Consultés jeudi, les Irlandais pourraient rejeter le traité de Lisbonne. Preuve de l'ampleur du déficit démocratique dont souffre l'UE.

L'Europe a un problème majeur : elle n'arrive toujours pas à se rendre légitime aux yeux de ses citoyens. Le paradoxe irlandais en est la nouvelle illustration, qui menace de faire replonger l'Union européenne dans une crise de confiance si le « non » l'emporte au référendum sur le minitraité européen jeudi.
L'Irlande est le seul pays parmi les 27 à être tenu, par sa constitution, de ratifier le texte par la voie référendaire et non parlementaire. Mais s'il y a un pays où on pouvait imaginer que la cause du « oui » s'imposerait sans difficultés, c'est bien la République irlandaise (même si les électeurs irlandais avaient déjà rejeté en 2001 le traité de Nice, avant de l'approuver un an plus tard).
Un PIB par habitant désormais supérieur à celui de la France
L'Eire est l'une des vraies « success stories » européennes, un pays dont le décollage économique spectaculaire doit beaucoup au soutien financier de l'UE : 30 milliards d'euros entre 1973 et 1999. L'Irlande est ainsi devenue l'un des pays les plus riches de l'Union, avec un PIB par habitant supérieur à celui de la France : pas mal pour le pays de la Grande Famine du milieu du XIXe siècle.
Pourtant, la campagne du référendum du 12 juin n'a pas été une partie de plaisir pour le gouvernement irlandais et les partisans du « oui », jusqu'à ce sondage du quotidien Irish Times de vendredi, donnant cinq points d'avance au « non » (35-30) -avec, il est vrai, plus du quart de la population encore indécise.
Dimanche, un nouveau sondage, dans le Sunday Business Post, inversait les rôles entre le « oui » et le « non » (42-39), avec, toujours, un nombre important d'électeurs indéterminés. Les derniers jours de campagne sont donc acharnés, pour rallier ces « indécis » qui pèsent si lourd.
Dans le camp du « non », une coalition hétéroclites d'inquiétudes
Voilà un pays où, ça rappellera quelques souvenirs, la majeure partie de la classe politiques (les trois principaux partis s'apprêtent à lancer ce lundi un appel commun en faveur de la ratification) et des médias sont pour le « oui ».
Et pourtant, lentement mais sûrement, le « non » a fait son chemin dans ses esprits, regroupant une coalition informelle extrêmement hétéroclite qui s'entend sur un point : l'Europe est le point de ralliement de leurs colères et de leurs inquiétudes.
Parmi les partisans du « non », des agriculteurs inquiets des réformes de la Politique agricole commune (PAC) des catholiques qui redoutent de se voir imposer l'avortement, des racistes qui reprochent à l'Europe l'afflux d'immigrants… toutes sortes de problèmes qui n'ont pas grand chose à voir avec le traité soumis au vote.
Si les Irlandais ont tout pour se féliciter de leur appartenance à l'UE, qui a permis le décollage de leur pays, ils n'en comprennent plus, tout comme les autres Européens, les contours, le fonctionnement, et la finalité. Le marché unique était clair comme une zone de libre échange, l'euro aussi, malgré ses effets pervers sur l'inflation, mais la construction politique ne l'est plus depuis bientôt deux décennies.
Après l'échec du TCE, les dirigeants ont voulu éviter de nouveaux référundums
On aurait pu croire que le coup d'arrêt des électeurs français et néerlandais de 2005 aurait provoqué une prise de conscience parmi les dirigeants des pays membres et ceux des institutions européennes. Il n'en est rien.
Au lieu de rendre la construction européenne plus transparente ou lisible, ils se sont empressés de retirer la ratification du nouveau traité du suffrage universel, pour le cantonner aux enceintes parlementaires, acquises d'avance. Sauf en Irlande, où la constitution exige un référendum.
Daniel Cohn Bendit a certes raison quand il souligne dans Le Monde de ce week-end que nos sociétés sont dans des « logiques égoïstes ».
« Les Irlandais qui disent non à l'Europe, c'est comme la Ligue lombarde qui rassemble 40% des électeurs dans le nord de l'Italie pour ne pas payer pour le sud du pays. Pourquoi dire oui à quelque chose qui oblige à partager ce qu'on reçoit avec les nouveaux membres de l'Union que sont les pays de l'Est ? “La réaction basique est de protéger ses propres acquis. Dans le processus qui existe aujourd'hui avec la réforme de la PAC, les Irlandais savent, comme les Français, qu'ils ne seront plus protégés comme avant, qu'ils devront faire un effort pour renflouer les caisses de l'UE, qu'ils devront payer et non plus recevoir.”
