A Lille, la justice a accédé à la requête d'un mari « trompé sur les qualités essentielles de sa femme ». Le jugement fait débat.
Me Xavier Labbée n'en pouvait plus, jeudi soir, peu après 18 heures. Le téléphone n'avait pas cessé de sonner, toute la journée, chez cet avocat lillois : depuis le matin, les médias s'étaient emparés d'une affaire qu'il avait plaidée « une grosse année » plus tôt devant le Tribunal de grande instance de Lille.
Le TGI s'est prononcé le 1er avril dernier sur cette requête en annulation d'un mariage. La cause ? La mariée n'était pas vierge, ce dont l'époux s'est aperçu durant la nuit de noces, à une heure où les invités trinquaient encore. Tous deux musulmans, ils avaient quelques années d'écart -la trentaine pour lui, une vingtaine d'années pour elle, précise Me Labbée. Ils n'avaient jamais vécu ensemble au moment de la noce, à l'été 2006.
Maintenant que le jugement a été largement rendu public par la revue juridique Dalloz dans son édition de la semaine dernière, l'avocat veut faire part de sa perplexité, après avoir plaidé le mensonge comme motif d'annulation de l'union :
« Ça prend une dimension que l'affaire ne mérite pas, franchement ! Les deux parties étaient d'accord pour se séparer, et ces gens sont allés devant le juge parce qu'ils n'envisageaient plus de vivre ensemble. Le magistrat ne crée pas le contentieux, ce sont les gens qui créent le contentieux, que voulez-vous faire quand tout le monde est d'accord pour faire annuler le mariage ? “
Guigou et Badinter montées au créneau
L'avocat soupire qu'un divorce pour consentement mutuel, ‘plus rapide et surtout plus discret’ se serait finalement révélé plus opportun pour l'ex-couple. Me Labbée n'en revient pas de voir qu'après la presse, de grandes figures ont embrassé l'affaire, comme Elisabeth Guigou ou encore Elisabeth Badinter, qui s'est indignée, jeudi midi, sur les ondes de France Inter de ‘l'humiliation publique’ que cette affaire représente pour la jeune femme.
Elle dénonce au passage le différencialisme dans la société et dit avoir ‘honte de la justice française’ :
Pour Me Labbée, qui représentait devant le TGI de Lille l'époux, ‘il n'y a pas de quoi fouetter un chat’ quand on compare ce jugement en annulation aux autres questions de mœurs :
‘On n'est pas dans un pays qui défend le mariage comme une institution sacrée. Les gens feraient mieux de s'intéresser au régime du Pacs : là, en cas de rupture du Pacs, on est dans la répudiation pure et simple !
Les cas d'annulation de mariage restent rares, en France, où l'on en compte moins d'un millier par an. Le plus souvent, c'est d'ailleurs le parquet qui est à l'initiative de la procédure d'annulation, par exemple pour absence de consentement.
Rue89 a sollicité l'analyse de deux contributeurs réguliers parmi ses experts : un juriste, François Doutriaux, et une avocate au barreau de Paris, Laure Heinich-Luijer.
Le mensonge, condition d'annulation
François Doutriaux confirme que les procédures pour annulation de mariage sont peu fréquentes mais précise que la stratégie de défense bâtie autour du mensonge reste tout à fait classique’ dans un cas comme celui-ci :
‘En fait, il n'y a pas de définition positive du mariage dans le Code civil. On définit plutôt une série d'interdictions (conditions d'âge, de lien de parenté, etc…), causes d'annulation du mariage. C'est le cas par exemple l'absence de consentement, visée à l'article 146 du code civil. Le mensonge en tant que tel n'est pas une hypothèse visée comme telle par l'article 180. Toutefois, le code civil a prévu un rattrapage et la tromperie peut être sanctionnée : on peut faire annuler un mariage si l'on estime qu'il y a erreur sur les qualités essentielles de la personne.’
Le juriste internaute de Rue89 détaille les nombreux cas où la jurisprudence a soulevé la question des ‘qualités essentielles de la personne’ :
Vierge, une ‘qualité essentielle’ ?
C'est là que se niche la disposition la plus controversée de ce jugement. En quoi la virginité d'une cocontractante peut-elle être considérée par la justice française comme une ‘qualité essentielle de la personne’ ? Non sans habileté, l'avocat du mari a justement plaidé non pas sur la virginité en tant que telle mais sur le mensonge. A présent, il estime que les médias stigmatisent l'islam en relayant à l'excès cette affaire.
