Depuis plus d'un mois, l'université de Marrakech est le théâtre d'affrontements entre police et étudiants en colère.
Barricades contre bombes lacrymogènes, jets de pierres contre boucliers, cocktails molotovs contre balles en caoutchouc. Depuis plus d'un mois, l'Université Cadi-Ayyad de Marrakech (UCAM) connaît des troubles particulièrement violents. A plusieurs reprises, des étudiants y ont affronté les forces de l'ordre et, des deux côtés, les blessés sont nombreux. Les lieux, eux, portent encore les stigmates des combats : vitres brisées, bureaux détériorés, équipements brûlés. Le président de l'UCAM, Mohammed Marzak, résume en trois mots la situation : » tout a été détruit » .
Tout commence le soir du 25 avril. Une vingtaine d'étudiants est victime d'une intoxication alimentaire au restaurant de la cité universitaire de Marrakech. C'est l'étincelle qui met le feu aux poudres pour des jeunes ulcérés par leur « situation sociale critique ». Histoire de montrer leur solidarité avec les intoxiqués, près de 3000 jeunes, sur les 28 000 que compte l'université, marchent vers l'hôpital Ibn Toufail. (Voir la vidéo, filmée avant l'arrivée des forces de l'ordre)
Vite cernés par la police, ils décident alors de revenir à la cité U, suivis de près par les forces de l'ordre. Mohammed (les prénoms des témoins cités dans l'article ont été changés), étudiant d'économie de 20 ans, raconte :
» Plusieurs manifestants se sont organisés pour se protéger et se défendre des policiers. Ils ont élevé des barricades, ramassé des cailloux et préparé des cocktails molotovs. »
Vers 23 heures, les premières pierres sont jetées sur les policiers, qui répliquent. Très violents, les combats durent presque toute la nuit. Ce n'est qu'à 4 heures du matin que la police quittera la cité universitaire, une trentaine de manifestants dans ses filets. Des deux côtés, le bilan est lourd : de nombreux blessés, plus ou moins graves, et presque quarante fourgonnettes carbonisées. Le lendemain, plus de la moitié des jeunes interpellés sont relâchés. Les autres devront attendre leur passage devant le tribunal le 9 mai pour obtenir une liberté provisoire.
Siège à la cité universitaire
|
Il n'en fallait pas plus pour que les manifestants y voient une victoire. Bien décidés à fêter la chose, les voilà de nouveau réunis le 12 mai. A l'appel d'une poignée d'entre eux, issue des courants marxiste-léninistes comme la « Voie démocratique basiste » ou « Annahj Addimocrati », les étudiants se mettent d'accord pour « poursuivre la lutte » afin de faire entendre leurs revendications.
Cela fait plusieurs mois qu'ils réclament la revalorisation des bourses, l'amélioration des conditions de logement, la gratuité des repas et du transport pour certaines catégories d'étudiants, mais aussi le respect de la liberté syndicale et surtout le renvoi du doyen de la faculté de Droit. Il faut savoir que, sur les douze facultés de l'UCAM, l'immense majorité des manifestants est issue de celles de Droit et de Lettres.
Selon Mohamed Zainabi, du Reporter, « le président de l'université Cadi Ayyad qualifie d'irréalistes les revendications des protestataires, parce qu'elles sont, d'après lui, irréalisables puisque dépassant largement les compétences de l'université. » Pas de réponse de la part du ministre marocain de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur, Ahmed Akhchichen, qui affirme ne pas avoir « reçu de revendications à proprement parler.[…] On n'a aucun document écrit à ce sujet. »
Rendez-vous est donc pris pour le 14 mai. Selon les témoignages, entre 1000 et 2000 étudiants marchent vers le rectorat, pour contraindre les responsables de l'université à entamer le dialogue sur les revendications. Le scénario est quasi identique à celui du 25 avril : encerclés par les forces de l'ordre, les manifestants se replient vers la cité universitaire.
Sauf que, cette fois, les policiers sont en surnombre. Avec de vieux lits, des poubelles, les étudiants tentent de leur barrer l'entrée de la cité U. Ils leur jettent des pierres, certains des cocktails molotovs, d'autres encore mettent le feu aux barricades. La police riposte : bombes lacrymogènes et balles en caoutchouc pleuvent sur le bâtiment.
