L'inspecteur d'académie à Paris a-t-il menacé de démettre une directrice d'école de ses fonctions parce qu'elle avait parlé à Rue89 ? Mercredi soir, Edouard Rosselet démentait. Or c'est pourtant ce que rapportent plusieurs témoins d'un entretien qui s'est déroulé mardi après-midi dans les bureaux du représentant du ministère dans la capitale.
Syndicalistes enseignants ou parents d'élèves, sept personnes étaient en effet reçues ce jour-là en délégation par l'inspecteur d'académie pour se plaindre, justement, des pressions rapportées par plusieurs enseignants parisiens, et notamment des directeurs d'école.
Un manquement à quel devoir de réserve ?
Ces témoins affirment donc que l'inspecteur d'académie de Paris a accusé, mardi, Danièle de Chambrun d'avoir « manqué à son devoir de réserve » en critiquant, face caméra sur Rue89, la réforme Darcos. Pour eux, cette histoire est emblématique des menaces de leur hiérarchie qui pèsent de plus en plus sur les enseignants.
Cet interview, réalisé vendredi à l'école Binet A, dans le nord de Paris, trouvait sa place dans la couverture que Rue89 fait du mouvement enseignant : le primaire a en effet emboîté le pas au secondaire depuis une quinzaine de jours. A Paris, une dizaine d'écoles participent à un mouvement de grève tournant, pour protester contre les réformes des programmes, la suppression du samedi matin ou encore les stages de rattrapage annoncés par Xavier Darcos.
La directrice d'école, marquée par son échange téléphonique avec Edouard Rosselet sur son portable lundi après-midi, ne souhaite plus parler à la presse. Enseignante depuis 1982 et syndiquée depuis trente ans, elle a toutefois aussitôt contacté les syndicats, dans la journée de lundi. Notamment le SNUIPP, auquel elle adhère.
Depuis lors, les syndicats se sont emparés de l'affaire et croisent le fer avec Edouard Rosselet. Nicolas Wallet, représentant SNUIPP pour Paris, affirme ainsi :
« L'inspecteur d'académie lui a explicitement reproché d'avoir manqué à son devoir de réserve. Edouard Rosselet lui a bien signifié que c'est lui qui avait pouvoir de nommination… et de démission pour ce qui est des fonctions de direction d'école. Danièle de Chambrun a été très choquée car elle tient à rester directrice. »
Une version validée par les parents d'élèves qui participaient à la réunion qui s'est tenue mardi, dans les bureaux d'Edouard Rosselet. Bernard Dubois, vice-président FCPE pour Paris, enfonce ainsi le clou :
« C'est en début de réunion que l'inspecteur d'académie à mentionné ce cas, en précisant effectivement qu'elle avait manqué à son devoir de réserve parce qu'elle avait répondu à des journalistes. »
Or, ce que les responsables syndicaux dans la capitale rappellent depuis que l'affaire s'est ébruitée, c'est qu'il n'existe pas de devoir de réserve en tant que tel pour les enseignants. Une réalité méconnue du grand public, mais aussi de certains profs eux-mêmes, qui sont nombreux à craindre des sanctions. C'est d'ailleurs ce qu'on constate à la lecture de nombreuses réactions sur Rue89 de la part de riverains enseignants.
Pourtant, les syndicats sont formels : un prof gréviste qui s'exprime devant la presse, comme Danièle de Chambrun l'a fait sur Rue89 vendredi dernier, ne franchit aucune ligne jaune. Au SNUIPP, Nicolas Wallet estime qu'en invoquant une violation d'un devoir de réserve qui n'existe pas, l'inspecteur d'académie a trouvé un nouveau moyen de pression, en particulier sur les directeurs d'école :
« Il n'y a pas de devoir de réserve pour les enseignants, qu'ils soient directeurs ou enseignants de base, dans la mesure où un directeur d'école primaire, contrairement à ce qui existe dans le secondaire, ne change pas de statut.
