enquete 31/05/2008 à 12h18

Maroc : la révolte des étudiants violemment réprimée

Gaël Chavance | Etudiant en journalisme

Depuis plus d'un mois, l'université de Marrakech est le théâtre d'affrontements entre police et étudiants en colère.

Barricades contre bombes lacrymogènes, jets de pierres contre boucliers, cocktails molotovs contre balles en caoutchouc. Depuis plus d'un mois, l'Université Cadi-Ayyad de Marrakech (UCAM) connaît des troubles particulièrement violents. A plusieurs reprises, des étudiants y ont affronté les forces de l'ordre et, des deux côtés, les blessés sont nombreux. Les lieux, eux, portent encore les stigmates des combats : vitres brisées, bureaux détériorés, équipements brûlés. Le président de l'UCAM, Mohammed Marzak, résume en trois mots la situation : « tout a été détruit » .

Tout commence le soir du 25 avril. Une vingtaine d'étudiants est victime d'une intoxication alimentaire au restaurant de la cité universitaire de Marrakech. C'est l'étincelle qui met le feu aux poudres pour des jeunes ulcérés par leur « situation sociale critique ». Histoire de montrer leur solidarité avec les intoxiqués, près de 3000 jeunes, sur les 28 000 que compte l'université, marchent vers l'hôpital Ibn Toufail. (Voir la vidéo, filmée avant l'arrivée des forces de l'ordre)


Vite cernés par la police, ils décident alors de revenir à la cité U, suivis de près par les forces de l'ordre. Mohammed (les prénoms des témoins cités dans l'article ont été changés), étudiant d'économie de 20 ans, raconte :

 » Plusieurs manifestants se sont organisés pour se protéger et se défendre des policiers. Ils ont élevé des barricades, ramassé des cailloux et préparé des cocktails molotovs. »

Vers 23 heures, les premières pierres sont jetées sur les policiers, qui répliquent. Très violents, les combats durent presque toute la nuit. Ce n'est qu'à 4 heures du matin que la police quittera la cité universitaire, une trentaine de manifestants dans ses filets. Des deux côtés, le bilan est lourd : de nombreux blessés, plus ou moins graves, et presque quarante fourgonnettes carbonisées. Le lendemain, plus de la moitié des jeunes interpellés sont relâchés. Les autres devront attendre leur passage devant le tribunal le 9 mai pour obtenir une liberté provisoire.

Siège à la cité universitaire

Making of


Les sources sont rares sur ces événements. Quelques blogs, reprenant un communiqué de l'UNEM, clairement orienté, les ont évoqués, très peu de médias marocains les ont vraiment couverts. Ces informations se basent donc principalement sur des témoignages d'étudiants, recoupés avec quelques articles sur le sujet. Plusieurs d'entre eux nous ont dit « avoir peur d'être arrêtés » pour avoir simplement « parlé au téléphone ». Depuis plusieurs jours, Rue89 tente aussi d'obtenir les versions officielles de ces événements. En vain. Malgré de nombreuses relances auprès de l'université, tant par téléphone que par mails, les communiqués promis ne sont jamais arrivés.

La situation est même parfois comique, comme avec la préfecture, ou « wilaya », de Marrakech. « Seul Monsieur X peut vous parler », nous dit-on le premier jour. Manque de pot, M. X n'est pas là. « Mais il pourra vous répondre à 17 heures. » A l'heure dite et avec un autre standardiste : « Ah non ! Vous ne pouvez pas avoir rendez-vous avec lui à 17 heures : il est en ce moment à un congrès à l'autre bout du Maroc. » Passons donc. Nombreuses nouvelles tentatives le lendemain, toutes vaines. Idem le surlendemain, jusqu'à cette phrase, lâchée par un troisième standardiste : « M. X n'est pas habilité à parler. Seul Monsieur Y peut le faire. » Sauf que, bien sûr, M. Y est lui aussi absent. Et lorsque, le jour suivant, M. Y est enfin au bout du fil, c'est pour déclarer : « Seul Monsieur Z peut vous parler… »

Il n'en fallait pas plus pour que les manifestants y voient une victoire. Bien décidés à fêter la chose, les voilà de nouveau réunis le 12 mai. A l'appel d'une poignée d'entre eux, issue des courants marxiste-léninistes comme la « Voie démocratique basiste » ou « Annahj Addimocrati », les étudiants se mettent d'accord pour « poursuivre la lutte » afin de faire entendre leurs revendications.

