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Pour vivre heureuses, ces tribus doivent vivre cachées

Une tribu amazonienne inconnue dans l'Etat d'Acre, au Brésil (Ho New/Reuters).

Des Indiens « non contactés » ont récemment été propulsés dans l'orbite médiatique mondiale après que des photos spectaculaires prises début mai dans l'Etat amazonien de l'Acre par la Funai (l'agence brésilienne chargée de la protection des Indiens) ont été diffusées par l'ONG Survival.

La Funai connaît l'existence de ces groupes isolés depuis une vingtaine d'années, et s'efforce de prévenir tout contact avec eux dans le but de les préserver. Elle a cependant décidé de divulguer ces photos, pour alerter le monde sur les dangers qui pèsent sur eux.

Environ 500 Indiens isolés habitent dans cette région, du côté brésilien de la frontière. La plupart de ces groupes sont gravement menacés par l'exploitation illégale de la forêt amazonienne. Au Pérou, où vivent environ une quinzaine de groupes isolés nomades ou semi-nomades, les projets d'exploitation pétrolière, la déforestation, les orpailleurs et les épidémies poussent certains d'entre eux à franchir la frontière pour se rendre au Brésil, au risque d'entrer en conflit avec les autres groupes indiens qui y vivent.

Des populations fragiles, vulnérables aux maladies venues de l'extérieur

Du fait de leur isolement, ces Indiens, n'étant pas immunisés contre les maladies venues de l'extérieur, sont particulièrement vulnérables à toute forme de contact, même bref. C'est ainsi que plus de la moitié des Indiens nahua qui vivent dans le bassin du Manu, au sud de l'Amazonie péruvienne, sont morts après leur premier contact dans les années 80, lors de l'exploration pétrolière de leurs terres.

Suite aux pressions des ONG locales et internationales, les autorités péruviennes ont enfin annoncé mardi 3 juin leur décision de protéger les Indiens isolés qui vivent à proximité de la frontière entre le Pérou et le Brésil.

Une compagnie pétrolière française, Perenco, qui convoite l'un des plus importants gisements pétroliers du Pérou dans une région où vivent au moins deux groupes isolés est actuellement impliquée dans une bataille judiciaire avec une organisation indigène locale.

On estime qu'il existe dans le monde entier plus d'une centaine de peuples qui ont volontairement décidé de s'isoler du monde extérieur et dont la population varie de quelques individus à plusieurs centaines. La plupart d'entre eux sont les survivants ou les descendants de survivants d'actes génocidaires subis dans le passé. Ils vivent en se déplaçant constamment, fuyant l'invasion et la colonisation de leurs terres par les compagnies d'exploitation forestière ou pétrolière et les ranchs d'élevage.

Ailleurs en Amérique du Sud, dans le Chaco paraguayen, un nombre inconnu d'Indiens vivent dans un isolement quasi complet, dans une vaste forêt broussailleuse qui s'étend au sud du bassin amazonien.

Fuyant les bulldozers qui déboisent leur forêt rachetée par de puissants propriétaires terriens, les Indiens doivent constamment changer de campement pour se réfugier dans les espaces les plus reculés de la forêt qu'ils considéraient comme leur territoire et où ils ne se sentent plus en sécurité.

Dans le golfe du Bengale, des peuples isolés perçus comme des « attardés »

La situation des peuples isolés est particulièrement préoccupante dans les îles Andaman, territoire de l'Union indienne situé dans le golfe du Bengale au large de la côte orientale de l'Inde.

A l'image de tant de peuples indigènes isolés à la réputation effrayante, ils sont perçus comme des « sauvages » ou des « attardés ». Leur hostilité vis-à-vis des étrangers est cependant tout à fait compréhensible, car le monde extérieur ne leur a apporté que violences et maladies.

Parmi les habitants de l'archipel, seuls les Sentinele sont en bonne santé, alertes et vigoureux, contrastant fortement avec les deux autres peuples andaman ayant « bénéficié » de la civilisation occidentale, les Onge et les Grands Andamanais, dont un grand nombre a été exterminé et qui sont largement dépendants des aides de l'Etat pour assurer leur survie.

La pression exercée par Survival et des organisations locales a amené le gouvernement indien à tempérer ses tentatives de « civiliser » les Sentinele, à abandonner toute intention d'entrer en contact avec eux, à reconnaître que de telles politiques ont causé de grands dommages aux autres tribus andamanes et à accepter qu'ils disposent du droit de décider eux-mêmes de leur mode de vie.

Des campagnes internationales pour les droits des peuples indigènes

Survival International, qui mène actuellement une campagne d'envergure en faveur des dernières tribus isolées, est une organisation mondiale de soutien aux peuples indigènes. Elle défend leur volonté de décider de leur propre avenir et les aide à garantir leur vie, leurs terres et leurs droits fondamentaux.