« Torture au commissariat »
Au bout de trois heures de combats acharnés, les forces de l'ordre parviennent enfin à pénétrer dans la cité U. Youssef, étudiant de 22 ans, témoigne de la violence des policiers :
« Ils ont forcé les portes de nombreuses chambres et ont tout cassé à l'intérieur. Des recherches universitaires ont été perdues, des affaires personnelles et précieuses ont disparu. »
Ce que confirme Amine, membre de l'Union nationale des étudiants marocains (UNEM), un des deux syndicats universitaires du Maroc :
« De l'argent, des ordinateurs portables ont été volés, des bureaux détruits, des vitres brisées, des télés cassées. »
Une partie des locaux de l'administration de la cité universitaire a aussi été incendiée. Les étudiants accusent les policiers, l'université rejette la faute sur les manifestants. Un café, jouxtant les lieux, a lui aussi été saccagé. Dans les deux camps, les blessés sont nombreux. Un policier, assailli par cinq ou six étudiants cagoulés et armés de barres de fer, n'a eu la vie sauve que parce qu'il a tiré en l'air avec son arme à feu. Selon notre confrère du Reporter, « certains responsables [des forces de l'ordre] affirment que l'intervention policière visait essentiellement la protection des riverains de tout acte de sabotage. D'ailleurs, notent-ils, des actes de vandalisme ont été enregistrés aux alentours du lieu des manifestations. »
Pour Omar Arbib, le rapport de force était vraiment déséquilibré. Ce membre de l'association marocaine des droits humains (AMDH) dresse un bilan sombre de cette journée de combats :
« En tout, près de trois cents étudiants ont été blessés par la police, dont quarante grièvement. Certains doivent leur blessures aux affrontements avec les policiers, mais d'autres ont été torturés pendant leur séjour au commissariat. La rumeur parlait même d'un mort côté étudiant. Pendant les incidents, l'un d'entre eux est tombé -ou a été poussé- du troisième étage de la cité universitaire. En fait, il est vivant mais sa moelle épinière a été touchée. Il se trouve toujours à l'hôpital aujourd'hui. »
Ce militant des droits humains s'inquiète aussi de l'état de santé de nombreux étudiants :
« Beaucoup souffrent de fractures en tout genre, mais ils restent chez eux, refusent d'aller à l'hôpital, de peur d'être interpellés par la police. »
« Une année mouvementée » à venir
En tout, près de trois cents jeunes ont été arrêtés le 14 mai, plusieurs autres le lendemain. La plupart d'entre eux a été relâchée. Aujourd'hui, dix-huit restent encore en prison. Un premier groupe de sept sera jugé le 2 juin, les onze autres attendent encore la date de leur jugement.
Ces derniers seront poursuivis « pour crimes graves », accusés de « destruction de biens publics, d'outrage et de violence à l'encontre des forces de l'ordre ». En guise de preuves, le président de l'université, Mohammed Marzak, a montré aux journalistes marocains des photos d'armes blanches, de cocktails molotovs et même des bombonnes de gaz piégées. Chez les étudiants, personne n'a confirmé l'existence de ces dernières.
Un comité de soutien aux jeunes emprisonnés a été créé et leurs familles ont organisé un sitting devant le tribunal de première instance où ils doivent être jugés. Ils ont entamé une grève de la faim afin d'être considérés comme des détenus politiques. Des étudiants d'Agadir ont aussi manifesté leur soutien à leur camarades marrakchis.
Aujourd'hui, à la cité U, le calme règne tandis qu'à l'université, les cours ont repris. Prévus début juin, les examens ont été reportés à la mi-juillet et les rattrapages en septembre. Reste qu'aucune des revendications des étudiants n'a abouti. Amine, membre de l'UNEM, prédit donc une « année mouvementée » aux responsables universitaires à partir de septembre prochain :
« Nos revendications sont à la fois politiques, syndicales, pédagogiques et matérielles. La situation sociale de nombreux étudiants est critique, nos droits sont bafoués. Tant que l'État ne réformera pas le système universitaire, les étudiants ne lâcheront rien. »



















87
(Pour réagir, connectez-vous)
De blablablaetblablabli
patati et patata | 19H34 | 31/05/2008 |
he oui charles avec tout ces retraités français qui vivent la bas avec 4ou 5 bonnes ,voir beaucoup de politiciens français ont des barraques au maroc donc ya une certaine omerta vis avis des marocos en france. Rappelez vous les terroristes islamique annoncé par le président sarkozy a montpellier, he bien ils n'ont pas dit leur origine ,mai tout le monde sait que ce sont des sujets marocos . Alors pour répondre a certains qui laisse entendre que le maroc est le paradis pour touriste, surement mais surtout sexuel. Le maroc est considéré comme un nid de prostitution international du monde islamique.
