A debattre 08/06/2008 à 23h51

Minitraité européen : et si l'Irlande disait non ?

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

Consultés jeudi, les Irlandais pourraient rejeter le traité de Lisbonne. Preuve de l’ampleur du déficit démocratique dont souffre l’UE.


Bureau de vote à Dublin, lors du référundum sur le traité de Nice (Jeff J Mitchell/Reuters).

L’Europe a un problème majeur : elle n’arrive toujours pas à se rendre légitime aux yeux de ses citoyens. Le paradoxe irlandais en est la nouvelle illustration, qui menace de faire replonger l’Union européenne dans une crise de confiance si le « non » l’emporte au référendum sur le minitraité européen jeudi.

L’Irlande est le seul pays parmi les 27 à être tenu, par sa constitution, de ratifier le texte par la voie référendaire et non parlementaire. Mais s’il y a un pays où on pouvait imaginer que la cause du « oui » s’imposerait sans difficultés, c’est bien la République irlandaise (même si les électeurs irlandais avaient déjà rejeté en 2001 le traité de Nice, avant de l’approuver un an plus tard).

Un PIB par habitant désormais supérieur à celui de la France

L’Eire est l’une des vraies « success stories » européennes, un pays dont le décollage économique spectaculaire doit beaucoup au soutien financier de l’UE : 30 milliards d’euros entre 1973 et 1999. L’Irlande est ainsi devenue l’un des pays les plus riches de l’Union, avec un PIB par habitant supérieur à celui de la France : pas mal pour le pays de la Grande Famine du milieu du XIXe siècle.

Pourtant, la campagne du référendum du 12 juin n’a pas été une partie de plaisir pour le gouvernement irlandais et les partisans du « oui », jusqu’à ce sondage du quotidien Irish Times de vendredi, donnant cinq points d’avance au « non » (35-30) -avec, il est vrai, plus du quart de la population encore indécise.

Dimanche, un nouveau sondage, dans le Sunday Business Post, inversait les rôles entre le « oui » et le « non » (42-39), avec, toujours, un nombre important d’électeurs indéterminés. Les derniers jours de campagne sont donc acharnés, pour rallier ces « indécis » qui pèsent si lourd.

Dans le camp du « non », une coalition hétéroclites d’inquiétudes

Voilà un pays où, ça rappellera quelques souvenirs, la majeure partie de la classe politiques (les trois principaux partis s’apprêtent à lancer ce lundi un appel commun en faveur de la ratification) et des médias sont pour le « oui ».

Et pourtant, lentement mais sûrement, le « non » a fait son chemin dans ses esprits, regroupant une coalition informelle extrêmement hétéroclite qui s’entend sur un point : l’Europe est le point de ralliement de leurs colères et de leurs inquiétudes.

Parmi les partisans du « non », des agriculteurs inquiets des réformes de la Politique agricole commune (PAC) des catholiques qui redoutent de se voir imposer l’avortement, des racistes qui reprochent à l’Europe l’afflux d’immigrants... toutes sortes de problèmes qui n’ont pas grand chose à voir avec le traité soumis au vote.

Si les Irlandais ont tout pour se féliciter de leur appartenance à l’UE, qui a permis le décollage de leur pays, ils n’en comprennent plus, tout comme les autres Européens, les contours, le fonctionnement, et la finalité. Le marché unique était clair comme une zone de libre échange, l’euro aussi, malgré ses effets pervers sur l’inflation, mais la construction politique ne l’est plus depuis bientôt deux décennies.

Après l’échec du TCE, les dirigeants ont voulu éviter de nouveaux référundums

On aurait pu croire que le coup d’arrêt des électeurs français et néerlandais de 2005 aurait provoqué une prise de conscience parmi les dirigeants des pays membres et ceux des institutions européennes. Il n’en est rien.

Au lieu de rendre la construction européenne plus transparente ou lisible, ils se sont empressés de retirer la ratification du nouveau traité du suffrage universel, pour le cantonner aux enceintes parlementaires, acquises d’avance. Sauf en Irlande, où la constitution exige un référendum.

Daniel Cohn Bendit a certes raison quand il souligne dans Le Monde de ce week-end que nos sociétés sont dans des « logiques égoïstes ».