Fondée en 1969 à Londres, Survival agit en lançant des campagnes internationales de mobilisation et d'information de l'opinion publique, en soutenant les organisations indigènes. Ses campagnes attirent l'attention sur les gouvernements et les compagnies qui violent les droits des peuples indigènes.

Ces dernières années, Survival a concentré ses efforts sur les violations des droits de l'homme perpétrées à l'encontre de plus de 40 peuples dans le monde entier.

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7 commentaires sélectionnés

Portrait de Alexander Doria

De Alexander Doria

étudiant | 20H32 | 05/06/2008 | Permalien

C'est peu de dire que l'occident a commis beaucoup de barbarie sur le nom-même de civilisation, et que le peu de Lumières qu'on les Européens ont pu apporter aux prétendus sauvages ont entraîné beaucoup d'obscurité. Nulle doute ainsi qu'il eût bien valu pour l'Afrique, du moins dans sa situation actuelle, demeurer en-dehors du « progrès », soit de l'urbanisation et de l'occidentalisation à outrance qui a entraîné un triple désarroi : celui moral de la destruction des traditions millénaires, celui social de la déstructuration et de l'atomisation de la société, celui culturel de l'acculturation. Car la « civilisation » a un prix fort, surtout lorsqu'elle se fait de manière accélérée. C'est en effet folie que de vouloir que des sociétés suivent sans dégâts en quelques décennies, un processus qui a pris huit siècles en Europe.

De fait je pense que l'Onu et les États développés devrait statuer sur une jurisprudence de manière à assurer à ces sociétés « primitives » les moyens de rester si elles le souhaitent, en-dehors du monde, dans leur « primitivité », tant qu'elles le souhaitent. Car si nous avons fait beaucoup de bêtises, il nous reste encore cette occasion de nous rattraper, de nous laver moralement, en permettant à ces sociétés de vivre selon leurs modes civilisationnels propres, sans les forcer à adopter les nôtres. Ce service-là nous ne le rendrions pas seulement à quelques tribus perdues de l'Amazonie, mais, par retour, à toute l'humanité, car défendre ces cultures menacées, c'est aussi défendre une part de nous-même.

Portrait de Charles Mouloud

De Charles Mouloud 12542

Bras gauche de la Vénus de Millau | 20H40 | 05/06/2008 | Permalien

Depuis que j'ai appris cette nouvelle, relayée par tous les médias,je suis consterné.
Je pensais un peu naïvement , je l'avoue, qu'après toutes les attaques dont ils avaient été victimes, le Modem et leur Chef de village F.Bayrou, pouvaient prétendre à un peu de tranquilité !
mais non, on continue à harceler cette tribu, au mépris de leur retraite bien méritée.

Portrait de Galletas

De Galletas

21H07 | 05/06/2008 | Permalien

Merci pour l'article.

Cependant, cela m'étonne M. Razon que vous repreniez ce terme « isolés », pour qualifier ces groupes amérindiens.

>>>Isolés : séparés des autres.

Ces groupes amérindiens ne sont pas isolés. Ils sont en contact avec d'autres groupes amérindiens. L'échange est la base de la survie des sociétés.

Qu'ils aient décidé de fuir le contact avec les blancs est autre chose.

Et puisque vous faites un peu de pub à la fin de votre article, n'oublions pas les autres associations ou ONG qui militent dans ce sens.
Par exemple le CSIA :
http://www.csia-nitassinan.org/

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean 4591

Retraité | 22H27 | 05/06/2008 | Permalien

Le Sud-Yémen protège son ile de Socotra, au large de la Somalie, qui abrite une population vivant à l'âge de pierre.
Les visites y sont pratiquement impossibles et seul un médecin est habilité à les rencontrer pour prévenir toute contamination extérieure.

Portrait de moré

De moré

traitement des sols | 23H14 | 05/06/2008 | Permalien

En fait les femmes sont peintes en noir et les hommes sont en ocre.

Portrait de A.V.