De artha
campagnarde | 20H21 | 31/05/2008 |
Je connaîs très bien le Maroc pour y avoir vécu, sous Hassan II justement !
Toute opinion dépend du point de vue d'où l'on parle :
-La caste dirigeante
- les riches industriels
-les nouveaux riches qui font fortune dans l'immobilier au détriment de l'écologie
-la petite classe à peu près moyenne
- ou les 3/4 de pauvres
De toute façon, d'en haut on a pas vraiment l'intention de hisser le bas
et comme partout le pouvoir n'aime pas ses étudiants : on me disait toujours : « tu en sais trop »…gentiment !
Les marocains sont très gentils….Sauf les militaires
mais ça c'est partout : vous verrez bientôt en France les belles armes toutes neuves et radicales dont Mam est en train de doter les polices municipales recrutées c/o les ignares et les brutes.
djugurtha : Algérie,Maroc, Tunisie,Libye pour un esprit simpliste et primaire ce sont peut-être des dictatures,
mais ce sont des cultures des caractères et des tempéraments (sans compter l'histoire) très différents, dont les peuples sont très attachants chacun à leur manière. Pour prévenir tout soupçon de parti-pris ,je précise que je suis d'origine italienne et je que j'étais plutôt du côté « riche ».
à artha
De Boah
(M'enfin) | 20H46 | 31/05/2008 |
Si vous avez le courage de vous fader un bon pavé, vous pouvez lire de Pierre Vermeren, « La formation des élites marocaines et tunisiennes » (La découverte)
http://www.bibliomonde.com/auteur/pierre-vermeren-8.html
Hélas épuisé en France, mais que l'on trouve au Maroc sous le titre « Ecole, élite et pouvoir », aux éditions Alizés.
« Ce travail d'histoire sociale vise à brosser une fresque de la formation des élites du Maghreb au XXe siècle - les cas tunisien et marocain étant plus précisément étudiés -, et par-delà, à mettre en valeur la succession des quatre grandes générations qui ont porté l'histoire du Maghreb des années vingt aux années 1990. Cette histoire est d'abord celle de la naissance du nationalisme arabo-musulman porté par les “fondateurs”. Puis vient la constitution d'États nations à partir de 1956, portée par la génération des “ héritiers ‘. Elle est suivie par la contestation de ces États par la génération des marxistes’, durant les années 1965-1980. En fin de siècle, c'est la génération ‘de la crise’ qui semble pousser à la fuite en avant les ‘islamistes’. ”
Car il y a bien eu, à la fin des années 60, une volonté politique de détruire l'université pour qu'elle arrête de fabriquer des “gauchistes”.
La CIA était ravi de voir arriver des profs et des étudiants exotiquement barbus qui se chargeaient de faire le coup de poing contre les “marxistes”…
Autant dire qu'aujourd'hui le problème hérité ne va pas se résoudre qu'avec une ou deux réformettes…
Sinon, beaucoup plus court et souverainement ironique, il y a toujours l'excellentissime “Les dents du topographe”, de Fouad Laaroui, en poche. Rien à voir avec l'université (sinon que l'auteur enseigne à celle d'Amsterdam) mais une description du Maroc kafkaïen qui pris naissance sous le règne hassanien.
