Violences au lycée pour saluer la visite de Fillon, Dati et Darcos

Leur visite a été perçue comme une provocation dans ce lycée parisien bastion de la contestation contre les suppressions de postes.

« C’est une provocation! » La visite ce lundi matin de François Fillon, Rachida Dati et Xavier Darcos dans le collège-lycée Paul-Bert du XIVe arrondissement de Paris n’était visiblement pas du goût des élèves, parents et profs. Bilan: de nombreux heurts avec les forces de l’ordre et trois lycéens interpelés. (Voir les vidéos amateur recueillies par Rue89)



Julia (prénom d’emprunt) est encore choquée lorsqu’elle appelle Rue89 en milieu de la matinée. Arrivée à 8h20, cette élève de seconde a voulu aller en cours, comme d’habitude. Mais ce lundi n’est pas tout à fait une journée ordinaire pour l’établissement, foyer de la contestation lycéenne contre les projets de suppression de postes. Les trois membres du gouvernement ont prévu d’y présenter le nouveau plan gouvernemental de prévention contre l’usage des drogues.

Mais depuis des semaines, le ton monte. Les manifestants ont le sentiment de n’avoir pas été entendus dans leurs revendications. Et ce lundi matin, ils ont décidé de se faire entendre. A 8h30, Julia et une grosse centaine d’élèves sont rassemblés et éloignés, sans ménagement, par les forces de l’ordre… Voici son récit:



Une visite mal préparée. Et qui n’était pas « la bienvenue », selon les parents d’élèves cités dans Le Parisien de ce lundi. Profs, parents et élèves, ils sont nombreux à s’élever contre ce déplacement gouvernemental. D’autant que Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et de la Jeunesse, n’a pas fait le déplacement, mais Rachida Dati, ministre de la Justice, si!

Vers midi, deux des élèves interpelés sont libérés du commissariat du XIVe arrondissement, devant lequel une cinquantaine de lycéens ont manifesté près d’une heure au son de « libérez nos camarades ». Le troisième ressort à 16h. Il est accusé d’avoir tenté -en vain- de donner un coup de tête à un gendarme mobile, mais ne sera pas poursuivi (surtout amis et parents le défendent: il aurait de gros problèmes de santé à la tête, il ne se risquerait donc pas à pareil coup). (Voir la vidéo de la suite des évènements)



Après avoir reçu, vers midi également, profs, parents et élèves, le maire d’arrondissement PS Pierre Castagnou tient alors a leur apporté leur soutien. A tous, même à l’élève encore entre les mains de la police. Il affirme également que, selon ce que lui a dit le commissaire d’arrondissement et contrairement à ce qu’affirme la préfecture de police, aucun policier ou gendarme n’est blessé. (Voir la vidéo de l’interview du maire)



Parmi les dommages collatéraux de l’intervention des forces de l’ordre, il est à noter plusieurs annulations d’épreuves prévues dans l’emploi du temps de l’après-midi: TP de physique comptant pour le bac pour les élèves de la filière scientifique, oraux blancs de français pour les élèves de première et épreuves théoriques pour les élèves en BEP restauration.

Julien Martin et David Servenay

Mis à jour le 02/06/2008 à 17h00, 18h00 et 20h00 avec les vidéos et de nouvelles informations.


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11H41    02/06/2008

Mais pour qui se prennent-ils, ces gens, pour croire qu’ils ont le droit de refuser l’accès à un ministre ? Il leur appartient, le lycée. C’est un territoire occupé, soumis à une AG de « lycéens-parents d’élèves » ?
Ils sont violents, ils bloquent les entrées, et ensuite « oh la la, c’est la répression quoi ! ».
Si le gendarme a été blessé, c’est bien que des affrontements ont eu lieu. Et une bonne paire de gifles pour celui qui jette des projectiles contre des policiers est amplement méritée.
Tout mon soutien aux policiers et gendarmes, en espérant que les apprentis révolutionnaires qui jettent des bouteilles quand ils sont à 25m des policiers, mais pleurnichent une fois au commissariat, y passent un moment. Et que l’on retrouvera celui qui a blessé le gendarme, pour qu’il réponde de son acte.

 
12H22    02/06/2008

Je lis sur le site du Monde : « Le chef de l’Etat s’exprime sur l’éducation cet après-midi. Il officialisera la mise en place d’un nouveau baccalauréat et la réforme de la formation des enseignants. » Tiens, tiens…
Sans connaître la chronologie exacte des faits, pas besoin d’être grand clerc pour deviner comment il va rebondir sur l’incident et nous ressortir son habituel petit couplet.
Je vois ça d’ici… « J’vais vous dire une chose : je ne laisserai pas quelques élèves manipulés par des enseignants gauchistes irresponsables saboter les épreuves du baccalauréat… Depuis quand les ministres de la République sont-ils personna non grata dans les lycées! Hein?… « 
Que le citoyen Pierre-Dominique (le monsieur qui s’énerve un peu plus bas…) soit rassuré : il va pouvoir applaudir à tout rompre et tendre la patte à son maître en soupirant « Oui, oui, de l’Ordre… Encore! » et savourer la probable accusation pour outrage à agent dépositaire de la force publique qui ne va pas manquer de tomber sur les trois lycéens…
Très bien organisée, cette visite des 3 ministres, bravo Messieurs!