“Ce qui ne va pas, on n'en parle pas chez le commerçant du coin…”
Joint mercredi soir par Rue89, Edouard Rousselet a accepté de nous répondre. Cependant, il balaye maintenant la question du devoir de réserve, soutenant en dépit de tous les témoignages, n'en avoir “jamais parlé” :
Visiblement agacé par cette médiatisation, il continue toutefois à reprocher à la directrice de l'école Binet A de s'être adressée à la caméra :
“Quand quelque chose ne va pas dans une administration, hé bien on n'en parle pas chez le commerçant du coin…”
Un peu plus loin dans la conversation, Edouard Rosselet en appelle ensuite au “devoir de discrétion”. Cet impératif de discrétion existe bel et bien pour les enseignants. Toutefois, les syndicats en font une toute autre lecture, comme l'explique Nicolas Wallet, au SNUIPP :
“Il y a une obligation de discrétion, mais elle concerne tout à fait autre chose, c'est à dire l'interdiction de rendre publiques des informations confidentielles relevant de la sphère privée, comme les résultats d'un élève, ou sa situation familiale, par exemple. En aucun cas une prise de position politique sur une réforme en beau milieu d'un mouvement de grève ne tombe sous le coup de l'obligation de discrétion.”
Retour vers Edouard Rosselet, l'inspecteur d'académie, qui livre la même définition de l'impératif de discrétion… mais pour mieux se l'appliquer à lui-même :
“Madame, excusez-moi, mais je ne vais pas mettre sur la place publique le fonctionnement interne de l'Education nationale et je ne vais sûrement pas jeter en pâture au public des questions concernant un fonctionnaire de l'Education nationale, un fonctionnaire d'Etat, qui ont à se régler à l'interne de l'Education nationale.”
Puisqu'Edouard Rosselet assure ne plus mettre en cause un quelconque “devoir de réserve”, Danièle de Chambrun a-t-elle bafoué ce devoir de discrétion professionnelle, argument que l'inspecteur d'académie invoquait quelques secondes plus tôt ?
Dans l'article qui a suscité la colère de l'inspecteur d'académie, Rue89 précisait bien, en outre, que Danièle de Chambrun est affiliée au SNUIPP. Or, pour plusieurs syndicats enseignants contactés depuis le début de l'affaire, “cette protection coupe court à toutes les menaces dans la mesure où cette enseignante s'exprimait dans le cadre de son activité syndicale”. C'est ce que précise aussi Bernard Lempereur, pour le SNUDI-FO :
“Effectivement, en tant qu'inspecteur d'académie, il a le pouvoir de lui retirer ses fonctions de direction mais il va avoir du mal à lui chercher des poux car l'intersyndicale est mobilisée et elle s'exprime en tant que syndiquée gréviste.”
D'autres enseignants qui s'expriment publiquement rappelés à l'ordre
Mercredi soir, Edouard Rousselet annonçait à Rue89 qu'il en “prenait acte” et reconnaissait que Danièle de Chambrun pouvait bien s'exprimer en qualité de représentante SNUIPP. Pourtant, les syndicats soulignent que les pressions ressenties par les enseignants, et notamment les directeurs d'école, dépassent, de loin, le cas de Danièle de Chambrun et son école Binet A.
Par exemple les rappels à l'ordre pour les enseignants qui se sont exprimés publiquement sur le traitement des enfants de sans-papiers. Valérie Boukobza, directrice de l'école Rampal, avait ainsi écopé d'un sévère rappel à l'ordre après sa garde à vue pour s'être opposée à l'arrestation à Belleville du grand-père chinois, affaire devenue très médiatique.
Plus récemment, des directeurs d'école se plaignent aussi de pressions du rectorat dans le cadre des dernières grèves, pour lesquelles l'inspecteur d'académie leur a demandé de faire remonter le nom des non grévistes. Sollicité mercredi par Rue89, le cabinet de Xavier Darcos n'a pas souhaité prendre position, renvoyant sur les services d'Edouard Rosselet, “le représentant du ministère à Paris”.




















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De marie 75
07H41 | 29/05/2008 |
« Le ventre est toujours fécond…. ».
La France ? ? ? Garde à vous ! ! ! Fixe ! ! ! !
Citoyens ? Silence ! ! ! ! ! !
Le silence est d'or … pour le peuple, mais argent pour nos « gouvernants ».
Vers quoi le petit nerveux de la république est-il en train d'emmener notre pays ?