De ex-riverain
x | 21H58 | 31/05/2008 |
pour un gars dont le pseudo évoque Lagaffe, je vous trouve plutôt efficace ! intéressant…
De albin
journaliste, écrivain & éditeur | 00H00 | 01/06/2008 |
je ne supporte pas ce genre de reportage sur Rue89. Parce qu'on sent évidemment le parti pris… une manifestation non autorisée est souvent repoussée par la police en France aussi. Je suis contre ces repressions, mais ayons le même réflexe quand ça se passe ici. Je pense qu'un petit nettoyage au karcher s'impose aussi au Maroc avec ces sauvageons…. En plus (je connais très bien le Maroc), c'est toujours l'occasion pour beaucoup de pointer ce pays et son roi du doigt. Comme si le Roi était responsable des chiottes de l'université… on attaque le royaume en précisant qu'il ne fait pas bien son boulot…
Ce que je crois, c'est que les marocains ont besoin de soupapes sous la pression qu'ils vivent actuellement : ils n'ont jamais eu autant d'argent, partout, dans pratiquement toutes les familles. Ceux qui n'en ont pas sans encore plus paumés…. ça, c'est l'unique réalité.
à albin
De Arnaud Aubron
Rue89 | 15H45 | 01/06/2008 |
« Je ne supporte pas ce genre de reportage sur Rue89 » Le problème est dans ce cas que si vous ne l'aviez pas lu sur Rue89, vous ne l'auriez lu nule part ailleurs…
Vous semblez vouloir dire que nous n'aurions pas traîté ce genre d'informations en France. J'en déduis que vous ne devez pas être un lecteur régulier de Rue89 (je ne peux que le regretter), car on aurait plutôt tendance à nous reprocher l'inverse.
Pour votre remarque sur le « nettoyage au Karcher de ces sauvageons », je vous laisse libre de vos références et de voc opinions.
Enfin, en ce qui concerne notre « parti-pris » contre le roi, son nom n'est pas évoqué une seule fois dans le papier de Gaël… Même si les commentateurs l'évoquent par la suite. Etes-vous sûr que vous ne seriez pas vous-même victime d'un « parti-pris » anti-Rue89 ?
à Arnaud Aubron
De albin
journaliste, écrivain & éditeur | 23H32 | 05/06/2008 |
Monsieur Aubron…
je lis Rue89 six fois par jour. J'en suis fan des premières heures. Pas grand chose à critiquer. Ne vous méprenez pas. Je suis agacé lorsqu'on critique trop facilement un pays aussi proche que le Maroc. C'est tout.
Allez ! Bonne nuit
De assou_lkhttabi
chomeur | 00H34 | 01/06/2008 |
les donnés que vous avez recceuillé sur les événements son presque les plus proches à la vérité, et biensure n'attendez jamais que les soi disant autoritées vous donnent la réalité des choses ni méme les journaux locale qui cachent la vérité des choses et et essayent de cacher le vrai visage du régime en place en maroc que la révolte des étudiant a bien démasqué comme l'a fait les manifestation quotidienne à la capitale rabat et celle des coordinations contre la charité,
si vous cherchez à bien comprendre et transmttre la situation réelle au maroc venez sur place et biensure consulter les forumes et sites en arabe notament dans lesquels vous trouverez biensure qlq données.
De deus ex-machina
| 01H44 | 01/06/2008 |
Comme je vous comprends artha, car vous êtes allée de l'autre côté et vous pouvez donc parler.
Ne dit-on pas que la culture est au commencement de toute chose ? Cela n'excusera en rien les exactions, tantôt au Maroc, tantôt en Chine, ect…« le canibalisme est moral dans un pays canibale », ce qui ne doit toute fois pas nous empecher de lutter contre toutes les injustices.
Vais-je en profiter pour prêcher pour ma paroisse ?
Quelques irreductibles « terroristes » Corses sont le pretexte à des centaines d'arrestations chaque année, emprisonnements « préventifs » durant en moyenne 4 ans, des jugements en « cour d'assises spéciale » sans jurés, des familles séparées, ect…sans que jamais la question de l'indépendantisme Corse soit posée.
belle démocratie…à géométrie variable, et toujours prête à donner des leçons.
Le Maroc, avec ses particularités, semble malgré tout tourné vers son avenir, et les choix de Mohamed VI ont fait bouger pas mal de choses dans son pays depuis sa prise de pouvoir.
De cooper59
pour la decroissance ! | 04H04 | 01/06/2008 |
suis d'accord avec vous Deus sauf sur le dernier point a propos de M6 , pas mal de marocains attendaient du changement a la mort d'Hassan et ne se font plus d'illusions maintenant , pour ma part je me demande bien a quoi peu servir une famille royale ; j'ai deja voyagé au Maroc (pas en hotel 4 etoiles , je voyage a l'ancienne et j'evite le troupeau de touristes autant que je peux) et je peux dire qu'au Maroc il y a du fric d'un coté , beaucoup de pauvreté de l'autre et des flics ultras fachos ! suis pas etonné que l'on parle de vols et de seances de torture dans les commissariats . Mais je ne comprends toujours pas ce qu'ils foutent avec un roi , en tant que libertaire tout ces salamaleks me font bien marrer !