Si l'avocat relativisait, jeudi soir, l'importance du facteur religieux en arguant que ‘le Code civil est le même pour tous’, François Doutriaux rappelait à son tour que ‘ce n'est pas tant la virginité que le mensonge sur la virginité qui est en cause’.
Juriste, il relève toutefois que la justice, même laïque en France, peut être amenée à prendre acte du fait que l'une des parties nourrit de ‘profonds sentiments religieux’ qu'il estime bafoués :
Avocate au barreau de Paris, Laure Heinich-Luijer s'inquiète de cette décision, toutefois. Pour elle, la décision du TGI de Lille au 1er avril incarne ‘le relativisme culturel en application’. D'après elle, le tribunal a créé un précédent dangereux en faisant de la virginité une qualité essentielle de la conjointe :
‘C'est ce que disaient les tribunaux au Moyen-Age !
L'absence de virginité devient un vice interne’
Pour elle, cette décision de justice, même si les parties étaient d'accord, incarne ‘un recul du droit des femmes à disposer de leur corps’ :
‘La femme est choséifiée, elle est l'objet d'un contrat et dispose d'un vice interne. La dignité de la femme et sa liberté individuelle sont considérées comme moins importantes que la volonté du mari d'avoir une femme vierge. Le tribunal fait application du droit des contrats comme si ce droit prévalait sur les valeurs essentielles de la République… On peut craindre la prochaine étape : le retour de la sanction pénale en cas d'adultère ?
Me Heinich-Luijer réfute d'ailleurs qu'on fasse du consentement un cache-sexe à de telles décisions de justice et s'interroge : qu'en sera-t-il de l'acceptation de la bigamie si elle est consentie ?























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à RueDeLaPoupéeQuiTousse
De Lo Stesso
Belleville | 23H31 | 29/05/2008 |
Très bien résumé la poupée.
De Schtroumpf perplexe
physicien | 05H40 | 30/05/2008 |
Le mensonge ne suffit pas à faire annuler le mariage. D'après l'article, il faut un mensonge sur une « qualité essentielle ». Donc cette annulation de mariage implique que la virginité est une « qualité essentielle ». C'est là qu'est le problème.
Le problème est d'autant plus enuyeux que cette « qualité essentielle » n'est vérifiable que chez les femmes, ce qui contredit l'égalité des droits entre les hommes et les femmes.
à Schtroumpf perplexe
De Franade
Internaute | 10H15 | 30/05/2008 |
Euh, le fait qu'il soit plus difficile (mais pas impossible) d'apporter la preuve de la non-virginité d'un homme n'affecte en rien l'égalité juridique entre les hommes et les femmes. C'est même le contraire, c'est le fait d'accorder des droits supplémentaires liés uniquement au sexe d'un individu qui définit la discrimination sexuelle.
à Franade
De RueDeLaPoupéeQuiTousse
12H58 | 30/05/2008 |
Franade est-ce que tu a une idée de la manière dont on pourrait vérifier la virginité d'un homme ? (en dehors de coucher avec lui bien sûr).
(Ceci dit sachant que l'objection de fond de certains consiste à dire que la virginité ne devrait pas être considérée par le législateur comme une qualité essentielle (étant entendu que le concept juridique de « qualité » n'a strictement aucune connotation « positive » bien évidemment), en raison de la pression que cela fera(it) peser sur certaines femmes.)
à RueDeLaPoupéeQuiTousse
De Franade
Internaute | 14H17 | 30/05/2008 |
Ben si un test de paternité vient assurer que le gars a un gosse, par exemple, il lui sera difficile de prouver qu'il est encore vierge si tel n'est pas le cas.
Et l'appréciation de ce qui est essentiel ou pas doit être laissée au juge. Je vois qu'on tente de faire passer cette décision en proposant que ce n'est pas sur la virginité mais sur l'honnêteté que doivent porter les termes de qualité essentielle. Je ne vois pas en quoi l'honnêteté est juridiquement plus essentiel que la virginité.
à Franade
De RueDeLaPoupéeQuiTousse
14H39 | 30/05/2008 |
Oui, sinon on peut toujours diligenter une enquête afin de vérifier qu'il est vierge, après tout comme tu le dis ça ne doit pas impossible à vérifier en interrogeant telles ou telles ex.
Le débat sur la pertinence qu'il y a à qualifier de qualité essentielle la virginité me semble soulever un vrai problème. Il faudrait avant tout savoir comment le droit définit le concept de « qualité essentielle »… Quelqu'un pourrait nous éclairer là-dessus ?
