Decryptage 05/06/2008 à 23h14

Les fonctionnaires sont-ils muselés ?


Les gendarmes qui bravaient le devoir de réserve ont finalement cédé. Jeudi, alors que l’ultimatum de leur hiérarchie arrivait à échéance, ils ont sabordé leur association baptisée Forum gendarmes citoyens, comme l’exigeaient leurs supérieurs. C’est cette structure, très présente sur le Net, créée par huit gendarmes en avril, qui était au cœur d’une controverse sans précédent, dans les rangs de l’armée, depuis le début de la semaine.

Mardi, le président du tribunal de grande instance de Paris avait pris une décision très remarquée en acceptant de se déclarer compétent pour étudier une plainte pour « voie de fait » déposée par les huit gendarmes du Forum. L’audience avait lieu ce jeudi.

Si le juge des référés avait rendu sa décision dans la foulée, le débat aurait pu aller plus loin. Mais en décidant de se prononcer seulement lundi, la juridiction a tranché en creux : soumis à un ultimatum explicite, les gendarmes n’ont pas attendu le jugement pour rentrer dans le rang et ont annoncé la dissolution, sous quelques heures, de l’association.

Le devoir de réserve, un principe fondamental dans le statut des gendarmes

Leur démarche avait pourtant été très remarquée : estimant leur liberté d’expression empêchée, ces derniers avaient assigné en justice toute leur hiérarchie… jusqu’au plus haut niveau puisqu’Hervé Morin, ministre de la Défense, était lui aussi concerné. Une première alors que, traditionnellement, les gendarmes tendaient à ériger leurs épouses en porte-voix, faute de pouvoir hausser le ton publiquement.

Car le devoir de réserve reste un principe fondamental dans le statut des gendarmes, qui n’ont par exemple nul droit d’adhérer à un parti politique ou à un syndicat. A la fois militaires et fonctionnaires, ces derniers sont astreints à un impératif de réserve particulièrement strict qui a survécu à la réforme du statut des gendarmes en 2005. C’est ce que décrypte pour Rue89 Me Christophe Courage, un avocat parisien dont l’activité dominante est le droit des agents publics :

En repoussant à lundi sa décision, le juge a-t-il manqué une occasion historique de mener le débat sur la place publique ? L’époque était pourtant décisive puisqu’approche la réforme de la gendarmerie. Au 1er janvier 2009, les gendarmes doivent passer sous la tutelle du ministère de l’Intérieur, et cette perspective échauffe nombre de képis. Ce changement ne devrait pas manquer de reposer la question du devoir de réserve le plus strict imposé aux gendarmes.

A l’entrée en vigueur de la réforme, ils devraient conserver leur statut de militaire… tout en étant intégrés dans la police. Or, par tradition, la police est un corps fortement syndiqué. Cette liberté de parole fera-t-elle des émules chez les gendarmes, ébréchant une chape de plomb encore peu chahutée, comme le montre le volte-face du Forum gendarmes et citoyens ce jeudi ? La gendarmerie et, plus généralement, l’armée, reste sans conteste le cercle de fonctionnaires où la question du devoir de réserve se pose avec le plus d’acuité. Mais l’ensemble de la fonction publique n’en est pas moins concerné.

L’armée est-elle seule muette ?

Récemment, Rue89 a relaté deux histoires mettant en balance le devoir de réserve et la liberté d’expression d’agents de la fonction publique : celle du sous-préfet Bruno Guigue, sanctionné pour des propos qu’il avait tenus contre Israël, mais aussi celle de Danièle de Chambrun, directrice d’école qui avait vertement critiqué la réforme Darcos sur Rue89 un jour de grève.

