Il y a vraiment de drôles d’endroits, sur cette planète. Ainsi, avez-vous déjà entendu parler de Darvaza, au Turkménistan? Un peu à l’écart de ce village de 350 habitants, on peut voir cet étrange cratère en feu. Volcanisme? Pas du tout: c’est du gaz naturel qui brûle ainsi, depuis une trentaine d’années. Un gisement se trouve là, très proche de la surface. Et il vaut mieux pour tout le monde que ces émanations brûlent plutôt que de se répandre dans l’atmosphère. On trouvera des précisions [en] ici, de belles photos là et même quelques vidéos sur YouTube.
Mais le feu follet de Darvaza n’est rien comparé à ce phénomène largement méconnu: des milliers de gisements de charbon, de part le monde, sont en feu, brûlent nuit et jour. En émettant, on s’en doute, des gaz à effet de serre, comme le CO2 et le méthane, ou toxiques, ou simplement désagréables. Certains feux se trouvent en surface, d’autres sont souterrains. L’homme est souvent responsable, mais pas toujours. Des précisions, en anglais ici, ici et là. Anupma Prakash propose ici explications et photos.

Rien qu’aux Etats-Unis, on compte des centaines de ces feux, notamment dans l’Etat de Pennsylvanie. Le site le plus connu est sans doute celui de Centralia, où une veine de houille brûle depuis 1962.
La Chine est sans doute le pays le plus affecté par ce problème. On estime à quelque 20 millions de tonnes par an la quantité de charbon qui part ainsi en fumée. C’est pourquoi on tente d’éteindre ces incendies, ce qui n’est pas chose aisée. L’année dernière à Xinjiang, dans le nord-ouest, on a réussi après trois ans d’efforts à éteindre un feu qui avait en cinquante ans consumé 12 millions de tonnes de charbon, et émis 70 000 tonnes de gaz toxiques.

À Jharia, en Inde orientale, 400 000 personnes vivent au dessus d’une mine en combustion depuis près d’un siècle.
Le record de longévité est sans conteste détenu par Burning Mountain, en Australie (New South Wales). Le charbon y brûle depuis 6000 ans.
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En France, il me semble que dans certaines mines du NPDC, l’entreprise « metamine » ou quelquechose comme cela récupère les gaz souterraines mais je ne sais pas si il y a ensuite une exploitation industrielle ou commerciale de ces gaz.
"soit disants chercheurs"
Les ruminants sont bel et bien la première cause d’émission anthropique de méthane (CH4). De tête, je crois que c’est du genre 80 milliards de tonne par an. Si vous aimez les contrastes, la la seconde cause antropique, c’est… le riz. Ou plutôt les rizières. 60 GT/an.
Bien sûr, il y avait des ruminants avant l’homme, mais certainement pas 1,5 milliard de bovidés, pour commencer.
En plus, l’élevage (fumier, notamment) produit aussi du N2O (protoxyde d’azote), qui est un gaz à effet de serre 300 fois plus efficace que le CO2 (le méthane, c’est 25).
Vous pensez que les spécialistes chinois ont tort d’utiliser l’eau pour éteindre leurs feux de charbon ? Vous avez quelle expérience du domaine ?
J’ai mis un top à votre article et j’en mets très rarement pour les articles de r89. Le sujet est insolite, fascinant, inquiétant et fondamental.
Au delà du charbon, « on peut difficilement nier une augmentation exponentielle depuis l’ère industrielle de ces trois gaz à effet de serre : dioxyde de carbone, méthane et oxyde nitreux » . Source :
http://www.ggl.ulaval.ca/personnel/bourque/s3/causes.emissions.html
Concernant les émissions anthropiques (dues à l’homme et à sa consommation) je connaissais celle des vaches mais j’aimerais savoir à quel niveau on range les émissions anthropiques issues de la consommation en pétrole : 85 millions de barils par jour pour couvrir, sans concertation citoyenne faut-il le rappeller, les besoins des consommateurs aveugles et serviles par centaines de millions. Un baril de pétrole équivaut à 159 litres. Ce qui nous fait 13,5 milliards de litres produits, transformés (pas uniquement pour le gazoil) et consommés … par jour !!!
Concernant la conso en gaz, que les français vont principalement chercher chez Poutine, on oublie qu’il existe dèja un procédé très efficace de méthanisation des déchets ménagers. Ces déchets plutôt que d’être intelligemment recyclés sur place et à moindre coût que le gaz de Poutine (superbe métaphore) sont brulés - incinérateurs hyper toxiques pour la population - avec … du pétrole !!!
Pierre Vandeginste, je ne peux que vous encourager à faire de nombreux articles dans r89, tellement le sujet est aussi vaste que peu « médiatisé » alors qu’il est fondamental, sur ces données brûlantes.
Vous n’êtes pas obligé de me répondre mais connaissez-vous les confèrences de l’historien suisse Daniele Ganser qui fait brillamment le parallèle entre la consommation - imposée dans les deux sens du terme - du pétrole avec la politique sécuritaire orchestrée par nos dirigeants ?
http://www.dailymotion.com/video/x4rc1j_reopen911-conference-daniele-gan…