Pêcheurs, salariés du privé comme du public, lycéens, paysans, hospitaliers, enseignants, chercheurs, stagiaires, retraités, malades, poids lourds, chômeurs, futurs chômeurs, taxis, consommateurs … TOUS précaires !
Tous ensemble, tous ensemble !
L'UMP lui laissera-t-elle continuer sa démolition de notre pays ?
Sa « base » n'en peut plus ! ! ! ! ! !
Jusqu'à où ?
Jusqu'à quand ?
Quant aux Républicains Français … ils en ont ras la casquette.
On n'a jamais cru en cet homme.
ET « Hongrois » plus du tout ! ! ! ! ! !
La société du « Gagner Plus et du vivre mieux “ promise par l'UMP perroquettante va manquer de survivants !
à marie 75
De P'titfab63
Agrafeur de Post-it ambulant | 10H21 | 29/05/2008 |
Eh oui, Marie 75,
Il nous avait prévenu : « ENSEMBLE TOUT EST POSSIBLE ».
Actuellement c'est le pire qui est surtout possible, mais si nous nous unissions tous contre ce qui nous révolte, ou simplement par solidarité ?
Eh oui, ensemble tout est possible, y compris nous opposer intelligement et efficacement. Imaginez les « Pêcheurs, salariés du privé comme du public, lycéens, paysans, hospitaliers, enseignants, chercheurs, stagiaires, retraités, malades, poids lourds, chômeurs, futurs chômeurs, taxis, consommateurs », tous unis… Ça serait le pied, non ?
« Ce n'est qu'un début, continuons le combat »
De dalun
07H49 | 29/05/2008 |
il est consternant de constater l'infantilisation des professionnels de l'enseignement (éducation ) en général , et particulièrement des enseignant(e)s .La menace , ce fameux droit de réserve est souvent mis en avant par les hierarchies pour éviter eux memes de devoir rendre compte , et par contre-coup de faire taire les opposants à telle ou telle situation ! ca fait tache pour la carrière …..SOUTIEN à ceux qui utilise les mots pour alerter , améliorer , refuser, informer ! .Le travail passionnant, mérite qu'il soit défendu , l'école républicaine à besoin d'enseignants libre de pensées et d'expression , sans quoi ,il suffit d'une tv . avec un programme enregistré par les SUPERIEURS …et basta ..courage aux courageux(geuses ).
De Suzanne Citron
Historienne et auteure | 08H04 | 29/05/2008 |
Cet incident, dont on espère qu'il sera relevé par d'autres media, est significatif de l'ambiguité des statuts dans le système administratif de l'Éducation nationale : d'un côté enseignants sur le terrain aux prises avec la vie, les situations concrètes, les drames, l'inattendu , de l'autre la hiérarchie des apparachiks « responsables » devant leur seul ministre (ou l'autorité immédiatement « supérieure ») et dont les réactions dépendront donc beaucoup de leur personnalité, de leur courage et indépendance personnelle. Le système favorise trop souvent les abus de pouvoir, la non transparence, l'obéissance (ou la complaisance) vis à vis du Pouvoir et non la défense des acteurs de terrain ou la prise en compte des situations concrètes (on se rappelle telle situation d'enseignant (ou de proviseur) agresssé par un père survolté et que les échelons supérieurs avaient superbement ignorée.)
À côté des syndicats, notre système napoléonien (dangereux en cas de glissement autoritaire du pouvoir central) n'aurait-il pas besoin d'un contre-pouvoir institutionnel, genre médiateur impartial habilité à faire face à l'arbitraire possible de l'Inspecteur d'Académie et/ou du recteur, sans parler du Ministre.
Question à verser aux dossiers de tous ceux qui, face au pouvoir actuel, s'intéressent vraiment à la « réforme » -démocratique- de l'État français et dont on attend les travaux…
à Suzanne Citron
De léo solo
08H27 | 29/05/2008 |
Mon voisin prétend que l'on peut résumer votre post par la phrase suivante :
Etre Moulin ou Papon ; chacun a encore la liberté de choisir.
De nelmezzodelcamin
di nostra vita | 08H05 | 29/05/2008 |
De la même façon, avant les élections municipales, certains établissements du secondaire avaient reçu un courrier demandant aux enseignants, au nom du devoir de réserve, de ne pas participer aux réunions publiques… quand on voit le nombre de gens de l'éducation nationale sur les listes des municipales, ça devenait franchement risible… et si on est candidat, on porte un masque sure les photos ? ? ? ?