Syndiquée, cette dernière a finalement été épargnée des pressions exercées par l’inspecteur d’académie pour entorse au devoir de réserve. Toutefois, fantasmes et d’inquiétudes perdurent quant à la marge de manœuvre des fonctionnaires en France. Me Christophe Courage, qui dit toutefois recevoir peu de contentieux en la matière, explicite ainsi les obligations qui incombent aux agents publics :

« C’est hors du cadre de l’exécution du service que l’on parle de devoir de réserve. Dans le cadre du service, tout fonctionnaire doit s’abstenir de tout acte propre à faire douter de sa neutralité. Ce qui implique qu’un fonctionnaire, dans son activité, ne peut pas du tout exprimer des opinions politiques ou religieuses. »

Neutralité, loyalisme… et fonction hiérarchique

Quid, alors, de ses obligations en dehors du service ? Elles recouvrent des impératifs de neutralité et de loyalisme, explique encore Me Christophe Courage :

Toutefois, tous les fonctionnaires ne sont pas astreints au même degré de réserve. C’est le cas, comme on l’a vu, des militaires qui en ont l’obligation légale de par leur statut, contrairement aux autres agents publics. Pour les non-militaires, c’est le degré hiérarchique qui conditionne l’étendue de la liberté d’expression, poursuit l’avocat :

« Le devoir de réserve est plus ou moins contraignant selon le degré hiérarchique de l’agent. C’est une création qui n’est pas une création légale, contrairement à la liberté d’opinion, mais une création jurisprudentielle. Dès lors, son contour est beaucoup plus flou et l’appréciation qu’en font les juridictions en est beaucoup plus pragmatique. Si vous êtes haut fonctionnaire ou un fonctionnaire de catégorie plus modeste, vous n’aurez pas les mêmes obligations. »

C’est ce qui a fondé le limogeage du sous-préfet de Saintes, limogé en mars pour avoir notamment écrit dans une tribune publiée sur le Web qu’Israël était « le seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles ». Haut fonctionnaire, le sous-prefet était alors astreint à un impératif de réserve des plus élevés de par sa fonction.

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  • Compte supprimé le 4 janvier 3
    • Posté à 23h19 le 05/06/2008
    • Internaute 41144

    Les gendarmes ne sont pas des « fonctionnaires » comme les autres, ce sont des militaires. Il faudrait peut-être se demander pourquoi nous avons besoin d’une police civile ET d’une police militaire ayant le pouvoir d’arrêter des civils en temps de paix.

    • Docteur Panel
      • Posté à 23h44 le 05/06/2008
      • Internaute 43290
        Sondologue

      Moi ça me rassure plutôt de savoir que tous les oeufs de ma sécurité ne sont pas dans le même panier. C’est peut être naïf, mais ça me donne le sentiment d’être plus à l’abri d’un putsch.

      • pablico
        pablico répond à Docteur Panel
        Co-NOBEL de la Paix
        • Posté à 10h34 le 06/06/2008
        • Internaute 14278
          Co-NOBEL de la Paix

        le putsch n’est plus possible, nous faisons parti et sommes l’Europe. A part un fou furieux, et encore, comment le pays pourrait vivre hors Europe ? plus d’industries, ni de marchés ne sont strictement nationaux. La France n’est plus viable seule.

         
        • Schtroumpf perplexe
          Schtroumpf perplexe répond à pablico
          physicien
          • Posté à 10h57 le 06/06/2008
          • Internaute 22547
            physicien

          Vous dites : « le putsch n’est plus possible, nous faisons parti et sommes l’Europe. »

          Vous avez une grande confiance dans la démocratie et dans l’Europe. C’est peut-être ce genre de certitude qui nous donne l’envie de jouer avec le feu en élisant les hommes politiques tels que Berlusconi, Sarkozy, Heider etc.

          • pingouin_force_attak
            pingouin_force_attak répond à Schtroumpf perplexe
            Albator le corsaire de l'espace
            • Posté à 19h37 le 06/06/2008
            • Internaute 41057
              Albator le corsaire de l'espace

            le fait que la France soit dans l’Europe garantit a la France qu’elle sera pour toujours une démocratie. Lorsque le peuple élit des cons, c’est parce que le peuple est con...

          • norman
            • Posté à 22h08 le 06/06/2008
            • Internaute 23497

            Bien d’accord sur l’irresponsabilité des électeurs européens mais qui sait si les Irlandais ne vont pas revenir foutre le bordel lors du prochain référendum ? Le nain del’Elysée aura l’air malin avec son traité de Lisbonne et l’honneur des électeurs français sera enfin restauré. Vive l’Irlande dans ce cas !