Cela fait plusieurs mois qu'ils réclament la revalorisation des bourses, l'amélioration des conditions de logement, la gratuité des repas et du transport pour certaines catégories d'étudiants, mais aussi le respect de la liberté syndicale et surtout le renvoi du doyen de la faculté de Droit. Il faut savoir que, sur les douze facultés de l'UCAM, l'immense majorité des manifestants est issue de celles de Droit et de Lettres.

Selon Mohamed Zainabi, du Reporter, « le président de l'université Cadi Ayyad qualifie d'irréalistes les revendications des protestataires, parce qu'elles sont, d'après lui, irréalisables puisque dépassant largement les compétences de l'université. » Pas de réponse de la part du ministre marocain de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur, Ahmed Akhchichen, qui affirme ne pas avoir « reçu de revendications à proprement parler.[...] On n'a aucun document écrit à ce sujet. »

Rendez-vous est donc pris pour le 14 mai. Selon les témoignages, entre 1000 et 2000 étudiants marchent vers le rectorat, pour contraindre les responsables de l'université à entamer le dialogue sur les revendications. Le scénario est quasi identique à celui du 25 avril : encerclés par les forces de l'ordre, les manifestants se replient vers la cité universitaire.

Sauf que, cette fois, les policiers sont en surnombre. Avec de vieux lits, des poubelles, les étudiants tentent de leur barrer l'entrée de la cité U. Ils leur jettent des pierres, certains des cocktails molotovs, d'autres encore mettent le feu aux barricades. La police riposte : bombes lacrymogènes et balles en caoutchouc pleuvent sur le bâtiment.

« Torture au commissariat »

Au bout de trois heures de combats acharnés, les forces de l'ordre parviennent enfin à pénétrer dans la cité U. Youssef, étudiant de 22 ans, témoigne de la violence des policiers :

« Ils ont forcé les portes de nombreuses chambres et ont tout cassé à l'intérieur. Des recherches universitaires ont été perdues, des affaires personnelles et précieuses ont disparu. »

Ce que confirme Amine, membre de l'Union nationale des étudiants marocains (UNEM), un des deux syndicats universitaires du Maroc :

« De l'argent, des ordinateurs portables ont été volés, des bureaux détruits, des vitres brisées, des télés cassées. »

Une partie des locaux de l'administration de la cité universitaire a aussi été incendiée. Les étudiants accusent les policiers, l'université rejette la faute sur les manifestants. Un café, jouxtant les lieux, a lui aussi été saccagé. Dans les deux camps, les blessés sont nombreux. Un policier, assailli par cinq ou six étudiants cagoulés et armés de barres de fer, n'a eu la vie sauve que parce qu'il a tiré en l'air avec son arme à feu. Selon notre confrère du Reporter, « certains responsables [des forces de l'ordre] affirment que l'intervention policière visait essentiellement la protection des riverains de tout acte de sabotage. D'ailleurs, notent-ils, des actes de vandalisme ont été enregistrés aux alentours du lieu des manifestations. »

Pour Omar Arbib, le rapport de force était vraiment déséquilibré. Ce membre de l'association marocaine des droits humains (AMDH) dresse un bilan sombre de cette journée de combats :

« En tout, près de trois cents étudiants ont été blessés par la police, dont quarante grièvement. Certains doivent leur blessures aux affrontements avec les policiers, mais d'autres ont été torturés pendant leur séjour au commissariat. La rumeur parlait même d'un mort côté étudiant. Pendant les incidents, l'un d'entre eux est tombé -ou a été poussé- du troisième étage de la cité universitaire. En fait, il est vivant mais sa moelle épinière a été touchée. Il se trouve toujours à l'hôpital aujourd'hui. »

Ce militant des droits humains s'inquiète aussi de l'état de santé de nombreux étudiants :

« Beaucoup souffrent de fractures en tout genre, mais ils restent chez eux, refusent d'aller à l'hôpital, de peur d'être interpellés par la police. »

« Une année mouvementée » à venir

En tout, près de trois cents jeunes ont été arrêtés le 14 mai, plusieurs autres le lendemain. La plupart d'entre eux a été relâchée. Aujourd'hui, dix-huit restent encore en prison. Un premier groupe de sept sera jugé le 2 juin, les onze autres attendent encore la date de leur jugement.