à nelmezzodelcamin
De kk
star malgré elle | 20H29 | 29/05/2008 |
je confirme l'info, et ce n'était pas la première fois
De Franade
Internaute | 08H17 | 29/05/2008 |
Où est l'objectivité dans cet article ?
Il suffit qu'un patron vienne dire publiquement qu'il est contre telle réforme du code du travail pour avoir l'inspection sur le dos, et tout le monde applaudit. Il suffit qu'un policier vienne dire publiquement qu'il est contre telle réforme de son institution pour avoir l'I.G.S. sur le dos mais lorsqu'un directeur d'école se fait remonter les bretelles par un inspecteur pour avoir critiqué publiquement la réforme Darcos, on frôle la révolution.
Pourquoi une telle exception ? Pour défendre le service public rendu par ces formidables fonctionnaires et toujours menacé par le gouvernement ? Même pas. Je suis de gauche, hein, comme tout le monde sur Rue89 et donc comme tous ceux qui ont déjà commenté cet article, la qualité du service public a une réelle importance pour moi, et je veux bien subir les grèves de cheminots parce que le service du transport ferroviaire en France est d'une grande qualité qu'il nous faut défendre. Mais le service rendu par le corps enseignant dans sa globalité, il est nul, à vomir ou à chier - et ce n'est pas une palme d'or qui changera cet état de fait - dénoncé par tous les observateurs et fait des élèves français les cancres de l'Europe. Que personne ne vienne me parler d'une question de moyens puisque nous avons l'une des écoles les plus chères. Que personne ne vienne me parler de sauvageons parce que cela commence dès le primaire, avec des enfants de six ans et des méthodes pédagogiques d'une totale inefficacité laissant plus de la majorité (je dirai 75 %) des CM2 d'une génération sortant du primaire sans avoir le niveau collège.
Alors, moi, je me permets de vous remercier, Mr l'inspecteur d'Académie, de faire votre travail en rappelant à tous que les directeurs d'école comme les professeurs sont des fonctionnaires au service de l'Etat, que leur mission est de transmettre des savoirs et non de faire de la politique. Une mission qu'ils ont, hélas, abandonnée, lui préférant la préservation d'avantages qu'ils ne méritent plus depuis belle lurette.
à Franade
De Triquoise
rouge de honte | 08H28 | 29/05/2008 |
J'aimerais savoir quels sont tous les avantages qu'ils ne méritent plus ?
L'école serait chère ? Renseignez-vous sur la part de l'argent de l'Etat qui file à l'enseignement privé et on en reparle.
vous êtes-vous posé la question du manque de moyen et de personnel ? Trouvez-vous normal le nombre d'élèves par classe ?
Vos propres enfants auraient-ils échoué dans leurs études ?
Vous prétendez être à gauche… à gauche de l'UMP ?
à Triquoise
De Franade
Internaute | 09H58 | 29/05/2008 |
Les avantages, Triquoise, sont cette liberté en matière de pédagogie laissée aux enseignants, la sécurité de l'emploi et l'absence de prise en compte des résultats ce qui me permet la transition sur votre deuxième remarque : heureusement que l'Etat finance en partie l'école privée qui a, elle, obligation de résultats et est ainsi d'une qualité amplement supérieure à l'école publique. Vous allez me parler encore des moyens, je vous répondrai qu'à mon époque où les moyens étaient bien moindres, l'école réussissait à apprendre le français à des éléves dont ce n'était pas la langue maternelle (pour cause d'immigration) alors qu'aujourd'hui l'école n'arrive pas à enseigner correctement le français à des élèves dont c'est la langue maternelle.
Et je suis de gauche et c'est bien pour cela que je tiens ce discours. Car, étant donné que l'école publique est aujourd'hui incapable d'assurer seule la mission qui est sienne, il faut pour obtenir un niveau correct soit passer par l'école privée, soit prendre des cours privés en surplus (et cela de plus en plus tôt c'est-à-dire dès le primaire), soit avoir un parent à domicile capable de s'occuper du travail de son gosse. Ainsi, si vous faites partie de la population la plus fragile de ce pays, genre famille mono-parentale à faibles revenus, il y a 100 % de chances pour que votre enfant, quelque soient ses talents, deviennent un cancre. C'est cette population que mon militantisme de gauche défend en premier lieu, pas des fonctionnaires fainéants et trop gâtés.