De jawad
chercheur | 05H12 | 01/06/2008 |
A part quelques réactions réflèchies somme Foofun quel tissu d'imbécilité et d'ignorance.
La démocratie ne peut pas se faire un un jour, et les risques de voir s'établir une dictature de type militaire ou islamiste comme en Iran ou dans bien d'autres pays musulmans sont plus grands si la monarchie disparaît. Il est sur que le Maroc n'est pas encore une vraie démocratie, mais elle est est en bonne voie de le devenir et tous les Marocains que je connais sont d'accord pour le reconnaître. Certes les problèmes restent nombreux car à la différence de l'Algérie dont les généraux se sont enrichis grace aux ressources pétrolières, le Maroc n'a que peu de richesses naturelles. Il doit comper sur le tourisme et les quelques industries qui commencent à s'installer dans le pays. Contrairement aux nostalgiques de la révolution à tout prix et des goulags, il est sur que ce pays risquerait d'être plongé dans un bain de sang avant d'accéder à la démocratie, ce qui aurait pour effet de faire fuir les résidents étrangers et les investissements
C'est à croire que certains « petits bourgeois révolutionnaires » le souhaitent et s'allieraient volontiers aux islamistes qui sont les seuls à pouvoir réaliser leur rêve car ce sont les seuls à aller jusqu'au bout de leurs idées en usant de tous les moyens même les plus violents pour atteindre leur but ; mais que nos nostalgiques de la révolution à tout prix se méfient, car ils seraient les premiers à être éliminer leurs idées nétant pas conformes à l'islam qui combat toute religion ou même toute pensée jugée contraires à cette religion totalitaire
Et ce n'est pas un phantasme, le régime du Chah est tombé en grande partie grace aux révolutionnaires de gauche qui ont été éliminés par les « religieux » dans le but d'établire une dictature religieuse qui non seulement s'impose sur le plan politique, mais également régit la vie privée (religion habillement règles de vie). Certes, le Chah était un dictateur qui luttait contre toute opposition, mais hors la politique les iraniens jouissait d'une certaine liberté et le pays connaissait un dévellopement écnomique qui a été stoppé pour faire place à l'obscurantisme religieux.
Dire que la menace de l'islamisme n'est pas fondée, c'est oublier que dans l'algérie voisine, il n'y a, pratiquement pas de semaine sans attentat.
Dans bien d'autres pays, la révolte des étudiants aurait été matée immédiatement par des moyens plus radicaux que des « balles en caoutchouc ».
Quant à ceux qui en sont encore à la lutte des classes, il est évident que cette idéologie (qui n'a pas empêché l'établissement d'une oligarchie privilégiée) a fait faillite et à amener l'URSS à la ruine, alors que si la révolution bolchévique (et les dizaines de millions de victimes qu'elle a entrainé) avait pû etre évitée, nul doute que la Russie se serait développée comme ses voisins européens car le régime aurait été contraint d'évoluer sous la pression des contraintes économiques et les revendications de certaines élites favorables à la démocratie.
Qui aurait pû penser en France au 19° siècle que la classe ouvrière puisse acquérir des doits et surtout que les hommes qui en faisaient partie puissent en sortir et acceder à des fonctions supérieures et à l'inverse que la fortune pouvait changer de main. Certes, il y a toujours des riches et des pauvres et il est plus facile à un riche de le rester et pus difficile à un pauvre de devenir riche mais ce ne sont pas toujours les mêmes et quoiqu'il en soit et bien qu'on puisse le regretter, il faut mieux conserver « ses riches » que de les voir partir à l'étranger car l'argent qu'il dépensent profire aux pauvres même si c'est dans une faible proportion.
Le problème aujourd'hui vient de la mondialisation imposée par les américains pour exporter leurs produits qui rend les économies concurrentes et oblige à toujours produire moins cher pour rester dans la course.
