cohérentes -une « identité épaisse » comme dit Pap Ndiaye- mais comme « une minorité, soit un groupe de personnes ayant en partage l'expérience sociale d'être généralement considérées comme noires ».
Entre déterminisme et hétérogénéité
Il paraphrase Sartre et dessine le contour de ce groupe en en faisant un construit social, pétri par un déterminisme multiple qui emprunte autant à l'histoire qu'à la sociologie :
« Etre noir n'est ni une essence ni une culture, mais le produit d'un rapport social : il y a des Noirs parce qu'on les considère comme tels. »
Pour éprouver l'influence de ce déterminisme, l'auteur s'est heurté au problème de la définition des Noirs comme groupe. Or il s'agit d'un groupe hétérogène. Jusqu'à la pigmentation, une question trop souvent niée en France mais bien présente. La préface de « La Condition noire » est signée de la romancière Marie NDiaye, sœur de l'auteur (elle a conservé la majuscule au D) qui a écrit pour l'ouvrage une nouvelle sur le colorisme :
C'est cette thèse d'une communauté de destin, de « sort partagé » plus que de partage culturel, centrale dans l'ouvrage, qui permet à l'auteur d'éviter les écueils de l'essentialisme tout en dépassant les limites d'un universalisme souvent étriqué et parfois aveugle. Certes « la France est aveugle à la couleur », dit-il… mais la République n'en a pas moins un problème avec les peaux pigmentées.
Pas tant parce que l'Hexagone n'arrive pas à se défaire de ses vieilles lunes assimilationistes, estime l'historien qui rappelle que, depuis Césaire, Senghor et la Négritude -soit les années 1930-, « l'assimilationisme a pris du plomb dans l'aile ». Mais plutôt parce qu'on ne sait pas encore penser le groupe des Noirs dans sa singularité.
Supplément de mélanine et « paradoxe minoritaire »
L'auteur cite aussi bien Frantz Fanon qui pointait déjà, en 1952, l'étonnement de certains devant sa maîtrise du français, que l'épisode de la coupe du monde de foot en 1998, quand la France se découvrait autrement tricolore. Depuis, Georges Frêche et d'autres se sont publiquement outrés de ce supplément de mélanine sur la pelouse. D'autres continuent de croire lui donner tort lorsqu'ils clament qu'ils « adorent les Noirs parce qu'ils sont de bons danseurs ».
Pap Ndiaye, lui, préfère travailler sur les discriminations « plus immédiatement urgentes que la question du racisme stricto sensu » et n'évacue pas le « paradoxe minoritaire » qui veut que les Noirs réclament à la fois qu'on ignore leur particularisme de peau tout en ayant soif de reconnaissance de leurs particularités identitaires :
Chercheur longtemps spécialisé sur les Etats-Unis, il s'est prononcé en faveur des statistiques ethniques comme « un outil parmi d'autres ». S'affichant « pragmatique », Pap Ndiaye veut débusquer les discriminations, déjouer le racisme et s'interroge même sur la posture de tout le mouvement antiraciste français qui, à force de nier la race coûte que coûte, a peut-être perdu en efficacité :
« Réfuter absolument la notion de “race” au nom de l'antiracisme, c'est-à-dire au motif que les “races” n'ont pas d'existence biologique et qu'il faudrait promouvoir l'unicité du genre humain, est une position morale qui rend difficile la réflexion sur les caractéristiques sociales des discriminations précisément fondées sur elle. »
Des lenteurs liées au tropisme marxiste
Pour lui, si la recherche -comme le milieu du documentaire, du reste- a si longtemps tardé à s'intéresser aux Noirs, c'est aussi parce qu'un vieux tropisme marxiste -« par ailleurs utile“- a donné pour habitude de penser la société à travers le tamis de la classe et pas de la couleur. Mais surtout parce qu'on répugne en France à aborder ces sujets, par crainte d'être taxé d'essentialiste sitôt que l'on isolerait un groupe ethnique ou une couleur de peau comme un objet de recherche.