Mais l'explication ne suffit pas. Elle serait en tout cas plus facile à surmonter si la construction politique de l'Europe avait une direction claire. Il n'y a plus un seul dirigeant européen aujourd'hui -Sarkozy ? Berlusconi ? Brown ? Merkel ? Barroso ? …- pour offrir une perspective politique européenne qui “parle” aux citoyens.
L'argent venu de “Bruxelles” ne provoque pas l'adhésion à l'Europe politique
Il y a quelques années, la grande idée était de mettre des panneaux partout pour mettre en valeur les financements européens de routes ou de voies ferrées. Mais le doute irlandais montre que ce n'est pas la quantité d'argent venu de “Bruxelles” (c'est-à-dire celui des citoyens européens…) qui provoque l'adhésion à l'Europe politique.
Dans le monde multipolaire qui se dessine, avec l'émergence des puissances chinoise, indienne, russe, brésilienne, au côté de l'ex-hyperpuissance américaine, quel est le rôle, l'ambition, la vision et les valeurs de cette Europe ? Est-ce d'être l'allié fidèle des Etats-Unis dans un monde en tension, ou de faire émerger un “pôle” européen avec ses propres valeurs ? Y a-t-il consensus parmi les 27 sur ce sujet ? Dans tous les cas de figure, que le “oui” l'emporte à Dublin ou que ce soit le “non”, l'Europe ne fera pas l'économie d'une mise à plat de ces questions. Si c'est “non”, cela se fera dans la douleur pour sauver ce qui peut l'être -un scénario catastrophe pour Nicolas Sarkozy qui prend le premier juillet la présidence tournante de l'UE…
Si c'est “oui” et que le traité passe, la tentation sera forte de mettre tous ces doutes sous le tapis. Mais cette politique de l'autruche n'aura qu'une seule conséquence : les questions et les doutes ressurgiront à la première occasion.




















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à Un compte supprime
De Un compte supprime
nc | 11H11 | 09/06/2008 |
Et puis l'Irlande n'autorise pas l'avortement si je ne m'abuse ; alors qu'ils nous rendent doublement service en votant NON ! ! ! !
De El Co
internacionalista | 03H21 | 09/06/2008 |
On dit souvent de l'Europe, puissance économique et nain politique, en parlant de sa capacité de projection hors de ses frontières. Finalement le paradoxe est que c'est peut-être à l'intérieur de ses propres frontières qu'elle est politiquement le plus « naine », et incapable de susciter l'engouement pour une construction certes belle, mais technocratique. Elle fut pensée comme cela, par des banquiers et des industriels, pour eux-même, pour dépasser dans l'économie les atroces différends politiques qui l'avaient secouée. Vision probablement juste à l'époque, mais qui n'a pas eu son nécessaire aggiornamiento.
Finalement c'est un peu le bouillonnant printemps des peuples répondant à la révolution industrielle, efficace mais glacée, passant les sociétés au laminoir du profit.
Que faire ?
De Le Yéti
yetiblog.org | 05H03 | 09/06/2008 |
SONDAGE
On nous balance des sondages à tire-larigot sur tout et n'importe quoi. Dernier en date, dans la série des couillonneries, celui sur la cote de popularité de la « première dame de France » (quels sont les larbins de service qui ont inventé cette dénomination imbécile, et non constitutionnelle, de « première dame de France » ? Et qui ont poussé la servilité jusqu'à commander ce genre d'étude ? ).
Enfin des sondages PRESQUE sur tout. Parce qu'on attend toujours le sondage européen mensuel sur la cote de popularité de l'Europe auprès de ses populations ! Rien du tout là-dessus, dis donc, comme c'est bizarre !
Ne reste plus qu'à nous en remettre à ces chers Irlandais pour combler cet ahurissant vide d'expression, si soigneusement et précautionneusement entretenu par les voyous de la haute et leurs onctueux loufiats.