L'idée d'imposer les riches n'est valable que si ceux l'acceptent mais qui les empêche de s'expatrier. Les capitalistes d'aujourh'hui sont différents de ceux d'hier qui avaient leur fortune en France, leurs résidences et leurs terres dans notre pays où ils étaient enracinés.
A l'heure actuelle il suffit d'une heure ou deux d'avion pour changer de pays et tous ceux qui bénéficient d'un certaine fortune ont des avoirs, des résidences, des activités à l'étranger où ils s'installent en fonction du taux d'imposition qui leur sera appliqué.
La Chine a compris cela et le gouvernement qui continue à se dire « communiste » a instauré un capitalisme sauvage sur lequel repose mais malgré cela même si ce développement profite avant tout aux plus riches, il permet aux plus pauvres de mieux vivre grace aux emplois qu'elle génère.
Mieux vaut l'évolution, que la révolution et une contestation étudiante ne signifie par forcément que la majorité de la population marocaine est prête à se révolter contre le régime monarchique qui assure l'unité du pays.
De cooper59
pour la decroissance ! | 10H25 | 01/06/2008 |
Jawad , vous agitez le spectre du communisme de casernes a la Staline , tres bien , mais vous reconnaissez quand meme que si il y a eu des avancées sociales dans ce pays , je parle de la France pas du pays des moujiks , ce sont les ouvriers qui les ont arraché apres pas mal de heurts , de bain de sang et de greves generales ; comme quoi meme si le patronat est toujours tres gentil et tres bon avec le petit peuple ignorant, lol , taper sur la table peut etre utile . De plus le fait qu'une dictature militaire ou islamiste puisse prendre le pouvoir ne justifie pas les exces des forces de police au Maroc (ou ailleurs) et la repression systematique , c'est pour ça que le shah est tombé justement , on evitera les exemples (le traitement scandaleux du probleme de l'emigration africaine ? ) tout le monde les connait . Et on en profitera pour avoir un peu plus de consideration pour ceux qui ont le droit legitime de ne pas etre toujours d'accord avec l'autorité , fusse t'elle royale et choisie par Dieu en personne. Quand a vos allusions sur les « bourgeois revolutionnaires » ,en tant que smicard je ne les prends pas pour moi ! Si vous me dites que le Maroc est sur la bonne voie , je suis d'accord avec vous ; sauf qu'a cette allure là il risque pas une sortie de route , encore que . . . . cordialement .
De FannyD
étudiante | 10H13 | 01/06/2008 |
« l'université rejettent la faute sur les manifestants »
Auriez-vous besoin d'une relecture orthographique ? ; -)
Si oui, je vous propose bien volontiers mes services.
à FannyD
De Gaël Chavance
(auteur)
Etudiant en journalisme | 11H02 | 01/06/2008 |
Merci FannyD…elle était très belle celle-là…on a beau relire, on ne voit pas tout.
De Boah
(M'enfin) | 11H45 | 01/06/2008 |
La situation des étudiants à Marrakech est dramatique pour plusieurs raisons. Et pas seulement l'état des WC de l'université (dans lesquels aucun des commentateurs d'ici n'oserait mettre un pied…).
Il y a, donc, l'état de délabrement avancé de l'institution.
Les profs sont payés une misère, ce qui n'attire pas les profils les plus brillants… Les diplômes ne débouchent sur aucun emploi… Les crédits sont insuffisants. (Et ne parlons pas des bourses ! )
Enfin, les fonctionnaires sont bien souvent des caricatures de fonctionnaires : héritage des décennies où la Nation, se constituant, embauchait à tout de bras tout vague diplomé-neveu-copain-client. Ceux là ont désormais accroché leurs bretelles au fauteuil, autant qu'au statu quo, et pour les déloger…
Bon, cela dit, il y en a de courageux, « faut pas généraliser non plus, même parmi les cadres. Mais on dirait que ce n'est pas vraiment le cas à Marrakech.
Enfin, la ville ocre est aussi à l'extrême pointe de la bulle spéculative sur l'immobilier qui sévit actuellement au Maroc (qui, à l'évidence, n'a pas encore été rattrapé par les subprimes).
Et le tourisme Jet-Set n'est pas pour rien dans la situation.
Sûr que les étudiants rament pour se loger.