L'émergence des Noirs dans le débat public n'est pourtant pas nouvelle. Pap Ndiaye, parlant de ‘sujet noir’, remonte aux années 1920, époque des ligues de défense des Antillais ou des Africains. Dans la foulée, le prolétariat noir -dockers ou marins souvent- se construisait une identité commune, partiellement relayée par le parti communiste même si l'historien note ‘une attitude parfois ambiguë’ de la part du parti qui a pu craindre l'émergence d'un communautarisme en lieu et place d'une lecture de classe. Aujourd'hui, Averoes et le Cran relayent largement une parole noire, notamment dans les médias. Mais l'université tarde toujours :
Aujourd'hui, Pap Ndiaye est confiant, toutefois. Il dessine un parallèle entre ce qu'il aimerait voir émerger comme ‘études noires’ et les ‘études de genre’. Ces dernières aussi ont tardé à s'imposer en France, alors que le genre s'étudiait depuis déjà longtemps ailleurs. Lui qui enseigne à l'EHESS remarque d'ailleurs qu'il existe des ponts entre les deux champs de recherche, notamment à la faveur des recherches menées sur les Noirs ailleurs en Europe.
Car Pap Ndiaye croit à l'émergence d'études afroeuropéennes, y compris dans des pays qui n'ont pas été puissances coloniales en Afrique. Pour lui, c'est aussi le signe que les Noirs se vivront, s'étudieront et s'écriront durablement comme une minorité.
► La Condition noire de Pap Ndiaye - éd. Calmann-Lévy - 435p., 21,50€.
► Modifié le 10/06/2008 à 18h05, Patrick Lozès n'étant pas enseignant à l'EHESS. Toutes nos excuses à l'intéressé et merci à Béatrice1 de sa vigilance.




















75
(Pour réagir, connectez-vous)
De mechante langue
15H06 | 10/06/2008 |
Enfin un sujet sur quelqu'un qui tient des propos fins et intelligents meme si , si je partage en grande parie l'analyse j'ai des reserves sur une supposée communauté d'interet qui en fait aboutirait un communautarisme revendicatif et plaintif.
à mechante langue
De mec de banlieue
un martien sur cette planete | 15H45 | 10/06/2008 |
BAS Banlieue anti-système PARTIE 1
envoyé par oligarchie
BAS Banlieue Anti-système PARTIE 2
envoyé par oligarchie
à mec de banlieue
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 16H51 | 10/06/2008 |
Cela me rappelle certains mouvements noirs américains extrêmistes des années 70. Les Français blancs sont certainement en retard sur l'intégration mais alors là ne parlons même pas de ce genre de mouvement ! ! !
à Venezuela
De mec de banlieue
un martien sur cette planete | 17H00 | 10/06/2008 |
Bonjour Venezuela aux Pays-Bas ,tu peux develloper ta pensee a part dire que c'est du Panafricanisme standar et qu'il n'y a rien de bien nouveau , je crois que tu n'as pas compris les 4 videos , peut etre qu'il n'y aura jamais d'integration par les desintegration .mais bon tu sais mieu qu'elles ce qui est bon .
à Venezuela
De Beryl
02H25 | 11/06/2008 |
De plus, ni Fanon, ni Césaire n'étaient favorables à une lutte armée aux Antilles françaises colonisées :
« Si vous voulez des larmes et du sang… » a dit Césaire aux Martiniquais.
Le Parti communiste y était hostile, car le combat anticolonialiste rejoignait à ses yeux le combat prolétarien international ; d'où la « Lettre à Maurice Thorez » (1956) de Césaire, qui eût un effet retentissant. L'auteur de « Discours sur le colonialisme » (1950) y annonçait sa rupture avec le Parti communiste autant à cause de l'invasion russe de Budapest que de l'ignorance doctrinale - et dans les faits - des communistes quant aux particularismes culturels des non Blancs.