        • I.P
          I.P répond à pablico
          Il manque Hulk en baskets
          • Posté à 11h26 le 06/06/2008
          • Internaute 25391
            Il manque Hulk en baskets


          le putsch n’est plus possible, nous faisons parti et sommes l’Europe

          L’Europe ? On parle bien du machin dont le projet de constitution spécifiait qu’au cas où un des membres était en guerre avec un tiers la seule contrainte pour les autres états était de continuer le commerce avec lui ?
          Et vous croyez vraiment que ce truc en aura quoi que ce soit à faire d’un coup d’état du moment que la France continuera à vendre et acheter des produits ?

        4 autres commentaires
      • Compte supprimé le 4 janvier 3
        • Posté à 13h37 le 06/06/2008
        • Internaute 41144

        Moi ça me fait l’effet inverse de savoir que des militaires ont le pouvoir de m’arrêter, alors que je suis une civile. Je préfèrerais largement que le maintien de l’ordre civil soit exclusivement réservé à une police civile (qui a le droit de se syndiquer), et la défense du pays à une armée de militaires. On n’a jamais vu dans l’histoire un putsch commis par des civils.

         
        • Victor Kaplan
          • Posté à 17h22 le 06/06/2008
          • Expert 4445
            enseignant

          Si, Pétain, avec l’aval de l’assemblée.

          • Compte supprimé le 4 janvier 3
            • Posté à 18h22 le 06/06/2008
            • Internaute 41144

            Pétain, comme exemple de civil, il y a mieux...

            • I.P
              I.P répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
              Il manque Hulk en baskets
              • Posté à 23h30 le 06/06/2008
              • Internaute 25391
                Il manque Hulk en baskets

              N’empèche qu’il a fait son coup d’état avec l’aval de l’assemblée (sans mauvais jeu de mots).

            • Victor Kaplan
              • Posté à 00h18 le 07/06/2008
              • Expert 4445
                enseignant

              Il a pris le pouvoir sans recours à l’armée et à son âge, il n’était plus en exercice. En revanche, il menait une carrière politique assez efficace.
              Un autre exemple ? Napoléon 3. Qui s’est appuyé sur l’armée, effectivement, mais pas seulement. Et qui n’était pas militaire.
              Ca va comme ça ?

              • I.P
                I.P répond à Victor Kaplan
                Il manque Hulk en baskets
                • Posté à 01h49 le 07/06/2008
                • Internaute 25391
                  Il manque Hulk en baskets

                Zut je suis déçu, vous n’avez pas cité De Gaulle en 58 :)

                • Victor Kaplan
                  Victor Kaplan répond à I.P
                  enseignant
                  • Posté à 12h48 le 07/06/2008
                  • Expert 4445
                    enseignant

                  De Gaulle en 58. Désolé.
                  Et puis, en contre-exemple, il y a aussi la révolution des oeillets, au Portugal...
                  Comme quoi la complexité se niche partout, chère Béatrice...

                  Il s’avère que j’ai eu affaire simultanément aux gendarmes et aux RG. J’ai été placé sur écoutes par les RG. Les gendarmes ont toujours été extrêmement réglos et surtout visibles. Les RG, je ne les ai jamais vus. Ils étaient là mais fondus dans le paysage. Je préfère ce que je vois à une menace invisible.

                  • Compte supprimé le 4 janvier 3
                    • Posté à 14h22 le 07/06/2008
                    • Internaute 41144

                    Je pourrais moi aussi y aller de ma petite expérience personnelle, de ce que je considère comme une « menace », visible ou pas : arrêtez-moi si je me trompe, mais dans les histoires d’écoutes illégales de Mitterrand, dans l’affaire de la paillotte corse, il s’agissait bien de gendarmes et non de policiers, à ma connaissance... Et les « fausépoux Turenge », ils dépendaient bien du ministère de la Défense, pas de l’Intérieur... C’est pratique l’armée pour les coups tordus : ils sont censés se taire et obéir sans moufter. Ce qui n’est pas le cas de la police.

                    Une chose est sûre, les Français sont encore traumatisés par Vichy et les divers coups d’Etat qu’ils ont connus dans leur histoire. Mais à mon avis ils choisissent la mauvaise solution pour s’en prémunir, car dans une démocratie digne de ce nom, les militaires ne devraient pas s’occuper des affaires civiles, ni avoir le pouvoir exhorbitant d’arrêter des civils en temps de paix. Les exemples donnés (Italie, Portugal à l’époque de la Révolution des Oeillets) sont ou étaient plus ou moins chancelantes et le moins qu’on puisse dire est qu’elles ne respectent ou ne respectaient pas à la lettre les droits fondamentaux.