« Les Irlandais qui disent non à l’Europe, c’est comme la Ligue lombarde qui rassemble 40% des électeurs dans le nord de l’Italie pour ne pas payer pour le sud du pays. Pourquoi dire oui à quelque chose qui oblige à partager ce qu’on reçoit avec les nouveaux membres de l’Union que sont les pays de l’Est ? “La réaction basique est de protéger ses propres acquis. Dans le processus qui existe aujourd’hui avec la réforme de la PAC, les Irlandais savent, comme les Français, qu’ils ne seront plus protégés comme avant, qu’ils devront faire un effort pour renflouer les caisses de l’UE, qu’ils devront payer et non plus recevoir.”

Mais l’explication ne suffit pas. Elle serait en tout cas plus facile à surmonter si la construction politique de l’Europe avait une direction claire. Il n’y a plus un seul dirigeant européen aujourd’hui -Sarkozy ? Berlusconi ? Brown ? Merkel ? Barroso ? ...- pour offrir une perspective politique européenne qui “parle” aux citoyens.

L’argent venu de “Bruxelles” ne provoque pas l’adhésion à l’Europe politique

Il y a quelques années, la grande idée était de mettre des panneaux partout pour mettre en valeur les financements européens de routes ou de voies ferrées. Mais le doute irlandais montre que ce n’est pas la quantité d’argent venu de “Bruxelles” (c’est-à-dire celui des citoyens européens...) qui provoque l’adhésion à l’Europe politique.

Dans le monde multipolaire qui se dessine, avec l’émergence des puissances chinoise, indienne, russe, brésilienne, au côté de l’ex-hyperpuissance américaine, quel est le rôle, l’ambition, la vision et les valeurs de cette Europe ? Est-ce d’être l’allié fidèle des Etats-Unis dans un monde en tension, ou de faire émerger un “pôle” européen avec ses propres valeurs ? Y a-t-il consensus parmi les 27 sur ce sujet ? Dans tous les cas de figure, que le “oui” l’emporte à Dublin ou que ce soit le “non”, l’Europe ne fera pas l’économie d’une mise à plat de ces questions. Si c’est “non”, cela se fera dans la douleur pour sauver ce qui peut l’être -un scénario catastrophe pour Nicolas Sarkozy qui prend le premier juillet la présidence tournante de l’UE...

Si c’est “oui” et que le traité passe, la tentation sera forte de mettre tous ces doutes sous le tapis. Mais cette politique de l’autruche n’aura qu’une seule conséquence : les questions et les doutes ressurgiront à la première occasion.

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  • Julien Marot
    • Posté à 00h49 le 09/06/2008
    • Internaute 18193

    Toutes ces remarques prouvent bien que ce n’est pas de cette Europe dont nous rêvons. Celle qui se bâtit actuellement est trop éloignée de la vie quotidienne de chacun. Faire voter ce nouveau traité par le parlement comme l’a fait le Président français est l’image même d’une construction européenne qui se fait en dehors de l’ensemble des citoyens qui vivent les décisions de Bruxelles comme des atteintes à leurs droits et leurs libertés...Et le gouvernement accentue le phénomène en rejetant sur les décisions européennes l’impossibilité de traiter les problèmes internes afférents aux pêcheurs, aux transports, aux services publics etc...etc...Mais enfin qui les vote ces décisions ce sont bien nos ministres non ?

  • Claude PELLETIER
    Claude PELLETIER
    Retraité dans son jardin
    • Posté à 02h03 le 09/06/2008
    • Internaute 10710
      Retraité dans son jardin

    Regrouper des régions, des États pour en faire quelque chose de plus, une entité plus grande ne peut pas être une affaire facile à réaliser entre partenaires égaux. L’histoire montre que cela s’est fait très souvent par la violence, et dans une logique militaire d’extension. Pas de partenaires mais des ennemis puis des vaincus et des vainqueurs.
    Quelles sont les conditions pour que cela se fasse pacifiquement ? Pas d’ennemi mais des partenaires. Les acteurs devant avoir un esprit de négociation et être disponibles pour les concessions. Il serait intéressant d’étudier l’histoire de situations apparentées. Peut-être la formation des États Unis d’Amérique ……. Cela nous aiderait peut-être à mieux comprendre.
    J’adhère à l’idée de rendre plus proche, plus légitime l’Europe auprès des citoyens ; des signes montrent qu’on irait pas dans cette direction. Mais je trouve prématuré de jeter la pierre comme certains le font.