Césaire ne s'est jamais départi concrètement de la notion de « ligne de couleur », ainsi qu'on le vérifie dans « Nègre je suis, Nègre je resterai » (refus radical de toutes les formes assimilationnistes, fidélité « fondamentale » à ses origines nègres, du point de vue historique et culturel mais aucunement noiriste) :
Question à Césaire (ITV inédite, 8 janvier 2003) :
- Est-ce que la négritude a encore un rôle à jouer ? »
Aimé Césaire
« Ah bien sûr ! …Tant qu'il y aura des Noirs et des Blancs, il faudra bien qu'il y ait une négritude… »
Mais « Le racisme noir est aussi haïssable que le racisme blanc » (ITV inédite, 23 mars 2004)
à mec de banlieue
De peredespeuples
18H15 | 10/06/2008 |
j'ai tout écouté les vidéos de banlieue anti système. La radicalité de leur posture est séduisante. Evidemment, la fascination pour le nationalisme affiché fait peur au début et saoûle à la fin. Du coup, on se demande ce que c'est le « égalité et réconciliation » du générique. Un petit coup d'oeil à Wikipedia nous apprend que c'est le think tank d'Alain Soral, donc lié au Front National. Du coup, on rigole un peu en repensant au couplet de l'instrumentalisation de sos racisme par le PS.
à peredespeuples
De Béatrice1
| 15H45 | 11/06/2008 |
Oui, il est inouï que l'offensive du FN auprès des paumés des banlieues ait eu un tel succès (voir Dieudonné).
à mec de banlieue
De Franade
Internaute | 08H23 | 11/06/2008 |
Ces jeunes filles devraient aussi étudier l'histoire européenne. Elles y apprendraient qu'à une époque, un homme, puis un parti, avaient exactement le même discours nationaliste (attachement à la race, lutte contre l'immigration, contre le capitalisme bourgeois, etc.) qu'elles et voulaient faire avec les aryens ce qu'elles veulent faire avec les arabes et les noirs.
Ils s'appelaient les nazis.
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 15H17 | 10/06/2008 |
Armstrong, la vie, quelle histoire, c'est pas très marrant
Qu'on l'écrive blanc sur noir ou bien noir sur blanc
On voit surtout du rouge, du rouge, sans sans sans trêve ni repos
Qu'on soit, ma foi, noir ou blanc de peau
Armstrong, un jour, tôt ou tard, on n'est que des os
Est-ce que les tiens seront noirs ? Ce serait rigolo
Allez, Louis, alléluia, au-delà de nos oripeaux
Noir et blanc sont ressemblants comme deux gouttes d'eau
-Mais , mais, Numerosix vous avez perdu la tete ? ! ! votre antiracisme joyeux à la Nougaro des années 60,c'est totalement RINGARD ! Il faut se repentir, faire la gueule et maudire vos ancetres esclavagistes , aujourd » hui , voyons !
-Oups . pardon .
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
15H34 | 10/06/2008 |
ouh la la
ça va de plus en plus loin sur Rue89
pfiouuuuuu
mais il y a un truc intéressant là-dedans, parlant du rapport à la pigmentation etc etc je ne relève pas tout c'est parfois juché sur 1 pomme, indéniablement en France il y a un rapport à la couleur, en tout cas à Paris il est incontestable, quand les gens parlent de « noirs » il y a pour eux les noirs noirs et les noirs clairs, voulant désigner les africains d'une part et les antillais d'autre part
donc on ne peut nier qu'il y a une approche différente selon les couleurs et la pigmentation
clair ce sont des antillais donc des français
noire ce sont des africains, ptet qu'ils sont français ou ptet pas, au niveau de l'ancrage il serait moins ancien, moins légitime
enfin, là, je rapporte des conversations sur le sujet qui ne sont pas le reflet de ce que je pense, car je pense surtout que ça me gonfle
bon après-midi
De Béatrice1
| 15H48 | 10/06/2008 |
Patrick Lozes n'est pas enseignant à l'EHESS à Paris (ça c'est Pap Pap Ndiaye), il est pharmacien. Très bon article, mis à part ce petit accroc.