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« Déficit démocratique », dit l'article. Allons, allons, la vérité est que la vérité sur l'Europe a bien sauté aux yeux des « coalitions hétéroclites d'inquiétudes » qui s'opposent à cette entité glauque, de moins en moins en moins « démocratique », et de plus en plus soumise aux détestables diktats néolibéraux de l'Empire. Il y a belle lurette que l'Europe, celle de Jean Monnet et Robert Schumann, est une idée morte.
Dear irish people, JUST SAY NO and I… we pay for Guinness all around !
(Traduction approximative : « dites non à cette lamentable fumisterie et … tout le monde offre une tournée générale de Guinness à tout le monde ».)
à Le Yéti
De Le Yéti
yetiblog.org | 05H29 | 09/06/2008 |
PRINCIPES
Rappelons tout de même, pour rire aux larmes, l'idée que se faisait de l'Europe Robert Schumann. Je cite ici un extrait de sa déclaration fondatrice :
« À l'opposé d'un cartel international tendant à la répartition et à l'exploitation des marchés nationaux par des pratiques restrictives et le maintien de profits élevés, l'organisation projetée (l'Union Européenne) assurera la fusion des marchés et l'expansion de la production. »
Et il ajoutait :
« L'une de ses tâches essentielles : le développement du continent africain. »
Sans commentaires (difficile d'ailleurs, tant votre gorge se noue en lisant cela).
à Le Yéti
De DBL8
Retraité | 05H35 | 09/06/2008 |
OUI, sans commentaires, mais les bonnes idées ne sont-elles pas le marche-pied des délires les plus fous ? !
Nous en avons ici un parfait exemple ! !
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 11H38 | 09/06/2008 |
Salut Le Yéti,
à chacun de vos posts sur l'Europe, j'éprouve comme un certain malaise devant votre pessimisme, fondé au demeurant. À chaque fois, vous nous dîtes que l'Europe de Monnet et de Schumann est « une idée morte » : je trouve le constat biaisé.
Ce n'est pas l'idée qui est morte mais son application qui se meurt car elle ne respecte pas l'idée. Les loufiats de la haute (combien ? 500 à tout casser ? ) comme vous les appelez, s'assoient sur cet idéal en se servant d'une autre idéologie, tronquée donc injuste, celle d'un libéralisme anthropophage, une marche binaire dévastatrice et permise par une absence quasi totale de cadre juridique et éthique aux flux du marché.
L'exemple de l'Afrique est ce qu'il y a de plus révélateur et vous avez raison de rappeler le souhait de Schumann.
La dernière loi votée en France sur les OGM en est l'exemple type. Pendant que d'un côté l'on trouve un « cadre juridique » pour les faucheurs et contre le principe de précaution, nos chers députés de la chambre improstituée ont été incapables, par lâcheté sûrement, par intérêts personnels ne l'espérons pas (sic), de définir un cadre juridique strict et clair pour nos multinationales. Celles-ci profitaient et continuent à profiter de ce vide en pillant les ressources génétiques de l'Afrique, fournisseur officiel de 25 % de la biodiversité mondiale. Elles interprètent et continuent à interpréter en leur faveur des conflits de termes entre des articles de loi des différents organismes internationaux portant sur la question de la propriété intellectuelle et du brevetage du vivant. Elles confondaient et continuent à confondre la bioprospection en Afrique avec une biopiraterie sur un territoire qui n'est pas le nôtre.
Cette Europe n'est pas une idée morte mais une idée qui n'a pas encore vécue hors du crâne de la majorité des individus européens, donc dans une application d'elle-même. En disant qu'elle est morte, j'ai bien peur que stratégiquement nous offrions un boulevard au libéralisme tronqué des 500 loufiats de la haute et qui, en lieu et place « d'un rassemblement des hommes », construisent « une coalition des états ».
Amicalié,
Blaise
à Blaise11
De Le Yéti
yetiblog.org | 12H17 | 09/06/2008 |
@ Blaise 11
Tout à fait d'accord.
Le Yéti (européiste convaincu… mais pas n'importe comment ! )
à Blaise11
De El Co
internacionalista | 14H19 | 09/06/2008 |
Quitte à pousser un petit peu le bouchon du paradoxe, j'irais jusqu'à dire que l'idée de l'Europe serait aujourd'hui impossible. Ces idées de cartels, de production contrôlée, soutenue par les États, etc., seraient probablement vite déférées par la Commission devant la Cour de Justice.