                    • Victor Kaplan
                      • Posté à 18h00 le 07/06/2008
                      • Expert 4445
                        enseignant

                      Je vous sens énervée contre les militaires. C’est quoi votre « petite expérience personnelle » ? Il faudrait être plus précise, sinon, on en reste aux effets rhétoriques.
                      Chacun,nous pouvons aligner mille exemples. De mon côté, je pourrais vous rappeler toutes les magouilles et coups tordus des RG, de la DST, les provocations des BAC et compagnie... restons-en là.
                      Moi, ce qui m’énerve, ce sont les polices secrètes, mais si c’est votre goût, on ne va pas discuter.

                      • Compte supprimé le 4 janvier 3
                        • Posté à 22h54 le 07/06/2008
                        • Internaute 41144

                        Il est ridicule de ramener cette question à de petites histoires personnelles. Il s’agit des PRINCIPES de la démocratie : les militaires ne doivent pas faire régner l’ordre dans un pays en paix, c’est la porte ouverte à toutes les dérives. Quant aux services secrets, ils ont toujours existé et existeront toujours, car ils sont nécessaires. L’important est qu’ils soient contrôlés par des juges, ce qui n’est pas le cas en France (mais la France n’est pas une grande démocratie).

              • LG240
                LG240 répond à Victor Kaplan
                • Posté à 09h21 le 07/06/2008
                • Internaute 23978

                « Il a pris le pouvoir sans recours à l’armée ».
                Vraiment ? Même pas l’armée allemande ?

                • Victor Kaplan
                  Victor Kaplan répond à LG240
                  enseignant
                  • Posté à 12h27 le 07/06/2008
                  • Expert 4445
                    enseignant

                  Votre adresse ? Que je vous envoie une histoire de France...

                  • Compte supprimé le 4 janvier 3
                    • Posté à 14h24 le 07/06/2008
                    • Internaute 41144

                    Ouh là ! Si vous en êtes à nier le rôle de l’armée allemande dans la prise de pouvoir par Pétain, c’est vous qui devriez relire une histoire de France.

                    • I.P
                      I.P répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
                      Il manque Hulk en baskets
                      • Posté à 18h16 le 07/06/2008
                      • Internaute 25391
                        Il manque Hulk en baskets

                      Que je sache l’armée allemande n’était pas présente le jour de sa prise de pouvoir.
                      Pourriez vous citez vos sources ?

        • Chad
          • Posté à 20h24 le 07/06/2008
          • Internaute 26424

          Moi ça ne me rassure pas du tout que mes enfants ou moi-même soyions arrêtés par des flics civils ou militaires. Il suffit de voir le nombre de violences policières qui existent et qui restent pour la plupart impunies.
          A quand des enquêtes sur la police faites par d’autres personnes que par des pairs (police des polices). A quand des juges qui seront capables prendre leurs responsablités et de condamner les policiers coupables de violences en particulier sur des lycéens manifestant pacifiquement.
          La France a été condamnée par l’Europe de nombreuses fois au sujet du comportement de sa police mais c’est pas grave, on continue comme si de rien était.
          Un pays où la police a tous les droits est un pays de non-droit.

          • pierrejcallard
            pierrejcallard répond à Chad
            http://www.nouvellesociete.org
            • Posté à 02h20 le 08/06/2008
            • Internaute 3366
              http://www.nouvellesociete.org

            Quiconque a un fusils peut commettre des abus. Cela dit, les interventions internationales qui étaient la mission premiere de l’armée sont maintenant appelées des « opérations de police » alors qu’on fait la « guerre » aux trafiquants et aux terroristes... Il va falloir redéfinir les rôles ... et les moyens d’intervention

            Lien

            Pierre JC Allard

        17 autres commentaires
      • marie 75
        marie 75 répond à Docteur Panel
        • Posté à 17h31 le 06/06/2008
        • Internaute 3563

        ne jamais oublier que - par contre - ils sont tjrs là pour manifester dans la rue pour la défense des acquis du CNR et de la République quand les salariés du privé ne peuvent bouger.