à Béatrice1
De Arnaud Aubron
Rue89 | 17H54 | 10/06/2008 |
Merci de votre vigilance, c'est corrigé.
De Gandijyn
16H36 | 10/06/2008 |
Certes, les « noirs » ont toujours eu un certain dédain de la part des européens… En France « profonde », ils ont encore des difficultés à être acceptés à part entière (humains avec les mêmes droits et devoirs que les européens)… Un noir instruit est « dérangeant », alors qu'un noir faisant le ménage dans les hôpitaux est tout de suite accepté ! …
Mais ce qui est intéressant, c'est que la variance de pigmentation est source de haine raciale entre eux (les noirs), sans exception : les Martiniquais contre les Guadeloupéens, contre les Bekés, contre les Guyanais, Haïtiens, Afro-… contre les …/… - Dans ces familles de « noirs », il y a aussi racisme dès lors qu'il y a changement de pigmentation. Alors que pourrions-nous dire de ceux qui sont couleur ébène, lustrés au cirage ? … Il faudra encore 500.000 ans pour que toutes les pigmentations deviennent grises.
Ca baggarre au plan de minorités de minorités… On est loin de : « Vers la paix des civilisations » d'Yves Roucaute.
à Gandijyn
De Triquoise
rouge de honte | 17H29 | 10/06/2008 |
Pas d'accord pour tendre vers une pigmentation grise.
Qu'il y ait des nuances presque infinies du blanc au noir me va plutôt bien.
C'est le regard qu'il faut changer.
Pour ma part, je trouve plus judicieux de distinguer le degré de connerie des gens que je croise, plutôt que leur couleur. Et croyez-moi, la connerie n'en a pas.
à Triquoise
De Gandijyn
17H48 | 10/06/2008 |
Il suffit de lire le sondage du 26/11/07 de :
http://www.focusrh.com/article.php3 ? id_article=2041
Euro RSCG enquête sur la responsabilité sociale et environnementale des entreprises … (extraits)
70% des Français pensent que les entreprises ne sont pas assez actives dans la prévention des discriminations (contre 35% des Américains et 36% des Britanniques).
• 68% des Français sont très critiques vis-à-vis des entreprises qui ne respectent pas assez les droits et demandes envers les salariés (contre 48% des Américains et 39% des Britanniques).
• 75% des Français, mais aussi 59 % des Américains et 52 % des Britanniques, pensent que l'entreprise ne partage pas suffisamment ses richesses.
Vivre à Paris ou banlieue, - où tout est noyé dans la masse - est tout autre que de vivre en Province ou dans les Dom-Tom ! …
à Gandijyn
De Triquoise
rouge de honte | 17H57 | 10/06/2008 |
Vous généralisez.
Je pense plutôt que la province (pour les Dom-Tom, je ne me prononcerai pas) est infiniment plus tolérante qu'une RIF qui getthoïse, communautarise et donc radicalise.
Et puis…, une grande personne comme vous croit encore aux sondages ? ?
à Gandijyn
De le _grand_clown_malade
if 6 was 9 | 18H08 | 10/06/2008 |
Ces chiffres sont intéressants, mais peut-on rendre la responsabilité du racisme aux entreprises ?
Si j'en crois ces statistiques -à moins que je ne m'égare- 70% des français sont contre le racisme ?
Ce qui serait déjà beau je trouve.
N'a-t-on pas des lois pour dire ce qu'il faut respecter dans ce cas ?
Au lieu de faire des lois contre les chiens méchants (grr), contre les happy hours (qui déplace juste le problème), contre la délinquance (qui résulte essentiellement du climat de peur qui se met doucement en place), contre ceci, cela…
Autant que la loi soit utile, c'est bien le moindre…
Et la question du racisme mérite largement une loi utile.