Après on peut poser du point de vue de inverse : pourquoi n'aurais-je (que je sois un homme ou une femme) de savoir que celui que j'épouse est vierge comme j'ai le droit (ce droit là ne semble pas être perçu comme illégitime lui) de savoir qu'il a fait de la prison par exemple ? Je précise que je ne fait pas de rapprochement entre la non-virginité et une condamnation judiciaire, dans les deux cas on peut tout à fait estimer qu'il n'y rien « d'infamant » ou de « honteux » tout en estimant qu'on est malgré tout en droit de ne pas être abusé sur ces éléments.
à RueDeLaPoupéeQuiTousse
De Atalante
Illusionnée | 22H01 | 30/05/2008 |
Le concept de « qualité essentielle » ne porte aucun jugement de valeur du point de vue de la societé, il se réfère à tout élement concernant un/une fiancé(e) qui est determinant du consentement de son/sa futur(e) conjoint(e), selon sa propre conception de l'époux/épouse idéale.
Autremement dit : est une qualité essentielle tout élement de la personnalité du futur conjoint en l'absence duquel l'autre ne l'aurait pas épousé.
Ici, la virginité. On se fout de savoir s'il a raison ou tort, si c'est un affreux machiste ou juste quelqu'un qui veut épouser une femme correspondant à son propre idéal. Il ne l'aurait pas épousé s'il avait su qu'elle n'était pas vierge. Il y a donc erreur sur une qualité essentielle.
à Atalante
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 22H51 | 30/05/2008 |
Les mecs sont vraiment cons, ça ne nous viendrait pas à l'idée nous les filles de rechercher un puceau.
à Les Chats
De huberlu
05H58 | 31/05/2008 |
bravo pour ton commentaire si logique et sensé. j'ajoute que ce mariage devait etre plus ou moins contraint non dans quel contexte une femme peut elle épouser un homme qu'elle ne connait pas ? c'est peut etre son pere qui l'a vendu pour vierge au futur mari . personnellement si j'etais une femme je n'aurais pas envie d » « appartenir » a un connard pareil.A part michel fourniret connu pour preferer les vierges quel malade mental aspire t il encore a de telles débilités ? C'est pour elle le meilleur moyen de se tirer de ce mauvais pas.Dusse telle se déflorer seule « a la main ».
à Schtroumpf perplexe
De Olaf
10H26 | 30/05/2008 |
Cher Schtroumpf, vous vous trompez. La loi permet une annulation s'il y a « erreur » (et non mensonge) « sur une qualité essentielle ». Ici, ce qui est invoqué, ce n'est donc pas le mensonge « sur une quallité essentielle » (c'est-à-dire la virginité), mais une « erreur sur une qualité essentielle », en l'occurrence le mensonge quant à la virginité.
à Olaf
De Schtroumpf perplexe
physicien | 10H46 | 30/05/2008 |
OK. C'est subtil.
Il demeure que je n'aime pas la conclusion.
à Olaf
De RilaX
13H19 | 30/05/2008 |
je dirai même plus, la qualité essentielle est ici l'honnêteté. Le mari a fait erreur, il croyait sa femme honnête ; alors qu'elle lui mentait. Je me fous personnellement de savoir sur quoi elle a menti. Si elle a menti une fois, comment le mari peut garder une confiance nécessaire au mariage ?
Elle n'aurait pas du dire qu'elle était vierge.
à RilaX
De in girum
17H12 | 30/05/2008 |
et il aurait du lui dire qu'il ne l'aimait pas plus qu'une marchandise …
à RilaX
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 23H04 | 30/05/2008 |
Elle n'aurait pas dû lui dire qu'elle ne l'était pas.
à Schtroumpf perplexe
De Atalante
Illusionnée | 17H35 | 30/05/2008 |
Art 180 c.civ :
« S'il y a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l'autre époux peut demander la nullité du mariage. »
D'un point de vue juridique, ce n'est pas l'absence de la qualité essentielle en question, la virginité, qui a fondé l'annulation en l'espèce ; c'est la « tromperie » sur ce que lui considérait, à tort ou à raison, c'est un autre débat, comme une qualité essentielle (et elle le savait puisqu'elle a pris la peine de lui mentir : elle l'a donc sciemment induit en erreur..c'est bête et méchant comme raisonnement, mais c'est logique).