Étrange dérive de l'institution qui s'interdirait sa propre renaissance.
à El Co
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 14H56 | 09/06/2008 |
« Ces idées de cartels, de production contrôlée, soutenue par les États, etc., seraient probablement vite déférées par la Commission devant la Cour de Justice »
Je rentre du dèj et le cochon tchèque braisée à la bière complique grassement tout effort d'imagination de ma part.
Pouvez-vous préciser ?
à El Co
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 15H22 | 09/06/2008 |
Peut-être je viens de comprendre :
Si l'Europe aurait à vivre une renaissance et qu'elle s'appliquerait la même éthique qu'avant en terme de marché, alors oui, nous pourrions parler d'étrange dérive.
à Le Yéti
De nipivime
;- | 07H37 | 09/06/2008 |
@Yeti
Pas tout à fait vrai : la Commission sonde, sonde, sonde.
Eurobaromètre, c'est le nom de cette structure, fait des enquêtes lourdes, régulières, sur la manière dont les européens se voient, voient l'Europe et voient les grandes questions. Du bon boulot, sérieux, très peu mis en valeur.
Tous les résultats sur
http://ec.europa.eu/public_opinion/index_fr.htm
à nipivime
De Le Yéti
yetiblog.org | 08H35 | 09/06/2008 |
Dont acte… mais qui connaît ? Et où se trouve le sondage sur la cote de popularité de l'Europe ?
à Le Yéti
De Le Yéti
yetiblog.org | 12H41 | 09/06/2008 |
SONDAGE (SUITE)
Allez, un petit dernier pour la route, que je viens de dégoter dans mon cher Politis (pour moi, Politis est aux hebdos, ce que Rue 89 est aux quotidiens. Je sais, c'est pas tout à fait la même orientation, et alors ? )
Donc, c'est un sondage. L'enquête a été menée par Opinion Way pour Métro les 28 et 29 mai 2008. Ça concerne évidemment l'Europe. Ou du moins ce que pensent les Français trois ans après le référendum du TCE.
Eh bien, 64% pensent que ce rejet du TCE n'a eu AUCUNE conséquence grave sur la construction européenne ! Rien n'a changé pour 57% des sondés. Et 61% estiment que l'adoption du traité de Lisbonne est une remise en cause de leur vote.
(On attend une publication de ce sondage en une dans la presse des larbins.)
Au fait, « 64% », ça ne vous dit rien ? C'est EXACTEMENT le même pourcentage de Français qui estiment que Carla Bruni-Sarkozy « représente bien la France à l'étranger » ! (Sondage Ifop pour le JDD effectué les 5 et 6 juin 2008.)
NB : je fais partie de ces 64% : CBS représente parfaitement la France sarkozienne, celle du superficiel, du vide sidéral et de la connerie empapaoutée.
à Le Yéti
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 13H23 | 09/06/2008 |
Vous écrivez « 64% pensent que ce rejet du TCE n'a eu AUCUNE conséquence grave sur la construction européenne ! Rien n'a changé pour 57% des sondés. »
Voilà un (nouveau) sondage sans intérêt. La seule question qui importe est de savoir s'il y a eu des conséquences ou pas, dans la réalité, réellement et pas dans les imaginations, les cervelles qui ont laissé un peu de place après avoir bu du coca cola ; et ça les gens qui passent dans la rue, s'ils sont honnêtes et raisonnablement modestes (cas rare), ils diront « Mais je n'en sais rien. », « Demandez à un spécialiste ! ».
De Malened
05H50 | 09/06/2008 |
Monnet et Schumann étaient des utopistes : leur idée de l'Europe (qui reste celle d'encore certains citoyens du monde dont je me revendique) est tout bonnement ringarde aux yeux (vides) d'une majorité de gens qui ne vivent qu'avec en ligne de mire le fric roi : pauvres qui ne « rêvent » que de gagner au super loto et autres fadaises + riches qui entassent un pognon qui ne leur sert qu'à faire encore plus de pognon.
Cette Europe-là n'est pas la mienne, pas plus que cette France-là qui expulse, comme par chez moi il y a peu, des familles roumaines, sous-citoyens de l'Europe, n'en déplaise à Cohn Bendit qu'on n'entend pas beaucoup sur cet aspect-là de l'Europe.