    Arrivez-vous à imaginer les efforts qu’il faut faire pour que des États aussi nombreux et aussi divers puissent travailler ensemble ? Comment exiger que les choses aillent plus vite ? C’est déjà bien heureux que le train n’ait pas déraillé et versé dans le fossé. En ce moment, il fait du surplace car ce sont toujours le traité de Nice et celui de Maastritch qui sont en cours de validité. Ce train est dans l’attente de nouvelles règles de circulation et des pièces détachées pour son moteur essoufflé. Optimisation lente avec un calendrier ou une échelle de temps qu’un particulier ne peut trouver qu’insupportables.

    Exemple de ces durées étonnantes :
    En 2004, l’ouverture des frontières à des trans-communautaires (ressortissants des pays de l’Est plus ceux de Malte et Chypre et moins ceux des deux derniers entrants) a été planifiée en trois étapes prudentes.
    —Une première phase de 2 ans pour s’y préparer.
    —Une autre de 3 ans où certains pays pouvaient maintenir la fermeture s’il le souhaitaient.
    —Une dernière de 2 ans jusqu’en 2011 donc.

    Dans la pratique certains pays ont ouvert leurs frontières et levé toute restriction à la circulation d’emblée (Grande-Bretagne, l’Irlande et la Suède). D’autres ont observé.
    La France a attendu 2006 en n’ouvrant qu’à certaines professions. Sarkozy vient d’annoncer l’ouverture totale plus tôt.
    Comme nulle part on a constaté de ruées de plombiers polonais invasives (ils préfèrent rester chez eux), beaucoup de pays ont accéléré ces transformations. Exit la peur du plombier polonais !

  • Un compte supprime
    • Posté à 02h38 le 09/06/2008
    • Internaute 21837
      nc

    Decevant, Cohen Bendit, je crois qu’il perd lui aussi le sens des realites. Les citoyens Europeens ne veulent simplement pas de cette superadministration dispendieuse et tellement distante de la base, qui ne semble promouvoir que les interets lobbyistes et qui chapeaute des gouvernements acquis aux interets des memes lobbys.

    C’est une Europe des regions et non des etats qu’il aurait fallut construire. Trop tard...

  • El Co
    El Co
    internacionalista
    • Posté à 04h21 le 09/06/2008
    • Internaute 35393
      internacionalista

    On dit souvent de l’Europe, puissance économique et nain politique, en parlant de sa capacité de projection hors de ses frontières. Finalement le paradoxe est que c’est peut-être à l’intérieur de ses propres frontières qu’elle est politiquement le plus « naine », et incapable de susciter l’engouement pour une construction certes belle, mais technocratique. Elle fut pensée comme cela, par des banquiers et des industriels, pour eux-même, pour dépasser dans l’économie les atroces différends politiques qui l’avaient secouée. Vision probablement juste à l’époque, mais qui n’a pas eu son nécessaire aggiornamiento.
    Finalement c’est un peu le bouillonnant printemps des peuples répondant à la révolution industrielle, efficace mais glacée, passant les sociétés au laminoir du profit.
    Que faire ?

  • Malened
    • Posté à 06h50 le 09/06/2008
    • Internaute 34755

    Monnet et Schumann étaient des utopistes : leur idée de l’Europe (qui reste celle d’encore certains citoyens du monde dont je me revendique) est tout bonnement ringarde aux yeux (vides) d’une majorité de gens qui ne vivent qu’avec en ligne de mire le fric roi : pauvres qui ne « rêvent » que de gagner au super loto et autres fadaises + riches qui entassent un pognon qui ne leur sert qu’à faire encore plus de pognon.
    Cette Europe-là n’est pas la mienne, pas plus que cette France-là qui expulse, comme par chez moi il y a peu, des familles roumaines, sous-citoyens de l’Europe, n’en déplaise à Cohn Bendit qu’on n’entend pas beaucoup sur cet aspect-là de l’Europe.
    Il y a de quoi être mélancolique (pour le moins...). Heureusement ce matin il fait beau sur les collines, et le rouge-queue vient de prendre son bain dans la baignoire à oiseaux posée à cet effet sur la terrasse. De quoi me réjouir quand même, en attendant la chute du CAC 40 !

  • adamet
    adamet
    travailleur social
    • Posté à 09h38 le 09/06/2008
    • Internaute 29449
      travailleur social

    Pour nos décideurs, l’exception irlandaise ne devait pas être un problème : ce pays a, parrait-il, beaucoup bénéficié de l’UE et devait avoir « la reconnaissance du ventre » ; de plus, il sait très bien que voter non ne sert à rien puisqu’on l’a fait revoter le jour où il a déjà dit non. Le non est en tête dans les sondages et c’est alors la panique !