Cette jurisprudence ne dit pas que l'époux a raison de ne pas vouloir épouser une femme qui n'est plus vierge, loin de là, le débat n'est pas sur ce point : la question est : a t-il le droit de faire annuler un mariage basé sur une tromperie initiale ? il voulait une femme vierge (encore une fois, c'est machiste, réducteur et stupide, on est d'accord), elle le savait, elle lui a menti : il y a tromperie sur ce qui était determinant de son consentement au mariage à lui.
Et ce n'est pas une question de religion musulmane … de la même façon il y a eu des annulations de mariages, entre catholiques, fondées sur le fait que l'un des époux avait dissimulé à l'autre avoir déja été marié et avoir divorcé, ce qui compte tenu du caractère trés religieux de l'épouse était un péché.
à Atalante
De JULIA34
07H10 | 31/05/2008 |
Si tu ne veux pas qu'on te mente, ne pose pas de questions.
à RueDeLaPoupéeQuiTousse
De ElDesdichado
Citoyen | 06H49 | 30/05/2008 |
« sur le fait qu'elle a menti sur sa prétendue virginité (entre parenthèse on peut se demander pourquoi) »
Je ne sais bien sûr pas avec certitude pourquoi elle a menti, mais on peut penser que c'est à cause des nombreuses pressions qui existent sur les jeunes filles - dans certaines cultures archaïques - quand à leur virginité…
Ce qui est gênant, ce n'est pas forcément le jugement présent, mais la jurisprudence que ça créé ! Et si le mari pense finalement que la femme n'est pas vierge mais que cette dernière ne l'admet pas, que va-t-on faire ? Acceptera-t-on les témoignages, voire les examens physiques de la personne (comme cela se fait dans certains société traditionnelle, où la jeune épouse est examinée comme un animal ? ).
à RueDeLaPoupéeQuiTousse
De Franade
Internaute | 08H32 | 30/05/2008 |
Tout à fait d'accord avec vous, RueDeLaPoupéeQuiTousse et on ne peut que rappeler :
- à Elisabeth Badinter qu'un juge n'a pas à se transformer en militant féministe pour légiférer mais à appliquer la loi et c'est exactement ce qui a été fait ici : il a pris en considération l'accord préalable entre les deux parties pour annuler ce mariage si la mariée n'était pas vierge faisant de la virginité une qualité essentielle pour CE mariage, la mariée ayant elle-même reconnu la tromperie, je ne vois rien à reprocher à cette décision de justice.
- à Me Heinich-Luijer que le mariage est réification mutuelle et consentie d'un homme et d'une femme et qu'il peut par exemple, et si je ne m'abuse, être annulé s'il n'est pas consommé.
Ceci étant dit, il serait quand même préférable pour éviter ce genre de problèmes que les différentes communautés confessionnelles admettent un mariage religieux (je ne sais si c'est le cas concernant l'islam de France) et que ce mariage soit célébré et consommé ou, éventuellement, annulé avant le passage au civil.
à Franade
De jojo1er
09H33 | 30/05/2008 |
Qui vous dit qu'il n'a pas été consommé ? Et comment a été constatée la non-virginité ? La masturbation est-elle une défloration ? Et avec un objet ?
Arrêtez la virginité ne saurait-être considéré comme qualité essentielle à quoi que ce soit !
Jojo1er, après bienvenue chez les ch'tis, bienvenue au moyen age !
à jojo1er
De Franade
Internaute | 09H55 | 30/05/2008 |
Mais qu'est-ce que vous nous racontez, là ? C'est un jugement qui a été rendu dans des conditions bien particulières, pas une loi qui sera valable partout et pour tous.
Quelle importance de savoir si le mariage a été consommé ou si la défloration a été causée avec un objet ? La mariée a reconnu ne pas être vierge et a été d'accord pour annuler le mariage. Dans ces conditions, pourquoi voulez-vous qu'un juge aille emmerder ces braves gens avec des considérations philosophiques dont ils se foutent royalement ? Encore une fois, un juge n'a pas à être ou à se poser comme un représentant de la cause féministe mais doit rendre justice.
à Franade
De jojo1er
11H20 | 30/05/2008 |
« L'annulation pour consentement mutuel » n'existe pas dans le droit français.
Vous confondez avec le divorce.
Quand à votre diatribe anti-féministe je ne vois vraiment pas en quoi elle répond à mon commentaire qui ne mentionne pas de genre, ni masculin, ni féminin.
D'ailleurs si vous ouvriez les yeux vous pourriez peut-être comprendre que mon commentaire répondait au votre et que si certains thèmes qui y apparaissent c'est que c'est vous qui les avez mis sur le tapis, alors inutile de vous plaindre.