De A.V. 24685

tamagotchi89 | 09H35 | 06/06/2008 | Permalien

Moi j'ai passé deux ans dans une communauté rurale du Pas-de-Calais à 3 heures de route de Paris, il y a quelques années. 25 fermes de crépis gris même pas en cercle (ni en quoi que ce soit), une famille de 4 personnes par ferme. Ces gens magnifiques, vêtus de blouses et de bleus de travail, de bottes et de fumier, n'avaient pratiquement jamais vu un citadin. Un chef (le maire) représentant plusieurs communes de la région de Fruges nous a raccompagné à la sortie du village dans son tracteur 4 places (plus loin, il nous a dit que c'était même pas la peine d'y penser).
C'était bizarre et un peu difficile à vivre, entrer dans la vie d'un peuple presque premier. Premier en vaches, en boue, en betterave, en vent, en pluie. Nous étions partagés, mal à l'aise et aussi… retournés.
Je n'ai pas trop compris le rôle de la communauté de communes dans notre aventure. Je pense qu'ils ont touché des subventions européennes pour faire du lait revendu à Paris.
Je m'étonne que de nouvelles tribus soient découvertes. Il y en a beaucoup très éloignées, non répertoriées ; aucun avion ne survole jamais ces régions reculées. Les communautés ne communiquent pas entre elles, sauf quand les vaches meuglent. Les Pas-de-Calésiens avec qui j'ai vécu ces quelques années incroyables ressemblent beaucoup à ceux du film ethnologique « Bienvenue chez les Ch'tis », des paysans pacifiques avec des 22 pour chasser le moineau.

Portrait de micke

De micke

utopiste | 09H04 | 06/06/2008 | Permalien

sympa

mais bien bien simplifié/imprécis en ce qui concerne les andamans.

ces iles se trouvent au large de la birmanie, bien bien au sud du golf du bengale et délimitent la mer des andamans avec les cotes birmanes, elles sont ainsi bien bien loin des cotes orientales de l'inde.

cette zone hautement geo-strategique a successivement « appartenu » (crétin de monde) aux anglais, japonais et anglais, mais ce sont les indiens qui les ont vraiment colonisées dans les années 50/60.
Avant c'etait simplement controlé pour raison geo-stratégique et egalement utilisé comme prison par les anglais (ross island)

Au moment de la colonisation par les indiens, les tribus ont eu le choix de l'ouverture ou non. La dizaine de tribus du groupe des « Great Andamanese » ont accepté l'ouverture ; Aujourd'hui elles n'existent presque plus : d'une dizaine de tribus distinctes, on ne recense plus que quelques dizaines d'individus (auxquels une ile a récemment été « rendue » afin d'essayer d'empêcher leur extinction total).

Les Sentinelle ont unanimement refusé (ils ont encore tué à coup de flèche un touriste indien ayant essayé de débarquer sur leur ile il y a 2 ans et demi) ainsi qu'une partie des Onges (qui vivent toujours dans la forêt sur little andaman) et qu'une partie des Jarawar vivant aussi sur Great Andaman et étrangement absent du paragraphe alors que ce sont (à vérifier tout de même) les plus nombreux aux andamans. Et les plus visibles : ceux qui vivent dans la forêt « attaquent » les bus de touristes indiens qui empruntent des routes traversant leur territoire. Vêtus de slips rouges laissant apparaitre des corps très très sains et affichant de grands sourires laissant apparaitre des dents très très blanches, on a vu plus effrayant ! et oué ainsi leur attitude pendant l'« attaque » attise plus la curiosité qu'elle n'éveille la crainte !

Il convient de noter que la même colonisation par nous autre plutot que par les indiens, toutes ces tribus n'existeraient sans doute plus du tout depuis longtemps déjà. Ce qui ne dédouane pas les indiens de leurs responsabilités dans la quasi disparition des great andamanese et la destruction inutile de beaucoup de la rain forest incroyable des iles avec de l'eau fraiche.

Ceci étant et ça vaudrait tout un article, voir plus, les étrangetés des Iles Andamans auxquelles on rattache en général les Iles Nicobar sont à signaler :

les andamans sont des iles un peu volcanique mais pas tout-à-fait (un seul volcan tout au nord) avec des paysages tout-à-fait uniques de forêt de mangrove sans fin entre les îles (les caïmans apprécient, merci pour eux). Sur ces iles, full jungle, big big style, pas l'amazonie, certes, mais ça envoie du lourd, puissance de la nature, comprenez, c'est le boss.

Les Nicobars elles ne sont ni volcaniques, ni un banc de sable, mais presque, et sont habités par des tribus de type Birmanes, 100% (même type d'habitats, de nourriture, de faciès et de langage).

Si la formation de ces deux groupes d'iles distincts mais proche reste un mystère total (la légende hindoue évoque pour les andamans un bout d'himalaya qui se serait détaché),

voilà la pire bizarrerie : les tribus des andamans (à 400km au nord du nord des Nicobars, coincées au large de la birmanie) sont elles d'un type bien autre : pour un inculte en anthropologie, mais qui a regardé national géographic, on croirait voir des pygmées ou des aborigènes. mais plus pygmées tout de même. mais pas des indiens, ni des asiats, ça c'est sur.

S'il semble facile de comprendre comment sont arrivés là les Nicobari, la même question appliquée aux andamanese laisse très perplexe.

Si on est tout proche des côtes birmanes, on est quand même vachement loin du pacifique et/ou de l'Afrique…

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