Votre interprétation de ces chiffres m'intéresseraient pour en débattre.
…m(^o^)m…
à le _grand_clown_malade
De Gandijyn
18H24 | 10/06/2008 |
Il faut inverser le bocal : 70% mal à l'aise dans le propos liés au discriminations (et donc au racisme)…
Je trouve plus honnête les % exprimés dans les entreprises que ceux exprimés par les bobos collés au cuir veloutés, et télécommande TV (1-2) à la main, et que ceux des jeunes étudiants qui ont rarement voyagé.
Par contre, ceux des salariés qui ont voyagé, vu, émmigré ou immigré, avec une implication totale de leur vie quotidienne dans les cultures sociales différentes, j'y crois « plus », car basés sur du « vécu », et de l'expérience (somme toute relative), et non pas seulement une approche intellecuelle, phlosophique, ou contestataire (histoire de …).
à Gandijyn
De le _grand_clown_malade
if 6 was 9 | 22H09 | 10/06/2008 |
Je me disais bien…
Et je vous rejoins complètement sur le voyage (on y va quand ? )
Les gens qui voyagent un minimum, et autrement que par la plupart des visites guidées et contrôlées de malheur, ont une approche différente de l'étranger. En effectuant une intégration (relative pour des vacances), on a un goût de ce que vivent les immigrés.
Projeter cela dans le contexte d'une guerre ou d'une persécution, c'est la part d'intellectuel dont vous parliez je crois. C'est le travail que l'on doit faire collectivement. Que nous devrions déjà faire depuis longtemps.
à le _grand_clown_malade
De Gouthe dô
para legal Défense | 13H01 | 11/06/2008 |
je ne suis pas d'accord, malheureusement ce n'est pas parce que vous voyagez que vous avez une ouverture d'esprit, plus de tolérance et de compréhension vis à vis de l'étranger ! ! ! malheureusement non
à Gandijyn
De Béatrice1
| 21H40 | 10/06/2008 |
« 70% des Français pensent que les entreprises ne sont pas assez actives dans la prévention des discriminations (contre 35% des Américains et 36% des Britanniques). »
Pour une excellente raison : les entreprises américaines et britanniques, tout le monde là-bas en a bien conscience, font ENORMEMENT pour la prévention de la discrimination, poussées qu'elles l'ont été il y a déjà quarante ans par des LOIS et ce que l'on appelle très vilainement en français la « discrimination positive » (mauvaise traduction de « affirmative action »).
Pap Ndiaye essaie d'introduire en France un peu de l'esprit qui a si bien réussi outre-Atlantique, pour que la société française reflète la diversité à TOUS les niveaux, que les Noirs ne soient pas cantonnés à des emplois de balayeurs ou de videurs de boîtes de nuit, mais qu'ils (et elles) puissent être aussi directeur de votre agence bancaire ou de l'école de vos enfants, ce qui est rarissime en France mais courant aux Etats-Unis et en Grande Bretagne.
La société française, plus on monte les échelons de responsabilité, est blanche et masculine.
à Béatrice1
De le _grand_clown_malade
if 6 was 9 | 22H15 | 10/06/2008 |
Et il faut voir la dernière branche… beauf number one !
Et pas moins condescendant avec les immigrés qu'avec les femmes je parie.
D'ailleurs, notre omniprésident va remettre tout ça au même niveau : femme, minorité comme une autre.