à Franade
De léo solo
10H31 | 29/05/2008 |
Mon voisin prétend que vous êtes de gauche façon Besson.
A-t-il tort ?
A-t-il raison ?
à léo solo
De léo solo
10H32 | 29/05/2008 |
Ma voisine elle prétend que vous êtes de gauche, façon Allègre.
Se trompe-t-elle ?
à Franade
De papy55
prof. en province | 12H38 | 29/05/2008 |
« Les avantages, Triquoise, sont cette liberté en matière de pédagogie …… » dites-vous… !
Vous parlez de liberté pédagogique, je pense qu'au contraire c'est l'absence de liberté pédagogique qui s'est installée au fil des ans, qui est une des causes de nombreux problèmes à l'école !
Les mieux notés au sein du système sont fréquemment ceux qui n'usent que très peu de cette liberté, ils essaient de respecter les consignes, se font peu critiques et obtiennent l'avancement au grand choix ! Cette situation risque de perdurer puisque le « mérite » est promis à un grand avenir !
à Franade
De ELCHEKATZO
La Revolte des Crabes | 12H54 | 29/05/2008 |
Ah ben à te lire je sais pourquoi je ne suis pas de gauche mais anarchiste…
« C'est cette population que mon militantisme de gauche défend en premier lieu, pas des fonctionnaires fainéants et trop gâtés. »
Tu as déjà les mots de la droite poujadiste, bravo :
fainéants trop gâtés… Réforme le mot merdique que Sarx utilise pour parler de verrouillage du pouvoir et démantèlement des solidarités nationales…
Je pense que tu n'es pas prof, quand on sait le travail que demande d'être un bon prof.
D'autre part, vous balancez n'importe quoi avec un air de c'est évident…
Oui le privé est soutenu par le public et c'est dommage. Oui, mais le privé a obligation de résultat (dans les chiffres) que parce que c'est une entreprise et que sur ses petites plaquettes il doit signifier cela. Même s'il y a regard de l'état dessus c'est une erreur de la laïcité.
Le Public n'a pas obligation de résultat : ah bon et les français sont des cons ? Quand ça ne va pas dans un établissement, il y a des contre-pouvoirs, parents, administration qui sont supposés chercher ce qui ne va pas…
Vous vouliez dire qu'on n'a pas raison de se plaindre des pressions politiques ? Je vous rappelle que l'article parle de cela.
Vous ne croyez pas à la montée de l'arbitraire et pour votre bonne conscience du coin de votre cheminée vous êtes gênés qu'on puisse contester ? C'est quoi votre vrai problème ?
à ELCHEKATZO
De Franade
Internaute | 16H09 | 29/05/2008 |
Ben oui, être un bon prof, cela demande du travail et à une époque, ce travail était fait et bien fait, par des gens qui avaient à coeur de servir l'Etat et cette dévotion méritait sans conteste les avantages qu'il leur avait attribués. Aujourd'hui, la grande majorité des profs sont des branleurs, tout prof motivé, qui évolue dans un cadre où des collègues qui n'en foutent pas une mais gagnent parfois plus que lui, ne le restera pas longtemps. Je n'ai rien contre les fonctionnaires, je dis qu'il faut se donner les moyens de purger au plus vite le corps enseignant de ses mauvais éléments parce qu'on ne parle pas de vendeurs de patates mais d'individus qui ont entre les mains l'éducation d'une bonne partie de la jeunesse de notre pays, autant dire son avenir.
Non, le public n'a pas obligation de résultats, et je ne sais pas si les Français sont des cons mais certains se satisfont amplement d'une école qui joue un rôle de garderie, avec le discours : « Faites ce que vous voulez du moment que vous me gardez mes gosses pendant que je bosse ! » et c'est pas bien. Mais si vous intéressez un peu à ce qui se passe en classe dans le primaire, vous découvrez de réelles manoeuvres pour gonfler les notes, manoeuvres qui ont fait qu'on s'est plus intéressé, en termes d'échec scolaire, au collège au vu des bonnes moyennes des élèves de CM2 et de l'hécatombe en 6ème. Savez-vous par exemple que grâce à un système de double notation, un élève de CM2 peut aujourd'hui passer d'un zéro à un vingt sur vingt dans une dictée de cinq lignes dans laquelle il a pourtant fait vingt fautes d'orthographe et que seul ce vingt sur vingt comptera dans sa moyenne trimestrielle ?