 
17H22    02/06/2008

Donc, je suis élève du lycée Paul Bert. Et l’un des « organisateurs » (j’insiste sur les guillemets) des mouvements de cet établissement. Voici comment nous avons vu et vécu cet action.

Avant de commencer, je tiens à affirmer que l’histoire du gendarme « grièvement » blessé n’est qu’une pure connerie ! Aucun projectile lourd n’a été lancé, et pour avoir été la première ligne de lycéen, j’assure que les coups venaient bien des gendarmes mobiles, et non des jeunes.

Nous avons été prévenu jeudi dernier, par quelques rumeurs, confirmées par la suite par certains professeurs, et dès vendredi il a été décidé qu’une action aurait lieu, action servant simplement à se faire entendre des médias présents et à stopper cette propagandes. Il a également été décidé de s’habiller tout de noir pour cette journée « foutage de gueule ». Bien entendu, les élèves présents à la discussion étaient triés sur le volet, seuls les plus anti-bloqueurs ont assistés à la réunion, mise à part quelques exceptions.
Ce lundi, dès 08H00 nous étions présents devant notre lycée, dès lors, notre proviseur, Mme Ka…, désignait aux policiers les élèves qu’il fallait embarquer si jamais cela tournait mal. Nous avons été rejoins par les professeurs et parents d’élèves.
08h20, la police bloque la rue, impossible de rentrer.
08h30, les policiers en civil demande,sans violence, de partir de la rue. Professeurs et lycéens décide de ce moment pour déployer une banderole ainsi que plusieurs autres pancartes. Quelques minutes plus tard, les gendarmes mobiles forment une ligne et avance. Première bousculade, ils nous poussent sur 10 mètres, écrasant de leurs boucliers professeurs et parents d’élèves. Des collégiens étaient là, bloqués par la poussé des gendarmes. On forme une chaîne pour refuser l’avancée des gendarmes sous le slogan « NO PASARAN ». La première ligne se prend coups de genoux (particulièrement là où ça fait très mal) et coups de matraques dans le ventre.
Ils se stoppent.
Quelques minutes de trève, deux de nos représentants entre dans le lycée pour participer à la discussion.
Des CRS se mettent en place sur les trottoirs. Et sous un ordre lancé, les gendarmes se remettent à pousser les lycéen, qui eux, n’avaient pas cherché à forcer la ligne…Les CRS essayent d’attraper les lycéens qui avaient été désignés, j’en faisais partie, mais grâce au soutien et à la solidarité de quelques autres élèves, aucune des cible n’aura été arrêtée. Je ne sais pas, mais je crois que c’est lors de cette poussé que les lycéens arrêtés ont été pris. Nous sommes repoussés au bout de la rue, après plusieurs coups de genoux et de matraques. On sera encerclé durant presque une heure, jusqu’à que les ministres sortent, sous nos sifflements.
Quant aux élèves arrêtés, nous décidons d’aller les soutenir aux commissariat du XIVeme, où jusqu’à la fin-où nous étions à peine 5-un cordon de CRS nous encadrera. Plus aucun incident n’aura lieu. Deux des interpellés sortirons, mais celui contre qui une plainte a été portée, c’est sans doute le plus aberrant. Je ne donnerais pas son nom, mais le connaissant, je peux assurer qu’il n’est pas du genre à donner des coups de boule, d’autant plus que sa santé lui interdit formellement ce genre de gestes. A sa sortie su commissariat, il a dû aller à l’hopital, ayant de multiples hématomes sur les bras, et plus important, une grave blessure à l’oeil, bien évidemment, il ne se les ait pas fait en trébuchant…
La venue des ces ministres n’aura été qu’une formidable provocation. Et l’attitude de notre proviseur est simplement inacceptable.

Mon texte n’est peut être pas très clair, mais je suis encore très à chaud.

 
Par thomas.M
20H11    02/06/2008

Le policier sois disant gravement blessé a une petite coupure de - de 1 cm sur le petit doight …
Les lycéens ont pris bien plus de coups et blessures.
LE lycéen qui selon les autorités porter une arme blanche et sortit du comissariat car il n’a jamais eu cette sois disant arme qui en vérité était la pour controllé les médias dans le but d’accuser les lycéens d’agresseur.
Toute les actions porter par les lycéens était pacifique,la chef d’établissement du lycée paul bert a donné les photos des leadeurs des manifestations organisé dans le passé pour que les CRS les repéres et les encercler (sans parler des coups de pied et de matraque qui ont était porter).
Des collégiens qui avait cours au collége paul bert (qui se trouve en face du lycée) on pris des coups de pied(de la part des forces de l’ordre) alor qu’ils demandaient au CRS pourquoi on leur refusé le passage pour aller en cours.
Merci les CRS de perturbé les cours de collégien de l’age de 10 ans …
Et je ne parle meme pas des lycéens qui passe le bac.
Merci Darcos,Fillon et Rachida pour cette visite qui nous a était trés utile …
Parler de la drogue sans la ministre de la santé ?
Parler de la drogue dans un lycée qui n’est pas particuliérement touché ?