Mais bon, avant de hurler sur les Bobos, les gars, pensez quand même qu'il y a des Marrakchis et des Casablancais qui sont absolument ravis de pouvoir passer le week-end à faire du clubbing et écouter de pas trop mauvais DJ. C'est aussi l'entrée dans le pays d'une forme de culture, n'est-ce pas ? , le lent apprentissage d'une contestation pacifique qui, d'accord, n'est pas dans la stricte orthodoxie marxiste-léniniste révolutionnaire, mais le rock'n'roll n'a-t-il pas (un peu) changé le monde (occidental), malgré tout ?
Et, moi, perso, je trouverais dommage de voir les étudiants se refermer dans la position de la dénonciation des “lieux de débauche”. Parce que bon, on parle là d'un mouvement qu'on nous dit de gauche mais qui est allé démonter un café pour la préservation de la morale…
Bon, bref, on aimerait aussi que le ministre se réveille soudain au lieu de ne rien faire sous le seul prétexte qu'il n'a pas reçu le formulaire idoine ! !
De cooper59
pour la decroissance ! | 14H54 | 01/06/2008 |
si il y a manipulation des uns de la part d'autres , on ne le saura jamais ou tres difficilement . Deja qu'ici avec la liberté de la presse on se fait avoir souvent dans les grandes largeurs . Alors là bas .
à cooper59
De Boah
(M'enfin) | 16H12 | 01/06/2008 |
Manipulation des infos, ou manipulation du ressentiment légitime des étudiants, voire évolution « curieuse » de la gauche locale. Ce n'est pas à exclure non plus.
Après tout, les généraux algériens se réclament du socialisme et posent, en même temps, aux gardiens de la foi et de la morale…
De Rimbus
16H36 | 01/06/2008 |
Moi j'ai vécu 8 ans au Maroc, je connais donc un peu le pays… Combien de fois j'ai pris un petit taxi conduit par un diplomé de la faculté, physicien, scientifique ou juriste qui ne trouve aucun débouché dans son pays et dont l'accès à un autre pays lui est fermé (Le consulat français de Casablanca est un repaire de sarkozystes qui font tout pour ne pas délivrer de visas).
On pourrait aussi parler des hôpitaux publics qui sont des mouroirs sordides. Le Maroc a choisit la voie du capitalisme sauvage et néolibéral basé sur le recours au crédit, et la plus insolente richesse y cotoie la pire des misères. Pauvres étudiants, je suis de tout coeur avec eux.
De kbitume
paysan | 18H30 | 01/06/2008 |
je suis sidére qu'il ya des gens qui pensent qu'il vaut mieux étre dans un commissariat ou en prison en france que laba au maroc,c'est un blasphéme car rien ne peut égaler la libérté,revenons aux revendiactions estudiantines a Marakech ,on peu l'interpreter sur plusieurs angles ,c'est des revendications purement matériels ,organique des bourses pour pouvoir vivre acheter ces bouquins,la malvie dans les cités univérsitaires ou se coutoie diférentes classes sociales génerant des frustrations ,des queus intérminables pour manger un repas,des wc sales , des enseignants mal payés donc c'est tous ce flux de revendications legitimes qui ne trouve pas de solutions auprés des résponsables qui dégenerent en violences ,géneralement tous cela trouve une solution aprés des négociations si la volonté politique existe, par contre la repression policiére est une tres mauvaise chose qui est la réponse des dictatures comme la plupart des pays du maghreb ,c'est le recours du faible , bien sur les raisonnements ne sont pas les même il faut bien défendre le royaume et surtout ne pas pérturber le bien etre des touristes qui se pavane avec de jolies marocaine,sa peut etre aussi un vent de libérte plus large d'une sociéte ou les dirigeants ne sont pas à la hauteur des aspirations du peuple dailleurs c'est la même chose en algérie et en tunisie,libye , c'est toute la dificulté de la question , donc aux étudiants de revendiquer leurs droit dans la concértation et la non violence car sa y va de leurs intérets pour une ecole progressiste et surtout aux autorité et M6 d'ecouter la vox populi qui est le plus souvent un appel au secours d'un malaise sociale profond ,afin que ce beau pays trouve sa voie dans un maghreb des peuples ,economiquement florissant et démocratique idem dailleurs pour ces voisins algériens et tunisiens. moi je dis aux étudiants bravo mais restez pragmatique , surtout pour M6 de puiser un peu dans sa richesse personnelle pour redistribuer la richesse car l'education c'est le flambeau de demain .