Il y a de quoi être mélancolique (pour le moins…). Heureusement ce matin il fait beau sur les collines, et le rouge-queue vient de prendre son bain dans la baignoire à oiseaux posée à cet effet sur la terrasse. De quoi me réjouir quand même, en attendant la chute du CAC 40 !
à Malened
De Humain
08H17 | 09/06/2008 |
De plus dans cette Europe, on embauche plus les jeunes….
Et on vire les vieux !
De skalpa
actif et militant ? | 06H10 | 09/06/2008 |
Feront-ils comme en France ?

http://kprodukt.blogspot.com
à skalpa
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 16H20 | 09/06/2008 |
Faux.
Le texte du TCE est différent du texte du TME.
Si vous aviez l'habitude des négociations,
vous sauriez qu'un texte de dix pages rejeté peut finir par être accepté
après le changement d'une SEULE phrase.
Ne restons pas à la surface des choses.
L'écume blanche n'illustre pas la profondeur de la mer,
il se contente de la décorer.
De Gotch
ancien ouvrier de la banque | 06H34 | 09/06/2008 |
On ne le dira jamais assez, le grand mal de cette Europe provient de ces pseudo-responsables qui, pour des raisons personnelles et vénales, ont fait passer l'élargissement de ce qui était une bonne idée avant son approfondissement et son ouverture aux questions politiques et sociales. Un tel processus, une fois bien enclenché, aurait rebuté la Grande-Bretagne qui ne s'intéressait (et ne s'intéresse toujours) qu'à l'aspect mercantile de la Communauté Européenne. Au lieu d'être 27, les pays en présence ne seraient sans doute qu'une dizaine encore aujourd'hui, mais le noyau serait bien plus soudé, plus réactif et plus intime. On nous a volé notre Europe ! Au lieu d'une grande maison élégante et emplie de chansons et de tendresse, on se retrouve dans un hideux hangar baptisé grand marché, aussi attrayant qu'un supermarché discount….
à Gotch
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 07H15 | 09/06/2008 |
C'est un résumé un peu rapide que de dire que l'élargissement précipité s'est fait « pour des raisons personnelles et vénales »… Vous oubliez le contexte politique de l'époque, avec la chute du mur de Berlin. Souvenez-vous, Mitterrand avait tenté de freiner le mouvement en proposant dans un premier temps une « confédération européenne », mais s'était ramassé. Il était très difficile de dire aux peuples d'Europe centrale et orientale qui venaient de se libérer « attendez vingt ans, nous devons d'abord approfondir notre union »… D'autant qu'au même moment, les Américains leur ouvraient les portes de l'Otan. Il n'y avait pas le choix, mais le résultat a été effectivement l'élargissement contre l'approfondissement, pour le plus grand plaisir de ceux qui souhaitaient limiter la construction européenne au grand marché unique.
à Pierre Haski
De kebra
Bisounours killa | 09H48 | 09/06/2008 |
L'élargissement précipité correspond à la volonté des cosmocrates d'ancrer l'Europe dans une logique atlantiste à domination américaine. Le but était de briser la cohésion du noyau des dix qui allait vers une confédération efficace. Mitterrand avait osé le tabou absolu pour sa génération, proposer l'Anschluss avec le Benelux, l'Allemagne réunifiée et le bloc latin
Quel était le souci majeur de laisser les pays de l'Europe de l'Est rentrer dans l'OTAN avant l'UE ? ? ? Le péril soviet était passé, le péril chinois pas encore inventé, le péril musulman pas encore à la mode, rien ne pressait à part les USA et les pays eurosceptiques qui voyaient fort bien les avantages du nouveau monstre.
Il était très facile d'organiser avec eux une collaboration étroite comme pour la Suisse, la Norvège ou la Turquie sans vider les fonds structuraux et affaiblir le processus d'unification réelle lancé 30 ans plus tôt. C'était un gros piège tendu par les requins aux humanistes bêlants, nous avons financé une nouvelle frontière américaine, le renforcement du Grand Domaine, la fin du contrepoids atlantique, l'enterrement de la Confédération pour longtemps…
Qu'avons-nous gagné ? La paix depuis 20 ans, pas vraiment. La prospérité économique, pas pour la France. L'union des peuples, pas encore. Alors, l'ouverture des frontières est théorique et s'accompagne d'un flicage de la société. Le grand marché ne profite qu'aux grandes entreprises qui uniformisent à la baisse les modes de consommation et les valeurs. A titre perso, l'euro m'arrange, c'est bien le seul truc de positif depuis no, no, Maastricht no, Maastricht no, Maastricht no !