Ces derniers seront poursuivis « pour crimes graves », accusés de « destruction de biens publics, d'outrage et de violence à l'encontre des forces de l'ordre ». En guise de preuves, le président de l'université, Mohammed Marzak, a montré aux journalistes marocains des photos d'armes blanches, de cocktails molotovs et même des bombonnes de gaz piégées. Chez les étudiants, personne n'a confirmé l'existence de ces dernières.

Un comité de soutien aux jeunes emprisonnés a été créé et leurs familles ont organisé un sitting devant le tribunal de première instance où ils doivent être jugés. Ils ont entamé une grève de la faim afin d'être considérés comme des détenus politiques. Des étudiants d'Agadir ont aussi manifesté leur soutien à leur camarades marrakchis.

Aujourd'hui, à la cité U, le calme règne tandis qu'à l'université, les cours ont repris. Prévus début juin, les examens ont été reportés à la mi-juillet et les rattrapages en septembre. Reste qu'aucune des revendications des étudiants n'a abouti. Amine, membre de l'UNEM, prédit donc une « année mouvementée » aux responsables universitaires à partir de septembre prochain :

« Nos revendications sont à la fois politiques, syndicales, pédagogiques et matérielles. La situation sociale de nombreux étudiants est critique, nos droits sont bafoués. Tant que l'État ne réformera pas le système universitaire, les étudiants ne lâcheront rien. »
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  • kerundira
    • Posté à 16h17 le 31/05/2008
    • Internaute

    ce qui est sûr,c'est que le Maroc n'est pas une démocratie a part entiere et qu il vaut encore mieux actuellement être en prison ou dans un commissariat en en France que là bas (même si nous ne sommes pas non plus des modèles du genre)
    Dommage que rue 89 ne soit pas plus fréquentée par des ressortissants marocains qui pourraient en parler mieux que nous.
    car pour connaître la réalité du pays mieux vaut cotoyer les gens au quotidien que d'y passer en touriste.
    combien d'intellectuels communistes n'ont découvert la réalité de l'Urss que des décennies plus tard.

    Mai 2008 appartient aux Marocains, soutenons les politiquement et en tant que démocrates...

  • Boah
    Boah
    (M'enfin)
    • Posté à 20h28 le 31/05/2008
    • Internaute
      (M'enfin)

    Si l'article sort « aussi tard » sur rue 89, c'est peut-être qu'il n'y a pas beaucoup d'informations à ce sujet, sur place même. Et, les informations, c'est mieux quand c'est recoupé. Enfin, je crois.
    Par ailleurs, ce n'est pas encore la culture du pays que la transparence totale sur ce genre « d'affaires »…

    Vu du Maroc (car…), il y a tout de même une chose qui est particulièrement frappante (si on peut dire), c'est l'usage de balles en caoutchoucs.

    Ouais, je sais…

    Mais bon, les derniers gros titres, ici, la semaine dernière, c'était ça :

    Scandale. Le Maroc des fosses communes
    « “Au Maroc, chaque fois qu'un bennay (maçon) se met à creuser, il se retrouve nez à nez avec des squelettes”. Bien qu'elle prête à sourire, la boutade circule largement dans les milieux droit-de-l'hommistes marocains. Et pour cause, en l'espace de deux mois seulement, trois fosses communes ont été découvertes dans le pays. »
    Lien

    Même la presse « de droite » en a parlé, dont « Maroc-Hebdo » (titre dit de « tendance sécuritaire » parce que fondé par un ancien proche d'un ancien super-flic d'Hassan II).
    Les charniers découverts seraient remplis de cadavres des répressionns des différentes émeutes des années « 80 à “90.
    Entre autres, début 80's, c'étaient les ‘émeutes du pain’ à Casablanca.
    1990, à Fès, des révoltes étudiantes.