Jojo1er, …pfff…fit la baudruche.
à jojo1er
De Franade
Internaute | 13H08 | 30/05/2008 |
Si vous voulez répondre à mes commentaires, essayez au moins de faire l'effort de les comprendre : j'ai parlé d'annulation de mariage non consommé pour relever que les propos de Me Heinich-Luijer affirmant que ce jugement chosifie la femme n'étaient pas pertinents puisque le mariage chosifie déjà à la fois la femme et l'homme dans le fait qu'il peut être annulé s'ils ne se donnent pas au moins une fois l'un à l'autre. Quant à ma diatribe antiféministe comme vous dites, elle est là pour souligner que je suis autant sensible à la liberté d'une femme de se marier tout en n'étant plus vierge qu'à celle d'un homme de vouloir se marier avec une jeune fille vierge, liberté qui a été ici ouvertement bafouée par un abus de confiance et que cette décision de justice a reconnu comme fondamentale. Et je m'en réjouis.
Pour vous le dire autrement, ce féminisme qui cherche à défendre la liberté des femmes (toujours victimes) tout en méprisant la liberté des hommes (toujours coupables) m'agace profondément.
à Franade
De ElDesdichado
Citoyen | 15H56 | 30/05/2008 |
« elle est là pour souligner que je suis autant sensible à la liberté d'une femme de se marier tout en n'étant plus vierge qu'à celle d'un homme de vouloir se marier avec une jeune fille vierge »
Comme un propriétaire peut avoir envie de ne louer qu'à des blancs, etc…
Vous confondez la défense de la liberté des femmes à disposer de leur corps et celle des hommes à disposer du corps de leur femme. Je suis ravi qu'en France ces deux droits ne soit pas mis sur le même plan.
à ElDesdichado
De Franade
Internaute | 09H11 | 31/05/2008 |
Toujours les mêmes amalgames, hein. Cela en deviendrait déprimant si cela n'était pas plus qu'inquiétant…
Je ne sais si le Citoyen que vous prétendez être vit en France mais si tel est le cas, il aura sûrement noté que le discours raciste qui amènerait un propriétaire à ne louer qu'à des blancs y est condamné. Par contre, en sortant un peu de chez vous pour vous balader dans notre beau pays, vous y remarquerez moult églises, synagogues ou mosquées dans lesquelles certaines gens dotées d'une influence spirituelle indéniable sur ceux qui les écoutent, louent, entre autres choses, les vertus de la virginité avant le mariage. Ces édifices témoignent que ce type de discours est bel et bien toléré dans notre société. C'est là toute la différence.
Alors maintenant, je ne pense vraiment pas qu'il faille s'en prendre à un juge qui a tenu compte de l'influence que de tels discours peuvent avoir sur le bonheur de certaines personnes.
C'est juste une histoire de Liberté vs Terreur. La Liberté d'épouser une vierge contre la Terreur du gentil skalpa avec ses « zolies » images qui, si on le laissait faire, n'hésiterait sans doute pas à brûler toutes les églises, les synagogues et les mosquées de France voire du monde.
Vous aurez évidemment senti que j'ai un léger faible pour la Liberté.
à Franade
De jojo1er
07H58 | 31/05/2008 |
« mes commentaires, essayez au moins de faire l'effort de les comprendre : »
C'est -ce que je fais depuis le début…
« j'ai parlé d'annulation de mariage non consommé »
Est-ce le cas ici ? Il ne me semble pas.
« je suis autant sensible à la liberté d'une femme de se marier tout en n'étant plus vierge qu'à celle d'un homme de vouloir se marier avec une jeune fille vierge »
Vous êtes autant sensible à la liberté d'une femme d'avoir un état qu'à celle d'un homme d'imposer un état à sa future épouse…vous ne voyez toujours pas ce qui cloche dans l'égalité ?
« ce féminisme qui cherche à défendre la liberté des femmes (toujours victimes) tout en méprisant la liberté des hommes (toujours coupables) »
Vous fabulez je ne connais pas le féminisme dont vous parlez…et pourtant dans les faits les hommes restreignent plus souvent la liberté des femmes que l'inverse.
Jojo1er, …Assez de préjugés.
à jojo1er
De Franade
Internaute | 09H28 | 31/05/2008 |
Vous l'avez pourtant devant vous, ce féminisme dont je parle, incarné par Elisabeth Badinter, qui vient nous parler d'humiliation publique de cette pauvre femme sans aucun égard pour ce qu'a ressenti ce pauvre homme en découvrant qu'on lui avait menti sur ce qui constitue une condition essentielle de son propre mariage.