      • Jaùsep
        Jaùsep répond à Docteur Panel
        • Posté à 19h21 le 06/06/2008
        • Internaute 37396

        @ Docteur Panel

        La dernière guerre mondiale nous a montré comment les forces de l’ordre, police ou gendarmerie, sont au service du pouvoir. Même quand ce pouvoir leur demande d’exécuter les pires actes sous couvert de la mission d’état.
        Regardez comment des généraux ont vendu leur nation à l’ennemi, ou bien comment ils se sont pliés sans réserve aux pires requêtes de l’envahisseur. Quelle que soit la besogne, le policier ou le gendarme s’exécutera. Les arguments sont écrits dans nos pages d’histoire.

        Qui venait réquisitionner l’ouvrier ou le paysan, pour le mettre dans le train et l’envoyer au front,
        Qui venait réquisitionner l’ouvrier ou le paysan, pour l’installer sur le bateau en partance pour Oran ?
        Qui était chargé de réunir les groupes par familles entières, hommes, femmes, enfants, pour les livrer aux bourreaux ?

        Ces forces assureront votre sécurité tant que l’ordre leur en sera donné, rien de plus ! Mises dans d’autres mains, elles deviendront une arme contre vous.

        Certes, quelques uns d’entre eux ont refusé leur mission, quand elle devenait insoutenable.
        Merci à leur courage.
        Mais ils furent peu nombreux.

    • I.P
      I.P répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
      Il manque Hulk en baskets
      • Posté à 01h05 le 06/06/2008
      • Internaute 25391
        Il manque Hulk en baskets


      Il faudrait peut-être se demander pourquoi nous avons besoin d’une police civile ET d’une police militaire

      Parceque deux pouvoirs de police bien séparés et qui, si possible, ne s’aiment pas est un bon garde fou contre les coups d’état.

      • le _grand_clown_malade
        le _grand_clown_malade répond à I.P
        if 6 was 9
        • Posté à 10h22 le 06/06/2008
        • Internaute 27069
          if 6 was 9

        Et il est important de le rappeler. Différencier ces services, c’est s’assurer un minimum de leur indépendances relatives.

        Gardons ceci en tête au cas ou un futur projet serait de fusionner ces services -ou du moins les recentrer sur des objectifs communs.

      • Compte supprimé le 4 janvier 3
        • Posté à 13h39 le 06/06/2008
        • Internaute 41144

        C’est aussi un bon garde-fou contre l’efficacité dans leur mission.

      • Job Lake Barzh
        Job Lake Barzh répond à I.P
        Chapiau rond
        • Posté à 19h16 le 06/06/2008
        • Internaute 41670
          Chapiau rond

        La police est pour l’ordre dans les villes ;
        La gendarmerie pour l’ordre dans les campagnes avec brigade dans le chef-lieu de canton.

        Je crois comprendre la différence comme cela.

        Je me souviens d’intervention de gendarmes dans une ville où se trouve un commissariat. Les policiers n’ont pas apprécié cette venue sur « leur » territoire.

        Désolé pour ce msg en redondance avec un autre plus bas...

      • Voyageur
        Voyageur répond à I.P
        • Posté à 22h20 le 06/06/2008
        • Internaute 1117

        Pensez vous réellement qu’en cas de coup d’état des policiers iraient arrêter des Militaires ? ? ?
        Ils sont courrageux nos policiers mais bon faut pas trop leur en demander ils sont comme beaucoup, ils regarderont d’abord d’ou vient le vent

         
        • I.P
          I.P répond à Voyageur
          Il manque Hulk en baskets
          • Posté à 01h53 le 07/06/2008
          • Internaute 25391
            Il manque Hulk en baskets


          Pensez vous réellement qu’en cas de coup d’état des policiers iraient arrêter des Militaires ? ? ?

          Je n’en sais rien, mais en tout cas il y aura une seconde force armée avec des troupes d’élite entrainées aux combats de rue qui pourra éventuellement réagir.
          Du coup ça complique l’organisation d’un coup d’état pour s’assurer de leur soutien et augmente les risques de fuite.