    Le grand sujet de débat est de savoir si les autorités n'auraient pas un peu triché sur le nombre de restes humains retrouvés pour les faire correspondre aux chiffres des résultats (discutés par certains) de la commission IER (Instance Equité et Réconciliation, construite sur le modèles de la ‘réconciliation’ d'Afrique du Sud).

    Alors, il faut bien comprendre qu'avec quelques blessés et un défenestré à Marrakech en 2008, on mesure les progrès réels effectués : pas pire que Mai 68 (les Gaullistes n'étaient pas des rigolos, en ce temps-là, et le ministère de l'Information contrôlait les gros titres du ‘journal parlé’ ; même et surtout avant les barricades) ou que la mort de Malik Oussekine.

    Vous vous souvenez de Malik Oussekine ?

    Bon, après pour le reste, la volonté de réforme, la longue tentative de démocratisation parlementariste (dans un pays qui ne compte quasiment aucun cadre politique digne de ce nom, pour des raisons historiques très claires), la place des conservateurs dans la société, la force d'opposition populiste que tentent de constituer divers mouvement dits ‘islamistes’ (à tort ou à raison), tout ça, je vous renvoie à votre site d'informations préféré… Mais si on veut vraiment comprendre, faut faire l'effort. Un gros effort (moi j'ai pas fini, loin de là ! ).

    Avec tout ça même pas eu le temps de commenter sur ces malheureux marrakchis, parce qu'il faut d'abord dégager les préjugés. Pfff ! Râlala !

  • Gaël Chavance
    Gaël Chavance répond à kerundira
    Auteur(e) de l'article Etudiant en journalisme
    • Posté à 03h19 le 01/06/2008
    • Internaute
      Etudiant en journalisme

    Difficile de désigner et d'identifier un groupe d'initiateurs précis. Ce mouvement bénéficie d'une base solide : une grogne durablement installée chez un certain nombre d'étudiants, syndiqués ou non, avec un syndicat en chef d'orchestre, l'Union nationale des étudiants marocains. A l'intérieur de l'UNEM cependant, plusieurs groupes ou courants. L'un d'eux, « Annahj Addimocrati » -que l'on peut traduire par « Voie démocratique“- a joué un rôle dans la relance des manifestations, à partir du 12 mai.
    Créé il y a une bonne dizaine d'années, ce groupe est souvent vu comme un prolongement d'un ex-parti politique, le MMLM, pour Mouvement marxiste-léniniste marocain. Annahj Addimocrati s'est fait remarquer aux législatives de septembre 2007 en étant le seul parti à appeler appelant à leur pure et simple boycott.

    Un article sur le sujet a été publié sur le site Lien. Un peu de navigation de sites en blogs, jusqu'à tomber sur une dépêche de l'agence de presse ‘Algérie Presse Service’, puis pêle-mêle, des appels à la solidarité, deux-trois articles locaux fouillés et un soupçon de communiqué. Le tout saupoudré à souhait de témoins.

  • mfaqir
    mfaqir répond à kerundira
    • Posté à 10h23 le 01/06/2008

    Bonjour Naradamuni ! En voici un qui lit régulièrement Rue89. Je suis d'accord avec vous sur l'histoire de la prison et du commissariat, il n » y a rien à y ajouter. Mais cela est loin d'être aussi simple que je ne le lis dans les commentaires. Dire que c'est noir ou blanc, démocratie pas démocratie, roi gentil roi méchant c'est trop simpliste. Mettez vous à la place de ce roi pour une journée, qu'est ce que vous allez faire ? organiser des élections « libres » ? les islamistes l'emporteraient haut les bras ! vous savez pourquoi ? non pas parce qu'ils prechent la guerre sainte comme on tente (plutot avec succès) de vous faire croire ici en « occident », mais plutot car ils font du sociale (renseigner vous sur la base de popularité du Hezbollah et vous verrez). Et 50ans après leur indépendence, les marocains ont en marre que les étrangers (servis par les partis de droite comme de gauche) viennent « piller » (à bien mettre entre « » sinon comprendre « exploiter ») leurs richesses sous leurs yeux. Détrompez vous, les régimes en places servent les intérêts des occidentaux plus que leurs peuples. En voilà la raison pour laquelle il y a une montée en puissance du nationalisme. Si ça devait arriver (éléctions libres), il y aura une forte pénalisation des interêts étrangers (c.f. l'amérique latine) –> la tomate vous couteras 6€ au lieu de 2€ aujourd'hui en France. Certes, les marocains auront moins d'Outils, BTP ou Transport, mais la Chine et l'Inde n'attendent que celà...Etes vous prêts à cela ? vous l'avez déjà vu en palestine (1er élection libre en mode arabe, surveillée par l'ONU et non contestée par aucune puissance –> Hamas), vous l'avez vu en Iran...