    Comme beaucoup d’euro-idolâtres victimes de leur distance avec la réalité des peuples, une fois de plus Cohn-Bendit remplace le débat politique par l’invective. C’est le retour du discours dont ont été victimes les partisans du non en France : l’amalgame avec l’extrême droite et l’accusation de repli sur soi, sur ses petits intérêts. Comme l’auteur de l’article il met l’accent sur les traits les plus archaïques et réactionnaires du camp du non. En oubliant au passage que l’association de fermiers irlandais a appelé à voter contre un promesse de veto sur les décisions dans les négociations commerciales qui iraient à l’encontre des intérêts irlandais... ( mais il ne faut pas dire du mal de Cowen, il ne peut pas être égoïste puisqu’il défend le oui !).

    Parmi les partisans du non, Pierre Haski oublie de citer les courants pacifistes et altermondialistes, des syndicalistes et la Sinn Féin qui est le seul parti suivi par son électorat : comme en France le Parti Travailliste est pour le oui mais la majorité de ses électeurs est pour le non. En fait le non traduit d’abord comme en France le décalage entre la représentation politique et les citoyen(ne)s.

    C’est d’abord le caractère incompréhensible du Traité, donc son inaccessibilité au citoyen qui entraîne un refus au nom de la démocratie. C’est ensuite la crainte de perdre du pouvoir, la capacité de décider et de perdre son identité. Il n’y a là rien de bien nouveau, l’Europe apparaît comme ce qu’elle est : une grosse machine bureaucratique qui fonctionne de manière antidémocratique. Enfin la troisième motif évoqué dans les sondages c’est le refus de mettre fin au neutralisme de l’Eire : le traité comme la constitution poussait loin l’intégration dans l’OTAN et les irlandais ont bien raison de ne pas se lier à ce dispositif qui a entraîné de trop nombreux pays dans la guerre.

    Si demain les irlandais votaient non l’UE ne serait pas plus en crise qu’aujourd’hui où elle connaît une crise démocratique sans précédent. Leur vote permettrait simplement à tous les peuples d’Europe que les chefs d’Etats on bâillonnés en refusant les consultations populaires, de s’exprimer à nouveau.

  • Hugo O. Stamp
    Hugo O. Stamp
    Etudiant
    • Posté à 09h57 le 09/06/2008
    • Internaute 43735
      Etudiant

    Le problème de l’Union Européenne est qu’elle n’est perçue que comme une grande machine financière dont le seul champ d’action serait l’économie.
    Elle a beau être à l’origine de « success story » comme en Irlande ou en Espagne, les citoyens de ces pays et ceux des autres membres de l’Union en attendent certainement autre chose. Il y a aujourd’hui une défiance de plus en plus forte vis-à-vis de l’argent, de la rationalisation économique dans tous les aspects de la vie, et de la logique financière dont on voit les conséquences, les dérives et autres ravages aujourd’hui. Il est plus que nécessaire pour l’Union Européenne, pour sa survie, de développer ou de créer de nouveaux champs d’action dans des domaines peut-être moins « vitaux », mais qui touchent les gens au coeur de ce qu’ils sont : des êtres humains et non des machines, des pions sur un monopoly. L’Europe doit donc promouvoir et investir (encore plus, et surtout encore plus visiblement) les domaines culturel, sportif, etc., afin de rendre son existence et son action (encore plus) légitimes. A partir de ce moment-là seulement, les citoyens de l’Union auront conscience de/confiance dans l’Europe, dans les européens et ne seront plus tentés par des réactions partisanes, communautaristes et rétrogrades. L’Europe pourra donc enfin vivre et s’épanouir en dehors du quartier européen de Bruxelles...

  • Alexander Doria
    Alexander Doria
    wikipédien…
    • Posté à 11h33 le 09/06/2008
    • Internaute 42699
      wikipédien…

    Pourquoi laisser le choix de l’acceptation du traité de Lisbonne à la seule Irlande, avec tous les problèmes éthiques et juridiques que cela suppose ? Certes, d’un côté, Bruxelles ne peut continuer à aller comme cela au travers des électeurs, mais un pays, seul, peut-il bloquer un processus qui a coûté tant de nuits blanches aux négociateurs européens.

    La solution elle est simple : on fait voter tout-le-monde, tous les européens, sans communiquer les résultats pays par pays. Et, comme cela, la réponse sera claire. Si c’est non, hé bien Bruxelles sera bien obligé de se plier à la vox populi, et de donner une autre direction à la construction européenne. Si c’est oui, Bruxelles aura gagné un surcroît de légitimité, et nul ne pourra dire que l’UE se fait sans le peuple européen.