        1 autres commentaires
    • Mobile
      • Posté à 01h21 le 06/06/2008
      • Internaute 27554

      @ Béatrice1. La France est un pays complexe. On dit aux quatre coins de l’hexagone, n’est-ce pas ? Alors, la France est, et reste, un pays complexe par définition. C’est simple et indigeste, mais comme ça ! Les CRS, la PN, la PJ, les RG, « ze » Parquet, « ze“ TI, ‘ze’TGI, ‘ze’ Cde¢, ‘ze’ ConCon, ‘ze’ GR (au Pâlais)... Je passe à table. On me cuisine... Aie ! Mouarf !

      • Compte supprimé le 4 janvier 3
        • Posté à 13h46 le 06/06/2008
        • Internaute 41144

        Pouvez-vous me citer UN pays qui ne soit pas complexe ? La France n’est pas plus complexe que les autres, ni davantage le produit de son histoire que les autres.

         
        • pingouin_force_attak
          pingouin_force_attak répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
          Albator le corsaire de l'espace
          • Posté à 19h40 le 06/06/2008
          • Internaute 41057
            Albator le corsaire de l'espace

          Ce que vous dites est faux, l’administration française est un bordel innommable.

          • Compte supprimé le 4 janvier 3
            • Posté à 14h37 le 07/06/2008
            • Internaute 41144

            Le « bordel innommable » de l’administration française n’a pas pour origine une complexité particulière de la France. Toutes les administrations du monde ont tendance à se transformer en « bordel innommable » si on les laisse faire, le « bordel » administratif français n’est pas pire qu’ailleurs.

        2 autres commentaires
    • kkadim
      kkadim répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
      service public rhone alpes
      • Posté à 09h27 le 06/06/2008
      • Internaute 24768
        service public rhone alpes

      l’existence d’une police et d’une gendarmerie est l’héritage de l’histoire : dans les villes, c’est souvent le pouvoir municipale, ou locale, qui controlait le maintient de l’ordre avec des « milices », hors les villes la sécurité était confier à l’armée. dans beaucoup de pays européen vous retrouvez cette partition. d’ailleurs jusqu’au XX° siécle c’est l’armée qui maintenait le pouvoir en cas de manifestation ( et comme c’était pas son métier, on ramassait les cadavres...). et ce fut un progrés, et oui un progrés, que l’invention des CRS, spécialement formé à « résorber » les manifestations houleuses, sans tirer dans le tas. il est sur qu’aujourd’hui cette distinction entre militaire et civil parait idiote ( les policiers se donnent du commandant et du lieutenant en place des commissaires et inspecteurs ), et le travail des gendarmes se différencient de moins en moins de celui des policiers, sauf pour la route.

      • Compte supprimé le 4 janvier 3
        • Posté à 13h57 le 06/06/2008
        • Internaute 41144

        Dans beaucoup de pays européens, cette partition fait crier au fascisme ! Parlez donc aux Allemands et aux Britanniques de confier des affaires civiles à l’armée... Les gendarmes - comme des militaires qu’ils sont - n’ont pas le droit de grève, pas le droit de se syndiquer, ne sont pas assujettis à une limitation hebdomadaire du temps de travail... ils sont exclus du droit du travail, contrairement aux policiers. Dans une démocratie, le moins qu’on puisse dire c’est que ça devrait poser un gros problème.

        Le système en vigueur dans ces pays-là (une police locale, une police régionale, et une police nationale - qui peut être appelée « fédérale » dans les fédérations - avec des missions bien précises pour chacune) est beaucoup plus conforme aux principes démocratiques.

        Vous avez raison de dire que l’invention des CRS fut un progrès, car envoyer l’armée contre des grèvistes ou des manifestants (comme ça s’est fait couramment en France) est une GRAVE atteinte aux libertés fondamentales (et s’est plusieurs fois soldé par des massacres).

         
        • Victor Kaplan
          • Posté à 17h29 le 06/06/2008
          • Expert 4445
            enseignant

          Les italiens ont des carabiniers. Les seuls, d’ailleurs, a avoir combattu la Maffia, la police étant gangrénée par la Pieuvre. Un général de gendarmerie (della Chiesa) a été assassiné par la Maffia.
          Notre police est-elle aussi imperméable à la corruption qu’il le faudrait ? Nos gendarmes ont le même avantage que leurs cousins carabiniers...