Enfin, oui, il faut se plaindre des pressions politiques lorsqu'elles sont injustifiées. Mais l'inertie de ce putain de mammouth qu'aucun ministre de l'Education n'a pu fondamentalement réformer depuis vingt ans malgré son inefficacité croissante et reconnue, ce corporatisme qui met sans cesse au premier plan l'intérêt du prof plutôt que celui de l'élève rendent toutes ces simagrées surréalistes et complètement injustifiables.
à Franade
De William Tel
à Lille | 16H39 | 29/05/2008 |
Faut-il le rappeler, certains établissement privés affichent de biens meilleurs résultats aux examens (bac, brevet)tout simplement en virant les élèves qui risqueraient de faire baisser leurs statistiques. Ils obligent ainsi certains élèves à s'inscrire au bac en candidats libres ou à … retourner dans le public !
De plus, jusqu'à présent, les meilleurs enseignants se trouvent dans le public car les carrières y sont plus intéressantes.
à Franade
De daviid
15H59 | 29/05/2008 |
Très drôle votre post.
« Mais le service rendu par le corps enseignant dans sa globalité, il est nul, à vomir ou à chier “. C'est bizarre, il me semble justement que les enseignant font greve pour eviter d'avoir 40 élèves par classe et donc d'avoir un ‘service nul’. Vraiment des enfoirés ces enseignants, ils font grève et donc perdent de l'agrent pour les enfants de autres…
‘Vous allez me parler encore des moyens, je vous répondrai qu'à mon époque où les moyens étaient bien moindres, l'école réussissait à apprendre le français à des éléves dont ce n'était pas la langue maternelle (pour cause d'immigration) alors qu'aujourd'hui l'école n'arrive pas à enseigner correctement le français à des élèves dont c'est la langue maternelle.’
‘soit avoir un parent à domicile capable de s'occuper du travail de son gosse’
Vous avez soulevé le vrai problème sans le savoir. Le niveau scolaire de nos enfants vient peut-être du fait qu'il est beaucoup plus simple de les éduquer avec nintendo et tf1. Un enfant, ca s'éduque pas tout seul ni avec une télé, ni dans la rue, il me semble que c'est le rôle des parents. Un enfant de 7 ans va pas travailler tout seul le soir chez lui si ses parents rentrent à 20h ou s'ils ne s'en occupent pas. Donc j'en conclue que vous n'éduquez pas vos enfants si vous en avez et que vous rejetez la faute sur les enseignants. Et pas la peine de dire ‘moi, je suis pas une feignasse, je bosse tard’. Et bien ca, ce n'est pas la faute des enseignants…..
à daviid
De Franade
Internaute | 16H34 | 29/05/2008 |
Les parents qui bossent mettent après les cours leurs enfants à l'étude où ils sont censés faire leurs devoirs sous la surveillance d'un enseignant. Néanmoins, beaucoup vous diront que, bien souvent, les enfants rentrent sans les avoir faits, votre argument ne vaut donc pas grand chose.
De toutes façons, vous pouvez très bien considérer les parents comme complices du meurtre de l'école publique en France, mais les seuls coupables sont les enseignants qui n'ont jamais voulu prendre en compte et répercuter sur leur institution les évolutions de notre société.
à Franade
De daviid
16H56 | 29/05/2008 |
« beaucoup vous diront que » quel argument, alors la, je m'incline…..
Il est clair que certains parents (c'est un fait et non une supposition) abandonnent l'éducation de leur enfant et s'en remettent à l'éducation nationale. Comment un enseigant qui est censé faire tavailler 20-30-40 gamins suivant son niveau d'étude puisse y arriver si les parents de ses mêmes gamins n'y arrivent pas … avec un seul
à Franade
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 18H04 | 29/05/2008 |
Ce ne sont pas les profs qu'il faut condamner mais l'école qui les forme et les gouvernements qui devraient réorganiser l'école, les meilleurs exemples viennent des pays nordiques comme d'habitude.