Bref, pour Mme Badinter, ce monsieur aurait dû mettre toutes ses convictions personnelles dans sa poche avec son mouchoir dessus pour couvrir le mensonge dont il a été victime. Et ceci au nom des valeurs féministes qui ne sont nullement les siennes mais bien celles de Mme Badinter.
Je vous le répète encore parce que je sens que cela vous fera du bien : un juge n'a pas à être un porte-parole de la cause féministe mais doit rendre justice.
à RueDeLaPoupéeQuiTousse
De jojo1er
09H27 | 30/05/2008 |
« puisque la jurisprudence vaudra dans les deux sens »
Et vous vérifiez comment la virginité des hommes ?
Et comment reconnaitre un mensonge sur une « qualité“(sic) invérifiable ?
Donc on reconnait que la justice dans ce jugement a considéré comme ‘qualité essentielle’, au contrat mariage donc, une ‘qualité’ qui chez l'autre contractant est invérifiable.
Rien que le fait de considérer la virginité comme ‘qualité essentielle’ suffirait presque à mettre tous les contractants au mariage sur une inégalité pouvant remettre en cause la libre contraction du mariage. En effet comment accepter qu'un contrat aussi important puisse être signé si de fait les contractants sont à ce point inégaux que chez l'un on _peut_ exiger et vérifier quelque chose qui sera invérifiable chez l'autre.
Jojo1er, la virginité est un handicap curable qui ne saurait être exigé de quiconque.
à jojo1er
De Hemenate
14H57 | 30/05/2008 |
Réponse générale aux posts ci-dessus.
La qualité essentielle en jeu dans cette affaire est l'honnêteté.
La qualité essentielle n'est evidemment pas le fait d'être vierge puisque, si vous vous mariez avec une femme/homme en sachant qu'elle/il n'est pas vierge, vous ne pourrez pas obtenir l'annulation pour ce motif.
CQFD
Ce n'est pas sexiste car si une femme agit en justice pour les mêmes raisons elle aura gain de cause.
(Si on peut supposer qu'il y a beaucoup moins d'action de ce type de la par de femme, c'est la société qui est sexiste et non la faute de l'Etat/la Justice.)
De plus une femme pourra obtenir l'annulation du mariage si le mari a caché qu'il était impuissant, et il n'y a pas non plus à parler de sexisme, car si la femme s'est marié en connaissance de cause elle ne pourra pas obtenir l'annulation, c'est encore l'honnêteté qui est en jeu.
Ce mensonge peut porter sur le fait d'être vierge comme sur autre chose, il n'y a pas eut de traitement de faveur.
Un des conjoint peut très bien annuler le mariage si l'autre conjoint lui avait fait croire qu'il était riche, ou lui avait caché que son métier était très dangereux etc…
Effectivement, un mensonge important pour le conjoint survenu avant le mariage et révélé après, est une base très large qui pourrait entraîner l'annulation de milliers de mariages (dans les délais légaux).
Mais cette annulation est un droit et non un devoir.
Il y a eut mensonge, et donc erreur sur la qualité essentielle qu'est l'honnêté, si on admet que le Juge puisse adapter le droit en fonction de principe qui peuvent lui être propre la solution va différer d'un tribunal à l'autre en fonction du juge…
Le problème n'est pas celui de ne pas être vierge, mais d'avoir fait croire qu'elle l'était.
à Hemenate
De jojo1er
15H11 | 30/05/2008 |
« La qualité essentielle en jeu dans cette affaire est l'honnêteté. »
Non, la « qualité essentielle » est la virginité puisque l'annulation condamne le « mensonge sur une qualité essentielle ». Et non pas le mensonge sur l'honnêteté d'une affirmation de virginité.
« Mais cette annulation est un droit et non un devoir » vous confondez divorce et annulation.
« l y a eut mensonge, et donc erreur sur la qualité essentielle qu'est l'honnêté » à répéter une erreur comme ça je me demande s'il ne s'agit pas plutôt d'un mensonge : l'annulation condamne le mensonge sur une « qualité essentielle » (ici la virginté) et non pas une absence de « qualité essentielle » (qui serait d'après vous l'honnêteté).
JOjo1er, …
à jojo1er
De jojo1er
08H01 | 31/05/2008 |
Sur rue89 quand tu n'as plus d'arguments, il te reste la pastille….
Jojo1er, …1 fois, 2 fois, 3 fois, adjugé…