    Il est très noble et tout à fait légitime « d'aider » les autres nations à « devenir » démocratiques. En revanche, il faut d'abord connaitre leur histoire (remarquer que c'est au singulier, car elle est commune <– la colonisation) et le pourquoi elles ne le sont pas, puis après se poser la question, si elles le deviennent, qu'est ce que ça va changer pour moi. Si vous me dites que vous êtes prêts à composer avec un Maroc (et un monde arabe en général) démocratique (pensez à l'énergie : -)) je peux continuer mon raisonnement...

    Je sais que je saute du coq à l'âne dans mon raisonnement mais c'est parce que tout est lié, et un poste sur un forum ne décrira jamais la réalité d'un pays...c'était donc des idées flash plutôt qu'un raisonnement.

  • Boah
    Boah
    (M'enfin)
    • Posté à 12h45 le 01/06/2008
    • Internaute
      (M'enfin)

    La situation des étudiants à Marrakech est dramatique pour plusieurs raisons. Et pas seulement l'état des WC de l'université (dans lesquels aucun des commentateurs d'ici n'oserait mettre un pied…).

    Il y a, donc, l'état de délabrement avancé de l'institution.

    Les profs sont payés une misère, ce qui n'attire pas les profils les plus brillants… Les diplômes ne débouchent sur aucun emploi… Les crédits sont insuffisants. (Et ne parlons pas des bourses ! )

    Enfin, les fonctionnaires sont bien souvent des caricatures de fonctionnaires : héritage des décennies où la Nation, se constituant, embauchait à tout de bras tout vague diplomé-neveu-copain-client. Ceux là ont désormais accroché leurs bretelles au fauteuil, autant qu'au statu quo, et pour les déloger…

    Bon, cela dit, il y en a de courageux, « faut pas généraliser non plus, même parmi les cadres. Mais on dirait que ce n'est pas vraiment le cas à Marrakech.

    Enfin, la ville ocre est aussi à l'extrême pointe de la bulle spéculative sur l'immobilier qui sévit actuellement au Maroc (qui, à l'évidence, n'a pas encore été rattrapé par les subprimes).
    Et le tourisme Jet-Set n'est pas pour rien dans la situation.
    Sûr que les étudiants rament pour se loger.

    Mais bon, avant de hurler sur les Bobos, les gars, pensez quand même qu'il y a des Marrakchis et des Casablancais qui sont absolument ravis de pouvoir passer le week-end à faire du clubbing et écouter de pas trop mauvais DJ. C'est aussi l'entrée dans le pays d'une forme de culture, n'est-ce pas ? , le lent apprentissage d'une contestation pacifique qui, d'accord, n'est pas dans la stricte orthodoxie marxiste-léniniste révolutionnaire, mais le rock'n'roll n'a-t-il pas (un peu) changé le monde (occidental), malgré tout ?

    Et, moi, perso, je trouverais dommage de voir les étudiants se refermer dans la position de la dénonciation des “lieux de débauche”. Parce que bon, on parle là d'un mouvement qu'on nous dit de gauche mais qui est allé démonter un café pour la préservation de la morale…

    Bon, bref, on aimerait aussi que le ministre se réveille soudain au lieu de ne rien faire sous le seul prétexte qu'il n'a pas reçu le formulaire idoine ! !