    Si l’on organisait un tel scrutin, il ne saurait être entaché des multiples considérations nationales, puisque l’on ne communiquera pas les résultats États par États. Les européens voteront en pleine connaissance de cause, pour des enjeux uniquement européens, et n’affectant que l’Europe et la construction européenne.

  • er.batt
    er.batt
    technicien
    • Posté à 11h46 le 09/06/2008
    • Internaute 41781
      technicien

    Nous savons tous que la grande majorité des peuples européens voteraient contre le TCE ou la copie de Lisbonne ; et pas par égoisme comme le pense Daniel, mais parceque ce texte n’est qu’une victoire de plus pour le libéralisme et ne donne que trop peu de démocratie à l’Europe !
    Eric

  • YoshiL7
    • Posté à 11h57 le 09/06/2008
    • Internaute 29840

    Il se dit que dans les plus haute sphère de l’europe, le mot d’ordre depuis qq jours est de ne rien dire ne rien faire qui pourrait offusquer l’Irlande tellement le non de ces derniers fait peur...

    Du coup, on ne veut surtout pas aborder le coté Défense européenne qui remettra certainement en cause la neutralité de l’armée irlandaise, neutralité fortement approuvée par les irlandais qui y sont très attachés !

    Mais également, le mini traité pourrait faire en sorte que les impots augmentent en fleche en Irlande pour niveler l’imposition en Europe... pays connu pour etre peu taxé, d’ou une partie de son succès pour attirer le monde sur ces terres...

    Et enfin, pour les irlandais et beaucoup le disent, le traité est incompréhensible... alors pourquoi voter oui à quelque chose dont on comprend rien et qui risque de changer pas mal de chose pour le pays (pas forcément dans le bon sens)...

    Bref, en attendant, les irlandais, ce n’est pas « et si les irlandais votaient non »... c’est ils vont voter non !

    Au moins, eux auront eu le droit au referendum... pas comme chez nous, ou certains se sont bien assis sur la décision que le peuple avait pris au dernier référendum pour imposer la leur... ce qui est fortement anti constitutionnel... seul le peuple peut revenir sur sa propre décision pris lors d’un referendum...

  • A déménagé le 25 octobre
    • Posté à 12h38 le 09/06/2008
    • Internaute 33755

    Salut Le Yéti,

    à chacun de vos posts sur l’Europe, j’éprouve comme un certain malaise devant votre pessimisme, fondé au demeurant. À chaque fois, vous nous dîtes que l’Europe de Monnet et de Schumann est « une idée morte » : je trouve le constat biaisé.

    Ce n’est pas l’idée qui est morte mais son application qui se meurt car elle ne respecte pas l’idée. Les loufiats de la haute (combien ? 500 à tout casser ?) comme vous les appelez, s’assoient sur cet idéal en se servant d’une autre idéologie, tronquée donc injuste, celle d’un libéralisme anthropophage, une marche binaire dévastatrice et permise par une absence quasi totale de cadre juridique et éthique aux flux du marché.

    L’exemple de l’Afrique est ce qu’il y a de plus révélateur et vous avez raison de rappeler le souhait de Schumann.
    La dernière loi votée en France sur les OGM en est l’exemple type. Pendant que d’un côté l’on trouve un « cadre juridique » pour les faucheurs et contre le principe de précaution, nos chers députés de la chambre improstituée ont été incapables, par lâcheté sûrement, par intérêts personnels ne l’espérons pas (sic), de définir un cadre juridique strict et clair pour nos multinationales. Celles-ci profitaient et continuent à profiter de ce vide en pillant les ressources génétiques de l’Afrique, fournisseur officiel de 25 % de la biodiversité mondiale. Elles interprètent et continuent à interpréter en leur faveur des conflits de termes entre des articles de loi des différents organismes internationaux portant sur la question de la propriété intellectuelle et du brevetage du vivant. Elles confondaient et continuent à confondre la bioprospection en Afrique avec une biopiraterie sur un territoire qui n’est pas le nôtre.

    Cette Europe n’est pas une idée morte mais une idée qui n’a pas encore vécue hors du crâne de la majorité des individus européens, donc dans une application d’elle-même. En disant qu’elle est morte, j’ai bien peur que stratégiquement nous offrions un boulevard au libéralisme tronqué des 500 loufiats de la haute et qui, en lieu et place « d’un rassemblement des hommes », construisent « une coalition des états ».

    Amicalié,
    Blaise