De cooper59
pour la decroissance ! | 19H45 | 01/06/2008 |
et oui , faut demander gentiment au palais ; envoyer un courrier de demande d'entrevue , attendre quelques années (entre temps on a eu un fils qui a eu sa license d'anglais et qui s'est marié ) puis y aller , rasé de pres et bien sapé (faut faire bonne impression , l'entrevue ne dure que 2mn 36 secondes ) , baisser les yeux , sortir la formule de politesse adequate a sa condescendante seigneurie bien aimée et repartir en rasant les murs . ça marche toujours et c'est tellement plus civilisé .
De ex-riverain
x | 20H23 | 01/06/2008 |
« Et, moi, perso, je trouverais dommage de voir les étudiants se refermer dans la position de la dénonciation des “lieux de débauche”. Parce que bon, on parle là d'un mouvement qu'on nous dit de gauche mais qui est allé démonter un café pour la préservation de la morale… »
en effet. c´était dans l´article ? j´avais pas vu…
De anar-sdf
alliance des zones franches | 08H02 | 02/06/2008 |
ce qui est marrant ce sont les hypocrites de papyboomers, on achète udes ryads, on profite de la misère locale pour se divertir à peu de frais, un accueil chaleureux dans tous les sens du terme. Et ensuite de retour en france on applaudit hortefeux et approuve la chasse aux petits enfants du maroc qui pollueraient selon eux l'identité nationale alors qu'à marrakech ils rendent services … La collusion malsaine entre le tourisme sexuel de ces chers proprios de ryads et les autorités minables et conrrompues favorira un el qaeda local. La place jamae el fanae est tellement vulnérable pour un type déterminé.
De anar-sdf
alliance des zones franches | 08H06 | 02/06/2008 |
La jeunesse marocaine finira de balayer le roitelet bling bling et chassera les franchouillards qui viennent polluer ce pauvre pays. Quelle injustice, n'importe quel français peut venir làbas alors que l'inverse relève de la science fiction. La jeunesse de plus en plus éduquée n'acceptera jamais cette p…. d'humiliation !
à anar-sdf
De cooper59
pour la decroissance ! | 10H30 | 02/06/2008 |
de toutes les façons si on veux quelque chose il faut aller le chercher ; En effet les autorités (pas toutes , mais pas loin) sont rongées par la corruption , et a peu pres a tous les etages de l'administration ; les acheteurs de villas europeens ont fait grimper les prix de l'immobilier un peu partout dans le pays , sinon y'a aussi les cars de touristes en bermudas et casquettes , camescope au cou qui ne sont pas tués par le ridicule , celui ci etant inoffensif . De l'autre coté les misereux de toutes sortes et les mercedes vitres teintées ; pas bon tout ça . . . . meme en etant tres optimiste ou tres royalo-nationaliste je vois pas bien comment eviter un clash !
De Martin D
09H45 | 02/06/2008 |
la grogne ne s'arrêtera pas, la frustration dans ce pays est grande…la frustration engendre toujours des conflits…aujourd'hui des étudiants, demain des peres de fammilles, des pêcheurs, des taxistes, etc…
De anar-sdf
alliance des zones franches | 10H41 | 02/06/2008 |
jawad. Chasser les résidents étrangers du maroc, tu veux dire les occidentaux et en premier lieux les français, bien ces derniers n'ont pas attendu pour chasser les résidents marocain en france ; A quand la réciprocité ?
De richelieu94
15H06 | 02/06/2008 |
Moi j'aimerai entendre tous les amis du Maroc (djamel, etc)… parce que non seulement ce n'est pas une démocratie mais c'est surtout une dictature « tajine-fantasia » qui fait bel et bien des victimes…journalistes, avocats, étudiants, combien de procés avant que l'on se bouge et l'on disent les choses ? parce qu'il n'y pas que ça au Maroc.. Ainsi, Rue 89, à quand un papier sur les migrants piégés par le Maroc « terre d'asile », en fait terre où l'on torture, on exploite, on viole, on massacre les migrants qui croient y trouver un havre de paix avant la grande traversée… Ah, le maroc de Hassan 2 a de beaux restes, M6 « blingbling » a lui aussi de vilains défauts