à Gandijyn
De Gouthe dô
para legal Défense | 12H57 | 11/06/2008 |
la haine contre les békés ne s'explique pas par la couleur de peau c'est historique ! ! ! ! !
la haine entre martiniquais et gwadas n'est pas non plus une question de pigmentation ! ! ! ! !
il est vrai qu'aux antilles une distinction est faite entre les différentes pigmentations mais là encore c'est historique(entre les enfants des esclaves, les enfants des békés, les enfants des indiens venus travailler dans les plantations…)
en France cette distinction de pigmentation révéle la suspicion si on est noir mais pas trop ca va mais si on est noir noir oh ! ! ! ! ! ! ! ! quelle horreur ! ! ! !
mais nous parlons de racisme par rapport à la pigmentation de peau mais en France ce racisme se ressent plus vis à vis des africains puis des antillais car à pigmentation égale les réactions ne sont pas les mêmes pour les « bronzés du sud » type hispanique, donc ce n'est pas qu'une question de pigmentation…
mille mercis pour cet article car en effet nous ne parlons pas des noirs en France ! ! ! et c'est important
et pour conclure sur le commentaire de Gandijyn je dirai que le racisme est le propre de l'Homme
De jyeden
khmer vert ( age des caverne, pierr... | 17H16 | 10/06/2008 |
alors là attention
moi la dessus je ne fais pas de commentaire
trop dangereux
tout est interpreté de travers par des ecorches vifs
tapez juste sur google avril2005
la dernière insulte raciste que j'ai entendu c'etait « sale blanc »
en plus c'est veridique
mais rien qu'à cause de ça mon post sera supprimé
à jyeden
De le _grand_clown_malade
if 6 was 9 | 17H55 | 10/06/2008 |
« la dernière insulte raciste que j'ai entendu c'était “sale blanc”
en plus c'est véridique »
La connerie s'en prend à la connerie, je ne vois que ça…
Laquelle vous dérange le plus ?
Moi les deux !
Et je me dis même que certains racistes anti-blancs le sont parce qu'ils ont souffert du racisme anti-eux.
La connerie appelle à la connerie. Le racisme au racisme.
à le _grand_clown_malade
De lioe
berlin | 18H37 | 10/06/2008 |
Si javais lu votre post plutot cela m aurait evite de reponde a LANNE de beziers, ce que vous dites est parfaitement juste.
et TOP
De Suzanne Citron
Historienne et auteure | 17H20 | 10/06/2008 |
Des lenteurs liées au tropisme marxiste et une université qui tarde à se mettre au travail remarque Pap Ndaye, pour expliquer le retard français en ce qui concerne l'étude de la condition noire.
J'ajouterai un esprit public conditionné, malgré Senghor et Césaire, par la transmission d'une « histoire de France » pensée à partir d » une Gaule originelle et dont le fil se construit comme la succession linéaire des hauts faits, des avancées et des reculs qui, telle une décalcomanie trempée dans l'eau,, révèle une France pensée dans les frontières de la métropole et qui, ne serait-ce que territorialement, exclut du passé non seuulement les « gens de couleur » mais tous les Français dont les ancêtres viennent d'ailleurs.
Conditionnement qui semble devoir se prolonger encore quelque temps, des invites surgissant un peu partout à se plonger dans « l'histoire de France en bande dessinée ». Une histoire qui , à en juger par la frise offerte des « grandes dates », n'accorde pas la moindre place à la condition noire.
à Suzanne Citron
De Pierrrrre
20H59 | 10/06/2008 |
»…pas la moindre place à la condition noire….
==> et tout juste un zest sur la condition jaune.
De Manuel Atréide
17H29 | 10/06/2008 |
Bonjour, excellent papier et excellent sujet. La condition noire est un vrai sujet en France où la logique républicaine a longtemps refusé de voir que sous une égalité proclamée se cachaient de vraies différences, voulues ou subies. Trop souvent subies d'ailleurs …
Le même livre a donné lieu à un chat avec Pap Ndiaye il y a une quinzaine de jours sur Agoravox. Je sais que ce site n'est pas forcément en odeur de sainteté ici mais les propos étaient de très ahute tenue.
Pour info, donc :
http://www.agoravox.fr/article.php3 ? id_article=40355
et une interview en video ici :
http://www.agoravox.tv/article.php3 ? id_article=20390
Manuel Atréide
à Manuel Atréide
De Arnaud Aubron
Rue89 | 18H04 | 10/06/2008 |
Aucun soucis avec Agoravox, je vous assure.