à Pierre Haski
De Anthropia
10H47 | 09/06/2008 |
J'avais oublié, effectivement, Mitterrand avait compris le danger et tenté autre chose, sans succès.
Mas doit-on regretter d'avoir cette grande Europe ?
Non, juste de n'avoir pas su fixer les règles avant qu'ils entrent, pour éviter ces difficultés.
En même temps, on aurait fixé des règles trop désavantageuses pour les nouveaux pays, ils auraient renâclé et auraient eu raison.
Bon, je crois qu'il nous faut admettre qu'on ne refait pas l'histoire.
Merci Pierre Haski de nous rappeler ce contexte, que j'avais zappé.
http://anthropia.blogg.org
à Anthropia
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 12H54 | 09/06/2008 |
IL est 13h40 et je constate que l'on vous a collé un Naze. N'importe quoi. Votre contribution est assez utile puisqu'elle manifeste l'intérêt d'intégrer des infos nouvelles. Vu que l'on s'entête facielement pour ce sujet, l'idée que l'on puisse tenir compte d'autres avis et de réfléchir, cela a du panache ! Du coup je suis obligé de cliquer sur Top !
à Pierre Haski
De C. Creseveur
D'actualité | 12H55 | 09/06/2008 |
C'est un bon rappel des choses.
Il me semble d'ailleurs que la véritable première question du référendum aurait dû être ce choix constitutionnel : souhaitons nous une fédération ou une confédération ?
Nous n'avons jamais eu ce débat.
à Pierre Haski
De Gotch
ancien ouvrier de la banque | 13H56 | 09/06/2008 |
Précisément, c'est l'entrée de la Grande-Bretagne dès 1972 si mes souvenirs sont bons, qui a porté l'estocade à partir de laquelle on ne pouvait plus approfondir, parce qu'elle s'y opposait. La chute du Mur, c'est bien plus tard, le ver était déjà dans le fruit à ce moment-là. Maudissons Georges Pompidou pour avoir accepté de prendre en compte la demande grande-bretonne, qui n'en était qu'une moitié d'ailleurs vu les réticences et les compensations demandées (elle y est entrée accompagnée de tout le Commonwealth, entre autres).
De Humain
07H58 | 09/06/2008 |
L'argent venu de Bruxelles ?
Mais c'est « notre » argent… Pas celui de Bruxelles.
Par ailleurs :
Quand on demande aux politiques de ratifier ils répondent « oui ».
Quand on demande aux électeurs ils disent « non » !
On pourrait se demander pour quelle raison ?
à Humain
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 16H24 | 09/06/2008 |
IL aurait suffi de changer une seule phrase au TCE pour que l'on soit en droit de dire que le texte était différent. Cela se voit souvent dans les négociations. Je me rappelle de cet accord d'entreprise qui avait suscité une grève. Et la grève a cessé après un changement de nombre dans le protocole d'accord. Un seul ! Et cet accord il FALLAIT Y ARRIVER …………… sous peine de mettre la clé sous la porte !
LE candidat Star Kozy avait annoncé qu'il choisirait la voie parlementaire pour essayer de débloquer le train Europe qui était coincé entre Nullepart et Çacoince et on a voté pour lui …… les électeurs lui ont donné leur accord à l'avance !
QUELLE raison avez-vous de revenir encore là-dessus ?
De jissé
Ingé retraité | 08H14 | 09/06/2008 |
Bonjour.
Il faut dire la vérité aux irlandais.
S'ils votent « oui », le prix du Paddy et de la Guinness va doubler.
Et le « Harris-bar » devra fermer !
Saint-Patrick priez pour nous, qu'ils votent non !
Jc
à jissé
De jjezfm
Internaute | 10H01 | 09/06/2008 |
yes, ça c'est une sacrément bonne idée d'adresser une petite prière à St Patrick pour que les copains votent non !
et avec une petite Guiness pour arroser ça.
le courageux saint homme ne s'en offensera pas
De Humain
08H22 | 09/06/2008 |
Chirac avait dit « voter non, c'est une connerie !
Pas mal de la part d'un homme politique !
Depuis on a réussi à mettre le résultat du référendum à la poubelle. Bravo la démocratie en Europe !