        • I.P
          I.P répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
          Il manque Hulk en baskets
          • Posté à 12h49 le 07/06/2008
          • Internaute 25391
            Il manque Hulk en baskets


          Les gendarmes - comme des militaires qu’ils sont - n’ont pas le droit de grève, pas le droit de se syndiquer, ne sont pas assujettis à une limitation hebdomadaire du temps de travail... ils sont exclus du droit du travail, contrairement aux policiers. Dans une démocratie, le moins qu’on puisse dire c’est que ça devrait poser un gros problème.

          Comme vous dites ils sont militaires, ce qui implique des contraintes dont ils ont été informés librement et, jusqu’à preuve du contraire, on ne leur a pas mis de pistolet sur la tempe pour signer leur contrat et ils ont le droit de partir.
          Si vous voulez avoir les mêmes droits civiques que les autres il ne faut pas aller dans l’armée, si vous aimez les structures clairement hiérarchisées qui vous prennent en charge et les réductions à la SNCF il faut y aller.
          Je ne vois pas trop le problème avec la démocratie.

          • Compte supprimé le 4 janvier 3
            • Posté à 14h31 le 07/06/2008
            • Internaute 41144

            Le problème démocratique que pose l’existence de la gendarmerie, c’est de donner à des militaires un pouvoir sur les civils en temps de paix. Il est par ailleurs normal et souhaitable que l’armée soit apolitique et obéisse au doigt et à l’oeil (au pouvoir CIVIL), mais seulement pour remplir sa mission qui est de défendre le pays, pas de lutter contre la criminalité en temps de paix. Cette mission-là doit être dévolue à une institution civile (à des fonctionnaires bénéficiant de tous leurs droits de citoyens). C’est comme ça que fonctionnent les démocraties dignes de ce nom, car c’est la garantie du respect des droits fondamentaux.

        7 autres commentaires
    • Emma Indoril
      • Posté à 09h56 le 06/06/2008
      • Internaute 29462
        Nérévarine

      Ayant fréquenté des gendarmes, j’ai quelques anecdotes qui répondent à votre question.
      Utile, d’un point de vue pratique certes non. Mais utile d’un point de vue idéologique et de séparation des pouvoirs, oui.

      Comme il a été dit plus haut, on ne met pas tout les œufs dans le même panier.

      • Compte supprimé le 4 janvier 3
        • Posté à 13h44 le 06/06/2008
        • Internaute 41144

        Ca n’a rien à voir avec la séparation des pouvoirs ! Dans une démocratie, les pouvoirs qui doivent être séparés sont l’exécutif, le législatif et le judiciaire.

         
        • Schtroumpf perplexe
          • Posté à 09h30 le 07/06/2008
          • Internaute 22547
            physicien

          Lorsque la séparation des pouvoirs est compromise (coup d’Etat, régime totalitaire etc.) c’est généralement le pouvoir judiciaire qui trinque en premier : il devient soumis à l’executif.

          Or le bras armé de l’exécutif, c’est « les forces de l’ordre ». Si il existe deux institutions en charge de celles-ci, alors un exécutif tenté par un mauvais coup devra faire plus d’efforts : il faudra convaincre une fois la police, une fois la gendarmerie de transgresser leur mission. Ce sera plus difficile, et en ce sens, avoir la police plus la gendarmerie offre une protection supplémentaire de la séparation des pouvoirs.

          • Compte supprimé le 4 janvier 3
            • Posté à 14h47 le 07/06/2008
            • Internaute 41144

            Le pouvoir judiciaire ne trinque pas davantage que le pouvoir législatif en cas de coup d’Etat, car TOUT est alors soumis à l’exécutif. Le bras « armé » de l’exécutif en cas de coup d’Etat, c’est (justement) l’ARMEE.

            D’autre part, la séparation des pouvoirs est TRES mal assurée sous la constitution de la Vè République.

            Je trouve incroyable de justifier le pouvoir des militaires sur les civils en temps de paix dans une démocratie par l’obsession du coup d’Etat ! L’existence de la gendarmerie n’a RIEN à voir avec la séparation des pouvoirs.

        2 autres commentaires
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