Et je ne vois pas en quoi les avantages de certains pourraient nuire aux autres.
Être prof est aussi épuisant que certains métiers physiques mais pas de la même façon.
Je ne suis pas prof, je ne prêche donc pas pour ma chapelle, mais un prof pourrait aussi bien vous le dire et il serait même mieux placé que moi.
à Triquoise
De DBL8
Retraité | 13H22 | 29/05/2008 |
« de l'argent de l'Etat qui file à l'enseignement privé “
Oh là… du calme !
Les parents qui mettent leurs enfants dans le privé le font pour de meilleurs études, et ils payent pour ça !
Il n'y auraient pas asses de places dans le public si ses élèves y retournaient.
Pourquoi croyez-vous que ses parents le font ?
Pour le plaisir de payer ?
NON ! ! Pour la qualité de l'enseignement.
je connais un adolescent qui est considéré comme presque nul dans une école privé, et lorsqu'il passe des examens du public… il est reçu AVEC MENTION ! !
Arrêtez de taper sur le privé à tour de bras, il n'y a PAS QUE DES RICHES qui mettent leurs enfants dans ses établissements ! j'étais ouvrier et mes enfants y sont allez !
à DBL8
De MANGE TES MOTS
Ankh-morpokien | 13H37 | 29/05/2008 |
L'argent public sert bien à payer les profs du privé(sous contrat) ; les taux de réussite étaient meilleurs dans le public que dans le privé lorque j'ai passé mon bac en 1988(académie Nancy-Metz) ! ! !
à MANGE TES MOTS
De DBL8
Retraité | 05H28 | 30/05/2008 |
C'est peut-être valable dans la ville de province que vous citez, mais sur la région Parisienne… pas du tout dans certains départements !
Pourquoi pensez-vous que les écoles privées font de la sélection à leurs entrés ? pour la frime ?
NON ! ! Il y a beaucoup de parents qui font la demande.
Il y a beaucoup d'enfants d'ouvriers parmi eux.
Dans un collège à coté de chez moi, il arrive que des élèves aillent en cour pour 1 h par jour par manque de profs ! Vous ne verrez pas cela dans le privé ! Ils ont plus de transport que de cour certains jours ! !
Rappelez-vous que mes enfants y sont allé et mes petits enfants y sont, j'écris en toute connaissance du sujet ; pas par on m'a dit.
Les cours ont lieu du matin au soir ! Pas comme je le vois : quelques heures par jours, et les résultats, malgré que cela ne soit pas aimé par certains d'entre-vous, sont là en région Parisienne, en Province je ne sais pas donc… je ne peux pas en parler.
à Triquoise
De mica
18H33 | 29/05/2008 |
Bravo. Vous avez raison. Parmis les nombreux giefs faits à la plupart des enseignants, c'est leur politisation inadmissible, et le bourrage de crâne de nos gosses. Je n'ai oplus confiance en eux.
à Franade
De MANGE TES MOTS
Ankh-morpokien | 08H38 | 29/05/2008 |
Visiblement vous n'avez-pas appris à lire,c'est la maîtresse ou les camarades qui étaient méchants avec vous ?
à Franade
De dalun
08H42 | 29/05/2008 |
l'enfance en danger ne commence pas à 6 ans . les conditions sociales des fammilles ne commencent pas à 6 ans , les accidents de vie ne commencent pas à 6 ans , la perte d'un boulot et ses conséquences pour le gosse ne commencent pas à 6 ans , le matraquage publicitaire du tout tout de suite ne commence pas à 6 ans , l'école ne peut faire , réussir , que si certaines conditions de base sont réunies autour des enfants ..c'est pas aux enseignants de réparer la casse sociale ! l'enfance en danger (et quels dangers )en france , c'est combien de personnes ? ça l'école n'en est pas responsable et ne peut le réparer. vive le service publique .bravo et courage aux personnes protestants contre des lois visant à diminuer la qualités des savoirs enseignés chaque jour aux enfants .
De AmandineH
employée | 09H00 | 29/05/2008 |
Dire qu'une réforme est dangereuse ou mauvaise ce n'est pas faire de la politique c'est simplement se servir de son droit de penser, son libre arbitre, chose de plus en plus difficile à faire dans ce pays. Dès que quelqu'un n'est pas d'accord il est automatiquement un dangereux anarcho-stalinien ! Mais de qui se moque t'on ? !
Alors que le système éducatif français fonctionne mal, qu'il coûte cher oui ! Qu'il faille le réformer ; : oui !
La réforme n'est pas synonyme de casse, il faudrait le rappeler à Darcos et cie.
Et si les « les directeurs d'école comme les professeurs sont des fonctionnaires au service de l'Etat », alors que l'état arrête cette démolition du service public de l'éducation nationale !
Qui a parlé des programmes, y'a t'il eu débat ?
Je rappelle tout de même que le Conseil supérieur de l'Education (CSE), instance consultative représentative du monde éducatif, a voté jeudi la suspension du projet de nouveaux programmes du primaire prévus pour la rentrée.
« Une demande de suspension du projet de programmes du primaire a été votée à 40 voix +pour+, 9 +contre+ », a affirmé à l'AFP Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU. Il y a également eu « une abstention et deux organisations n'ont pas pris part au vote », a-t-il ajouté.
Depuis sa présentation par le ministre en février, le projet de programmes du primaire est contesté par une vingtaine d'organisations, dont les trois principaux syndicats du primaire et la FCPE, qui critiquent l'« inadaptation et l'alourdissement des contenus, l'affaiblissement de leur dimension culturelle » ou encore la « conception mécaniste des apprentissages ».
L'apprentissage est considéré comme un acte mécanique avec l'accent mis sur la répétition et la mémorisation. On se dirige ainsi vers un enseignement axé sur le bachotage et non pas la réflexion.
Les différences de rythmes d'apprentissage des élèves ne sont pas prises en compte : à chaque année correspond une liste très détaillée des acquisitions attendues.
Ces programmes sont plus lourds que ceux de 2002 bien que le nombre d'heures d'enseignement diminue.
Ils ont été annoncés alors qu'aucun bilan des précédents programmes n'a été réalisé.
Ils ont été écrits à la hâte sans concertation avec les enseignants : les nouveaux manuels étaient déjà en cours d'impression au moment où les académies organisaient la consultation des équipes enseignantes.
Alors je pense que c'est du devoir des enseignants et des parents informés de le faire savoir. Qu'il ait des pressions pour les faire taire, ou des pressions pour que les infos ne circulent pas est inadmissible,
Ne vous en déplaise cher Franade !
à AmandineH
De wieeinstlilimarleen
imbepile.free.fr | 09H48 | 29/05/2008 |
Lorsqu'on veut faire une critique, on n'abuse pas de son statut de fonctionnaire en se servant comme gage de crédit.
On s'exprime en tant que citoyen, on ne décline pas sa qualité de fonctionnaire.
Lorsqu'on décline sa qualité de fonctionnaire, on agit en tant que serviteur de la Nation, neutre, qui n'a pas à critiquer en public les décisions prises au nom de la Nation par le Parlement.
C'est la base des fondements démocratiques de la France.
à wieeinstlilimarleen
De léo solo
10H38 | 29/05/2008 |
« agent du service public »
est une dénomination plus adéquate que
« fonctionnaire »
qui est connoté
globalement « bon à rien »…
pour ce qui est de la base des fondements démocratiques du service public, je vous invite à prendre connaissance du statut de la fonction publique adopté en 1946.
à wieeinstlilimarleen
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 18H19 | 29/05/2008 |
« Lorsqu'on décline sa qualité de fonctionnaire, on agit en tant que serviteur de la Nation, neutre, qui n'a pas à critiquer en public les décisions prises au nom de la Nation par le Parlement. »
Dans l'absolu oui mais quelle Nation ?
Celle qui sacrifie l'école pour des raisons mercantiles ?
et quelles décisions ? Celle qui de fait privilégie le fric, le privé, la rentabilité ?
Que l'Education soit gérée au mieux personne ne peut être contre, penser l'école autrement demande une stratégie, des idées, une réorganisation, mais pas une règle de trois que le ministre ne sait même pas faire.
Nous avons tous des exemples de l'école qui fonctionne et qui fonctionne bien en Suède, en Norvège, …. il suffit de vouloir aller dans ce sens.
Et jusqu'au la servitude ?